Archives pour la catégorie Le tour des départements

Je découvre le Val-d’Oise

On continue maintenant le Tour avec le 95, le Val-d’Oise. C’est le département le dix-septième plus peuplé et les habitants se nomment valdoisiens. C’est notre huitième et dernier séjour en Île-de-France, notre 94e et dernier séjour dans l’Hexagone et notre 96e et dernier séjour en France métropolitaine.

Si vous ne savez pas combien de larmes j’ai aux yeux en écrivant ça, ou pensez que je suis moins que sérieux, bienvenue au blog pour la première fois.

On va visiter ce département de ma façon — c’est-à-dire qu’il faut commencer à l’aéroport Charles de Gaulle, car c’est en partie dans le Val-d’Oise (et la Seine-et-Marne et la Seine-Saint-Denis en plus !), avec une adresse officielle à Roissy-en-France. (À ne pas confondre avec Roissy-en-Espagne, quoi ?) D’ici, on commence avec une visite inhabituelle, le « village fantôme » de Goussainville – Vieux Pays, vidé pendant les années 1970 à cause des bruits du nouvel aéroport — mais qui subsiste car il y a une église classée monument historique au centre ! Au nord, on visite l’Abbaye de Royaumont (2 étoiles Michelin), fondée par Saint-Louis lui-même, pour son architecture gothique du XIIIe siècle, dont l’ancien cloître des moines et sa bibliothèque de plus de 23 000 livres. Puis à Villiers-le-Bel, on visite le Château d’Écouen (2 étoiles), ancien château du duc Anne de Montmorency — oui, un homme malgré le prénom — qui abrite de nos jour le seul musée national consacré à la Renaissance, son époque. Quelques km à l’ouest, on arrête au lac d’Enghien-les-Bains (1 étoile), centre d’une commune renommée pour ses eaux sulfurées. J’étais rendu perplexe par ce nom plutôt nordiste, même belge — il s’avère que c’est en fait nommé pour une ville en Belgique.

On continue un peu au nord, à L’Isle-Adam, avec des plages le long de l’Oise qui attiraient anciennement de tels artistes que Fragonard et Balzac — les cabines datent au XIXe siècle. Très proche, il y a le joyau du Val-d’Oise, Auvers-sur-Oise, avec de nombreux sites à visiter liés à l’art français du XIXe siècle. On y commence devant les tombes de Vincent et Théo Van Gogh, décédés à Auvers tous les deux. La Maison-Atelier de Daubigny (1 étoile), érigée en 1860 par Charles-François Daubigny, a des murs recouverts de reproductions d’œuvres par de tels artistes que Camille Corot et Honoré Daunier, qui les ont peintes à l’époque pour décorer l’atelier (les originales sont dispersées parmi plusieurs musées autour du monde). Le Château d’Auvers, construit par un homme d’affaires italien au XVIIe siècle, apparaît dans plusieurs tableaux de Van Gogh, et abrite un « nymphée », une grotte qui rappelle les lieux de culte de l’Antiquité grecque (on en a croisé un autre en Essonne).

Le Val-d’Oise cache la fin parfaite de nos balades hexagonales — quatre sites qui font un mélange du patrimoine et de la modernité, de l’Église et l’État, qui capture toute dans mon imagination dès le départ. Notre prochain arrêt est la ville de Cergy-Pontoise. Là, on visite l’une des attractions les plus atypiques de France, l’Axe majeur (1 étoile). Construit pendant les années 1980, il s’agit d’une promenade de 3 km qui relie 12 œuvres d’art public — dont une pyramide dans un lac et une tour de 36 mètres d’où on est censé être capable d’apercevoir La Défense. La cathédrale Saint-Maclou (1 étoile) date du XIIe siècle, ne suit pas son plan original cruciforme, et vaut la visite autant pour son mélange de styles que son orgue et vitraux Renaissance. À Chaussy, le Domaine de Villarceaux (1 étoile) nous attend, avec ses deux châteaux et 7 jardins (labellisés remarquables) et pièces d’eau. Notre final arrêt n’importe où dans l’Hexagone est le Château de La Roche-Guyon (1 étoile), site d’une aventure de Blake et Mortimer, un manoir imposant sous un donjon en haut d’une colline. Avec un potager ainsi qu’un jardin à l’anglais conçu par la fille du duc de La Rochefoucauld, dans un lieu qui abrite toujours une casemate de Rommel, tout en vue de la Seine, on finit bel et bien au cœur de ma France.

Qui sont les personnages les plus connus du Val-d’Oise ? Lauréate du Prix Nobel de littérature Annie Ernaux vit à Cergy depuis les années 1970. Économiste Dominique Strauss-Kahn a été maire de Sarcelles. L’artiste cubiste Georges Braque est né à Argenteuil, ainsi que le guitariste René-Paul Roux, dit Paul Personne. Argenteuil a été aussi la maison de Claude Monet pendant 7 ans, L’écrivain public et alchimiste présumé Nicolas Flamel est né à Pontoise. Savinien de Cyrano de Bergerac, connu pour sa nez de taille exceptionnelle, est mort à Sannois. Louis Daguerre, inventeur du daguerréotype, est né à Cormeilles-en-Parisis, où le chanteur Michel Delpech a grandi. Jean Bruce, auteur d’OSS 117, est mort dans un accident de voiture à Épinay-Champlâtreux.

Que manger dans le Val-d’Oise ? On est dans la région dite le Parisis ou Pays de France, qui se vante de plusieurs produits locaux — l’asperge d’Argenteuil, la pêche de Montreuil et la poire de Groslay. En plats principaux, on trouve une pâtisserie salée, la talmouse — de la pâte feuilletée fourrée d’emmental et de sauce béchamel. En dessert, il y a les macarons du Vexin, proposés par le parc naturel de la région, avec une garniture de miel local et chocolat noir et au lait. Pour boire, il y a une toute petite production de vin pinot noir et chardonnay à Argenteuil,

Mais on n’est pas encore fini ! Demain, une Langue de Molière spéciale, puis l’Outre-mer attend.

Mon dîner val-de-marnais

Certains dîners du blog sont des hommages à des restaurants qui sont célèbres ou qui m’ont marqués d’une façon ou autre. Je pense à The Belgian Lion et le Calvados, Paul Bocuse et le Rhône, les kiosques de l’Estaque aux Bouches-du-Rhône, et les friteries pas-de-calaisiennes. C’est dans cet esprit que je vous présente mon hommage aux guinguettes du Val-de-Marne, et surtout Chez Gégène, Voici la pièce de bœuf sauce Roquefort et la tarte aux fraises.

Je dois cette idée à Agathe, qui l’a mentionnée dans les commentaires. Voilà, c’est exactement comment j’espérais que ce blog marcherait, avec des idées venant des lecteurs. Allons préparer notre dîner !

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Je découvre le Val-de-Marne

On continue maintenant le Tour avec le 94, le Val-de-Marne. C’est le département le douzième plus peuplé et les habitants s’appellent val-de-marnais. C’est notre septième séjour en Île-de-France.

Je ne suis jamais allé dans le Val-de-Marne. Mais j’étais si, si proche mon tout premier jour en France. Après avoir déposé mes bagages à l’hôtel, à 2 km de l’Île-de-la-Cité, je suis allé à la Cinémathèque française pour le dernier jour de l’exposition sur Louis de Funès (MERCI, Bernard !). J’ai dû passer par le Ministère des Finances pour y aller, et je vous rassure, j’ai salué le bâtiment de la main pour dire bonjour à la star du Canard enchaîné, Bruno Le Maire. Si on m’avait dit qu’avec 2 km de plus, j’aurais pu ajouter un autre département à ma liste de visites, j’aurais continué.

On va donc reprendre ma visite ratée et entrer le département à Charenton-le-Pont. Il n’y a rien pour nous là, mais on continue un peu à l’est pour arriver dans le Bois de Vincennes, un parc de presque 1 000 hectares. (Les adresses là-dedans sont pourtant dans le 75, ce qui me rend perplexe. Le Val-de-Marne le revendique quand même.) Dans le bois, on peut explorer le Parc Floral de Paris, avec son Jardin des Papillons et Maison Paris Nature, où il y a des animations et une collections d’autres insectes. On passe aussi par le Parc zoologique de Paris, avec plus de 3 000 animaux dans 5 « biozones ».

À côté du bois, on trouve aussi le Musée Fragonard de l’École nationale vétérinaire. Ce Fragonard, cousin du peintre, a collectionné tout un « cabinet de curiosités » anatomiques. Puis on traverse le bois pour arriver au Château de Vincennes (2 étoiles Michelin). Manoir des Capet depuis le XIIe siècle, le château actuel a été érigé sous Louis IX, et la résidence royale jusqu’au moment où Louis XIV l’a quitté pour Versailles. On y trouve un donjon impressionnant, une chapelle gothique avec des vitraux du XVIe siècle, et une chambre de roi érigée pour Charles V.

À 8 km à l’est, on trouve le Musée de Résistance nationale de Champigny-sur-Marne. Là, il y a une collection de 800 journaux clandestins de la Seconde Guerre mondiale ainsi qu’une collection d’objets divers : pistolets, machines à écrire, etc. Puis on croise la Marne pour visiter le Musée de Nogent-sur-Marne, consacré à l’art et l’histoire liés aux bords de la Marne — dès tableaux de la rivière, des cartes postales, et ainsi de suite. Notre prochain arrêt est le Château de Grosbois, château du XVIe siècle qui abrite une collection de tableaux de batailles napoléoniennes, grâce à son ancien propriétaire, le Maréchal Berthier. Le point le plus au sud-est de notre séjour est la Closerie Falbala à Périgny-sur-Yerres. Cette œuvre artistique de Jean Dubuffet est une sculpture géante en forme d’un jardin clos de murs.

On tourne vers l’ouest, à Vitry-sur-Seine. Là, on trouve l’Exploradôme, un musée de science dont leur site se vante de « pas de parcours imposé » (est-ce vraiment en France ?) pour explorer ses expositions sur l’énergie, le climat, et les illusions. Très proche, il y a aussi « MAC VAL », le Musée d’Art Contemporain (1 étoile), avec une collection qui se concentre seulement sur des artistes français. Au-delà d’Agnès Varda, je ne reconnais pas les noms du musée, mais il me semble de haute qualité par rapport aux autres musées contemporains. Notre dernier arrêt est la Roseraie du Val-de-Marne (1 étoile) à L’Haÿ-les-Roses, jardin départemental qui abrite plus de 3 000 espèces et variétés de roses.

Qui sont les personnages les plus connus du Val-de-Marne ? Alice Guy, première femme à devenir réalisatrice, est née à Saint-Mandé. Héros du blog et journaliste Jean-François Revel est décédé au Kremlin-Bicêtre. La chanteuse Annie Chancel, dite Sheila, est née à Créteil, où écrivain André Malraux et chanteur Charles Trenet sont morts. Terreur des élèves et instituteur, Édouard Bled, est né à Saint-Maur-des-Fossés, ainsi que chanteuse Vanessa Paradis et compositrice Germaine Tailleferre (j’ai joué une de ses compositions à la fac, mais ne me souviens plus de laquelle). Marion Barbeau, première danseuse du ballet de l’Opéra de Paris, et star du film En Corps, est née à Nogent-sur-Marne. Mata Hari, célèbre danseuse et espionne, a été fusillée à Vincennes. Héros du blog et guitariste des Rita Mitsouko, Fred Chichin, est décédé à Villejuif (j’ai visité son tombeau). Sandrine Rousseau, femme politique, est née à Maisons-Alfort.

Que manger dans le Val-de-Marne ? La seule spécialité régionale sur Keldelice est la belle de Fontenay, un genre de pomme de terre. Pourtant, on est sur la terre du plus grand marché de produits agricoles au monde, Rungis. Nous ne pouvons pas y visiter, car il faut être professionnel dans le monde de la nourriture, mais si on peut l’imaginer, on l’y trouvera. En plus, Val-de-Marne Tourisme propose une liste de producteurs locaux : du miel, des fruits et légumes, même du pain bio. Cependant, il m’est clair qu’encore une fois, notre dîner sera un hommage aux restos du département. Pour boire, il y a plusieurs brasseries, dont Brasserie 925, Deck & Donohue et L’Alfortvillaise, ainsi que le seul producteur de saké en Île-de-France, Wakaze.

Mon dîner séquano-dionysien

Le gentilé de ce département est une bouchée en soi, n’est-ce pas ? Comme dans les Hauts-de-Seine, j’ai fait mes devoirs parmi les cartes des restos du département, et je suis content de ce que j’ai trouvé. Voici les tagliatelles à la moutarde de Meaux et les profiteroles :

Notre menu vient de deux restos bien traditionnels qui se trouvent en Seine-Saint-Denis. Allons le préparer !

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Je découvre la Seine-Saint-Denis

On continue maintenant le Tour avec le 93, la Seine-Saint-Denis. C’est le département le quatrième plus peuplé, et les habitants se nomment séquano-dionysiens. C’est notre sixième séjour en Île-de-France.

Il s’avère que je suis allé à plus de gares dans ce département que nulle part ailleurs. Pas de gares qui vont gagner le concours de Plus Belle Gare de France de la SNCF, mais tout de même :

Carte du RER B, ©️RATP

C’est le RER B, et quand on arrive en France par CDG, on passe par Villepinte, Sevran, Aulnay-sous-Bois, Le Blanc-Mesnil, et d’autres. Retournez avec moi aux premiers moments de mon tout premier jour en France :

La photo à droite dit : « Je viens d’être SI PROCHE du Stade de France, où mon concert aurait été lieu. » Rappelez que le Central Tour d’Indochine était censé avoir lieu en 2021, avant le Covid.

Mais je veux que vous regardiez cette carte du RER B d’autre façon, comme je l’ai vu. Je ne connaissais aucun de ces endroits, et pour moi chacun et tout aurait pu être le site du château de Cendrillon, pour autant que je sache. Imaginez que vous n’avez jamais parlé la langue à haute voix à personne, et pour la première fois, vous prononcez ces noms une syllabe à la fois…Au-ber-vill-iers ? C’est une sorte de sort magique ! (Un an plus tard, je vivrais un cauchemar en essayant d’y trouver un bus pour retourner au Parc des Expositions pour chercher mon sac à cabine à la fin du voyage fou. Il me semble que je ne vous ai jamais raconté la vérité du retour. Une autre fois.)

On commence à Livry-Gargan. J’étais si proche. De la gare d’Aulnay-sous-Bois, on prend un bus peut-être 2 km au Château de la Forêt et le Parc Lefèvre. Le domaine actuel comprend 10 hectares de forêt et de pelouse, et on peut y faire une jolie balade. Puis on retourne à la ligne RER B et continue jusqu’au Bourget pour visiter le Musée de l’Air et de l’Espace, où se cache des avions mythiques — la Demoiselle d’Alberto Santos-Dumont, le prototype du Concorde, et mon graal personnel, le Bréguet XIX, le premier à franchir la route Paris-New York. (Mon estime pour la famille Bréguet ne connaît pas de limites.)

Vous êtes chez Un Coup de Foudre, et ça fait 13 départements depuis la dernière fois où je vous ai fait pratiquer le Devoir de Mémoire, dans la Somme, et 17 depuis la dernière consacrée à la Seconde Guerre mondiale, Seine-Maritime. Alors pas de plaintes que notre prochain arrêt est la Cité de la Muette, ancien site du camp de prisonniers à Drancy. Là, Sacha Guitry sera prisonnier après la Libération, soupçonné d’être collabo (jugement : non-lieu). De nos jours, il est un mémorial important à la Shoah.

Le tramway T1 nous amène au plus grand trésor du département, la Basilique Cathédrale Saint-Denis (3 étoiles Michelin). Cette ancienne nécropole royale, érigée pendant les XIIe et XIIIe siècles, abrite plus de 70 gisants, dont ceux de Clovis, François Ier et Louis XVI. Les vitraux du XIIe siècle valent aussi la visite, mais ont été remplacés par des copies en 2023 afin de les protéger. D’ici, on peut facilement se promener au Musée d’Art et d’Histoire Paul Éluard, ancien Carmel qui abrite des collections sur les industries de la ville, la Commune de Paris, et Paul Éluard, fils de la ville. À quelques pas au sud, on trouve le Stade de France (1 étoile), site du plus grand concert de l’histoire de France (les chiffres sont d’accord) ainsi que de la Bêtise de Darmanin (je sais, laquelle ?). Puis, on prend la ligne 13 du métro au Marché aux puces de Saint-Ouen. Ce marché se dit le plus grand de son genre au monde, avec plus de 5 millions de visiteurs tous les ans pour ses 12 marchés couverts et 5 rues commerçantes. (Je suis le mauvais guide pour vos achats.)

On reprend le tramway, cette fois T3b, jusqu’aux Grands moulins de Pantin (1 étoile). Des années 1920 jusqu’à la Seconde Guerre mondiale, ces bâtiments produisaient 190 000 tonnes de farine chaque année. Les dégâts de la guerre ont mis fin à cette activité, mais la banque BNP Paribas les a rachetés et restaurés pour servir en tant que bureaux. On ne peut pas entrer, mais on les admire, puis passe au Parc de la Villette (1 étoile). (L’adresse dit le 75, mais la Seine-Saint-Denis le revendique.) Là on trouve 55 hectares de jardins, une ferme pédagogique, et une Grande Halle qui abrite des pièces de théâtre. La Philharmonie de Paris (1 étoile) s’y trouve, ainsi que la Cité des Sciences et de l’Industrie, un musée avec des expositions sur l’ingénierie bio-inspirée, le cerveau, et la technologie et les métiers des jeux vidéo. Après, on finit notre séjour en Seine-Saint-Denis avec une croisière le long du Canal Saint-Martin au bord du Parc.

Qui sont les personnages les plus connus de la Seine-Saint-Denis ? (Je ne compte pas ceux qui travaillent au Stade de France à moins qu’ils aient une connexion plus profonde.) Le poète Eugène Grindel, mieux connu sous le nom Paul Éluard, est né à Saint-Denis. Coup de cœur du blog Audrey Fleurot, actrice des Combattantes et HPI, habite à Saint-Ouen-sur-Seine. Émile Reynaud, pionnier du ciné du XIXe siècle, est né à Montreuil, ainsi que la terreur de la caméra cachée, Laurent Baffie, et homme politique Éric Zemmour. Chanteur Michel Jonasz est né à Drancy, où romancière Irène Némirovsky a été internée par les Voisins. Jacques Brel, acteur et chanteur, est décédé à Bobigny. Jean-Pierre Melville, réalisateur du Cercle rouge, est inhumé à Pantin. Patrick Hernandez, roi des coups étonnants, est né au Blanc-Mesnil, ainsi que Fabien Marsaud, dit Grand Corps Malade.

Que manger en Seine-Saint-Denis ? On parle de fermes urbaines qui y reste, mais j’ai du mal à caractériser la production actuelle. Keldelice ne montre qu’une toute petite poignée de produits de terroir lié à la région, dont le pissenlit de Montmagny et l’asperge d’Argenteuil. Le département lui-même se vante de ses cuisines du monde, dont l’indienne. Je vais donc traiter ceci comme un autre Hauts-de-Seine, avec un repas de la cuisine des bistrots. Pour boire, il y avait des vignobles en Seine-Saint-Denis, et de nos jours on peut à nouveau trouver des vignes pédagogues — même une IGP pour le Parc du Sausset — mais la production actuelle du département se mesure en quelques milliers de litres. Cependant, il y a aussi les bières de la Brasserie Gallia, Croix de Chavaux et La Parisienne.

La tarte aux figues de Claire Heitzler

J’ai su dès que j’ai vu que l’on était dans le département de Claire Heitzler que je voulais faire une de ses recettes. Je ne l’ai pas mentionnée sur le blog avant les Hauts-de-Seine, mais elle est une grande influence sur moi depuis deux ans déjà. Ses desserts sont souvent moins orientés vers le chocolat, et pour autant que je l’aime, j’avais hâte de mettre un ingrédient inhabituel en valeur. Elle ne m’a pas déçu — du tout. Voici la tarte aux figues :

À mon tour, j’espère que je ne l’aurais pas déçue si elle avait été à la soirée de tarot où elle a été servie. Allons la préparer !

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Mon dîner altoséquanais

Je vous ai dit que j’allais traiter ce dîner comme un deuxième dîner parisien. Mais tout comme le Territoire de Belfort, j’ai fouillé parmi les restos du département pour des idées. C’est comment j’ai découvert qu’il y a toute une famille de bistrots dans les Hauts-de-Seine sous le nom Les Bistrots Pas Parisiens. Et quel est le plat le plus bistrot au monde ? Certainement le steak frites. (Ne me croyez pas sur parole — presque toutes les cartes de ce groupe ont une version du plat.) Avec un dessert en direct de Claire Heitzler, la tarte aux figues, c’est un dîner absolument Hauts-de-Seine !

Mais ce groupe de bistrots est en partenariat avec Stéphane Rotenberg, animateur de Top Chef. On a donc besoin d’un hommage à l’émission, d’où notre sauce au poivre pour aller avec le steak. Allons préparer le steak frites — la tarte, étant compliquée, sera publiée demain.

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Je découvre les Hauts-de-Seine

On continue maintenant le Tour avec le 92, les Hauts-de-Seine. C’est le département le cinquième plus peuplé, et les habitants se nomment altoséquanais. C’est notre cinquième séjour en Île-de-France.

J’ai visité les Hauts-de-Seine pendant une heure à la fin de mon tout premier voyage en France, et je veux revisiter ce moment ici, alors on va finir exactement où vous pensiez que l’on devrait commencer, d’accord ? En ce qui concerne l’ordre de la visite, Hauts-de-Seine est le département le deuxième plus petit par superficie et tout est connecté par les transports publics, mais j’ai essayé de suivre le plus court chemin sauf à la fin.

On va commencer à la Fondation Louis Vuitton (3 étoiles Michelin), juste à quelques pas de Neuilly-sur-Seine. Ce choix est bien justifié car Louis Vuitton lui-même appartenait aux Hauts-de-Seine et je ne pouvais pas l’inclure dans le billet de Paris. En plus, c’est l’office de tourisme qui la revendique. (J’invite les nouveaux lecteurs à cliquer ici pour un fou rire à cet égard.) De toute façon, le musée abrite, dans le cadre d’un bâtiment signé Frank Gehry, une collection impressionnante d’artistes modernes, tels que Jean-Michel Basquiat et Yayoi Kusama. Et si ça aide l’entreprise à vendre des sacs à main à 5 000 € signés par les mêmes artistes (lien en anglais), tant mieux. Au sud, à Boulogne-Billancourt, on visite La cité de la céramique (2 étoiles), manufacture de la porcelaine de Sèvres depuis trois siècles. Le musée lié à la manufacture abrite des collections à travers les siècles et de partout au monde.

L’autre chose à voir à Boulogne-Billancourt est le Stade Roland-Garros et le Tenniseum (1 étoile). Là, on peut explorer l’histoire du sport du jeu de paume jusqu’aux Internationaux de France. On croise le Pont de Billancourt vers Issy-les-Moulineaux, où en tant que joueur de tarot ainsi que de belote, je suggère le Musée français de la Carte à jouer, qui couvre des cartes didactiques ainsi que ludiques. À Clamart, la Fondation Arp (1 étoile) était anciennement l’atelier des artistes Jean Arp et Sophie Taeuber, et abrite plus de 1 400 de leurs sculptures, peintures, et dessins. Puis, on visite Mont-Valérien (1 étoile), ancien ermitage devenu forteresse, puis site de crimes allemands contre la Résistance. De nos jours, il abrite le Mémorial de la France combattante. (Comme souvent, je pleurais en recherchant ça.)

Notre prochain arrêt est le Domaine national de Saint-Cloud, anciennement le domaine d’un château qui appartenait à Catherine de Médicis, jusqu’à sa destruction aux mains des Voisins pendant la guerre de 1870. De nos jours, on visite son musée, sa Grande Cascade, et ses jardins. Puis on passe à Rueil-Malmaison, site du Musée national du Château de Malmaison. En plus d’être le château de Napoléon, puis Joséphine, Malmaison est l’inspiration des plus beaux couverts au monde (à mon avis), les Malmaison de Christofle. On la visite pour voir un côté de la famille impériale un peu moins dispendieux qu’à Versailles ; néanmoins, avec des meubles et du décor digne de son statut.

On passe par Nanterre et ses brioches pour visiter Asnières-sur-Seine pour la Maison et Atelier de Louis Vuitton. C’est la seule fois dans la vie où on dira « Louis Vuitton » et « gratuite » dans la même phrase, mais oui, les visites guidées sont gratuites tous les week-ends. (Les photos, pas autant.) Le château d’Asnières est un petit joyau du XVIIIe siècle, et toujours en train d’être renouvelé, mais on peut visiter le rez-de-chaussée.

On finit à Courbevoie, dans le célèbre quartier de La Défense (2 étoiles). C’est ici où j’ai monter la Grande Arche (2 étoiles) pour voir le lieu de tournage de mon clip préféré d’Indochine, Un été français, même si j’ai presque raté mon avion pour le retour en exil. (La première référence à Elbe ici ne date qu’à 10 mois plus tard, mais l’idée a commencé ce jour-là.) C’est ici où on trouve le moment le plus triste de tout le blog — les larmes sont 100 % réelles. Appréciez ce que vous avez, les amis. Si vous n’êtes pas aussi pressés que moi ce jour-là, faites une balade autour de l’Esplanade et regarder « l’Open Gallery », une collection d’œuvres d’art en accès libre.

Qui sont les personnages les plus connus des Hauts-de-Seine ? Il faut absolument commencer avec le soleil autour duquel ce blog tourne, Louis de Funès, né à Courbevoie (Ludovic Cruchot aussi). Louis Vuitton, le nom mondial du luxe, avait ses ateliers à Asnières-sur-Seine, où il est mort. Héroïne du blog et chanteuse Véronique Sanson est née à Boulogne-Billancourt, ainsi que légende de l’écran France Rumilly, banquier Edmond de Rothschild, chanteuses Sandrine Kiberlain et Zazie, et acteurs Thierry Lhermitte et Camille Cottin. Sainte-Geneviève est née à Nanterre. L’immortel Bernard Blier est malheureusement décédé à Saint-Cloud. Le sergent-chef Chaudard Pierre Mondy est né à Neuilly-sur-Seine. Chanteuse Marie-Flore est née à Clichy. Pâtissière légendaire Claire Heitzler a son atelier à Levallois-Perret.

Que manger dans les Hauts-de-Seine ? On parle d’un département presque complètement développé. Keldelice relie 6 produits de terroir avec le département car il faisait partie de l’ancien Hurepoix, mais chaque mètre carré du département vaut plus en tant qu’immobilier que ferme. La soupe cressonnière, liée à la région, n’est plus fabriquée à base de cresson élevé ici ! (Et on a déjà fait une recette très proche de ça pour l’Essonne.) Il y a de nombreux artisans de qualité qui se trouvent dans le département, où Claire Heitzler est certainement la plus renommée, mais je vais traiter les plats parisiens comme ma source cette fois. Pour boire, il y a quand même plusieurs brasseries locales, dont Rive Droite Rive Gauche, Bière Mont-Valérien et la Brasserie Nemeto.

Mon dîner essonnien

Il y a des dîners compliqués sur ce blog, et parfois des moins compliqués. Bienvenue à l’un des moins compliqués. Je sais, si proche de Paris, c’est impossible à croire, mais en fait, ce dîner est plus typique de ce que j’imaginais au début (vous pouvez oublier tout ça pour Hauts-de-Seine). Alors, voici le velouté de cresson de Méréville et le fondant au miel du Gâtinais et aux noix :

Évidemment, à cette distance, je ne peux pas acheter les produits des terroirs nommés. Mais ça vous donnera la bonne idée. Allons les préparer !

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Je découvre l’Essonne

On continue maintenant le Tour avec le 91, l’Essonne. C’est le département le quatorzième plus peuplé et les habitants s’appellent essonniens. C’est notre quatrième séjour en Île-de-France.

Il nous a fallu 90 départements et 3 1/2 ans de ce tour pour enfin arriver dans le département avec le bâtiment le plus important de tout le pays. Je vous laisse un moment pour essayer de deviner comment vous vous êtes trompés si gravement tout ce temps. Le Louvre y est déménagé ? On a volé la Tour Eiffel ? Versailles, est-il toujours dans les Yvelines ? Qu’est-ce qui se passe ?

Je parle, évidemment, de l’entrepôt de la FNAC à 2, Rue des Champarts, Massy 91300 (lien à un site du gouvernement français). Tous mes colis de la FNAC sont expédiés de cette adresse. S’il y a un entrepôt de logistique où j’ai envie d’y visiter, ça doit être celui-ci. (Pas de photo gratuite, hélas.)

On commence notre séjour à Bièvres, pour visiter la Maison littéraire de Victor Hugo, le Château des Roches. Le célèbre auteur fréquentait cette maison, qui abrite de nos jours environ 6 500 brouillons, épreuves d’imprimerie et autres manuscrits de Hugo. Puis on visite le Château de Saint-Jean-de-Beauregard, château du XVIIe siècle, toujours en bon état, avec un pigeonnier, des écuries, un potager et un parc de 20 hectares. (Mais attention, ouvert seulement le dimanche.) À Athis-Mons, on visite un musée inhabituel, le Musée Delta, consacré à l’aile Delta, mieux connue pour son utilisation dans le Concorde et le SR-71 Blackbird — il y a un Concorde sur place pour explorer ! À Viry-Châtillon, dans le domaine du Piédefer, on trouve le Nymphée, une salle décorée complètement en rocailles et en coquillages. (Attention — ouvert seulement le samedi.)

À la préfecture, Évry-Courcouronnes (fondée en 1964 !), on trouve la Cathédrale de la Résurrection (1 étoile Michelin), la seule cathédrale de France construite entièrement pendant le XXe siècle. Son architecture hyper-moderne en brique rouge est le témoignage ultime de la valeur de toute la construction réussie du Xe au XIXe siècle ailleurs en France. Très proche, on trouve la ville de Corbeil-Essonnes, avec sa cathédrale Saint-Spire, où les bâtiments ont leurs racines dans le Xe siècle. En faisant mes recherches parmi les photos de Wikipédia, je suis tombé horriblement amoureux de Corbeil-Essonnes, alors on va prendre une balade le long de la rivière Essonne, à travers le pont de la rue de Paris. Un peu au sud-ouest, on visite Ballancourt-sur-Essonne pour le Château du Saussay, du XVIIe siècle, qui a la forme de deux châteaux identiques qui s’opposent, ainsi qu’une bibliothèque construite par la famille Colbert, celle du célèbre ministre.

On continue au sud pour le château et parc du Domaine de Courances (ouvert le week-end). Le château est un bâtiment typique du XVIIe siècle, mais le parc, labellisé « Jardin Remarquable », comprend 14 sources et 17 pièces d’eau, toutes nourries par la rivière École. À Milly-la-Forêt, on trouve la Maison Jean Cocteau, où cet artiste hors catégorie a passé les 16 dernières années de sa vie. Il est enterré dans la Chapelle Saint-Blaise des Simples, bâti au XIIe siècle mais décoré par Cocteau lui-même suit à la demande du maire. Notre dernier arrêt est Dourdan, à l’ouest du département, pour son château et Place du Marché-aux-Grains (1 étoile). Là, on explore les halles médiévales, un des seuls châteaux du XIIIe siècle à rester intact jusqu’à nos jours, et l’Église Saint-Germain-L’Auxerrois, du même époque (mais reconstruite plusieurs fois).

Qui sont les personnages les plus connus de l’Essonne ? Missak Manouchian, mort pour la France et maintenant accueilli dans le Panthéon, a été arrêté à la gare d’Évry-Courcouronnes. Héros du blog Arnaud Beltrame — connu mondialement — gendarme qui s’est sacrifié en échange d’un otage, est né à Étampes. Jean-Luc Mélenchon, homme politique, était conseiller à Massy pendant 13 ans, ainsi que sénateur d’Essonne pendant 19 ans. Le chanteur Joe Dassin vivait à Savigny-sur-Orge. La chanteuse Kimberly Mills, dite Kimberose, est née à Athis-Mons. Marcel Fournier et Denis Defforey, les plus grands hommes d’affaires de tous les temps, ont ouvert le tout premier Carrefour à Sainte-Geneviève-des-Bois. Charles Perrault, écrivain légendaire de contes de fées, vivait à Viry-Châtillon. La star du 3e plus haut film de mon classement, Françoise Rosay, est morte à Montgeron.

Que manger en Essonne ? En tant que partie de la région naturelle de la Beauce, l’Essonne partage certains plats avec ses voisins du Loiret et de l’Eure-et-Loir : le pithiviers, les mentchikoffs (déjà faits ici), et la soupe de pommes de terre et porc dit le rata beauceron. Mais l’Essonne comprend aussi la grande majorité de l’ancienne Hurepoix, où on cultive ses produits locaux, les pommes de terre Belle de Fontenay, les fraises parisiennes, la menthe poivrée, et le navet francilien (j’aurais juré que ce dernier était un film de Luc Besson). En plats principaux, on y trouve la soupe cressonnière et la quiche au cresson. En dessert, il y a le cochelin, de petits bonhommes à base de pâte feuilletée. Pour boire, il y a de nombreuses brasseries locales, dont Inkraft, La Bouledogue, et Brasserie Ox, les liqueurs de La Distillerie du Gâtinais, et de nombreuses boissons spiritueuses de La Fabrique à Alcool.