Aujourd’hui est l’anniversaire de mon amie rouennaise, et vu son amour pour le Mexique, toutes les années je prépare un dessert mexicain pour l’occasion (gâteau aux trois laits, chocoflan). Cette fois, c’est les churros. Oui, à 9 000 km, je dois aussi les manger à sa place, mais c’est ça le fardeau d’être moi.
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Cette fois, notre dessert ne prend qu’environ une heure du début jusqu’à la fin. La mauvaise nouvelle, c’est que les churros sont à leur meilleur chauds, au moment d’être réalisés, et ne se conservent pas très bien. La bonne nouvelle, c’est qu’aucun churro de qualité n’a jamais vu le lendemain pour que ce soit un problème. Allons les préparer !
Les pires années aux États-Unis sont sans doute celles avec une présidentielle, à ne pas dire que j’aime bien les autres. Je vous ai parlé avant des textos sans cesse pendant des mois de la part de tout et n’importe quel candidat. Puis on passe directement à 3 semaines de publicités pour Black Friday, suivies par l’escroc dit « Cyber Week », et après ça, un mois de pubs pour Noël. On a maintenant commencé à recevoir les pubs vraiment désespérées, celles qui promettent des livraisons gratuites ou avec des remises, si seulement on commandera plus de stuff.
Moi, je suis déjà prêt. Plus tard cette semaine, on parlera de ce que La Fille recevra pour Noël. Étant un mauvais pere qui s’en fout de son seul et unique enfant — demandez à sa mère — j’ai planifié plusieurs cadeaux sans lui demander la moindre chose sur ses intérêts. (Veuillez ne pas dire à mon ex que c’est car je les connais déjà.)
Mais le calendrier me trahit. À mon avis, on a vu ce qui serait le meilleur film de presque n’importe quelle autre année, ce que j’ai déjà appelé le meilleur film de tous les temps en octobre, Transformers : le commencement. Mais ça, c’était avant les bandes-annonces pour le troisième volet de Sonic le hérisson. La seule blague que j’ai vu (à ce point) qui marchait en français, c’était quand on a demandé à l’ami de Sonic, Tails, « Et toi, tu es le détective Pikachu ? » (Les oreilles se ressemblent fortement.) Faites-moi confiance, j’ai plié de rires. Mais je dois attendre une semaine de trop parce que La Fille part chez sa mère la veille de la sortie du film.
Comme dit mon héros Calimero, c’est injuste. C’est vraiment trop injuste. (Je n’ai jamais entendu parler de Calimero jusqu’en 2020. Mais on reconnaît vite les âmes sœurs.)
Il faut que j’ajoute que les films de Sonic posent de graves problèmes de traduction. La meilleure réplique du deuxième volet fait référence à un personnage bien connu des livres pour enfants américains. J’ai entendu la réplique en français — on a acheté le film le plus vite possible — et ça ne tombe pas du tout. C’est comme si un américain regardait le troisième OSS 117 avec toutes ses blagues sur Casimir. Ô. J’ai fait ça — et j’avais déjà fait un poisson d’avril sur Casimir 2 ans plus tôt !
Puis-je vous dire le truc le plus dégoûtant que j’ai appris cette semaine ? On considère que le meilleur entraîneur du football américain est un nommé Bill Belichick. Il a 72 ans. Tout le pays vient d’apprendre que sa nouvelle copine n’a que 24 ans (lien en anglais). Dit autrement, si je faisais la même chose, la mère de ma copine serait enceinte avec elle grosso modo maintenant.
Je suis si fier d’avoir annulé mon abonnement à la télé. Pas un centime à ce monsieur de ma part !
Je viens de finir le premier numéro du bulletin de l’OCA pour 2025. En janvier, j’irai à son Assemblée Générale pour la première fois et serai élu à mon poste avec le reste de l’équipe. Croyez-moi, il n’y aura pas d’autres candidats, mais M. Descarottes menace de faire barrage contre moi quand même.
Notre blague traite de la mémoire. Il n’y a pas de Bonnes Nouvelles Françaises cette semaine pour manque de temps, pas à cause d’une catastrophe. Nos articles sont :
Les gros-titres sont : Analphabète, Poivre, et Espion.
Sur le blog, il y a aussi VoiceOver, sur mes expériences avec les technologies d’accessibilité d’Apple, Moniteur de glycémie, sur un changent de cet équipement chez moi, et Ma bûche américaine, sur l’accueil de ma dernière bûche de Noël.
Ce n’est pas ma bûche de Noël annuelle. J’essaie de créer une nouvelle bûche chaque année, et on n’est pas encore là. Mais hier soir était le dernier événement de l’OCA pour 2024, une soirée tarot, et je voulais faire quelque chose de spécial. Mais j’ai oublié quelque chose d’important. Si la malchance n’existait pas, je n’aurais pas de chance.
Alors, d’abord, parlons de la bûche de Noël. Presque personne ne se souvient de ma bûche de 2021, parce qu’il n’y avait qu’une petite poignée d’abonnés à l’époque. Mais c’était une des grandes réussites du blog. Je l’ai adapté du livre « Desserts by Pierre Hermé » (écrit avec une américaine ; je ne sais pas si « Mes desserts préférés » est exactement le même livre en traduction, mais c’est similaire) , où il a publié un gâteau dit Riviera — des couches d’un biscuit au chocolat sans farine, une mousse au chocolat, et une crème au citron. J’ai ajouté de la gélatine à la crème au citron, remplacé le biscuit sans farine avec du pain de Gênes, et remplacé la mousse au chocolat avec un insert de mousse aux 3 chocolats.
Après en avoir parlé avec La Fille, j’ai remplacé le pain de Gênes cette fois avec le biscuit au chocolat sans farine. Et j’ai décidé de hausser le niveau de décoration. Voici une photo de la bûche telle que je l’ai démoulée :
C’est joli, mais elle manque de décoration. J’ai donc réalisé une meringue italienne et l’ai pochée au-dessus avec une douille Saint-Honoré :
Je l’ai flambé au chalumeau, tout comme une tarte au citron. J’étais si fier des résultats :
La meringue pourrait être un peu plus symétrique, mais c’était littéralement la première fois où j’ai fait ça — j’ai pratiqué sur une assiette avant de le faire, mais c’est autre chose quand on fait ces choses là où tout doit être parfait. Pierre Hermé aurait honte de moi, et je l’assume car il aurait raison.
Tout est bien allé pendant le trajet jusqu’à la maison de l’hôte. Mais quand je suis descendu de ma voiture, la meringue a glissé et est tombée à côté de la bûche :
Ce n’est pas la pire chose. Je ne sais pas comment régler cette situation, mais même moi, je dirais que mes intentions étaient bonnes.
Je ne sais pas de quoi je parle.
Il y avait quelqu’une là que je connais depuis deux ans déjà, mais qui n’a jamais assisté aux soirées de tarot. Je la connais de mon groupe de cinéphiles. On n’a jamais eu de problèmes entre nous. Cependant…
Pendant la pause pour le dessert, tout le monde, dont elle, a goûté ma bûche. Ma bûche d’après Pierre Hermé. Il fallait que je me rende compte que Dorie Greenspan, sa collaboratrice, était aussi américaine que moi. De toute façon, cette femme, divorcée célibataire comme moi et qui a peut-être 4-5 ans de plus que moi, s’est lancée dans un discours devant moi, en s’adressant à un français de naissance, où elle a annoncé que (je paraphrase légèrement) :
« J’ai épousé un américain, mais ça n’a pas marché car il y avait trop de différences culturelles. Personne n’est vraiment capable de s’adapter à la culture française. Même mon dernier copain, un italien, ne l’a vraiment comprise. »
Je restais silencieux, le moral dans les chaussettes, car il me semblait qu’il n’y avait que deux explications possibles. Soit je suis si invisible que l’on peut dire tout ça devant moi en me connaissant sans se rendre compte à quel point je serais offensé, soit elle a compris exactement ce qu’elle disait mais a voulu m’envoyer un message. Au cas où, bien sûr, car rien ne s’est passé entre nous.
Je pensais à quitter l’événement en ce moment, mais j’ai fini par décider que ce serait pour le pire. En même temps, j’ai atteint ma limite. Je ne dérangerai plus personne avec une autre bûche américaine. La prochaine fois, j’apporterai des Twinkies.
Couvertures de : Orthodoxie, L’Appel d’Am-Heh, L’espion qui venait du froid, Le second degré n’est qu’une température, et L’Arche de Noé
Ce livre qui… est le premier que j’ai lu : Absolument impossible à dire en anglais ni en espagnol, mais en français, c’était Le second degré n’est qu’une température. Si celui-là ne compte pas, car c’est juste une série de blagues, puis L’Appel d’Am-Heh. En anglais, c’était probablement un truc de la série Dick & Jane pour apprendre à lire, où toutes les phrases ne font que 3 ou 4 mots. En espagnol, possiblement le recueil de Gabriel García Márquez L’Incroyable et Triste Histoire de la candide Eréndira et de sa grand-mère diabolique ou son roman L’amour aux temps du choléra. J’ai lu beaucoup de ce monsieur au lycée.
Ce livre qui… m’a fait le plus pleurer : Oh là là, probablement Tristana par Benito Pérez Galdós, sur une fille malchanceuse qui habite avec un ami de ses parents après leur décès, le diabolique Don Lope. Il la séduite, elle tombe amoureuse d’un peintre, puis elle perd une jambe, le peintre la quitte et sans personne au monde, elle épouse Don Lope juste pour avoir quelqu’un. C’était horrible. (J’ai dû le lire à la fac.)
Ce livre qui… a été relu plus de deux fois : Il n’y a pas de question — Dune. Je le relis toutes les 3 ou 4 années depuis le collège. C’est le meilleur. Mais j’ai aussi relu 1984 par Orwell 6 ou 7 fois à ce point.
Ce livre qui… attend toujours que je le finisse : Uh-oh, faut avouer toute ma PAL, hein ? L’Arche de Noé, par Marie-Madeleine Fourcade, m’attend sur mon appli Kindle pendant 2 ans et demi déjà. Nid d’espions à Canton par Guy-Roger Duvert attend aussi depuis trop longtemps. Plus récemment, La Signare de Gorée par Laura Rahme. Il y a une autre réponse qui vous fera perdre la tête, mais je la garde jusqu’en janvier. Comme vous allez tous rire !
Ce livre qui… est mon livre de chevet : Orthodoxie par G.K. Chesterton, le seul livre relu plus que Dune de ma vie. Ma copie depuis le lycée est dans un état pitoyable, mais c’est ce qui arrive quand on relit un livre plusieurs douzaines de fois. Il nous faudra en parler plus de M. Chesterton.
Ce livre qui… m’a déçu : Je ne peux pas dire Sandworms of Dune, même si on en a parlé, car je savais avant de l’ouvrir qu’il serait la nullité par excellence. Je choisirai donc Prélude à Fondation par Isaac Asimov. Tout le Cycle de Fondation se considère comme un chef-d’œuvre en anglais, et Asimov était une grande influence sur beaucoup d’écrivains de science-fiction, mais il écrivait ses humains comme des robots. Et dans ce livre, ça arrive au point où son personnage principal épouse un robot. (Je le ferais pour R. Dorothy Wayneright de la série anime The Big O, mais aucun autre robot.) Beaucoup trop de coïncidences « chanceuses » dans ce livre aussi ; une fois fini, j’ai dit « Non, mais sérieusement » (mais en anglais).
Ce livre qui… devrait être lu par tout le monde : Le Nommé Jeudi, par G.K. Chesterton. À la fois une dénonciation de la violence politique et l’un des livres les plus drôles que j’ai lus. Si on veut une suggestion moins « message », soit Le Dernier Restaurant avant la fin du monde par Douglas Adams soit L’espion qui venait du froid, le seul livre que j’ai lu sans un seul mot gaspillé.
Ce livre qui… est le dernier que j’ai lu : Backup par Guy-Roger Duvert. Mais c’était en anglais. Est-ce que ça compte ?
Peut-être que vous vous souvenez de ma déception plus tôt cette année lorsqu’après 18 ans avec le même moniteur pour mon diabète, j’ai essayé quelque chose de nouveau — et ni l’appli ni le moniteur n’ont tenu leurs promesses de fonctionner en français. Je veux dire avant de continuer que je ne risquerais jamais ma santé pour ce qui suit, et que je crois sincèrement que c’est une amélioration pour d’autres raisons. Ça dit :
J’ai changé de lecteur car mon ancien coûtait des sommes de folie pour les bandelettes réactives, et quand j’ai découvert que la même entreprise vendait un lecteur qui coûterait la moitié pour le matériel, sans une vraie perte d’exactitude, j’étais ravi de faire le changement. Mais il y a trois mois, quand j’ai enfin eu l’opportunité de faire une comparaison entre le lecteur et les résultats du labo, j’étais tout sauf ravi. Puis j’ai lu des tests indépendants, et j’étais très déçu d’apprendre que LifeScan, la manufacture, avait vraiment perdu sa réputation pour qualité. Cependant, je passe maintenant 6 mois entre rendez-vous chez le médecin, et il me restait un bon stock de bandelettes, alors je n’ai rien fait à l’époque.
Cette semaine, j’ai enfin épuisé les vieilles bandelettes. Alors j’ai acheté un lecteur « Contour Next One« , censé être le seul qui réussite une erreur de +/- 10 % plus de 95 % du temps. En plus, les bandelettes ne coûtent que 38 centimes chacune, mieux que les 50 du dernier lecteur, et beaucoup mieux que les 1,30 $ de mon premier lecteur. Les chiffres ont toujours besoin de travail de ma part, mais ce n’est pas la faute au lecteur. Mais l’appli qui va avec, c’est le septième ciel. Vous allez vous moquer de moi, mais allons-y.
Quand j’ai lancé l’appli pour la première fois, les résultats n’étaient pas prometteurs. C’était tout en anglais, mais avec l’option de changer de langue. On verra :
Un « OK » plus tard, oh là là, mais tout va pour le mieux pour une fois !
Ce que j’aime déjà, c’est qu’il n’y a pas de messages sur le moniteur lui-même, juste les chiffres. Ça rend la tâche de soutenir une appli plurilingue plus facile. Il y avait plusieurs autres pages de cette introduction :
Finalement, le moment de vérité — une fois je crée un compte, est-ce que l’appli me dira « On est aux États-Unis, parle l’espagnol, toi ! » ? L’autre truc l’a fait. (Ainsi que l’anglais, pour être clair.)
Mais non ! Ils m’ont même envoyé un courriel bien écrit. Qu’est-ce qui arrive ? Ils veulent acheter ma fidélité, quoi ?
En plus, ce truc est très mal adapté aux goûts américains. Où est donc passée la soixante-dizaine de genres ? (Lien à un site médical bien réputé en anglais.)
Il me me dérange pas d’avouer comment je gère le diabète ; pas encore d’insuline pour moi, mais le nombre de cachets quotidiens a atteint sa limite.
J’aimais bien le tableau de mon ancienne appli de LifeScan, qui montrait environ dix jours de résultats à la fois, mais celle-ci a ses vertus. C’est très facile à lire , et j’aime que le symbole pour le jeûne est une pomme barrée. Moi aussi, je dis non aux fruits ! Bon, je plaisante.
Pour être clair, toutes ces données sont juste pour moi. Ça fait 18 ans où je vis avec cette maladie et aucun de mes docteurs ne m’a jamais demandé de voir les résultats de mon lecteur. Ils ont leurs labos. Si mon docteur voulait suivre mes résultats, je n’hésiterais pas à tout gérer en anglais. Mais puisqu’il n’y en a pas besoin, c’est une opportunité pour tenter vivre encore plus de la vie 100 % en français.
Pendant la pause de Langue de Molière, j’étais chez Quattro Caffe, mon resto italien préféré ici. C’est bon — je rêvais d’y aller avec quelqu’une, avant d’avouer la réalité — mais je vous dirais très franchement que ce n’est pas le meilleur au monde. Je suis là toutes les deux semaines car l’équipe me connaît très bien. Ce à quoi je ne m’attendais pas du tout, c’était que j’y dirais « Il faut que j’écrive sur ça pour Langue de Molière ! ». Mais nous voilà.
Voici mon plat préféré là depuis 20 ans déjà, « spaghetti frutti di mare », ou comme on dirait, les spaghettis aux fruits de mer. Ce plat n’a jamais apparu sur la carte — il faut faire attention aux serveurs pour savoir qu’il existe :
Spaghetti aux fruits de mer chez Quattro Caffe
Mais ces spaghettis ont une propriété peut-être inattendue. Le propriétaire du resto est un immigré italien, Antonio Cagnolo ; le gérant Domenico est aussi italien — mais l’équipe, en cuisine ainsi que les serveurs, est toute mexicaine (c’est commun en Californie du Sud). Et les mexicains aiment leurs piments (si vous êtes perplexe sur ce sujet, consultez ma recette du chili colorado). C’est pour ça que pendant une décennie, l’équipe me m’apporte toujours deux verres de thé glacé, mais ne m’en facture qu’un. Et c’est pour ça que je reste un si fidèle client.
En anglais, on dirait que ce plat est « hot ». Mais en le commandant la dernière fois, il m’est venu dans l’esprit que nous avons une habitude curieuse que l’on ne trouve pas en français. On utilise « hot » également pour « chaud » et pour « épicé », et ça ne permet pas de distinguer facilement entre les deux sens. On dit donc parfois, à haute voix, « I mean temperature-hot », « Je veux dire « hot », sens temperature » ou « spicy-hot », « « hot », sens épicé ». Dans les deux cas, on les prononce comme s’il y avait un trait d’union entre les deux mots. Alors, je ne dirais jamais en français ce que je dis en anglais, car le français est plus précis dan ce cas.
N’imaginez pas que le français est toujours plus précis — on a parlé du fait que « spectre » se traduit également par ”spectre » pour un fantôme, et « spectrum » pour la gamme de couleurs. Mais il est difficile d’imaginer un cas où l’on aurait vraiment besoin de distinguer entre les deux avec ce geste de trait d’union.
Il me semble que je n’ai jamais entendu non plus en français un autre comportement verbal que l’on fait en anglais avec un trait d’union à l’orale. Parfois, on veut suggérer que quelque chose ne fait vraiment pas partie d’une catégorie. Alors, on entend des choses comme « Luigi a tué le PDG, et c’est un crime, mais est-ce un crime-crime ? Après tout, je déteste la victime. » On ne trouve jamais ce style dans l’écriture formelle ; peut-être que ça se trouve dans des livres genre YA, pour imiter les paroles des gens de 20 ans. Je ne sais pas. Mais comme je le dis, je l’entends souvent en anglais, mais jamais en français.
Pour revenir sur « hot » pour un instant avant de finir, on dit ça aussi en anglais, sens « chaud », pour exactement le sens de mon gros-titre un peu coquin. Mais jamais tout seul ; on dit plutôt « hot and bothered », littéralement « chaud et embêté », mais pour laquelle mon dictionnaire Oxford préfère « se mettre dans tous ses états ». Alors merci d’excuser mes compatriotes s’ils disent « chaud » et vous le trouvez un peu inapproprié. Ils veulent presque certainement dire « chaud, sens température ». Enfin, probablement.
Langue de Molière vous reverra la semaine prochaine à la ferme de Mathurin.
Ça y est, on est arrivé à 1 500 articles en autant de jours, plus un. (Je l’ai vérifié avec une calculatrice.) Ça comprend une séquence de 896 jours de suite. (Les captures d’écran en bas sont des remplacements pour des temporaires avant la publication.) Je savais que ce jour arriverait ; or, après le Grand Bilan du Tour et la fin des 100 films, je me sens comme si j’ai déjà assez écrit dans ce registre pour l’année.
Pour les 500 posts du blog, j’ai annoncé le lancement de la balado. Les 1 000 posts était l’occasion d’une rétrospective. Au-delà d’une page Facebook (jamais lancée afin de ne rien signaler à mon ex), je n’ai pas envie de lancer un autre canal pour le blog — il n’y a pas assez de traffic sur Twitter, Instagram ou Spotify pour le justifier — alors que faire ?
Je suppose que l’on aura une autre rétrospective, mais de façon très différente. Tous les octobres, je vois une augmentation du trafic qui met grosso modo le niveau pour l’année à venir, car Google revalorise les sites. Cette année, ça veut dire que même des choses que j’avais oubliées sont trouvées par tel ou tel Internaute. Voici des pépites que vous ne connaissiez pas, ou avez probablement oubliées :
Le tuvoiement : J’ai une faiblesse pour inventer des mots en français, et ceci est l’un de mes préférés, après poubelletaine. Ceci était pour décrire l’expérience d’avoir des gens avec qui je fais des aller-retours entre le tutoiement et le vouvoiement, parfois dans la même conversation. Rien n’a changé, mais c’est amusant.
La manne céleste: Avant la disparition de myPanier (il existe toujours, mais seulement en ligne), j’aimais tellement y aller dans l’espoir de trouver telle ou telle nouveauté. Et parfois, si on annulait une commande, quelque chose de surprenant serait là. Ce jour-là, c’était un sac de Savaroises de St-Michel. Je tuerais pour un sac de Savaroises en ce moment.
L’humour Martine : Il me semble que je ne devrais même pas savoir que les livres de Martine existent. Après tout, le temps que j’aie commencé, j’étais déjà beaucoup trop vieux pour ces livres. Pourtant, j’ai fait partie de nombreux groupes qui partagent des parodies de leurs couvertures. (Ils disparaissent régulièrement, probablement à cause de plaintes venant de l’édition.)
Une astuce pour voyager aux États-Unis : Je ne suis pas opposé à notre système de pourboires pour les serveurs. Mais depuis le Covid, on a perdu tout sens. J’ai récemment vu un comptoir dans un resto, uniquement pour des commandes à emporter, qui demandait 20, 25 ou 30 % comme pourboire. Pour rien, à des employés qui gagnaient déjà le SMIC (le pourboire est censé être au lieu du SMIC). On n’a jamais autant payé pour si peu de service.
Parlons en japonais : J’ai expliqué la signification d’un t-shirt de mon premier cours de japonais. Il y a beaucoup de choses dans les archives ici qui n’ont rien à voir avec la France, mais valent quand même au moins un sourire.
À la pharmacie : Dans les griffes d’un rhume, j’ai fait un cauchemar sur ce qui m’arriverait en France si j’étais tombé malade. J’ai donc fait mes recherches sur les noms des médicaments. Sauf pour une catégorie qui sentait le piège.
Le mensonge de «Black Friday» : À cause de la Grande Fête du Tour, je ne pouvais pas revisiter ce billet injustement oublié, car écrit tout au début, la vérité derrière l’une des expressions que je déteste la plus en anglais. Suivi « comme le blanc sur le riz », comme on dit en anglais, par « Cyber Monday », et de nos jours « Cyber Week ».
Le vrai chez Tricatel : Impossible à sur-estimer l’influence de L’Aile ou la cuisse sur moi. Alors quand j’ai découvert que Jacques Tricatel était un très légèrement déguisé Jacques Borel, j’ai dû en savoir plus. Mon père et La Fille n’avaient aucune idée à quel point j’étais ravi quand nous avons dîné chez Courtepaille un soir, car cette entreprise est l’un des successeurs de M. Borel.
Mais je dois conclure en vous disant que vous avez tous raté la meilleure blague du blog lundi. Personne n’a écouté la balado, alors personne n’a entendu le nouveau slogan de la campagne de M. Descarottes :
Des carottes pour tous, et tous pour Descarottes.
Je pourrai écrire 1 500 billets de plus, mais je ne dépasserai jamais celle-là !
Aujourd’hui, je ne serai que sérieux, enfin presque, car je veux sincèrement que tout le monde prenne quelque chose en compte. Ce que vous faites avec les infos suivantes est à vous, mais ça m’est important.
La semaine dernière, j’ai tenté le défi de la blogueuse Il Est Quelle Heure, de lire l’article lié ici avec l’aide de VoiceOver, la technologie d’iOS qui permet l’accessibilité aux lecteurs aveugles. Surtout, elle voulait que l’on essaie de lire le texte alternatif d’une photo de son chat. J’ai eu des aventures à cet égard, car activer cette technologie n’est pas grand-chose, mais la maîtriser, c’est tout autre histoire.
Pour ce qui suit, j’ai changé la langue de mon portable en français. Si vous voulez vivre le vrai cauchemar, faites comme ma première expérience, et gardez la mauvaise langue pour le portable par rapport aux textes lus en ligne. Ces technologies ne s’attendent pas à des cas de figure plurilingues, et liront les textes un caractère à la fois.
Alors, on va commencer par activer VoiceOver. Ça se trouve dans le menu d’accessibilité dans les réglages pour iOS :
Une fois sélectionné, la vie va vite changer, car tout élément sur l’écran en fera partie. Dès que l’on active VoiceOver, il y aura beaucoup de nouvelles options. Vous voyez que « Parole » est sélectionné ? On va toucher deux fois — une fois sera désormais juste pour sélectionner, pas pour activer — et choisir la voix :
La voix au début s’appelle Thomas. Je suis sûr qu’il est un chic type, mais pour mes buts, on va la changer. Je ne sais pas quelle soit la différence entre une Audrey de qualité et une Audrey premium, mais après quelques essais, j’ai fini par choisir Aurélie. Il y a longtemps, j’ai dit à La Fille que si je pouvais tout refaire, elle s’appellerait Aurélie. Non, je n’en connais pas une. J’aime le son, c’est tout. (Si vous avez lu cet autre billet soigneusement, peut-être que ce n’est pas toute l’histoire. Mais je l’ai dit bien avant.)
De toute façon, je recommande fortement que vous suivez le tutoriel offert. Voici une petite vidéo du début pour mieux comprendre :
Même avec de l’expérience, vous pouvez voir que je rate souvent les gestes de balayer. Voici une autre courte vidéo, de naviguer au bon blog dans mes abonnements, puis de trouver l’article, puis de trouver l’image. Ça passe moins vite que d’hab, car VoiceOver soulignera chaque élément le long du chemin :
Vous aurez remarqué qu’il y avait deux descriptions de l’image. La première était en fait générée par une IA après avoir analysé les contenus. L’autre, c’était la légende, lue à haute voix.
Ouvrons maintenant le même article dans le navigateur Safari, pas au-dedans l’appli. Les choses changeront. Écoutez le texte lu par Aurélie, qui je vais mentionner autour de mon ex sans divulguer son identité :
C’est très différent de ce que l’on a entendu de ma chère Aurélie — l’IA ne savait pas que le chat de l’image s’appelait Stella. Ce que vous venez d’entendre cette fois, c’était le texte alternatif, écrit par l’autrice d’Il Est Quelle Heure afin de communiquer aux aveugles exactement ce qui est dans la photo. Peut-être que vous aurez remarqué que l’appli WordPress a sauté le texte alternatif — il est bien possible que j’aie raté un paramètre, mais je veux attirer votre attention vers quelque chose d’important. La légende avec le lapin était trompeuse. Si vous avez l’habitude de relier les légendes au texte du billet, et peut-être y faire des blagues — je le fais, certainement — ça pourrait tromper les lecteurs aveugles. Le texte alternatif, c’est pour eux.
Voici où trouver le texte alternatif pour l’ajouter à vos photos dans l’appli :
Et au cas où vous utiliseriez la version web :
C’est la toute première chose au-dessous du titre « Réglages ».
Si vous avez joué n’importe quelle de ces vidéos, vous savez que VoiceOver recommence à nouveau à chaque fois où vous interagissez avec n’importe quel élément sur l’écran. Je suis sûr qu’un utilisateur plus doué que moi a des astuces pour réduire les diversions. J’avais déjà commencé à ajouter des textes alternatifs à partir du début novembre, mais cette expérience m’a vraiment enseigné l’importance pour ces lecteurs. Et je pouvais tricher en étant voyant !
Je ne trouve pas que ce soit un grand effort, mais ce sera différent pour chacun. Je ne ferai honte à personne qui laisse le texte vide. Mais pour moi, tous les lecteurs sont égaux, sauf pour ce nouvel abonné et ses confrères :
Je fais donc tout ce que je peux pour les accueillir, et j’espère que vous penserez à faire pareil.
Je dois demander si on a remarqué qu’il y avait deux références cachées dans le slogan de M. Descarottes. Le 49.3, c’est assez évident quand on parle de premiers ministres. Mais les carottes dans les pots de chacun, c’était le détournement d’un slogan américain tiré directement d’Henri IV, mentionné dans mon dîner eurélien. En 1928, un slogan lié à Herbert Hoover (mais pas dit par lui), gagnant de la présidentielle cette année-là, était « a chicken in every pot » (un poulet dans chaque pot). Le roi Henri IV avait dit « Je veux que chaque laboureur de mon royaume puisse mettre la poule au pot le dimanche. »
Au fait, je ne savais pas au moment d’écriture que M. Palmade avait enfin reçu sa récompense méritée. Il peut quand même nettoyer la cage en question.
Il faut que je partage ce petite capture d’écran du forum de l’OCA en ce qui concerne les glaces Mystère, écrit par le responsable de l’événement :
Honnêtement, je ne cherchais pas ça, mais je l’apprécie tellement.
Demain, vous aurez droit à un post important. (Couvrez les yeux, M. Jours d’humeur.) Lévitique 19:14 nous dit « Tu ne maudiras pas un sourd, tu ne mettras pas d’obstacle devant un aveugle ». Il y a des jours, j’ai fait une expérience qui m’a bien sensibilisé à la vraie signification de cette phrase, et on en parlera.
Langue de Molière sera reportée d’un jour cette semaine, car mercredi verra le 1 500e post du blog. Quand j’atteins les multiples de 500, je fais toujours une petite rétrospective. Si cette année a vu un peu trop de bilans, c’est seulement car beaucoup de longs projets sont terminés en même temps.
En faisant mes recherches pour les Bonnes Nouvelles cette semaine, j’ai croisé cette nouvelle où le plus vieil oiseau sauvage connu au monde entier vient de pondre un œuf à ses 74 ans. C’était très dur à lire ; ça fait plus de 11 ans depuis mon dernier rendez-vous et je suis beaucoup moins âgé que ça. Et à penser que son partenaire ne sait même pas cuisiner. Je suppose que ça haussera le niveau d’ironie quand vous lirez le bilan de l’année le 31. Disons que j’aurai enfin reçu mon vœu des trois derniers tels bilans de façon inattendue.
Notre blague traite de la sagesse des enfants. Les Bonnes Nouvelles Françaises concernent exactement ce à quoi tout le monde pense cette semaine, mais avec des artisans en vedette ; j’ai essayé de trouver autre chose, mais 3 semaines d’animaux retrouvés n’allait pas arriver. Nos articles sont :
Les gros-titres sont : Clone, Busch Light, et Mousquetaire. Je crois que ce dernier est le gros-titre le plus hilarant de toutes les 2 1/2 années de la balado. Vous le trouverez vers 16m31 de l’enregistrement.
La Fille veut que j’écrive ce billet, même si l’on ne l’a pas discuté à l’avance. Il y a un sujet où nous sommes complètement en désaccord, et bien qu’elle ait tort, je ne sais pas si on parle de la même chose en France, au moins de même façon. Toutefois, je crois que même si je me trompe du vocabulaire, il n’y a pas d’homme au monde entier qui ne comprendra pas exactement de quoi je parle.
Carte d’identité californienne (modèle), Photo par Department of Motor Vehicles, Domaine public
Mettons une scène hypothétique. Supposons que vous êtes au supermarché, et ne savez pas où trouver la poudre de perlimpinpin. On pourrait demander à un employé quel rayon chercher. Mais honnêtement, il n’y a jamais assez d’employés, et il est fort probable qu’une fois trouvé, le malheureux aille juste dire, « Je ne sais pas » ou pire « Faut que je le demande au gérant », et en plus vu que c’est une poudre, c’est probablement soit une aide de pâtisserie soit un produit de santé et je peux vérifier les deux rayons plus vite que ça, et si ce n’est pas là, je vérifierai le rayon d’épices, et ainsi de suite.
Si vous avez lu tout ce paragraphe en disant, « Mais c’est ridicule », vous êtes une femme. Si vous hochiez la tête tout le long du paragraphe précédent, félicitations, vous avez gardé votre carte d’homme.
Autre exemple : Vous êtes enfermé dans une toute petite pièce avec une bombe nucléaire qui explosera d’ici 10 minutes. Sur le sol est un scientifique, kidnappé par les mêmes terroristes que vous, gravement blessé mais toujours capable de parler. Sur la table, à côté de la bombe, est un livre intitulé « Manuel pour désactiver les bombes nucléaires », signé par le même scientifique, mais il fait 500 pages. Vous faites quoi ?
Si la réponse est « Demander de l’aide au scientifique », vous êtes une femme. Si vous dites plutôt, « Il n’y a pas de temps à perdre ! Faut que je m’en débrouille tout seul ! », votre carte d’homme reste valide.
Mieux vaut mourir dans une boule de feu que d…d…d…demander ! Beurk, je me sens tout sale juste pour l’avoir dit !
Vous avez sûrement une idée de quoi je parle, maintenant. En anglais, on parle de la « man card », une sorte de carte de membre en tant qu’homme. Ce n’est jamais imprimé, mais on peut quand même la perdre en faisant certaines choses. Demander de l’aide pour chercher quelque chose. Lire un mode d’emploi. Avouer que l’on ne sait pas quoi faire.
Il ne faut pas confondre ça avec le fait que nous refusons tous de l’aide dans les magasins quand on l’offre sans demande. De nos jours, il est impossible de flâner dans une grande surface sans qu’un vendeur s’impose. Ils veulent vous mettre de la pression pour acheter quelque chose. Les clientes féminines ne sont pas aussi dérangées par ça que les hommes, car elles sont plus sociables. Mais les clients masculins ne s’intéressent pas du tout aux avis des vendeurs, qui ne comprennent pas ça.
Il arrive souvent que La Fille et moi soyons quelque part tel que Home Depot (pensez à Leroy Merlin) ou Macy’s (pensez à Galeries Lafayette, mais seulement en dehors du Boulevard Haussmann). J’aurai du mal à trouver quoi que ce soit, et elle me dira, « Just ask » (Il suffit de demander). À chaque fois, je commence à faire des grimaces malades, tousser violemment et cracher les lettres « a-s-k » un par un. Elle insiste qu’il n’y a pas de telle chose qu’une carte d’homme, que je ne risque rien, et qu’en plus, je fais semblant de souffrir.
Mais elle dirait exactement ça. Elle est une fille, après tout. Et moi, je ne plaisanterais jamais sur de telles choses. Ça risquerait de me faire perdre ma carte d’homme !