Portrait de Molière par Nicolas Mignard

Un meurtre de corbeaux

Encore une fois, Langue de Molière doit paraître à l’avance, car mercredi est bel et bien pris cette semaine.

Ce n’est pas exactement la Langue de Molière planifiée pour aujourd’hui, mais vu que j’adore dire que quelque chose est tombée toute cuite dans mon bec (expression que je n’ai découverte qu’il y a deux semaines), je dois écrire sur ce merveilleux tweet de Bérengère Viennot :

Source

Pour être tout à fait clair, elle est un de mes abonnements préférés sur Twitter — hyper-drôle, et tant que vous n’êtes pas con, très sympa.

De toute façon, elle explique le problème :

J’ai lu ça et tout de suite pensé à « Game of Thrones », connu en français sous le nom Il ne va jamais la finir « Le Trône de fer ». Plusieurs de ces livres ont des titres qui jouent avec la habitude anglophone de donner des noms marrants aux groupes d’animaux. Mais j’ai eu une sacrée surprise !

Volée de corbeaux, Photo par Zeynel Cebeci, CC BY-SA 4.0

Les noms des livres en français ? « Le Trône de fer, L’Intégrale : Tome 1 », « Le Trône de fer, L’Intégrale : Tome 2 », etc. Chacun de ces « tomes » est sorti en anglais en tant que roman lui-même, avec son propre titre. Je ne savais pas que chacun a été divisé en de plus petits brochés. Alors, le premier tome est sorti en France en deux parties, « Le Trône de fer » et « Le Donjon rouge ». En anglais, ce premier tome, dit « A Game of Thrones« , fait 694 pages. Les deux « plus petits » tomes en français font 420 pages et 468 pages. Le français est beaucoup de choses, mais concis n’en est pas une.

De toute façon, on peut lire certains de ses titres en anglais comme s’ils sont des noms de groupes. Par exemple, le deuxième tome s’appelle « A Clash of Kings », et on peut le traduire « La bataille des rois », exactement ce que les éditions ont fait avec le troisième broché de la série. Mais il y a sept royaumes dans son histoire, et on peut lire ça d’autre façon, comme si une « bataille » était le nom d’une collection de rois.

Le français n’a que quelques mots pour des troupeaux d’animaux. S’ils marchent sur terre, c’est un troupeau. Dans les airs, c’est une volée d’oiseaux, un essaim d’abeilles, ou une nuée de locustes. Dans les eaux, c’est un banc de poissons ou de baleines ou quel que ce soit. Ça épuise plus ou moins les choix.

Mais en anglais, on trouve plein de noms. Une volée de corbeaux est « a murder », un meurtre. Une volée d’oies est « a gaggle », un mot qui voudrait dire une bande pas-trop-organisée si on parlait d’êtres humains. (Je crois que vous comprenez ce que je veux dire par cela.) Mon dictionnaire Oxford ne donne que « troupeau » pour gaggle, et ça manque vraiment l’esprit original. Une volée de chouettes est « a parliament », un parlement. Une collection de lapins est « a colony », une colonie. Un banc de poissons est « a school », une école. On utilise parfois des adjectifs en tant que noms pour cette exercice ; par exemple, des grands corbeaux font partie d’une cruauté (an unkindness).

Pour être clair, vous ne passeriez jamais un examen qui traite de ces noms dans n’importe quel cours de biologie. Ces noms sont largement littéraires (sauf pour l’école de poissons), et jouent souvent avec les traits de caractère liés aux animaux. On parle d’un meurtre de corbeaux parce que les corbeaux sont bien liés avec la malchance et la mort. On parle d’un parlement de chouettes car on pense à ces oiseaux en tant que des animaux sages.

Pour revenir au pauvre M. George R.R. Martin, son troisième tome s’appelle « A Storm of Swords ». En français, ça se vend sous les noms « Les brigands », « L’Épée de feu », « Les Noces pourpres » et « La Loi du régicide », mais maintenant que vous avez le goût de ce jeu de mots anglais, on pourrait bien le traduire « Une tempête d’épées ». Ou « Le Trône de fer, L’Intégrale : Tome 3 ». Je m’en fiche. M. Martin se moque de ses lecteurs « jusqu’à la banque », comme on dit en anglais. (On dirait plutôt « remplir ses poches » en français pour ça.)

Mais une fois compris, c’est facile à voir comment de tels noms marcheraient en français. Une nullité de rappeurs. Une lâcheté d’hommes politiques. Un égoïsme de footballeurs. Même une paresse de George R.R. Martin !

Langue de Molière vous reverra la semaine prochaine pour parler d’autres écarts linguistiques.

Saison 2, Épisode 35 — Jamais assez de Sèvres

Je ne sais pas ce que j’ai fait du bien, mais cette semaine a été une réussite pour la balado au-delà de toute attente. C’est l’épisode le plus écouté — de loin — de toute son histoire. (L’ancien record, 310 lectures.) J’ai raté tous mes efforts pour vous trouver un nouvel invité pour cette semaine, mais je vous promets — 5 Minutes Avec n’a pas dit son dernier mot. J’espère que cette augmentation d’auditeurs continuera, car ça m’aidera à avoir d’autre monde.

C’est encore une fois la semaine de Thanksgiving ici. Je dois vous dire que je suis soulagé que ça aille rater mon anniversaire par un jour. Tout comme les anniversaires à Noël, où les malchanceux ne reçoivent qu’un cadeau pour les deux, quand mon anniversaire arrive le quatrième jeudi de novembre, je n’ai qu’une tarte à la citrouille avec une bougie en dessert. Pour être clair, j’adore la citrouille et les épices qui vont avec. Mais c’est paresseux. C’est quand même moi qui doit faire mes propres gâteaux d’anniversaire.

Suivez-vous l’Instagram de Mathilde’s little things ? Pendant cette semaine, elle a publié une belle série de vidéos avec ses aventures à New York City. Columbia University, les feux d’artifice, le hockey sur glace, et un marché de Noël. Ça vaut le coup de les regarder toutes !

Je suis encore une fois ravi de vous parler de Chargering par excellence. Encore une fois, ils ont perdu au tout dernier moment. Ne me croyez pas sur parole ; regardez les maths qui vont avec. Il était une fois, je souffrais à cause de ça, mais maintenant, j’en profite !

Malheureusement, ce week-end j’ai raté deux événements de l’OCA. Une soirée de jeux de société, ainsi qu’une soirée cinéma. Le film aurait été Simone, Le Voyage du siècle, sur Simone Veil. À vous de me dire si je devrais essayer de le trouver autrement.

Et pourquoi les ai-je ratés ? J’ai la joie de vous dire que mon petit frère est ici pour nous rendre visite pour Thanksgiving. Peut-être que je vous parlerai de l’autre grande tradition de Thanksgiving, se disputer autour de la table. Il en est maître.

J’ai inventé un nouveau francisme pour cet épisode de la balado, qui apparaît tout à la fin. À vous de le trouver

Notre blague traite des vacances, et c’est un peu épicé. Je vous rappelle qu’à partir de cette saison, les blagues sont disponibles du menu en haut, avec une semaine de retard. Nos articles sont :

Sur le blog, il y a aussi Mon dîner yvelinois, l’omelette d’asperges et la tourte à la chair de poire, Les procès, sur certains abus du système légal américain, et Félicitations à Cook&Record, où je note le nouveau bébé de ma cuisinière préférée.

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Félicitations à Cook&Record

Ça fait trop longtemps depuis la dernière fois où vous avez lu le nom Cook&Record ici. Les cornes meringuées du gâteau « monstre », les religieuses, et les cœurs guimauves de la Saint-Valentin sont les seules recettes que je lui dois même en partie cette année. En partie, c’est parce que nos chemins ont un peu divergé — pour autant que ses macarons fraise sont jolis, je m’intéresse à des garnitures différentes, non pas à des coques artistiques. Mais elle est aussi silencieuse depuis des mois et hier, on a finalement eu l’explication :

C’est une coïncidence heureuse. Si tout va bien, vous allez la revoir de façon extraordinaire en quelques jours. N’oubliez pas qu’à mon avis, je lui dois tout ce que je suis en cuisine. On parle souvent de « influenceurs », mais beaucoup de monde qui revendiquent ce titre ne font que de bêtises pour avoir de l’attention. À chaque fois où je fais de la pâte feuilletée, c’est elle. Les galettes des rois et les cookies géants ? Elle aussi. Le gâteau Napolitain, une signature du blog ? Ça porte son nom. En fait, la photo de couverture de mon profil Facebook ? C’est presque toute grâce à elle. Enseigner à 9 000 km, c’est de la vraie influence.

Photo de couverture Facebook : brioche, flognarde, cookie géant, far breton, tarte Snickers, Napolitain, mi -cuit au chocolat

Je souhaite tout le bonheur au monde à la nouvelle famille.

Aucune idée

Depuis très longtemps — plus d’un an entier — j’écoute Les Grosses Têtes en forme de podcast. Je télécharge l’intégrale dans l’appli quand je suis dans ma voiture, et hop ! Plus de bêtises à la radio. Mais il y a peut-être trois semaines, j’ai découvert quelque chose de magique. Si je mets RTL à la radio dès que je laisse ma fille à l’école, je peux écouter l’émission en live parce que votre après-midi est mon matin.

Ça a deux bienfaits. Pour une chose, j’entends les derniers moments de l’épisode au lieu du début — je n’ai jamais eu l’habitude d’écouter toute l’émission, et si je saute par les introductions, ça me convient. Mais autre chose, j’entends les sons de la vraie quotidienne — les nouvelles et les pubs. Je dois être la seule personne au monde qui veut les écouter. Vous ne croiriez jamais ce qui arrive dans la voiture — les cris de joie tels que « Une pub de Carrefour ! Carrefour a des fromages en promotion ! » Puis je partage cette folie avec certains amis, qui doivent penser que je suis fou. ([Soyez rassuré, Justin. Personne ne pense une telle chose. — M. Descarottes]) Voici un exemple :

Édité pour garder la confidentialité de La Fille

Vous voyez pourquoi je suis si accro ? Il ne m’est jamais venu dans l’esprit que l’on pourrait vendre du foie gras à la radio. La marihuana, ben oui, car ça, c’est légal selon nos théories de la loi exactement pareilles à celles de la Confédération avant la Guerre de Sécession. Mais le foie gras ? Non, nous sommes civilisés alors les drogues oui, les produits français, non ! (Les fèves tonka sont aussi illégales ici, ai-je mentionné ça ?)

Mais revenons à nos Grosses Têtes. Jeudi matin, j’écoutais M. Ruquier et ses amis et il a demandé une question qui m’a laissé complètement sans espoir de répondre. Voici un lien vers la bonne intégrale. À 55:30, M. Ruquier commence à parler de « la 32e enquête du commissaire Brunetti, mais qui est l’auteur des enquêtes ? » On lui demande si l’auteur est français et il précise qu’en fait, l’auteur est une femme américaine. (Ne me regardez pas comme ça — je sais qu’il suffit de dire « américaine » avec la bonne prononciation pour distinguer entre les hommes et les femmes.) On ajoute que ses romans se déroulent à Venise. Ça ne m’aide pas du tout. Puis M. Ruquier dit qu’elle est l’auteure de polars américains la plus connue et ici, je commence à me tirer les cheveux. Parle-t-il de Nora Roberts ? Ou de Gillian Flynn ? (Je connais leurs noms, mais pas les contenus de leurs livres.) Il mentionne que l’auteure a plus de 80 ans, mais ça ne m’aide pas du tout.

Puis, la boulette. Laurent Ruquier finit par mentionner par hasard qu’elle s’appelle Donna Leon. Il n’était pas censé faire ça, au moins toujours pas ! Il décide de donner les 300 € à l’auditeur qui a posé la question car l’erreur est à lui — je respecte tellement M. Ruquier pour ça.

Donna Leon, Photo par Michiel Hendryckx, CC BY-SA 3.0

Mais oh là là, je compte sur les questions qui concernent les États-Unis pour avoir une opportunité pour connaître les bonnes réponses. Et cette fois, je n’avais franchement aucune idée !

Je découvre les Deux-Sèvres

On continue maintenant le Tour avec le 79, les Deux-Sèvres. C’est le département le trente-neuvième moins peuplé et les habitants se nomment deux-sévriens. C’est notre dixième séjour en Nouvelle-Aquitaine.

C’est quoi une Sèvre, et pourquoi y en a-t-il deux ? Il y a deux rivières, la Sèvre Nantaise et la Sèvre Niortaise, qui traversent le département. ([En fait, il ment. Il n’y a qu’une rivière. La Sèvre Niortaise, c’est un fleuve. À nous de garder les distinctions importantes, les amis ! — M. Descarottes]) Les deux cours d’eau (([Mieux]) ne se touchent pas, mais ce sont à l’origine du nom. Mais comme a dit M. Jours d’humeur, « ce qui se passe dans les Deux-Sèvres reste dans les Deux-Sèvres », alors nous ne demanderons plus.

Je dois vous prévenir que l’hiver est le mauvais temps pour visiter les Deux-Sèvres — beaucoup de choses qui suivent sont fermées jusqu’en février ou mars. Consultez les sites liés pour en savoir plus.

On commence à la préfecture, Niort. L’ancien hôtel de ville, un bâtiment trapézoïdal du XVIe siècle, s’appelle Le Pilori (1 étoile Michelin), d’après ce qui était là avant sa construction, et accueille des expositions d’art. Le Musée Bernard-d’Agesci (1 étoile) abrite des collections de l’histoire naturelle ainsi que de Beaux-Arts, et est nommé pour un artiste niortais du XVIIIe siècle. Le Donjon de Niort (1 étoile), construit par Henri II Plantagenêt et Richard Cœur de Lion, était une forteresse, devenue musée ethnographique et archéologique. Juste à l’extérieur de Niort, à Échiré, on trouve le château-fort de Coudray-Salbart (1 étoile), originalement du XIIIe siècle, avec 6 tours et un pont-levis à découvrir.

On tourne vers l’ouest du département pour visiter un site naturel remarquable, Les Oiseaux du Marais Poitevin, exactement ce qui promet le nom, avec plus de 75 espèces d’oiseaux dans un parc de 8 hectares. Puis, à l’est, on visite Villiers-en-Bois pour un autre parc animalier, le Zoodyssée (1 étoile), avec plus de 800 animaux, dont des ours, des lynx, et des chouettes. On continue vers l’est, jusqu’à Melle. Là, entre avril et novembre, on peut visiter les Mines d’argent des rois francs et voir comment les monnaies ont été fabriquées au temps de Charlemagne. On visite aussi l’Église Saint-Hilaire (2 étoiles), partie du Chemin de Compostelle et datant au XIIe siècle. À voir : les chapiteaux de la voûte ainsi qu’un chœur moderne installé par la ville en 2011.

À quelques km au nord, on trouve l’Abbaye royale de Celles-sur-Belle (1 étoile). Il y a des églises ici en continu depuis le XIe siècle, mais les bâtiments actuels viennent du XVIIe siècle. Ne ratez ni l’église Notre-Dame, ni les trois jardins. Plus au nord, le Tumulus de Bougon (2 étoiles) est une nécropole néolithique, qui date aux années 3 000 avant J-C. On continue à Parthenay, classé Ville d’Art et d’Histoire. On est là pour faire le parcours de sa cité médiévale, dont un château, 5 églises, des maisons à pans de bois — c’est mon idée d’une belle journée ! Finalement, on visite le Château d’Oiron (2 étoiles), château de la Renaissance qu’il faut visiter autant pour ses plafonds que pour sa galerie de peintures ou sa collection de curios.

Qui sont les personnages les plus connus des Deux-Sèvres ? Il faut absolument commencer avec l’acteur et héros du blog Robert Dalban, né à Celles-sur-Belle. Françoise d’Aubigné, dite Madame de Maintenon, épouse secrète de Louis XIV, est née à Niort. Jean Panzani, fondateur de la célèbre marque de pâtes du même nom, vivait aussi à Niort. Joël Robuchon est entré dans le petit séminaire de Mauléon pour devenir prêtre, mais y a découvert sa passion pour la cuisine avant de devenir prêtre. Ségolène Royal y était député de la 2e circonscription.

Que manger dans les Deux-Sèvres ? On est dans la région poitevine, maison du meilleur beurre au monde entier, l’Échiré AOP. Je ne l’utilise plus parce que ça coûte les quatre membres du corps chez moi, mais croyez-moi, je sais. D’autres produits laitiers comprennent la jonchée d’Aunis, un fromage frais et le Chabis, un fromage de chèvre. D’autres produits locaux comprennent l’agneau du Poitou-Charentes IGP, l’oignon rouge pâle de Niort, et l’angélique, une plante du marais poitevin. En plats principaux, on trouve la bouilliture d’anguille et la daube saintongeaise, un ragoût de bœuf, de lard, et de veau. En dessert, on y trouve la grimolle, une sorte de crêpe aux pommes cuite sur une feuille de chou, et la merveille, un beignet parfumé à la fleur d’oranger et au cognac. Pour boire, il y a la bière Pictalie et la liqueur d’angélique de Niort.

Les procès

J’avais espéré publier sur les Deux-Sèvres aujourd’hui, mais ça n’arrive pas. Heureusement — pas vraiment pour les victimes — une pub est tombée tout cuite dans mon bec (quelle expression bizarre — je ne connais aucun oiseau qui cuit leur nourriture). C’est un des trucs les plus nuls aux États-Unis, et un risque pour toute entreprise qui font leurs affaires ici. Voilà :

Alors, vous pouvez voir que c’était une pub sur Instagram, et qu’elle implique une entreprise française, L’Occitane en Provence. Laissons de côté le fait que l’on ne me retrouverait pas mort (expression anglaise) dans une de leurs boutiques, pour la même raison que ça n’arriverait pas chez L’Oréal. (C’est probablement la première fois de ma vie où j’écris ce dernier nom.) Qu’est-ce veut la pub ?

C’est pour un cabinet d’avocats qui cherchent des « victimes » de l’entreprise. Ils parlent de la possibilité d’un droit à 5 000 & pour les délits de L’Occitane. Et qu’est-ce qu’ils ont censé avoir fait ?

Enregistrer les activités des visiteurs à leur site web. « Mais Justin », vous me dites, « la loi RGPD est européenne. Comment peut un cabinet d’avocats américain la faire respecter une entreprise européenne dans une cour américaine ? » Pour être clair, il n’est pas clair que ce soit leur loi choisie — ils mentionnent des lois contre l’espionnage électronique, qui existent dans chaque état. Autre chose, ils ciblent une variété d’entreprises, dont à l’intérieur :

Source, mais je vous conseille de ne pas la cliquer

Si L’Occitane a une filiale ici, ils peuvent être poursuivis ici Mais ce qui se passe vraiment n’a rien à voir avec n’importe quelle loi contre l’espionnage électronique. Il est fortement probable que leur théorie est des balivernes de la plus haute qualité. Ce qui compte — et c’est pourquoi tout coûte cher ici — c’est qu’il coûtera moins pour chacune de ces entreprises de régler le procès que de se battre jusqu’à une décision. Il y a des milliers de tels cabinets dans ce pays qui font la même chose — ils publient des pubs pour chercher un client qui dirait « ouais, je suis victime », ils lancent un procès, puis il y a un règlement juridique où les avocats reçoivent plusieurs millions de dollars pour leur travail, et les clients reçoivent chacun un coupon pour un rabais de 20 % de leur prochain achat chez la vraie victime, l’entreprise.

Il y a des mois, j’ai reçu une autre pub pour un procès similaire contre une autre entreprise française :

Ça pose la question : « Avez-vous acheté des macarons Ladurée ? Il est possible que vous ayez été trompé. » À l’époque, j’ai demandé à un ami qui est avocat, « Quelle est la théorie derrière un tel procès ? » Sa réponse était que c’était probablement le « false fill » (faux remplissage). C’est lié au phénomène de « shrinkflation », où une boîte semble contenir plus que ce qui n’est le cas. Malgré ma déception chez Ladurée à Beverly Hills, je n’ai pas répondu à la pub. Je ne ferais jamais une telle chose.

Mais ça n’a rien à voir avec un sens de loyauté. J’ai cette attitude depuis mon enfance. On peut poursuivre n’importe qui — sauf le gouvernement — pour n’importe quelle raison, et ça peut durer longtemps avant qu’un juge n’y mette un terme. Il y a un dicton parmi les avocats ici, « On se fait du bon guacamole. » ([Non, sale con, l’autre genre d’avocats ! — M. Descarottes]) Ah oui. « Le processus, c’est la punition. ». (Oui, « processus », pas « procès » — il y a beaucoup de misère avant que l’on ne voie la salle d’audience.)

Croyez-moi, je me demande souvent pourquoi il y a tant d’expatriés qui viennent ici avec de telles règles !

Mon dîner yvelinois

On finit notre séjour dans les Yvelines en revenant au Château de Versailles. Il y a un magazine lié au château, Les Carnets de Versailles, qui a publié sur leur site plusieurs recettes d’un livre, 100 Recettes du temps de Louis XIV. Je regrette de ne pas l’avoir vu pendant mes visites au château. Sans plus d’attentes, je vous présente l’omelette d’asperges et la tourte à la chair de poire :

Je vous dirai, l’omelette, c’est une bonne omelette, mais la tourte — avec un changement, elle sera la star de votre prochaine fête. Je pense à la faire pour l’OCA ! Allons les faire :

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Portrait de Molière par Nicolas Mignard

Méfiez-vous de Shredder

Mon dîner yvelinois ne sera prêt à publier jusqu’à demain alors encore une fois, Langue de Molière est là un jour à l’avance.

Vous connaissez sûrement les Tortues Ninja, mieux connues pour leurs œuvres d’art dans la Renaissance — Leonardo, Michelangelo, Raphaël, et Donatello. (Voilà, vous pouvez utiliser les prénoms italiens quand vous voulez.) Peut-être que vous ne connaissez pas leur histoire d’origine, vu que ça fait déjà 36 ans depuis l’apparition de la seule et unique version à la télé. (C’est dingue comme la Matrice nous donne de faux souvenirs de tant de suites et de remakes.)

Les Tortues n’étaient que de tortues ordinaires jusqu’au moment où ils ont tous touché un produit chimique dit « mutagène ». Le mot en anglais pour ce qui leur est arrivé est « mutation ». Selon mon dictionnaire bilingue, j’aurais pu utiliser les autres guillemets, car c’est la même chose en français. Mais ce mot a apparemment tout autre signification en français, ce que j’ai appris en lisant un post sur Facebook :

Son mari s’est métamorphosé en quoi à Elbe-en-Irvine ? Elle a dû chercher un emploi car il est devenu un rat comme Maître Splinter, c’est ça ? J’ai enfin compris ce que ça voulait dire, que les deux ont déménagé, mais vous pouvez voir à quel point ça m’a donné des problèmes.

Bien sûr, j’aurais pu penser aux personnages Marvel, mais en général, ils sont nés comme ça (Spider-Man et Iron Man étant des exceptions).

S’il vous semble que ce n’est pas assez pour une Langue de Molière, ayez un Bon Point ! Celui-ci, en fait :

(En anglais, il s’appelle « Brainy Smurf » — Schtroumpf à cerveau ? Schtroumpf cervesque ? Je vous laisse à décider quelle est la traduction littérale.) Non, il n’y a rien de français que je ne suis pas prêt à adopter, pourquoi ?

En recherchant les armes des Tortues Ninja, j’ai appris que celle de Michelangelo, le nunchaku en japonais, est dite « fléau à deux branches » en français. Et ça m’a rendu encore plus perplexe. Pourquoi ? Parce que dans le jeu Zelda Breath of the Wild, le méchant « Calamity Ganon » s’appelle Ganon le Fléau.

©️Nintendo, Photo par Palais Zelda

Mais il s’avère que bien que le mot « calamité » existe en français, c’est en fait un choix bien logique. Il y a 4 méchants contre qui l’on lutte avant cette bataille. Ils sont dits en français l’Ombre d’Eau/de Feu/de Vent/de Foudre de Ganon. Voici un exemple :

©️Nintendo, Source

Mais remarquez qu’il y d’autre texte en haut du nom, « Créature divine Vah Ruta ». Ça n’explique pas que cette bataille a lieu au-dedans de la forteresse en forme d’éléphant (d’où Créature divine) dite Vah Ruta. Les joueurs le comprennent assez bien. Mais en anglais, ce texte dit plutôt « Scourge of Divine Beast Vah Ruta ». Et « scourge » signifie quoi ?Fléau.

Langue de Molière vous reverra la semaine prochaine pour parler des écarts linguistiques.

Saison 2, Épisode 34 — La prochaine séance

Je dois d’abord vous partager une photo, prise par un membre de l’OCA au marché de Noël. Je ne sais pas si j’ai les droits car ce n’est pas moi qui l’a prise, mais c’est quand même une photo de moi, et j’ai les droits à ma propre image, n’est-ce pas ?

Jean par Le Temps des Cerises et ceinture par Galeries Lafayette, comme dirait la légende dans un numéro de Vogue. ([Mais le diable s’habille en Prada. Je suis si perplexe. — Mon ex])

Je vous dois mes excuses pour le post le plus analphabète du blog hier. Je vous jure, je n’ai rien bu au-delà de l’eau, et j’ai huit témoins francophones pour le dire ; pourtant, il y avait de nombreuses fautes, dont deux dans le gros-titre et un paragraphe entier mal placé. Ouais, je ne me suis lancé à l’écrire qu’à minuit, mais je n’accepterais jamais autant de fautes de ma part. Je relis chaque post avant de le publier, mais quelque chose n’est vraiment pas allé. Au fait, non, je ne me suis jamais pardonné pour rien, pourquoi ?

Quant à la tarte au citron d’hier, j’ai une mise à jour importante. Il s’avère que la tarte devient un peu trop dure après une nuit entière au frigo. Si vous allez la servir le lendemain, sortez-la au moins 20 minutes à l’avance. Le goût ne change pas, juste la texture. Mais après ce niveau d’effort pour les invités, on veut que tout soit parfait.

Dernier mot sur les 30 ans de Taratata pour l’instant : je joue toujours Eddy Mitchell en boucle en ce moment. Au-delà des chansons elles-mêmes, avez-vous remarqué que quand il parle, même à 81 ans, il le fait avec autorité ? En anglais, on dirait qu’il a du charisme in spades ; littéralement, ça se traduirait « à la pelle » (une quantité suffisamment grande par rapport aux autres mesures). Mon dictionnaire préfère « à revendre » en traduction, mais vous pouvez voir que ce n’est rien de sorte. De toute façon, on est loin de dire notre dernier mot à propos de lui.

J’ai enfin mes recettes pour les Yvelines et le Tour se reprendra cette semaine. Il y a des fois où c’est un peu trop stressant, et chercher les bonnes recettes est plus difficile que je l’aimerais.

Je suis ravi au-delà de toute raison de vous dire que les Chargers ont perdu au tout dernier essai du match encore une fois hier. Il n’est plus le cas qu’ils vont juste rater les éliminatoires ; il est encore le cas qu’ils sont la risée de la ligue.

Notre autre blague traite des fous, dont j’en fais partie. Je vous rappelle qu’à partir de cette saison, les blagues sont disponibles du menu en haut, avec une semaine de retard. Nos articles sont :

Sur le blog, il y a aussi Les cookies 3c de Péla, des cookies au chocolat et caramel, 30 Ans de Taratata, 2e partie, le reste de mon expérience du spectacle nommé, et Un jour dans notre cuisine, un samedi bien occupé en cuisine.

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Un jour dans notre cuisine

Aujourd’hui, j’ai eu deux événements pour lesquels j’ai dû cuisiner. Le premier était la reprise du Marché de Noël de l’année dernière. Encore une fois, j’ai fait des macarons suite à une demande des organisateurs. La différence, c’est que cette fois, j’allais tout diriger. La dernière fois, j’ai laissé l’emballage à d’autres personnes, et après mon expérience d’avril, j’ai décidé que je pouvais tout faire moi-même. D’abord, le produit final :

Je veux que vous soyez honnêtes avec moi : est-ce que vous trouvez les rubans charmants ? Ou insultants ? Je les ai trouvés dans notre plus grande chaîne de magasins pour des produits artisanats, Hobby Lobby. Voici mes matériels :

Vous remarquerez peut-être que le deuxième lot de macarons est plus sombre. C’est la même pâte, toute préparée en même temps dans le même bol, mais le deuxième lot est toujours comme ça. Il y a des fois où la différence est bien plus visible qu’ici. De toute façon, j’y ai livré 30 sacs, ayant fait 60 macarons. Ils ont été vendus pour 2 $ chacun — mieux que l’année dernière, quand le prix était 1 $. Je sais que mon niveau de qualité se vend pour 2 $ le macaron — pas 2 — aux pâtisseries ici, mais même les produits d’un vrai professionnel qui avait fait un don se vendaient pour 2 $. Je ne me plains pas.

Comme la dernière fois, j’ai pris des photos du marché pour vous. D’abord, l’extérieur du bâtiment et les panneaux pour signaler l’événement :

Voici le kiosque de l’Orange County Accueil. Peut-être que vous pouvez voir que certains produits sont étiquetés Roquette. C’est un nouveau resto ici. Je n’entends que de bonnes choses sur eux, et j’espère que l’on en parlera plus. Mais à mon avis, mes macarons méritent bien leur place.

Comme l’année dernière, il y a plein d’artisans qui veulent vous vendre soit du maquillage soit de la bijouterie soit des bougies :

Mais aussi deux qui vendaient de la confiture et de la confiture de lait :

Au cas où quelqu’un de local lirait ce post, voici l’Instagran de la confiture.

Mais tout ça, c’était juste le matin. J’ai eu encore une fois une soirée tarot hier soir, et je voulais faire quelque chose de différent, pas plus de macarons. J’ai une grande boîte à outils grâce au Tour, alors j’ai revisité la tarte au citron de Menton. Mais je suis un meilleur pâtissier maintenant qu’il y a deux ans. Voilà :

La dernière fois, je n’ai même pas tenté la meringue car il me manquait de chalumeau. Cette fois…peut-être que je devais arrêter après avoir décoré les bords, mais je suis bien content des résultats. Vous ne me croirez pas, mais j’étais ravi de faire quelque chose sans chocolat. Pour autant que j’adore le chocolat, il y a d’autres parfums, et je ne veux pas les laisser tomber. S’il vous semble que je suis obsédé par le citron après avoir raté les macarons au citron il y a des semaines, ben oui, je ne le nie pas.

Mais ce qui me rend le plus heureux, c’est que j’ai pu le partager avec du monde. Au-delà d’être diabétique, et ne pas avoir besoin de garder tant de sucreries à la maison, je n’aime pas cuisiner juste pour moi-même !