Le Bonaparte américain

Habituellement, quand on mélange deux choses comme ça, comme si j’avais dit « Regis Philbin est le Nagui américain », tout le monde comprend que ça ne veut pas dire littéralement que Regis Philbin est un parent de Nagui. C’est juste qu’ils font les mêmes choses. Mais cette fois, avec l’histoire de Charles Joseph Bonaparte, c’est littéral ! Je dois beaucoup de ce qui suit à cet article de l’Institut Naval des États-Unis.

Charles Bonaparte, domaine public

En 1803, le petit frère de Napoléon Bonaparte, Jérôme, s’est marié avec Elizabeth Patterson (surnommée « Betsy », comme d’habitude avec ce nom), une américaine. Napoléon n’a pas approuvé le mariage, et il a décrété que le mariage serait annulé. Elizabeth était déjà enceinte, et elle a donc accouché d’un fils à Londres, Jérôme-Napoléon Bonaparte, auquel elle a donné le surnom « Bo ».

Jérôme-Napoléon a grandi dans le Maryland, aux États-Unis, et il a obtenu un diplôme en droit de Harvard, mais il n’a jamais travaillé comme avocat. Il a eu deux fils, Jérôme-Napoléon II, colonel dans l’armée française sous Napoléon III, et Charles Joseph. Et la carrière de Charles Joseph est quelque chose d’incroyable, complètement à l’opposé du membre d’une famille royale qui habite aux États-Unis aujourd’hui. (Je parle de Harry l’Inutile, le fils du Prince Charles le Nul d’Angleterre.)

Jérôme Napoléon Bonaparte, auteur inconnu, Domaine public

En 1905, le Président Theodore Roosevelt a nommé son ami du dernier 15 ans, Charles Joseph, au poste de Secrétaire de la Marine, rôle qui est sous-secrétaire du Ministre de la Défense. On penserait que les journaux américains ne seraient pas trop heureux d’avoir le descendant d’un roi dans notre gouvernement, mais ce n’était pas le cas :

Following the announcement at the end of June, Harper’s Weekly sought the usual “French gestures and grimaces” to criticize but could find none in this portly second-generation American, elsewhere described as having “the cannon-ball head of a warrior, with room for two sets of brains,” and a signature that proudly swept a full six inches across the page.

Traduction :

Suite à l’annonce fin juin, Harper’s Weekly a cherché à critiquer les habituels «gestes et grimaces français» mais n’en a trouvé aucun chez ce corpulent américain de deuxième génération, décrit ailleurs comme ayant «la tête de boulet d’un guerrier, avec de la place pour deux ensembles de cerveaux », et une signature qui balayait fièrement six pouces sur la page.

The American Bonaparte

Charles Joseph a passé 13 mois au poste de Secrétaire de la Marine. Il n’y avait pas de guerres à l’époque, alors il n’a pas joué un rôle stratégique, mais il a fait partie d’un petit « scandale » quand il a suggéré dans un rapport qu’il n’y avait plus de raison pour garder le plus vieux navire de la Marine entière :

The vessel now at Charlestown [Massachusetts] is not the vessel with which Hull captured the Guerriere…To exhibit the Constitution, therefore, as the genuine ‘Old Ironsides,’ charging, as has been proposed, a fee for permission to inspect her, and using the amount thus earned to bear the expense of her preservation, would not only ill accord with the dignity of the Government, but would amount to obtaining money under false pretenses…If, for purely sentimental reasons, it be thought that this supposed veteran of our old wars is entitled to a warrior’s death, she might be used as a target for some of the ships in our North Atlantic fleet and sunk by their fire.

Traduction :

Le navire actuellement à Charlestown [Massachusetts] n’est pas le navire avec lequel Hull a capturé le Guerriere … Pour exposer la Constitution, par conséquent, en tant que véritable « Old Ironsides », facturant, comme cela a été proposé, des frais pour l’autorisation de l’inspecter , et utiliser le montant ainsi gagné pour supporter les frais de sa conservation, non seulement serait en désaccord avec la dignité du gouvernement, mais reviendrait à obtenir de l’argent sous de faux prétextes … Si, pour des raisons purement sentimentales, on pense ce prétendu vétéran de nos anciennes guerres a droit à la mort d’un guerrier, il pourrait être utilisé comme cible pour certains des navires de notre flotte de l’Atlantique Nord et coulé par leur feu.

The American Bonaparte

Cette suggestion… n’a pas été bien reçu par le public. En fait, le Président Roosevelt a choisi de faire exactement ce qu’il lui a conseillé de ne pas faire, de « facturer des frais pour l’autorisation de l’inspecter », et aujourd’hui, on peut toujours visiter le Musée USS Constitution.

USS Constitution Museum Collection, CC BY-NC-ND 4.0, Lien original

Après son tour comme Secrétaire de la Marine, le Président Roosevelt a nommé Charles Bonaparte a son plus prestigieux poste, Ministre de la Justice. Il a passé 2 ans dans ce rôle, où il a gagné le surnom « Charlie the Crook-chaser » ( « Charlie le chasseur d’escrocs » ) En 1907, M. Bonaparte a suggéré au Congrès qu’il faut exister une agence de détective sous le contrôle du Ministre de la Justice. Après l’échec d’une enquête sur une escroquerie par plusieurs fonctionnaires du gouvernement, en 1908, le président Roosevelt a donné au ministre Bonaparte le droit de créer cette nouvelle agence. Ce qu’il a créé s’appelle le «Bureau of Investigation». Vous le connaissez aujourd’hui sous le nom de FBI.

Deux billets Ryanair, s’il vous plaît

Cette semaine, le Canard Enchaîné parle fortement de deux choses : 1) l’affaire Ryanair, où le président de Biélorussie a commandé qu’un avion atterrisse pour arrêter un dissident politique, et 2) l’affaire McFly et Carlitos, où M. le Président Macron est apparu sur une chaîne YouTube. Franchement, à moins qu’il n’apparaisse avec quelqu’un qui se baigne dans une baignoire remplie des céréales pendant l’interview, je m’en fiche. Il me semble que l’affaire Ryanair est plus intéressante pour les Français que je connais, c’est donc notre thème de la semaine.

Et les nouveaux protocoles de sécurité de Ryanair ne donneront confiance à personne :

Je crois qu’ils comprennent au moins la vérité :

L’un des mes parodistes préférés comprend aussi bien :

Comme je l’ai dit à des amis : je voudrais offrir deux billets Ryanair à mon ex et à son mari, qui sont des critiques si acerbes du président biélorusse.

Il faut que j’ajoute — les canards eux-mêmes sont drôles !

Comme toujours, si vous avez aimé ces dessins, abonnez-vous !

Je découvre la Corse-du-Sud

On arrive maintenant dans le… 2A ? Où est le 20 ? Comment est-ce qu’on compte en français : 18, 19, 2A ? Même dans le système de nombres hexadécimaux, il faut comptoir 20 avant 2A ! J’entends parler que si on écrit 20 sur une enveloppe, La Poste la livrera quand même. En tout cas, je pourrais écrire soit un post soit deux sur la Corse, parce que les définitions ont changé plusieurs fois, mais j’en écrirai deux.

La Corse-du-Sud est le département le septième moins peuplé, et les habitants se nomment les corses. Mais ce qui leur manque en quantité, ils le regagnent en qualité, avec peut-être le Français le plus important de l’histoire. Oui, la Corse-du-Sud se vante de Napoléon Bonaparte, né dans leur préfecture, Ajaccio. Et je vous rassure, j’ai une histoire sur Napoléon et sa famille pour vous raconter que vous ne savez probablement pas. (Ça fera son propre article.) En parlant de sa famille, vous pouvez trouver beaucoup d’eux dans la chapelle impériale à Ajaccio :

Chapelle Impériale, Photo par Eveha, CC BY-SA 3.0

Mais l’histoire de Corse-du-Sud ne commence pas avec Napoléon. Comme de nombreuses îles de la Méditerranée, c’est un lieu stratégique et une voie de navigation précieuse. Dès l’âge Néolithique, il y a 9000 ans avant J-C, on trouve des preuves d’êtres humains. Il y a 3500 ans, on trouve la « culture torréenne », une civilisation qui nous a laissé des tours en pierre. Voici un exemple à Cucuruzzu :

Les ruines à Cucuruzzu, Photo par DocteurCosmos, CC BY-SA 3.0

Nous passons par les Phéniciens et les Romains et reprenons notre histoire pendant le Moyen-Âge, à commencer avec notre roi préféré, Charlemagne. En tant que roi des Lombards, avant de devenir roi des Francs, il donne l’île au Pape en 774. Après, en 1077, le Pape cède le contrôle aux Pisans, qui perdent l’île aux Génois en 1299. L’île reste sous le contrôle d’une sorte d’italien ou autre jusqu’en 1553 quand Sampiero Corso, un soldat de la Corse-du-Sud capture l’île en tant que mercenaire français. Ça ne dure longtemps, et en 1559 les Français rend encore l’île aux Génois. Après des émeutes en 1729, il y a une guerre civile, puis en 1735, la Corse gagne une brève indépendance. « Brève » veut dire moins que deux ans, après lesquels, les Français, les Génois, les Britanniques, et les Espagnols prennent tous leurs tours à se battre pour le contrôle. Ce qui se passe après, jusqu’à la Révolution Française, c’est compliqué, mais après une lutte entre le général corse Pascal Paoli (dit « Babbu di la Patria », ou Père de la Patrie) et la Convention, la Corse est sous le contrôle de la France depuis 1795.

La ville la plus importante de la Corse-du-Sud est carrément Ajaccio, la préfecture et le lieu de naissance de Napoléon. Et franchement, si vous allez en Corse-du-Sud, c’est pour faire le tour de sites Napoléoniens. (Également, si vous allez en Haute-Course, c’est pour faire le tour de sites Paoliens.) Alors, quels sont les incontournables Napoléoniens ?

Il y a deux musées appelés « Musée de France » consacrés à Napoléon, Le Musée national de la Maison Bonaparte (1 étoile Michelin) et Le Salon napoléonien de l’hôtel de ville d’Ajaccio (1 étoile). Ce dernier fait partie du Palais Fesch (3 étoiles), un musée de beaux-arts. Il y a plusieurs statues de Napoléon à Ajaccio ; il faut visiter le monument équestre à la Place du Général-de-Gaulle (0 étoiles), érigé sous le règne de Napoléon III, et la statue de Napoleon en consul romain à la place Foch (0 étoiles).

En dehors d’Ajaccio, on visite la Corse-du-Sud pour sa beauté naturelle et aussi les sites préhistoriques. On a déjà parlé de Cucuruzzu (2 étoiles). Ne ratez pas aussi la Golfe de Porto-Vecchio (2 étoiles), le site Néolithique de Filitosa (2 étoiles), la Vallée de la Gravona (2 étoiles) et la haute ville de Bonifacio (2 étoiles), une ville médiévale.

Qui sont… non, cette fois je ne peux pas. Si vous ne savez pas qui est le corse le plus célèbre, je ne peux pas vous aider. Eh bien, qui sont les autres corses bien connus ? Il y a le cardinal catholique, et oncle de Napoléon, Joseph Fesch, le médecin Jérôme Tarayre l’acteur Christian Clavier (qui y habité pendant une décennie), la chanteuse Mylène Farmer (qui y possède une maison) et c’est plus ou moins tout le monde qui est connu sans porter le nom Bonaparte. Mais je dois ajouter, j’ai trouvé beaucoup de résistants de la Seconde Guerre Mondiale et de Compagnons de la Libération. Ils ne sont pas connus ailleurs, mais c’est évidemment une population qui peut être fier d’elle-même.

Que mange-t-on en Corse-du-Sud ? Il faut que je vous dise la réalité horrible — ils mangent de la cuisine italienne. Je suis sûr que c’est une nouvelle choquante. Mais c’est vrai. Par exemple, la « soupe corse », appelée minestra, est faite avec des tomates, haricots rouges, et pommes de terre, exactement comme la soupe italienne, minestrone. Ils mangent aussi des pâtes comme le cannelloni et les lasagnes. Ils font tout ça avec un fromage appelé « brocciu » qui vient du lait de brebis, comme cette pâte appelée x. On trouve le brocciu partout dans la cuisine corse, même dans les pâtisseries, comme le fiadone (un brocciu mélangé avec du sucre et des œufs) et l’imbrucciata. Il y a plein de poissons et de fruits de mer, avec un plat qui ressemble beaucoup à la bouillabaisse, l’aziminu. Ils font beaucoup de spiritueux locaux, comme la cédratine (exactement comme la boisson italienne, le limoncello), l’acquavita (une sorte d’eau-de-vie), et la ratafia, « une liqueur résultant de la macération de fruits, frais ou secs, dans de l’alcool ». Ce n’est pas une cuisine compliquée, mais ils utilisent bien leurs produits locaux, et vous ne mourrez pas de faim pendant votre voyage.

Un intermède musical

Je ne sais pas pourquoi j’ai tellement de mal à finir mon article sur la Corse-du-Sud. Mais je vous promets qu’il apparaîtra demain. Pendant ce temps-là, profitez de mon enregistrement préféré de n’importe quelle œuvre française, la Danse Macabre de Camille Saint-Saëns. Celui-ci vient de la meilleure marque américaine pour les enregistrements, Reference Recordings, et la performance reste la meilleure que je connaisse de cette magnifique œuvre. Je vous recommande fortement l’album entier, non compressé si possible, Mephisto & Co.

Une petite histoire amusante : j’ai trouvé cet album en 2003, en assistant à une exposition de produits audio à San Francisco. J’ai déjà très bien connu cette œuvre à cause de mes études musicales à l’université, mais cet enregistrement était si parfait que j’ai fermé les yeux pour l’écouter — et quand il s’est terminé, tout le monde se moquait de moi ! Pourquoi ? Parce que j’avais commencé à diriger et je ne le savais pas !

Week-end à Zuydcoote

Je viens de regarder le film peut-être le plus difficile à regarder de tous mes films jusqu’à maintenant. La langue, c’était difficile, et j’avais besoin fréquemment du Trésor de la Langue Français, parce que les mots n’existent ni dans mon dictionnaire ni dans Google Traduction. Mais c’est pas la vraie raison pourquoi ce film est si difficile.

Week-end à Zuydcoote n’est pas du tout une comédie. C’est un examen très sérieux de la Bataille de Dunkerque, et quelque chose de gravement déprimant. Il n’y a pas de héros dans ce film, juste de survivants. Ça me rappelle fortement le roman « Catch-22 » de Joseph Heller, mais pas si burlesque. C’est juste qu’en tous les deux, rien de bon ne se passe pour les personnages. Chaque fois qu’on pense qu’enfin, il y aura un moment de repos, il y a plus d’avions allemands, et quelqu’un d’autre finit par mourir.

Il y a un moment où deux soldats allemands se déguisent comme des religieuses, mais ce qui est un moment de comédie dans « Le Gendarme en Balade » n’est que de la lâcheté des allemands. Ils essaient de tirer sur des soldats français pendant qu’ils restent déguisés, mais les français les tuent.

Les soldats britanniques ne sont pas du tout des héros dans ce film, et il y a un moment que je suis sûr reflète les sentiments des Français vers les choix de l’armée britannique :

Richardson : « Cet embarquement pour nous, c’est une grande victoire stratégique. »

Maillat : Encore une ou deux victoires de ce genre-là, et vous allez finir tous en Norvège. 

Je doute que j’aie besoin de vous rappeler que Dunkerque n’était pas du tout un moment glorieux pour l’armée britannique. Pourtant ce film ne fait semblant que ce temps-là était une grande réussite pour les français. Maillat, le soldat joué par Belmondo, tue deux civils en train de violer son amie. Un autre soldat, joué par Pierre Mondy, parle de collaborer avec les allemands.

Des exemples des mots authentiques de l’époque : Belmondo appelle les allemands des fridolins. Une autre fois, un soldat se plaint de Maillat qu’il se baguenaude. Des soldats parlent d’un chandail au lieu d’un pull ou un sweat-shirt. Et un soldat n’a pas une blessure, mais une égratignure.

On trouve également de la musique de l’époque. Au début du film, on écoute une chanson intitulée J’attendrai, par une chanteuse appelée Rina Ketty. Cette chanson est sortie en 1938, et elle était populaire dans toute l’Europe.

Je ne m’attendais pas à regarder un film aussi lourd, si plein de tristesse. Mais je vous conseille fortement de le regarder. Ce que j’admire chez les films français c’est qu’ils parlent honnêtement de tous les côtés. On trouve rarement, même dans des parodies comme La 7e Compagnie, que les français ne font que se moquer ou critiquer les autres. Celui-ci parle franchement de Dunkerque et c’est une histoire puissante, qui mérite bien votre attention.

Pandor à Irvine

Je n’étais pas sûr si je devais revoir la boulangerie Pandor. Les propriétaires sont aussi américains que moi. Leur boulangerie ne fait pas partie de la liste du consulat d’entreprises françaises ici. Puis je l’ai visitée. C’est presque tout ce qu’on pourrait vouloir chez une boulangerie !

À l’extérieur, elle ne ressemble à rien d’authentique. C’est pas de leur faute — la boulangerie est dans un centre commercial dont les propriétaires ne permettent pas trop de décoration en dehors.

Mais ne vous y trompez pas — à l’intérieur, c’est complètement autre chose !

La famille est américain, mais leur boulangers viennent de France, et même l’équipe est bien formée. J’ai commandé un mille-feuille, mais j’ai dit « Napoléon », parce que c’est comment on appelle ce dessert aux États-Unis. Et la caissière, qui n’était française non plus, m’a corrigé en disant « C’est un mille-feuille ». Je suis si fier des propriétaires, SÉRIEUSEMENT. Il est presque impossible de trouver QUICONQUE qui dirait quelque chose comme ça, ici. Ils ont des normes. J’applaudis !

Et je dois ajouter, le sandwich que j’ai commandé, c’est la meilleure valeur de toutes les choses que j’ai goûtées pour cette série. Pour 6 $, on obtient un croissant — 3 $ lui-même — avec de la dinde, du fromage, et de la sauce béchamel. On paye le même pour un hamburger chez McDo maintenant.

Je n’aimais pas trop le mille-feuille, parce qu’il n’était pas selon mes goûts, mais il était bien fait. Il est rempli de crème légère, qui est une mélange de crème pâtissière et de chantilly. Je préfère fortement la crème pâtissière toute seule. Il faut que je vous dise — je ne me plains pas ! C’est un plaisir de trouver une boulangerie où tout est si bien fait, parce que je pourrais toujours goûter autre chose.

Les prix des pâtisseries sont les mêmes que Rendez Vous ou Moulin. C’est cher de faire de la pâtisserie authentique ici. Mais le sandwich est vraiment quelque chose de spécial, et je me vois un peu chez les propriétaires.

La qualité : Haute

Bon marché : Oui

Recommandation : J’ARRIVE !

Le meilleur horloger de tous les temps

L’un des plus gros mensonges du monde, c’est que les suisses sont les meilleurs horlogers. Ils fabriquent presque toutes les meilleures montres maintenant, c’est vrai, mais ils ne font que des copies des œuvres du vrai maître de l’horlogerie, Abraham-Louis Breguet. On parlera plusieurs fois de ce grand homme, mais puisqu’on visitera bientôt la Corse, on parle aujourd’hui de ses travails pour ses clients les plus célèbres, Napoléon et Joséphine Bonaparte.

Abraham-Louis Breguet est né en 1747 à Neuchâtel, de parents français. Il a grandi en Suisse, mais quand il avait 18 ans, il a commencé ses études à Versailles, pas en Suisse. En 1775, il a ouvert son atelier à Paris. Des choses qu’il a inventé : la montre-bracelet lui-même (au lieu de montre de poche), la remontage automatique, le pare-chute , le quantième perpétuel, et la plus difficile complication de toutes, le tourbillon.

Quantième perpétuel grégorien et républicain, No. 45, ©️ Montres Breguet

M. Breguet a fait des horloges pour la famille royale avant la Révolution ; on parlera une autre fois de ses œuvres pour la Reine Marie-Antoinette. En tant que général, Napoléon a acheté trois montres Breguet avant de partir pour l’Egypte. Voici sa première horloge pour Napoléon :

©️ Montres Breguet

Et pour Joséphine, il a créé une montre de poche qu’on peut lire sans voir — juste en la touchant !

©️ Montres Breguet

Il faut admettre que M. Breguet a aussi vendu des montres à des clients moins réputés, comme le duc de Wellington. Mais on fait tous parfois des erreurs. Ce qui compte ici, c’est qu’au zénith de ses pouvoirs, le grand conquérant corse n’a choisi qu’un seul horloger, Abraham-Louis Breguet.

Je recharge

Mes amis de DHL vient de livrer un nouveau colis. Vous pouvez voir que j’avais envie de regarder plus de Bourvil !

Oui, notre cher Bourvil fait partie de chacun des films ici ! Il n’est pas toujours la star — ses rôles dans « Le Jour le plus long » et « Le cercle rouge » ne sont pas grands. Mais c’est aussi vrai que je l’adore, et je veux regarder tout ce que je peux trouver avec lui !

L’autre chose, c’est 3 CDs de Marie Laforêt. Après avoir écouté plusieurs de ses chansons grâce à l’Alliance Française, j’ai décidé que j’ai besoin de son « best of » dans ma collection.

Revoilà les jours heureux !

On peut toujours compter sur Le Canard Enchaîné — les terrasses rouvrent aujourd’hui, et ils sont prêts ! La première page entière est un vrai régal, à commencer par le dessin drôle en haut !

Et ils ne s’attendent pas du tout à ce que n’importe quoi ait changé :

Et franchement, ils ont plus de dire sur ce qu’ils s’attendent aux restos :

Au-dedans, on trouve un titre qui fait référence à une chanson des Rita Mitsouko, Andy, mais je dois vous dire — n’importe quel éditeur qui laisserait apparaître un titre comme celui-ci aux États-Unis, il serait renvoyé en même jour :

Il y a plusieurs raisons pourquoi je dis ça, mais les deux les plus importantes sont : 1) il est interdit de faire des blagues avec le mot « handicapped » (handicapé), et 2) il faut dire « personnes aux capacités différentes » en anglais. J’essaie de ne jamais exprimer des avis politiques ici, pour ne pas offenser personne, mais j’envie votre liberté d’expression. Je ne plaisante pas — j’ai peur d’être « annulé » si je partage ce dessin avec n’importe quel américain. (Pour être clair, je ne crois pas que ce titre soit méchant ; sinon, j’aurais un avis différent.)

Je vous conseille fortement de lire ce numéro. Il y a un esprit de joie (ou quelque chose comme ça) partout dans le numéro entier. Et à la dernière page, il y a un dessin que je ne publierai pas parce qu’on dirait (en anglais) que c’est « un peu trop épicé », mais je vous préviens — « Pour Bayrou ! » est DRÔLE ! Avouez-le — vous n’imaginiez jamais que le jour arriverait où quelqu’un vous dirait que c’est une punchline, ou que cette personne-là serait américaine !

Comme toujours, si vous avez aimé ces dessins, abonnez-vous !

Le sandwich français qui ne l’est pas

…et le resto qui est au contraire.

En France, il y a un style appelé « à l’américain », qui veut dire « une sauce à la tomate ». La seule chose que cette sauce a à voir avec les États-Unis, c’est que le chef qui l’a créée y travaillait.

Aux États-Unis, il y a un sandwich célèbre appelé le « French dip » ou la trempette française. C’est complètement inconnu en France, même dans le menu le plus américain du pays entier. (Sauf le « Crazy Memphis », c’est mon avis que ce resto est complètement authentique.) Le French dip est un sandwich au bœuf rôti, souvent avec du fromage suisse, parfois avec des oignons. C’est toujours servi au jus et habituellement avec des frites, comme ça :

D’où vient le nom « French » ? Presque tout le monde est d’accord que ce sandwich vient d’un restaurant à Los Angeles, appelé « Philippe », d’après le propriétaire original, Philippe Mathieu. M. Mathieu est venu de France, et en 1918, il a ajouté ce sandwich à son menu. À cause de sa nationalité, ses clients ont commencé à appeler le sandwich « French dip ».

Si vous voyagez à Los Angeles, je vous conseille de goûter ce sandwich chez Philippe… une fois. J’aime bien le sandwich, mais le resto lui-même n’est pas grand-chose. Le mien ci-dessus n’est pas venu du resto à Los Angeles, et c’est une histoire amusante.

Nous avons une chaîne de restos appelée « Mimi’s ». Au début, l’idée était de faire semblant d’être un café à la Nouvelle-Orléans, mais il y a quelques années, une société française a racheté la chaîne. Vous connaissez peut-être Groupe Le Duff grâce à leurs marques Brioche Dorée et La Madeleine. En tout cas, ils ont changé l’idée de Mimi’s pour la rendre « plus française ». C’est à vous de décider s’ils ont réussi. (Indice : non. Une fleur-de-lis et le mot « rue » ne suffisent pas.)

Alors, ce qu’on a ici, c’est un restaurant français qui fait semblant d’être une parodie américaine d’un restaurant français pendant qu’il sert un sandwich américain qui fait semblant d’être français. Un joli bordel, non ?