Revenons vers la garbure de mardi. Je vous ai dit que j’ai eu une raison pour la préparer en version végétarienne. Quelle est-elle ?
Mon dîner gersois, où j’ai fait le cassoulet, a été la première fois en 14 ans où j’ai mangé du canard. En 2007, j’ai découvert que les canards sont monogames ; certains pour chaque période de reproduction, d’autres pour la vie (lien en anglais car l’entrée sur Wikipédia en français ne le mentionne pas). Cette info était trop pour moi, étant trop humain, et j’ai arrêté de manger du canard. Mais je me sentais que j’ai dû faire un propre cassoulet, alors je l’ai mis à côté. Après, je me sentais plutôt malheureux, et j’ai décidé que ce serait la seule fois. Peut-être qu’un jour vous verrez des escargots ici, mais du canard, pas encore.
En fait, pour être complètement honnête, avant de lancer le blog, j’ai pensé à faire seulement des desserts pour le Tour, surtout pour éviter des moment inconfortables. Mais j’ai enfin décidé qu’il y aurait trop de bons moments, et que les desserts seuls ne seraient pas assez. Et quand je pense aux meilleurs dîners du blog (Ardèche, Calvados, Indre, Morbihan), je ne regrette pas le choix. Je regrette que de peur que l’on me dise que le blog n’est pas assez authentique, je n’ai rien dit avant.
C’est une habitude très américaine. Je vous ai parlé avant du fait qu’il m’étonnait que personne ne m’a pas dénoncé pour « l’appropriation culturelle ». Certains me disent de temps en temps qu’ils trouvent mes choix de substitutions inacceptables (merci, mais c’est moi qui dois tout manger) ou que j’ai raté le lien géographique (j’accepte cette critique sans hésitation à chaque fois). Mais bien que je sache exactement où trouver les bons types pour me dire « Allez-vous-en ! », ça reste le cas, et je reste étonné.
J’aimerais croire que la sainte patronne du blog est Jeanne d’Arc, mais si je suis complètement honnête, c’est en fait Woody Allen et toutes ses névroses et idées fixes.
(Il y a exactement une bonne blague dans My Little Pony, et je ne pouvais pas la trouver en français. Mais si vous connaissez Hungry Hungry Hippos, profitez-en. Quant aux autres, je les recommande tous sans hésitation — et sans plaisanter.)
Si vous vous souvenez du film original des Frères Mario en 1993, d’abord mes condoléances. En plus, dire que les films basés des jeux vidéo sont nuls jusqu’ici, ce n’est rien d’autre que la vérité. Au-delà de ça, je n’aime pas du tout les films du studio Illumination, que ce soit « Moi, moche et méchant » ou « Comme des bêtes ». Mais j’ai exactement une plainte, et je trouve le reste de ce film absolument parfait.
La plainte est que le film souffre du même problème que presque tous les films américains pendant la dernière décennie. Quand la Princesse Peach se présente pour la première fois — veuillez excuser l’anglicisme à suivre — elle doit être « #girlboss », complètement sans besoin de l’aide de n’importe quel homme pour n’importe quelle raison. Elle se montre plus capable de toutes les tâches de Mario que Mario lui-même, et elle l’humilie. Alors, pourquoi veut-elle qu’il l’accompagne ? Il est nul par comparaison.
Au fait, Nintendo a le bon personnage pour être « #girlboss », Samus Aran, l’héroïne de la série Metroid. Je regarderais un film de Metroid avec plaisir. La Princesse Peach est bien capable depuis le tout deuxième jeu de la série, Super Mario Bros 2, mais ce moment devait plus à la politique américaine qu’au personnage des jeux.
Mais au-delà de ça, je n’ai aucune plainte. La musique fait souvent référence aux jeux, mais on entend aussi « Take On Me« . Du bon goût en musique ! Beaucoup d’objets importants des jeux prennent leur place sans être juste des jouets à vendre plus tard. L’intrigue intègre des centaines de références aux jeux, mais chacune et toutes marchent. Il y a de bonnes raisons pour voir le karting au-delà de vendre plus de copies de Mario Kart 8, par exemple. Je suis complètement d’accord avec la critique du site « Journal du Geek » (sauf qu’ils aiment le moment #girlboss). Le Nouvel Observateur, par contre, bof.
Oui, j’ai lu plus de critiques en français qu’en anglais.
Et le truc le plus Coup de Foudre, la cerise sur le gâteau, vient pendant les crédits. Remarquez-vous quelque chose de familier avec tous ces noms ?
Il s’avère que ce film a été tourné… à Paris. C’est une production fabriquée en France. Je n’ai pas sorti mon portable pendant tout le film, mais pour vous montrer ce renseignement, je n’ai pu résister plus longtemps.
Nous avons un autre film à regarder bientôt au ciné, mais il y a un risque que nous allons le revoir avant qu’il ne quitte le ciné. C’est vraiment aussi bon que ça.
Je suis parfois très sévère avec les voisins du nord. Mais il me semble que je suis peut-être un peu trop obsédé par certaines histoires. Qu’est-ce qui dit le Joker, « Impossible de préparer une omelette sans casser des œufs » ? Et il n’y a pas de pensée plus française que celle-ci ! Alors, on va faire le tour de l’Allemagne pour voir si j’ai raté quelque chose.
On commence notre tour à Munich, pour visiter le Feldherrnhalle, où a eu lieu le Putsch de la Brasserie en 1923. Pour autant que nous aimons tous les brasseries, le résultat le plus important de ce jour-là a été qu’un jeune ancien caporal s’est retrouvé avec plein de temps pour penser et écrire. On y reviendra en bas. À ne pas rater non plus, c’est le Hofbräuhaus am Platzl — pas la même brasserie, mais aussi cher au jeune caporal, qui y tenait des « meetings » politiques (pour ce but, je permets l’anglicisme). On peut y dîner toujours — voici le site pour réserver une table.
Je remarque que ni le Hofbräuhaus ni la société Hofbräu n’offre de site en français. Curieusement.
Capture d’écran personnelle
On passe à Berlin, la capitale. Qui aimerait rater une visite au célèbre bâtiment du Reichstag, où il y avait une petite incendie en 1933 ? De nos jours, il abrite le Bundestag, le parlement allemand. Pendant que le pays était divisé en deux, les Communistes l’a laissé périmer. Mais dès que le pays s’est réunifié, le gouvernement de l’ouest — on dirait le Bonn côté — a décidé qu’une Allemagne réunifiée devait reprendre sa siège dans le même endroit que le gouvernement de l’ancien caporal. Ils y ont donc construit une nouvelle coupole en verre ; voici le lien pour réserver un tour. Les Allemands de 1933 ayant été de grands fans des feux, on veut aussi voir le Bebelplatz, anciennement l’Opernplatz ou le Kaiser-Franz-Joseph-Platz, où les citoyens se réchauffaient avec le chaleur des livres.
Même un leader a besoin de se ressourcer de temps en temps, alors on va quitter Berlin pour Berchtesgaden, près de l’Autriche. Ici, on trouvait le Berghof, ancien résidence de vacances. Il n’existe plus, mais il y a toujours le Kehlsteinhaus, construit exprès par son parti. Surnommé « Le Nid d’Aigle » par l’ambassadeur français à l’époque — je jure que je ne le connaissais pas avant ! — cet endroit est de nos jours un resto ouvert l’été (carte en allemand, anglais et italien). Les prix sont fortement raisonnables ! Pour ceux qui veulent une station balnéaire plutôt qu’un resto, le parti a construit Prora (mais ne l’a jamais utilisée pour son but original), toujours une destination pour les touristes avec des chambres à partir de 140 € le soir.
Parlons brièvement de leur politique. S’il y a quelque chose pour laquelle les Allemands sont justement renommés, ça doit être leur loi sur la pureté. Depuis 1516, ils ont la loi la plus stricte au monde pour garantir qu’aucune espèce inférieure ne se mélange avec le symbole du Vaterland. Naturellement, je parle de la bière. À quoi pensiez-vous ?
Quant aux affaires étrangères, pendant les années 30, ils ont signé leurs traités avec les russes en secret ; maintenant, ils le font à l’air libre. Chacun a fait sa propre contribution à la stabilité mondiale !
Les Allemands sont très bien cultivés, avec une longue tradition également littéraire que cinématographique. Par exemple, un certain chef d’État allemand a écrit un livre qui a vendu plus de 12 millions d’exemplaires, juste dans son propre pays. Ça ne comprend même pas les 100 000 exemplaires vendus en Inde ! Montrez-moi un autre chef d’État qui a connu un tel succès littéraire ! Obama ? Pas proche du tout ! Churchill, en 6 tomes ? Ne me faites pas rire, personne ne lit tout ça !
Il est hors question que les Allemands sont aussi les personnages les plus populaires dans le cinéma d’autres pays. Que ce soit les films Indiana Jones des États-Unis ; La Grande Vadrouille, Le Mur de l’Atlantique, ou L’As des As en France ; ou bien La Chute, une collaboration allemande-autrichienne-italienne, les Allemands inspirent le monde entier. J’oserais dire que cette scène de La Chute est le clip le plus bien aimé d’Internet !
Un exemple parmi des milliers
De nos jours, les Allemands sont un peu nostalgiques, et ont fait un film — Il est de retour — pour imaginer avoir encore une fois leur personnage cinématographique le plus populaire :
Finalement, on doit se rendre compte de leur tradition musicale. De toutes les compositions pour des quatuors à cordes au monde entier, ma préférée — sans blague ! — est le premier mouvement de celui en ut majeur op.76 no 3. Mais peut-être que vous reconnaîtrez le deuxième mouvement :
Oui, c’est « Deutschland uber alles », ou le Deutschlandlied. Hymne national de l’époque des Kaisers jusqu’à maintenant, seulement les Communistes l’ont abandonné. Pour être clair, les Allemands ne chantent plus — officiellement, ce n’est pas interdit — les parties effrayantes.
Après toutes ces recherches — où j’ai découvert quelques choses que je ne savais pas déjà ! — je me rends compte que j’avais tort. J’offre mes excuses aux voisins du nord.
J’allais publier Langue de Molière pour cette semaine aujourd’hui, mais franchement, bien que j’aie déjà eu l’idée il y a des semaines, l’article n’est pas assez cuit pour vous servir. J’ai d’autres chats à fouetter ; c’est donc reporté à la semaine prochaine. Mais, je peux au moins annoncer une réussite.
Il y a trois semaines, je vous ai parlé de mes efforts à obtenir une copie de la version « Collectionneuse » du prochain jeu dans la série The Legend of Zelda. Aujourd’hui, j’ai enfin réussi grâce à l’appli HotStock, qui m’a dit que c’était disponible chez Walmart (en pré-commande, bien sûr). VOILÀ :
Malheureusement, vous avez bien lu le prix. C’est cher ! Mais s’il y a un enfant qui le mérite, c’est ma fille. Elle ne demande presque rien. C’est difficile de cuisiner pour elle, car elle a les goûts typiques des enfants américains — les macaronis au fromage, le sandwich au fromage grillé, la pizza — et ON lui a interdit de manger de la viande. (Je ne peux pas vous dire qui est « on », mais sachez que nous deux disons « ON » en anglais, avec un accent fort, pour faire référence à certaines personnes sans les nommer. C’est le franglais.) Mais c’est ma seule plainte. Ses notes sont toujours excellentes, elle ne me ment pas, ça fait déjà 4 ans depuis la dernière fois où elle est arrivée en retard à l’école et c’était MA faute — vraiment, je suis chanceux. C’est-à-dire, je suis heureux de payer le jeu.
MAIS !
Je reste moi-même, et je ne vais pas lui dire la vérité. Je dois être à la profondeur de ma réputation ! Je vais donc mentir comme un tapis. Quoi, vous ne connaissez pas cette expression ? Bon, il me faudra vous apprendre un peu d’anglais.
En anglais, le verbe « lie » a des versions transitives et intransitives. La version transitive veut dire « mentir » ; la version intransitive a plusieurs sens dont « allonger », « rester » ou « reposer ». C’est donc un jeu de mots de dire « lie like a rug », parce que ça confond les deux formes. Cette expression est très commune, et veut dire « mentir sans honte ».
Alors, qu’est-ce que je ferai ? Je lui dirai que je n’ai pas arrivé à trouver le bon jeu, et que j’ai donc commandé la version standard. Mais quand elle ouvre le colis ? VOILÀ ! En fait, j’aurai une surprise pour vous ce jour-là, et elle la connaît déjà, mais vous allez aussi devoir patienter. Jusqu’au 17 mai, car ce sera son premier jour de retour chez moi après la sortie du jeu.
Vraiment, je suis le père le plus méchant au monde.
C’est le 29 mars, ce que je considère mon « anniversaire français », parce que c’était le jour où j’ai suivi ma première leçon (version 2021, où j’ai lancé ma chaîne YouTube, et 2022, où j’ai enfin atteint un niveau B2 en toutes les compétences). C’est encore une fois l’occasion d’une fête !
Je retourne toujours au même thème, ma chanson préférée de tous les temps, car elle exprime parfaitement tout ce que la France veut dire pour moi. Comment ?
Pour une chose, elle est écrit dans mon temps préféré, le futur. La sonorité n’est comme rien d’autre, car il y a une belle voyelle ouverte à la fin qui permet de la chanter avec toute la bouche. (Pas autant quant aux formes pour « moi » et « vous », mais montrez-moi la chanson écrit au vous du futur. J’attendrai en cherchant l’égotiste qui s’adresse à soi-même dans ses chansons.)
Pour une autre chose, elle exprime à la fois de l’espoir et du désespoir. Ce n’est pas un optimiste qui se plainte que « le monde est drôlement moche ». Nico change souvent les paroles pour dire « salement moche » — pas mieux ! Mais il y a aussi l’espoir « qu’un jour dans notre vie, le rêve continuera ». Il n’y a aucune autre pensée à laquelle je tiens aussi fort, malgré le fait que pendant l’année dernière, il y avait autant de bas (voilà, voilà, et surtoutvoilà) que de hauts (voilà, voilà, et surtoutvoilà).
Et ça nous mène au gâteau des photos ici. C’est mon rêve depuis longtemps de créer un dessert « signature » du blog, et surtout que ce soit mon rêve d’une forêt noire. Il y a des mois, je croyais que j’avais enfin trouvé la bonne idée, quelque chose d’original à moi. J’ai passé du temps pendant les deux derniers jours pour le fabriquer. Mais l’idée dans la tête n’a pas complètement marché à la fin. En particulier, le gâteau s’est effondré en le coupant, assez que les 6 couches paraissaient n’être que 4. Je comprends bien le problème — les couches vers le bas ne pouvaient pas supporter le poids du haut. Mais les solutions dans la tête n’arrivent toujours pas à préserver mes buts.
Pour sa part, ma fille — qui est parfois un ange — a insisté que je mets son sceau sur la photo, car le goût était presque exactement ce dont j’ai rêvé. Mais bien que je ne sache toujours pas si j’écrirai sur ce que je voulais faire, c’est en fait une jolie métaphore pour cette aventure.
Il me semble qu’au-delà de Saint-Pierre-Hermé, on est élève toute la vie. Cette pensée n’est pas du tout originale à moi — même les Meilleurs Ouvriers de France vous diront que l’on n’arrête jamais d’étudier et de s’améliorer. Yann Couvreur (pas un MOF) dit qu’il ne se considère pas comme l’un des meilleurs pâtissiers en France, et il ne plaisante pas en le disant malgré le fait qu’il s’installe aux Galeries Lafayette Haussmann !
Ce n’est pas seulement une question d’une compétence comme la pâtisserie. Je pourrais dire la même chose sur chacune de mes activités — la grammaire, la lecture, écouter la radio, etc. Je n’y arriverai jamais ; je ne dirai jamais « Je l’ai maîtrisé ». Pourtant, j’ose de plus en plus, parce que même si je suis trop ambitieux, l’âme française ne dit jamais « c’est assez bon », ne se vante jamais de faire des bêtises dans son travail. On râle — comme on râle ! — mais on n’abandonne jamais. C’est ça, ma France.
Je vous ai déjà raconté la grande majorité de ma journée à Universal Studios, mais je crois qu’il intéressera à certains d’entre vous de voir le reste du voyage. Alors, continuons :
Pour entrer à « Haut-Universal » (en fait, la partie plus basse), il faut traverser le « Bas-Universal », puis descendre des escaliers mécaniques. La dernière chose que l’on passe avant de trouver les escaliers, c’est la zone des Simpson. Voilà :
De l’autre côté de la zone Simpson, on trouve le célèbre « Tour du Studio » :
Ici, on monte dans un tram, puis on passe par des bâtiments dits « soundstages » (littéralement, « scène sonore » — je ne suis pas arrivé à trouver la bonne traduction dans n’importe quel de mes dictionnaires habituels). Des films sont en fait tournés dans ces bâtiments, mais on trouve des pubs à l’extérieur car ils ne sont pas bêtes, et savent que vous allez les voir :
Ça comprend le film le plus important de tous les temps, à sortir prochainement. Ce sera une réalisation d’Illumination, connu pour la série idiote « Les Minions », mais je fais confiance que, sauf pour une scène stupide dans les bandes-annonces qui traite des manchots, ce film ne sera pas une copie des Minions. Je serai prêt à les pardonner quand si j’aurai raison :
Il y a un bon moment où on passe dans un tunnel pour une scène de King Kong :
Pour vous, j’ai dû absolument prendre des photos d’une rue de bâtiments vides qui s’appelle « La Petite Europe ». Elle s’utilise comme lieu de tournage quand on a besoin d’un endroit vaguement européen :
Juste pour vous donner une idée de la vallée derrière Universal. On peut voir cette région de l’entrée des trams :
Vous allez craquer pour les amuse-gueules que l’on y trouve. Je ne suis que messager :
Je sais que beaucoup d’entre vous sont de grands fans de Harry Potter. Que vous aimiez les livres ou pas, l’attraction de Hogwarts Poudlard est vraiment impressionnante. Voici l’entrée au village de Hogsneade Pré-au-Lard :
Et des boutiques que vous reconnaîtrez peut-être, dont chez Ollivander. Les baguettes vendus là-bas sont chères :
On s’approche finalement de Poudlard :
Mais où est donc passée la foule ? Il n’y avait pas de queue –tout le monde est parti pour Super Nintendo World !
À l’intérieur, on voit des choses impressionnantes, dont des tableaux qui parlent les uns aux autres et ce squelette :
Après ça, nous avions passé 10 heures au parc, alors nous l’a quitté pour CityWalk, pour dîner avant de rentrer. Voici un petit aperçu de CityWalk :
Notre choix de resto ? Johnny Rockets, une chaîne façon années 1950, qui sert des hamburgers et hot-dogs. J’ai commandé un hot-dog au chili. Oui, c’est tout réel :
Je plaisante sans cessesouvent parfois sur les gentillesses de mon ex, mais ce soir, juste avant d’écrire cet article, j’ai dû la voir avec sa nouvelle famille à un événement social. En voyant mon sacré coup de soleil, elle m’a dit, devant notre fille : « Tu vas bientôt avoir un cancer de la peau ». Elle est docteur et adore me diagnostiquer comme ça. Je suis sûr que c’est un avis sincère et pas un vœu. ([Qui veut le lui expliquer ? — M. Descarottes])
Pour autant que ce soit impossible à croire, il y a quelques endroits que j’aimerais visiter plus que n’importe où en France. Le pays de Narnia dans les livres de C.S. Lewis. La ville de Midgar dans le jeu vidéo Final Fantasy VII. Le pays de Hyrule des jeux vidéo Zelda. Le Royaume Champignon des jeux Mario. Évidemment, les seules choses qui pourraient m’intéresser plus que la France n’existent vraiment pas.
Jusqu’à maintenant.
Aujourd’hui, avec ma fille et mon père, je suis allé à Universal Studios Hollywood, à environ 90 km au nord de chez moi. Le but ? Visiter l’attraction toute neuve, Super Nintendo World. Bien que Nintendo soit plus que juste Mario, le thème est tout Mario, tout le temps, avec une petite exception, un clin d’œil vers une autre série aussi liée aux légumes. On en parlera plus tard.
Nous sommes arrivés tard la veille à l’hôtel Sheraton Universal. Nous voulions y dormir parce qu’il y avait une navette entre l’hôtel et le parc, quelque chose qui n’est pas autrement disponible (sauf pour l’autre hôtel officiel du parc, le Hilton Universal). C’est pas trop différent d’autres Sheraton, une chaîne généralement très sérieuse, mais il y a quelques éléments de style qui disent « parc d’attractions » :
À l’extérieur du parc, il y a une galerie marchande, CityWalk, avec de nombreux magasins et restos. On s’est passé par la boutique de Super Nintendo World pour acheter des bracelets que l’on doit vraiment avoir pour profiter de cet endroit. Ils coûtent 40 $ (environ 35 €) chacun, qui est cher, mais pas autant que les baguettes Harry Potter (jusqu’à 100 $ !) :
Connaissez-vous les blocs à objets « point d’interrogation » ? Mario les frappe avec sa tête pour trouver soit des monnaies soit des augmentations de puissance. Juste après l’entrée du parc, on peut frapper un tel bloc. J’attends ce moment depuis 40 ans :
C’est mon père avec moi.
Vous avez sûrement remarqué le jean Temps des Cerises et la ceinture Galeries Lafayette. Partout où je vais, peu importe ce que je fais, je n’ai qu’une chose dans l’esprit.
Pour atteindre Super Nintendo World, il faut descendre quatre grands escaliers mécaniques. En suivant l’utilisation française, où la partie plus au sud est toujours « haute » et la partie plus au nord est « basse », il m’amuse d’appeler cette zone « Haut-Universal ». En descendant à Haut-Universal, les vues sont magnifiques.
N’oubliez pas les affiches pour le film, à paraître le 5 avril aux États-Unis. Ma fille et moi sommes d’accord qu’il sera le meilleur film de tous les temps. Désolé Messrs Welles et Oury, mais il faut reconnaître la qualité quand on la voit.
On passe par l’attraction de Jurassic Park pour entrer au Paradis :
À l’entrée de Super Nintendo World, on entre à travers d’un tuyau vert. Autre rêve d’enfance réussi !
Il faut faire la queue pour y entrer, et en faisant ça, j’ai remarqué qu’il y avait des panneaux gentiment traduits en anglais pour les touristes :
Dès que l’on entre, si on tourne le dos, on verra que l’on vient d’entrer par le palais de la Princesse Peach. Ce palais a vu le jour avec Super Mario 64 en 1996, alors je ne l’attends que depuis un quart d’un siècle :
La star est la seule attraction, Mario Kart : Bowser’s Challenge (Le Défi de Bowser), dans le château du méchant, Bowser :
À côté de ce château est le Café Toadstool, le seul endroit on il y a de la nourriture disponible. Il faut faire une réservation pour y manger, et je n’ai pas réussi à en gagner une. C’était un problème.
La queue pour cette attraction duré 2 heures entières, mais il y a des vues panoramiques quand on s’approche de la fin :
J’ai mentionné un clin d’œil vers une autre série. Voici les Pikmin, de petites plantes :
Et il y a des incontournables des palais de Bowser, surtout sa statue :
Nous avons dû patienter pour jouer à trois jeux pour gagner des monnaies virtuelles pour entrer dans la dernière attraction. Deux heures de plus d’attentes pour ces choses !
Ça donne entrée au château du fils de Bowser, dit Bowser Junior, où on joue un dernier jeu de réalité virtuelle. Je ne pouvais pas prendre des photos du jeu, mais voici quelques du château :
Évidemment, nous avons bien profité de Super Mario World. Mais il y a deux problèmes. D’abord, les attentes sont effrayantes par comparaison avec les activités. Plus de 5 heures d’attentes à la fin juste pour cette partie du parc pour environ une demi-heure d’activités. Mais aussi, on peut pas rentrer dans Super Nintendo World si on le quitte, alors nous n’avons rien mangé jusqu’à 15h, puisque nous n’avons pas eu le droit de déjeuner au Café Toadstool. Ça, c’était nul.
Mais j’ai apporté un souvenir à la maison et demain, tout sera pardonné :
Lundi prochain, on atteindra notre premier anniversaire de la balado. Aujourd’hui, on va faire le bilan de la première année, puis je parlerai un peu de ce qui arrivera avec la nouvelle saison (il me semble que les anniversaires sont le bon temps pour déclarer des changements de saison).
Tout a commencé à partir de mon désir de fêter le 500e post ici de façon spéciale. Mais je vous mentirais si je vous disais que c’était bien planifié. Le premier épisode n’est que l’annonce que l’on commencera ! Après quelques semaines, j’ai commencé à faire deux choses, l’une d’entre eux ayant collé, et l’autre, pas autant. À partir du 5e épisode, j’ai commencé à raconter des blagues hebdomadaires ; ça fait maintenant 48 blagues sur la balado, toutes différentes. Aucune n’est originale à moi, mais si vous demandiez à qui que me connaisse chez les anglophones, ils vous diraient tous que je ne raconte jamais des blagues. Ou pire, que les seules sont de l’autodérision. Je n’ai jamais aimé cette habitude chez moi.
L’autre chose, c’était de surnommer le public « les filles ». J’avais une raison ! Même jusqu’à maintenant, Anchor (maintenant rebaptisé « Spotify for Podcasters ») me dit que tout le public sont des femmes, et la plupart, de 22 ans ou moins :
Je ne sais pas d’où proviennent leurs données. Mais je l’ai laissé tomber après quelques semaines car personne n’a répondu pour me dire s’il le trouvait drôle. Les humoristes vous diraient qu’il faut constamment essayer de nouveaux matériel et jeter ce qui ne marche pas.
Et en parlant de nouveaux matériel, je soupçonne que très peu de monde connaissent ce qui arrive à la fin de chaque épisode ! Le chapitre dit « fin » ne dure en général que 15 secondes, mais suit toujours la même formule : un remerciement, le sentiment « je vous adore tous », et un commentaire qui parle soit de l’actualité soit d’un article à paraître.
Je n’y suis pas arrivé par hasard. Le musicien Duke Ellington, à mon avis le meilleur compositeur de l’histoire américaine, avait l’habitude de terminer ses concerts en disant à son public « Je vous aime à la folie ». Et oui, en français, parmi plusieurs langues, mais après avoir commencé en anglais ; vidéo mise au bon moment :
Alors, quelques faits divers. Jusqu’ici, la balado a été écoutée plus de 8 700 fois. Pas mal ! Spotify ne donne pas des comptes exacts pour les statistiques mais plutôt des pourcentages. Certaines m’intéressent.
C’est pas surprenant que la grande majorité d’auditeurs sont en France ; après tout, c’est ce que je voulais :
Mais la distribution dans l’Hexagone n’est pas celle à laquelle j’attendais ! (Spotify traite les départements d’Outre-mer comme des pays séparés.)
On n’a même toujours pas atteint notre premier département en Île-de-France ! C’est le plus bas niveau de détail disponible pour la France. Mais j’ai des faits divers sur les États-Unis qui vont bouleverser ce que vous pensiez du pays :
Que la Californie soit en première, ce n’est vraiment pas surprenant. On verra qu’il y a probablement des connaissances personnelles qui l’écoutent. Mais des top 10 d’états, dont 3 des top 5, 4 sont des états dits « rouges » car ils votent pour les Républicains. Essayez d’éviter une crise cardiaque. L’une des choses que j’essaye de vous expliquer depuis le début, c’est que j’approche les départements d’exactement la même façon que je souhaite que vous approchiez nos états. Ne croyez pas toujours aux idées reçues.
Alors, la Californie :
Les deux grandes populations d’expatriés sont à LA et partout dans la région dite « Bay Area » autour de San Francisco. Mais Elbe-en-Irvine, c’est chez moi, et il y a beaucoup de monde qui m’ont rencontrés grâce à l’Alliance française ici et à LA. Très peu de monde me parlent de ça, mais on parle de centaines de fois entre ces deux. Impossible que ce soient tous des inconnus !
Alors, le futur. Il y a quelque chose que je veux faire depuis, disons, il y a 5 mois, qui transformera la balado. J’avais espéré la lancer avec le prochain épisode, mais l’horaire n’a pas marché exactement comme prévu. Avec le deuxième épisode, il y aura un nouveau genre de reportage dans la balado, un pas géant direction « avoir sa propre identité ».
Il y aura aussi un nouveau genre de blague. Vous savez tous à quel point Le Canard enchaîné me manque. Je serai abonné pour le reste de ma vie, bien sûr, mais je ne le cite plus, suite à leur demande. Il me semble que ce blog est plus pauvre sans leur esprit alors à partir de la nouvelle saison, il y aura des gros-titres satiriques annoncés au fur et à mesure de chaque épisode. Ils ne seront pas tirés du Canard ; ce sera seulement mon propre travail. Vous êtes le bienvenu à proposer des idées et recevront du crédit si je les utilise.
On m’a dit qu’il y a des lecteurs sourds qui ne peuvent profiter de la balado. Je veux faire quelque chose pour eux. Puisque je voulais que la blague de la semaine soit une raison pour écouter, jusqu’à maintenant elles ne sont pas apparues ici. J’ajouterai une page pour servir comme archive, et les blagues y apparaîtront avec une semaine de retard.
Et si je vous disais que l’un de ces changements est né d’un complot juste pour un événement lié au Tour des Départements ? Je vous raconterai toute la vérité au bon moment, que ça marche ou pas.
Comme je vous ai dit avant, je confonds souvent traître et traiteur, car ils sont tous les deux proches de l’anglais « traitor » (qui veut dire « traître ». Ce soir, j’ai joué le traiteur pour mon groupe de cinéphiles de l’Orange County Accueil. Voilà tout ce que j’ai fait pour eux :
Ce sont de vieux favoris du blog, le gâteau Napolitain et les macarons au chocolat. C’est surprenant de remarquer que je n’ai pas fait un post pour les macarons au chocolat eux-mêmes, mais je n’ai pas pris les bonnes photos pour ça cette fois. De toute façon, je voulais vous partager quelques astuces pour faire ces recettes en grand format.
D’abord, le Napolitain. J’ai fait ce que l’on appelle en anglais un « quarter-sheet », 24×33. Mon moule habituel fait 18×18. Pour calculer combien d’ingrédients je devrais utiliser, j’ai calculé les tailles en centimètres carrés. 792 contre 324, alors 2,4x. Pour le rendre plus simple, j’ai donc multiplié toutes mes quantités par 2,5. On peut voir à quel point tout est géant :
La couche avec la poudre de cacao est toujours là plus difficile à étaler dans cette recette. Vous pouvez voir qu’en grand format, elle devient de plus en plus inégale :
C’était pas grave. Les autres couches restaient plus ou moins plates :
C’est ça le résultat :
J’ai dû refaire le fondant, parce que la première fois, il a séché en touchant le gâteau. Mais si je ne vous avais pas dit ça, vous ne le reconnaîtriez jamais.
Quant aux macarons, j’ai doublé toutes les quantités. Mais je suis très content de comment ils ont marché. En général, on sait si on a réussi ses macarons en les pochant sur le tapis — si la pâte coule, ou garde des bulles, vous avez raté vos macarons. Ce lot est presque parfait :
En les sortant du four, on voit qu’ils sont un peu moins parfait qu’attendus — 3 de 44 ont craqué :
Mais ils sont bien réguliers, n’est-ce pas ? J’étais fier de tout ça.
Ça fait des années que je veux entendre l’avis de vrais français sur ma cuisine. J’ai reçu des commentaires tres gentils ; on m’a dit que mes macarons sont mieux que ceux de Ladurée. Je ne le crois pas complètement — on ne verrait jamais une coque brisée chez Ladurée — mais je croyais que c’était du bon travail. Assez de monde m’ont demandé la recette du gâteau que je l’ai posté dans le groupe Facebook privé de l’OCA dès que je suis rentré.
Malheureusement, j’étais misérable ce soir. Peut-être que vous vous souvenez que quelqu’un s’est fâché contre moi dans ce groupe. Oh là là, c’était nul. Elle m’a dit « bonsoir », puis tout de suite tourné le dos. Plus tard, quand l’organisatrice m’a remercié pour avoir fait les desserts, elle m’a dit « C’est à vous ? ». Nous nous tutoyions avant. Message reçu. Je ne sais plus que faire, mais disons que je ne peux guère vous parler de notre film du soir, Boîte noire. C’était probablement un très bon film, mais je n’arrivais pas à me concentrer. Je suis gêné au maximum.
De toute façon, il y avait environ 5 douzaines de macarons au début, mais pas de restes au-delà d’un petit bout du gâteau. Je suis content de cette première expérience en tant que traiteur.
Je ne devrais pas trop dire sur ce sujet, mais je suis en train de revivre une lutte que j’ai perdu il y a 30 ans qui a changé ma vie de façon dramatique. Comme j’ai écrit quand il n’y avait qu’une dizaine de lecteurs ici ;
Il y a trente ans, ma mère m’a fait suivre des cours d’espagnol au lieu de français à cause d’«être plus utile». Maman, je t’aime, mais tu avais tort ! Si ça fait bizarre que j’apprenne si vite, c’est parce que je me sens comme j’ai raté trente ans du vrai moi. On peut dire que je suis à la recherche du temps perdu. 😉
C’est maintenant le temps pour ma fille de choisir ses cours de la prochaine année scolaire. Si elle veut commencer avec une langue étrangère, le seul choix dans son collège est l’espagnol. Sinon, si elle attend un an de plus, elle peut choisir entre l’espagnol, le français, le chinois (version mandarine), ou le latin au lycée.
Sa mère exige qu’elle commence tout de suite avec l’espagnol. Ma position est plus compliquée. D’une part, j’ai évidemment une préférence afin qu’elle puisse lire ce blog et parler avec mes amis. D’autre part, je veux qu’elle choisisse pour elle-même.
Les arguments sont exactement les mêmes qu’il y a trente ans : ce serait plus utile, elle peut nous demander tous les deux de l’aide, et si elle commence maintenant, elle peut suivre des cours plus avancés plus tôt au lycée. Inutile de dire que je peux lui offrir des opportunités qu’aucun autre élève n’aura. Enfant, je regardais la télé en espagnol pour apprendre ? Elle peut profiter d’une médiathèque à la maison que personne n’égalera. Elle peut demander de l’aide à deux parents qui n’étudient plus l’espagnol depuis 25 ans ? Ce n’est pas mieux de demander de l’aide d’un parent qui parle tous les jours ?
Je n’aime pas donner l’impression que j’ai une dent contre les hispanophones. Mais ces arguments ne tiennent pas chez moi. Je vous ai dit plusieurs fois ici que la culture mexicaine est aussi le patrimoine du sud-ouest des États-Unis. Mais ce n’est vraiment pas ce que je suis. J’ai passé 7 ans en étudiant l’espagnol, je l’ai maîtrisé au point où je lisais un roman par semaine pour un cours de littérature à l’université — puis il est parti de ma vie sans laisser de trace. Je dois travailler pour trouver les francophones, mais il n’y a rien de plus essentiel chez moi.
Je me demande souvent ce qui me serait arrivé si j’avais gagné la lutte en tant que collégien. Il est fort probable que je n’aurais jamais rencontré les mêmes amis, que ce blog n’existerait pas. Je n’ose pas deviner si je connaîtrait Louis de Funès ; certainement, Rabbi Jacob ne serait pas joué aux écoles américaines de nos jours. Pour ma part, et seulement la mienne, il est peut-être chanceux que j’ai commencé aussi tard. Mais je n’aimerais pas compter sur être aussi chanceux, et surtout pas pour elle.
Supposons qu’elle arrive au lycée et décide de poursuivre le chinois. Je le soutiendrais tant que c’est son choix. J’avoue que je serais déçu, mais ce n’est pas ma vie. Quand ses parents ne sont pas d’accord, les choix passent aux mains d’un psychologue nommé par le tribunal. Je dois espérer que son choix sera le bon.