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Comment utiliser un dictionnaire japonais

Je vais faire quelque chose plutôt loin de nos sujets habituels, vous apprendre exactement ce qui dit le gros-titre. Pourquoi ? Parce que vous savez tous comment utiliser un dictionnaire — mais ça, c’est tout autre chose, une façon de voir le monde complètement différente. Le fait que ça intéressera certains d’entre vous qui aiment les mangas, c’est juste une prime.

Y a-t-il combien de lignes dans ces trois kanjis ?

Un, deux, et trois, d’accord ? Un bon point pour savoir compter ! Ce sont les numéros pareils en japonais, avec leurs prononciations en hiragana (l’alphabet phonétique) et en romaji (c’est-à-dire notre alphabet latin).

Combien de lignes comptez-vous dans celui-ci, nichi, qui veut dire « jour » ou « soleil » ?

« Mais Justin », vous me dites, « vous avez bien perdu la tête ! C’est évidemment un rectangle avec une ligne au milieu, donc cinq ! » Rendez-moi vos bons points, les enfants, car vous avez tort. Il n’y a que quatre lignes ici selon la méthode japonaise (ou chinoise, en fait). Voici comment les compter :

Comprenez-vous comment ça arrive ? On compte le nombre de fois que le stylo est enlevé du papier ; c’est-à-dire le nombre de coups de stylo, ou traits. Il faut juste savoir que la bonne forme pour le deuxième coup comprend un angle droit.

Pourquoi se soucie-t-on du nombre ? Considérez un caractère plus compliqué, composé de 6 traits :

Mais il n’est pas assez de savoir que ça comprend 6 traits. Après tout, on a déjà vu que le numéro 2, ni, a aussi 2 traits. Comment distingue-t-on les comptes ?

Dans ce cas, on peut considérer que nichi, notre soleil, est ce qu’on appelle un « radical », une pièce réutilisable. Il y a évidemment 2 radicaux dans le kanji en haut, et le plus gros est nichi. Avec ça, on peut maintenant chercher notre dictionnaire comme c’est de la magie :

Capture d’écran du site kanji.free.fr

On choisit le radical comme ça :

Capture d’écran du site kanji.free.fr

Puis le nombre total de traits comme ça.

Capture d’écran du site kanji.free.fr

Attention, les dictionnaires ne sont pas tous égaux à cet égard — certains utilisent le nombre de traits en total, et d’autres utilisent le nombre de traits moins le nombre dans notre radical de choix. Les méthodes sont égaux, mais il faut vérifier quelle méthode suit votre dictionnaire. En ce cas, c’est le total avec le radical, mais dans le Robert du japonais-anglais, The New Nelson, on compte pas les traits du radical. De toute façon, voilà nos résultats :

Capture d’écran du site kanji.free.fr

Il n’y a pas trop de choix, « » ? Ici, ね, prononcé « ne », est le japonais pour « hein ». (Il m’étonne que le japonais ne me font pas de gros problèmes avec le français, voiture car croyez-moi, je dis « ne » pour « hein » en anglais tout le temps.)

Alors maintenant nous avons le bon kanji.

Capture d’écran du site kanji.free.fr

On le prononce mune ou shi (selon le contexte d’autres caractères), et ça veut dire « intention » ou « objet » (sens but, pas truc). Mais cette question de contexte, c’est glorieux. Peut-être que vous avez entendu parler de l’un de leurs plus grands journaux, le Mainichi Shimbun ? Voici le titre en kanji :

Capture d’écran de Wikipedia

Mainichi = quotidien, où mai = chaque et nichi est notre soleil d’avant, pour jour. Shimbun veut dire « journal ». C’est littéralement le « Journal quotidien ». Mais voici les noms des jours :

Wikipedia, Noms des jours

C’est dimanche jusqu’à mercredi ici. Le premier, dimanche, c’est nichiyobi. Mais qu’est-ce qui se passe avec notre soleil ? Au début du mot, il est prononcé nichi, et à la fin, -bi. Presque tous les kanjis ont de nombreuses prononciations selon leurs combinaisons, et il faut mémoriser plus de 2 000 kanjis juste pour lire un journal typique. Le japonais lambda ne peut pas lire un journal jusqu’à avoir atteint le lycée. (Moi, j’ai aucune chance.)

Vous voyez, maintenant ? Il me semble que beaucoup de Français pensent que la langue est parmi les plus difficiles au monde. J’ai des nouvelles. Le japonais n’a pas de numéros de personnes pour les conjugaisons, alors leurs verbes sont plus simples, mais il ne m’a fallu que cinq mois pour lire un journal en français. Contre 14 ans, les amis. 14 ans. C’est tout autre monde là-bas.

Sondage des changements

Je suis en train de penser à certains changements sur le blog et le balado. Au lieu de plonger dans une crise, j’ai décidé de vous demander vos avis. Aucune question n’est obligatoire, et je ne saurai pas qui a laissé quelles réponses. Vos commentaires sont aussi les bienvenus. Le sondage restera ouvert jusqu’à fin octobre.

Le mauvais nougat

Il ne me fait pas plaisir de l’écrire, mais je dois sauvegarder ma réputation d’obsédé. Cette semaine, j’ai goûté un nougat de Montélimar… que je ne peux pas recommander. Du tout.

Voici deux produits de la nougaterie G. Savin. Ils sont récemment arrivés en stock chez myPanier. Naturellement, bien qu’il me reste 5 barres du nougat Soubeyran, j’ai dû l’acheter. J’étais tellement curieux car en plus des nougats et des calissons traditionnels, ils proposent un sac de nougats aux 5 parfums : pistache, citron, orange, framboise et café.

On commence avec la boîte de nougats et de calissons. J’ai déjà profité des nougats de Soubeyran, de Chabert & Guillot, et des Trois Abeilles. Je recommanderais n’importe quel des trois sans hésitation. Mais ces nougats étaient… humides ? La boîte était bien scellée, il n’y avait aucune question d’être périmé, mais « molle » ne suffit pas à décrire leur texture. Le goût n’était pas mauvais, mais l’expérience n’était pas du tout agréable. Quant aux calissons, ils avaient un goût hyper-amer.

Les nougats aux 5 parfums étaient très différents de ceux de la boîte. La texture était exactement ce que je voulais dans un nougat. Mais quant aux parfums, c’est tout autre chose. (Attendez la fin ; on va retourner à cette phrase.) Les trois goûts de fruits étaient presque exactement comme les parfums des Carambar Fruits. Ce n’est pas une bonne chose. Mais le café est pas mal, en fait, et j’ai sincèrement aimé la version pistache. Malheureusement, il n’y a pas de sac disponible avec uniquement de la pistache.

Heureusement, j’ai appris quelque chose en écrivant cette critique. Hier, le prof d’orthographe Aurore Ponsonnet, qui je suis sur Twitter (non, non, pas comme ça, même si je viens de Californie), a posté un quiz sur les bonnes formes de « tout ». Je l’ai raté. Pas complètement, mais grâce à son fil avec les explications, j’ai appris la règle : « On accorde donc en genre et en nombre l’adverbe « tout » devant un adjectif au féminin qui commence par une consonne ou un « h » aspiré. Il est invariable dans les autres cas. » On écrit donc « tout autre chose », pas « toute ». Si je ne me trompe pas, on écrit aussi « Choisissez tout autre nougat. »

Un autre aperçu des coulisses

J’ai raté mon dessert haute-marnais pour la quatrième fois ce soir. Cette fois-ci, je suis bien satisfait que j’ai suivi la bonne recette. La seule erreur cette fois, c’était le choix de la mauvaise plaque à cuisson. (Anti-adhesive ne signifie rien quand on parle des blancs d’œuf. Alors, plutôt que publier un post avec tous mes échecs, je vous offre un aperçu de ce qui se passe parfois chez Un Coup de Foudre. Ce qui est pour vous encourager, même si c’est difficile à voir au début.

Disons que cette recette est un genre de meringue. J’ai fait de nombreux macarons, une recette bien liée aux meringues, mais jamais des meringues elles-mêmes. Mieux vaut faire des erreurs maintenant : quand on arrive dans le Nord, je connais déjà ce dessert-là, et les erreurs ne seront pas acceptables. Alors :

La première fois, j’ai essayé d’utiliser mon batteur plongeant pour battre les blancs d’œuf, dans le verre fournis avec le batteur. Les blancs ont volé partout. Pas de photos, mais c’est la vérité. J’ai peu profité du nettoyage.

La deuxième fois, j’ai cassé un jaune en séparant les blancs des jaunes, et il est tombé dans les jaunes.

La troisième fois, j’ai suivi exactement les conseils d’une recette, qui m’ont dit de monter les blancs avec une fourchette. On est au XXIe siècle, pas le XVIe. Voilà ce qui s’est passé :

Je ne pensais vraiment pas que ces blancs étaient assez montés, mais j’ai fait tout ce que je pouvais avec une fourchette et…bof. Je les ai quand même enfournées, et c’était un échec.

Cette dernière fois, c’est de ma faute pour ne pas connaître vraiment les propriétés des meringues. Voici le produit qui est sorti du four :

C’est presque exactement ce que je voulais faire. Le goût est excellent. Mais demain, je vais ressayer de les sortir — avec un ciseau. Elles sont parfaitement collées à la plaque. Tout ça car j’imaginais que pour une recette qui demandait de les faire en barres, une plaque anti-adhésive avec la bonne forme suffirait, sans besoin des petites formes en papier. Je chercherai les bonnes formes demain.

C’est rare que je refais une recette départementale plus que deux fois. S’il y a des grosses erreurs que je peux corriger, c’est une chose. Si les ingrédients sont trop chers pour racheter, c’est autre chose. Dans ce cas, c’est une recette pas chère — et il y a franchement pas d’autres choix en Haute-Marne.

Je vous dis tout ça car il y a longtemps, je vous ai dit (quand il n’y avait que 3 lecteurs, tous des amis personnels) que je partagerais mes échecs aussi que mes réussites. (Et voilà, mon premier dessert ici était un échec.) Pourquoi ? Parce que cuisiner à la française, c’est difficile. La clé est de ne jamais abandonner. Sauf pour Saint-Pierre-Hermé, qui est né avoir déjà tout maîtrisé, tout le monde doit pratiquer. Et pour ça, pas besoin de honte ni d’excuses.

JPP

Ça fait trois jours, et je suis encore plus malade qu’avant. J’ai quatre brouillons mais deux sont attachés à des livres pas toujours finis, un à la Mayenne, et un qui n’est pas en fait le produit d’un délire auquel il ressemble. Mais ce dernier exige toujours plus de travail. En plus, je viens de finir la tarte au qeumeu après 4 repas — c’est assez. La pire chose :

J’ai raté mon dessert haute-marnais ce soir. Trois fois. Et c’était pas compliqué. Vous allez le voir après que je l’aurai refait, et vous allez bien vous moquer de moi. Thomas Edison est censé avoir dit « Je n’ai jamais échoué à inventer l’ampoule, même pas une fois. J’ai simplement trouvé dix mille méthodes qui ne marchent pas. » Il n’y a aucune preuve qu’il a en fait dit ça, mais comme on dit en anglais, « C’est une citation trop belle pour la vérifier. » J’ai pas envie de tester cette recette dix mille fois.

Alors je vais me contenter avec une observation sur mon état actuel. Il y a des mois, j’ai trouvé une conversation familière en ligne :

C’est à peine la seule fois :

Il y en a plein d’autres. Mesdames, je veux vous rassurer que vos homologues ici disent la même chose.

Tout ça, c’est-à-dire que je me sens comme je vais mourir, mais oui, je sais déjà comment ce sera reçu parmi certaines. Comme Calimero, je dis :

À la pharmacie

On dirait en anglais que je suis « aussi malade qu’un chien » — j’ai un joli rhume. Ouais, ouais, un ami, médecin, m’a déjà dirigé de prendre un test covid. Tout ce qui m’est arrivé était d’avoir encore plus de mal au nez. Mais une amie française m’a demandé ce que j’allais utiliser pour me soigner — et je n’ai pas arrivé à trouver les bons mots. C’est une lacune dans les cours comme Duolingo ou Kwiziq — on finit sans la moindre idée de quoi demander à la pharmacie.

Cette pensée m’a donné un cauchemar bien qu’il fît plein soleil :

Moi : Bonjour, M. le Pharmacien !

Lui : Hello, qu’est-ce que c’est que you want ?

Moi : Je parle français, merci. J’ai besoin de cachets.

Lui : Il y a des milliers de cachets ici. Quel cachet ?

Moi : Duolingo m’a juste appris à dire que si je suis enrhumè, j’ai besoin d’un cachet.

Lui : Voilà, we’re speaking English now because you don’t actually know what you’re talking about. (On parle anglais maintenant car vous savez pas de quoi vous parlez.)

C’est un futur trop horrible pour contempler. J’ai donc dû faire des recherches. J’ai cherché les noms des ingrédients actifs sur une pharmacie en ligne — mais j’étais tellement surpris que beaucoup de ces choses n’étaient pas disponibles chez Carrefour. Chez moi, je les achète au supermarché. Si vous voyagez ici, peut-être que ces infos seront utiles.

Pour les douleurs :

Version AméricaineVersion Française
TylenolDoliprane
MotrinNurofen
AspirinAspirine
AleveNaproxène sodique

Pour le nez, le gorge, et les allergies :

Version AméricaineVersion Française
SudafedDolirhume
ClaritinLoratidine
ZyrtecCétirizine
RobitussinToplexil
Robitussin DMDextrométhorphane, et besoin d’une ordonnance

Mais attention ! Aux États-Unis, il y a DEUX versions de Sudafed. Celle que vous pouvez toucher dans les rayons est une arnaque et contient un ingrédient inutile, le phényléphrine. Si vous voulez le vrai médicament, faut parler au pharmacien (mais pas besoin d’ordonnance). Pourquoi ? À cause de cons qui l’utilisaient pour faire de la méthamphétamine à la maison. Pour la même raison, les cachets ont un goût hyper-amer. D’autre côté, la France a bien limité le dextrométhorphane à cause de raisons similaires.

Pour l’estomac :

Version AMéricaineversion française
Alka-SeltzerAlka-Seltzer
ImodiumImodium
Pepto-BismolInterdit
Gas-XMétéoxane
Magnesium citrateCitrate de magnésium

Le Pepto-Bismol, bien aimé aux États-Unis pour le traitement de la diarrhée, contient des sels de bismuth, qui sont interdits en France. Utilisez plutôt de l’Imodium. Les Français ont raison en ce cas — nous avons bien raté celui-ci. Le citrate de magnésium est vendu le plus souvent en France en forme de pilule, qui ne sert pas en tant que laxatif. Dites au pharmacien qu’il vous faut la solution orale. Puis annulez vos réservations pour le reste de la journée. Si vous avez utilisé ce médicament, vous le savez déjà.

Les antiacides :

Version américaineVersion française
Rolaids ou TumsRennie ou Carbonate de calcium
MylantaMarga
PepcidFanotidine

Sérieusement, les amis, vous n’allez pas croire les yeux si vous allez aux États-Unis et faites la comparaison de nos antiacides contres les vôtres. C’est le paradis des antiacides ici. Cette recherche est la toute première fois où je préfère chez moi, où je peux les prendre aux goûts de fruits :

Mais attention avec ce produit — c’est 100 % efficace, mais la dernière fois où j’ai pris une analyse de sang, mon taux de calcium était si haut, mon docteur a pensé que j’avais un cancer. Alors maintenant, j’ignore parfois les brûlures d’estomac.

Les produits féminins :

NOPENOPENOPE. Je sais absolument rien sur ce sujet, comme Paul Taylor. (Mais en fait, nous avons les mêmes marques — Always et Tampax. Après ça, c’est à vous de vous débrouiller. Je dis ça, je dis rien.)

La faute de l’orthographe

Il y a quelques semaines, une amie m’a partagé cette vidéo de TEDx. D’habitude, le nom TED, soit avec soit sans x, est assez pour me faire dire « C’est prétentieux », mais je fais confiance à cette amie. Ces deux ne parlent pas des fautes d’orthographe, mais plutôt des attitudes snobs qui viennent avec. Bien que ce soit le mauvais blog pour les mal éduqués, et que je souhaite que l’on aurait une attitude plus française vers l’orthographe en anglais, je dois avouer qu’ils ont une certaine raison.

Ils commencent par demander si l’orthographe est un bon outil pour sa fonction, transmettre la langue orale. Ici, ils sont sur terre ferme. Par exemple, on peut écrire le son /s/ avec s, ss, c, ç, sc, t, th, x, sth, cc, ou bien sç. Il y a une telle blague en anglais, souvent attribuée soit à Mark Twain soit à George Bernard Shaw (les suspects habituels pour toutes telles citations) que le mot pour poisson, « fish, » peut être écrit « ghoti » à cause de la prononciation d’autres mots. Mais le français a déjà eu les rectifications de 1990 et il y a des limites si on veut que les changements soient acceptés.

Je suis moins convaincu par leur comparaison à des langues comme le turc ou le russe, où on peut être sûr de l’orthographe en entendant la prononciation. Le comédien américain Sebastian Marx a fait la même observation quant à eau/eaux. Mais c’est quoi l’alternative ? Écrire le français de façon « ghoti » ? C’est ridicule. En général, les contextes sont bien clairs. Si je peux me débrouiller ce « problème », vos enfants peuvent en faire également.

Quand ils parlent de l’Académie française, je suis à la fois d’accord et pas. Ils se plaignent du fait que les « immortels » ne sont pas de linguistes. Et alors ? Les experts d’usage du dictionnaire American Heritage ne le sont pas non plus. C’est vrai que la majorité d’entre eux sont des idéologues qui accepteront n’importe quel néologisme, mais je suis quand même d’accord qu’ils sont des écrivains éduqués, donc experts en usage.

Mais ils terminent leurs réflexions avec l’observation que c’est le fait d’être compliqué qui donne un sens de valeur à l’orthographe, que tout le monde l’utilise pour juger des autres comme acculturés ou non. Et ça vient de quelque part pas forcément gentil, comme dans cette citation de Eudes de Mézeray :

Pour Mézeray, l’Académie doit préférer « l’ancienne orthographe, qui distingue les gens de Lettres d’avec les Ignorants et les simples femmes ». Avec cette formule de Mézeray, l’Académie définit alors une position qui sera le point de départ d’une durable accusation de « conservatisme ».

Danièle Sallenave

Il faut avouer que M. Mézeray n’a jamais entendu parler de Jul. C’est quand même clair d’où vient l’idée que se soucier de l’orthographe ne sert que pour être snob. Je conclurais donc en disant que c’est vrai qu’il y a un aspect snob derrière le respect de l’orthographe, mais il ne fallait pas en faire une excuse pour ne rien apprendre.

Attention aux yaks

La merveilleuse Light & Smell a mentionné dans un article, à propos des ingrédients dans un livre « Au-delà des anecdotes historiques, le livre contient 35 recettes, toutes réalisables sans devoir faire des pieds et des mains pour trouver les ingrédients… » J’ai répondu :

Rien ne m’énerve autant dans mes livres des grands chefs que les fois où ils disent « Mon café/poivre/fromage n’est vendu que dans une petite boutique à Paris, où il n’est disponible que pendant 3 semaines par an car les yaks n’aiment pas trop marcher toute cette distance. » Pierre Hermé, c’est surtout vous de qui je parle !

Commentaire
Yak népalais, Photo par travelwayoflife, CC BY-SA 2.0

Honnêtement, je plaisantais —un peu — mais j’étais en fait agréablement surpris d’apprendre que c’est pas juste quelque chose pour épater les étrangers. Ne vous méprenez pas. J’ai pas envie que les grands chefs vous énervent non plus. Mais c’est un fait qu’il y a des choses que vous pouvez facilement avoir envoyé chez les pingouins (car c’est toujours dans l’UE !) que je ne peux avoir à aucun prix. Il y en a d’autres qui sont juste de la folie.

Voici des exemples du livre le plus difficile de ma bibliothèque, Macaron par Pierre Hermé. Commençons avec les macarons au miel de maquis de printemps :

Attendez, ce miel doit venir d’un seul apiculteur en Corse ?!? Bon, il fournit tous les meilleurs hôtels (à Paris, bien sûr), mais on va payer combien ? 9-11 € la bouteille de 150 grammes. Il y en a pire, mais je n’arrive pas à trouver un fournisseur qui l’enverra aux États-Unis. Ne vous inquiétez pas, c’est pas du tout une priorité.

Il y a toujours un risque quand on met une seule et unique adresse dans un tel livre qu’il y aura des problèmes. Voici la recette des Macarons Huile d’Olive à la Mandarine. Ils ont l’air délicieux, hein ?

Mais le magasin, Première Pression Provence, n’existe plus. Quoi faire ?

Il a mentionné le fondateur, Olivier Baussan. Peut-être que vous connaissez ce monsieur — il était aussi derrière L’Occitane en Provence et Oliviers & Co. Et voilà, une boîte de l’huile y coûte 13 € le 250 ml. Pour moi, c’est deux fois plus cher — 24 $ pour la même boîte. C’est peut-être un fournisseur moins « froufrou » (un mot anglais qui veut dire chic et prétentieux en même temps ; mon dictionnaire Oxford ne donne pas de tel sens en français), mais fiable.

Finissons avec sa recette de Macarons Infiniment Café au Café Vert et au Bourbon Pointu de la Réunion :

Ils sont jolis, non ? Mais ce café hyper-exotique doit arriver de l’Arbre à Café, 10 Rue du Nil, Paris. En fait, il y en a deux. Le café vert coûte 16 € le sac de 250 grammes et le café Bourbon Pointu est 49 € le sac de 125 grammes ! J’ai crié de gros mots en anglais en lisant ça ! Est-ce que je peux les commander ?

Aïe ! C’est juste pour le Bourbon Pointu ! Je m’en FIIIIIICHE à quel point c’est bon. Heureusement, il y a une source hawaïenne si j’oublie La Réunion.

Pas mieux. La livraison est comprise, mais oh là là, qui va vraiment dépenser tout ça pour faire des macarons à la maison ? ([Tu as oublié le budget pour ton cassoulet, mon gars ? — M. Descarottes]) Après le cassoulet, j’ai décidé que ce blog devait faire plus d’efforts pour respecter les portefeuilles. Surtout le mien.

Ai-je mentionné le sel himalayen ? Bonjour, Monsieur Yak !

L’ennemi du blog

Amazon a un sens de l’humour macabre. Il y a des mois, ils m’ont recommandé le truc le deuxième moins Coup de Foudre possible. (Voici le premier.) À l’époque, j’ai un peu ri, puis je l’ai laissé tomber. Mais leur algorithme m’en veut. Il vient de réapparaître. (Ne cliquez jamais rien. Une fois suffit pour entraîner les algorithmes.) Je vous présente Bérangère Philippon :

Source

Connaissez-vous la théorie de l’antimatière ? Elle voilà. Je doute que l’on puisse être dans le même bâtiment sans risque d’une explosion. La couverture est bien remplie de…souhaits sur les régimes : « Zéro frustration », « Comment ne pas craquer ? » Mais je dois avouer qu’elle a un joli sourire et est évidemment en forme. Alors, bien que je soupçonne qu’il n’y avait jamais du sucre chez elle, j’ai dû faire une enquête.

Voici son compte Instagram. C’est quoi son idée d’une recette facile et rapide ? Des courgettes et blinis de quinoa, des courgettes à la roquette, des courgettes au saumon, des courgettes au chocolat (c’est un gâteau)…vous comprenez. J’ai moins triché que vous l’auriez pensé — je n’ai sauté que sur deux recettes de son Instagram pour ramasser ces liens, et les autres étaient tous les deux à l’aubergine. Par contre, la prochaine salade aux feuilles vertes ici sera la première.

Je veux être clair, car il faut reconnaître les compétences de l’ennemi dans la guerre. C’est une chef talentueuse, et elle prend de jolies photos, meilleures que les miennes.

Étant complotiste, naturellement je crois qu’elle est agent des vendeurs de courgettes. Non, mais sérieusement, c’est l’IG bas qui explique tout :

Parlons sérieusement pour un moment. J’ai des problèmes sincères avec ce qu’elle a écrit. Bien sûr, je viens d’un pays…connu pour avoir ses grosses personnes. Et son taux gonflé de diabétiques, dont moi. Mais je ne fais pas partie des grosses ! Elle ne mentionne pas le mot « exercice ». J’ai un tour de taille de 86 cm contre une taille de 175 cm, et je travaille dur sur un vélo stationnaire. Et il n’y a pas de salades ici car je les mange tout le temps. Toujours sans vinaigrette. (Je déteste les vinaigrettes depuis mon enfance ; c’est pas une grande réussite.)

On dit en anglais que tout le monde veut soit une « balle magique » soit une « balle en argent », une seule et unique chose qui résoudra tous les problèmes. Il n’y a aucune balle magique. Mon problème avec ce genre de livre, c’est que la vie en courgettes est ennuyeuse. Et tôt ou tard, on n’a plus envie de vivre de cette façon.

J’imagine qu’il y a certains d’entre vous qui croient que je dors sous une couverture de pâte feuilletée. Vous avez tort. C’est en fait de la pâte feuilletée levée. Non, mais sérieusement. La vision de la belle vie ici ne doit pas trop aux scientifiques et aux docteurs, mais qu’est-ce que je vous dis à presque chaque fois ? « J’ai coupé la recette par deux », ça vous parle ? On dit souvent « À consommer avec/sans modération ». La modération et la vie active, c’est le meilleur conseil que je peux vous offrir quant à la santé.

Mme Philippon, si vous tombez sur mon blog, j’ai vraiment pas une dent contre vous. Juste envie de savoir comment vous supportez toutes ces courgettes.

Le « tag » animal de compagnie

Vu chez Light & Smell, puis ce week-end chez La lectrice en robe jaune, j’ai donc mentionné à M. Descarottes que certains blogueurs parlaient de leurs animaux de compagnie. Il m’a répondu que ça faisait trop longtemps depuis la dernière fois où il a pris la parole ici. Alors, sans plus d’attente, je vous présente M. Descarottes pour parler de ses animaux de compagnie…ma fille et moi.

Quel est le nom de votre animal de compagnie ?

Le gros s’appelle Justin. Il répond aussi à « Hé, garçon ! ». La petite, je ne mentionne pas car sa mère ne donne pas de permission pour qu’elle apparaisse ici. (En fait, elle ne sait pas que ce site existe.)

Quelle est la race de votre animal de compagnie ?

Les deux sont des êtres humains. Moi, je suis un cobaye, souvent appelé un « cochon d’Inde ». Il aurait plus de sens de m’appeler un « cochon de Beverly Hills » car j’habite beaucoup plus proche de cette ville que de l’Inde.

Depuis combien de temps avez vous votre animal de compagnie ?

Je les ai depuis 3 ans et un mois.

Comment avez vous eu votre animal de compagnie ?

Je les ai trouvés dans un magasin d’enfer, appelé PetSmart, avec des panneaux en anglais partout. J’habite dans une cage rempli de mes propres excréments, et c’est moins dégoûtant que PetSmart et leurs espèces de panneaux bêtes.

Quel est l’âge de votre animal de compagnie ?

Le gros a 46 ans et sa fille n’a qu’une douzaine. Moi, j’avais quelques mois quand je leur ai donné le droit de s’occuper de moi.

Quelles sont les choses bizarres sur votre animal de compagnie ?

Le gros cuit les carottes au lieu de les manger crues. Il ne mange pas de foin non plus, bien que nos sacs de foin soient labellisés en français. Il s’assied devant un « ordinateur » toute la journée. Je trouve ces comportements bien cinglés. Moi, je suis civilisé, et je me cache dans ma maison quand tout le monde s’approche de moi.

Quelle est votre relation avec votre animal de compagnie ?

Les affaires pourraient aller mieux avec le gros. Il ne fait pas tout ce que je veux le plus vite possible. Avec la petite, tout va bien. Elle a le droit de me faire baigner dans l’évier. C’est pas tout le monde qui reçoit un tel honneur !

Quels sont vos meilleurs moments avec votre animal de compagnie ?

Tous les soirs à exactement 21h, je commence à couiner. Ça signale au gros de me donner à manger des carottes et de la laitue. Peu importe ce qu’il fait, il laisse tout tomber et court pour me donner à manger. C’est la meilleure partie de la journée et je ne m’ennuierai jamais de ce moment !

Quel surnom donnez-vous à votre animal de compagnie ?

J’en ai deux pour le gros. Vous avez certainement entendu la blague sur M. Grosçon, inventeur de la cédille. Ouaip. Je l’appelle aussi « garçon ». Vous le savez déjà : « Garçon, apportez-moi des carottes ! Hier, sale paresseux ! »

Comment vit votre animal de compagnie ?

C’est franchement dégoûtant. Il n’a même pas une cage. Il y a des fils partout autour de son bureau. On dirait un « nid de rats », mais veuillez ne pas faire des comparaisons entre lui et mes cousins. La petite est plus comme moi — elle et moi tous nous deux laissons des trucs partout par terre. Ça nous fait pas mal de plaisir car il soupire souvent, puis nous nous moquons de lui pendant qu’il range tout !