J’ai reçu une belle blague grâce à WordPress aujourd’hui :
Oui, oui, je me suis inscrit il y a dix ans car la maternelle de ma fille avait un blog, et je voulais y laisser des commentaires. Mais c’est pas du tout 10 ans d’écriture ! Au fait, c’est pourquoi je m’appelle « jeliotb » dans les courriels du blog — c’est mon nom d’utilisateur, et je n’ai pas changé en lançant le blog, Eliot étant mon deuxième prénom.
Comme d’hab, on commence avec la blague de la semaine. Je connais plusieurs versions en anglais, et quand je suis tombé sur celle-ci en français, j’étais ravi — certaines choses sont les mêmes partout dans le monde. Nos articles sont :
Au fait, la tarte au qeumeu du dîner haute-marnais, c’est un petit miracle quant à la glycémie. Je l’ai mangé 4 fois, et après chacune, le niveau de sucre dans le sang était excellent. Les lendemains matins en plus ! J’ai pas envie de la manger tous les jours, mais je voulais le mentionner au cas où.
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J’ai raté mon dessert haute-marnais pour la quatrième fois ce soir. Cette fois-ci, je suis bien satisfait que j’ai suivi la bonne recette. La seule erreur cette fois, c’était le choix de la mauvaise plaque à cuisson. (Anti-adhesive ne signifie rien quand on parle des blancs d’œuf. Alors, plutôt que publier un post avec tous mes échecs, je vous offre un aperçu de ce qui se passe parfois chez Un Coup de Foudre. Ce qui est pour vous encourager, même si c’est difficile à voir au début.
Disons que cette recette est un genre de meringue. J’ai fait de nombreux macarons, une recette bien liée aux meringues, mais jamais des meringues elles-mêmes. Mieux vaut faire des erreurs maintenant : quand on arrive dans le Nord, je connais déjà ce dessert-là, et les erreurs ne seront pas acceptables. Alors :
La première fois, j’ai essayé d’utiliser mon batteur plongeant pour battre les blancs d’œuf, dans le verre fournis avec le batteur. Les blancs ont volé partout. Pas de photos, mais c’est la vérité. J’ai peu profité du nettoyage.
La deuxième fois, j’ai cassé un jaune en séparant les blancs des jaunes, et il est tombé dans les jaunes.
La troisième fois, j’ai suivi exactement les conseils d’une recette, qui m’ont dit de monter les blancs avec une fourchette. On est au XXIe siècle, pas le XVIe. Voilà ce qui s’est passé :
Je ne pensais vraiment pas que ces blancs étaient assez montés, mais j’ai fait tout ce que je pouvais avec une fourchette et…bof. Je les ai quand même enfournées, et c’était un échec.
Cette dernière fois, c’est de ma faute pour ne pas connaître vraiment les propriétés des meringues. Voici le produit qui est sorti du four :
C’est presque exactement ce que je voulais faire. Le goût est excellent. Mais demain, je vais ressayer de les sortir — avec un ciseau. Elles sont parfaitement collées à la plaque. Tout ça car j’imaginais que pour une recette qui demandait de les faire en barres, une plaque anti-adhésive avec la bonne forme suffirait, sans besoin des petites formes en papier. Je chercherai les bonnes formes demain.
C’est rare que je refais une recette départementale plus que deux fois. S’il y a des grosses erreurs que je peux corriger, c’est une chose. Si les ingrédients sont trop chers pour racheter, c’est autre chose. Dans ce cas, c’est une recette pas chère — et il y a franchement pas d’autres choix en Haute-Marne.
Je vous dis tout ça car il y a longtemps, je vous ai dit (quand il n’y avait que 3 lecteurs, tous des amis personnels) que je partagerais mes échecs aussi que mes réussites. (Et voilà, mon premier dessert ici était un échec.) Pourquoi ? Parce que cuisiner à la française, c’est difficile. La clé est de ne jamais abandonner. Sauf pour Saint-Pierre-Hermé, qui est né avoir déjà tout maîtrisé, tout le monde doit pratiquer. Et pour ça, pas besoin de honte ni d’excuses.
Ce soir, au lieu d’un film, j’ai regardé les deux premiers épisodes des Combattantes. C’est la première fois où j’ai regardé une série fictive à la télé en français. Je dois vous dire, à part du fait que je vous déconseille fortement de la montrer à tous âgés moins de 15 ans (pas les 10 recommandés), cette série porte ma plus haute recommandation. Par contre, mon amie Agathe dit les mêmes créateurs ont déjà fait du meilleur travail, ce qui m’étonne.
ACHTUNG !SI VOUS NE VOULEZ PAS DE SPOILERS, ARRÊTEZ DE LIRE.
Désolé, mais ce post aura des sentiments moins que chaleureux vers les allemands ([C’est-à-dire, les affaires comme d’hab. — M. Descarottes]). C’est pas juste à cause du fait que cette série a lieu pendant la Première Guerre mondiale (leur faute). On va parler d’une scène qui est choquante. Croyez-moi, j’ai pleuré en la regardant.
Le premier épisode commence à un point de contrôle militaire. Deux voitures passent. La première est conduite par Marguerite, une prostituée. La deuxième est un camion conduit par Jeanne, qui transporte en secret des femmes troublées, dont Suzanne, qui est cachée au fond du camion. Un policier, Compoing, inspecte le camion et trouve Suzanne, alors Jeanne s’en va. VITE.
Marguerite trouve une fille, Lisette, qui marche vers le village de Saint-Paulin pour aller au couvent (devenu hôpital militaire). Elle lui offre de l’amener au village.
Après, Marguerite cherche du travail dans un bordel. En même temps, Mère Agnès du couvent dit à Lisette de dire à sa mère que la famille doit fuire leur ferme car les allemands s’approchent.
Pendant ce temps-là, un certain Capitaine Dewitt est rappelé au service et laisse sa femme, Caroline, chargée comme responsable de leur usine. Sa cauche-mère, Éléonore, n’est pas du tout heureuse de la voir, mais on sait pas toujours pourquoi. On voit le capitaine dire au revoir à sa fille dans une scène de larmes. Si ce monsieur est toujours vivant à la fin de la série, je mangerai mon portable.
Caroline perd ses ouvriers, car le gouvernement les appelle des déserteurs et les commandent de rejoindre l’armée. Tant pis pour l’usine.
Jeanne et Suzanne atteignent la ferme de la famille de Lisette. Jeanne a été blessée par Compoing, et Suzanne prend ses papiers en allant à Saint-Paulin pour trouver des matériels médicaux.
Après que Suzanne est partie, les allemands attaquent la ferme. Ils tuent tout le monde, dont Lisette, sa mère, et Jeanne. Cette scène m’a mis en colère à nouveau. Les cris de Mère Agnès quand elle arrive et trouve les cadavres sont parmi les choses les plus horrifiantes que vous entendrez.
Pour sa part, Marguerite a trouvé un camp militaire française en demandant le secret de ses clients. Est-elle espionne ?
Suzanne rencontre Mère Agnès à côté des cadavres. En ce moment, elle décide de vivre sous le nom de Jeanne Charrier, avec les papiers qu’elle a pris.
L’épisode termine avec Compoing à la ferme. Il trouve « Suzanne », qui est en fait le cadavre de Jeanne, et sait qu’elle n’est pas là bonne femme. On apprend que malgré être policier, son but est de tuer Suzanne pour avoir tué sa femme.
Le deuxième épisode commence encore avec Compoing (comme j’espère que rien ne va pour ce gars), qui cherche Suzanne dans le couvent. Le docteur le sort, car il n’a pas le droit d’y être.
Quand Marguerite sort du bordel, Yvonne, la sœur du patron (Marcel), cherche ses affaires et découvre une carte avec les positions des troupes :
Pendant ce temps-là, Suzanne attend un train qui la livrera en Suisse, le dernier avant la fermeture de la frontière. Elle dit à Mère Agnès qu’elle peut aider en tant qu’infirmière.
Marguerite, à son tour, est pris par des soldats qui la prennent pour une espionne.
On revient à la famille Dewitt. Caroline n’ayant plus d’ouvriers, elle demande à leurs femmes de faire le travail à la place de leurs hommes partis. Elles ne sont pas contentes de Caroline, mais avec ça, elles recevront au moins l’argent dû à leurs familles.
À l’heure de partir pour Suzanne, c’est Compoing qui attend devant le couvent. Mais il est rappelé à Paris juste à temps.
Charles, le frère du Capitaine Dewitt, ne croit pas que Caroline puisse sauver l’usine et demande de l’argent à Marcel :
Mère Agnès a un argument brutal avec le docteur, qui veut retourner des soldats carrément pas en bonne santé mentale au front. Elle prie pour un signe. C’est une scène touchante, et cette actrice est superbe.
Marcel rend visite aux soldats pour chercher la personne qui Marguerite cherchait. Il s’avère que le type est aussi revendeur de drogue. Je le déteste autant que Compoing.
Vers la fin, Suzanne est revenue au couvent. Elle a décidé d’y rester et aider le docteur.
Mais Mère Agnès rend visite aux soldats pour parler de la famille de Lisette, et ils lui disent que la police cherchait une meurtrière, Suzanne, dans l’hôpital. Elle soupçonne « Jeanne ». Pour ma part, je crois qu’il s’avérera que Suzanne n’est pas meurtrière, mais qu’elle a fait partie d’une chirurgie échouée.
Ces premiers épisodes m’ont absolument bouleversé. J’ai peur que tout aille mal pour les meilleurs personnages, parce que c’est déjà clair que c’est une histoire où le mérite n’a rien à voir avec la chance. Mais c’est ça le drame, et souvent la vraie vie. Après tout, les histoires de guerre ne sont pas celles des bisounours.
Au fait, j’ai énormément profité de regarder les pubs. Ouais, d’habitude je les déteste à la maison autant que vous. Mais pour moi, ce sont un petit aperçu de votre quotidien. Je ne connaissais pas du tout les bonbons Knoppers, ni les glaces Nuii. Et celle de SFR, où une fille dit « Chloé fait un live avec un influenceur » et sa mamie répond « On peut en avoir aussi des ‘fluenceurs’ » m’a bien fait rire !
Ça fait trois jours, et je suis encore plus malade qu’avant. J’ai quatre brouillons mais deux sont attachés à des livres pas toujours finis, un à la Mayenne, et un qui n’est pas en fait le produit d’un délire auquel il ressemble. Mais ce dernier exige toujours plus de travail. En plus, je viens de finir la tarte au qeumeu après 4 repas — c’est assez. La pire chose :
J’ai raté mon dessert haute-marnais ce soir. Trois fois. Et c’était pas compliqué. Vous allez le voir après que je l’aurai refait, et vous allez bien vous moquer de moi. Thomas Edison est censé avoir dit « Je n’ai jamais échoué à inventer l’ampoule, même pas une fois. J’ai simplement trouvé dix mille méthodes qui ne marchent pas. » Il n’y a aucune preuve qu’il a en fait dit ça, mais comme on dit en anglais, « C’est une citation trop belle pour la vérifier. » J’ai pas envie de tester cette recette dix mille fois.
Alors je vais me contenter avec une observation sur mon état actuel. Il y a des mois, j’ai trouvé une conversation familière en ligne :
C’est à peine la seule fois :
Il y en a plein d’autres. Mesdames, je veux vous rassurer que vos homologues ici disent la même chose.
Tout ça, c’est-à-dire que je me sens comme je vais mourir, mais oui, je sais déjà comment ce sera reçu parmi certaines. Comme Calimero, je dis :
On dirait en anglais que je suis « aussi malade qu’un chien » — j’ai un joli rhume. Ouais, ouais, un ami, médecin, m’a déjà dirigé de prendre un test covid. Tout ce qui m’est arrivé était d’avoir encore plus de mal au nez. Mais une amie française m’a demandé ce que j’allais utiliser pour me soigner — et je n’ai pas arrivé à trouver les bons mots. C’est une lacune dans les cours comme Duolingo ou Kwiziq — on finit sans la moindre idée de quoi demander à la pharmacie.
Cette pensée m’a donné un cauchemar bien qu’il fît plein soleil :
Moi : Bonjour, M. le Pharmacien !
Lui : Hello, qu’est-ce que c’est que you want ?
Moi : Je parle français, merci. J’ai besoin de cachets.
Lui : Il y a des milliers de cachets ici. Quel cachet ?
Moi : Duolingo m’a juste appris à dire que si je suis enrhumè, j’ai besoin d’un cachet.
Lui : Voilà, we’re speaking English now because you don’t actually know what you’re talking about. (On parle anglais maintenant car vous savez pas de quoi vous parlez.)
C’est un futur trop horrible pour contempler. J’ai donc dû faire des recherches. J’ai cherché les noms des ingrédients actifs sur une pharmacie en ligne — mais j’étais tellementsurpris que beaucoup de ces choses n’étaient pas disponibles chez Carrefour. Chez moi, je les achète au supermarché. Si vous voyagez ici, peut-être que ces infos seront utiles.
Mais attention ! Aux États-Unis, il y a DEUX versions de Sudafed. Celle que vous pouvez toucher dans les rayons est une arnaque et contient un ingrédient inutile, le phényléphrine. Si vous voulez le vrai médicament, faut parler au pharmacien (mais pas besoin d’ordonnance). Pourquoi ? À cause de cons qui l’utilisaient pour faire de la méthamphétamine à la maison. Pour la même raison, les cachets ont un goût hyper-amer. D’autre côté, la France a bien limité le dextrométhorphane à cause de raisons similaires.
Le Pepto-Bismol, bien aimé aux États-Unis pour le traitement de la diarrhée, contient des sels de bismuth, qui sont interdits en France. Utilisez plutôt de l’Imodium. Les Français ont raison en ce cas — nous avons bien raté celui-ci. Le citrate de magnésium est vendu le plus souvent en France en forme de pilule, qui ne sert pas en tant que laxatif. Dites au pharmacien qu’il vous faut la solution orale. Puis annulez vos réservations pour le reste de la journée. Si vous avez utilisé ce médicament, vous le savez déjà.
Les antiacides :
Version américaine
Version française
Rolaids ou Tums
Rennie ou Carbonate de calcium
Mylanta
Marga
Pepcid
Fanotidine
Sérieusement, les amis, vous n’allez pas croire les yeux si vous allez aux États-Unis et faites la comparaison de nos antiacides contres les vôtres. C’est le paradis des antiacides ici. Cette recherche est la toute première fois où je préfère chez moi, où je peux les prendre aux goûts de fruits :
Mais attention avec ce produit — c’est 100 % efficace, mais la dernière fois où j’ai pris une analyse de sang, mon taux de calcium était si haut, mon docteur a pensé que j’avais un cancer. Alors maintenant, j’ignore parfois les brûlures d’estomac.
Les produits féminins :
NOPENOPENOPE. Je sais absolument rien sur ce sujet, comme Paul Taylor. (Mais en fait, nous avons les mêmes marques — Always et Tampax. Après ça, c’est à vous de vous débrouiller. Je dis ça, je dis rien.)
La grande nouvelle de cette dernière semaine reste les funérailles de la Reine Elizabeth II. On a déjà parlé de ça la dernière fois, alors on va tourner vers ce qui compte : le scandale des baskets ! Agathe demande la bonne question de cette affaire, « De quelle marque ? » Elle plaisante, mais je vous rassure, aux États-Unis, nos journaux diraient plutôt « Baskets de mode, notre Première Dame, icône du style ». J’apprécie — vraiment ! — que la presse française est plus sceptique de pouvoir, même si ce « scandale » est ridicule.
Peut-être que j’aurais pu faire un meilleur choix, mais je suis toujours bonne poire pour une blague sur les sites de rencontres. Celle-ci traite aussi de la pénurie, et c’est « près de la maison », comme on dit en anglais. Sans que personne ne m’ait jamais offert un rendez-vous en échange, disons qu’il y a pas mal de personnes qui m’ont dit « T’es informaticien ? Dis donc, règle mon ordi ! » (On reprend le vouvoiement immédiatement après, malgré parlant en anglais. C’est un truc de fou qu’il faut voir pour comprendre.)
En 2014, un joueur de football américain, Ray Rice, s’est discuté avec sa copine dans un ascenseur, puis l’a frappée avec un coup de poing. Son équipe l’a soutenu, jusqu’au moment où il s’est avéré qu’il y avait une vidéo grâce à une caméra de sécurité. Il a été licencié et n’a plus jamais joué dans la NFL — mais seulement à cause de la vidéo et tout le monde le sait. J’espère que l’affaire Quatennens ne se déroulera pas de cette façon, où un manque de vidéo suffit pour excuser le comportement.
Je n’aime jamais finir cette colonne sur une histoire triste, alors — ça n’a rien à voir avec Le Canard enchaîné, il m’a juste fait rire :
Comme toujours, si vous avez aimé ces dessins, abonnez-vous !
Les recherches pour ce dîner m’ont fortement rappelé mon dîner aubois. Celui-là était Chaource-ci et Chaource-là ; cette fois, c’est plutôt le fromage Langres dans le rôle. Il y a même des bonbons au Langres ! (Mais vraiment pas un truc de fou comme en Aube ; c’est en fait un plat salé.) La spécialité départementale est vraiment la tarte au qeumeu, qui peut être soit salé soit sucré. Le nôtre (à ne pas confondre avec Gaston Lenôtre) est légèrement salé, donc un plat principal.
Je dois cette recette au site Cuisine Terroirs, qui explique :
Le terme de quemeu vient du patois local de Clairvaux et signifierait « écume ». Il se rapproche du quemeau en Bourgogne, du cion en Bresse louhannaise ; en Franche-Comté, le goumeau (ou commeau, kemeau, gomeau) est constitué d’œufs et de crème ou de beurre.
Et en fait, on a déjà parlé du « goumeau » dans le Doubs, où c’était une autre version de notre dessert.
Quant aux changements, le seul est le fromage. À moins que vous habitiez en Haute-Marne, le fromage frais de Langres (pas la même chose que le fromage Langres AOP) peut être très difficile à trouver. Mais vous pouvez le remplacer par n’importe quel fromage blanc. Moi, je n’ai même pas de fromage blanc. Après des recherches, j’ai choisi la ricotta.
Bien sûr si on vit dans le genre de pays où on peut juste entrer dans n’importe quel Carrefour (j’ai pleuré en cherchant ce lien), pas besoin de faire une pâte brisée. POUR LE RESTE DU MONDE, on doit la préparer comme en bas.
Les ingrédients pour la tarte au qeumeu :
Pour la pâte brisée :
10 grammes de sucre
8 grammes de sel
190 grammes de beurre, coupé en dès
1 œuf
30 ml de lait entier
265 grammes de farine
Pour l’appareil :
350 grammes de fromage frais de Langres (ou autre fromage blanc)
4 œufs
3 cuillères à soupe de crème fraîche
1 cuillère à café de sel
Les instructions pour la tarte au qeumeu :
Avec la feuille, battre le sel, le sucre et le beurre dans le bol d’un robot.
Ajouter l’œuf et le lait et battre pendant quelques seconds.
Ajouter toute la farine et battre à petite vitesse, jusqu’à ce que la pâte se rassemble. Peu importe s’il reste de petits morceaux de beurre.
Former une boule, couvrir avec du film à contact, et laisser reposer dans le frigo pendant au moins 2 heures.
C’est encore la recette de Gaston Lenôtre, vu dans notre tarte normande. Ça produit 500 grammes de pâte, ce qui est trop pour notre cercle de pâtisserie de 23 cm — maïs 230 grammes comme un paquet de Carrefour n’est pas assez. Je dirais que 350-400 grammes suffiront.
Les instructions pour l’appareil :
Égoutter le fromage frais, le battre. Ajouter les œufs un à la fois, et les incorporer avec une maryse. (La deuxième photo est après tous les 4 œufs.)
Ajouter la crème fraîche et le sel. Et oui, j’ai acheté de la véritable crème fraîche.
Montage et cuisson :
Préchauffer le four à 200°C (395°F si vous avez le mauvais genre de four).
Étaler la pâte.
Mettre la pâte dans un cercle de pâtisserie de 23-24 cm, monté sur soit un tapis en silicone soit du papier sulfurisé, toujours sur une plaque de cuisson. Couper les bords.
Piquer le fond avec une fourchette et remplir avec l’appareil.
Enfourner pendant 25 minutes. Après, c’était cuit, mais je l’ai mis sous le grill pendant 5 minutes pour faire colorer.
Servez avec une salade. ([VOLEUR ! — M. Descarottes])
Bonjour, les amis, c’est encore moi, M. Descarottes. Le gros m’a dit que notre entretien était de loin le plus grand succès de sa semaine. Pas surprenant, vraiment, et maintenant vous pouvez m’écouter. Non, je ne veux pas dire que vous pouvez l’écouter en lisant ses traductions du francobaye — je suis bien enregistré en donnant mes réponses à ses questions. C’est 100 % ma véritable voix. Vous n’allez pas vouloir rater cet épisode !
Il commence avec sa blague de la semaine — saviez-vous que je dois l’écouter en pratiquant ces « blagues » ? C’est pas Coluche ici ! (Dany Boon, peut-être.) Puis ses articles sont :
Je vais cafarder sur lui. Vous vous souvenez d’un court article, Une coïncidence amusante ? Il l’a écrit juste à cause d’une erreur avec les horloges, où WordPress n’a pas inclus son dernier article dans sa série de jours avec une publication. La dernière telle erreur a eu lieu en juin, mais la dernière fois où il a vraiment raté une publication ? En avril. Merci de le lire.
Au fait, je dois corriger une petite erreur. Je vous ai dit que le gros a 46 ans. C’est 45. Il aura 46 en novembre mais il n’arrête pas de se plaindre de moi à cause d’être en avance. Dites-lui qu’il ne faut pas être méchant avec les animaux mignons.
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Ce soir, en souvenir de Jean-Luc Godard, j’ai regardé Alphaville. Puisque c’est disponible sur iTunes, où les sous-titres en anglais sont obligatoires, je vous offre mes excuses pour les graffitis dans plusieurs photos.
On commence avec l’arrivée de Lemmy Caution dans la « ville futuriste ». J’aime assez bien ce futur — il y a toujours les Galeries Lafayette (en arrière-plan) :
Il s’enregistre à son hôtel sous un pseudonyme. « Figaro-Pravda » est une signe que dans le futur, tout se mélangera. Le roman Dune suit la même stratégie, et on va parler de ses influences françaises plus tard. On entend parler qu’il vient des « Pays extérieurs », une autre galaxie.
La femme de chambre fait couler un bain pour notre héros, puis lui offre de le partager. Quand il dit non, il est attaqué par un inconnu, peut-être un autre espion. Ce service ne m’était pas offert à l’Hôtel Claude-Bernard Saint-Germain pendant mon voyage, et maintenant je suis un peu contrarié. L’hospitalité française n’est évidemment plus aux standards des années 1950s.
Après cette mauvaise rencontre, Lemmy demande à la femme de la prendre en photo.
Après, il reçoit un visiteur, Mlle Natacha von Braun. J’ai presque évanoui en la voyant fumer ! (Pas vraiment, mais je reste californien et on est obligés de dire de telles choses.)
Elle offre de l’accompagner à la grande fête de la ville. Il dit oui, mais aussi qu’il la soupçonne. Il accepte quand même un tour dans sa voiture jusqu’à sa prochaine destination. Là, il est agressé dans une cabine téléphonique.
Puis, il arrive dans un hôtel mal réputé. Là, il trouve une connaissance, un certain M. Dickson, qu’il a apparemment connu depuis des décennies mais n’a pas vu depuis longtemps. Ils parlent d’un « Professeur von Braun » (l’homme dans la photo), lié à Natacha, qui semble être chargé d’Alphaville. Dickson dit qu’il n’y a plus d’artistes, que tout le monde est obligé de soit penser d’accord soit se suicider soit être tué par les autorités. Il s’avère que von Braun est venu de leur pays, en dehors d’Alphaville.
Dickson est visité par une femme — une prostituée ? — et Lemmy les prend en photo avec un flash, malgré s’être caché quand elle est entrée. Dickson finit par supplier Lemmy à détruire Alpha-60, un ordinateur qui contrôle la ville.
Je pause pour mentionner que Dickson a été joué par Akim Tamiroff, l’un des acteurs préférés d’Orson Welles (et de moi aussi). Peut-être qu’un jour on parlera de Dossier secret, un film presque tout inconnu malgré un casting européen incroyable (dont Suzanne Flon, Michael Redgrave, Gert Fröbe et Katina Paxinou). M. Tamiroff est l’une des meilleures choses dans ce film-là.
Puis Lemmy se retrouve avec Natacha au Bureau de Programmation. On entend Alpha-60 dire le slogan « Personne n’a vécu dans le passé. Personne ne vivra dans le futur. ». C’est très 1984, un livre que j’ai relu une vingtaine de fois.
Ils assistent à un spectacle horrifiant autour d’une piscine. Des hommes qui se sont comportés « de façon illogique » sont exécutés, puis des nageuses font un tour de la piscine. À chaque fois, les spectateurs applaudissent. C’est évidemment logique aux habitants d’Alphaville !
Lemmy aperçoit le Professeur et lui demande de parler. On apprend qu’il s’appelait M. Nosferatu (nom d’un vampire !). Il fait arrêter Lemmy, qui finit par être interrogé par l’ordinateur. L’ordinateur lui commande de parler avec l’ingénieur en chef, qui lui dit « Ne dit jamais ‘pourquoi’ M. Johnson, seulement ‘parce que’. » Je me sentais à nouveau en Californie !
L’ingénieur et deux assistants, appelés Heckle et Jeckle (aussi les noms de deux corbeaux de dessin animé aux États-Unis avant le film), lui font un tour des équipements. Ils lui expliquent que l’ordinateur planifie tout — les horaires de train, la distribution de l’électricité, etc. C’est pendant cette scène que j’ai décidé que tout se déroulait sur Terre, et que les « Pays extérieurs » n’étaient pas d’autres planètes.
Il est autorisé à partir, et il rentre dans son hôtel. Une nouvelle femme arrive pour le séduire, mais il lui commande de partir. Natacha l’attend, contre ses propres ordres, et il remarque qu’elle a un tatouage d’un chiffre sur le cou, exactement comme les séductrices.
Ils parlent d’un livre, La Capitale de la Douleur par Paul Éluard. Je ne l’ai jamais lu, mais ce qui compte ici est qu’il y a apparemment un message secret ici, au-delà de leur conversation sur la conscience (un mot qu’elle ne connaît pas).
Il s’avère que ce mot, conscience, n’est pas dans « la Bible », qui est en fait un dictionnaire. Les mots disparaissent souvent et sont remplacés — on est bien dans 1984. Ou les États-Unis. Je dis ça, je dis rien. De toute façon, après une telle conversation, pas surprenant que la police arrivent pour arrêter Lemmy.
Lemmy est encore interrogé, mais cette fois-ci, il s’échappe et arrive enfin au laboratoire du Professeur von Braun. Il tire sur le Professeur, puis il vole une voiture et s’échappe encore. Il sauve Natacha et la sort du quartier-général du Contrôle Civil.
Les deux font leur fuite, et il s’avère que « l’espace » n’est qu’une autoroute. Il n’y a pas d’autres galaxies après tout.
J’ai supprimé quelques commentaires que j’allais vous dire, pour ne pas faire trop la polémique. Disons seulement que ce film reste aussi pertinent de nos jours qu’en 1965.
Je dois finir par ajouter que je connaissais pas cette histoire raconté par Gérard Darmon jusqu’après avoir regardé le film. C’est au-delà des mes compétences en recherche de trouver tous les faits derrière l’histoire, et je ne suis pas du tout d’accord avec la tendance de mes compatriotes d’effacer du monde selon les mœurs du temps. Mais je n’ignore pas ce genre de truc non plus. Peut-être que le bon mot à la fin, c’est que la vérité reste la vérité même si elle sort de la bouche d’une personne désagréable, un fait que les contrôleurs d’Alphaville n’ont pas arrivé à comprendre.
Il y a quelques semaines, une amie m’a partagé cette vidéo de TEDx. D’habitude, le nom TED, soit avec soit sans x, est assez pour me faire dire « C’est prétentieux », mais je fais confiance à cette amie. Ces deux ne parlent pas des fautes d’orthographe, mais plutôt des attitudes snobs qui viennent avec. Bien que ce soit le mauvais blog pour les mal éduqués, et que je souhaite que l’on aurait une attitude plus française vers l’orthographe en anglais, je dois avouer qu’ils ont une certaine raison.
Ils commencent par demander si l’orthographe est un bon outil pour sa fonction, transmettre la langue orale. Ici, ils sont sur terre ferme. Par exemple, on peut écrire le son /s/ avec s, ss, c, ç, sc, t, th, x, sth, cc, ou bien sç. Il y a une telle blague en anglais, souvent attribuée soit à Mark Twain soit à George Bernard Shaw (les suspects habituels pour toutes telles citations) que le mot pour poisson, « fish, » peut être écrit « ghoti » à cause de la prononciation d’autres mots. Mais le français a déjà eu les rectifications de 1990 et il y a des limites si on veut que les changements soient acceptés.
Je suis moins convaincu par leur comparaison à des langues comme le turc ou le russe, où on peut être sûr de l’orthographe en entendant la prononciation. Le comédien américain Sebastian Marx a fait la même observation quant à eau/eaux. Mais c’est quoi l’alternative ? Écrire le français de façon « ghoti » ? C’est ridicule. En général, les contextes sont bien clairs. Si je peux me débrouiller ce « problème », vos enfants peuvent en faire également.
Quand ils parlent de l’Académie française, je suis à la fois d’accord et pas. Ils se plaignent du fait que les « immortels » ne sont pas de linguistes. Et alors ? Les experts d’usage du dictionnaire American Heritage ne le sont pas non plus. C’est vrai que la majorité d’entre eux sont des idéologues qui accepteront n’importe quel néologisme, mais je suis quand même d’accord qu’ils sont des écrivains éduqués, donc experts en usage.
Mais ils terminent leurs réflexions avec l’observation que c’est le fait d’être compliqué qui donne un sens de valeur à l’orthographe, que tout le monde l’utilise pour juger des autres comme acculturés ou non. Et ça vient de quelque part pas forcément gentil, comme dans cette citation de Eudes de Mézeray :
Pour Mézeray, l’Académie doit préférer « l’ancienne orthographe, qui distingue les gens de Lettres d’avec les Ignorants et les simples femmes ». Avec cette formule de Mézeray, l’Académie définit alors une position qui sera le point de départ d’une durable accusation de « conservatisme ».
Il faut avouer que M. Mézeray n’a jamais entendu parler de Jul. C’est quand même clair d’où vient l’idée que se soucier de l’orthographe ne sert que pour être snob. Je conclurais donc en disant que c’est vrai qu’il y a un aspect snob derrière le respect de l’orthographe, mais il ne fallait pas en faire une excuse pour ne rien apprendre.