Avouez-le, vous n’allez jamais rencontrer quelqu’un d’autre comme moi. Bon, un belge, apparemment, mais il a grandi avec la langue ! De toute façon, aujourd’hui on va parler de mon effort de recréer quelque chose que je n’ai jamais vu, les glaces Mystère. Voilà :
Haute résolution en cliquant
Tout ça part d’une conversation à la dernière soirée de jeux à laquelle j’ai assisté, où la hôtesse m’en a parlé car je ne connaissais pas un fait divers dans un jeu. Elle m’a suggéré de les tenter, et hier soir, il y a eu une autre soirée chez elle. J’étais prêt. Allons les préparer !
D’abord, un grand merci à vous tous pour avoir reçu l’article d’hier dans le bon esprit. J’ai entendu les nouvelles en conduisant pour le déjeuner, et j’ai tout écrit pendant l’heure suivante, en attirant des regards perplexes. Honnêtement, tout est parti de la première question qui m’est venue dans l’esprit — « Que ferait Dogbert dans ce cas ? — et dès que je me suis dit « Détourner la situation de la retraite à son avantage », le reste s’est écrit. Évidemment, je connais assez bien l’actualité, mais il y a toujours une certaine peur qui va avec tenter ce genre d’humour de l’étranger. Je voulais surtout ne pas me comporter comme John Oliver ou Trevor Noah, deux soi-disant humoristes à la télé ici, des immigrés les deux, qui méprisent tous les jours le pays où ils gagnent des millions de dollars. Il y a un public pour ça, malheureusement.
Mais mon sujet hier allait être sur les voisins en bas dont j’ai envie de faire sauter leur appartement. Ça détruirait le mien, un problème, mais comme ils le méritent, avec de la musique forte jusqu’à 1h30 tous les matins. Leur argent étant apparemment plus vert que le mien (expression américaine pour se plaindre d’être mal servi par rapport aux autres), il m’a fallu deux mois de demandes avant que la gérante ne leur ait dit quelque chose. Pourtant, et vous savez que je suis sérieux, je ne ferais jamais rien en réalité contre eux. Quelqu’un doit s’occuper de La Fille et de M. Descarottes, après tout.
Aujourd’hui, les cons de mon pays — je vous jure que ce n’est pas tout le monde, mais comme c’est difficile à croire en ce moment — fêtent un meurtre politique. J’ai essayé de vous dire en été que la moitié du pays croit aux meurtres politiques comme façon légitime d’avancer son programme. Je vous garantis que personne ne connaissait le nom Brian Thompson avant mercredi, sauf ses employés, mais beaucoup de monde sont ravis de son meurtre dans une rue new-yorkaise (lien vers Le Monde).
M. Thompson était PDG de l’une de nos plus grandes compagnies d’assurance de santé, UnitedHealth. Ma seule plainte sur l’entreprise, c’est que j’y ai passé un entretien d’embauche il y a une décennie, j’ai entendu que c’était une réussite, puis rien. Mais vu son domaine, beaucoup de monde ont une dent contre l’entreprise, car elle ne paye pas toutes les réclamations. (Expliquer pourquoi ça arrive est hors sujet cette fois. Mais c’est légal en général.)
Je ne dis pas que tout le monde devrait l’aimer. Mais il a laissé une veuve et deux enfants après avoir été fusillé 3 fois en derrière par quelqu’un qui semble être un pro. Au cas où ce ne serait pas clair, les balles ont eu les mots « deny », « defend », « depose » inscrits sur leurs cartouches, d’après un livre contre l’assurance privée (lien en anglais). On dit souvent ici, « Si tu n’as rien de gentil à dire, ne dis rien ». Au lieu de ça… je n’ai pas de mots, sauf que j’ai honte de partager un pays en commun avec ces types.
Voici la réponse de Taylor Lorenz, ancienne journaliste chez The New York Times et Washington Post, maintenant chez Vox. Ça dit « J’ai écrit sur le bazar de couverture des médias sur le manque de « civilité » et « respect » en ligne après la mort du PDG de United Health. » Le dessin avec l’étoile qui sourit ? « PDG descendu ». Et le titre de son article, « Oui, « nous » voulons que les cadres d’assurance meurent ». Pour être bien clair, elle condamne les condamnations.
Voici un exemple complètement sans ambiguïté de quelqu’un qui dit « Les actions produisent des résultats » en réponse à une nouvelle qu’une compagnie d’assurances annulera une décision controversée après le meurtre :
Voici une professeure d’éthique à Saint Louis University, qui dit « Alors, je ne fête pas que le PDG de UHC a été fusillé dans la rue, je n’en suis pas triste non plus. Les gens méritent mieux que l’industrie d’assurance et les poulets sont rentrés. » Cette dernière expression veut dire que l’on a reçu les conséquences méritées de ses actions. Dit autrement, elle le trouve justifié et on peut ignorer le reste.
Il y a des milliers comme ceux-ci. Supposons qu’ils ont raison et que ce monsieur était responsable de milliers de morts. Qui a donné au tueur le droit de le fusiller dans la rue ? De risquer de blesser d’autres personnes ? De faire tout ça sans procès ? Si ce n’est pas un crime de tuer M. Thompson, ou de tenter d’assassiner un candidat présidentiel, pourquoi est-ce que la droite ne devrait pas faire pareil ?
Ces gens sont des monstres qui ne seront jamais heureux jusqu’à ce qu’il y aura une guerre civile. Et ils ont des postes d’influence.
([J’avais planifié tout autre chose pour aujourd’hui, mais vu l’actualité française, M. Descarottes souhaite reprendre la parole. — Justin])
Bonjour, les amis, c’est votre cobaye préféré, M. Descarottes. J’ai entendu parler que vous êtes désormais à la recherche d’un nouveau premier ministre. Je suis sûr que vous vous ennuyez de ce tourbillon et aimeriez tous juste regarder Fort Boyard en paix. Mais en plus, vu que vous avez du mal à choisir entre la gauche et la droite, vous avez besoin d’un autre choix, quelqu’un qui n’est là que pour soi-même. Et, euh, pour vous.
Moi.
Le candidat
Mon programme ne sera rien d’autre que populaire. Disons qu’en anglais, on dit que les hommes politiques offrent un choix entre une carotte et un bâton (lien malheureusement en anglais), et moi, je suis expert en carottes. Alors, voici le programme du gouvernement Descarottes :
La retraite à 4 ans — Je trouve cet argument entre 63 et 64 ans ridicule. Aucun membre de ma famille n’a jamais atteint ses 10 ans, et mon prédécesseur est mort à l’âge de 18 mois. On va donc mettre en place une règle plus réaliste vu les besoins de mes parents.
La réforme agricole — Je suis bien au courant des plaintes des agriculteurs et je compatis. Je ne veux surtout pas qu’ils finissent comme leurs collègues dans les Pays-Bas. Le gouvernement Descarottes imposera donc un prix minimum de 120 % des prix actuels pour les légumes. Cependant, il faudra désormais pousser seulement les carottes et les laitues.
La réforme du Conseil — Il faut que la sobriété budgétaire commence au sein de mon gouvernement. En conséquence, je n’aurai que deux ministres, un âne et un serpent. Pourquoi ne pas avoir des vrais pour une fois ? Si vous avez besoin de traduction, leur porte-parole sera M. Laurent Gerra, car il est déjà expert en parler pour tout le gouvernement.
Relations étrangères — Il n’y aura pas de guerre en Europe sous mon gouvernement. Cependant, à partir du premier jour, nous serons en guerre contre le Pérou. Ça durera jusqu’à ce qu’ils reconnaissent les droits des cobayes et arrêtent de nous manger.
La réforme judiciaire — Depardieu et Palmade seront condamnés à nettoyer ma cage tous les jours, sans plus de procès. Ce sera télévisé sur LCP, et les publicités qui iront avec paieront la dette. Le gouvernement déménagera au ZooParc de Beauval au cas où ils finiraient trop vite.
La réforme fiscale — Même chose pour les acteurs qui ne payent pas leurs impôts. Depardieu ne s’en sortira vraiment pas !
La transition écologique — Il faut baisser la consommation d’électricité, mais n’étant un gouvernement ni de droite ni de gauche, la peine doit être partagée. Les médias de M. Bolloré et les concerts des rappeurs seront donc tous les deux interdits. Avec du temps, je crois que même leurs fans comprendront la sagesse de cet échange. En plus, l’équipe du PSG sera interdite de voler en jet privé, d’après la loi Mbappé du 10 décembre. (Je sais qu’il n’est plus là. C’est juste un hommage.)
Droits des animaux — Le Canard enchaîné peut continuer de se publier, mais il faut libérer les canards. Si le Dauphiné pouvait le faire, eux aussi.
Recherche scientifique — Je veux que nous soyons les chercheurs les plus prestigieux en génétique, car c’est l’avenir. Chaque département sera donc chargé de développer sa propre variété de carottes si une n’en existe pas déjà. Les AOP pour tous !
Liberté d’expression — Garantie comme avant, sauf que l’expression « les carottes sont cuites » sera interdite. C’est une pensée dégoûtante.
Mais je ne veux pas que vous pensiez que c’est juste un complot pour laisser le gros mettre les pieds en France. J’ai deux idées pour lui, à choisir par une vote pendant un téléthon (on va lui rendre utile pour un but caritatif ; je suis généreux comme ça). Est-ce que l’on va le renvoyer dans les terres australes avec rien à manger sauf des escargots, où il n’aura le droit qu’à donner des leçons d’anglais par Zoom ? Ou est-ce que l’on va le rattraper dans une boule en plastique à la frontière espagnole afin qu’il puisse voir la France sans y entrer, pendant que tout le monde lui parle en espagnol ?
Descarottes — 49.3 carottes dans les pots de chacun !
Après 6 semaines d’absence, Langue de Molière est de retour avec quelque chose que je garde depuis presque deux mois déjà, le fruit de ma quête de chercher si une expression américaine avait croisé l’Atlantique.
Parfois quand je fais quelque chose jamais essayé avant, je le décris avec « en criant Geronimo ». Voici deux exemples :
Depuis le départ en mars 2020, mon habitude est de me lancer dans des sujets français en criant « Geronimo ! »
Le deuxième de ces exemples explique le contexte. Geronimo était un chef amérindien du XIXe siècle, qui a lutté contre les mexicains, puis les américains. De son tour, il a pris ce nom espagnol, la traduction du Saint-Jérôme (plus précisément, on l’écrit Jerónimo en espagnol), des soldats mexicains, qui le criaient pendant les batailles en tant que prière. Il passait les 20 dernières années de sa vie en tant que prisonnier de guerre, mais sa réputation était déjà de légende.
Plus tard, avec l’invention de la parachute, à ne pas confondre avec l’invention française d’Abraham-Louis Breguet, le pare-chute, on a eu l’idée bête de sauter des avions. L’armée américaine, pendant la Seconde Guerre mondiale (lien en anglais) a adopté une habitude de hurler « Geronimo » en sautant des avions, et de cette façon le nom est venu à devenir une expression pour une plongée la tête la première dans l’inconnu.
Les jeunes américains, n’ayant aucun esprit patriotique, n’utilisent plus cette expression — malgré l’approbation de sa famille. Mais comme d’hab chez eux, ils ont une attitude très sarcastique, alors avant de faire une bêtise, ils diront souvent « Hold my beer », littéralement « Tiens ma bière ». (Rappelez que selon moi, « tu » est la seule traduction du « you » anglais, à moins que ce soit la Reine Elizabeth II qui le dit.)
Je voulais savoir s’il y avait une expression équivalente en français, mais franchement, il n’allait pas me surprendre si l’on l’a simplement cité en anglais. J’étais ravi de découvrir, tout de suite, une chanson hilarante par un groupe dit « Noir Silence », nommée « Tiens ma bière ». C’était exactement ce à quoi je m’attendais :
Pour un peu plus de contexte, j’ajouterai que le groupe dit de la chanson :
TIENS MA BIÈRE vient d’une blague sur les Beaucerons qui dit que 70% des gens qui se présentent à l’urgence en Beauce et à qui on demande ce qui s’est passé, leur histoire commence toujours par: «Fake… j’ai demandé à mon chum de tenir ma bière.»
J’ai vite trouvé une preuve que cette expression est connue au Québec et s’utilise de même façon. Voici un t-shirt vendu par une entreprise qui vend une image de « cowboy d’asphalte ». Merci de ne pas faire des « rodéos urbains » à mon nom :
Juste hier, j’ai découvert une autre chanson, téléchargé sur YouTube la veille, mais je ne suis pas complètement sûr si ça compte. Ça s’appelle aussi « Tiens ma bière », et apparaît être le travail d’une chanteuse québécoise, une certaine Natalie Colen. Mais le débit de nouvelles vidéos sur la chaîne, et le manque total d’autres infos sur Internet (c’est difficile à rechercher, car Google traite son nom comme une erreur à la recherche de Natalie Cole), me font penser à un escroc à la sauce IA.
J’ai aussi trouvé un exemple dans un journal québécois, Le Devoir, avec une conjugaison plus formelle :
Google, un monopole ? Tenez ma bière, dirait l’autre. Attendez de lire ces nouveautés automnales sur Amazon, Facebook, Intel et le milliardaire Elon Musk, qui débarquent enfin en français au Québec.
Malgré l’origine beauceronne de Noir Silence, je dois en conclure que si cette expression est courante en français, c’est largement sur Internet. Dommage. Quand La Fille avait ses 2 ans mais avait déjà commencé à montrer un côté casse-cou, je plaisantais qu’elle pensait « Tiens mon lait ». Je voulais lui donner une mise à jour pour utiliser avec ses amies.
Alors : y a-t-il une autre expression que les jeunes Français utilisent avant de tenter une bêtise comme ça ? Ne me dites pas que non, car la France est le pays du meilleur gros-titre de tous les temps :
Mi-novembre, j’ai reçu un courriel complètement inattendu de la part de mon auteur préféré, Guy-Roger Duvert. Parmi les miracles du blog, c’est qu’au-delà du fait que G.K. Chesterton et Frank Herbert sont morts depuis très longtemps, je ne peux même pas imaginer écrire cette phrase sur n’importe quel auteur que j’aime en anglais. Pourtant, nous voilà. De toute façon, il m’a demandé si je me souvenais de lui, humoriste qu’il est ! Et si oui, est-ce qu’il me dérangerait de lire son premier livre en anglais et laisser un avis sur Amazon ?
Naturellement, malgré le fait que j’étais en plein milieu d’écrire la Grande Fête du Tour, je lui ai dit oui, mais qu’il me faudrait une semaine pour le faire. Et voilà, je vous ai dit que je l’avais fait, sans dévoiler l’auteur ni le livre, 8 jours après avoir reçu son courriel. Quand est-ce que on va enfin comprendre que l’on peut me faire subir vraiment n’importe quoi, tant que l’on me le demande en français ? Cependant, cette fois, il me l’a demandé en anglais. Je le pardonne pour ça, car le livre était en anglais, mais vous avez sûrement la bonne idée. ([Ouais. Au travail, les brouteurs ! — M. Descarottes])
Revenons à nos fans de Justin Bieber…euh, je veux dire, nos moutons. Backup est déjà paru en France (lien non-rémunéré vers Amazon.fr), sous le même titre, en 2020 ; on parle ici d’une traduction. Vu que les droits de propriété intellectuelle me barrent d’acheter des livres numériques en France, je ne fais pas trop attention à Amazon là, alors je n’étais pas au courant que le livre existait. Au moment de sa demande, la version Kindle n’était toujours pas disponible aux États-Unis ; M. Duvert m’a envoyé le bon fichier gratuitement en échange de mon avis (lien non-rémunéré vers Amazon en anglais).
M. Duvert n’a jamais eu peur de se lancer au milieu de l’action dès la première page, et après quelques pages pour nous expliquer ce qui est Backup — une entreprise qui garde des clones de ses clients contre la possibilité de leurs morts — l’histoire ouvre avec nôtre héros, le policier Aiden Romes, à la rescousse d’une jeune femme kidnappée. Il s’avère que la femme est la fille du fondateur de Backup, et les ravisseurs sont des gens qui s’opposent à Backup pour des raisons religieuses. Natsuko, la partenaire d’Aiden est gravement blessée pendant l’opération, mais survit. Reconnaissant, M. Kugelman, le fondateur de Backup offre des inscriptions aux deux policiers — Aiden l’accepte, mais pas Natsuko.
J’espère que vous connaissez déjà Total Recall, mon film préféré de Schwarzenegger. Dans ce film-là, l’héros s’endort dans le labo d’une entreprise qui offre de faux souvenirs de vacances, d’affaires amoureuses, quoi que ce soit. Mais quelque chose ne va pas et il se réveille au milieu d’une urgence et procède à avoir tout genre d’aventures folles. (Il y a des raisons à croire qu’en fait, tout est une réussite et le reste du film n’est que les faux souvenirs du héros. Mais c’est ambigu.) Backup se déroulé de façon similaire — mais dans ce cas, il me semble bien clair que tout est réel dans l’univers de l’histoire. Je fais la comparaison plus pour la violence et la vitesse de l’action qu’autre chose — Aiden se retrouve dans une situation après une autre où les agents de Backup veulent le tuer.
Je ne veux rien divulgâcher. Disons que j’ai deviné quelque chose d’important bien avant la fin, mais je me suis gravement trompé sur les conséquences de cet événement. J’ai énormément profité des idées abordées dans ce roman, surtout l’éthique de jouer avec les esprits des gens de cette façon. Si vous avez lu assez de la série Dune pour connaître les gholas, on est là, et les fans du Cinquième Élément ou de Blade Runner en profiteront aussi.
J’étais hyper-curieux de l’expérience de lire celui-ci en anglais car je considère que je reconnais assez bien le style de M. Duvert, et je voulais savoir si ça se traduirait. Il y une tendance dans l’écriture française de ne pas répéter les sujets d’une phrase à la prochaine, comme ça :
L’amiral n’était pas un tendre. Même dans le milieu militaire, il avait souvent été perçu comme dur, peu sociable. Soucieux de remplir ses tâches, doté d’un sens aigu du devoir, mais avec un caractère peu diplomate.
Outsphere, Chapitre 3 (caractères gras par moi)
J’ai mis les sujets des 3 phrases en gras pour illustrer ce que je veux dire. Il n’y en a pas dans la 3e phrase, mais c’est complètement naturel en français. En anglais, je ne dirais pas que ce style n’existe pas, mais c’est moins commun et plus dur à lire. Les deux premiers chapitres sont plus comme ça, alors j’ai eu du mal ; après, l’écriture passe rapidement à un mode beaucoup plus actif, et beaucoup plus naturel. (Je ne peux pas vous donner un exemple du livre lui-même car la version française serait la mienne ; c’est pour ça que je cite Outsphere.)
J’espère que celui-ci sera une réussite en anglais, car je n’hésiterais pas à partager les livres de M. Duvert avec des gens ici qui ne peuvent pas le lire en VO. Mais je n’ai aucun doute que vous aimerez Backup également dans son français original.
Merci à vous tous pour avoir supporté un mois entier de rien que de pensées abstraites, de souvenirs, et de crédits. C’était un peu un avant-goût du livre — pas le même texte, mais la question de m’intégrer et la reconnaissance sont des thèmes importants.
Puis-je avouer que je suis un peu déçu par l’accueil du Grand Bilan ? Peut-être qu’il y avait trop de contenus déjà vus ici, mais je n’ai jamais demandé à personne de deviner quels seraient les choix finaux. Alors je m’attendais à des commentaires pour me dire soit « je l’ai su » soit « non, mais sérieusement ». J’étais à un millimètre près de choisir le Paris-Brest comme le dessert du Tour, et ça aurait suscité des commentaires, mais les macarons devaient être le choix. C’était enfin pareil pour Seine-Maritime — après 3 ans de propagande rouennaise ici, il ne pouvait que finir ainsi.
Mais même pas des critiques des chiffres du dernier paragraphe ? Les 246 fromages venaient évidemment d’une citation du général de Gaulle, et j’ai des sources pour 40 000 châteaux et 45 000 églises, mais même ma source originale pour les châteaux a été mise à jour pour compter 45 000. Et je ne peux plus trouver ma source originale pour les vins ; beaucoup de sources plus récentes comptent à peu près 3 200. J’ai prise une décision de ne pas corroborer ce texte avec des liens afin de ne pas distraire les lecteurs, et il s’avère que pour une fois, c’était vraiment discutable. J’avais décidé de laisser rester le texte comme je l’ai écrit en 2021, mais on aurait pu le critiquer justement.
Je suis allé dans un resto, Seasons 52, pour Thanksgiving cette semaine, avec mes parents, La Fille, et mon frère. Le resto a une idée intéressante — tous lets plats font moins de 595 calories. Ils réussissent souvent ce but en mettant trois fois rien sur l’assiette en facturant autrement, mais au moins on n’y grossira pas. Voici la dinde avec sa sauce aux canneberges, de la purée de pommes de terre, des haricots verts, et ce qu’on appelle « stuffing », une farcie de pain et d’herbes qui est censée être cuite à l’intérieur de la dinde, mais finit souvent par être cuite séparément. En plus, il y a une toute petite verrine en dessert, façon tarte à la citrouille :
Je vous rappelle mon Thanksgiving 100 % français fait pendant le Covid en novembre 2020, pour moi tout seul : la dinde façon Wellington — en croûte avec des champignons, des patates douces à l’érable et aux noix, de la sauce aux canneberges, du pain de mie au poivre (selon la recette d’Apollonia Poilâne), des asperges sauce hollandaise et en dessert, un succès à la citrouille. Voyez-vous pourquoi je veux avoir quelqu’une pour partager tout ça ? Il y avait trop de restes !
Notre blague traite des chasseurs. Les Bonnes Nouvelles concernent une chienne perdue. Nos articles sont :
On continue maintenant avec le reste de ma vie. La balado reprendra son horaire d’apparaître le lundi, et Langue de Molière sera de retour le mercredi. Mais décembre sera plutôt léger par rapport aux 3 derniers mois. J’ai envie de faire moins de recherches et ne pas planifier de dîners compliqués.
Je continue de copier Light & Smell avec des listes de mes articles préférés au premier du mois. Ça vient d’Allez vous faire lire, mais je ne suis pas exactement ses règles.
Nouveaux à moi :
Il Est Quelle Heure Je pourrais écrire tout un billet sur celle-ci, et peut-être que je devrais. Pourquoi est-ce que je vous dis de laisser tout tomber en ce moment et écraser le bouton pour vous abonner sur vos écrans ? Parce qu’elle a le sens d’humour de Jours d’humeur, écrit sur les cookies comme Péla, fait de bons calembours, et a une relation avec son chien qui me rappelle fortement M. Descarottes. Elle se plaint, justement, dans le premier de ces liens, qu’elle ne se fera jamais aussi connue que ma conne-citoyenne Kim Kardashian. Ce que je trouve ridicule car son blog vaut beaucoup plus que l’enregistrement qui a fait connaître Mme K. Alors, pourquoi est-ce que vous êtes toujours là ? Allez, abonnez-vous. La liste en bas patientera.
Et s’il vous semble en revenant que j’ai oublié de mentionner quelque chose, lisez aussi ce lien. Je ne sais pas si j’ai autant appris d’une autre personne en si peu de temps, mais la liste de telles personnes doit être très, très courte.
C’est le temps de terminer la Grande Fête du Tour avec le bilan du tout. Je ne dirais jamais qu’en 2020, je croyais que ce jour n’arriverait pas. En fait, je croyais qu’il arriverait fin 2022, que j’écrirais sur un département par semaine. Et pendant les deux premiers mois du blog, c’était même le cas. Puis, les billets ont commencé à devenir plus détaillés ; les recettes, plus ambitieuses. Et je me suis rendu compte que le Tour allait devenir le grand projet de ma vie.
Il y a très, très longtemps, quand les dinosaures régnaient, George Washington était président et j’étais enfant, comme dit ma fille, il y avait un blogueur très populaire aux États-Unis, Andrew Sullivan. Il avait l’habitude d’écrire des apartés au milieu de ses articles, comme ça : ([T’es le seul à trouver cette blague drôle — Éditeur]). J’aimais le lire, et j’ai copié ce style quand j’ai lancé un blog en anglais en 2004. Mais j’ai inventé d’autres personnages même à l’époque.
Cette fois, je n’avais besoin d’inventer personne. M. Descarottes, La Fille et moi sommes tous réels, même si mon ex trouve 2 des 3 dommage. (Elle est allergique aux cobayes, et vraiment, pas comme mes allergies aux choux de Bruxelles, aux épinards, et à tout autre légume.) Cependant, on est à la fin du générique, alors c’est le temps pour chacun de tirer sa révérence. Ne vous inquiétez pas, c’est la fin du Tour, pas du blog. Mais comme la meilleuresérie de vidéos basées sur un jeu vidéo, Team Fortress 2, c’est le temps de « Meet the Team » (Rencontrez l’équipe).
Je vous ai déjà raconté la biographie de M. Descarottes, alors parlons de lui en tant que personnage. À partir de sa première apparence, j’ai reconnu qu’il était l’un de mes deux patrons à la maison. L’autoproclamé « cobaye de Beverly Hills », il se vante de me traiter de serveur, car c’est exactement notre relation. C’était lui qui a insisté sur écrire la recette du gâteau aux carottes, afin de vous convaincre que ça vaut mieux de donner les carottes aux cobayes plutôt qu’en faire des gâteaux. C’était lui qui m’a menacé de ne pas revenir de France sans un sac de carottes de Meaux.
Il est vraiment aussi gourmand que ça. Les commentaires sarcastiques sans cesse à propos de moi, c’est un peu le style de l’éditeur fictif de M. Sullivan, mais c’est aussi comment je vois la vie ici. Je dis probablement trop sur certains échecs personnels, mais le mettre dans sa bouche me semble toujours mieux que râler sans cesse des autres. C’est au moins plus humoristique.
La Fille telle que vous la connaissez est exactement sa vraie personnalité. Je vais vous raconter une histoire 100 % vraie à propos d’elle. Quand elle avait juste 1 an — et je veux dire vraiment environ 12 mois — je l’ai amené à Teuscher Chocolates (lien en français), un chocolatier suisse hyper-cher avec des boutiques dans nos grandes villes. Je lui ai acheté quelques papillons en chocolat. Elle ne pouvait pas dire un mot à l’époque. 6 mois plus tard, nous sommes revenus dans le même centre commercial — mais pas du même côté. Elle ne pouvait pas voir le magasin d’où nous nous sommes garés. Pourtant, ce bébé de 18 mois s’est exclamé « butterfly chocolate! » (papillon en chocolat). J’ai tout de suite compris exactement quel genre d’enfant elle était, et depuis ce temps-là, je la traite comme un adulte autant que possible. Une autre fois, je vous raconterai deux histoires de ses 3 ans, presqu’aussi folles.
Je sais depuis longtemps qu’elle n’aurait jamais le droit de s’exprimer ailleurs, alors je lui offre l’opportunité de me donner la réplique autant qu’elle veut, tant qu’elle n’est pas sincèrement méchante. Si vous avez lu « Des dialogues avec ma fille » ou sa suite, vous savez qu’elle s’en sert. Mais ses notes à l’école sont parfaites, et je n’ai jamais connu quelqu’un d’aussi peu cupide de ma vie. Elle veut juste que je lui fais des cookies et des macarons de temps en temps, et ça suffit. Je n’ai rien pour m’en plaindre, et j’espère qu’il est clair à quel point je suis fier d’elle.
Il y avait un autre personnage, qui a tiré sa révérenceà jamais plus tôt cette année, au moins sur le blog. Moins j’en dis, plus nous sommes tous heureux.
Ça nous amène enfin au dernier personnage du blog, celui que La Fille a surnommé « Le Narrateur » chez nous. Suis-je lui ? Nous sommes assez similaires, l’un de l’autre, mais sur le blog j’ai souvent assez de temps pour mesurer mes mots. J’ai récemment dit à un ami anglophone que le truc dont je profite le plus ici, c’est que j’ai un plus petit vocabulaire et que mes sujets sont plus limités que dans la vraie vie. Ça donne au « Narrateur » un aspect plus normal que la vérité. Évidemment, il y a quelque chose d’un peu hors commun à propos d’un type qui a réussi un niveau B2 en moins d’un an, mais au-delà des fois où je sors la philosophie ou le génie électrique, on peut prendre le Narrateur pour n’importe qui dans la rue. Ça me rend plus heureux que vous ne pouvez l’imaginer.
Il ne nous reste que le Grand Bilan demain, et avec ça, le Tour des Départements sera enfin terminé.
On continue le générique du blog avec les gens qui ne font partie de la communauté du blog, mais sont quand même inestimables pour Un Coup de Foudre ailleurs. Je parle principalement de Twitter, d’Instagram, et un petit peu de BlueSky, mais aussi quelqu’un de spécial qui ne sait même pas que j’existe, et quelque chose dont on ne parle plus.
Le joueur de flûte de Hamelin par Kate Greenaway, Domaine public
Il faut que je commence avec mon journal préféré au monde entier, Le Canard enchaîné. Au début, j’ai lancé le blog avec une colonne dite « Le Dessin de la Semaine », où je partageais mes dessins préférés du Canard. Ce qui m’a impressionné chez Le Canard, c’était qu’ils se moquaient de tout le monde, non pas seulement leurs adversaires. Et quand Mme Borne et M. Attal ont pris le rôle de Premier ministre, rien n’a changé. Aux États-Unis, se moquer de l’une ou l’autre serait la fin de carrière pour quelqu’un, à cause de leurs identités personnelles. Il est absolument impossible à exprimer à quel point j’admire cette partie du caractère français.
Les rédacteurs m’ont demandé d’arrêter cette publication, ce que j’ai fait sans hésiter, car ce n’était jamais mon but de les blesser. C’est pourquoi chaque billet se terminait avec la demande « Si vous avez aimé ces dessins, abonnez-vous au Canard enchaîné ». Je le fais toujours, et je reste enthousiaste de leur compte Twitter.
En parlant de cette ancienne histoire, je dois mentionner la personne que j’aimerais interviewer la plus pour la balado. C’est pas Nicola Sirkis, ni Véronique Sanson, ni même France Rumilly (j’ai fait des enquêtes plus tôt cette année, pour aller avec les 100 Films). C’est en fait M. Castex, qui faisait partie de beaucoup de mes dessins préférés pour toutes les mauvaises raisons (voilà, voilà, et surtoutvoilà). J’aimerais — sincèrement — entendre la réplique de sa part, parce que j’imagine qu’il a des avis. Certainement, Le Canard avait du mal à le quitter, car les blagues continuaient après sa démission (voilà et voilà). Franchement, je me reconnais plus qu’un peu chez lui.
Tournons à Twitter. Je n’ai jamais acquis un grand nombre d’abonnés là, et M. Musk pénalise tout tweet contenant des liens, alors vu que je l’utilise pour faire de la pub pour le blog, ça ne sert plus à grand-chose. Mais il y a plusieurs comptes là qui restent des trésors : les journalistes Anne-Élisabeth Moutet et Emma Ducros, la traductrice Bérengère Viennot, et l’écrivaine Aurore Ponsonnet. Nicolas Cavelier, un cuisinier d’exception, a toujours des photos intéressantes. Passion MLB, compte du meilleur site francophone sur le baseball, reste aussi un préféré. Méta-Brouteur, le génie qui a inspiré mon propre effort de troller un brouteur, est une légende.
BlueSky ne fait pas grande partie de mes efforts — aucun traffic ne vient ici de sa part — mais si vous vous souvenez de Homer et ytrezaa, ceux que j’ai appelés les « bons œufs de Twitter », ils sont désormais sur BlueSky. La seule connaissance que j’ai seulement de BlueSky, Kate Violette, est américaine comme moi, mais elle a des racines françaises et les explore là de façon bilingue. Amie du blog LeyArts se trouve aussi sur BlueSky., ainsi que Mesdames Moutet et Ducros.
Mes efforts sur Instagram ont bien augmenté cette année, et j’ai certaines connaissances à recommander là. Mathilde’s Little Things n’écrit plus son blog, mais son compte Insta contient de nombreux reels en français sur les États-Unis, et est mis à jour régulièrement. Amie du blog Marie-Luce partage ses dessins là, et les Dédexpressions d’Audrey Langevin aussi.
Aurore.gos est une maîtresse des macarons qui m’étonne avec son originalité (et est hyper-gentille en plus) :