On continue maintenant le Tour avec le 95, le Val-d’Oise. C’est le département le dix-septième plus peuplé et les habitants se nomment valdoisiens. C’est notre huitième et dernier séjour en Île-de-France, notre 94e et dernier séjour dans l’Hexagone et notre 96e et dernier séjour en France métropolitaine.
Si vous ne savez pas combien de larmes j’ai aux yeux en écrivant ça, ou pensez que je suis moins que sérieux, bienvenue au blog pour la première fois.
On va visiter ce département de ma façon — c’est-à-dire qu’il faut commencer à l’aéroport Charles de Gaulle, car c’est en partie dans le Val-d’Oise (et la Seine-et-Marne et la Seine-Saint-Denis en plus !), avec une adresse officielle à Roissy-en-France. (À ne pas confondre avec Roissy-en-Espagne, quoi ?) D’ici, on commence avec une visite inhabituelle, le « village fantôme » de Goussainville – Vieux Pays, vidé pendant les années 1970 à cause des bruits du nouvel aéroport — mais qui subsiste car il y a une église classée monument historique au centre ! Au nord, on visite l’Abbaye de Royaumont (2 étoiles Michelin), fondée par Saint-Louis lui-même, pour son architecture gothique du XIIIe siècle, dont l’ancien cloître des moines et sa bibliothèque de plus de 23 000 livres. Puis à Villiers-le-Bel, on visite le Château d’Écouen (2 étoiles), ancien château du duc Anne de Montmorency — oui, un homme malgré le prénom — qui abrite de nos jour le seul musée national consacré à la Renaissance, son époque. Quelques km à l’ouest, on arrête au lac d’Enghien-les-Bains (1 étoile), centre d’une commune renommée pour ses eaux sulfurées. J’étais rendu perplexe par ce nom plutôt nordiste, même belge — il s’avère que c’est en fait nommé pour une ville en Belgique.




On continue un peu au nord, à L’Isle-Adam, avec des plages le long de l’Oise qui attiraient anciennement de tels artistes que Fragonard et Balzac — les cabines datent au XIXe siècle. Très proche, il y a le joyau du Val-d’Oise, Auvers-sur-Oise, avec de nombreux sites à visiter liés à l’art français du XIXe siècle. On y commence devant les tombes de Vincent et Théo Van Gogh, décédés à Auvers tous les deux. La Maison-Atelier de Daubigny (1 étoile), érigée en 1860 par Charles-François Daubigny, a des murs recouverts de reproductions d’œuvres par de tels artistes que Camille Corot et Honoré Daunier, qui les ont peintes à l’époque pour décorer l’atelier (les originales sont dispersées parmi plusieurs musées autour du monde). Le Château d’Auvers, construit par un homme d’affaires italien au XVIIe siècle, apparaît dans plusieurs tableaux de Van Gogh, et abrite un « nymphée », une grotte qui rappelle les lieux de culte de l’Antiquité grecque (on en a croisé un autre en Essonne).




Le Val-d’Oise cache la fin parfaite de nos balades hexagonales — quatre sites qui font un mélange du patrimoine et de la modernité, de l’Église et l’État, qui capture toute dans mon imagination dès le départ. Notre prochain arrêt est la ville de Cergy-Pontoise. Là, on visite l’une des attractions les plus atypiques de France, l’Axe majeur (1 étoile). Construit pendant les années 1980, il s’agit d’une promenade de 3 km qui relie 12 œuvres d’art public — dont une pyramide dans un lac et une tour de 36 mètres d’où on est censé être capable d’apercevoir La Défense. La cathédrale Saint-Maclou (1 étoile) date du XIIe siècle, ne suit pas son plan original cruciforme, et vaut la visite autant pour son mélange de styles que son orgue et vitraux Renaissance. À Chaussy, le Domaine de Villarceaux (1 étoile) nous attend, avec ses deux châteaux et 7 jardins (labellisés remarquables) et pièces d’eau. Notre final arrêt n’importe où dans l’Hexagone est le Château de La Roche-Guyon (1 étoile), site d’une aventure de Blake et Mortimer, un manoir imposant sous un donjon en haut d’une colline. Avec un potager ainsi qu’un jardin à l’anglais conçu par la fille du duc de La Rochefoucauld, dans un lieu qui abrite toujours une casemate de Rommel, tout en vue de la Seine, on finit bel et bien au cœur de ma France.




Qui sont les personnages les plus connus du Val-d’Oise ? Lauréate du Prix Nobel de littérature Annie Ernaux vit à Cergy depuis les années 1970. Économiste Dominique Strauss-Kahn a été maire de Sarcelles. L’artiste cubiste Georges Braque est né à Argenteuil, ainsi que le guitariste René-Paul Roux, dit Paul Personne. Argenteuil a été aussi la maison de Claude Monet pendant 7 ans, L’écrivain public et alchimiste présumé Nicolas Flamel est né à Pontoise. Savinien de Cyrano de Bergerac, connu pour sa nez de taille exceptionnelle, est mort à Sannois. Louis Daguerre, inventeur du daguerréotype, est né à Cormeilles-en-Parisis, où le chanteur Michel Delpech a grandi. Jean Bruce, auteur d’OSS 117, est mort dans un accident de voiture à Épinay-Champlâtreux.
Que manger dans le Val-d’Oise ? On est dans la région dite le Parisis ou Pays de France, qui se vante de plusieurs produits locaux — l’asperge d’Argenteuil, la pêche de Montreuil et la poire de Groslay. En plats principaux, on trouve une pâtisserie salée, la talmouse — de la pâte feuilletée fourrée d’emmental et de sauce béchamel. En dessert, il y a les macarons du Vexin, proposés par le parc naturel de la région, avec une garniture de miel local et chocolat noir et au lait. Pour boire, il y a une toute petite production de vin pinot noir et chardonnay à Argenteuil,
Mais on n’est pas encore fini ! Demain, une Langue de Molière spéciale, puis l’Outre-mer attend.























































