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L’amour est dans l’avion

Je vous ai menacé que j’allais vider mes brouillons, et on commence aujourd’hui avec quelque chose qui attend depuis déjà un an entier ! Cette fois, on parle d’une série de 3 épisodes du podcast « French Expat » du site américain « French Morning », Les couples multiculturels. Malgré le nom, le site est tout en français et ciblé aux expatriés, alors vous pourrez comprendre presque tous les contenus. Pourquoi presque ? Parce qu’il y a de nombreuses anecdotes racontées par les couples différents, et certains ne parlent pas bien (ou tout court) le français.

Avion d’Air France, Photo par Steven He, CC BY-SA 4.0

D’abord, un mot sur le sujet en général. Je m’intéresse depuis longtemps — à partir du lycée — aux histoires de conversions religieuses et changements d’identité. Mais non pas celles avec des motivations évidentes. Que le Roi Henri IV soit passé du protestantisme au catholicisme parce que « Paris vaut bien une messe », ça ne m’intéresse pas trop ; un tel dicton met à côté la sincérité. Que l’auteur G.K. Chesterton ait fait la même chose parce qu’il avait changé d’avis, ça m’a donné mon livre préféré de tous les temps. Que le père d’une copine de classe de ma fille ait appris un peu de chinois et commencé à manger leurs plats afin de se marier avec une femme d’origine chinoise, bof, c’est évidemment pour avoir de la paix à la maison. Qu’un type qui ne puisse déménager nulle part et n’ait pas non plus de future belle-famille pour épater se plonge dans une culture ? Ça fait déjà presque trois ans où je n’arrive pas à me taire sur le sujet.

Vous comprenez donc la distinction. Je ne nierai pas que je serais ravi de passer de la catégorie qui m’intéresse à celle que je trouve ennuyeuse. C’est certainement évident à d’autres personnes. Mais ce qui m’intéresse ici vient de ce que je vois aux États-Unis ; il me semble que les couples mixtes finissent par être vraiment une chose ou l’autre. J’étais donc curieux si ce serait le cas ailleurs. Ce sont à moitié des histoires franco-américaines ; il y a deux couples franco-canadiens (mais pas québécois dans les deux cas), un franco-allemand, et un franco-espagnol.

Il n’y a pas de longues histoires dans ces épisodes. Toutes les deux minutes, on passe d’un couple à un autre. Dans le premier épisode, on rencontre une dizaine, et on peut vite voir à quel point les choses sont variées. Le tout premier que l’on rencontre, Mac et Cindy, est clairement un couple à l’américaine. Les deux sont attachants, mais il ne comprend guère le français et c’est bien clair qui a fait les efforts linguistiques (par contre, c’est lui qui a fait les efforts pour voler ; c’est une vraie histoire d’amour).

On rencontre un autre couple, Fanette et Malte, où monsieur est allemand — mais on n’entend même pas un mot allemand quand ils parlent. Une femme, j’oublie laquelle, parle d’avoir grandi avec une mère française et un père sicilien, avec de vrais conflits culturels à la maison. On entend parler que certaines ont tout à coup découvert à quel point la Chandeleur leur est importante. J’y entend : « Je n’avais pas compté sur une vie si étrangère ». D’autres sont ravies à découvrir le Thanksgiving — une d’entre eux dit qu’il y a beaucoup moins de pression qu’à Noël, car pas de cadeaux. Que j’aie des nouvelles pour elle — pas quant aux cadeaux, mais à d’autres sources de pression à Thanksgiving.

Dans le deuxième épisode, les problèmes arrivent. Et non pas seulement à cause de la culture américaine. On rencontre Louisa, une française avec une mère algérienne, anciennement en couple avec un homme français pas nommé. La belle-famille n’en était pas ravie. Il y a aussi Rachel, juive, et Amine, musulman, et pas besoin de préciser la joie de leurs familles — pourtant, leur plus grand problème de loin sera la relation à distance.

Il s’avère que le père du copain de Louisa a, disons, ses idées, mais une fois qu’il découvre qu’elle « s’intéresse à toutes les questions françaises » et « vous parlez sans accent » (elle est née et a grandi dans l’Hexagone), ils s’entendent. Mais elle ne mange pas de porc, la mère essaye de la satisfaire, et ça l’embête.

Le troisième et dernier épisode concerne ce que les couples auraient aimé savoir à l’avance. La description dit que si « votre nouveau crush ne parle pas la langue de Molière…ce nouvel épisode est fait pour vous ». Bonjour. Mais les leçons, sont-elles utiles ? Pas trop.

Delphine, qui a grandi dans la campagne française trouvait que c’était très facile de s’entendre avec Aaron, fils d’une famille fermière américaine. Choquant. C’est plutôt l’un des thèses de ce blog ! Il n’est pas surprenant d’apprendre que les divergences de croyance passionnées — non pas seulement la religion, mais aussi l’amour de sa propre culture — font le plus de difficultés. Ou qu’il faut parler souvent. La conclusion de la hôtesse, c’est que « la question chance ou fardeau, la réponse est ni l’un ni l’autre ».

Il me semble que les choses ne sont pas si différentes d’ici. Mais peut-être que ce genre d’égalité n’est pas une attente réaliste. Alors, je ne sais pas si on a besoin de l’entendre mais au cas où : allez, on fait des galettes des rois et fêtent la Chandeleur, même à la marocaine, chez moi !

L’arnaqueuse de Finistère

Il y a des semaines, j’ai entendu parler d’une jolie jeune voisine de notre cher Jours d’humeur, une certaine Anne Kerdi, qui « fait le buzz », comme dites vous les anglophones. Elle a vite acquis plusieurs milliers d’abonnés sur Instagram, et vu que j’ai récemment connu un peu de succès en y faisant des présentations, j’ai pensé à leur faire connaître. Après tout, il aime la plage, tout comme elle, visiblement. (En fait, je n’ai aucune preuve qu’il aime la plage, mais après qu’il a regardé la photo en bas, j’aurai eu raison.)

Je n’ai aucun doute qu’elle aimerait faire la connaissance d’un auteur célèbre. Sauf que.

Sauf qu’il y a un problème au-delà de la différence d’âges. Ouest-France l’explique :

Source

Elle n’est rien d’autre qu’une création de l’IA, par un homme qui a clairement trop écouté « Anything She Does » de Genesis* (sur un auteur qui tombe amoureux de son héroïne fictive). Et pour être clair, l’auteur n’a jamais caché la vérité — dès le premier post, ci-dessous, il a dit que le tout est faux, avec des textes générés par une IA, puis vérifiés par l’humain avant d’être publiés. Je suis moins certain quant à concernant les photos — l’auteur tague certaines, comme celle-ci, « #generativeart » mais aussi « #modelephoto ».

*(Je plaisante. Impossible de trop écouter tout l’album « Invisible Touch« , dont « Anything She Does ».)

Il ne vous étonnera pas du tout d’apprendre qu’Anne reçoit des messages coquins, ou au moins un peu chauds, car le fait de ne pas exister n’empêche pas tous les hommes. (Il y a des applis payantes pour ce genre d’homme. Ça me donne envie de vomir.)

Je vais avouer que la découverte de ce compte a bel et bien gâché mon prochain poisson d’avril. J’allais « confesser » que ce blog était en fait une farce hyper-compliquée faite par une adolescente ennuyée de 15 ans dans un département très peu peuplé, peut-être la Corrèze ou la Lozère. Et que son cousin qui a déménagé à Elbe-en-Irvine est celui qui répond aux vrais courriers.

Mais avec de telles « personnes » comme Anne Kerdi en ligne, qui sait ? Peut-être que l’on peut faire un « deepfake » même de ma vidéo du concert d’Indochine ? Ce serait plus simple que croire qu’il existe un type assez fou pour faire l’aller-retour en 50 heures, n’est-ce pas ? Il me semble maintenant qu’un tel poisson présenterait un risque trop élevé. Certains d’entre vous m’ont rencontré dans la vraie vie, mais un robot derrière les courriels et les MPs ? Pourquoi pas ? Alors merci Anne, ou qui que ce soit, vous allez me faire travailler pour le prochain 1er avril. Ça, je ne pardonne pas.

Mais, euh…monsieur le programmeur ? La prochaine fois où vous me créerez dans une autre simulation, peut-être que vous pourrez me laisser garder plus de cheveux dans les photos ? Ce serait super, merci !

Ne parlez pas l’anglais comme un américain, 1ère partie

Édité pour ajouter : En ce qui suit, je parle du faible niveau d’anglais aux États-Unis de nos jours. Ce n’est pas une plainte sur ce qui disent les Français en parlant anglais !

Je me demande parfois ce que vous pensez tous quant à au sujet de mes obsessions avec la pureté linguistique. J’imagine que c’est très inhabituel pour un anglophone de refuser l’opportunité d’utiliser des anglicismes. On penserait que ça le rendrait plus à l’aise. En partie, c’est ce que les élèves de religion appellent « le zèle des convertis » — le désir de montrer que l’on fait tous les efforts possibles. Mais il y a un côté plus obscur — pour autant que certains francophones ne veulent pas entendre l’anglais, il n’y a personne qui ne peut pas le supporter plus que moi.

Personne perplexe, Dessin par Nithinan Tatar, TH, CC BY 4.0

Comment ça ? « Justin, vous êtes clairement dingue », vous dites. Mais vous connaissez certainement des gens qui sont les plus grands patriotes au monde quand un étranger critique votre pays, puis le méprisent encore plus eux-mêmes. (Nous ne manquons pas de telles personnes non plus.) C’est la même chose — car les « amateurs » de la sonorité anglaise ne savent pas forcément à quel point la langue de Shakespeare est tombé. (Je sais, toutes les générations disent ça à leur tour. Mais j’ai raison.)

Je ne lance pas une nouvelle catégorie, mais je n’épuisera pas du tout mes pensées sur ce sujet dans un seul billet.

Commençons aux restos. Quand les serveurs vous saluent au début d’un repas, ils disent « Is this your first time here? » (Est-ce ta première visite ici ?) Si on dit « Oui », ils répondent « Then, welcome » (Puis, bienvenue.) Si non, c’est « Then, welcome back » (Puis, content de te revoir). Franchement, pour autant que ça dérange, que l’on ne sait pas vous saluer sans d’abord demander des infos, c’est « Then » (Puis) qui me dérange le plus. Vous voyez que la réponse ne change qu’un mot en anglais. C’est comme parler à un robot avec un organigramme !

« Mais Justin, » vous me dites, pas sans raison, « ce n’est qu’un scénario. Blâmez plutôt les gérants. » Ah, mais il était une fois, on se moquait d’exactement ça. Il y a eu un moment où le premier président Bush a lu les directions écrites à côté de son discours, et a dit « Message: I care » (Message : je m’en soucie). C’était censé être une direction pour comment dire ses mots, pas quelque chose à répéter à haute voix ! Maintenant, nous sommes tous lui, et lui doivent nos excuses. (Ce n’est pas une invitation pour vous plaindre de lui ; ça ne concerne que la langue.)

Mais c’est bien pire que ça. Après vous avoir montré qu’il est un robot, le serveur vous demandera « What can I get started for you? » (Qu’est-ce que je peux commencer pour vous ?) Il y a dix ans, personne ne disait quelque chose d’aussi stupide. Pendant toute ma vie, c’était toujours « What can I get you started with? » (Avec quoi aimeriez-vous tous commencer ?) Les traductions françaises peuvent masquer un peu la nature de ma plainte, alors je la précise : anciennement, le COD de « commencer » était vous le client, et le COI était la nourriture. Les cons les ont inversés ! Ça fait saigner les oreilles. Ma fille n’a jamais connu un monde où les serveurs parlaient anglais, alors elle ne comprend pas à quel point ça me dérange.

Un dernier exemple pour cette fois. Vous donnez votre commande au serveur après avoir lu la carte, puis il répond « That comes with fries. Is that OK ? » (C’est servi avec des frites. Est-ce OK ? » Dans l’anglais de toute ma vie jusqu’à cette dernière décennie, demander « Est-ce OK ? » avait la polarité opposée de « Ça va ? » bien que les deux paraissent dire la même chose. On demandait cette question en s’attendant à un problème. Alors, demander « Is that OK? » en parlant des affaires habituelles, c’est-à-dire que la chose habituelle ne va pas. Si c’est le cas, pourquoi est-ce que vous la faites ?

Les serveurs ne le trouvent pas drôle quand je dis, « Non, mais je le prendra quand même. » Je réponds à exactement la question qu’ils demandent, mais ils ne comprennent pas la langue comme on l’usait pendant leur enfance. (C’est plus précise à dire que personne ne l’aurait demandé à l’époque. La question aurait plutôt été « Qu’est-ce que tu veux avoir avec ? ») Seulement quelqu’un de même âge que ma fille s’habitue à cet usage. Encore une fois, ça fait saigner les oreilles.

Je comprends que le but a changé avec cette dernière question. Le resto peut offrir plusieurs choix mais la gestion préfère que la plupart des clients choisissent la même chose. L’idée est de couper les choix en suggérant au client « la bonne réponse ». Mais c’est un abus de la langue.

La prochaine fois, on va parler de la forme possessive. Aïe, mes oreilles ! Rien que la pensée me fait mal !

Des limites

Jj’ai reçu un courriel hier matin qui m’a mis en colère. Rien à voir avec mon « ami » parisien, je vous rassure. Cette fois, c’était quelque chose 100 % fait maison, un pur produit américain.

Je vous parle parfois de nos bêtises quant aux jours fériés, aux fêtes, etc. Par exemple, le mensonge de Black Friday, les bonbons de Saint-Valentin sortis même avant le Nouvel An, ou les bonbons de Halloween en début août. Mais ça fait des décennies que ces fêtes ne sont que des opportunités commerciales, surtout Vendredi noir, qui n’a jamais eu aucune relation avec la réalité. Mais s’il y a une chose où il ne faut absolument pas en profiter pour vendre des trucs, c’est le 11 septembre. Alors, ce courriel est la pire pub que j’ai vue :

Le sujet dit « De la papeterie patriotique pour ce Jour de Mémoire ».

Crane and Company est la plus vieille papeterie aux États-Unis. Ils étaient là au temps de la Révolution, et c’est seulement leur papier utilisé pour imprimer les dollars. (En fait, en 2015, l’entreprise s’est séparée en deux, alors un client de la papeterie n’est plus un client de l’entreprise qui fabrique le papier pour l’argent.) Cette histoire est la raison pour laquelle j’achète ce dont j’ai besoin chez eux et nulle part ailleurs toute ma vie.

Le courriel continue :

Je saute par-dessus des sentiments guimauves des premières deux phrases, car tout ce qui compte est la dernière : « Montrez votre soutien pour ceux qui étaient affectés avec notre papeterie patriotique en tant que cadeau — voire inscrite avec vos pensées et remerciements. » Le bouton en bas est pour aller sur leur site. Dit autrement : « Achetez des trucs chez nous à cause du 11 septembre. »

Ce blog étant tous publics, je ne peux pas du tout partager ce que j’ai dit en lisant ce courriel. Mais j’ai tout de suite écrit un courriel en réponse pour leur dire que c’est la toute première fois où j’ai vu une entreprise oser profiter de la date. Certaines associations essayent de demander des dons, mais vendre comme si c’est la Saint-Patrick ou le 4 juillet, jamais. Et au cas où il y aurait aucun doute, le courriel voulait me faire savoir que les cartes de Noël sont en promotion, réduites par 10 % :

J’essaye de ne pas écrire des trucs rageux ici. Mais ils ont violé un tabou que même les vendeurs de voitures d’occasion n’ont jamais osé franchir. Ce qui me rend triste, c’est la certitude que l’on est maintenant sur le point où ce jour passera au même sort que la Journée des anciens combattants. Il sera un jour pour vendre des matelas et des voitures (ici, ce sont les vendeurs les moins réputés de produits légaux). Si vous me doutez, sachez que je me suis plainte de ce moment sur tous mes réseaux — et pas un seul de mes con-citoyens ne l’a remarqué.

Soirée de jeux

Ce soir, j’ai assisté à une soirée de jeux d’ambiance avec l’OCA. Certaines personnes m’étaient déjà familières ; d’autres, toutes inconnues. Comme d’habitude avec leurs événements, je n’ai pas pris de photos. Mais oh là là, quelle aventure juste pour y arriver.

J’avais dit à la hôtesse que j’apporterais des macarons. Naturellement, après la réussite de la semaine dernière, je voulais refaire les macarons crème brûlée. Quelle boulette ! Jeudi soir, j’ai préparé la ganache avec du chocolat blanc Ghirardelli — une erreur — puis je me suis lancé dans les coques. Je ne vais même pas vous montrer les deux premiers lots ratés — la pâte était si molle qu’elle est trop vite tombée de la poche à douille — inutilisable. Voici mon troisième lot :

Non, je ne comprends pas comment je les ai ratées à ce point. Ma théorie est qu’il faisait trop chaud dans mon appartement, donc trop humide dans le four, mais ça n’explique pas les deux premiers lots. Alors, j’ai refait la pâte une quatrième fois avec de la meringue française, comme d’habitude. Mes coques à la vanille étaient une réussite complète. Les autres…pas autant. Voici quelques exemples du produit final :

Reconnaîtrez que ce sont les meilleurs exemples des coques jaunes. Elles avaient toutes des bulles. Je n’ai pas oublié comment faire les coques, mais quelque chose n’est pas allé. Mais la pire chose — vous voyez cette ganache ? Moooooooolle. Je dois vous dire — n’utilisez que du chocolat Valrhona avec cette recette. Peut-être que l’on peut en faire une bonne avec le chocolat Ghirardelli, ou un autre, mais pas avec les mêmes proportions. Et j’ai vu les résultats. J’ai apporté 3 douzaines à l’événement ; je suis revenu (je ne veux plus dire « rentrer ») avec 21. Pourtant, il y avait 12 personnes. Je sais. On les a goûtés, et ne les a pas trouvés à la hauteur.

Au-delà des macarons, j’ai rencontré un autre problème. On a joué à trois jeux différents. Deux des trois exigeaient un grand vocabulaire pour réussir vraiment. La hôtesse s’inquiétait un peu trop évidemment pour moi, et a dit à plusieurs fois que peut-être que quelque chose sera trop difficile. Je me sentais coupable. Il m’est important dans toutes les situations de ne pas être le fardeau qui pèse sur les autres. C’est moi qui voulais les rejoindre et donc ma responsabilité. En fait, je crois que les jeux se sont plutôt bien passés pour moi, mieux que ce à quoi on attendait.

On a joué à deux jeux qui viennent des États-Unis, et un que l’on ne trouve qu’en France. Le premier jeu de la soirée était « Telestrations« , où tout le monde reçoit un carnet avec une douzaine de pages, toutes des tableaux blancs. On écrit un mot sur la première page, et passe le carnet à la prochaine personne, qui doit le dessiner sur la deuxième page. Cette personne passe le carnet à une troisième personne, qui écrit sur la troisième page ce qu’elle pense est le bon mot vu le dessin de la deuxième page. Ça continue autour de la table. Vous avez l’idée. Je ne peux même pas un peu dessiner, mais j’en ai quand même profité.

Le prochain jeu, Mot Pour Mot, vient de la France. On fait deux équipes qui prennent des tours pour deviner un mot. Je laisse le vendeur l’expliquer :

À votre tour, trouvez vite un mot correspondant à la catégorie imposée puis déplacez chacune de ses lettres vers vous. La première équipe à capturer 6 lettres en les extirpant du plateau l’emporte!

J’ai contribué « montgolfière » à mon équipe. Peut-être pas trop inutile !

La dernière chose était « Good Luck » (Bonne chance en français). Ici, chaque personne écrits trois noms, que ce soient propres ou communs. On forme des équipes. Pendant la premier tour, on doit choisir un nom d’un chapeau, et faut le faire deviner à son équipe. La prochaine fois — toujours avec les mêmes mots — il faut les faire deviner à votre équipe en mimant. (Beaucoup plus simple si on se souvient des mois du 1er tour. La 3e fois, par moyen de dire un seul mot aux membres de son équipe. Encore une fois, il vaut la peine d’avoir fait attention pendant le 1er tour.

Avec ce dernier jeu, ils m’ont battu. Parmi les mots que je connaissais pas : pattemouille, jeannette, et salopette. Honnêtement, je n’entend que « Pat’Patrouille » avec le premier. J’avoue, la hôtesse avait raison ici.

Je ne sais pas ce que je fasse prochainement. Je ne suis pas le seul membre qui n’est pas né francophone, mais aux plus petits événements, c’est le cas. J’espérais que la pâtisserie mettrait les autres plus à l’aise avec moi, mais j’ai toujours l’impression que je n’ai toujours pas trouvé la bonne entrée.

L’expérience vaut quoi exactement ?

J’ai un ami que je connais depuis mon tout premier jour à la fac. Ça fait donc 29 ans que l’on se connaît. Il a immigré aux États-Unis quand il avait 12 ans. Une autre fois, peut-être que je vous raconterai plus de son histoire. Pour l’instant, disons juste qu’il a bien réussi sa vie ici, exactement ce que l’on appelle « the American Dream ». Mais de plus en plus, nous ne sommes plus d’accord sur quelque chose. Et cette chose est un peu le cœur de ce blog.

Ayant assisté à la même fac, et suivi de nombreux cours scientifiques, nous parlons la même langue quant à la chimie. Mais moi, je cuisine depuis la fac, et lui…il vient de préparer des pâtes pour la première fois il y a des mois. (Je ne plaisante même pas un peu ; il a lu un article sur le plat italien dit « cacio e pepe » et décidé que c’était assez simple pour préparer à la maison.) Le manque d’expérience ne l’empêche pas d’avoir des avis forts. Je essayerai de présenter ses avis de manière neutre.

L’année dernière, il a lu un article en anglais qui parle de cette polémique en Italie, provoqué par un scientifique, Giorgio Parisi — gagnant du prix Nobel en physique — qui a décidé qu’il sait mieux que le reste du pays faire cuire les pâtes. Il dit qu’on devrait plonger les pâtes dans l’eau bouillante puis couper le feu après deux minutes et couvrir la casserole. Ça fera des économies d’énergie et produira — selon lui — les mêmes résultats.

Pâtes, Photo par VinRock80, CC BY-SA 4.0

J’hésite à dire à un italien de naissance qu’il ne sait pas cuire des pâtes, mais je suis loin d’être le seul avec une réaction allergique. Un chef étoilé, Antonello Colonna, est cité dans le même article pour dire « Les spaghettis deviennent caoutchouteux quand le feu est éteint, la cuisson à froid est meilleure ».

J’ai peur de prononcer « caoutchouteux ».

Il faut reconnaître que ce débat a eu lieu au moment où l’expression « sobriété énergétique » était partout. Et franchement, s’il disait juste « Ça produira des résultats acceptables » plutôt que « C’est la même chose », je n’aurais pas de problème. Mais mon ami l’a entendu et décidé « Voilà, c’est la science, car c’est la même énergie dans le système. » Mais si on veut parler de la science, il y a trop de suppositions non-justifiées. Que la casserole est assez lourde pour ne pas perdre trop vite la chaleur, que les pâtes ont toutes besoin du même temps de cuisson, que les surfaces de cuisson refroidissent au même rythme — on ne peut pas du tout donner une règle telle que « couper le feu après deux minutes » qui couvre tous les cas !

Mon ex croyait que j’étais fou avec le micro-ondes, qu’il n’y avait aucune raison pour varier la puissance, juste le temps. « C’est la même quantité d’énergie » était l’argument chez elle aussi. Alors, faites fondre du chocolat noir et du chocolat blanc à puissance maximum pendant le même temps, puis dites-moi si les mêmes résultats se produisent. (Indice : le chocolat blanc sera brûlé.) Il faut savoir qu’il y a des différences, que le manque de solides de cacao veut dire un point de fusion plus bas.

Pour revenir vers mon ami, il dit maintenant que si on peut reproduire à la maison ce qui fait un resto, que le prix du resto n’est pas justifié. Je ne suis pas ici pour défendre toute et n’importe quelle augmentation de nos jours. Mais j’ai essayé de lui expliquer quelque chose, non pas pour la première fois. Quand j’ai commencé à faire des pâtes à la maison — feuilletée, à brioche, quelle que ce soit — je n’avais pas la moindre idée de ce que je faisais. Il faut les toucher, les travailler, voir la relation entre la pâte et ce qui sort du four pour comprendre vraiment si la pâte est bonne ou s’il faut l’ajuster. Ce que l’on ne peut pas faire est sortir une enveloppe, faire quelques calculs sur le dos avec plein d’hypothèses non-testées, et s’attendre à de bons résultats.

« Je prêche à la chorale », comme on dit en anglais. Les Français fêtent l’expérience tous les jours avec les CAP et les prix MOF. Mais vous avez aussi vu mes échecs, les macarons (regardez tout en bas), les gâteaux, et les cookies ratés. Peut-être qu’il faut avoir de l’expérience pour comprendre vraiment qu’il faut avoir de l’expérience.

La lettre d’amour parisienne

En 2012, j’ai rejoint un site appelé Quora. L’idée était que certains écriraient des questions et d’autres personnes — on espérait, bêtement, avec des connaissances utiles — les répondraient. Étant sur Internet, ça marchait exactement comme vous vous attendiez — des cons demandent des questions idiotes, et d’autres cons répondent de façon moitié non pertinent, moitié insultante. Puis, il y a les commentaires.

J’ai arrêté d’écrire sur Quora en anglais il y a longtemps, mais quand j’ai commencé â apprendre le français, je me suis lancé sur Quora en français. (Je suis aussi brièvement revenu sur Quora en anglais pour parler de mes expériences françaises.) Disons que ça m’a vite poussé à penser à un blog pour écrire. Quora en français est moins nul que Quora en anglais, mais on parle de petites différences. Mais de temps en temps, une question m’intéresse, et je fais l’erreur d’y répondre. Et oh là là, mais j’ai reçu une note d’enfer d’un parisien !

D’abord, la question et ce que j’ai écrit :

Source

Peut-être que vous aurez remarqué la raison pour écrire sur Quora — pendant à peu près deux semaines, cette courte réponse a autant de vues que tout ce blog en 3 ans ! Ceux qui me fréquentent reconnaissent sûrement que ce n’est qu’une plus petite version de mes pensées en revenant de mes vacances.

Bien que Quora cache les votes négatives, je sais que cette réponse était en général bien accueillie. Comment ? Parce que ça n’arrive qu’aux réponses avec de bonnes réactions :

Mais il y a des membres de l’équipe 1er degré encore plus forts que moi, et ce monsieur m’aime :

Bon, ça n’a pas trop à voir avec moi personnellement. Je suis habitué au fait qu’environ 10 % des internautes français inconnus que je rencontre me traitent comme une piñata pour décharger leurs sentiments chaleureux envers les américains. Franchement, pour autant que je ne l’aime pas, si seulement 10 % des inconnus sur Internet étaient de gros cons, on l’appellerait une réussite.

J’ai mordu à l’hameçon :

Saviez-vous qu’il y avait toujours des nobles en France ?

On lui a demandé de l’aide. La honte ! La lèse-majesté ! Comment ose-t-on le déranger quand il a un RER à prendre ? Mais j’ai pensé qu’il pouvait y avoir un rapport alors j’ai répondu à sa question. Ça a provoqué plus d’insultes :

J’en ai enfin eu assez. Ce genre de haine envers les touristes est excessif. Et à ce point, je n’avais dit rien de personnel. Ce n’était pas mon meilleur moment, mais on doit accepter combien d’insultes avant de se défendre ?

Sa dernière réponse n’est pas la chose la plus malpolie que l’on m’a écrit sur Internet, mais ça doit être proche !

Je sais mieux qu’à dire « voilà, l’attitude parisienne ». C’est faux et je me souviens bien de mon premier voyage. Mais en même temps, monsieur travaille dur pour renforcer les stéréotypes !

Contrebandier de vanille

Plus tard cette semaine, je vais publier le dessert Coup de Foudre par excellence. Je peux dire ça sans hésiter, car c’est déjà fait, les photos sont toutes prises — il ne me reste rien à faire sauf écrire l’article. Trois articles en fait. Je vous dirai que ce sera mon dessert parisien. Mais je vous dois d’abord le « Je découvre » ainsi que le dîner. Seulement 5 personnes savent ce que j’ai fait, dont La Fille, qui l’a déjà goûté.

Mais il y a une histoire que je ne veux pas raconter dans ce post-là, car je m’attends à ce qu’il soit lu par certains qui ne connaissent pas mon sens de l’humour. Et il sera important de ne pas les offenser. Alors, je suis ici maintenant pour vous parler de ma carrière à venir, contrebandier de vanille.

J’ai déjà menacé de me lancer sur ce chemin quand j’ai dû acheter du piment d’Espelette pour mon dîner basco-béarnais. Certains produits sont vendus de façon identique aux drogues illégales — pour autant que je sache — par le gramme. Et il me semble que la vanille impose le modèle pour tous les autres.

Vous n’avez jamais vu que la vanille liquide chez moi. Quand je fais de la crème pâtissière, j’utilise toujours de la vanille liquide car : 1) c’est juste pour moi, et 2) le prix d’une bouteille de Nielsen-Massey, notre meilleure marque de vanille, est grosso modo le même qu’une boîte de deux gousses — ici — mais fait beaucoup plus de recettes que deux gousses. La recette de mille-feuilles de Laurène Lefèvre ne demande qu’une gousse pour 8 personnes.

Si on achète de la vanille en poudre chez Carrefour, il y a toute une gamme de prix. On peut acheter 7 grammes de Vahiné pour 5,55 €, soit 694 € le kilo. Les vrais gourmands peuvent acheter 4 grammes de Sainte-Lucie pour 7,90 €, soit 2 633 € le kilo. En France, la cocaine coûte 71 € le gramme, soit 71 000 € le kilo — mais la vanille, c’est légal. Ça vaut quelque chose.

J’ai acheté cette vanille en poudre :

Elle m’a coûté 20 $ / 26 grammes, soit 712 € le kilo. J’aurais pu aller chez Surfas pour une autre de deux fois plus chère. Mais vous voyez — si je peux convaincre les clients de Sainte-Lucie que les nôtres sont aussi bons, il suffira que je remplirai les poches de mon imperméable avec des boîtes de vanille, aller en France pour les revendre, et le billet d’avion se paiera !

Mais encore plus lucratif, c’est les gousses de vanille. Voici les miennes :

J’ai payé 15 $ pour chaque boîte de 2, alors 7,50 $ ou 6,95 € la gousse. Chez Carrefour, on trouve encore une gamme, mais la bonne direction est claire. Je peux acheter 3 gousses de vanille Vahiné pour 7,95 €, ou 2,65 € la gousse. Même les gousses les plus chères font environ 5,65 €. Pourtant, une gousse ne pèse que 2-3 grammes. On parle donc d’une valeur de 2 800 € le kilo en France, contre 3 500 € aux États-Unis.

Le choix est donc clair. J’achète 2 kg de la vanille en poudre aux États-Unis, et je les revends en France. Ça me donne 1 800 € net. J’achète 2 kg de gousses de vanille en France, je les revends aux États-Unis, c’est 1 400 € net de plus. Mon aller-retour est peut-être 900 € à chaque fois, et avec toute cette vanille dans les poches de mon imperméable, je ne paye même pas de frais pour une valise.

Je ne vois pas de problème. J’aime tellement cet avenir de contrebandier de vanille !

Le massacre de Maillé

Aujourd’hui, le 25 août, est l’anniversaire d’un crime de la Seconde Guerre mondiale, le massacre de Maillé en 1944. On parle d’un village de Touraine, pas proche des endroits stratégiques. En même temps, vu la date, presqu’au même moment que la libération de Paris, c’est bien clair que tout comme le massacre d’Oradour-sur-Glane, c’était une dernière opportunité pour infliger des cruautés à la population française. En ce qui suit, je suis les récits de la Maison du Souvenir de Maillé ainsi que des sources provenant de Wikipédia. Je remercie aussi France with Véro pour m’avoir appris cette histoire l’année dernière.

Contrairement à Oradour, il y avait un réseau de résistants lié au village. L’Abbé Henri Péan avait dirigé un réseau de son village de Draché, à moins de 4 km de Maillé. Il est difficile de dire qui l’avait dénoncé à la Gestapo ; ce qui est certain selon le témoignage du résistant André Goupille, c’est qu’un collabo a dit de lui :

Le curé de Draché est mort …. Je ne sais plus si c’est d’un œil arraché ou d’une pneumonie … C’est de sa faute, on ne pouvait le faire parler

On ne peut que remarquer la manière civilisée derrière ces mots. Mais ce qui compte, c’est qu’il menait la résistance très proche de Maillé. Bien qu’il soit mort en février 1944, c’était sa partie de la résistance soupçonnée de plusieurs actes en août qui a attiré l’attention des allemands. J’emprunte le récit à Wikipédia :

En août 1944, la ligne Paris-Bordeaux est sabotée trois fois près de Maillé. Le 11 août, les habitants aident un pilote canadien dont l’avion a été abattu à se cacher et à s’enfuir…Le 21 août, les Allemands interceptent un parachutage d’armes dans la région proche…Le 24 août au soir, des accrochages entre des FFI et des Allemands à bord de deux véhicules ont lieu à la ferme de Nimbré, au nord de la commune de Maillé, faisant probablement des victimes du côté des Allemands.

Massacre de Maillé

Donc le matin du 25, le Wehrmacht a encerclé le village pour empêcher le monde de fuir ou entrer. Il y a ceux qui disent que le Wehrmacht était les soldats « de métier », et que les crimes appartenaient à la SS et à la Gestapo. Mais c’était ces braves qui ont permis la Waffen-SS d’aller de maison en maison, tirant sur les habitants, même les enfants et les animaux. Puis pour le coup final, un canon Flak, une pièce d’artillerie de 88 mm comme celle en bas a tiré sur le village, 80 obus en total pour détruire 52 des 60 maisons.

Canon Flak 36, Photo par Rickard Ångman, CC BY-SA 3.0

Après la libération, seulement un officier a été jugé coupable, le sous-lieutenant Gustav Schlüter, condamné à mort par contumace à Bordeaux en 1952. Naturellement, il est mort en 1965 en Allemagne sans enquête de leur part. Mais en tant que sous-lieutenant, il est peu probable qu’il ait organisé le massacre lui-même. Il n’existe pas trop de documents pour éclaircir exactement ce qui s’est passé. Mais si vous connaissez vos canons, les Flak étaient à la Luftwaffe, l’armée de l’air — on dit toujours « flak » en anglais en tant que métaphore pour des agressions verbales. Alors c’est probable que la Luftwaffe — aussi des soldats « de métier » — a participé au crime.

Le village a été reconstruit après la guerre, pas comme Oradour-sur-Glane. Avec peu de documents et très peu de dégâts qui restaient, le massacre est passé dans l’histoire sans être bien remarquée jusqu’aux années 70. À l’époque, un monument à été finalement érigé — je ne peux pas vous le montrer directement car le massacre reste assez inconnu qu’il n’y a pas de photos gratuites en ligne. Mais tous les ans, il y a une cérémonie au cimetière pour se souvenir des 124 victimes.

Le « hurriquake »

On l’aurait pensé la fin du monde. Un tremblement de terre s’est produit juste à temps pour l’arrivée de l’ouragan. Pourtant, quelque chose n’allait pas. Voilà, le tremblement de terre :

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Avec de gros numéros rouges en plus !

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Mais en fait, ces numéros sont cinq fois rien. Comme je vous ai dit dans Mon guide aux tremblements de terre, on ne se réveille même pas pour les trois. Le cinq, c’était dérangeant pour ceux qui vivent proche de l’épicentre, mais chez moi, rien. Pourtant nos médias ont nommé la combinaison du tremblement et l’ouragan le « hurriquake » (hurricane + earthquake). Ne me croyez pas sur parole : voilà, voilà, et voilà.

Comme toute l’affaire, c’est une blague pourrie. Je pensais à tourner quelques petites vidéos pour vous dans mon immeuble. (J’ai déjà supprimé les données géographiques, désolé les harceleurs.) Voici dimanche après-midi et le début de la pluie. C’est bruyant, mais pas plus.

Et le soir ? Rien d’étonnant à exactement le moment où il était censé verser sur nous.

Lundi matin, il y avait si peu de pluie que je suis sorti sans veste :

Et le temps que l’après-midi soit arrivé ? C’est juste une photo car il n’y a même plus de l’eau par terre !

Pourtant, je sais quelles images vous avez vu en France. Un ami m’a envoyé une vidéo de France 3 qu’il avait enregistrée de sa télé. Voici une vidéo similaire de France 24 :

C’est exactement comme les émeutes de fin juin à l’envers. Nos médias nous a montré seulement des vidéos d’un pays enflammé. Mon père avait peur et pensait à annuler notre voyage en même temps que tous mes amis me rassuraient qu’il n’y aurait pas de problème. Je leur faisais confiance, et j’avais raison. Si la presse vous montre mes photos où rien n’arrive, ça va se vendre ? Bien sûr que non.

D’autre part, il ne faut pas dire que rien n’est arrivé non plus. Les images sont bien réelles. En 2020, il y avait une tendance aux États-Unis à nier les images de nos propres émeutes (le meilleur gros-titre de tous les temps : « des manifs fougueuses mais largement paisibles »). En vous montrant que rien n’est arrivé chez moi, ce n’est pas à dire qu’il n’y a de vrais dégâts nulle part.

Mais c’est absolument pour me moquer de nos médias. Le « hurriquake » ! La distance entre Ojai, l’épicentre, et Palm Springs, avec les pires inondations, est presque deux fois la distance d’Ojai à chez moi. C’est à dire que les inondations et le tremblement de terre étaient loin l’un de l’autre. (Je n’aime pas ce que j’ai écrit. Est-ce que ça devrait dire « les unes de l’autre » ? Les astuces que j’ai trouvées en ligne ne s’adressent pas à cette situation exacte.) Si vous entendez parler que des sites près de la côte comme Dodgers Stadium étaient inondés, cette un mensonge (lien en anglais).

Pour être bien clair, je ne me plains pas du fait que je vais bien. Mais il faut comprendre — pendant les trois jours avant l’arrivée de Hilary, tout le monde disait que ce serait une catastrophe sévère, parce que nous ne sommes pas du tout prêts pour un vrai ouragan. Notre architecture compte sur des tremblements, mais pas sur les inondations. Mais il y a une raison pour ça — les eaux de la Pacifique sont trop froides à nos latitudes. Nos voisins au Mexique sont moins chanceux à cet égard. Ils ont de vrais ouragans en Basse-Californie. Ici, nous avons bel et bien perdu la tête, et à la radio dimanche soir, j’entendais déjà des animateurs qui disaient « C’est mieux que nous avions tort, n’est-ce pas ? » Ben oui, mais il y a des limites au nombre de fois où on peut crier que le ciel va tomber sur la tête (en anglais, on dit que ça arrive du « petit poulet » ou Chicken Little).