Archives pour la catégorie Langue de Molière

Portrait de Molière par Nicolas Mignard

Qu’est-ce qui me prend ?

La semaine dernière, juste après avoir publié la dernière Langue de Molière, j’ai reçu la solution à mon puzzle le plus vieux dans la langue française. Ça vient d’un article publié sur Light&Smell, « Throwback Thursday Livresque #265 : trope Boss/Employé ». Ce n’est pas évident du titre. Mais on y trouve dans l’extrait d’un livre :

Alors quand sa secrétaire, Kim Mi So, lui annonce qu’elle veut démissionner pour trouver un petit ami, c’est la douche froide ! Qu’est-ce qui lui prend ? Pour la garder auprès de lui il est prêt à tout…

J’ai lu la phrase en gras, et c’était comme une ampoule s’était allumée sur la tête. Je connais exactement les deux autres fois où j’ai entendu cette expression pendant les trois dernières années.

La première vient d’une chanson d’Indochine, « Françoise (Qu’est-ce qui t’a pris ?) ». À cause du fait que cette chanson fait partie de L’Aventurier, je l’ai écoutée des douzaines de fois. Mais à vrai dire, je n’ai jamais compris le sens de cette parole. Il faut comprendre — je ne me soucie pas de chercher des explications pour des choses que j’aime depuis le début.

L’autre vient de la scène du Gendarme se marie pour laquelle ce blog est nommé. Quand Louis de Funès hurle sur Claude Gensac, elle lui demande, « Mais qu’est-ce qui vous prend ? » :

Je connais tout ce clip par cœur. Par. CŒUR. (Au point où je dis à mon four à chaque fois en l’ouvrant « Alors, ma toute belle ! ». [Je suis témoin, les amis. Il dit la vérité. Malheureusement. — M. Descarottes]) Au fait, je l’ai récité de mémoire pour quelqu’un nommé Françoise, mais laissez tomber. Ce qui compte, c’est que je n’ai jamais compris cette réplique. Vu qu’elle vient juste avant la réplique la plus drôle de tous les temps ? (« Et de quelqu’un d’autre que je ne nommerai pas ! » Faut suivre le regard de M. Galabru.) Bon, je rate quelque chose. La scène reste drôle.

Alors, comment est-ce que je ne les ai pas compris ? Pour une chose, les paroles en ligne ont souvent tort — voici les trois premiers résultats (pour moi) en cherchant « Indochine Françoise paroles » :

Deux des trois sont d’accord bien qu’ils aient tort — mais qu’est-ce qu’en pensera un débutant ? Ouais, d’accord. J’ai donc pensé que ça voulait dire que la nommée Françoise avait pris quelque chose, quand elle était en fait l’objet de prendre. OUPS. Pour autre chose, avez-vous vu le nombre de sens de prendre ?

C’est dingue, ça ! On dit que c’est à chercher une aiguille dans une botte de foin ! (C’est la même soit en anglais soit en français.) Alors il me fallait 3 ans pour trouver le bon contexte afin de décrypter une seule expression ! (Pour info, en anglais je dirais maintenant « What’s gotten into you? »)

Je suis plus pressé que cela pour tout comprendre, c’est ce qui me prend !

Portrait de Molière par Nicolas Mignard

Par manque d’un mot

Il y a une comptine en anglais que tous les enfants connaissent, qu’ils soient britanniques, américains, ou bien australiens (ça date des siècles). J’imagine qu’il y a une version française mais d’abord, voici la version originale :

For want of a nail the shoe was lost.
For want of a shoe the horse was lost.
For want of a horse the rider was lost.
For want of a rider the message was lost.
For want of a message the battle was lost.
For want of a battle the kingdom was lost.
And all for the want of a horseshoe nail.

For Want of A Nail

Les deux premières lignes se traduisent comme ça, à moins selon moi :

Par manque d’un clou, le fer à cheval a été perdu,
Par manque d’un fer à cheval, le cheval a été perdu

Ça continue avec un cavalier, un message, une bataille, enfin un royaume — tous perdus par manque d’un clou. (Voilà, c’est pourquoi Cartier veut vous vendre « Juste un clou ». On sait jamais quand on en aura besoin.)

Je me sens souvent comme si je vis cette comptine en cherchant certains mots en français. L’exemple le plus récent vient de mon post, Mon vieux village — et oui, je suis bien au courant que j’aurais dû écrire ancien, pas vieux, c’était juste ce genre de semaine. Je voulais exprimer en tant que verbe ce que l’on fait aux États-Unis quand nos études à la fac sont finies. En anglais, on dit « graduation » — ça comprend plusieurs sens, dont le fait d’avoir reçu le diplôme, la cérémonie, et la fête qui va souvent avec. J’ai eu du mal à trouver la bonne expression. Mon dictionnaire Oxford rend le fait « être diplômé », la cérémonie « la remise du diplôme », et n’a rien pour la fête. Google m’a donné « l’obtention du diplôme ». Dans les commentaires, on trouve :

Les bilingues sont d’accord — il n’y a vraiment pas de bon mot en français pour ce que l’on dit en anglais. Et cela malgré le fait qu’il y a plein d’écoles en France — à tous les niveaux ! — plus vieux que mon pays.

J’ai eu ce problème depuis le début avec un autre mot, « cheap » — et ceci me manque presque plus que n’importe quel autre mot, parce qu’il veut dire beaucoup de choses ! Le sens le plus fréquent est simplement « pas cher », et cette expression suffit souvent. Mais on l’utilise aussi pour des personnes — elles n’ont pas de prix, évidemment, mais ça décrit plutôt l’attitude, comme « avare », mais moins fort. Avare, c’est Oncle Picsou ; « cheap, » c’est quelqu’un que vous invitez à la Tour d’Argent et qui vous rend la faveur par vous inviter chez McDo.

Un « cheap shot » est « coup bas » selon mon dictionnaire, et il y a une traduction exacte en anglais, « low blow ». Mais ça veut dire vraiment un coup hors les règles d’un sport ; « cheap » ici veut dire aussi inattendu. Il vous semble que l’on va se serrer les mains, puis je vous donne un coup de poing à la tête — ça, c’est « cheap ». Vous voyez sûrement pourquoi « cheap » me manque en français.

Un dernier exemple ? Pourquoi pas ? « Fun ». Expliquer ce qui veut dire « fun » en français, c’est comme expliquer « s’agir » en anglais. J’ai su que j’allais « avoir du fun » avec ce mot dès que j’ai entendu parler de « Fun Radio ». Si « Radio Marrant » servait la même fonction, ce nom n’aurait jamais existé. Voici l’entrée dans mon dictionnaire Oxford :

Il y a deux traductions en tant que nom au début — pourtant, aucun exemple qui suit n’utilise ces mots ! On penserait peut-être que les Français ne connaissent pas cette idée, mais en fait, je ne connais aucun peuple au monde entier qui la comprennent mieux. Les russes, peut-être. (Je plaisante.) Pourquoi il faut donc parler autour de cela, sans avoir un bon équivalent, je ne le comprendrai jamais.

Bon, Langue de Molière a eu assez de fun, et on va graduate à un autre sujet la prochaine fois. Vous voyez ce que vous m’avez fait faire ? Des anglicismes. Réglez cette situation, les amis !

Portrait de Molière par Nicolas Mignard

La prononciation de noms étrangers

Cette semaine étant dingue, les articles seront courts. Cette fois, Langue de Molière va donc vous parler d’une question qui le tracasse depuis 3 ans.

Je crois que ce type, Dilbert, est mondialement connu ; Wikipédia me dit qu’une vingtaine de ses livres ont été publiés en français :

Dilbert, Photo par The Conmunity – Pop Culture Geek, CC BY 2.0

Mais si vous le connaissez, vous savez qu’en anglais, on ne prononce pas son nom de même façon que, disons, Robert. Google Traduction, que dites-vous ?

Alors, peut-être que M. Dilbert est assez bien connu pour que vous prononcez son nom comme nous. Mais il a des amis, tous nommés selon un jeu de mots : Dogbert, Ratbert, Catbert, etc. (Je sais, « amis » n’est peut-être pas le bon mot pour ces relations.) Est-ce que la distribution est aussi également connue ? Après tout, tous ces noms riment en anglais.

Évidemment, M. Dogbert n’est pas aussi connu que Dilbert, ou n’a peut-être pas reçu le même niveau d’attention chez Google. Mais après ces infos contradictoires, je n’ai aucune idée à quoi je peux faire confiance en ce qui concerne Dilbert.

Même chose quant à un autre type de ma connaissance. Google — et mon amie rouennaise — sont d’accord sur le prénom de ce monsieur (ce qui n’est vraiment pas étranger, mais très rare en France) :

Mais plein d’autres m’appellent par la prononciation que j’utilise sur la balado, comme « in » au début de « insensible » ([Bon choix — Mon ex]). Et franchement, je m’en fiche si j’ai tort ; la prononciation de Google me rappelle tous les blagues pourries en anglais dont je veux m’échapper (« just in time », « just in case »). De toute façon, appelez-moi ce que vous voulez, mais ne m’appelez pas en retard pour le dîner. (Désolé, c’est la traduction littérale d’une autre blague pourrie anglophone. « Call me what you want, but don’t call me late for dinner. » Une traduction plus fidèle mais sans calembour serait « Appelez-moi ce que vous voulez, mais ne dites pas que je suis en retard pour le dîner ».)

Au fait, je suis apparu dans Dilbert tout au début de ma carrière, après l’université. Ne me croyez jamais sur parole, voici la preuve :

©️Scott Adams & United Features Syndicate

C’est le Dilbert de 13/12/1998 (le lien vers les archives ne marche plus, mais j’ai sauvé l’image). Ma traduction :

Dilbert : Alors, Justin, dites-moi pourquoi vous voulez travailler ici.

Justin : Je veux trouver un remède contre l’asthme.

Dilbert : Nous ne cherchons pas en médecine ici.

Justin : Puis veux construire le plus grand barrage hydroélectrique au monde !

Dilbert : Nous ne faisons pas ça non plus.

Justin : Que faites-vous ?

Dilbert : Nous nous asseyons dans des boîtes emballées de tissu.

<bruits d’éclats>

Dilbert : C’était le son de la mort de votre idéalisme.

Justin : Amenez-moi dans ma boîte.

Portrait de Molière par Nicolas Mignard

L’« Engrish » français

Auparavant, je vous ai mentionné l’« Engrish » sans vraiment l’expliquer. Ce n’est pas le mot le plus gentil, mais l’idée est bien connue. En japonais, il n’y a aucune distinction entre « r » et « l ». On peut prononcer les lettres comme ら, り, etc. soit comme « ra, ri,… » soit « la, li,… ». Ça leur est égal. (Dans la bouche, ces sons sont très proche — la langue reste dans la même place, et c’est une question de comment l’air circule.) Alors, quand on parle de « Engrish », ça veut dire des choses dites en anglais mais avec les fautes que l’on attend d’un locuteur asiatique natif.

Mais attention, parce que ce n’est pas pour être méchant. Ça ne parle pas des niveaux des gens que l’on rencontre dans le coin. Ce mot est réservé à des textes « décoratifs », des slogans que l’on trouve sur une canne de café, ou des descriptions de produits que l’on trouve sur leurs boîtes. L’« Engrish » n’est donc pas comment les asiatiques (étrangers ; je ne parle pas de ceux qui sont anglophones de naissance) parlent l’anglais aux anglophones — c’est comment ils parlent l’anglais entre eux. Avant de continuer, j’ai pris quelques photos dans mon supermarché japonais local, Mitsuwa ; d’autres exemples se trouvent à Engrish.com. Je mets des explications sous chaque photo ; les erreurs de français sont les meilleures que je puisse faire pour vous donner une idée des problèmes :

« Chef-d’œuvre de sucreries parfum né à Kobe »
« La technologie traditionnelle pour mélanger… est vivante ici »
« Le goût délicieux pour tous gens qui pensent à goûter heureux »
« Pour des amants épicés »

Il y a même un exemple de quelque chose de bien rare en français ; disons qu’il y a 72x fois plus d’exemples de « pâtisseries sucrées » que « douces pâtisseries » sur Google :

Dans le cercle bleu, « Douce pâtisserie » ! Ce sont des choux, alors « Pâtisserie sucrée » serait bon.

Il y a une telle chose qu’existe en France, et je collecte des exemples depuis longtemps. Je ne parle pas du franglais traditionnel, même si ce que vous voulez dire par « jogging » pique les oreilles. Oh nononon ! Commençons avec l’exemple qui m’a lancé dans cet article, un clip que j’ai récemment trouvé avec Gilbert Montagné et une chanson de mon deuxième film français moins préféré (juste derrière son prédécesseur) :

Je sais que critiquer les deux premiers Bronzés provoque souvent des réponses fortes. Mais même si vous ne détestez pas Jean-Claude Dusse autant que moi, cette chanson fait mal à la tête pour un anglophone. J’avoue tout d’abord que certaines versions des paroles en ligne ont probablement tort, mais il y a plein d’erreurs sans ambiguïté. On utiliserait la version trouvé chez Le Monde.

Just because of you
I’m beging on you
You know it’s for you
I’m feeling for you
Good morning my love

« beging » s’écrit « begging », mais laissez tomber — « begging on you » n’a aucun sens. « I’m begging you » est « Je t’en supplie ». « On » en anglais veut dire « sur ».

I’m always say
You come laughing in my life
Night and day, my love, is for you
I love you, I’m beeing a fool by you

Prof. Justin donne un 0/20 à « I’m always say. » Il faut utiliser « -ing » après le verbe « be » (dans I’m). C’est pourtant une erreur hyper-française ; j’écoute « Je dis toujours » dans la tête en lisant cela. Le bon anglais, « I’m always saying » serait plus littéralement « Je suis toujours disant ». C’est de mauvais français, mais cette chanson est censée être en anglais. « I’m being a fool by you » est aussi nul ; ça se traduit littéralement « Je suis en train d’être un fou à côté de toi ».

Come on my love
Let’s going on
I know you know
I’ll never let you go

« Let’s going on » est la pire erreur de la chanson — SI elle est vraiment là. La bonne expression est « What’s going on? » (Que se passe-t-il ?) mais je n’arrive pas à décider laquelle chante soit M. Montagné soit Pierre Bachelet.

Love for evermore
I very feel you
Love for you my love

Et la deuxième pire erreur, qui existe sans doute, est « I very feel you ». « Je te sens très ? » Il est impossible que je devine la pensée originale derrière cette phrase.

Il y en a d’autres. Pour autant qu’Indochine soit la grande passion de ma vie, les fautes d’anglais dans certaines chansons sont horribles.

Dans « Black City Parade », que j’adore, on trouve :

I’ve got a way to see
I’ve got a way to me

Le Monde

Je peux accepter une traduction de la première phrase comme « J’ai une façon de voir ». Mais au-delà de la rime, « I’ve got a way to me » n’a aucun sens. Il faut absolument avoir un verbe, pas un pronom, après « to ».

Dans « Paradize », que je n’aime pas, Nico chante :

So far a wheel

Le Monde

À ce point, une roue ?!?

Je ne veux même pas critiquer leur chanson « Belfast ». Il me faudrait traduire un paragraphe entier de n’importe quoi de la première classe ; pourtant, j’aime bien la chanson. Mais c’est peut-être le meilleur exemple de ce que j’ai dit au début en parlant de texte « décoratif ». C’est là pour la sonorité, peut-être pour une signification hyper-personnelle à l’auteur, mais ce n’est absolument pas là pour communiquer une pensée.

Je ne veux jamais finir un article en critiquant Indochine, alors j’ajouterai que l’anglais sert parfois le même but dans les textes des Rita Mitsouko. (Mais Catherine Ringer parle anglais mieux que Nico, je crois. Aussi, ils travaillaient avec Tony Visconti, un producteur américain, et je ne sais pas quelles contributions sont les siennes.) Il n’y a aucune question de leur pire invention en anglais, « Gripshitrider in Paris« . Ça, c’est un « gripshift » :

Gripshift, Photo par Armchair, CC BY-SA 3.0

J’aurais aimé croire que le manque de la lettre « f » était une faute de frappe. Mais Mme Ringer le chante avec passion, puis les paroles parlent de crottes dans la rue, exactement comme le mot « shit » en anglais. C’est absolument fait exprès, mais c’est un jeu de mots pas du tout aussi malin qu’ils n’en pensent.

Langue de Molière doit vous quitter pour prendre une douche après avoir même pensé à Jean-Claude Dusse.

Portrait de Molière par Nicolas Mignard

Les dicos

Je dois avouer que ce n’est pas la Langue de Molière planifiée. J’avais eu une anecdote sur comment le français commençait à changer comment je parle anglais, mais je ne l’ai pas mise dans mes notes, et ce que je mérite m’est arrivé — je l’ai oubliée. Il y a en fait de nombreuses anecdotes sur ce sujet-là, mais celle-là avait été particulièrement drôle. Ça, je me souviens. Au lieu de cet article, voilà un qui restait dans mes brouillons, à partir d’une conversation avec la blogueuse les2olibrius.

C’est rarement le cas que je peux lire les articles d’autres blogueurs sans un dictionnaire sous la main, et encore plus avec mes livres. Mais après quelques années, j’ai un bonne idée de mon processus pour trouver les traductions. Je commence presque toujours avec Google Traduction. Si ça me donne une réponse assez logique, on est fini. Mais souvent, Google me donne des réponses…moins utiles :

Capture d’écran personnelle

Pour ces moments, j’ai le dictionnaire pour lequel j’ai payé cher :

C’est souvent utile exactement où Google ne l’est pas :

Capture d’écran

Mais ce dictionnaire a aussi ses problèmes pour moi. Étant le dictionnaire Oxford, il a un sens de l’anglais comme il est utilisé sur une petite île par 68 M des (environ) 400 M anglophones natifs dans le monde. Il arrive parfois des moments comme celui-ci, où la « traduction » est aussi inconnue chez moi que le mot français. Quel que « yomp » veuille dire, je ne le connais pas du tout :

Si vous avez l’impression que je suis plus impérialiste quant aux autres anglophones qu’aux francophones, vous n’avez pas tort. (Et merci de vous rappeler la première règle ici.) Au fait, Wikipedia en anglais dit que « yomp » est de l’argot des Royal Marines.

Parfois, je résoudre ces problèmes avec le Trésor de la Langue française ; après tout, c’est mieux d’avoir une explication détaillée :

Capture d’écran

Mais il y a des fois où je sais tout de suite que toutes ces ressources ne serviront à rien. C’est d’où ma conversation avec les2olibrius. Elle est dernièrement tombée amoureuse d’un néologisme, « copinaute » et son synonyme « aminaute ». Je sais au premier regard que je ne vais pas les trouver dans n’importe quel des dictionnaires en haut. Pour ceux-ci, j’ai besoin de spécialistes. Et j’ai deux à recommander.

D’abord, il y a Wiktionary. Quiconque peut l’éditer, et ça peut être un problème. Mais quand on veut chercher un mou à travers de nombreuses langues en même temps, il n’y a rien de mieux, peut-être rien d’autre. Voici un exemple. Light&Smell a parlé d’un « malandrin » dans une chronique. Google m’a donné « malandrine » en anglais. Super-utile, merci les gars. Mais Wiktionary ? Ça me dit qu’il vient de l’italien, puis me donne une explication de l’italien en français. Super-efficace !

Mais pour un néologisme comme « aminaute », Wiktionary n’est pas utile non plus. En ces cas, j’ai le dictionnaire du dernier recours — L’Internaute. Ils ont des collections remarquables d’argot et d’expressions. Mais cette fois, même L’Internaute nous échoue — j’ai dit à les2olibrius que j’y ai trouvé aminaute, et maintenant, ce n’est plus là ! Je suis 100 % certain que c’était là ; je n’aurais pas dit une telle chose sans raison. Bon, c’est pourquoi il faut chercher de nouvelles sources pour les néologismes — même les dictionnaires risquent de changer !

Portrait de Molière par Nicolas Mignard

Deux ans d’une erreur

La dernière fois, Langue de Molière a eu l’impression d’avoir énervé beaucoup de monde, parce que ce qu’il a raconté était difficile à croire. Cette semaine, vous pouvez plutôt vous moquer de l’histoire de comment il s’est réveillé un bon jour et a remarqué qu’il avait complètement raté certaines choses bien évidentes.

Commençons avec certains noms d’origine française que l’on peut trouver aux États-Unis. Je connaissais un garçon à l’école, un certain M. Lheureux. Il y avait une manufacture d’équipements pour l’enregistrement de son, Langevin — de nos jours une marque d’une autre manufacture très proche de chez moi, Manley. Il y a un palais de justice dans mon comté dit Lamoreaux. (Palais n’est pas le mot que j’aurais choisi, vu que c’est le tribunal d’affaires familiales, mais laissez tomber.) Ils ne m’ont jamais laissé aucune impression, étant juste des noms étrangers.

Puis après des études, j’ai commencé à remarquer d’autres noms qui avaient tous une curieuse propriété. Dhéry, Lhermitte, Lamoureux. Évidemment, ce sont tous arrivés chez moi à cause des films. Mais pendant 2 ans je pensais qu’il y avait quelque chose qui je ratais. Vous auriez déjà dû le deviner.

Il y a quelques semaines, je me suis réveillé en disant : « Les apostrophes ! Ils ont tous laissé tomber leurs apostrophes ! ». Et hop ! Je me suis tout à coup rendu compte que j’avais des erreurs de prononciation. ([« Beaucoup de » ne s’écrit pas comme « des » — M. Descarottes])

« Mais Justin », vous dites — avec raison, pour être clair — « qui s’en fiche ? Les prononciations ne changent pas ! » Et là, c’est exactement où j’avais tort, en venant de l’anglais.

Chez les linguistes, on parle d’un phénomène dit « reanalysis » (analyser à nouveau). Ça se passe — sans pensée volontaire — quand quelqu’un tout à coup perçoit un mot de façon différente qu’avant, et la prononciation change. C’est comment les anglophones ont fini par changer « comfortable », qui sonnait presque exactement comme le français « confortable » en quelque chose comme « comf-tor-ble ». D’abord, la voyelle au milieu est devenue lâche ; après ça, c’était donc plus facile de laisser tomber une syllable et inverser l’ordre des consonnes pour une prononciation plus facile.

C’est exactement ce qui m’est arrivé, sauf que je l’ai reconnu. Les apostrophes ne sont pas toujours prononcés en anglais, mais quand c’est le cas, il y a une brève pause. Pour ma part, j’ai tendance d’insérer une courte voyelle moyenne centrale où je vois les apostrophes pour « l’ ». C’est la voyelle la plus « neutre ».

Alors, dans ces cas — et sans avoir vraiment entendu les bonnes prononciations — j’avais deviné des prononciations selon les règles anglaises. Chez nous, on a tendance de construire des syllabes plus longues qu’en français, parce que l’on prononce les derniers consonnes. Ignorez ce que Google Traduction vous dira ; beaucoup d’entre nous, dont moi, prononcent « Langevin » en anglais comme s’il y a deux syllabes, « Lange-vin », avec une voyelle qui n’existe pas en français. Presque la même chose avec « Lamoureux », qui est devenu dans ma tête quelque chose comme « LaMOUR-eux ». Le pauvre M. Lhermitte avait reçu un accent où il n’y en avait un, sur la dernière voyelle.

Je ne sais pas pourquoi j’ai tardé aussi longtemps, mais j’ai enfin cherché des exemples sûrs :

C’est pas grand-chose à la fin ; personne ne s’est jamais plaint de moi à cause de ma prononciation d’un tel nom. ([Ils ont plein de meilleures raisons, croyez-moi. — M. Descarottes]) Mais c’est un bon rappel qu’il y a des limites à ce que l’on peut apprendre seulement en lisant.

Un jour, il me faudra vous raconter l’histoire de ma copine de classe au lycée qui a trop bien prononcé un nom. Celle-là n’est vraiment pas assez de matériel pour un article en soi. Mais avant ça, Langue de Molière vous reverra avec une mise à jour sur son niveau en franglais. Ça commence à faire des problèmes !

Portrait de Molière par Nicolas Mignard

Les conjugaisons gratuites

Cette semaine, Langue de Molière va probablement emmerder certains lecteurs. Ce n’est vraiment pas mon intention. Disons donc d’abord qu’il y a une différence entre apprendre une chose pour la toute première fois, et apprendre une chose en traduction, où on comprend déjà le sens. Et si cette histoire semble un peu trop fanfaron, sachez au début que j’ai payé cher.

Très peu de monde ne le saviez, mais j’étais gravement malade début 2021, de façon encore pire que ce que je vous ai dit quant à la colonne vertébrale ou le diabète. Je ne veux pas vous faire vomir — disons juste que manger est devenu impossible pour moi sans cachets qui me coûtaient 500 $ le mois. Rien à voir avec le Covid si vous vous le demandiez. Mais à cause de cette maladie, c’était encore plus difficile pour moi à dormir que d’habitude. Alors je me suis mis à la tâche de finir au plus vite mes leçons de Kwiziq (à l’époque plus avancé que Duolingo).

Et il me semblait que vous aviez gardé les trucs les plus faciles jusqu’à la fin ! Qu’il soit dans Duolingo soit dans Kwiziq, on suit des centaines de leçons pour apprendre conjuguer des verbes au présent, au passé composé, et à l’imparfait. Mais voici toutes les leçons pour apprendre le plus-que-parfait :

Ne me croyez pas sur parole qu’elles sont courtes. Voici des liens en direct vers la première et la deuxième — pas besoin d’être abonné. De toute façon, j’ai fini toutes les exercices liées aux deux pendant une nuit.

Mais cette nuit était plus productive que ça. Il n’y a pas beaucoup plus de leçons pour apprendre le conditionnel passé :

J’ai tout fini dans la même nuit. Mais comme je vous ai dit, j’étais malade et c’est à dire dans la douleur. Allez, il n’y a pas trop de leçons pour ce « futur antérieur », hein :

Ouaip, même nuit. Des 100 % pour tous.

Mais je ne veux pas vous donner la mauvaise idée ! ([Beaucoup trop tard, M. Ringard — M. Descarottes]) Je ne suis pas aussi malin que ça. ([D’ACCORD ! J’ai des larmes aux yeux, on est tellement d’accord ! — Mon ex]) C’est plutôt que si on a déjà fait le travail pour apprendre les autres formes, ce ne sont que de nouvelles combinaisons. Où on a un avantage en tant qu’élève d’une deuxième langue, c’est qu’il suffit de dire « le plus-que-parfait veut dire « had » + verbe », « le conditionnel passé est « would have » », et « le futur antérieur est « will have » », et le tour est joué ! Pas besoin de plus d’explications ; j’ai déjà fait le travail, mais ailleurs, en anglais, beaucoup plus tôt.

Par contre, si j’ai dû expliquer en français ce qui signifient ces choses, sans les utiliser, et surtout à un enfant de 5-6 ans…bonne chance ! Je n’arrive même pas à l’imaginer. En plus, je suis sûr que l’enfant moyen n’a autant de mal aux intestins qu’il aimerait mourir. ([Agissez selon vos souhaits la prochaine fois ; je vous soutiendrai ! — Mon ex]) J’ai appris quelque chose, mais disons que je suis ravi que ce soit la seule et unique fois où une telle chose m’est arrivé !

Langue de Molière vous reverra la semaine prochaine, avec son épiphanie la moins maline possible.

Portrait de Molière par Nicolas Mignard

Le mot inutile

Avant de me lancer dans Langue de Molière pour cette semaine, je veux attirer votre attention vers un concours chez Les Dédexpressions, duquel cette colonne en a beaucoup tiré.

Le français a quelques mots qui ne le sont vraiment pas. Le « t » qui prend sa place entre des verbes et des pronoms au cas où le verbe terminerait par une voyelle : parle-t-on, par exemple. Ou le « l » qui se met avant « on » pour ne pas avoir l’air qu’on. Ces mots n’ont aucun sens, et sont là juste pour la sonorité.

Mais il y a quelque chose que le français exige que je trouve également sans sens, et on en parle maintenant. C’est « en », dans son sens pour compter.

En anglais, je peux dire soit « I’ll have one burger » (Je prendrai un burger) soit « I’ll have one » (J’en prendrai un) sans le nom « burger » — mais sans ajouter n’importe quel autre mot, comme « en ».

En espagnol, je peux dire « Tomaré una hamburguesa » ou « Tomaré uno ». Le genre est masculin quand on ne mentionne pas le nom, mais il n’y a pas d’autre mot non plus.

En japonais on dirait « Hambaagaa o itadakimasu » ou « Hittotsu o motte imasu ». C’est tout autre monde là-bas, mais l’explication simple, c’est qu’il faut utiliser des mots dits « compteurs » ; « hittotsu » est un de plusieurs compteurs pour 1. Si je veux dire que j’aimerais deux hamburgers, il faut dire « Hambaagaa o hutatsu itadakimasu ». On peut omettre le compteur pour un seul exemple, mais deux ou plus exige le bon compteur.

On peut donc facilement voir que de mes trois autres langues rien ne sert au but d’« en » dans « J’en prendrai un ». Et ici, avec un peu de linguistique, on peut voir pourquoi « en » me dérange.

Chez les linguistes, on parle d’une « paire minimale », deux phrases qui ne sont différentes que d’un son, une lettre, ou un mot. Ce test nous permet de distinguer des significations. Par exemple, si on dit — à haute voix :

Je suis une fille.

Je suis une fée.

on peut facilement voir que la dernière voyelle distingue les deux sens. (Essayez d’ignorer l’écriture ; à haute voix, seulement cette voyelle-là est différente.) D’autre part, si on dit :

Je suis bête.

J’suis bête.

le son est différent, mais la signification est la même. On appelle ça un allophone – un changement de son qui n’a pas sa propre signification.

Alors, si je dis :

J’en veux un.

Je veux un.

vous allez tous me dire que la première phrase est du bon français, et l’autre est du bon n’importe quoi. Ce n’est pas une paire minimale car il n’y a rien à quoi la première contraste. Mais c’est exactement ça ma plainte ! Il n’y a aucun risque de confondre la signification de la phrase sans « en » avec une autre signification — et dans toutes mes autres langues, dont une latine, il n’y a pas de tel mot ! « En » ne sert même pas à réussir un but de sonorité comme « l » et « t » dans nos exemples en haut.

Et avec ça, Langue de Molière en prendra cinq. (On dit « take five » pour une brève pause en anglais.) On se reverra la semaine prochaine pour parler de ce que l’on apprend en français quasiment gratuit.

Portrait de Molière par Nicolas Mignard

Je fris, ils refroidissent

Langue de Molière paraît un jour à l’avance cette semaine. L’explication arrivera avec la prochaine balado.

Il y a deux semaines, Mme Aurore Ponsonnet est arrivée à bouleverser mon monde :

Ce n’était pas une nouvelle qu’il y a des verbes « défectifs ». Il s’agit du genre de chose qu’il faut savoir pour écrire cette phrase. Mais « s’agir » et « falloir » sont « impersonnels » ; je ne sais même pas ce qui voudrait dire « je… faus ? » ou « tu t’agis ». On est censé être capable de s’exprimer en plusieurs formes aux plus hauts niveaux, mais même en anglais, je ne pourrais pas construire une expression pour le premier. Le deuxième, dans un certain contexte, si — mais c’est Langue de Molière ici, pas Shakespeare, et ce qui me vient dans l’esprit est compliqué.

([Moi, je dis « il faute » en parlant de Justin, mais c’est juste pour dire que tout ce qu’il fait a tort. — Mon ex])

Naturellement, j’ai dû vérifier mon Bescherelle, qui m’a fait exploser la tête :

C’est à dire vraiment que vous comprenez ce qui arrive dans une poêle s’il y a de l’huile et un poisson, mais deux, c’est juste hors compréhension ? Il m’a absolument fallu poser la question, et Mme Moutet, très pratique comme d’habitude, m’a répondu :

Elle a raison, bien sûr, mais elle s’habitue à écrire pour des journaux, où les rédacteurs comptent les mots et les dates limites arrivent vites. On fait ce que la langue permet, et ne se soucie plus de telles bêtises. Mais moi, je reste obsédé par l’esprit derrière cette affaire. Il ne suffit pas de dire « la forme a disparu car personne ne l’utilisait plus ». Dans le désert du Sahara, peut-être que vous arriverez à me convaincre que personne ne parle jamais de faire frire deux poissons en même temps, mais sur les bords de la Loire ? J’imagine une conversation entre un chef qui écrit un livre de recettes et son éditeur :

Chef : Je veux dire aux lecteurs de mettre tous les poissons dans la poêle en même temps.

Éditeur : Vous savez très bien que l’Académie française l’interdit depuis l’accident en cuisine du Duc de Vuznetz-pas-Sérieux* en 1720. (*Ancienne commune près de Metz, Yutz, et Contz-les-Bains.)

Chef : Alors, je peux dire « Quand les poissons auront frit ».

Éditeur : Bien sûr.

Chef : Et « au cas où les poissons friraient ».

Éditeur : Ça marche.

Chef : Pas de problème si je dis « Si les poissons avaient frit avant que vous ne soyez prêt à les poivrer… ».

Éditeur : C’est du français le plus pur.

Chef : Alors, « Pendant que les poissons fritent ».

Éditeur : Espèce de con ! La malédiction revient ! Vous nous avez tous condamné !

Puis une Tarasque vient et les mange tous les deux.

Mais vous n’êtes même pas d’accord sur quels verbes sont défectifs ! Le site où Mme Ponsonnet écrit vous dira que « braire », faire le son d’un âne, ne se conjugue qu’à la 3e personne. Il brait, ils braient. Les autres entrées sont toutes vides. Le Bescherelle est d’accord. Mais les dictionnaires du Robert et de l’Académie française donnent des conjugaisons pour toutes les personnes.

J’ai une théorie pour ça. Aux fermes, c’est bien évident qu’il n’y a pas besoin d’utiliser les autres personnes. L’âne brait, les ânes braient. On ne s’adresse pas directement aux ânes. Mais l’Institut de France est à quelques pas du Palais Bourbon. Ils entendent probablement des choses.

(Nous disons exactement ça de nos hommes politiques aux États-Unis : version Républicaine, version Démocrate. Cherchez « braying ».)

Et avec ça, Langue de Molière arrêtera de braire jusqu’à la semaine prochaine. On parlera plus des Tarasques début avril. La semaine prochaine, Langue de Molière vous reverra avec le mot dont vous n’avez pas besoin.

Portrait de Molière par Nicolas Mignard

Le bon ordre

Il était une fois, j’avais assez de peur que j’ai vérifié tous mes articles sur Google Traduction. ([Maintenant, vous publiez juste n’importe quoi. C’est pas mieux. — M. Descarottes]) M. Descarottes a un peu raison — je n’utilise plus Google de cette façon. Mais il y a quelque chose que je vérifie tous les jours, l’ordre des adjectifs et leurs noms. Revenons en 2020 pour la leçon trompeuse.

Chez les anglophones, il y a un mnémonique que l’on apprend aux élèves de français : BAGS. C’est-à-dire « Beauty, Age, Goodness, Size », ou dans une langue plus compréhensible, Beauté, Âge, Bonté, Taille. Mais il faut avouer que BABT ne veut rien dire. Pourquoi un mot qui signifie « sacs » réussit ce but, je n’arrive pas à l’expliquer. De toute façon, les adjectifs « BAGS » sont censés être tous ceux qui vont avant un nom. Mettre à côté la règle sur les adjectifs de plus de deux syllabes ; celle-ci a déjà tort.

Clairement, c’est pas complètement fou. On dit « la petite ordure », pas « l’ordure petite », et « le joli gâteau », pas « le gâteau joli ». J’ai donc du mal à comprendre comment vous supportez tous Angelina Jolie, dont son nom doit vous faire mal aux oreilles, mais c’est votre affaire. (Perso, je serais plus dérangé par son côté vampirique.)

Pourtant, cette règle de BAGS nous triche. Il y a des adjectifs qui ne vont que dans la mauvaise place, si l’on la prend au sérieux. On dit « un arbre géant », mais jamais « un géant arbre ». « Un arbre énorme » aussi, malgré le fait que ces deux traitent de tailles.

Et vous ne vous contentez pas seulement de jouer des tours avec l’ordre des mots. Non, il y a plein d’adjectifs qui changent de sens selon leur place. Mon « ancien ami » est le gars auquel je ne parle plus, mais mon « ami ancien » reste en contact avec moi, il a juste besoin de son déambulateur. Ma chère amie m’est vraiment importante, mais mon amie chère…([C’est un blog familial. Ne finissez pas cette pensée. — M. Descarottes])… ma voiture chère m’a coûté beaucoup d’argent.

Même la négation change de sens selon l’ordre ! Si j’écris « J’ai toujours pas fini mon dessert», c’est à dire que je suis toujours en train de faire quelque chose et il vous faudra attendre si vous avez faim. Mais si j’écris « J’ai pas toujours fini mon dessert », c’est à dire plutôt « J’ai mangé assez de desserts pour énerver mon docteur ; parfois j’ai tout mangé, et parfois j’ai laissé quelques miettes sur l’assiette ». C’est vraiment similaire quant à vraiment : « M. Descarottes n’est vraiment pas content de moi ! » veut dire qu’il est 21h01, pourtant il n’a toujours pas reçu les carottes qu’il m’a demandé à 21h. D’autre part, « M. Descarottes n’est pas vraiment content de moi » veut dire plutôt qu’il est 19h, alors il n’a reçu aucune carotte, mais il n’est toujours pas en colère contre moi.

Au fait, bien qu’il soit vrai qu’il demande toujours des carottes à 21h, j’entends « 21h » dans la voix de Catherine Ringer.

Penser au fait qu’un cobaye et une fille de 12 ans peuvent m’ordonner par ici et par là me frite vraiment, comme on dit en anglais. Heureusement, il n’y a que moi uniquement qui frite, car le français interdit deux choses de faire frire en même temps. C’est ça le sujet du prochain Langue de Molière.