Hier, j’ai demandé s’il me faudrait trouver du foie gras à base d’oie, ou si le foie du canard suffirait. Il s’avère que c’était la mauvaise question.
La semaine dernière, la Cour suprême des États-Unis a refusé d’accepter un pourvoi en cassation (lien en anglais) sur la question de la francophobie californienne, en ce cas l’interdiction du foie gras (parmi d’autres comme le cuir d’alligator). Je trouve cette situation scandaleuse — en général, les états individuels n’ont pas le droit de bannir les produits qui sont fabriqués légalement ailleurs dans le pays. Seulement le Congrès a le droit de réglementer la commerce entre les états.
Le fait que la Cour n’a pas accepté le pourvoi ne veut pas dire qu’ils seraient d’accord avec la loi s’ils l’accepteraient. Il y a plus de demandes chaque année que ce qu’ils peuvent accepter. Mais ça veut dire qu’il n’y a pas au moins 4 juges qui trouvent la situation une urgence.
Mais ce que je ne comprenais pas, c’est qu’il est en fait impossible d’acheter du foie gras à base d’oie aux États-Unis. Voici les producteurs du pays (et du Canada) : Hudson Valley Foie Gras, Rougié, D’Artagnan, et La Belle Farms. Aucun d’entre eux n’offre plus du foie gras d’oie, seulement du canard. Les interdictions de Californie et de New York City (pas l’état, juste la ville) ciblent le gavage tout court, pas l’espèce d’animal. Alors, il ne m’est pas clair pourquoi il n’y a pas de foie gras d’oie.
Pourtant, c’est en fait le cas de nos jours que ça n’existe pas. Même Petrossian, une entreprise française, ne vend que du canard aux États-Unis. (Et j’ai des questions sur leur produit — c’est n’est pas logique de dire que le foie vient du « canard entier ». Vendent-ils du pâté en disant « foie gras ?)
Pour l’instant, je dois donc abandonner la quête. Il est bien clair que je n’arriverai pas à trouver du foie gras d’oie aux États-Unis. Je n’ai pas de choix — il faut que j’accepte du foie de canard pour mon dîner rhodanien.
Vous ne le saviez pas, mais Un Coup de Foudre n’est pas mon premier blog. Pendant les années 2000, j’écrivais en anglais sur mon métier de linguistique. C’était une autre vie, et je n’ai pas envie de la revisiter ici. Mais c’est d’où vient l’une de mes habitudes stylistiques ([Punaise, Papy va divaguer -/ M. Descarottes]) — des personnages romancés qui laissent des commentaires ironiques au milieu de mes articles ([Je suis bien réel, merci – M. Descarottes]). Je l’ai empruntée au blogueur britannique Andrew Sullivan, qui était très drôle à l’époque (son sens de l’humour nous a quitté il y a presque deux décennies, mais il écrit toujours).
Parmi ces personnages, le plus impoli est quelqu’un que j’ai surnommé « On » ici, qui n’a jamais rien de gentil à dire sur moi. Cette personne, qui que ce soit, signe ses commentaires avec un autre nom, bien sûr. Moins que je dis sur on, plus que ça va. Mais aujourd’hui, un petit miracle m’est arrivé. On a finalement trouvé un accord avec moi, et je serai en vacances en France, avec La Fille, et probablement mon père aussi, pendant 10 jours en mi-juillet.
Il y a beaucoup à planifier, pas trop de temps, et les prix seront élevés parce que je commence beaucoup plus tard que je l’aurais aimé. Et ce n’est franchement pas par hasard. Mais je ne vais pas me plaindre du résultat.
Avec La Fille seulement, nous pourrions voyager aussi vite que moi tout seul il y a deux ans. Avec mon père, ce sera beaucoup plus lente. Je suis sûr que nous passerons au moins 3 jours entiers à Paris pour voir les incontournables — le Collège Françoise-Dupont, Tom & Sabine Boulangerie-Pâtisserie, et… oups, j’ai encore une fois confondu Miraculous avec la vraie vie. Non, mais sérieusement, il y aura au moins le Sacré-Cœur, la Tour Eiffel, le Louvre, le Panthéon, et l’Arc de Triomphe. Même si je les ai tous visités, je veux que La Fille connaisse les essentiels. Il y aura absolument un jour entier à Versailles.
Nous reviendrons aussi à Rouen pour visiter mon amie et sa famille. Mais j’espère que nous visiterons d’autres amis aussi. Il n’y a rien au monde qui me ferait plus de plaisir que de voir certains que je ne connais que sur Internet. Avec si peu de temps, je sais que nous ne pouvons pas aller aussi loin que Lyon, même si j’y ai une dizaine de connaissances, ou Saint-Tropez pour le musée que j’aimerais visiter le plus.
Je n’aime pas que ce soit toujours un combat. Je n’ai pas le droit de vous parler des négociations, mais ce n’est pas facile pour moi, être un leader allemand, Satanas, et Xavier Dupont de Ligonnès en même temps ! Je vous promets, quand je reviendrai en deux mois avec La Fille, nous ne massacrons que des macarons. (Massacrer, ça vient de ma réplique préférée de L’As des as.)
L’année dernière, j’ai laissé tomber une pépite en écrivant sur la Meuse :
L’ambroisie des dieux, les Savaroises de St-Michel, est fabriquée à Commercy — je les ai goûtés pour la première fois à l’aéroport en quittant la France en mai, et il me tue tous les jours qu’il y ait plein de biscuits de St-Michel disponibles ici, mais pas ceux-ci.
Je ne l’avais pas mentionné en écrivant sur le voyage fou, mais croyez-moi, me rendre compte qu’ils ne sont pas disponibles chez myPanier ni Moulin non plus, c’était décevant. Je n’achète plus les biscuits typiques américains — les Oreos, les Pepperidge Farm Milanos — et c’est « youa culpa, youa maxima culpa », comme va la blague des catholiques traditionnels anglophones. (D’après le Confiteor en latin, « mea culpa », « ma faute » — « you » étant l’anglais pour tu/vous., et « me », moi.) C’est votre faute car après une belle centaine de recettes de desserts français ici, me contenter de moins est inacceptable !
De toute façon, regardez mes achats chez myPanier aujourd’hui :
« Justin, vous êtes aussi menteur que bête ! » vous dites ? ([Ça fait chaud au cœur, les amis. Vous comprenez enfin. — Mon ex]) « Vous venez de nous dire que myPanier ne vend pas de Savaroises, mais les voilà ! » Ah, mais c’est ici où l’histoire devient celle d’une loterie gagnée !
L’année dernière, ils ont commencé à offrir une plus grande sélection de produits français, expédiés directement de la France aux clients, sans passer par leur entrepôt. Vous ne me l’avez même pas une fois mentionné, parce que franchement, il y avait trop de limites. À moins que vous commandiez au moins 150 $ de trucs, la livraison était couteuse, et au-delà des Savaroises, il n’y avait pas trop d’autres choses que j’aurais achetées. Oui, j’aurais commandé 150 $ de Savaroises — à leur prix de 5,95 $ le sac, ce serait 25 sacs. (Chez Carrefour, 138 € vaudrait 66 sacs. Merci de ne pas me « consoler » en mentionnant les coûts d’échanger l’argent.) Mais leur limite était 2 sacs la commande. Inutile pour moi. Et c’est quand même le meilleur rapport qualité prix — un inconnu chez Amazon me les vendra pour 13,75 $ le sac, ainsi que 8 $ pour la livraison. Il s’entendrait très bien avec mon facteur.
Il s’avère que ce programme ne marchait pas trop bien pour les clients, alors ils l’ont récemment changé — maintenant, ils prennent en charge toutes les telles commandes chaque semaine, puis les expédient aux clients.
Ils ne stockent pas non plus les Tam Tam dans leur entrepôt, mais on peut les commander directement de la France pour 7,90 $ le sac. Je ne les ai jamais goûtés, même pas une fois. Mais il y a eu un sac de chacun quand j’étais là afin d’acheter des nouilles Spätzles pour l’un de mes deux dîners alsaciens (je n’ai toujours pas décidé lequel). J’ai sauté au-dessus dès que je les ai vus. Apparemment, on avait annulé une commande — il y avait toute une étagère pleine de seuls exemples d’une variété de produits.
L’autre sac est un genre de biscuits italiens dits « Amaretti », un péché mignon depuis mon enfance. MyPanier est le seul endroit où je peux les trouver facilement. N’acceptez que la marque Lazzaroni, de loin la meilleure.
Je ne sais pas quand j’ai pris le rôle d’apôtre de Carrefour ([Le 30 juillet 2021, votre première visite — M. Descarottes]), mais s’il y a un message que j’essaye de vous communiquer presque tous les jours, c’est « Soyez reconnaissant de vos quotidiennes. » Vous pouvez faire un tel achat tous les jours sans y penser. Pour moi, c’est le miracle de la manne céleste.
Récemment, une amie m’a parlé d’un documentaire qu’elle avait vu sur RMC Découverte, San Andreas : L’Apocalypse bientôt en Californie ? C’est toujours disponible, mais je ne l’ai pas tout regardé, et ce ne sera pas une critique du documentaire lui-même. J’ai vérifié des clips le long de la vidéo, et je suis bien satisfait que les infos scientifiques sont correctes (à la meilleure des compétences d’un californien moyen — je ne suis pas sismologue). Je vous encourage de le regarder, mais je vais vous parler brièvement de l’expérience de vivre près des failles, et expérimenter quotidiennement de petits tremblements de terre.
Peut-être la chose la plus surprenante que je vais vous dire, c’est que l’on ne pense pas trop au « Big One ». Pour une chose, c’est que nous méritons le jugement divin qui va avec. Non, je plaisante — mais pour être complètement sérieux, c’est parce qu’il n’y a rien que l’on peut faire. Certainement, on doit faire confiance que les architectes, les ingénieurs, etc., auront fait leur meilleur pour nous préparer. Mais si on pense tout le temps « Est-ce le jour ? », on perdra vite la tête.
Voici une capture d’écran du site web que tous les californiens connaissent très bien, celui de la meilleure université au monde, Caltech (l’Institut de Technologie de la Californie). C’est l’université la plus difficile pour gagner une place aux États-Unis :
Qu’est-ce qui dit ce graphique ? En bas à gauche, il dit qu’il y a 792 tremblements de terre sur la carte. Pendant combien de temps ? La carte ne montre qu’une semaine d’activité sismique. Oui, il y a plus d’une centaine de tremblements de terre quotidiennement en Californie et au Nevada. Vous allez devenir fou si vous pensez à chacun et tous !
Mais il faut aussi reconnaître que la grande majorité ne nous touche pas du tout. Les couleurs dans les carrés disent combien de temps est passé depuis chaque tremblement ; les tailles disent à quel point le tremblement était puissant. De loin, le pire tremblement est le gros carré bleu en Californie du Nord hier. Voici ses données :
C’était un 5,5. Je ne l’ai pas du tout remarqué en Californie du Sud, et même un tremblement de 8,0 à cet endroit ne ferait rien chez moi. Mais qu’est-ce qui disent les habitants de Chester et Lake Almanor, l’épicentre ? Pas de dégâts importants. Ils ont brièvement perdu 911 (pensez à 15, 17, et 18 — tous au même numéro), à cause d’une perte d’une tour de téléphonie cellulaire — mais le service par terre marchait sans interruption. Les autres services publics, l’eau et l’électricité ? Pas interrompus du tout. Il y aura des inspections, et certainement des habitants auront perdu des assiettes ou des verres qui sont tombés de leurs comptoirs. Mais personne n’était blessée.
Honnêtement, vous n’allez jamais remarquer aucun tremblement de moins de 2,5, et à cette puissance, c’est souvent impossible d’être sûr que le « tremblement » n’était pas autre chose. Peut-être un voisin qui a piétiné le sol (si vous êtes dans un immeuble). Les 3, on les remarque, mais c’est fort probable que rien ne tombe.
Les 4, ça commence à être intéressant. Si vous habitez à moins de 50 km de l’épicentre, vous le remarquerez. C’est probable que vous alliez sur les réseaux sociaux pour demander à vos amis « Et vous, vous l’avez ressenti ? » Encore plus avec un 5 à la même distance, ou bien jusqu’à 100 km.
Moi, je n’ai jamais vécu un tremblement plus fort qu’un 5,5. Je suis un peu chanceux, car la faille San Andreas tourne vers l’intérieur à côté de Los Angeles. Étant 60 km au sud de LA, et encore plus en grandissant à San Diego, je suis loin de notre pire faille. Mais ne faites pas la fête — nous avons la faille Elsinore, liée à la San Andreas. S’il y a un 9 le long de la San Andreas, nous souffrirons aussi.
Quand le tremblement de terre à Northridge (lien en anglais) est arrivé en 1994, un 6,7, je le savais à San Diego, 230 km au sud. Impossible de savoir sans vérifier à la télé ou à la radio si ce que l’on ressens est un 4 à 50 km ou un 6+ à 200 — c’est la même expérience. Alors, si un jour vous entendrez parler d’un tremblement à Los Angeles ou plus au nord, il faudra être au moins un 8 pour me mettre sérieusement en danger. Si vous entendez les noms « Mission Viejo » ou « San Juan Capistrano » en tant qu’épicentre de ce même 8, ne vous attendez pas à plus de mises à jour de ce blog. (Et si c’est la fin, veuillez manger un nougat de Montélimar en souvenir. J’ai mes priorités.) Mais c’est très peu probable.
Et tout cela, c’est pourquoi on ne s’inquiète pas trop à cause du « Big One ». Est-ce qu’il arrivera un jour ? C’est certain. Mais tous les jours, la probabilité est très petite, et pendant ce temps-là, il faut vivre nos quotidiennes.
J’en ai assez de quelque chose. Peut-être que je ne devrais pas écrire ce post, mais j’ai perdu tout espoir que la situation de laquelle je parle change.
Il y a deux semaines, je vous ai dit que j’étais arrivé à arranger quelque chose de spectaculaire pour le Tour et la balado, mais que je devais attendre pour faire le prochain dîner du Tour en résultat. Je vais vous dire exactement ce qui s’est passé, mais sans les noms, parce que je ne trouve pas du tout que ce soit drôle, mais je ne ferai pas honte aux coupables.
Il y a un chef en Californie du Sud qui vient de Strasbourg. Il gère un resto français connu pour avoir des spécialités alsaciennes sur la carte. Évidemment, un interview avec lui serait une bonne opportunité pour « 5 Minutes Avec », et j’aurais tellement aimé avoir une recette authentique d’un vrai chef de la région pour le Tour.
Au début, j’ai essayé de lui contacter via Instagram. Quiconque qui gère son compte, cette personne a dû voir mon message, car il y a posté une photo le lendemain. Mais je n’ai reçu aucune réponse. Bon, personne n’est obligé de répondre et Instagram est plein d’escrocs. Peut-être que c’était le mauvais moyen de communiquer.
J’ai donc essayé la seule adresse de courriels sur le site du resto. Ce n’était pas la sienne, et je n’étais pas sûr du titre de la personne nommée, mais…
Deux jours plus tard, j’ai reçu une réponse enthousiaste de l’agent de relations publiques du resto (pas la même personne). Elle m’a dit que le chef voyageait en France et serait de retour dès le 7 mai. Si je pouvais attendre, elle était sûre que ce ne serait pas de problème. Je lui ai répondu le lendemain pour dire que je serais ravi, et lui ai donné mon horaire pour qu’ils choisissent une date. Puis ? Rien.
Lundi, bien que j’aie déjà su, j’ai essayé une dernière fois de contacter l’agent de relations publiques. Ça fait 4 jours, ainsi que trois semaines depuis la première fois. Je comprends assez bien que l’on a changé d’avis. Mais je considère que ne rien dire, c’est vraiment peu professionnel.
Je me demande encore et encore si j’ai fait quelque chose de mal. Est-ce que l’agent s’est mise en colère car j’ai répondu le lendemain au lieu du même jour ? Ne rejetez pas trop vite cette explication ; une fois, je me suis réveillé à 2 courriels — le premier, envoyé à 5h du matin dans mon fuseau horaire, pour m’envoyer un contrat, et le deuxième, à 6h du matin pour demander pourquoi je ne le prenais au sérieux. Je n’aime pas l’attitude de notre Côte Est. Ils croient que la Côte Ouest devrait travailler de leur 8h jusqu’à notre 17h. Jamais l’inverse.
Est-ce que le chef n’a pas aimé que je l’ai contacté via Instagram ? Peut-être que je suis… stalker ? Le Xavier Dupont de Ligonnès d’Elbe-en-Irvine ? ([D’accord, et bien pire que ça ! Montrez-leur mon œuvre d’art sur vous! — Mon ex]) Bon, une autre fois, je ferai ce qu’elle demande. Mais pas aujourd’hui. Je ne sais pas, mais je ne crois pas que ce soit fort probable. Je doute qu’il gère lui-même son compte Instagram.
Peut-être qu’il n’a pas aimé que je voulais l’interviewer en français. Ne rejetez pas trop vite cette idée non plus. Je connais trois genres d’expatriés ici. D’abord, ceux qui ont déménagé pour le travail, mais ont poussé des racines ici — ils ont les cartes vertes, et ne planifient pas de rentrer, mais sont nostalgiques. Voilà, les personnes âgées de l’OCA. D’autres sont ici avec une date limite dans l’esprit. Voilà, les plus jeunes de l’OCA. Mais le dernier groupe, ils ont tourné le dos. Ne dites rien de gentil sur la France à ces gens ! Oui, ils existent. J’en connais au moins deux. L’une d’entre eux est prof de français, car c’est une façon de gagner la vie, mais elle me trouve dingue. Ça me semblerait fort bizarre vu son métier, mais on sait jamais.
Mais il y a une possibilité sombre. Je vous ai dit qu’il y a beaucoup de gens qui me suivent à Irvine, mais je ne sais pas qui sont-ils. Peut-être qu’il en est un ? Et peut-être qu’il se souvient en quelque sorte du fait qu’en 2001, il a cuisiné le dîner où j’ai demandé mon ex en mariage ? Je vous jure, c’était l’un des meilleurs repas de ma vie, et je ne le blâme pour rien !
Bien sûr, il est possible que quelque chose de mal soit arrivé à l’agent. Mais on penserait que quelqu’un d’autre aurait été chargé de répondre à ses courriels. Je doute que ce soit le cas.
Pour être clair, je reçois plein de rejets et vous n’en entendez rien. Mais personne d’autre n’a fait une telle chose. On est toujours libre de changer d’avis, mais soyez responsable de vos choix.
Il y a des pépites que je garde pour des jours comme aujourd’hui, où il y a des urgences, comme…euh… emmener ma fille au ciné pour revoir le film Super Mario Bros. avant qu’il ne quitte les cinés. C’était important — nous avons dû vérifier s’il y avait vraiment un resto français dans le film. C’est vrai ! Il s’appelle « Chasse au Canard », la traduction exacte du jeu des années 80, « Duck Hunt« . (Le premier lien dit que c’est au pluriel ; c’est faux.) À cause de ces recherches importantes, je n’ai pas eu le temps pour un plus long article
Une telle pépite, c’est que chaque séance de notre Cour suprême commence avec une citation en français. Ne me croyez pas sur parole. Le clip suivant vient de C-SPAN, la LCP américaine. (Au fait, selon le site de LCP, c’est la C-SPAN française. Mais j’ai mes priorités dans le bon ordre.) Veuillez pardonner la prononciation. J’ai mis l’enregistrement au bon moment :
Mais pourquoi fait-on une telle chose ? La réponse vient de l’époque de Guillaume le Conquérant. Du XIe siècle jusqu’au XVIIIe siècle, on n’était pas obligé de poursuivre ses procès en anglais dans les tribunaux anglais. On avait le droit de parler en « Law French » (français des lois). C’était une version de la langue spécialisée pour les tribunaux. Certains mots ont survécu jusqu’à nos jours.
Kelham’s Dictionnaire de la langue normande, Domaine public
Par exemple, celui qui porte plainte contre un autre dans les tribunaux anglophones — soit au Royaume-Uni, au Canada, ou aux États-Unis — c’est le « plaintiff », du Vieux Français « plaintif » (on dit maintenant « plaignant »). Celui qui répond, c’est le « defendant », version sans accent de « défendant ». Ce que le défendant est accusé d’avoir fait (dans un procès civil, pas criminel), c’est un « tort ». On sort parfois les criminels de prison avant la fin de leurs peines — on appelle ça « parole », car c’est sur leur parole qu’ils se comporteront bien.
Certains mots ont bien changé. Dans la théorie des lois, quiconque a commis un tort s’appelle « tortfeasor ». « Feasor » ne paraît pas être français, non ? Et si je vous disais que ça descend de « tortfaiseur », ça vous parle ? Et quant aux lois qui se traitent de propriété trouvée par hasard, on l’appelait « treasure trove ». Au temps de Guillaume, c’était « trésor trouvé ». Mais personne ne dit pas « treasure trove » aujourd’hui en tant que terme légal. De nos jours, ça veut dire une grande quantité de trésors, ce que l’on trouverait dans le repaire d’un dragon, où la cave d’un château.
La Cour suprême n’est pas la seule d’ouvrir leurs séances par « Oyez ! ». On le trouve toujours au Texas, en Pennsylvanie, en Virginie, et en Louisiane. Oui, en dehors de la Louisiane, ça peut être surprenant, où on trouve le français !
Aujourd’hui, j’ai accueilli une petite fête d’anniversaire pour ma fille et 5 amies. Pendant les 24 heures précédentes, le cauchemar. J’ai dû aussi accueillir mon petit frère, qui ne se soucie pas de telles questions comme « Doit-il faire d’autres choses ? ». (C’est la même chose toute ma vie ; aucun risque que ça changera.) Comme vous savez déjà, ma fille ne voulait rien d’une boulangerie professionnelle. Et croyez-moi, il y avait des problèmes. Mais d’abord, voici les résultats.
Oui, ma fille m’avait demandé de lui faire un Napolitain. Mais oh là là, le chemin pour y arriver était dif-fi-cile. J’ai raté le fondant deux fois avant de réussir la troisième, et ça prend environ 35 minutes chacune. Juste pour vous amuser, pourquoi il faut couper les bords :
Je voulais lui préparer une surprise aussi. J’avais eu une idée pour faire des macarons parfumés de framboise, avec une ganache au citron, et décorés pour ressembler aux « Piranha Plantes » des jeux Mario. Mais voici les coques :
Je les aurai quand même utilisées mais ÇA m’est arrivé :
La ganache n’a que deux formes, apparemment — glacée et liquide. Elle a dû passer des heures au congélateur mais s’est fondue quand j’ai enfin essayé de l’utiliser. OUPS. Au moins il y avait un bon gâteau :
Haute résolution en cliquant
Vous ne pouvez pas voir que j’ai dû gratter la surface car le fondant est devenu solide trop vite en l’étalant. C’est le grand secret des pâtissiers — ne pas paniquer. Il n’y a pas toujours le temps pour refaire des choses, mais il faut toujours penser aux plans de sauvegarde.
Les enfants à cette fête n’ont pas la moindre idée de mon matin !
J’ai de mauvaises nouvelles, et je déteste surtout vous en parler mais il faut que je le fasse. Pourquoi ? Parce que plusieurs d’entre vous — en même temps, complètement par hasard — m’ont récemment envoyé des choses. Mais j’ai peur que la gentillesse de certains ait rencontré la méchanceté des californiens.
Pour info, ma ville d’Elbe-en-Irvine est réputée d’être la plus sûre aux États-Unis selon la FBI (lien en anglais). Aimeriez-vous savoir quelle agence a demandé à notre mairie d’arrêter de dire de telles choses ? La FBI. Le problème, c’est que selon des statistiques dont la FBI est responsable pour les ramasser, le plus bas nombre de crimes arrivent ici parmi les villes de plus de 250 000 habitants. Et c’est important à savoir — il y a des années ici sans aucune meurtre. Mais cette déclaration n’est pas du tout officielle à la part de la FBI. Je n’arrive plus à trouver des articles où ils nient avoir fait ce classement, mais sachez que vous ne trouverez jamais aucune annonce de la FBI pour dire une telle chose.
De toute façon, tout ça n’est pas à dire qu’il n’y a pas de crime à Irvine, et surtout contre les biens. Il y a deux semaines, j’ai reçu un courriel du propriétaire de mon immeuble qui disait :
C’est-à-dire : après la livraison quotidienne des courriers le 11 avril, on — cette célèbre personne mystérieuse — a volé des colis des boîtes aux lettres chez moi. Pour info, les boîtes sont toutes fermées à clé. Le maître de poste croit que l’on a une clé, car les boîtes n’étaient pas abîmées.
Depuis ce temps-là, aucune nouvelle. Puis ça m’est arrivé :
J’avais commandé une nouvelle carte mémoire pour notre Nintendo Switch avant l’arrivée du jeu vidéo le plus important de l’histoire humaine, d’ici une semaine. Je parle du prochain Legend of Zelda, dit Tears of the Kingdom (son nom en VF, veuillez diriger les plaintes au Japon). La capture d’écran dit que la carte a été livrée dans ma boîte aux lettres le 29 avril.
Vous le savez déjà, mais je le dirai quand même. Quand j’ai vérifié la boîte, pas de colis. C’était tout vide. J’ai parlé avec mes voisins, et ils disent tous la même chose. Le voleur est presque un médium : il apparaît tout de suite après les notifications, avant que les pensionnaires ne puissent retrouver leurs colis. Curieux.
J’ai appelé la police, et un policier m’a rendu visite dans mon appartement pour faire un rapport. ([Vous voyez, les amis ? La police lui a rendu visite ! Il l’avoue ! Car il est criminel ! — Mon ex]) Ils m’ont donné un numéro pour l’incident puis m’ont dit de faire un rapport au bureau de poste. Et vous savez quoi ?
Le bureau de poste ne voulait rien savoir. Ils n’ont pas enregistré aucune info. Ça me dit qu’ils croient la même chose que moi — on avait déjà une clé. Le facteur aussi. Qui aurait eu l’opportunité de copier sa clé ? Ouaip, Justin Maigret est arrivé à la même conclusion. C’est probablement le facteur.
Alors, si vous avez reçu une notification qu’un colis a été livré chez moi, dites-moi, car rien n’est arrivé. Ça ne s’applique qu’aux colis livrés par le USPS — c’est illégal aux États-Unis pour DHL, ou FedEx, ou quiconque de livrer dans les boîtes à lettres. Ils doivent tout livrer ailleurs.
Je suis vraiment désolé de devoir vous parler de ces vols, mais personne ici ne se soucie du problème. Si vous vous demandiez pourquoi je suis ingrat qui n’a rien dit, c’est que je n’ai rien vu. ([Rassurez-vous, il est quand même ingrat— Mon ex])
Je ne corrige pas toutes mes erreurs ici, un choix fait exprès. D’une part, j’aime parfois me donner des frissons de terreur en lisant les plus vieux posts du blog. D’autre part, certains commentaires perdraient leur sens si les erreurs dont ils parlaient disparaissaient. Alors, une erreur que je laisse rester, c’est que j’ai écrit que dimanche était le 1er — parce que c’est emblématique du plus grand défi de ce blog.
Sauf pour 2 périodes d’une quinzaine chacune, à cause de décalages de dates de changement d’horaire, je vis à 9 heures en retard sur la France. En général, j’essaye de publier un article par jour. Pour garder la passe de jours de suite, je les publie à 0h01 tous les jours dans mon fuseau horaire. (Au moins, c’est le but ; je ne suis pas toujours prêt à cette heure.)
Cette différence de temps a des conséquences. Parfois, c’est pour le meilleur. Quand je voulais regarder des concerts en ligne pendant le confinement, d’Indochine ou de Catherine Ringer, ou le meilleur épisode de Taratata de tous les temps (avec les deux), je pouvais les regarder vers midi, pendant le déjeuner. En théorie, c’était moins énervant pour mes voisins. (Pas vraiment, car ils s’attendent à silence absolu de ma part. De leur part… c’est un blog familial, mais c’est dégoûtant, ce que je supporte sans plainte.)
Parfois, c’est difficile. Trouver la bonne heure pour enregistrer « 5 Minutes Avec », c’est un défi. Avoir des conversations avec le service aux clients chez la FNAC ? Même moi, je suis d’accord avec mes voisins que des appels téléphoniques à 2h du matin sont nuls !
Mais en conséquence de la différence, je pense à certaines choses de façon différente que vous. Je doute que Le Canard enchaîné m’en veuille pour avoir piqué juste leur logo :
Mais qu’est-ce que ça dit sous leur nom ? « Journal satirique paraissant le mercredi ». Peut-être pour vous. Moi, j’ai un rituel. Le mardi, je suis toujours à Rodrigo’s, un resto mexicain pour le déjeuner vers 12h45. Juste après avoir reçu ma commande à 13h, je peux télécharger Le Canard. Tous mes amis francophones sur Facebook savent que je prends tout de suite une capture d’écran du gros-titre, et le partage avec eux. J’aime le leur donner avant qu’ils ne puissent le trouver aux kiosques le matin.
Je sais, vous êtes curieux. Est-ce que Rodrigo’s est vraiment aussi bon que ça ? Voici ma commande habituelle, un chimichanga — les tortilla chips sont comprises :
En fait, bien que les chips soient excellentes, le chimichanga n’est que de qualité moyenne. Mais le prix n’est pas cher, le service est excellent, et il m’amuse de lire un journal en français dans un resto mexicain.
C’est la même chose avec les fêtes. Je dois tout préparer un jour à l’avance. Une galette des rois ou des haguignettes pour le 6 janvier ? Fait (et servi) le 5. Cette année, la galette est arrivée encore plus tôt à cause de l’horaire de ma fille, rien à voir avec les publications. Un colombier pour la Pentecôte ? Fait la veille aussi. Je veux écrire pour le 14 juillet ? Faut finir le 13 ! Pour vivre en même temps que la France, je dois tout planifier tôt.
Finalement, c’est la même chose avec la balado. Je prépare les épisodes le dimanche matin chez moi. Je les télécharge sur Spotify vers 23h, quand il est toujours dimanche. Et j’appuie sur le bouton pour les publier à 0h01 le lundi. Dans la tête, c’est toujours dimanche pour moi, et pour autant que j’essaye de me souvenir de la différence, quand j’en parle à des américains, je dis toujours que je la publie le dimanche.
(Veuillez fredonner le gros-titre selon la mélodie de Y’a d’la haine des Rita Mitsouko. Merci.)
Alors, la semaine stressante est finie. Mais je n’aimerais plus jamais assister à un autre événement avec mon ex-belle-famille. Rappelez-moi, s’il vous plaît, quelle est « belle » dans une telle situation.
De toute façon, j’ai raté mon but de produire 400 macarons et fini avec 300. Je n’aurais jamais osé imaginer ce qui arriverait. Mais d’abord, quelques vues des résultats.
Au début, tout paraissait aller bien :
J’ai acheté une boîte géante en plastique pour faire correspondre des paires de coques et les garder jusqu’à ce que je sois prêt à préparer la ganache. J’ai mis du film à contact sur chaque lot de coques, puis ajouté plus de coques.
Mais de plus en plus, il y avait des problèmes, où certaines coques sont tombées :
J’ai même gardé une assiette pour la pile de rejet :
Mais j’ai fini par produire une boîte pleine de 150 petits sacs, avec 2 macarons dans chacun :
Mon ex et son mari — je sais, je n’arrive même pas à le croire — m’ont aidé à mettre des rubans décoratifs en haut de chaque sac :
Mais soyez rassurés, les amis, ces macarons de la haine ont fini par être rejetés. Je ne vais pas expliquer quel genre d’événement il était, mais sachez que la grande majorité des invités ont refusé de les goûter.
D’une part, je suppose que je suis content de ne pas avoir gaspillé 18 heures de travail pour des gens qui ne m’aiment pas. D’autre part, j’ai dû les renvoyer avec mes invités, car il en restait beaucoup à la fin.
Message bien pris en compte, et je ne cuisinerai plus jamais pour un événement plein de tels gens.