Revenons vers la garbure de mardi. Je vous ai dit que j’ai eu une raison pour la préparer en version végétarienne. Quelle est-elle ?
Mon dîner gersois, où j’ai fait le cassoulet, a été la première fois en 14 ans où j’ai mangé du canard. En 2007, j’ai découvert que les canards sont monogames ; certains pour chaque période de reproduction, d’autres pour la vie (lien en anglais car l’entrée sur Wikipédia en français ne le mentionne pas). Cette info était trop pour moi, étant trop humain, et j’ai arrêté de manger du canard. Mais je me sentais que j’ai dû faire un propre cassoulet, alors je l’ai mis à côté. Après, je me sentais plutôt malheureux, et j’ai décidé que ce serait la seule fois. Peut-être qu’un jour vous verrez des escargots ici, mais du canard, pas encore.
En fait, pour être complètement honnête, avant de lancer le blog, j’ai pensé à faire seulement des desserts pour le Tour, surtout pour éviter des moment inconfortables. Mais j’ai enfin décidé qu’il y aurait trop de bons moments, et que les desserts seuls ne seraient pas assez. Et quand je pense aux meilleurs dîners du blog (Ardèche, Calvados, Indre, Morbihan), je ne regrette pas le choix. Je regrette que de peur que l’on me dise que le blog n’est pas assez authentique, je n’ai rien dit avant.
C’est une habitude très américaine. Je vous ai parlé avant du fait qu’il m’étonnait que personne ne m’a pas dénoncé pour « l’appropriation culturelle ». Certains me disent de temps en temps qu’ils trouvent mes choix de substitutions inacceptables (merci, mais c’est moi qui dois tout manger) ou que j’ai raté le lien géographique (j’accepte cette critique sans hésitation à chaque fois). Mais bien que je sache exactement où trouver les bons types pour me dire « Allez-vous-en ! », ça reste le cas, et je reste étonné.
J’aimerais croire que la sainte patronne du blog est Jeanne d’Arc, mais si je suis complètement honnête, c’est en fait Woody Allen et toutes ses névroses et idées fixes.
(Il y a exactement une bonne blague dans My Little Pony, et je ne pouvais pas la trouver en français. Mais si vous connaissez Hungry Hungry Hippos, profitez-en. Quant aux autres, je les recommande tous sans hésitation — et sans plaisanter.)
Si vous vous souvenez du film original des Frères Mario en 1993, d’abord mes condoléances. En plus, dire que les films basés des jeux vidéo sont nuls jusqu’ici, ce n’est rien d’autre que la vérité. Au-delà de ça, je n’aime pas du tout les films du studio Illumination, que ce soit « Moi, moche et méchant » ou « Comme des bêtes ». Mais j’ai exactement une plainte, et je trouve le reste de ce film absolument parfait.
La plainte est que le film souffre du même problème que presque tous les films américains pendant la dernière décennie. Quand la Princesse Peach se présente pour la première fois — veuillez excuser l’anglicisme à suivre — elle doit être « #girlboss », complètement sans besoin de l’aide de n’importe quel homme pour n’importe quelle raison. Elle se montre plus capable de toutes les tâches de Mario que Mario lui-même, et elle l’humilie. Alors, pourquoi veut-elle qu’il l’accompagne ? Il est nul par comparaison.
Au fait, Nintendo a le bon personnage pour être « #girlboss », Samus Aran, l’héroïne de la série Metroid. Je regarderais un film de Metroid avec plaisir. La Princesse Peach est bien capable depuis le tout deuxième jeu de la série, Super Mario Bros 2, mais ce moment devait plus à la politique américaine qu’au personnage des jeux.
Mais au-delà de ça, je n’ai aucune plainte. La musique fait souvent référence aux jeux, mais on entend aussi « Take On Me« . Du bon goût en musique ! Beaucoup d’objets importants des jeux prennent leur place sans être juste des jouets à vendre plus tard. L’intrigue intègre des centaines de références aux jeux, mais chacune et toutes marchent. Il y a de bonnes raisons pour voir le karting au-delà de vendre plus de copies de Mario Kart 8, par exemple. Je suis complètement d’accord avec la critique du site « Journal du Geek » (sauf qu’ils aiment le moment #girlboss). Le Nouvel Observateur, par contre, bof.
Oui, j’ai lu plus de critiques en français qu’en anglais.
Et le truc le plus Coup de Foudre, la cerise sur le gâteau, vient pendant les crédits. Remarquez-vous quelque chose de familier avec tous ces noms ?
Il s’avère que ce film a été tourné… à Paris. C’est une production fabriquée en France. Je n’ai pas sorti mon portable pendant tout le film, mais pour vous montrer ce renseignement, je n’ai pu résister plus longtemps.
Nous avons un autre film à regarder bientôt au ciné, mais il y a un risque que nous allons le revoir avant qu’il ne quitte le ciné. C’est vraiment aussi bon que ça.
La dernière fois, Langue de Molière a eu l’impression d’avoir énervé beaucoup de monde, parce que ce qu’il a raconté était difficile à croire. Cette semaine, vous pouvez plutôt vous moquer de l’histoire de comment il s’est réveillé un bon jour et a remarqué qu’il avait complètement raté certaines choses bien évidentes.
Commençons avec certains noms d’origine française que l’on peut trouver aux États-Unis. Je connaissais un garçon à l’école, un certain M. Lheureux. Il y avait une manufacture d’équipements pour l’enregistrement de son, Langevin — de nos jours une marque d’une autre manufacture très proche de chez moi, Manley. Il y a un palais de justice dans mon comté dit Lamoreaux. (Palais n’est pas le mot que j’aurais choisi, vu que c’est le tribunal d’affaires familiales, mais laissez tomber.) Ils ne m’ont jamais laissé aucune impression, étant juste des noms étrangers.
Puis après des études, j’ai commencé à remarquer d’autres noms qui avaient tous une curieuse propriété. Dhéry, Lhermitte, Lamoureux. Évidemment, ce sont tous arrivés chez moi à cause des films. Mais pendant 2 ans je pensais qu’il y avait quelque chose qui je ratais. Vous auriez déjà dû le deviner.
Il y a quelques semaines, je me suis réveillé en disant : « Les apostrophes ! Ils ont tous laissé tomber leurs apostrophes ! ». Et hop ! Je me suis tout à coup rendu compte que j’avais des erreurs de prononciation. ([« Beaucoup de » ne s’écrit pas comme « des » — M. Descarottes])
« Mais Justin », vous dites — avec raison, pour être clair — « qui s’en fiche ? Les prononciations ne changent pas ! » Et là, c’est exactement où j’avais tort, en venant de l’anglais.
Chez les linguistes, on parle d’un phénomène dit « reanalysis » (analyser à nouveau). Ça se passe — sans pensée volontaire — quand quelqu’un tout à coup perçoit un mot de façon différente qu’avant, et la prononciation change. C’est comment les anglophones ont fini par changer « comfortable », qui sonnait presque exactement comme le français « confortable » en quelque chose comme « comf-tor-ble ». D’abord, la voyelle au milieu est devenue lâche ; après ça, c’était donc plus facile de laisser tomber une syllable et inverser l’ordre des consonnes pour une prononciation plus facile.
C’est exactement ce qui m’est arrivé, sauf que je l’ai reconnu. Les apostrophes ne sont pas toujours prononcés en anglais, mais quand c’est le cas, il y a une brève pause. Pour ma part, j’ai tendance d’insérer une courte voyelle moyenne centrale où je vois les apostrophes pour « l’ ». C’est la voyelle la plus « neutre ».
Alors, dans ces cas — et sans avoir vraiment entendu les bonnes prononciations — j’avais deviné des prononciations selon les règles anglaises. Chez nous, on a tendance de construire des syllabes plus longues qu’en français, parce que l’on prononce les derniers consonnes. Ignorez ce que Google Traduction vous dira ; beaucoup d’entre nous, dont moi, prononcent « Langevin » en anglais comme s’il y a deux syllabes, « Lange-vin », avec une voyelle qui n’existe pas en français. Presque la même chose avec « Lamoureux », qui est devenu dans ma tête quelque chose comme « LaMOUR-eux ». Le pauvre M. Lhermitte avait reçu un accent où il n’y en avait un, sur la dernière voyelle.
Je ne sais pas pourquoi j’ai tardé aussi longtemps, mais j’ai enfin cherché des exemples sûrs :
C’est pas grand-chose à la fin ; personne ne s’est jamais plaint de moi à cause de ma prononciation d’un tel nom. ([Ils ont plein de meilleures raisons, croyez-moi. — M. Descarottes]) Mais c’est un bon rappel qu’il y a des limites à ce que l’on peut apprendre seulement en lisant.
Un jour, il me faudra vous raconter l’histoire de ma copine de classe au lycée qui a trop bien prononcé un nom. Celle-là n’est vraiment pas assez de matériel pour un article en soi. Mais avant ça, Langue de Molière vous reverra avec une mise à jour sur son niveau en franglais. Ça commence à faire des problèmes !
Il n’y avait jamais une question. On est chez Tarbes alors ce dîner allait toujours être à base de haricots tarbais. Et vu que j’ai déjà fait un cassoulet, la recette la plus évidente était la garbure. Ici, en version végétarienne, on dirait le potage garbure. Pour aller avec en tant que dessert, la tourte des Pyrénées aux myrtilles.
Le potage garbure est comme beaucoup d’autres potées et soupes à base de choux et de légumes racines. Comme le thon à la basquaise, le piment d’Espelette hausse son niveau. Mais la tourte des Pyrénées, elle est une autre star du blog, la version ultime des muffins aux myrtilles Et JOLIE en plus, hein ? Allons les préparer !
On continue notre série d’interviews, 5 Minutes Avec, avec Anne-Marie du blog Carry the Beautiful, la toute première personne qui ne m’a pas déjà connu à s’abonner à Un Coup de Foudre. Anne-Marie écrit sur le voyage toutes les semaines, au Canada, au Royaume-Uni, même en Islande !
Si vous vous intéressez à être invité, voici les infos, avec les règles et comment me contacter. Je viens d’enregistrer le troisième interview ce week-end, et tous les invités vous diront que ça prend moins de 10 minutes à chaque fois. C’est une affaire aussi professionnelle que possible !
Aujourd’hui m’est important car un miracle s’est passé samedi, et je ferai attention (c’est-à-dire regarder, pas juste en lire) aux sports américains pour la première fois en plus de deux ans. L’équipe de basket de San Diego State University jouera pour le championnat national de basket universitaire. C’est la première fois en 25 ans (lien en anglais) où n’importe quelle équipe de ma ville natale jouera pour un championnat. Il y a un risque que l’équipe de baseball le fera aussi cette année ; on en reparlera en octobre.
Notre blague de la semaine traite de deux des sujets préférés des Français, les restos et le cabinet McKinsey. Je vous rappelle qu’à partir de cette saison, les blagues sont disponibles du menu en haut, avec une semaine de retard. Nos articles sont :
Avec un jour de retard, parce que le 1er avril a priorité sur toutes mes autres colonnes… Je continue à copier Light & Smell avec des listes de mes articles préférés au premier du mois. Ça vient d’Allez vous faire lire, mais je ne suis pas exactement ses règles. Si vous remarquez que des québécoises prennent les places d’honneur cette fois, il y a peut-être des raisons.
Nouveaux à moi :
Bessie’s Bazaar fait partie du grand cercle de blogueurs littéraires dans lequel je m’intègre un peu. Elle écrit sur des romans comme Jane Eyre, mais aussi des films comme ceux de Pixar.
Les Dédexpressions a deux articles à ne pas rater : l’origine de « faire grève » — plutôt à la une, et « de fil en aiguille ». Je vois cette dernière souvent sur certains blogs, mais si vous m’aviez jamais vu avec un fil et une aiguille, vous ne auriez jamais compris le sens non plus. (Je suis tout inutile avec ces choses.)
Les souris de Paris a un joli projet d’une robe prune. J’essayerai de le faire pour ma fille, mais veuillez relire le truc sur les fils et les aiguilles en haut.
La Bibliothèque Roz a passé un séjour à Nancy. Ne ratez pas l’escalier de la villa Majorelle ; j’ai une grande faiblesse pour de grands escaliers. Aussi, allez la souhaiter bon courage.
Miss Biblio Addict !! a une chronique sur Comme par hasard par Cyril Bonnin, sur un personnage qui me rappelle moi, mais moins bête. J’adore aussi l’art !
Un déjeuner en Provence a une recette de Pogne de Romans, un pain de la Drôme, qu’elle achète en passant à Lyon. Vu que l’on finira le 65 cette semaine, je pense déjà à quoi faire pour le 69.
La lectrice en robe jaune a beaucoup aimé un film américain de 2006, Pénélope, façon Tim Burton et avec une distribution remarquable.
L’autodidacte aux mille livres a bien profité d’Et puis la foudre par Sophie Rouvier, un livre qui touche sur un couple en train de divorcer qui doit prendre des vacances ensemble, et ce qui suit. Pour moi, la mort avant ça, mais ce couple est plus attachant.
Blogosth continue son complot odieux de me rendre jaloux avec de belles photos et de parcours de Strasbourg. Au moins il n’y a plus de photos du marché de Noël ; sinon, je deviendrais fou. ([Plus fou — M. Descarottes])
Je suis parfois très sévère avec les voisins du nord. Mais il me semble que je suis peut-être un peu trop obsédé par certaines histoires. Qu’est-ce qui dit le Joker, « Impossible de préparer une omelette sans casser des œufs » ? Et il n’y a pas de pensée plus française que celle-ci ! Alors, on va faire le tour de l’Allemagne pour voir si j’ai raté quelque chose.
On commence notre tour à Munich, pour visiter le Feldherrnhalle, où a eu lieu le Putsch de la Brasserie en 1923. Pour autant que nous aimons tous les brasseries, le résultat le plus important de ce jour-là a été qu’un jeune ancien caporal s’est retrouvé avec plein de temps pour penser et écrire. On y reviendra en bas. À ne pas rater non plus, c’est le Hofbräuhaus am Platzl — pas la même brasserie, mais aussi cher au jeune caporal, qui y tenait des « meetings » politiques (pour ce but, je permets l’anglicisme). On peut y dîner toujours — voici le site pour réserver une table.
Je remarque que ni le Hofbräuhaus ni la société Hofbräu n’offre de site en français. Curieusement.
Capture d’écran personnelle
On passe à Berlin, la capitale. Qui aimerait rater une visite au célèbre bâtiment du Reichstag, où il y avait une petite incendie en 1933 ? De nos jours, il abrite le Bundestag, le parlement allemand. Pendant que le pays était divisé en deux, les Communistes l’a laissé périmer. Mais dès que le pays s’est réunifié, le gouvernement de l’ouest — on dirait le Bonn côté — a décidé qu’une Allemagne réunifiée devait reprendre sa siège dans le même endroit que le gouvernement de l’ancien caporal. Ils y ont donc construit une nouvelle coupole en verre ; voici le lien pour réserver un tour. Les Allemands de 1933 ayant été de grands fans des feux, on veut aussi voir le Bebelplatz, anciennement l’Opernplatz ou le Kaiser-Franz-Joseph-Platz, où les citoyens se réchauffaient avec le chaleur des livres.
Même un leader a besoin de se ressourcer de temps en temps, alors on va quitter Berlin pour Berchtesgaden, près de l’Autriche. Ici, on trouvait le Berghof, ancien résidence de vacances. Il n’existe plus, mais il y a toujours le Kehlsteinhaus, construit exprès par son parti. Surnommé « Le Nid d’Aigle » par l’ambassadeur français à l’époque — je jure que je ne le connaissais pas avant ! — cet endroit est de nos jours un resto ouvert l’été (carte en allemand, anglais et italien). Les prix sont fortement raisonnables ! Pour ceux qui veulent une station balnéaire plutôt qu’un resto, le parti a construit Prora (mais ne l’a jamais utilisée pour son but original), toujours une destination pour les touristes avec des chambres à partir de 140 € le soir.
Parlons brièvement de leur politique. S’il y a quelque chose pour laquelle les Allemands sont justement renommés, ça doit être leur loi sur la pureté. Depuis 1516, ils ont la loi la plus stricte au monde pour garantir qu’aucune espèce inférieure ne se mélange avec le symbole du Vaterland. Naturellement, je parle de la bière. À quoi pensiez-vous ?
Quant aux affaires étrangères, pendant les années 30, ils ont signé leurs traités avec les russes en secret ; maintenant, ils le font à l’air libre. Chacun a fait sa propre contribution à la stabilité mondiale !
Les Allemands sont très bien cultivés, avec une longue tradition également littéraire que cinématographique. Par exemple, un certain chef d’État allemand a écrit un livre qui a vendu plus de 12 millions d’exemplaires, juste dans son propre pays. Ça ne comprend même pas les 100 000 exemplaires vendus en Inde ! Montrez-moi un autre chef d’État qui a connu un tel succès littéraire ! Obama ? Pas proche du tout ! Churchill, en 6 tomes ? Ne me faites pas rire, personne ne lit tout ça !
Il est hors question que les Allemands sont aussi les personnages les plus populaires dans le cinéma d’autres pays. Que ce soit les films Indiana Jones des États-Unis ; La Grande Vadrouille, Le Mur de l’Atlantique, ou L’As des As en France ; ou bien La Chute, une collaboration allemande-autrichienne-italienne, les Allemands inspirent le monde entier. J’oserais dire que cette scène de La Chute est le clip le plus bien aimé d’Internet !
Un exemple parmi des milliers
De nos jours, les Allemands sont un peu nostalgiques, et ont fait un film — Il est de retour — pour imaginer avoir encore une fois leur personnage cinématographique le plus populaire :
Finalement, on doit se rendre compte de leur tradition musicale. De toutes les compositions pour des quatuors à cordes au monde entier, ma préférée — sans blague ! — est le premier mouvement de celui en ut majeur op.76 no 3. Mais peut-être que vous reconnaîtrez le deuxième mouvement :
Oui, c’est « Deutschland uber alles », ou le Deutschlandlied. Hymne national de l’époque des Kaisers jusqu’à maintenant, seulement les Communistes l’ont abandonné. Pour être clair, les Allemands ne chantent plus — officiellement, ce n’est pas interdit — les parties effrayantes.
Après toutes ces recherches — où j’ai découvert quelques choses que je ne savais pas déjà ! — je me rends compte que j’avais tort. J’offre mes excuses aux voisins du nord.
On continue maintenant le Tour avec le 65, les Hautes-Pyrénées. C’est le département le quinzième moins peuplé, et les habitants se nomment haut-pyrénéens. C’est notre dixième séjour en Occitanie, mais premier depuis le 48, la Lozère.
De Tarbes, on passe à Lourdes. Mon renseignement préféré de toute la France vient de cette ville. Elle a 144 hôtels avec 22 000 lits — mais il n’y a que 13 000 habitants ! Naturellement, il y a une excellente raison pour cette quantité de tourisme — c’est le site d’une série d’apparitions de la Sainte-Vierge jugées véritables par la Sainte-Église (pas toujours le cas). En résultat, il y a de nombreux pèlerinages pour voir la Grotte de Massabielle, où les apparitions ont eu lieu. En haut de la Grotte, on trouve la Basilique du Rosaire et basilique de l’Immaculée Conception, construit au XIXe siècle à l’honneur des apparitions. Il me semble que le Guide Michelin se trompe gravement en ne donnant pas d’étoiles à ces sites ; je suis allé à des sites musulmans à Istanbul et Jérusalem, juifs à Jérusalem et Venise, et catholiques partout, dont le Vatican. Évidemment, impossible de croire à tous en même temps, mais reconnaître leur pouvoir, c’est bien possible. De toute façon, si j’y priais la Sainte-Vierge, je suis sûr qu’elle me dirait qu’elle ne fait que des miracles, et le Seigneur n’a toujours pas inventé le bon mot pour ce dont j’ai besoin.
Grotte de Massabielle, Photo par José Luiz Bernardes Ribeiro, CC BY-SA 3.0, Basilique du Rosaire, Photo par Moahim, CC BY-SA 4.0,
Très peu au sud, on trouve la Réserve naturelle régionale du Massif du Pibeste-Aoulhet (3 étoiles). (Une bonne bouchée, ce nom !) Avec plus de 5 100 ha d’espace, de nombreux sentiers, et 3 sommets de plus de 3 000 m, consultez leur site pour des idées ! Près de la frontière espagnole, on trouve la Vallée de Cauterets (2 étoiles), dont le Pont d’Espagne, exactement ce que le nom promet. Au nord-est, on arrive au Pic du Midi (3 étoiles) et prend la téléphérique jusqu’au sommet et son observatoire. Plus au nord-est, on arrive au Gouffre d’Esparros (2 étoiles), pour voir l’aragonite, qui rappelle des cristaux de neige.
Notre dernier arrêt est à Aventignan, pour les Grottes de Gargas (2 étoiles), Dans ces grottes, on trouve des empreintes de mains laissées par des hommes de Cro-Magnon il y a 25 000 ans, ainsi que des peintures animales de même époque. On y trouve aussi Nestploria, un musée consacré aux découvertes de Gargas.
Qui sont les personnages les plus connus des Hautes-Pyrénées ? Est-ce possible de ne pas commencer avec Sainte Bernadette-Soubirous, la visionnaire de Lourdes ? Absolument pas ; personne n’a plus marqué l’histoire du département. L’écrivain Théophile Gaultier est né à Tarbes, ainsi que le maréchal Ferdinand Foch ; la chanteuse Barbara y vivait. Marguerite de Navarre, reine de ce royaume et mère d’Henri IV, est décédée à Odos.
J’allais publier Langue de Molière pour cette semaine aujourd’hui, mais franchement, bien que j’aie déjà eu l’idée il y a des semaines, l’article n’est pas assez cuit pour vous servir. J’ai d’autres chats à fouetter ; c’est donc reporté à la semaine prochaine. Mais, je peux au moins annoncer une réussite.
Il y a trois semaines, je vous ai parlé de mes efforts à obtenir une copie de la version « Collectionneuse » du prochain jeu dans la série The Legend of Zelda. Aujourd’hui, j’ai enfin réussi grâce à l’appli HotStock, qui m’a dit que c’était disponible chez Walmart (en pré-commande, bien sûr). VOILÀ :
Malheureusement, vous avez bien lu le prix. C’est cher ! Mais s’il y a un enfant qui le mérite, c’est ma fille. Elle ne demande presque rien. C’est difficile de cuisiner pour elle, car elle a les goûts typiques des enfants américains — les macaronis au fromage, le sandwich au fromage grillé, la pizza — et ON lui a interdit de manger de la viande. (Je ne peux pas vous dire qui est « on », mais sachez que nous deux disons « ON » en anglais, avec un accent fort, pour faire référence à certaines personnes sans les nommer. C’est le franglais.) Mais c’est ma seule plainte. Ses notes sont toujours excellentes, elle ne me ment pas, ça fait déjà 4 ans depuis la dernière fois où elle est arrivée en retard à l’école et c’était MA faute — vraiment, je suis chanceux. C’est-à-dire, je suis heureux de payer le jeu.
MAIS !
Je reste moi-même, et je ne vais pas lui dire la vérité. Je dois être à la profondeur de ma réputation ! Je vais donc mentir comme un tapis. Quoi, vous ne connaissez pas cette expression ? Bon, il me faudra vous apprendre un peu d’anglais.
En anglais, le verbe « lie » a des versions transitives et intransitives. La version transitive veut dire « mentir » ; la version intransitive a plusieurs sens dont « allonger », « rester » ou « reposer ». C’est donc un jeu de mots de dire « lie like a rug », parce que ça confond les deux formes. Cette expression est très commune, et veut dire « mentir sans honte ».
Alors, qu’est-ce que je ferai ? Je lui dirai que je n’ai pas arrivé à trouver le bon jeu, et que j’ai donc commandé la version standard. Mais quand elle ouvre le colis ? VOILÀ ! En fait, j’aurai une surprise pour vous ce jour-là, et elle la connaît déjà, mais vous allez aussi devoir patienter. Jusqu’au 17 mai, car ce sera son premier jour de retour chez moi après la sortie du jeu.
Vraiment, je suis le père le plus méchant au monde.
C’est le 29 mars, ce que je considère mon « anniversaire français », parce que c’était le jour où j’ai suivi ma première leçon (version 2021, où j’ai lancé ma chaîne YouTube, et 2022, où j’ai enfin atteint un niveau B2 en toutes les compétences). C’est encore une fois l’occasion d’une fête !
Je retourne toujours au même thème, ma chanson préférée de tous les temps, car elle exprime parfaitement tout ce que la France veut dire pour moi. Comment ?
Pour une chose, elle est écrit dans mon temps préféré, le futur. La sonorité n’est comme rien d’autre, car il y a une belle voyelle ouverte à la fin qui permet de la chanter avec toute la bouche. (Pas autant quant aux formes pour « moi » et « vous », mais montrez-moi la chanson écrit au vous du futur. J’attendrai en cherchant l’égotiste qui s’adresse à soi-même dans ses chansons.)
Pour une autre chose, elle exprime à la fois de l’espoir et du désespoir. Ce n’est pas un optimiste qui se plainte que « le monde est drôlement moche ». Nico change souvent les paroles pour dire « salement moche » — pas mieux ! Mais il y a aussi l’espoir « qu’un jour dans notre vie, le rêve continuera ». Il n’y a aucune autre pensée à laquelle je tiens aussi fort, malgré le fait que pendant l’année dernière, il y avait autant de bas (voilà, voilà, et surtoutvoilà) que de hauts (voilà, voilà, et surtoutvoilà).
Et ça nous mène au gâteau des photos ici. C’est mon rêve depuis longtemps de créer un dessert « signature » du blog, et surtout que ce soit mon rêve d’une forêt noire. Il y a des mois, je croyais que j’avais enfin trouvé la bonne idée, quelque chose d’original à moi. J’ai passé du temps pendant les deux derniers jours pour le fabriquer. Mais l’idée dans la tête n’a pas complètement marché à la fin. En particulier, le gâteau s’est effondré en le coupant, assez que les 6 couches paraissaient n’être que 4. Je comprends bien le problème — les couches vers le bas ne pouvaient pas supporter le poids du haut. Mais les solutions dans la tête n’arrivent toujours pas à préserver mes buts.
Pour sa part, ma fille — qui est parfois un ange — a insisté que je mets son sceau sur la photo, car le goût était presque exactement ce dont j’ai rêvé. Mais bien que je ne sache toujours pas si j’écrirai sur ce que je voulais faire, c’est en fait une jolie métaphore pour cette aventure.
Il me semble qu’au-delà de Saint-Pierre-Hermé, on est élève toute la vie. Cette pensée n’est pas du tout originale à moi — même les Meilleurs Ouvriers de France vous diront que l’on n’arrête jamais d’étudier et de s’améliorer. Yann Couvreur (pas un MOF) dit qu’il ne se considère pas comme l’un des meilleurs pâtissiers en France, et il ne plaisante pas en le disant malgré le fait qu’il s’installe aux Galeries Lafayette Haussmann !
Ce n’est pas seulement une question d’une compétence comme la pâtisserie. Je pourrais dire la même chose sur chacune de mes activités — la grammaire, la lecture, écouter la radio, etc. Je n’y arriverai jamais ; je ne dirai jamais « Je l’ai maîtrisé ». Pourtant, j’ose de plus en plus, parce que même si je suis trop ambitieux, l’âme française ne dit jamais « c’est assez bon », ne se vante jamais de faire des bêtises dans son travail. On râle — comme on râle ! — mais on n’abandonne jamais. C’est ça, ma France.