Désolé, mais j’ai oublié que j’avais déjà une recette à faire pour aujourd’hui. Je vous jure que Langue de Molière réapparaîtra demain.
Aujourd’hui étant Chandeleur, j’ai dû faire quelque chose de nouveau (voici 2021 et 2022 ; le dernier est la réussite des 2). Heureusement, mon amie rouennaise, qui m’envoie des idées presque tous les jours, m’a envoyé cette recette il y a un mois, et dès que je l’ai vue, je lui ai dit « Ce sera ma recette de Chandeleur » ! Voilà, les msemen :
L’autrice, qui utilise seulement son « nom d’Internet », Deli Cuisine, les décrit comme des « crêpes feuilletées », mais je les trouve plus proches du naan indien qu’aux crêpes. Mais dès que l’on dit « feuilletée », je dois au moins essayer. Et pas comme le naan, on mange les msemen avec du beurre et de la confiture. De toute façon, voici un lien vers sa vidéo.
Je continue à copier Light & Smell avec des listes de mes articles préférés au premier du mois. Ça vient d’Allez vous faire lire, mais je ne suis pas exactement ses règles. Langue de Molière est donc reporté jusqu’à demain.
Nouveaux à moi :
Grain de Sable est le blog d’une française, expatriée aux États-Unis. Si j’ai bien compris, elle est en train de raconter la vie de son grand-père pendant les années 20, et je suis entré au milieu de l’histoire, qui a commencé ici.
Suzanne35 offre, plusieurs fois par jour, des réflexions courtes sur de nombreux sujets, souvent à partir d’un dessin ou une citation, comme ici.
Les habituels :
Les paravers de Millina va en tête à cause d’un article qui m’a beaucoup touché. Il s’avère que sa sœur a jusqu’à récemment été diagnostiquée avec la mauvaise maladie. Elle souffre d’ISQSEC2, une maladie aussi rare qu’il n’y a que 10 français que la portent. Millina a donc crée un t-shirt pour gagner de l’argent pour la recherche de telles maladies rares. Je la soutiens au maximum.
Le journal des Jum’s est apparemment désormais débranché du lecteur WordPress, mais je suis ravi de vous dire qu’elles continuent. Voici un article sur la Coupe du Monde… de la Pâtisserie, remportée par le Japon cette année. À Lyon. Oubliez l’Argentine, comment est-ce que cette défaite est arrivée, les amis ?
Louloute au Chat Voyageur nous a fait visiter le Haras du Pin juste à temps pour mon article sur l’Orne. En plus, il y a son récit des Invalides, avec un déjeuner à l’Hôtel Lutetia. Devinez quel hôtel est dans mon fichier sur Paris !
Maman Lyonnaise m’a mis sur les traces de la tartiflette, une recette que je galère à confectionner sans le reblochon. Elle a aussi une super recette de Saint-Jacques, anciennement mon coquillage préféré jusqu’au moment où le prix a haussé 2 fois chez moi !
Les souris de Paris nous montre un joli projet de housse pour ordinateur. Ordinateur portable, pour être clair. Moi, j’utilise un ordi de bureau, alors j’avais des questions avant de cliquer. Aussi, c’est peut-être le cas que les petites robes noires vont avec tout (j’en entends parler, mais je suis pas expert), mais elle vous conseille comment les customiser.
Les Dédexpressions parle de pourquoi on dit « allô » en décrochant le téléphone. Vous rêvez d’être riche ou faire le parcours du monde entier ; moi, je rêve de répondre au téléphone avec soit « Ici Justin » soit « Je vous écoute ». J’ai des rêves bizarres. (Pour la bonne personne, je pourrai répondre avec « Ici Moscou ».)
Miss Biblio Addict !! critique Les Oubliés d’Astrelune, un autre roman de Laure Dargelos, qui a aussi écrit Prospérine Virgule-Point et la phrase sans fin. Il y a un risque que je doive le lire.
Carnets d’une plume parle de faire le tri avec le grande nombre de contacts que l’on accumule. Si je suis honnête, je n’aime même pas beaucoup des anciens copains de classe qui m’ont trouvé sur Facebook.
Le blog de PAF a un dessin pour remarquer que la momie Richard Gasquet vient de gagner son 16e tournoi à l’âge hyper-avancé, presque mort vraiment, de 36 ans. Je plaisante bien sûr, mais dans le monde du tennis, c’est étonnant.
Juliette nous présente Crocodiles un groupe de rock californien, donc près de chez moi, pourtant inconnu à moi jusqu’en janvier. (Il y a environ 40 millions de californiens. Je ne les connais pas tous. Mais parfois, je demande bêtement si vous vous connaissez, comme si ce serait plus probable dans un pays de 70 millions.)
Ju lit les mots offre de nombreuses citations quotidiennes, dont celle de John Dryden (un auteur britannique). Moi, qui attends jusqu’à 18 ans pour dire quelque chose à quelqu’un, je comprends.
On continue maintenant le Tour avec le 61, l’Orne. C’est le département le vingt-troisième moins peuplé, et les habitants se nomment ornais. C’est notre quatrième séjour en Normandie ; il ne nous reste qu’un département normand de plus. Ça me rend triste, parce que comme je vous ai dit, la Normandie aura toujours un avantage injuste chez moi. Et oh là là, vous allez voir exactement à quel point cet avantage existe aujourd’hui !
On commence à la préfecture, Alençon, et surtout avec exactement le genre de renseignement que j’adore, quand les Français m’aident à trouver des pépites. C’est un M. Brisavoine, connaissance de Mme Moutet, qui m’a parlé sur Twitter des vitraux, surtout de l’Arbre de Jesse, de la Basilique de Notre-Dame (1 étoile Michelin). Cette église de la Guerre de Cent Ans, récemment devenue basilique, est aussi remarquable pour ses reliquaires des 3 saints de la famille Martin, Louis, Zélie, et leur fille, Sainte-Thérèse de Lisieux. Avec une telle richesse spirituelle, on passe aussi par la maison natale de Sainte-Thérèse, de nos jours le Sanctuaire Louis et Zélie.
Notre prochain arrêt est Carrouges, pour son château (2 étoiles) très inhabituel en briques au lieu de pierres, avec un escalier d’honneur impressionnant, et le site du dernier duel judiciaire de l’histoire en 1386. Je vous conseille ces deux posts du Chat Voyageur pour explorer l’extérieur et l’intérieur en détail. Puis c’est la vieille ville (1 étoile) de Domfront, où on y trouve les ruines des vieux remparts, le donjon de l’ancien château et son jardin public (1 étoile), ainsi que l’Église Saint-Julien (1 étoile), une église en béton du XXe siècle. On part vers l’est, à Argentan, pour deux sites remarqués par Louloute au Chat Voyageur : le Musée Fernand Léger, consacré à l’artiste qui y est né, et le Mémorial de Montormel, (site officiel) où l’armée allemande a bien perdu la Bataille de Normandie en août 1944.
D’Argentan, on tourne un peu au sud-est pour Sées, à ne pas confondre avec See’s, le chocolatier californien célèbre. Mais en passant, on pourrait s’arrêter au Château de Sassy (site officiel), avec un spectaculaire jardin à la française selon les photos de Louloute. À Sées, on visite d’abord la Cathédrale (2 étoiles), érigée du XIIIe au XIVe siècle, avec encore plus de merveilleux vitraux et un autel en marbre du temps de Louis XVI. Puis on visite la Forêt d’Écouves (2 étoiles), pour faire de la randonnée parmi les « chênes, hêtres, sapins, pins sylvestres, et épicéas ».
Autel de la Cathédrale de Sées, Photo par Benjism89, CC BY-SA 3.0, Borne de la Forêt d’Écouves, Photo par Frederic.bd, CC BY-SA 3.
Un peu à l’est de Sées, on va arrêter à un endroit très important à moi personnellement, l’Abbaye de La Trappe à Soligny-la-Trappe. Les Trappistes sont l’ordre du moine américain Thomas Merton, dont son autobiographie m’a mené aux pensées de Saint-John-Henry-Newman, le modèle pour toute ma personnalité (j’échoue, évidemment, n’étant pas saint).Le reste des américains veulent y passer car notre meilleur gâteau de fruits de Noël est fabriqué par les Trappistes. Si vous ne voulez pas m’accompagner par là, essayez le Musée de l’émigration française au Canada, très proche à Tourouvre-au-Perche. Nous n’avons que deux arrêts de plus. D’abord, le Haras national du Pin (2 étoiles), surnommé le « Versailles du cheval », où on peut assister à des spectacles de chevaux ou découvrir les écuries (ces deux derniers liens sont aussi au Chat Voyageur). On finit à Camembert, village de naissance du fromage célèbre, pour visiter la Maison du Camembert ou la fromagerie Durand, la seule qui reste dans le village lui-même.
Qui sont les personnages les plus connus de l’Orne ? Il y a l’écrivain célèbre, André Breton, né à Tinchebray malgré son nom de famille et fils d’un père des Vosges. Quelle famille perplexe sur la géographie ! Le philosophe et mouche du coche Michel Onfray (je le connais depuis les années 90) est né à Argentan, ainsi que le peintre Fernand Léger (consultez le Chat Voyageur pour plus d’infos) et le linguiste Paul Teyssier. Héroïne du blog et cauchemar des fabricants de baignoires Charlotte Corday est née à Ligneries. Sainte-Thérèse de Lisieux, de qui nous avons aussi parlé dans le Calvados, est née à Alençon, ainsi que le chanteur tragiquement décédé Daniel Balavoine. Marie Harel, inventrice du camembert — le fromage le plus important de la série Miraculous ! — est née à Crouttes.
J’ai essayé quelque chose de nouveau ce week-end. J’ai assisté à une conversation organisée par l’Alliance française, qui a lieu à Moulin tous les deux week-ends. D’une part, n’importe quelle raison pour y aller pour un Saint-Honoré ou un mille-feuille (j’aurai du mal à ne pas appeler ce dernier un « Napoléon » pour toujours) est une bonne raison. D’autre part, c’est pour tous les niveaux. J’ai pas de dent contre les novices, mais j’aimerais trouver un groupe plus avancé.
En parlant d’avoir une dent contre quelqu’un, nous avons dû faire baigner M. Descarottes aujourd’hui. C’est aussi effrayant pour ma fille et moi que pour lui, parce que nous avons peur qu’il aille sauter de l’évier. Si vous n’avez jamais vu un cobaye en train de se secouer afin de se sécher, c’est l’un des trucs les plus violents que j’ai vus. Voici une photo de son dernier bain ; il n’était pas content de moi. ([Je n’en suis toujours pas, sale #%+=€ ! — M. Descarottes])
De toute façon, notre blague de la semaine traite d’apprendre de nouvelles langues. Nos articles sont :
Il y a aussi Mon dîner oisien, avec des recettes du potage Crécy et de la mousse au chocolat avec de la crème Chantilly, et Ne dites pas « les Français » !, un moment bête de la vie anglophone.
Ne me regardez pas comme ça, je suis ici pour vous parler du point auquel nos agences de presse anglophones sont connes. Je n’arrive toujours pas à croire que ça s’est passé.
Tout a commencé quand l’Associated Press a tweeté cet œuvre de génie :
Ça dit, et je suis vraiment désolé parce que vous allez devenir plus stupide en le lisant :
Nous recommandons d’éviter des étiquettes « le/la » générales et souvent déshumanisantes telles que les pauvres, les malades mentaux, les Français, les handicapés, les diplômés. Dites plutôt des choses comme « des personnes avec des malades mentaux ». Et utilisez-les seulement quand bien pertinent. [emphase ajoutée]
Je ne peux pas vous donner un lien vers le tweet original, parce qu’ils l’ont déjà supprimé avec une excuse qui a répété exactement la même chose : faut pas parler de groupes au singulier. Mais comme vous pouvez imaginer, certains ont saisi l’opportunité pour dire « évidemment, faut pas répéter « les malades mentaux » en disant les Français » :
We were more concerned that you were being redundant by saying both "the mentally ill" and "The French."
J’en ai marre de ce genre de blague. Mais si nous sommes honnêtes, Versailles serait bondé pour toujours si on y emmenait tous les gens qui ont besoin de voir la Galerie des Batailles.
Heureusement, l’ambassade a eu la bonne réponse — « Je suppose que c’est nous maintenant, l’ambassade de francité aux États-Unis » :
— Embassy of France in the U.S. (@franceintheus) January 26, 2023
Franchement, c’était juste un autre jour qui se termine par « y », comme on dit en anglais. (parce que tous les noms de jours en anglais se terminent ainsi). La langue anglaise dans toute sa splendeur, mesdames et messieurs ! Comprenez-vous maintenant pourquoi tout ceci ?
D’abord, je dois vous dire que cet article existe seulement grâce à l’aide de Light & Smell. Après sa critique de ce livre, qui m’a donné envie de le lire, elle a entendu parler que je ne pouvais pas l’acheter sur Kindle aux États-Unis, et m’a dit qu’elle allait régler le problème. Je n’arrive plus à trouver la bonne conversation, mais je me souviens qu’elle a enfin parlé à l’éditeur. Quelques semaines plus tard, voilà ! J’en ai besoin parce que ça me permet de chercher rapidement des mots dans un dictionnaire. De toute façon, je l’ai acheté le 11 novembre, et je viens de lire les 50 dernières pages en une nuit après mon examen mercredi !
Il y a à peu près 35 ans, j’ai lu l’un des livres les plus importants de ma vie, The Phantom Tollbooth (Le Péage fantôme). En anglais, naturellement, où c’est un classique de la littérature de jeunesse. Dans ce livre-là, un enfant, Milo, voyage à travers un monde où les maths et les langues sont bien réels, où on déclame son dîner, puis on mange littéralement ses mots.
Prospérine Virgule-Point me rappelle — tout heureusement — mon ancien livre. Tout d’abord, ce livre commence avec une des phrases les plus drôles que j’ai lues :
À l’époque, ce mariage avait fait scandale, car il n’était pas courant pour deux clans aussi importants que les Point et les Virgule de se mélanger et d’oser lier leurs noms par un vilain trait d’union.
Chapitre 1
Un vilain trait d’union ! L’idée elle-même est ridicule ! Pourtant, ça annonce exactement quel genre de livre on va lire. Au cas où ce serait pas clair, quelques pages plus tard, on lit :
Mme Virgule-Point n’appelait jamais son époux autrement que par son grade. Il y avait à ce formalisme une explication très simple : le maréchal avait perdu son prénom durant la guerre contre les Trémas. Cette blessure sur le champ de bataille lui avait d’ailleurs valu les honneurs militaires.
Chapitre 1
Est-ce assez clair ? Un autre exemple : un type plutôt désagréable, un certain Honoré Point-Virgule, parle avec un accent Où Tout Ce Qu’il Dit Commence Par Des Majuscules. (Plus tard, nous rencontrons sa fiancée. Elle Est Encore Pire. Au Moins Honoré s’arrête Parfois.) Où a-t-il appris ça ? À la Capitale, naturellement. Le truc dingue, c’est que je n’arrive même pas à imaginer le son dans les têtes des personnages, mais j’ai fortement l’idée qu’il sonne exactement comme la famille royale britannique, ou La Chenille d’Alice au pays des merveilles (au moins en VO). Le style de l’autrice se prête bien à l’imagination du lecteur, peu importe si on ne peut pas vraiment expérimenter son monde fictif.
Est-ce que je dois vous dire quelle monnaie s’utilise dans ce monde ? L’euro ? Bien sûr que non. Le franc ? Pas non plus. C’est le Livre, naturellement.
Au fait, pour mieux comprendre le monde du roman, les personnages du livre savent qu’ils doivent leur existence à la littérature française (et appellent notre monde le monde réel), mais ne sont pas français eux-mêmes, ni des personnages de la littérature non plus. Ça peut être un peu déroutant, et je me demandais à plusieurs fois s’ils étaient tous faits d’encre, mais c’est apparemment pas le cas. Disons que l’on peut se rendre fou en trop pensant aux règles qui gouvernent le monde de Prospérine. Il vaut mieux d’en profiter.
Il y a un tueur à gages, un certain M. A-N-O-N-Y-M-E, qui se dévoile comme antagoniste important. Je ne veux pas jouer le divulgâcheur, mais dans Chapitre 7 (de 22), son chef lui dit quelque chose qui m’a étonné :
Quant à vos Point et vos Virgule, je vais envoyer une Mary-Sue les surveiller.
Chapitre 7
Au moment de le lire, je me suis devenu fou en me demandant « On parle de la même idée d’un personnage avec trop de compétences et sans défauts qu’on entend par ce nom en anglais ? Je rêve, sûrement ! » Mais oui, c’est bel et bien elle, tirée originalement (lien en français !) des magazines de fans de Star Trek. Il me rend bien heureux de partager cette idée sans devoir l’expliquer.
Et je dois ajouter que pour autant que ce monde apparaisse mignon, pour autant que certaines choses soient difficiles à imaginer, quand M. A-N-O-N-Y-M-E font ses crimes, c’est horrifiant. L’autrice a un talent indéniable pour faire croire le lecteur à la gravité de ce monde. Tout ce parler d’encre et de ponctuation n’empêche pas l’immersion dans cette réalité et j’ai fini par détester M. A-N-O-N-Y-M-E (parmi d’autres) autant que n’importe quel meurtrier quotidien.
Mais c’est une chose de parler du monde que l’autrice a créé. Comment est-ce en tant qu’histoire ? Étonnant. Je me suis trompé sur tout dès le départ — je croyais au début que « la phrase sans fin » serait quelque chose comme « L’Histoire sans fin », qui se renouvelle éternellement. Mais en fait, c’est plutôt littéralement une phrase qui n’est pas terminée (on l’apprend vite), et ça a des conséquences graves. Sauf pour notre héroïne, je me suis trompé du destin de chacun et tous des personnages. Pourtant, il y a des indices pour le lecteur patient (et qui ne galère pas autant avec la langue). La fin est bien logique, et ma seule plainte est qu’elle se déroule plutôt vite dans les 30 dernières pages. Pourtant, je ne dirais jamais qu’il y a même la moindre partie gaspillée — ce monde est un tel délice qu’il vaut bien le coup d’y passer du temps.
J’avoue que je suis plus qu’un peu surpris que ce roman est considéré « de jeunesse ». C’est un roman fantastique, bien sûr, mais en plus de tous les jeux de mots, j’ai du mal à croire qu’un roman aussi complexe, de plus de 300 pages, convienne aux enfants de l’âge collégial.
Pour la troisième fois en trois essais, Mme Light & Smell a recommandé un livre qui valait tous mes efforts de le lire. À mon tour, je vais le recommander dans le groupe privé de l’OCA, car j’espère qu’il gagnera assez d’exemplaires vendus pour que l’édition sorte plus de livres aux États-Unis. J’espère certainement lire plus de livres par l’autrice, Mme Dargelos !
Si je suis honnête, « m’as-tu-vu » est mon mot préféré de tout le vocabulaire de toutes les langues que je connais. J’adore sa sonorité. J’adore sa structure, la question qui ne l’est vraiment pas. Et étant une grosse ordure, j’adore me décrire de cette façon. ([C’est en fait le truc le plus gentil que je dirais chez vous. — Mon ex]) Mais oh là là, j’ai une raison cette semaine !
Les certifications d’ACTFL restent valides pendant deux ans. C’est pour ça que j’espère que je prendrai finalement l’examen DELF ou bien le DALF cette année, et ne plus avoir besoin de m’inquiéter. De toute façon, puisque ma certification de lecture était sur le point d’expirer — et peut-être que j’en ai besoin pour mon CV — j’ai donc pris les examens de lecture et d’écoute mercredi. Voici les résultats :
Un niveau de « avancé-haut », reçu pour la lecture, ça vaut un niveau C1. Mon rêve est enfin réussi, au moins partiellement. Un niveau de « avancé-mi », pour l’écoute, c’est seulement un B2, mais c’est toujours une amélioration. C’était « avancé-bas » l’année dernière. Encore une fois, voici le son de succès.
Je suis absolument interdit de parler des contenus de l’examen. J’ai dû signer de nombreux accords qui leur donnent le droit de me bannir pendant 5 ans si je mentionne le moindre détail. Alors, je dirai rien sur les questions. Mais fais-moi confiance, j’aimerais tellement cafarder sur les employés chargés d’administrer les tests ! J’ai dû recommencer celui de lecture quatre fois à cause d’erreurs de leur part !
Je considère que tout ça sert à valider ma stratégie. Il n’y a rien de plus d’apprendre des logiciels. Lire des romans, écouter la radio, la télé — la vie quotidienne, tout court — ce sont les meilleurs guides à ce point. J’ai pas envie de tomber dans la connerie des réseaux sociaux, alors il me faudra trouver une source d’études plus formelles. Je soupçonne que ça s’appellera « l’Alliance française », mais en ce moment, leur horaire ne me convient pas.
Cerise sur le gâteau, demain on se réunira pour un article que je ne m’attendais pas à finir jusqu’à 2-3 semaines plus tard. Mais avec cette nouvelle, j’ai tout à coup trouvé la confiance — et l’endurance — de mettre fin à une tâche difficile. Certains devineront vite la bonne chose — merci de ne pas la divulgâcher dans les commentaires.
Il y a des fois où j’ai franchement aucune idée de ce que je cuisinerai pour un département après son « Je découvre », pourtant le dîner finit par devenir un vrai coup de cœur. Je pense surtout à la Corse-du-Sud, à l’Eure, à l’Isère… et désormais, à l’Oise. J’adore les deux plats de ce dîner, qui feront partie de ma quotidienne. Tous les deux sont plutôt faciles, mais ont l’air d’un million de dollars, comme on dirait en anglais. Voici le potage Crécy et la mousse au chocolat et au Cointreau avec de la crème Chantilly :
En anglais, « fair » (en tant qu’adjectif) veut dire « juste ». On le prononce d’exactement la même façon que « faire ». Alors comme notre ami Calimero, qui se plaignait tout le temps que c’était vraiment trop injuste, les enfants anglophones se plaignent que « it’s not fair. » Mais moi, j’ai une autre plainte sur faire.
On l’utilise beaucoup trop.
Je suis aussi coupable que n’importe qui. On a la même mauvaise attitude paresseuse en anglais. Et les japonais, eux aussi. Nous disons tous « faire » ou « do » ou «する» (suru) comme s’il n’y a aucun autre verbe dans les langues. On fait les courses, les valises, le parcours, les magasins, un tour — il n’y a presque rien que faire n’arrive pas à… euh… faire. En anglais, ma mère a un coup de faire assez grave qu’elle dit « do the candles » (faire les bougies) pour dire « allumer les chandelles sur un gâteau ». Chez les japonais, c’est assez grave qu’ils disent « ai shimasu » pour « je t’aime » — c’est à dire qu’ils font l’action d’aimer quelqu’un.
Il s’avère que je suis très loin d’être le seul à se plaindre de ce problème. J’ai cherché « verbes au lieu de faire » avec le but de trouver ceux qui en avaient marre de faire, autant que moi. J’étais pas déçu.
Par exemple, j’ai trouvé un épisode d’un podcast qui parle d’une belle dizaine de synonymes pour faire, et je ne savais même pas qu’on pourrait utiliser faire dans certains de ces cas !
Il mentionne dire « Ça fait combien ? » et le remplacer faire par coûter. Mais moi, j’ai seulement appris coûter pour ceci ! Je ne suis pas sûr que j’aurais compris le sens s’il ne l’avait pas donné !
Autre exemple : Il donne deux phrases, « Je ne m’y fais pas. Je ne m’y habitue pas. » Encore une fois, je connaissais seulement « s’habituer » pour cette utilisation ! Peut-être que le hibou vert n’était pas aussi idiote que l’on en pense.
J’ai trouvé aussi cette leçon d’un lycée rouennais. Ils font la polémique contre plusieurs verbes, non pas seulement faire — et contre « chose » aussi ! Au lieu d’avoir, ils suggèrent « comporter », « éprouver », « poursuivre », etc. Mais il faut… euh… fabriquer attention : ces mots veulent dire des… hein, comment dire selon eux… ustensiles très particuliers. On « éprouve » des sentiments, on n’éprouve pas un stylo dans sa trousse. C’est peut-être pas si facile de tout simplement remplacer faire, ni avoir non plus. Voyons.
Le tour est quand même fait joué. Je ressens ai envie de faire composer des phrases presque aussi compliqués que dans mes livres. Je tombe suis toujours pas fini avec Prospérine Virgule-Point et la phrase sans fin (80 %), mais je remarque que dans ce roman, personne ne « dit » jamais rien. Ils bafouillent, ils marmonnent, ils grondent, mais disent ? Jamais. (11 fois dans les 100 premières pages, mais presque toujours dans les paroles d’un personnage.) Je peux confectionner faire ça, je vous gronde dis !
Langue de Molière vous reverra la semaine prochaine mais encore une fois, je ne sais toujours pas quel sera le sujet.
Aujourd’hui, je serai rien que sérieux en vous racontant une histoire.
En décembre 2021, Sadie, la niece d’une copine de classe de la primaire jusqu’à la fin du lycée, a eu un accident vasculaire cérébral. Elle n’était pas du tout malade — visiblement — jusqu’à ce moment-là. Elle a tout de suite eu plusieurs chirurgies du cerveau, mais le temps que la fin du mois soit arrivé, le vrai diagnostic a changé. Elle avait une leucémie.
Pour le 3 février, sa famille a organisé une collecte de sang :
Mais c’était déjà trop tard. Elle est décédée le 31 janvier de l’année dernière.
Moi, habitant à environ 120 km de cet événement, je n’allais pas y aller. Mais je me suis enregistré avec la Croix Rouge pour donner des plaquettes ce même jour-là. Rien n’est allé comme prévu. D’abord, ils ne m’ont pas dit de ne pas prendre de l’aspirine avant le don. J’ai dû donc attendre 4 jours de plus. J’y suis arrivé encore une fois — avec mon t-shirt Indochine, bien sûr, parce que je veux toujours que ces gens fassent un lien entre vous et la bienveillance :
Malheureusement, l’infirmière a fait un joli bordel en ratant une veine, et j’ai été bien blessé. J’ai rien mentionné ici à l’époque, mais j’ai eu besoin de 3 semaines pour guérir.
Mais une promesse est une promesse. Alors le 3 mars, j’ai essayé pour la troisième fois et 2 1/2 heures plus tard — les plaquettes demandent du temps — voilà :
Vous pouvez voir que j’étais déterminé, quant au t-shirt. Mais aussi quant au sang.
Dimanche prochain, la famille de Sadie aura un autre événement en son honneur. Au lieu d’y aller, aujourd’hui je suis revenu chez la Croix Rouge, et cette fois-ci, avec moins de drame. Dois-je vraiment vous dire quelle musique jouait dans ce casque audio 100 % fabriqué en France ? Ouaip, j’ai eu assez de temps pour écouter tout le concert d’Indochine. Le seule problème, c’est que l’infirmière m’a vu pleurer pendant « Nos Célébrations » et a pensé que quelque chose de mal m’est arrivé à cause des aiguilles !
À ce point, on aurait dû être un véritable Justin du 23 juin 2002 (le jour de la pire erreur de ma vie) pour ne pas voir le futur. Surtout le reste de ce post.
Il va vous surprendre, mais je n’ai jamais rencontré Sadie. Et si vous avez fait attention ici les dernières années, il y a très peu de monde de ma vie d’avant dont je chante les louanges. Mais sa tante, Michelle, est une princesse parmi les êtres humains, quelqu’un qui n’a jamais — même pas une fois — fait partie du harcèlement scolaire. C’était un honneur de lui rendre une si petite faveur.
C’est pourquoi je suis ici maintenant pour vous parler des plaquettes. C’est en même temps le don le plus facile et le plus difficile à faire. Le plus facile parce qu’il n’y a presque aucun temps de guérison — on peut le refaire toutes les 4 semaines (toutes les 2 aux États-Unis), pas comme les 2 mois entre les dons de sang entier. Le plus difficile parce que ça prend au moins 2 heures — ils vous rendent tout votre sang, moins les plaquettes, mais c’est un processus lent. Mais c’est aussi quelque chose d’essentiel pour les patients atteints du cancer, encore plus que le sang entier. Et la pire chose ? Les plaquettes durent seulement 5 jours après le don avant de périmer. « Heureusement », il y a assez de besoin dans ce monde pourri que les vôtres ne seront jamais gaspillées.
Je vais le rendre tout simple pour vous. En France, la Croix Rouge n’a rien à voir avec les collectes de sang. Vous avez plutôt l’Établissement français du sang. Cependant, il n’est pas le cas que toutes les maisons de dons peuvent prendre des dons de plaquettes. Voici la liste. Ne doutez pas que j’ai déjà tout lu. Voici l’examen pour vérifier si vous pouvez en donner.
Mais je n’aime jamais vous laisser sans blagues, alors voici un commentaire qu’un cher ami m’a laissé après avoir vu des photos en haut. Il me connais très bien.