Archives de l’auteur : Justin Busch

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A propos Justin Busch

Les aventures d'un américain qui est tombé complètement amoureux de la France

Mixed Bakery à Newport Beach

Ça fait longtemps depuis mon dernier « Je critique ». Ce n’est pas une question d’avoir changé d’avis, mais d’avoir presque épuisé les entreprises locales liées à la communauté francophone près de chez moi. (Il reste Knife Pleat, notre seul resto étoilé par Michelin, mais franchement, j’ai pas envie d’y aller tout seul. Comme chante Les Rita Mitsouko, ce serait un rendez-vous avec moi-même.) Mais ce week-end, j’ai vu cette pub dans un groupe Facebook appelé Les Français d’Orange County :

C’était une boutique éphémère au milieu d’un magasin appelé West Elm, qui vend des trucs pour décorer la maison. On ne doit que dire « pâtisserie » et j’y apparais. ([Car il est un démon et c’est son vrai nom. — Mon ex]) Alors, obligé par le pouvoir de sucre, je m’y suis rendu. Voila la boutique, qui vend leurs produits sur Internet sous le nom Mixed Bakery :

Mixed veut dire « mélangé », un choix approprié pour une boulangerie. La pâtissière travaillait anciennement à Andrei’s Conscious Cuisine, un resto auquel je peux littéralement marcher. C’est en fait le resto dans la photo de mon post du dernier Nouvel An. En tout cas, il y a une douzaine de choses ici, dont un « saucisson au chocolat » pour 30 $ et de nombreux biscuits et brownies pour 7 $.

Au fait, la pâtissière elle-même, Elyssa Fournier, vient des États-Unis. Quand j’ai dit bonjour à son mari, Yves, en sortant du magasin, il a deviné que j’étais canadien. C’est mieux qu’avant, mais je ne suis aucune Anne-Élisabeth Moutet. ([L’opération sera trop cher, mais j’ai les ciseaux et en plus, l’envie ! — Mon ex]). Nononon ! Je voulais juste dire que je veux avoir un accent aussi bon en français que le sien en anglais !

Revenons à nos moutons. J’ai acheté deux choses : un sac de petits biscuits, saveur « noix de pécans au Bourbon », et un brownie :

Ces biscuits sont appelés en anglais « pecan sandies » où sandie veut dire la même chose comme sablé. Ça devrait vous expliquer quel genre de biscuit ils sont. Alors, un peu sec et un peu dur, mais c’est exactement ce à quoi on devrait s’attendre. Ils sont certainement faits correctement.

J’aimais mieux le brownie. On doit toujours avoir peur que les boulangers américains utiliseront du margarine au lieu de beurre dans une telle recette, mais pas besoin de s’inquiéter avec celui-ci !

Ma seule plainte, c’est les prix. On peut pas faire trop de comparaisons avec Moulin, car les styles sont différents, mais 7 $ pour ce brownie est plus que je payerais chez Moulin pour une tarte individuelle (5 $). Mme Fournier est sans doute une pâtissière douée, mais bien que la qualité soit là, le rapport qualité prix n’y est pas. Peut-être qu’avec de plus grandes quantités, ça arrivera.

Qualité : Au-dessus de la moyenne

Bon marché : Sous la moyenne

Recommandation : J’y retournerais

Épisode 8

C’est le 8e épisode du balado. J’ai dû mettre fin à dire « Bonjour, les filles », car selon Spotify, j’ai enfin au moins une auditrice qui a 40-59 ans — mais selon eux, vous restez tous des femmes.

Tout à coup un sixième des auditrices viennent des États-Unis, et j’ai des questions. QUI M’ÉCOUTE DANS MA VILLE D’IRVINE ? Sérieusement, je n’ai aucune idée — seulement une personne me l’a mentionné ! Et qui m’écoute à Visalia ? Il y a plus de vaches que de gens là-bas. Peut-être que quelqu’un veut prendre des nouvelles de sa cousine qui rit.

De toute façon, cette semaine en plus de la blague de la semaine, nos articles sont :

Pour les complétistes, il y a C’est ÇA un taco, mais je ne lis pas à haute voix les recettes.

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C’est ÇA un taco

Je voulais publier ce post pour le 5 mai, étant le jour quand les américains — pas les mexicains !fêtent l’indépendance du Mexique de, euh… la France, mais j’étais pas encore prêt. En fait, les mexicains préfèrent fêter le 16 septembre, mais on est déjà bien prêts à faire le barbecue et à la recherche de n’importe quelle raison. Mais notre péché est bien moins grave que le vôtre, car vous, vous faites un crime contre leur cuisine tous. Les. Jours. C’est ÇA un taco :

Pour être clair, ce que vous appelez un taco ne l’est pas du tout. Mais il y a certains qui veulent faire des excuses pour les soi-disant « tacos français » en disant qu’ils sont en fait des burritos. Franchement, c’est du vrai n’importe quoi. Je ne connais aucun burrito aux nuggets de poulet. C’est la honte nationale que vous servez une telle chose.

Heureusement, je suis ici pour tout régler. La cuisine mexicaine est aussi le patrimoine du Sud-ouest des États-Unis, et j’ai grandi avec ces choses. Ce post est en l’honneur de mon amie rouennaise qui vivait au Mexique pendant plus qu’une décennie, et son mari qui est gentiment venu en France bien que le Mexique lui manque. Et mon amie S qui est la plus grande connaisseuse des tacos que je connais. Toutes les deux vous diraient probablement que les miens ne sont pas assez épicés. Mais mes loyautés restent avec vous, et mon but est de proposer une recette authentique mais en phase avec les goûts français, qui sont les miens aussi.

On doit faire quatre choses : les tortillas, le « pico de gallo » (bec de coq, un genre de salsa), le poulet à l’achiote, et en accompagnement, les « frijoles negros » (haricots noirs). On commence avec le poulet car il faut le faire mariner pendant au moins 4 heures ou bien une nuit entière.

Je dois la recette de la marinade à l’achiote au site Rouxbe. Au lieu de la pâte à l’achiote, de l’origan, de l’ail, et de la sauce adobo, j’ai utilisé du Sazón Goya et de la poudre d’Adobo car ce sont plus facile à trouver dans nos supermarchés. On peut trouver les produits Goya en Espagne, et les acheter pour livraison dans l’UE grâce à Amazon. Voilà les miens pour cette recette :

Les ingrédients pour le poulet à l’achiote :

  • 1 sachet du sazón Goya
  • 1 cuillère à soupe de la poudre d’Adobo
  • 2 cuillères à soupe de vinaigre rouge
  • 2 cuillères à soupe de l’huile d’olive ou de pépins de raisin
  • Du sel et du poivre à moulin (pas besoin de trop de sel — il y en a dans le sazón et l’Adobo)
  • Jus de 2 citrons verts
  • Des suprêmes de volaille

Les instructions pour le poulet :

  1. Mélanger toutes les ingrédients dans un plat à gratin.
  1. Rincer et sécher votre poulet. Le mettre dans le plat à gratin. Après la moitié de votre temps pour le faire mariner (au moins 2 heures le côté), faire tourner le poulet.

On passe maintenant au pico de gallo. Utilisez des feuilles de coriandre fraîche. Au fait, aux États-Unis, on suit le français en disant « coriander » pour les graines, mais on suit l’espagnol en disant « cilantro » pour les feuilles. C’est la même chose. On veut le cilantro, les feuilles. On peut le faire avec des piments jalapeno émincés, mais ce sont difficiles à trouver en France et facultatifs en tout cas. On peut consulter un site comme Natasha’s Kitchen pour des idées pour le pico de gallo, mais c’est l’un des trucs les plus basiques de la cuisine mexicaine.

Les ingrédients pour le pico de gallo :

  • 1/2 kilo de tomates
  • 1/4 – 1/2 oignon
  • Une belle poignée de feuilles de coriandre
  • Du jus de citron vert

Les instructions pour le pico de gallo :

  1. Rincer et couper les tomates et l’oignon en tout petits dès. Moi, j’enlève le chair juteux des tomates pour ça.
  1. Rincer les feuilles de coriandre. Enlever les tiges. Faire une chiffonnade avec les feuilles.
  1. Mettre tout dans un bol. Ajouter le jus de citron vert. Remuer pour tout mélanger et laisser reposer au frigo.

On passe aux tortillas. Pour cette étape on a besoin de « maseca », dit aussi « masa harina ». C’est de la farine de maïs, mais pas seulement ça. Il y a un procès appelé « nixtamalisation » qui traite la farine avec de l’hydroxyde de calcium. C’est possible de la trouver en ligne en France, comme ici, mais les stocks sont en rupture partout pendant que j’écris. Attendez un peu ; ça vaut la peine.

Ingrédients pour les tortillas :

  • 125 grammes de farina « maseca »
  • 175 grammes d’eau

Instructions pour les tortillas :

  1. Mélanger la maseca et l’eau dans un bol pendant 2 minutes pour faire une pâte.
  1. Séparer la pâte en 9 petites boules de même taille. Couvrir avec un torchon pour qu’elles ne sèchent pas pendant que vous travaillez.
  1. Faire chauffer un crêpière ou poêle en fonte. Fonte émaillée n’est pas le meilleur choix pour nettoyer après.
  2. Sous du film à contact, tasser la pâte en petits disques d’environ 12 cm.
  1. Mettre un disque à la fois dans la crêpière. Après 30 secondes, faire tourner avec une spatule. Après 30 secondes plus, enlever de la crêpière. Couvrir les tortillas avec une serviette jusqu’à ce que le temps de servir arrive.

Pour les frijoles negros, il faut trouver un genre de piment. Chile d’arbol en preference, mais juste un piment asséché en tout cas. Les vrais mexicains feraient une purée avec le piment et l’ail pour faire quelque chose d’ÉPICÉ, mais on va jute les faire mijoter avec les haricots noirs pour donner un goût. C’est bien moins épicé. Consultez cette recette de Oaxaca grâce à Slow Plates pour une version encore plus authentique.

Ingrédients pour les frijoles negros :

  • 1 boîte de conserve d’haricots noirs
  • 1 beau piment asséché
  • 2 gousses d’ail émincées

Instructions pour les frijoles negros :

  1. Mettre tous les ingrédients dans une casserole, dont l’eau de la boîte de conserve.
  1. Ajouter 1 tasse d’eau en plus.
  2. Laisse mijoter sur un feu doux pendant une demi-heure.
  1. Égoutter les haricots et retirer le piment.

Pendant que les haricots sont en train de mijoter, faire le barbecue avec votre poulet. Moi, je l’ai laissè sur le feu 15 minutes le côté (n’oubliez pas que mon thermomètre est en degrés Fahrenheit). Si on sort le poulet du frigo en avance, moins de temps est nécessaire. Mon poulet était assez cuit. Voilà des photos :

On passe enfin au montage. C’est très simple. Poser des tortillas sur une assiette. Couper le poulet en petits dès. Mettre du poulet sur chaque tortilla, puis du pico de gallo. Servir avec des frijoles negros. Rien de plus simple !

Le Bossu

Ce soir, je suis revenu sur un film que j’ai déjà essayé de regarder. Sans sous-titres même pour les sourds, Le Bossu restait difficile à comprendre pour moi, mais cette fois-ci, j »ai tout regardé. Il faut dire qu’en tant que film de cape et d’épée, on pourrait bien profiter de celui-ci même si le son est éteint.

On commence en regardant une berline sortir d’un certain château célèbre :

Au-dedans, le prince Philippe de Gonzague parle avec son cousin, le duc Philippe de Nevers. Le prince dit au duc qu’il faut se marier avec une nièce du roi.

Mais plus tard, il s’avère que le duc a déjà une épouse, Isabelle, et une jeune fille, Aurore. (Est-ce La Belle au bois dormant ici ?). Le prince promet de tout régler avec le roi, mais il a d’autres plans en secret.

Puis on rencontre Henri de Lagardère (Jean Marais) et son serviteur, Passepoil (Bourvil). Il y avait une lutte dans les ombres où je n’ai rien compris avant cette scène :

Nevers arrive pour dire ses adieux à Isabelle :

Pour sa part, Isabelle dit ses adieux au bébé :

Lagardère accompagne le duc de Nevers pour partir en exil. Mais des agents du prince tuent le duc. Lagardère et Passepoil s’échappent avec le bébé, et arrivent dans une taverne. Passepoil demande à une serveuse du lait pour le bébé.

Des soldats le reconnaissent et poursuivent Lagardère et Passepoil à cheval :

Après une jolie chasse, les trois arrivent en Espagne. Passepoil trouve enfin du lait :

J’ai énormément profité de sa réaction en atteignant l’Espagne :

Quand Aurore a cinq ans, des soldats à la recherche de la fille trouvent Passepoil dans un marché et suivent son âne pour attaquer la maison où les trois vivent :

Plus tard, Aurore a grandi, et sa mère espère qu’elle la trouvera encore vivante. J’ai eu du mal avec cette partie, mais il me semblait qu’il y avait une date limite pour ça, et si ce ne s’est pas passé, le prince aurait eu le droit de faire quelque chose d’horrible. De toute façon, il y aura un bal masqué (ohé ohé) chez le duc d’Orléans. Pendant qu’un bossu fait la connaissance du prince de Gonzague, Passepoil prépare Aurore pour assister au bal et se retrouver avec sa mère.

Mais elle est kidnappé par des agents du prince. Le bossu arrive pour la secourir.

Le prince et le bossu se battent et il s’avère que le bossu est Fantômas Lagardère. Il tue le prince de Gonzague et reçoit la main d’Aurore. C’est un peu bizarre car il a deux décennies plus qu’elle !

Je découvre la Haute-Loire

On continue maintenant le Tour avec le 43, la Haute-Loire. Avec un tel nom c’est évidemment au nord de la Loire — c’est donc logique qu’on le trouve au sud. C’est le département le seizième moins peuplé de la France et les habitants se nomment les altiligériens.

Je sais déjà ce que je ferai pour notre dîner, car je l’ai appris directement de ma prof de cuisine à l’Alliance Française. La Haute-Loire, c’est la sienne ! Il faut que je fasse de bon travail pour lui faire plaisir, hein ?

Heureusement, ce sera facile ! On commence avec l’un des vrais joyaux de la France, Le Puy-En-Velay (3 étoiles Michelin). Il nous faut parler d’abord de la Cathédrale de Notre-Dame-du-Puy (3 étoiles). Du XIIe siècle, la cathédrale est pleine de trésors — ses portes en cèdre datent du même siècle que le bâtiment, il y a de nombreuses fresques et murales, et surtout il ne faut pas rater la statue de la « Vierge Noire », une copie en cèdre du XVIIe siècle d’une statue offerte à la ville par le Roi Saint-Louis. Il y a aussi deux autres sites religieux incontournables au Puy-en-Velay : la Chapelle Saint-Michel-d’Aiguilhe (2 étoiles), située au sommet d’un rocher volcanique, et le Rocher Corneille (3 étoiles) avec sa statue de Notre-Dame de France, « réalisée en fonte de fer à partir des 213 canons pris aux russes à Sébastopol ».

On n’est pas fini avec Le Puy ! Avant de partir, on visite le Musée Crozatier pour ses trésors comme La Vierge au manteau, la peinture sur toile la plus ancienne de l’art français, et une Berline du XVIIe siècle qui me rappelle celle de Don Salluste. Juste en dehors de la ville, on trouve les ruines de la Forteresse de Polignac. Le guide Michelin suggère qu’on le regarde de la route N 102, sans la visiter. N’écoutez pas toujours nos amis chez Michelin ! Voici les points d’intérêt selon les responsables — moi, j’aimerais tellement voir le donjon et la tour de la Géhenne. (C’est un lieu sûr — malgré le nom, mon ex n’y vit pas !)

Au sud-est du Puy-en-Velay, on trouve les volcans (inactifs) du Massif du Mézemc (3 étoiles). Un peu au sud du Mézenc, il y a une excellente opportunité pour faire de la randonnée à Gerbier de Jonc (2 étoiles), un autre pic de lave avec une vue panoramique (3 étoiles).

Au nord du Puy-en-Velay, on visite La Chaise-Dieu (2 étoiles), avec une abbaye exceptionnelle (2 étoiles) et ses trésors, dont une collection impressionnante de tapisseries flamandes (3 étoiles). À l’ouest de La Chaise-Dieu, on trouve une autre abbaye, sœur de celle de La Chaise-Dieu, à Lavaudieu (1 étoile). On est là pour son cloître et ses fresques du XIe siècle. On finit par visiter Brioude (1 étoile), à quelques kilomètres au nord, et sa Basilique Saint-Julien (2 étoiles), un site de pèlerinages.

Qui sont les personnages les plus connus de la Haute-Loire ? Pour moi, le plus célèbre est certainement Gilbert du Motier, déjà connu sur ce blog par son titre, le Marquis de La Fayette. La joueuse de tennis Marion Bartoli, est née au Puy, et l’un des Français les plus intéressants, Jean-Baptiste Courtol, y passait sa carrière comme chasseur de vipères. Émile Reynaud, inventeur du Thêatre optique — duquel on a parlé pendant l’exposition de cinéma ici — vivait au Puy-en-Velay. Le Baron Haussmann était sous-préfet à Yssingeaux.

Quoi manger en Haute-Loire ? Y a-t-il vraiment une question sur leur produit agricole le meilleur connu, les lentilles du Puy-en-Velay AOP ? Je me sens tout à coup un peu le docteur Seuss : « On peut les manger en terrine, on peut les manger en verrine ! Tu veux les manger à la glace ? Avec un renard en terrasse ? » (C’est d’un conte sur un autre aliment vert.) Ma poésie est également nulle en anglais, je vous rassure. En plats principaux, on y trouve le manoul, une version des tripoux d’Auvergne, et la pouteille, un ragoût de bœuf et de porc. En dessert, il y a la coupetade, un genre de pain perdu aux pruneaux, et le milliard aux cerises, très similaire au clafoutis. Pour l’apéro, il y a un digestif local, la verveine du Velay (disponible aux États-Unis, mais plus de 50 $ la bouteille). On y trouve aussi deux fromages locaux au lait de vache, le Velay et l’Artisou de Haute-Loire.

Quel ministre choisir ?

J’ai hâte de voir cette colonne hebdomadaire revient à quelque chose au-delà des élections. Je ne sais pas vous, chers lecteurs, mais à mon avis, la France est beaucoup plus intéressant qu’une poignée d’hommes politiques.

Mais il faut encore y commencer. Qu’est-ce qui arrive ? M. Castex est revenu pour quelques fous rires plus ? Je ne vais pas me plaindre, bien que je ne voie pas de véritables nouvelles sur le sujet. C’est vrai qu’hier, au moins une femme a refusé de devenir première ministre. Mais on est loin d’une crise. De toute façon, ce dessin évoque un sujet duquel j’ai des questions.

Je n’ai jamais vu L’amour est dans le pré, mais je le connais des courriels de M6. Aux États-Unis, une telle émission serait cruelle vers les fermiers. Elle serait produite par des californiens qui croient que la nourriture provient des services Click-and-Collect. Je suis donc horriblement curieux de ce que le Français moyen pense de ceux qui participent à cette émission, car il me semble que vous respectez vos fermiers.

On a un dessin de plus à propos des premiers ministres :

J’ai appris un nouveau mot ici ; du rab veut dire « ce qui est en trop » selon mon dictionnaire. Je sais rien de la relation entre lui et M. le Président Macron, mais la réplique du président me rappelle une chanson des années soixante aux États-Unis. On peut traduire le titre comme cela : comment peux-tu me manquer quand tu ne me quittes pas ?

Le groupe Orpea, duquel on a parlé plusieurs fois, aura bientôt un nouveau PDG :

Le Canard n’a rien de gentil à dire dans l’article qui accompagne ce dessin — j’imagine que ça fera longtemps avant que quiconque ne leur fasse confiance.

Finalement, un problème qu’on partage (voilà l’article dans Libération duquel ils parlent):

On ne manque pas des mêmes produits, peut-être — j’ai plus de problèmes avec les céréales que l’huile en ce moment — mais le problème commun, c’est la panique.

Je sais pas moi. Ce que j’adore le plus chez le Canard, c’est les histoires des crises à la française, comme les faux fruits confits ou le mois sans alcool. Ce numéro est juste un peu trop lourd, je suppose.

Comme toujours, si vous avez aimé ces dessins, abonnez-vous !

C’EST FINI

Ce soir, j’ai enfin réussi un objectif dont j’ai eu besoin de plus de deux ans pour tout finir.

Voici la musique dans ma tête, le son du succès depuis 1987 :

Il y a un sens dans lequel c’est fini depuis longtemps. Il y a 10 « unités », avec 20-28 leçons pour chacune (mais la première n’en a que 12). Chaque leçon offre 5 niveaux, appelés « couronnes » par Duolingo. Deux fois pendant l’année dernière, quand j’étais sur le point de tout finir, ils ont ajouté une nouvelle unité ! Alors ce que j’ai fait ce soir, c’était enfin gagner la cinquième couronne de toutes les leçons. Mais j’ai déjà gagné au moins une couronne pour chaque leçon il y a longtemps.

Ceux qui jouent aux jeux vidéos reconnaîtront la pire habitude des joueurs, être complétiste. Si quelqu’un nous dit qu’il existe 20 succès dans un jeu, même si le vingtième est « réussir les autres 19 », il nous faut réussir tous les vingt. Il n’y a aucun choix ; nous penserons à rien d’autre jusqu’à ce qu’il se soit achevé. (Au fait, Google donne « complétiste » pour le mot en anglais « completist, » mais je ne le trouve pas dans aucun dictionnaire. Je doute que ce soit la traduction préférée des joueurs francophones, mais je ne fais pas assez partie de ce monde-là pour vérifier. Je crois que vous comprenez l’idée.)

Voilà tous les succès — le seul qui n’est pas fini est payant, et je n’ai même jamais dépensé un centime pour Duolingo :

Puisque tout ça est en anglais (on ne peut pas prendre des leçons dans l’appli en la langue du portable ; c’est logique), ce qui compte est celui-ci :

Ça dit « Conquérant : Vous avez réussi un cours entier au Niveau 5. » Franchement, c’est plutôt insultant aux vrais conquérants, comme Guillaume où Napoléon, mais on fait ce qu’on peut.

Je vous ai précédemment raconté des histoires (voilà et voilà), et des plaintes, sur Duolingo, mais je vais mettre fin à notre histoire ensemble avec plusieurs souvenirs récents. Au fait, je continuerai avec une vieille leçon tous les jours pour ne pas perdre mon « streak », ou série (encore une fois, pas exactement le bon mot — c’est-à-dire le compte des jours sans manquer une leçon). Je ne suis pas toujours prêt à dire adieu au hibou vert.

Ils m’ont appris quoi dire à mon ex si je l’invitais à déjeuner :

Aux États-Unis on peut dire absolument n’importe quoi sur les hommes, mais pas les femmes :

J’ai des questions sur leur avis des Justin :

Non, mais sérieusement, qu’est-ce que vous voulez dire sur moi, Duolingo ?

De plus en plus, il me donne de fausses leçons — voici de mauvaises corrections :

Est-ce même en français ?

Mais Duolingo me connaît mieux que j’aimerais avouer ;

Et à part toutes les blagues, ils comprennent ce que je fais vraiment :

Épisode 7

Cette semaine, on commence encore une fois avec une nouvelle blague. Ensuite, mes articles de la semaine :

Je ne vous lis jamais mes recettes, mais peut-être que vous vous intéressez à Mon dîner ligérien.

Je vous rappelle que ce balado est aussi disponible sur Apple, Google Play, Amazon, Spotify, et Stitcher. Pas besoin d’écouter seulement sur le web !

Épisode 7 Un Coup de Foudre

Borsalino, deux contes dans un film

Ce soir, j’ai regardé Borsalino, mon tout dernier achat de mon voyage en France pas encore vu. Je ne vous mentirais pas si je vous disais que je l’évitais pour garder le sens que la meilleure semaine de ma vie n’était pas encore fini. Mais je n’avais plus d’autres films de Belmondo à la maison, et franchement, après un avril comme le mien, j’en ai eu besoin. Peu importe. On passe au film.

Borsalino vient d’une partie de l’arbre généalogique du cinéma français que je ne connais pas bien. Belmondo en tant que la star, bien sûr. Mais c’est seulement mon deuxième Delon, après Le Cercle Rouge, et sauf pour Mario David, Jacques Tricatel Julien Guiomar, et un petit rôle pour Mireille Darc, le reste de la distribution est inconnu chez moi. Catherine Rouvel et Françoise Christophe, les actrices principales, étaient excellentes, mais je ne les connaissais pas.

Comme dit mon titre, Borsalino raconte deux histoires, mais on parlera de ça plus tard. Le film a commencé avec le moment le plus choquant de tous mes films français des derniers deux ans :

C’est pas Gaumont ni Pathé ni Studiocanal. Toto, j’ai l’impression qu’on est revenus au Kansas ! Ne me refaites plus jamais ça, les amis. Si seulement je pouvais vous expliquer ce qui m’arrive à chaque fois où je lis les mots « Depuis que le cinéma existe » sur l’écran. De toute façon, notre film.

L’intrigue commence avec des danseuses dans un club. Leur patron, « Le Danseur », est visité par Roch Siffredi (Delon), un truand récemment sorti de la prison. Siffredi veut trouver Lola, sa copine. Quand Le Danseur ne l’aide pas, Siffredi met le feu au club.

Siffredi se retrouve avec Lola chez Adrien, un autre club. Ici, il doit se battre contre François Capella (Belmondo), un autre truand devenu copain de Lola. Après une lutte entre les deux qui ne vas pas pour l’un ni l’autre, les deux deviennent amis.

Ils font des petits escrocs (on dit exactement la même chose en anglais – petty crooks — mais pour les personnes pas l’acte). Leurs activités comprennent un match de boxe truqué et perturber un marché de poissons. Quand Belmondo sort des chats d’une boîte pour aider des prostituées à perturber le marché, tout devient un peu trop ridicule. Toute cette partie du film est hilarant et trop chanceux pour Belmondo, comme beaucoup de ses autres comédies.

Mais quand François et Roch décident d’attaquer l’entrepôt d’un parrain, Poli, le deuxième conte commence, et c’est beaucoup plus noir que le premier. Les sbires de Poli sont prêts — Siffredi et Capella réussissent à mettre le feu à l’entrepôt, mais ils perdent des sbires dans une fusillade.

Après ça, l’intrigue devient difficile à suivre. Il y a deux parrains qui contrôlent la ville, Poli et Marello, mais leur relation est compliqué, et leurs propres sbires ne sont pas toujours des ennemis. De plus en plus, les sbires se tuent, avec la complicité de François et Roch.

Un moment drôle pour moi est arrivé quand nos « héros » achètent des machines à sous pour entrer dans le commerce des jeux d’argent. Leurs machines arrivent de Chicago dans ce qui me semble être une caisse de l’entreprise « Williams Manufacturing. » C’était en fait un fabricant de telles machines, mais leurs activités ont commencé en 1943, et le film se déroule pendant les années 30s.

Après un attentat contre un avocat, Rinaldi, la police soupçonne que François et Roch sont les coupables. C’est pas vrai, mais ils décident qu’ils doivent tuer Marello, le dernier parrain, car ils croient qu’il est coupable. Avec un plan astucieux, où leurs propres sbires attaquent le casino de Marello pendant qu’ils sont là, ils réussissent.

La fin est ambiguë. François dit qu’il part, pour que les deux ne se tuent pas. Roch offre de partir au lieu de lui. Mais en sortant de chez Roch, François est tué par une embuscade.

On pourrait en conclure que Roch a commandé l’attaque, vu qu’il était d’accord avec François. Mais il me semble qu’il est sincèrement choqué quand ça arrive, et il aurait pu être la victime lui-même. Je ne sais pas que penser de cette fin, mais Borsalino est un film en même temps hilarant et choquant, et il vaut la peine de le regarder.

Une question de style

Je dois dire au début que je n’ai aucune intention de faire la polémique. Mais j’avais une question plus tôt aujourd’hui, et je n’aimais pas du tout ma réponse. Je voulais partager ce mème sur Facebook avec un commentaire sur une femme avec laquelle je travaillais.

Source

La femme de laquelle je parle était la propriétaire de l’entreprise. Même pour écrire cette phrase, j’ai vérifié l’entrée pour « propriétaire » dans le Trésor de la Langue Française car je ne fais plus confiance aux dictionnaires bilingues sur ce sujet. Je vais vous montrer pourquoi, mais avant de continuer, je précise que mon but était utiliser la bonne grammaire autour du mot « chef ». J’ai fini par utiliser « patronne », mais ça ne me satisfait pas car je ne veux pas éviter un mot aussi commun que « chef ».

Duolingo m’a récemment donné cet exemple :

Vous pouvez deviner que recevoir une mauvaise note m’a énervé — le mot « boss » en anglais n’a aucun genre. C’est donc pas logique de dire qu’il n’y a qu’une solution féminine. J’aurais accepté une note qui disait qu’il y avait deux solutions, mais celle-ci a tort.

Toutes mes sources veulent traduire le mot « boss » en anglais comme « patron/ne » en français — bien que Duolingo utilise « chef ». Voilà l’Oxford-Hachette, le Collins-Robert, et Google :

Le dictionnaire Oxford donne chef après patron, mais seulement comme nom masculin. Que arrive-t-il si on demande sur « chief, » la traduction plus littérale de « chef » ? Encore une fois, même ordre :

On ne trouve pas « la chef » ni « cheffe ». Mais… il s’avère que les dictionnaires disent des trucs différents si on change la direction de la traduction (du Français vers l’anglais). Maintenant, le Collins-Robert nous dit que chef prend tous les deux genres, et l’Oxford-Hachette donne aussi « cheffe » et « la chef », mais dit que les deux sont des « usages informels » :

C’est trop. Je ne peux pas faire confiance même à un seul dictionnaire d’avoir le même avis dans les deux sens. Heureusement pour moi, j’ai une cinquantaine de lecteurs auxquels je peux faire confiance. Alors, pour exprimer qu’une personne est une femme avec le titre « chef », je devrais écrire quoi exactement ?

(Veuillez ne pas vous disputer dans les commentaires. Je comprends qu’il y a plusieurs réponses, et les différences ne sont pas seulement une question de grammaire.)