Archives de l’auteur : Justin Busch

Avatar de Inconnu

A propos Justin Busch

Les aventures d'un américain qui est tombé complètement amoureux de la France

Je découvre la Marne

On continue maintenant le Tour avec le 51, la Marne. C’est le département le quarante-cinquième plus peuplé, et les habitants se nomment marnais. C’est notre troisième séjour dans le Grand Est. Ce post marque une étape importante — après notre dîner départemental, je publierai enfin le bilan de la première moitié (et l’histoire vraie d’où est venue l’idée). C’est chanceux que l’on est ici, car ça mérite un verre de champagne !

Et oui, vous n’allez pas oublier que l’on parle de Champagne. Dès le départ, leur site de tourisme nous dit que la Marne est « un département qui pétille ». Alors on va commencer à Épernay, chez les grandes maisons de Champagne. Notre premier arrêt est les caves de Moët et Chandon, les plus grandes de Champagne. Soyez prêts à marcher ; il y a 28 kilomètres sous terre ! Ça va coûter — 50 € l’adulte — mais on a déjà payé jusqu’à 6 fois ça au Château d’Yquem, alors c’est un bon marché. Pas loin de leur château, on trouve la statue de Dom Pérignon, mais il me semble que l’on ne peut pas visiter ses caves. Peu importe, on va continuer sur l’Avenue de Champagne pour visiter la Maison Perrier-Jouët — et pas pou l’eau gazeuse Perrier. Il y a pas mal d’autres choix, mais il faut que l’on marche un peu après tout cet alcool, alors on va prendre un tour du vignoble. Ne touchez pas les raisins !

On suit la Route Touristique de Champagne jusqu’à Reims, avec l’aide de cette carte proposée par Marne Tourisme. Reims (3 étoiles Michelin) joue un rôle très important dans l’histoire française au-delà du champagne. Depuis la baptême du roi Clovis Ier, Reims est liée au pouvoir de la couronne française, et depuis Louis VIII, la cérémonie de couronnement avait toujours lieu à la Cathédrale Notre-Dame (3 étoiles). Sainte-Jeanne-d’Arc y était pour le sacre de Charles VII. On passe de la Cathédrale au Palais du Tau (2 étoiles) pour voir le reliquaire de la Sainte-Ampoule qui contenait l’huile pour la cérémonie. Mais ne ratez pas non plus leur tapisserie sur le roi Clovis. On visite aussi la Basilique Saint-Remi (2 étoiles pour l’extérieur, 3 pour l’intérieur, et pas d’accent) du XIe siècle, renommée surtout pour son architecture inhabituelle, 126 m de long et 26 m de large. Avez-vous envie de plus de champagne ? Bon, on passe par la Maison Veuve Cliquot ou bien Maison Ruinart — mais ON TOURNE LE DOS en passant par la Maison Charles Heidsieck. J’ai choisi sa boisson maudite pour le dîner où j’ai fait la plus grosse erreur de ma vie.

On part maintenant pour Châlons-en-Champagne (2 étoiles), la préfecture du département. Ici, on visite la Cathédrale Saint-Étienne (2 étoiles), qui date largement du XIIIe siècle, remarquable pour ses vitraux de la Renaissance. On visite aussi la Collégiale Notre-Dame-en-Vaux (1 étoile) pour son carillon impressionnant et ses vitraux aussi. Vous avez toujours soif ? On passe par la Maison Joseph Perrier, la seule à Châlons. On finit au sud-est, dans le village avec le plus long nom de France, Saint-Remy-en-Bouzemont-Saint-Genest-et-Isson. Ici, on visite le Musée champenois sur la Vigne et le Vin de Champagne. Mais on est également là pour prendre des égoportraits avec leur panneau. Pour ceux qui ont envie de retourner à Épernay pour plus de champagne, soyez les bienvenus, mais vous allez finir par visiter aussi le Mémorial des Batailles de la Marne 1914-1918, car la Marne est fortement liée à la Première Guerre mondiale.

Qui sont les personnages les plus connus de la Marne ? Sans doute, il faut mettre en vedette la star des vidéos de rap partout dans le monde (États-Unis, Allemagne et France — mais il vaut mieux de ne rien regarder), le moine Dom Pérignon, connu pour la boisson gaspillée dans ces vidéos. Le verrier René Lalique, connu mondialement pour ses sculptures, est né à Aÿ. Le dessinateur Cabu, martyrisé pour la liberté d’expression, est venu de Châlons-en-Champagne. (Et en fait, je le connais depuis les années 90s.) Il y a un nombre choquant de gens qui partagent les noms de célèbres champagnes, dont : Barbe-Nicole Cliquot-Ponsardin, dite la Veuve Cliquot, Pol Roger, la Famille Taittinger, Joseph Perrier, et Nicolas Ruinart. Les sociétés devraient les poursuivre ! Jean-Baptiste Colbert, célèbre ministre sous Louis XIV, est né à Reims. Pierre Bayen, découvreur de l’oxygène, est venu de Châlons. Le grand mathématicien Abraham de Moivre est né à Vitry-le-François, mais a passé la grande majorité de sa vie en Angleterre. La Marne est aussi la maison du Français le plus important à l’histoire américaine — encore plus que le Marquis de Lafayette ! — mais il recevra son propre article.

Quoi manger en Marne ? D’habitude on finit avec les boissons, mais le champagne est infusé dans tout et n’importe quoi. Il y a une belle cinquantaine de producteurs de champagne en Marne, et ils produisent aussi des boissons liées au champagne, le marc et le ratafia et avec l’excès, le vinaigre de Reims. (Ouais, aux États-Unis, certains boivent du vinaigre, censé pour la santé.) Ceux qui sont perplexes et pensent que c’est l’Écosse ici peuvent visiter la Distillerie Guillon pour du whisky. On a déjà fait des truffes et du sabayon au champagne, mais on y trouve aussi des bouchons en chocolat remplis de champagne, le brochet au champagne, même les escargots à la sauce champagne et le jambon de Reims, assaisonné avec vous-savez-quoi. Envie de ne pas manger quelque chose au champagne ? Goûtez les lentillons ou les pieds de porc de Sainte-Ménehould. En dessert, il y a les célèbres biscuits roses de Reims, et pour les trop très gourmands, on peut les rendre en poudre et l’utiliser pour faire le gâteau de Reims.

Sûrement, il l’a demandé

Il y a des semaines où écrire sur Le Canard enchaîné n’est que du bonheur. Puis il y a celles où quelque chose de grave s’est passé. Cette semaine est malheureusement de la dernière variété alors commençons directement avec la chose grave.

Si vous étiez lié avec moi sur Facebook, vous pourriez rechercher toutes les 12 années de mon fil d’actualité sans trouver un seul avis politique. Dès le départ, c’était un choix — ne pas parler de la politique ni de la religion parce que ces arguments ne servent à rien. Puis tout le monde ici est devenu des ayatollahs — je choisis ce mot exprès — et disent que si vous n’êtes pas d’accord avec eux sur même un seul sujet, on ne peut plus être amis, ou pire. (Cette semaine on m’a prévenu que je n’avais pas le droit de partager un article satirique car l’auteur était à sa droite. L’article traitait des relations entre les parents et les ados, rien de partisan.) N’imaginez pas que je parle seulement d’un parti politique ou une région — c’est le pays entier. Disons qu’il y a beaucoup de choses dont vous n’entendez jamais parler dans la presse française.

Alors il y a un certain genre de personne ici qui entend parler de ce qui est arrivé à Salman Rushdie cette semaine et dit « Je n’aime pas la violence, mais s’il ne voulait pas que ça lui arrive, il n’aurait jamais dû écrire son livre. » Ça a commencé dès qu’il a publié ce livre, avec notre ancien président, Jimmy Carter. En 2015, 242 de nos écrivains les plus honteux ont défendu l’attaque contre Charlie Hebdo — ils diraient qu’ils ont condamné la violence, mais qu’ils l’ont comprise. (Deux derniers liens en anglais.)

Moi, je ne « comprendrai » jamais.

On revient au sujet des incendies. C’est vrai qu’il y a de nouveaux pompiers venus d’Allemagne, d’Autriche, de Roumanie et de Pologne pour lutter contre les incendies en Gironde. Je ne comprendrai jamais les pyromanes non plus.

Je ne me souviens pas si je l’ai déjà dit, mais j’admire tellement les centrales nucléaires françaises. On l’interdit en Californie et on demande en même temps pourquoi il y a des pénuries d’énergie. En Ukraine, il y a un risque en ce moment que les russes feront sauter une centrale. Mais comme Le Canard nous dit, il y a malheureusement des problèmes avec celles en France, à cause de problèmes avec les tuyaux, pas de bombardements. Il y en a d’autres avec des risques à cause de la sécheresse.

Ça nous amène à notre dernier dessin. Notre tour n’est toujours pas arrivé dans les Hautes-Pyrénées. Mais c’est apparemment le temps de parler de Lourdes !

Moi, j’ai deux problèmes avec ce corps maudit où une visite à Lourdes ne pourrait pas faire pire que mes cachets inutiles.

Comme toujours, si vous avez aimé ces dessins, abonnez-vous !

À table avec Louis de Funès

Au début de mes vacances, France Inter m’a envoyé l’ultime tentative à troller. Si on le lit rapidement dans un aéroport en attendant Godot un avion avec plusieurs heures de retard, on pourrait cliquer sans remarquer que c’était une rediffusion d’un émission en septembre 2020. Ce dernier lien promettait un entretien avec une autrice, Claire Dixsaut, décrite comme ça :

Claire Dixsaut est l’auteur de À table avec Louis de Funès, 60 recettes bien de chez nous.

N’ayant eu aucune idée de son identité, je pensais qu’elle était peut-être une relation de M. de Funès — « chez nous » m’a donné cette idée-là. Alors, je cherchais le livre, et voilà — c’était pas disponible chez FNAC, et chez Amazon.fr non plus. En fait, ce livre a sorti en 2011 ! Mais j’ai réussi à trouver la dernière copie d’occasion chez Amazon — d’ici. Je suis également surpris que vous.

Voici la couverture :

Malgré l’âge, la police de caractères a plutôt l’air des années 1960s ou 1970s, non ? C’est le bon choix vu ses films de l’époque qui parlent de la nourriture : Le Grand Restaurant, Les Grandes Vacances, L’Aile ou la cuisse, Le Tatoué.

Juste à l’intérieur, j’ai trouvé une dédicace. Ça me rend un peu triste, car je ne peux croire que personne vendrait un tel cadeau aussi vite (moins de 11 ans). Quelque chose d’horrible a dû arriver au premier propriétaire :

Au fait, puis-je vous dire que j’adore votre écriture à la main ? Il me semble que tous les Français, quoi qu’ils fassent, ont l’écriture parfaite. C’est dingue — saviez-vous que l’un de nos anciens ministres faisait passer quelques cercles pour sa signature ?

Alors, qu’est-ce que l’on trouve au-dedans ? Ce ne sont pas de recettes de la maison de Funès — ce sont en fait des recettes de films ! J’ai hâte d’ajouter qu’il n’y a pas de suggestion que ces recettes elles-mêmes étaient préparées pour le tournage de leurs films respectifs. Mais quand le titre parle de recettes « bien de chez nous », c’est-à-dire — largement — des recettes françaises authentiques. Dois-je vraiment vous dire que celle-ci vient du Gendarme à New York ? Et qu’est-ce qui s’est passé dans le film ?

Il y a la recette la plus importante de la filmographie de Louis de Funès. Les quantités ont bien changé, mais vous la connaissez par cœur : « 1 kilogramme kartoffeln, 1 litre milch, drei eier, neunzig gramm butter, salz, und…UND ! MUSKATNUSS ! MUSKATNUSS, HERR MULLER ! » (Attendez le balado, hihihi.) Si je rencontre un jour un allemand appelé Muller, vous savez ce qui arrivera. J’espère que la police sera gentille avec moi.

Certaines choses ne sont qu’inspirées par les films. Par exemple, dans « Ni vu ni connu », le personnage de Blaireau pêche les écrevisses, mais personne ne les prépare sur l’écran. Alors les écrevisses « bricoleuses » sont jolies, mais pas vraiment du film :

Dans L’Aile ou la cuisse, Gérard Duchemin remarque que le bœuf n’a que le goût de bœuf. Moi, je trouve ce plat plus marrant qu’intéressant — devrait-il avoir le goût de poisson ?

Je vous ai dit que les plats sont largement français. Quelques exceptions sont des plats japonais à cause de soit La Zizanie soit L’Aile ou la cuisse. Mais il faut que je mentionne celui-ci, des Grandes Vacances. Franchement, je ne sais pas qui veut ça :

Mais je dois ajouter que ce film vous trompe au sujet de viande « à la chantilly à la menthe ». Ce qu’on voit aux Grandes Vacances est dégoûtant — mais on ne mélange JAMAIS la chantilly avec la menthe. Ce que vous trouverez sûrement, jamais en même temps, c’est la chantilly au raifort, et la confiture de pommes à la menthe. Cette dernière est vraiment pour le mouton, et la chantilly au raifort, c’est pour le bœuf. Si vous allez chez Lawry’s à Beverly Hills, où ils ne servaient QUE du rosbif jusqu’environ 10 ans (depuis 1938), je vous promets que l’expérience ne serait pas du tout mauvaise. (Personne ne vous jettera le mauvais œil si vous sautez la chantilly, sérieusement.) Je vous aurais recommandé le restaurant St. James chez Fortnum & Mason, à Londres, mais il est devenu juste un salon de thé. (Allez là-bas quand même.)

Revenons à nos moutons, au moins ceux préparés à la française. L’autrice, Mme Dixsaut, est en même temps très bien qualifiée pour écrire ce livre et pas le meilleur choix. Elle est scénariste professionnelle, et sa connaissance des films est exceptionnelle. Elle a sorti plusieurs tels livres de recettes, comme un livre de James Bond, un sur les Tontons flingueurs, et un sur la mafia, version américaine. Il y en a d’autres, et pendant une période de 6 ans, autant de livres de recettes sont parus. C’est plutôt rapide pour développer autant de recettes. Vous ne trouveriez jamais sa recette de croissants signée par moi :

Je dois ajouter que les instructions pour la pâte levée feuilletée seraient trop longues vu que toutes les recettes tiennent sur une page pour chacune. Mais je sais que vous êtes d’accord, ce n’est pas la recette d’un Duchemin.

Je vous recommande ce livre en tant qu’œuvre d’histoire et pour susciter des remarques. Pour le cuisinier à la maison, il y en a de meilleurs. Mais pour le fan de Louis de Funès, c’est un excellent choix.

Épisode 22

C’est encore une fois le temps de notre balado hebdomadaire. Pardonnez-moi pour penser déjà à d’autres choses, mais cette semaine, on atteindra une étape importante ici — la moitié du Tour ! Je me sens à la fois comme je tarde trop et que j’aimerais qu’il ne finisse jamais.

On commence comme d’habitude avec la blague de la semaine. Nos articles sont :

J’ai écrit sur la Cathédrale Saint-Louis et le magasin d’antiquités M.S. Rau à la Nouvelle-Orléans, mais vu que ces posts sont presque tous des photos, j’ai décidé de ne pas les lire à haute voix. Je recommande quand même les deux, et la tarte normande de Gaston Lenôtre, notre dessert manchois, aussi.

Si vous aimez ce balado, abonnez-vous sur Apple, Google Play, Amazon, Spotify, ou encore Stitcher. Bonne écoute !

Le dictionnaire franglais-français

Juste avant de partir en vacances, j’ai entendu parler d’un livre avec un titre intéressant. Malheureusement, j’ai déjà oublié , mais j’ai vite trouvé une copie d’occasion grâce à Amazon.fr. Vu qu’il a été expédié d’un vendeur en France par La Poste, au niveau de service le plus bas, je suis choqué qu’il soit arrivé en une semaine. Voilà :

Je peux vous dire que l’ancien propriétaire n’a guère utilisé le livre — l’état était presque parfait. J’avoue que je l’ai acheté sans vraiment connaître les contenus — avec un tel titre, j’espérais qu’il serait quelque chose de façon « Ciel ! Blake ! Sky ! Mortimer ! ». Mais c’est en fait un vrai dictionnaire. Je laisserai l’éditeur expliquer son propre projet :

Voici un aperçu des contenus :

J’ai des sentiments mitigés sur cet achat. D’un côté, vous savez que j’ai une tendance puriste. Mais ça vient de sentiments compliqués — un désir d’être accepté, une horreur des changements dans l’anglais pendant les dernières années, un manque d’amour pour mes voisins. D’autre côté, je vérifie toujours d’abord soit mon dictionnaire Oxford soit le Collins-Robert en ligne. Ce qui n’arrivera JAMAIS, c’est que je dise « Leur réponse n’est pas suffisamment français ; je réessayerai avec un dictionnaire plus paranoïaque ». Il me manque assez d’heures dans la journée pour de telles choses.

Il y a des cas où je sais que j’aimerais bien l’avis de quelqu’un comme l’auteur. Par exemple, « footing » me dérange depuis longtemps, et l’auteur est bien au courant de pourquoi (il ne veut pas dire son sens en français) :

Mais juste en haut, même page, on voit le problème avec ce livre — malgré ce qui a écrit l’auteur, il n’accepte même pas les emprunts bien établis comme « football ». Bonne chance de lire L’Équipe avec cette attitude !

Je ne sais pas toujours comment — ou combien — j’utiliserai ce livre. Mais je suis content qu’il existe — même si j’ai vraiment pas envie de vérifier des mots où je connais déjà le sens, j’apprécie son esprit.

La tarte normande de Gaston Lenôtre

On finit — enfin ! — notre séjour en Manche avec un dessert bien normand, la tarte aux pommes. Mais j’aime faire les desserts en version grand chef quand je peux, et cette fois-ci, notre tarte vient de mon livre chéri de Gaston Lenôtre. Voici la tarte normande à la glace royale :

On commence avec la pâte brisée. J’adore cette version car on peut la faire dans un robot, alors pas de moment dégoûtant avec des œufs crus sur les mains. Honnêtement, on peut faire ça avec n’importe quelle pâte brisée, mais c’est seulement très récemment où j’ai arrêté de copier exactement les instructions des autres. Mais cette pâte est en fait une recette différente que celle de Laurène Lefèvre — moins de sucre, plus de sel, plus de lait — et je l’adore. Notez que j’utilise un moule de 24 cm, pas le 30 cm du Chef Lenôtre.

Ingrédients pour la pâte brisée :

  • 10 grammes de sucre
  • 8 grammes de sel
  • 190 grammes de beurre, coupé en dès
  • 1 œuf
  • 30 ml de lait entier
  • 265 grammes de farine

Instructions pour la pâte brisée :

  1. Avec la feuille, battre le sel, le sucre et le beurre dans le bol d’un robot.
  1. Ajouter l’œuf et le lait et battre pendant quelques seconds.
  1. Ajouter toute la farine et battre à petite vitesse, jusqu’à ce que la pâte se rassemble. Peu importe s’il reste de petits morceaux de beurre.
  1. Former une boule, couvrir avec du film à contact, et laisser reposer dans le frigo pendant au moins 2 heures.

Cette recette produit environ 500 grammes de pâte. La recette officielle du Chef Lenôtre ne demande que 350 grammes. Ignorez-la. C’est ma deuxième fois, et tout doit être par-FAIT pour ne pas avoir besoin de plus de pâte. Vous n’allez pas être saint à cause de réussir avec exactement 350 grammes dans un moule de 30 cm, bien que j’avoue que ce soit un miracle.

Les ingrédients pour la garniture :

  • 450 grammes de pommes (j’ai utilisé des Fujis ; vous pouvez trouver des Reinettes)
  • 35 grammes de beurre
  • 40 grammes de sucre vanillé

Cette fois-ci, j’ai utilisé un sucre vanillé artisanal, pas celui d’Alsa. Je me sens comme un traiteur traître, mais les résultats sont étonnants. Alsa fait la meilleure levure chimique, bien sûr, mais ils ne sont pas le dernier mot pour tout. D’autre côté, j’imagine que c’est bien cher à importer en France. Rien chez Carrefour ne me parle d’être un produit d’aussi haute qualité. Excusez-moi un moment…([HIHIHIHI, juste une fois ils comprennent ! Oups, j’espère que personne ne m’a entendu ! — Moi])

Les instructions pour la garniture :

  1. Vider et peler les pommes. Les couper en fines tranches.
  1. Faire fondre le beurre dans une poêle. Y ajouter le sucre vanillé. Mélanger avec une spatule.
  1. Faire cuire les tranches de pomme, 3 minutes le côté.
  1. Réserver sur une assiette et laisser refroidir.

Premier montage :

  1. Diviser la pâte en deux, mais pas de parties égales. Avec 500 grammes de pâte, je suggère 300/200.
  2. Étaler le plus grand morceau. Couvrir le fond du moule.
  1. Utiliser un rouleau pour couper les bords. Réparer si besoin.
  1. Piquer la pâte avec une fourchette.
  1. Remplir la tarte avec les pommes.
  1. Étaler l’autre pâte. Couvrir la tarte et pincer les bords.
  1. Préchauffer le four à 200°C et passer au glaçage.

Ingrédients pour le glaçage :

  • 250 grammes de sucre glace
  • 1 blanc d’œuf
  • Jus d’un citron

Le chef Lenôtre recommande la moitié du glaçage dont « quelques gouttes » du jus. La première fois, j’ai trouvé le glaçage beaucoup trop épais, et il n’y avait pas assez non plus. La deuxième fois, je n’ai pas eu besoin de toute la recette, mais il vaut mieux ne pas en manquer.

Instructions pour le glaçage :

  1. Tout mélanger dans un bol.
  1. Étaler sur la tarte avec une spatule.

Deuxième montage :

  1. Roulez des très petits morceaux la pâte dans vos mains. On fera des petits bâtonnets.
  1. Déposer quelques amandes effilées sur la tarte.
  1. Faire cuire pendant 40 minutes. Dès que le glaçage sèche complètement, ouvrir le four et couvrir la tarte avec de la feuille d’aluminium. On veut que le glaçage soit doré, mais attention ! J’ai brûlé mon glaçage — faut couvrir le glaçage très étroitement.

La vie en chansons

Je crois que je n’ai jamais participé aux « tags » de blogs ; en général, il y a autant de colonnes régulières ici pour me garder bien occupé. Mais j’ai récemment vu celui-ci — décrivez votre vie par des titres de chansons — à La lectrice en robe jaune et à L’autodidacte aux mille livres, et je me suis pensé « D’un côté, je pourrais juste citer les Singles Collections d’Indochine. D’autre côté, j’ai peut-être des trucs à partager que personne d’entre vous ne connaît déjà. » Alors j’ai décidé de l’essayer de ma façon.

Vous voyez ce dernier lien ? Il y a beaucoup de la langue française que j’entends dans la tête par le moyen de chansons. Ou de films. Ce sont souvent la seule fois où j’ai entendu des mots à haute voix. On écrit « C’est comme ça » ; je l’entends dans la voix de Catherine Ringer. On écrit « Qu’est-ce qu’il y a ? » ; j’entends Bourvil dans Le Corniaud. C’est une relation que je n’ai avec aucune autre langue. Alors, on y va :

Décris-toi : Un jour dans notre vie, Indochine

Je ne suis qu’un type. Mais j’appelle celle-ci mon générique car pour moi, le message est qu’en un instant, tout peut changer.

Comment te sens-tu : Roads to Madness, Queensrÿche

On traduirait ce titre comme Des chemins vers la folie. Pour moi, le blog est une évasion, une opportunité de ne pas penser au fait qu’on m’en veut pour tout et n’importe quoi.

Décris là où tu vis actuellement : Costa del Sol, Nobuo Uematsu

Ouais, je l’appelle Elbe-en-Irvine car ça m’amuse. Mais celle-ci est exactement tout ce dont tout le monde pense quand on parle de la Californie du Sud. En français, on dirait Côte du Soleil.

Si tu pouvais aller n’importe où, où irais-tu : Un été français, Indochine

Depuis le début, on est maintenant à 265 000 mots sur ce sujet et rien d’autre. J’ai même monté sur le toit de La Grande Arche de La Défense pour l’exprimer.

Ton moyen de transport préféré : Red Barchetta, Rush

L’une de leurs meilleures chansons de leur meilleur album, et basée sur une histoire qui est apparue dans le magazine Road & Track. (Une Barchetta est un vieux modèle de Ferrari.)

Ton / ta meilleur(e) ami(e) est : My Favorite Headache, Geddy Lee

Le titre signifie « Mon mal à tête préféré ». Je l’adore, et on parle tout le temps depuis 28 ans, mais…disons que l’on connaît très bien les conneries de l’autre !

Toi et tes amis, vous êtes : The In Crowd, Ramsey Lewis Trio

Hahahaha, je plaisante ! « The in crowd » est une expression qui veut dire les gens les plus « cool, » les plus populaires. On est vraiment des… tarés ? Intellos ? J’sais pas moi. Aux fêtes, on dirait « wallflower » en anglais, littéralement « fleur de mur ». Vous comprenez, sûrement, mais je voulais une excuse pour partager la chanson.

Comment est le temps : Hot, Hot, Hot, Buster Poindexter

« Hot » = chaud. Il fait 35°C pendant la journée cette semaine.

Ton moment préféré de la journée : Tonight, Tonight, Tonight, Genesis

Peut-être que vous connaissez celle-ci à cause de Phil Collins. « Tonight » veut dire « ce soir ». Le soleil et moi ne sont pas de grands amis car je suis pâle. Mais en fait ma chanson préférée de l’album est Invisible Touch.

Qu’est la vie pour toi : L’Aventurier, Indochine

J’ai fait tout ça juste pour l’écouter. J’ai au moins un peu le droit, même si à mon avis c’est mon amie rouennaise, expatriée deux fois, qui mérite vraiment le titre.

Ta peur : I’ll Sue Ya, « Weird Al » Yankovic

Le meilleur parodiste en anglais depuis les années 80s. Le titre veut dire « Je te poursuivrai ». Relis la deuxième entrée pour mieux comprendre.

Quel est le meilleur conseil que tu as à donner : Everybody Plays the Fool, Aaron Neville

C’est-à-dire littéralement « Tout le monde joue l’idiot ». J’en suis un expert.

Pensée du jour : Eat Steak, Reverend Horton Heat

« Mangez du steak ». Toujours un bon conseil. Aussi une chanson très drôle.

Comment aimerais-tu mourir : Everything Must Go, Steely Dan

On peut traduire ce titre comme « Tout doit partir », mais on dit ça en anglais surtout quand un magasin doit fermer et se débarrasse de tout. Je n’aimerai pas trop ce moment.

La condition actuelle de mon âme : Every Day I Have the Blues, Joe Williams

« Tous les jours j’ai les blues ». Mais il faut comprendre que l’on parle de la musique et son attitude, pas vraiment d’être dépressif. Et M. Williams est à mon avis notre meilleur chanteur du XXe siècle. Je pleure quand je considère que vos radios ne jouent que de nos cons comme Jay-Z et Eminem. Il y a une meilleure tradition musicale ici.

Vraiment, j’aurais pu écrire une liste avec seulement Indochine, Les Rita Mitsouko, Marie Laforêt, et Pascal Obispo, mais j’espère que celle-ci était plus intéressante !

Le magasin le plus intéressant au monde

Je suis rentré à la maison il y a deux jours, mais c’est juste maintenant que l’on finit notre récit de la Nouvelle-Orléans. Si vous y visitez un jour, il ne faut absolument pas que vous ratiez le magasin d’antiquités M.S. Rau. En général, je ne fais pas ce genre de truc, mais je sais déjà que vous serez d’accord qu’il n’y a rien au monde entier comme celui-ci.

On commence à l’extérieur, leur porte sur la Rue Royale (votre carte dira Royal Street, mais les panneaux sont bilingues). M.S. Rau existe depuis 1912, mais ce n’est pas du tout leur site original ; ils ont bien grandi. La Rue Royale est la maison de nombreux tels magasins, mais rien ne vaut la comparaison.

Il n’y a pas trop dans les vitrines, juste un aperçu de ce qui nous attend. Au fait, en anglais on utilise « soupçon » comme si c’était presque un synonyme d’aperçu pour les quantités, comme pincée.

M.S. Rau n’est pas une bijouterie, mais la moitié du rez-de-chaussée (on dirait 1er étage, alors attention si vous visitez) est consacré aux bijoux. Je ne suis pas expert en bijoux, alors on commencera avec des pièces effrayantes :

Vous la sentiez, bien sûr ? La terreur ? La dernière fois où j’ai acheté un collier de perles pour quelqu’un, quatre mois plus tard cette personne a kidnappé ma fille et a vidé la moitié de l’argent de nos comptes bancaires. (Je vous dirais la pire chose, mais vous ne me croiriez pas.) Les perles sont dangereuses !

Il y a plein d’autres pièces exceptionnelles, mais on ne regardera que trois de plus. D’abord une libellule en or avec 60 carats de diamants (985 000 $) :

Une broche en micromosaïque de 1850, un très bon marché à 19 850 $ :

Et une jolie collection de montres de poche :

On passe aux antiquités. D’abord un tour à bois, avec son placard d’outils, du XIXe siècle. Même si j’ai eu 188 500 $ pour un tel achat, je n’ai aucune compétence de ce genre.

Peut-être que vous aimez les violons, mais n’avez pas le temps pour apprendre à jouer ? Voilà une machine qui peut les jouer toute seule (248 500 $) :

Oh, vous préférez l’accordéon. Pas de problème, voici une machine belge des années 1920s pour ça (168 500 $) :

« Mais Justin », vous me dites, « tout ça est bien au-delà de votre remet. Où sont les trucs français ? » Bonne question ! Peut-être que vous avez entendu parler d’un certain sculpteur français, M. Auguste Bartholdi ? Voilà un de 12 exemples de son œuvre le plus célèbre, coulé en bronze de son modèle en plâtre que l’on peut trouver au Musée des arts et métiers à Paris. Si vous avez 1 250 000 $ sous le canapé, c’est à vous ! (Anne-Élisabeth Lemoine non inclus.)

Peut-être que vous préférez les empires aux démocraties. Pas de problème ! Voilà un portrait de Napoléon avant la Bataille de Moscou, par Joseph Franque, peint en 1812. Ça coûte 885 000 $ :

Hélas, toutes les bonnes choses ont leurs fins, dont l’Empire. Les anglais ont fait faire cette baignoire aux pieds pour l’exil de Napoléon sur Sainte-Hélène, jusqu’au moment où un député a décidé que les lauriers avaient trop l’air de victoire. Vous pouvez l’acheter pour 24 500 $ :

Peut-être que vous êtes comme moi et il n’y a jamais assez d’horloges. Voilà une horloge régulateur de Deshays à Paris du XIXe siècle (248 000 $) :

Aimeriez-vous une plus petite horloge française ? Voilà voilà, une horloge squelette du XVIIIe siècle (48 500 $) :

Mais vous n’allez sûrement pas laisser votre nouvelle horloge squelette rester sur une table aussi quotidienne ? Achetez un bureau plat avec des plaquettes de porcelaine de Sèvres pour l’afficher (78 500 $) :

Je ne suis pas un homme violent. Mais si je me fâchais vraiment sur les perles, j’aurais suggéré que l’on règle le différend avec ces jolis pistolets de duel français de 1830 (39 850 $) :

Désolé si je vous ai fait peur avec ce dernier commentaire. Calmez-vous en écoutant cette boîte à musique des Frères Mermod (128 000 $). Elle joue 6 chansons par cylindre et il y en a trois inclus. Pendant que la musique joue, 4 danseuses et un papillon mécanique dansent pour vous aussi.

On n’est pas finis — passons maintenant aux tableaux ! Voici L’Arc de Triomphe par André Brasilier (228 500 $).

Un dernier œuvre, le 14 juillet à Montmartre par Yvonne Canu (38 500 $). Si j’avais l’argent, il n’en serait pas de question car j’adore le style du pointillisme.

Mais j’ai commencé tout ce parler de la Nouvelle-Orléans avec du parler de pralines. Où sont-elles ? Voilà, les meilleures pralines de la ville, du New Orleans School of Cooking :

Bien sûr, j’en ai apporté une douzaine à la maison :

Miam :

Mais je ne suis pas aussi cruel que ça. Alors plus tard, je vais vous enseigner à préparer exactement ces pralines selon la recette de l’école. Et deux autres desserts de la ville aussi pour « lagniappe », comme on dit en français louisianais. (C’est-à-dire quelque chose en plus.)

La cathédrale Saint-Louis

Au milieu de Jackson Square, la place centrale du Quartier français à la Nouvelle-Orléans, on trouve la cathédrale Saint-Louis. Comme je vous ai dit, c’est la cathédrale la plus vieille de fonctionner (depuis 1794) jusqu’à nos jours aux États-Unis. Aujourd’hui, on va faire le tour de la cathédrale.

On commence par l’entrée, où on trouve un panneau avec les noms de famille des paroissiens au début. Je me demande si ça raconte une histoire d’une région française, car la majorité de mes connaissances vivent au nord de la France, et je ne connais personnellement personne avec aucun de ces noms. (Bon, mon ancienne physiothérapeute s’appelait LeVasseur, mais elle est née ici.) Il y a le joueur de hockey Patrice Bergeron et le chef Amaury Guichon, mais je doute que l’on se rencontre.

En entrant le narthex, il y a deux statues de saints. Peut-être que vous avez déjà deviné qui.

Oui, c’est Saint-Louis lui-même. Et à son côté, Sainte-Jeanne-d’Arc :

Notez bien la plaquette au-dessous de cette dernière statue — celle de Saint-Louis est en anglais.

En haut des statues, on trouve l’orgue :

Voici l’intérieur :

Il y a de nombreuses fresques au plafond, mais je vous en montrerai seulement une, sur le thème de l’Agnus Dei.

Maintenant, on va traverser le chemin de croix aux côtés. Remarquez la langue, s’il vous plaît.

Entre les étapes du chemin de croix, il y a des vitraux qui racontent la vie de Saint-Louis :

Aux côtés de l’autel, il y a deux petites chapelles, mais pas un vrai transept. À gauche, il y en a une consacrée à la Sainte-Vierge :

Il y a un petit panneau à droite. Je veux que vous le lisiez :

La chapelle à droite est consacrée à Saint-Joseph et l’Enfant Jésus. On peut la voir derrière le pupitre. (Corrigez-moi si j’ai utilisé le mauvais mot — j’ai l’impression que le truc en bois a un autre nom, mais j’ai utilisé le mot le plus proche à « pulpit » en anglais.)

Et voilà l’autel :

Demain, on visitera notre dernier endroit à la Nouvelle-Orléans. Je vous promets que ce sera une finale spectaculaire.

Un troupeau de bêtes noires

Cette semaine, Le Canard a sorti un joli troupeau de mes bêtes noires, même si l’expression que je cherche vraiment est l’anglais « pet peeves ». (C’est-à-dire, des trucs desquels on adore se plaindre.)

On commence avec la sécheresse. (Pas celle du Mékong.) En Californie, on appelle ça « la quotidienne ». Quand j’étais ado, il y avait un resto dans le Vieux Quartier (Old Town) de San Diego avec des panneaux sur les tables : « On est dans la deuxième année d’une sécheresse de deux ans. » Ces panneaux restaient jusqu’à leur onzième anniversaire. Je ne me moque pas du tout de cette question de lait — je la comprends trop bien.

Mais savez-vous où les pelouses ne deviennent jamais marrons ici ? Les terrains de golf, les hôtels Ritz-Carlton, les maisons de Beverly Hills. En même temps, le gouvernement nous fait honte si on ne remplace pas nos pelouses par des cactus. Je comprends trop bien celui-ci aussi :

Tout ce que je pourrais ajouter serait de la polémique, alors je me tais maintenant.

L’une de mes bêtes noires préférées est l’art public. J’ai déjà méprisé le monument à Johnny Hallyday, mais même s’il n’a vraiment rien à voir avec les rodéos urbains, il ne me dérange pas quand Le Canard fait la comparaison.

Finalement, je ne pouvais pas trouver un article pour expliquer celui-ci, juste les trucs habituels pour se faire vomir. Mais j’ai déjà RÂLÉ du lien entre Paris et les conneries romantiques, alors qui s’en fiche ? Mais honnêtement, même si je n’ai jamais fait cette connerie, euh…laissez tomber.

Bon, j’ajouterai que ça sent la danse de Sadie Hawkins, une tradition américaine aux collèges. Mais ce n’arriverait jamais ici après l’université, les rôles inversés.

Comme toujours, si vous avez aimé ces dessins, abonnez-vous !