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A propos Justin Busch

Les aventures d'un américain qui est tombé complètement amoureux de la France

Épisode 11

Cette semaine nous parlons de la chose la plus folle que je ferai jamais — un voyage en France des États-Unis pour une seule nuit. Mais si on réfléchit bien, j’ai en fait laissé un indice que j’aurais besoin de faire une telle chose il y a un an !

Bien sûr, vous trouverez une nouvelle blague de la semaine dans cet épisode. Et peut-être qu’il y a des surprises dans l’introduction. Et à la fin. Disons que c’est BIEN l’épisode Indochine. Nos articles sont :

Je me sens comme je dois ajouter encore une fois que vous êtes mes amis, et je reste très reconnaissant de vous avoir avec moi.

Si vous aimez ce balado, abonnez-vous sur Apple, Google Play, Amazon, Spotify, ou encore Stitcher. Bonne écoute !

Mes mésaventures sur les sites de rencontres

J’ai dû cacher ce post jusqu’après le concert, de peur que vous deviniez que je n’allais vraiment pas en France (seulement) pour du nougat de Montélimar. (Je suis sage — il me reste toujours 9 des 10 barres.) Vous comprendrez bientôt. Mais d’abord, je voudrais juste vous rassurer qu’il s’agit d’une histoire d’anglophones.

Il y a de nombreux sites de rencontres aux États-Unis, mais moi, je ne garde qu’un seul compte. Ça fait cinq ans depuis la dernière fois où j’ai payé, alors je ne peux pas contacter personne sauf quand c’est parfois gratuit. Franchement, je ne sais pas pourquoi je le garde, Je n’ai jamais reçu qu’une réponse positive — ça fait déjà 9 ans depuis ce temps-là — et il y avait même une fois où une femme m’a envoyé une note pour me rejeter sans avoir été contactée. Elle était juste dégoûtée que moi, en tant que père célibataire, ait été si audacieux d’avoir même lu son profil. Et vous vous demandez pourquoi j’aime tellement ces gens et leur attitude. Mais je mis à jour le profil une ou deux fois par an. Et la dernière fois était il y a peut-être 9 mois. Voilà une capture d’écran de l’extrait pertinent :

Je le traduis :

Assez sur moi. Il n’y a rien que j’aimerais plus que trouver une expatriée, ou au moins quelqu’une qui s’y soit spécialisée à la fac, qui pourrait partager mes passions pour les films de Louis de Funès et de Bourvil et la musique d’Indochine et des Rita Mitsouko. Je planifie un voyage à Paris en mai 2022 pour voir Indochine en concert, et j’aimerais être accompagnée par quelqu’une également engagée à ne pas parler même un mot en anglais dès l’atterrissage. Est-ce qu’elle pourrait être vous ?

Et voilà des photos qui accompagnait ce texte (oui, il y en a aussi avec moi-même) Mais disons que ces photos n’attirent personne qui les reconnaît :

Mais je me demande après tout ça : est-ce que l’auteur de ce paragraphe cherche une anglophone monolingue qui ne connait rien à la culture française ?

On dirait : Oui, vachement.

Pour préciser, j’ai trouvé une expatriée une fois, et lui ai écrit une note quand c’était gratuit. En français, bien sûr — et non, sans des propositions indécentes. Je suis exactement le même ailleurs qu’ici. ([D’accord. C’est ça le problème. — M. Descarottes]) Son profil a disparu le lendemain. J’imagine qu’elle m’a bloqué. Elle a bien compris que je n’étais pas sincère car elle n’était pas analphabète ni monolingue.

Il y a un mois, j’ai reçu une note courte — en anglais — mais c’était plus long que « Bonjour », et à mon avis, c’est poli de répondre quand quelqu’un fait même un peu d’effort. Mais il n’y avait la moins chose dans son profil qui disait « Je partage vos intérêts » ; je lui ai donc répondu pour dire « Non, merci, je cherche une francophone, mais bonne chance ». Elle m’a répondu comme ça :

J’ai oublié de vous souhaiter bonne chance aussi.

Aussi vous devriez mentionner dans votre profil que vous ne cherchez qu’une fille qui connaît bien la culture française. Il n’est pas mentionné dans votre profil.

OMD. Non, mais sérieusement, OMD.

Une semaine avant le concert, j’ai enfin reçu une note en français. D’une façon, je l’admire. Il y a du courage derrière ces mots. Du courage façon « C’est quoi un Bescherelle ? Géronimo ! », mais du courage quand même.

Aïe aïe aïe ! À sa place, j’aurais au moins vérifié ce que j’ai écrit avec Google Traduction. J’admire l’effort et je lui ai donc répondu pour dire non. Disons qu’il n’y avait AUCUN intérêt pour ma part, à cause d’autres raisons.

Je viens de supprimer la référence au concert car c’est fini. Je devrais aussi supprimer mon compte, car c’est évidemment la mauvaise place pour trouver quelqu’une qui comprend l’anglais, peu importe le français !

Faut pas emmerder les Justin

J’ai dû bien réfléchir sur ce post. D’une part, j’ai des « fans » qui disent que ce site n’est que de la propagande, écrit par un aveugle (ça vient de Quora, où j’avais lié le blog, mais le commentaire original a été supprimé) :

D’autre part, je sais très bien que vous (qui me lisez) êtes mes amis. Je ne manque pas d’histoires de choses que les Français qui me connaissent ont fait pour moi, et encore certains qui ne me connaissent pas du tout. Je veux donc ne pas offenser le deuxième groupe sans justifier les plaintes du premier. Je vais vous raconter une histoire qui n’est pas la meilleure version de la France. D’abord, je vais expliquer exactement d’où viennent mes avis.

Il y a un an, j’ai écrit un post intitulé « Mes plaintes ». C’e n’était pas complètement sérieux — je n’étais vraiment pas dérangé par la fontaine d’eau, bien que je DÉTESTE quand le monde me fait honte d’être célibataire. Et ce qui comptait le plus, c’était vraiment la dernière phrase. Vous me manquez toujours, même en ce moment. Mais je ne plaisantais pas du tout sur quelque chose, le fait que beaucoup de monde refusaient de me parler en français.

Je veux expliquer pourquoi ça me dérange d’une façon moins personnelle. Les européens disent souvent que les américains sont tous des monolingues, et en plus que nous ne faisons pas le moins effort. Moi, je parle quatre langues dont l’anglais de ma naissance, mais laissez-moi tomber. À mon avis, vos nouvelles vous trompent. La situation est beaucoup plus compliquée.

Il n’y a pas de langue officielle aux États-Unis. Nous faisons des efforts extraordinaires pour adapter aux besoins des immigrants sans leur demander d’apprendre l’anglais. Si on veut avoir un permis de conduire en Californie, on peut recevoir des instructions en 13 langues, et le manuel des lois en 7 langues. Pour voter, si plus de 3 % d’un comté parle une langue autre que l’anglais, l’état est obligé de leur fournir des scrutins dans leurs langues. Il y a des comtés ici avec des scrutins dans 20 langues, comme Los Angeles. Pensez-vous que c’est car la Californie est inhabituelle ? Même dans l’Iowa, on peut recevoir des instructions pour passer l’examen de conduire dans 6 langues au-delà de l’anglais.

Tout ça, c’est-à-dire que l’on n’est pas obligé de s’intégrer aux États-Unis. Si on veut rester hispanophone monolingue, on peut vivre dans certains quartiers à Santa Ana, près de chez moi, où beaucoup d’endroits au milieu de l’état. Si on ne veut parler qu’en chinois, déménager à San Gabriel réussira ce but. Ses opportunités seront limitées, et on ne deviendra citoyen de cette façon. mais c’est au moins possible.

En France, il y a une langue officielle, et ce n’est pas l’anglais. Les langues régionales sont soutenues par le gouvernement, mais si on veut avoir un permis de conduire, vous avez un choix unique de langue pour étudier les codes : le français. Pour passer l’examen théorique ? Le français. Envie de devenir citoyen ? Sauf si on se fait fusiller dans la Légion étrangère, ou est marié à une citoyenne, il faut parler le français au niveau B1. Peut-être que je rate quelque chose, mais mes liens sont tous vers des sites gouvernementaux.

Alors, qu’est-ce qui s’est passé ? Pendant ce week-end, tout le monde sauf deux personnes — un garde de sécurité au stade et une vendeuse au comptoir de Pierre Hermé dans les Galeries Lafayette — a refusé de me parler en français. J’ai remercié cette vendeuse, croyez-moi. Mais la pire chose était deux heures de comportement insultant au Procope.

Tout ça à commencé dès que j’ai dit au maître d’hôtel, « Bonjour, je suis Justin Busch et j’ai une réservation à 17h. » Il m’a répondu en anglais, et j’ai dit 3 fois que je parlais français avant qu’il m’ait enfin répondu dans la même langue. Je lui ai demandé une carte en français.

Quand le serveur est arrivé pour la première fois, 30 minutes après que je sois assis, il m’a laissé une carte en anglais et est rapidement parti. Voilà la carte :

J’ai vite décidé que je voulais prendre le « hanger steak, » mais je ne connaissais pas le bon mot en français. Et franchement, je me sentais déjà énervé. Quand le serveur est revenu, j’ai dit, « Désolé, vous n’avez pas de menu en français ? » Il m’a dit « One moment, » et est parti avec la carte. Quelques instants plus tard, il est revenu avec celui-ci :

Mais quand il est revenu une troisième fois pour prendre ma commande, il m’a dit « What would you like? » J’ai répondu avec la soupe à l’oignon et l’onglet de bœuf. Il m’a demandé la température pour le bœuf, et je lui ai répondu « à point ». Après ça, il a repris l’anglais. Pendant l’heure et demie suivante, il et ses deux aides m’ont parlé seulement en anglais. C’était bien évident que c’était fait exprès. Ce dîner a quand même pris assez de temps que j’ai dû partir sans goûter leur glace, exactement la chose pour laquelle j’y étais venu.

Tout seul avec mes pensées, je pensais à mettre fin à tout ça. Ce n’était que la version la plus récente de ce qui s’est passé à l’aéroport. Et à mon hôtel. Et à la pharmacie. Plus méchant qu’à ces autres endroits, bien sûr, mais je me demandais si c’était un message que je m’étais gravement trompé. J’ai jeté un coup d’œil sur le bouton rouge, et si une amie ne m’avait pas contacté au bon moment, peut-être que vous ne liriez pas ce post :

Je ne peux pas faire plus pour m’intégrer à la société française sans y vivre. Et je sais très bien que personne ne sait ce que j’ai fait sans avoir lu ce blog. Mais je me demandais comment je me sentirais si j’étais un immigrant mexicain et des américains ont refusé de me parler en anglais. Je me demanderais pourquoi je faisais des efforts. Si je voulais être insulté en anglais toute la journée, j’habite déjà au bon lieu. ([Menteur ! Je ne vous insulte jamais en anglais ! Mais peut-être que c’est le temps de commencer ! — M. Descarottes]) Je relis mon post sur la politesse de l’année dernière, et je me demande « Mais où est donc passé tous ces gens ? »

C’est étonnant. Vous parrainez l’Alliance Française pour apprendre la langue aux étrangers. Vous vous plaignez de nous quand nous n’apprenons pas la langue. Mais face à quelqu’un qui sait dire toutes les bonnes choses, plus qu’il essaye, plus que vous vous foutez de sa gueule. On n’est pas en rupture, mais la relation est plus qu’un peu abîmée.

Le voyage fou

Je vous ai promis que l’on va parler de certaines choses malheureuses de ce dernier week-end. Mais pas aujourd’hui ! Cette fois sera donc un récit des bonnes parties du voyage. Plus ou moins. Je vous préviens, c’est LONG.

Vendredi matin, j’ai dit « au revoir » à M. Descarottes. Il ne m’a même pas regardé ! ([Pas besoin de le faire pour les serviteurs, garçon. — M. Descarottes])

J’ai entré par Amsterdam, dans un vol de KLM. Comment est-il arrivé qu’Air France et KLM font partie de la même entreprise, mais les repas chez KLM sont autant horribles que ceux d’Air France sont bons ?

Je suis arrivé à Schiphol vers 8h30. Je n’ai rien contre les Néerlandais — l’équipe sur l’avion était toute sympa — mais à mes oreilles, leur langue sonne comme le chef suédois des Muppets sous méthamphétamine. Au contrôle des passeports, la police des frontières m’a presque refusé l’entrée, parce qu’elle ne croyait pas que j’étais là juste pour le concert !

Dès que je suis arrivé en France, je cherchais le bureau de poste à l’aéroport. J’avais apporté un cadeau pour l’amie qui m’avait envoyé le livre de Cook&Record. Un ami m’a aidé à le trouver — mais malheureusement, les horaires d’ouverture n’étaient pas ce dont ils avaient posté en ligne. Tous les autres bureaux à Paris étaient déjà fermés pour le week-end. J’ai donc quitté le pays sans envoyer le cadeau.

Puis je me suis rendu à l’hôtel, l’Hôtel du Parc Roissy. Je le recommande ! C’est très proche de l’aéroport, et m’a coûté seulement 45 €. Il n’y a pas d’équipements, mais c’était bien propre et je n’ai pas de plaintes. C’est loin de tout ce dont on aimerait voir à Paris, mais si le RER B marche, c’est un bon rapport qualité prix.

Mon plus grand regret de la dernière fois était n’avoir pas visité le tombeau de Napoléon. C’était très gentil à votre part que personne ne m’a dit que je restait debout devant sa porte la dernière fois, mais c’était pour le meilleur. Je n’avais pas un billet et si je l’avais eu, je n’aurais pas eu le temps pour visiter La Grande Arche. Alors, après m’être enregistré à l’hôtel, je suis allé aux Invalides. J’ai passé par l’Opéra Garnier, une pâtisserie Lenôtre — sans l’entrer car je suis con — la Tour Eiffel, et très proche aux Invalides, un panneau en souvenir de la Shoah. (Voilà, mon vieux article sur d’autres panneaux.)

Je suis enfin arrivé pour payer mes respects à l’Empereur. Je ne savais pas qu’il y aurait autant d’autres grands généraux là-bas, surtout le Maréchal Foch. Cette fois, nous nous concentrerons sur Napoléon. Autour du tombeau, il y a dix bas-reliefs qui parlent des réalisations du Consulat et du Premier Empire. Pour moi, c’est le Code civil — on dit « Napoleonic code » en anglais pour ne pas le confondre avec notre « civil code » — qui est sa plus grande réussite. Je sais, en version originale, il aurait pu mieux respecter les droits des femmes. Mais à l’époque, c’était une grande avancée, et en plus, la meilleure chose qui se soit jamais passé pour mes voisins d’Amérique du Sud, qui l’ont adopté partout.

Après un test antigénique pour retourner aux États-Unis (nous n’acceptons pas nos propres cartes de vaccination ; ouais, moi, je ne ferais pas confiance à ces types non plus), je suis allé dans un resto fortement recommandé par l’une de mes lectrices l’année dernière, Le Procope. Peut-être que vous vous souvenez de ma recette de gelato où je vous ai raconté leur histoire. Il n’y a jamais des coïncidences chez moi. La nourriture était bonne, surtout la soupe à l’oignon. Mais vous allez beaucoup entendre sur mon expérience demain. Avant, demandez-vous comment est-il arrivé que moi, l’obsédé des desserts, suis parti sans un dessert, vu que j’en ai fait un en leur honneur.

Après le dîner, j’ai dû revenir dans la pharmacie car il y avait des problèmes avec les résultats du test. C’était négatif, mais je ne pouvais pas les retrouver. Puis, c’était le concert, la fin de ma nuit.

Le lendemain, je voulais : aller aux Galeries Lafayette Haussmann et au Temps des Cerises, faire des achats chez Carrefour, visiter un Monoprix, et acheter des films chez FNAC. Grâce à la fermeture inattendue du RER B, j’ai dû prendre un bus, et j’ai fini par visiter seulement les Galeries Lafayette. J’espérais que je pourrais au moins déjeuner dans le magasin, mais même ça aurait pris trop de temps. J’ai acheté une ceinture pour avoir quelque chose de français que je peux porter tous les jours :

J’adore que le ticket dit « designed in Paris » — dessiné à Paris — seulement en anglais, bien qu’elle soit fabriquée en Chine. On ne peut pas tromper un californien comme ça — nous venons de chez Apple, qui a inventé ce mensonge-là. De toute façon, j’ai aussi acheté du nougat, du chocolat Pierre Marcolini et des macarons Pierre Hermé pour ma fille…et deux choses pour manger dans l’avion — un éclair de Christophe Adam, et une petite tarte framboise estragon de Yann Couvreur. Moi, je tuerais pour en avoir UN ici, et je m’en fiche duquel. ([Voilà ! Il est terroriste ! Je prends tout ce qu’il dit littéralement car il n’a aucun sens de l’humour ! Ce n’est que lui qui fait partie de l’Équipe 1er Degré ! — Mon ex])

Mais cette fois-ci, j’ai exploré plus La Coupole. Il y a des vues époustouflantes sur le toit, et une collection vraiment impressionnante de souvenirs au 5e étage. J’ai failli acheter l’un de leurs affiches, mais ils n’avaient pas celle dont j’ai eu vraiment envie. (Et non, je ne l’avais pas vue — c’est juste que j’aurais pris n’importe quelle affiche de Rouen, en souvenir du meilleur jour de ma vie.)

Après ça, j’ai dû quitter le pays. Si je n’ai pas eu besoin des bus, j’en aurais fait plus. Mais comme je vous ai dit, la cuisine chez Air France est la meilleure, et si j’ai dû rentrer retourner sur mon Île d’Elbe personnelle, au moins j’ai eu deux bons repas sur la route. Je regrette tellement avoir fait ce voyage, et je ne l’échangerais pour rien au monde.

Les preneurs

J’aurais aimé commencer cette édition de notre revue hebdomadaire du Canard enchaîné avec une photo de la version actuelle des Dossiers du Canard. Mais malheureusement, je n’ai pas arrivé à le trouver chez Relay à l’aéroport. Ouais, j’ai même pris le risque de perdre ma carte d’homme en leur demandant s’il y avait une copie en stock. Dommage, mais j’y ai quand même trouvé des trucs passionnants. (Dites-moi, existe-t-il aussi en France l’idée que les hommes ne sont jamais censés demander de l’aide ?) De toute façon…

Notre premier dessin parle du plus gros scandale de la semaine, ce qui concerne M. Damien Abad. Il est accusé d’avoir commis un viol, mais la plainte principale a été classée sans suite. Une autre plainte n’était jamais le sujet d’une enquête, il me semble. Je n’ai aucun avis sur les faits, car je ne peux pas mener une enquête, mais le gouvernement n’était pas suffisamment au courant.

En cherchant les nouvelles sur M. Abad, je me suis trompé en lisant ce gros titre :

Je croyais qu’il y avait une manif contre Messrs Abad et Springsteen en même temps. Il faut toujours tout lire attentivement !

L’autre grande nouvelle de la semaine, c’est qu’un footballeur aime apparemment l’argent. Désolé, j’ai vraiment pas envie de me moquer des fans de foot. Ça n’a rien à voir la polémique genre pain au chocolat ou chocolatine entre le football et le football américain. C’est juste qu’après avoir perdu mon équipe préféré il y a six ans, je ne m’intéresse vraiment plus aux sports. Le baseball, oui. Le hockey, parfois. Mais il était une fois, je regarderais tout et n’importe quoi à la télé tant que c’était un sport, et pas plus. Je ne m’intéresse pas non plus aux discours magistraux des athlètes qui prennent de l’argent à des monstres, puis me disent quel genre de sale type je suis. Ai-je dit LeBron James ? Oui.

Le festival de Cannes se déroule en ce moment. Tant que ni de Funès ni Bourvil ni Gensac sont là, peu importe. Mais c’est une jolie opportunité pour les soi-disant « influenceuses » de se faire connaître. En parlant de ceux qui prennent de l’argent de n’importe qui, c’est TikTok qui les paye pour être là, selon le lien ici.

Finalement, êtes-vous prêt pour une nouvelle pandémie ? Voilà la variole du singe.

Moi, j’ai déjà mon stock de masques français, car j’ai dû acheter une boîte l’année dernière en France, et je les utilise aussi lentement que mes films. (J’en avais déjà beaucoup trop AVANT ce voyage-là ; j’utilise juste d’autre stock.)

Comme toujours, si vous avez aimé ces dessins, abonnez-vous !

Mes 90 000 amis les plus proches

Je dois gagner au moins deux posts après un voyage en France, peu importe la durée (ou Ladurée). En plus, le concert était LA raison pour faire quelque chose de complètement fou. Alors, valait-il la peine ? D’abord, voilà une petite vidéo que j’ai fait avec mes moments préférés. Je dois vous prévenir qu’il y aura des publicités car YouTube reconnaît qu’Indochine a les droits. Sur la page YouTube, vous trouverez de nombreux liens vers tous les moments dans la description.

On va parler de ça en détail. Mais d’abord, une histoire dingue. Vous souvenez-vous de l’américaine qui m’a volé mon deuxième billet ? Elle m’a écrit jeudi pour demander si j’allais voyager. On dirait en anglais qu’elle a des couilles en laiton ! Non, je ne lui ai pas répondu. Je suppose qu’elle s’inquiétait que les sièges étaient côté à côte. C’était pas le cas.

On reprend le concert. D’abord, j’arrive au stade. C’est IMPRESSIONNANT, mais je suis au point de découvrir une grosse différence entre vos stades et les nôtres. On peut seulement entrer par la porte sur son billet. Aux États-Unis, on peut entrer les stades par n’importe quelle porte et marcher vers le bon bloc. Moi et les gardes de sécurité, nous avions un petit malentendu culturel sur ce sujet. Mais ils m’ont enfin fait comprendre. J’apprécie que malgré mon accent, comme le comédien anglais Paul Taylor, ils pensaient que j’étais Français mais con.

La vidéo commence avec le début du concert, quand le groupe monte sur scène. Il y avait une première partie, mais je l’ai ratée pour acheter un t-shirt (aussi à cause d’une autre raison, mais laissez-la tomber pour l’instant). Quelle queue !

Voici la vue en haut de l’escalier quand j’ai atteint le bon bloc.

La première chanson qu’ils jouent, c’est Nos Célébrations. Vu que la chanson est sortie le 26 mai 2020, après le début du confinement, je crois que c’est la première fois où cette chanson est joué devant une véritable foule. Il y avait le « concert très très privé », le « concert test », et un concert gratuit à Bruxelles — alors pas la première fois devant des spectateurs — mais la première fois dans un stade. Avez-vous remarqué qu’il y avait quelque chose qui n’allait pas avec ma voix dans la vidéo ? Je sanglotais. Ce ne sera pas la seule fois. Pas du tout.

Je n’aime pas le clip officiel pour Station 13, mais j’adore la chanson. Quand ils l’ont joué, il y avait des explosions de confetti :

Y a-t-il autant que deux chansons d’Indochine que l’on reconnaît sans délai à cause de la batterie ? Non, c’est juste Miss Paramount. On trouve ce moment dans la vidéo aussi, mais ça m’a rappelé le jour magique, le 20 juin 2020, où je l’ai écoutée pour la première fois. Sauf pour Nos Célébrations, mes souvenirs d’Indochine ne sont pas les vôtres, mais ils sont également forts.

Dans la vidéo, les prochains moments sont Les Tzars, La Chevauchée des Champs de Blé et 3SEX. J’ai eu besoin de presque un an entier pour aimer vraiment Les Tzars. Je me suis trompé que la chanson fêtait Che Guevara, un homme que je n’admire pas du tout. Il fallait que je comprenne mieux le sens des paroles. Je trouve que ça reste une opportunité pour moi — il y a plein de chansons, de tous les groupes que j’écoute, où je suis toujours en train d’atteindre tout ce dont j’ai besoin pour les comprendre. C’est en fait la raison pour laquelle j’appelle Un Jour Dans Notre Vie « ma générique ». Mais on discutera ce sujet dans un autre post.

Mon avis sur 3SEX n’a pas changé. Mais c’est la seule version que l’on aura dans l’avenir, je crois. Dommage. Au fait, je préfère la version du clip officiel à la version de l’album.

Après ça, on passe à Alice et June. Il n’y a pas de June dans les paroles de cette chanson, et pas de Françoise dans la chanson de ce nom. Qu’est-ce qu’il y a, Nico ? De toute façon, si vous aviez écouté l’épisode 10 du balado, vous auriez déjà su pourquoi le moment à 4:05 dans la vidéo est précieux pour moi. Encore une fois, j’étais dépassé par le moment.

Je sais que certains d’entre vous n’étaient pas heureux que j’ai lancé la chaîne YouTube avec La Marseillaise. Je l’ai appris sur la suggestion d’un ami, mais le choix et la responsabilité restent chez moi. Mais je ne regrette pas que je la connais, parce que j’ai rejoint la foule quand la version de Mireille Mathieu a été jouée avant Un Été Français. Vous n’avez aucune idée à quel point j’ai lutté pour avoir le droit d’y être. C’est la première fois en 12 ans où j’ai reçu un échange de garde de ma fille de mon ex. Il y a eu des mois d’effort et des frais d’avocat pour avoir le week-end. On peut douter que je sois sain d’esprit ([Pas besoin du subjonctif ici, bien compris. — M. Descarottes]). Mais jamais que l’envie et les larmes sont réelles. Le Coup de Foudre, ça vient du cœur.

C’était un plaisir complètement inattendu d’écouter Dizzidence Politik et en plus avec Dimitri Bodianski lui-même au saxophone. « Ici Moscou », effectivement.

Moi, je ne partage pas l’affection des Français pour J’ai demandé à la lune, apparemment la deuxième chanson préférée des Français. Honnêtement, l’album Paradize pas non plus. Mais je comprends que ça existe, alors c’est dans la vidéo.

Mais on conclut avec la deuxième dernière chanson du concert, la vraie raison pourquoi je voulais y être, L’Aventurier. Comme je vous ai dit, la performance dans Putain de Stade me fait pleurer à chaque fois, à cause de la foule. Je n’ai pas grandi avec Indochine, avec Bob Morane, avec L’Aventurier. Mais quand on écoute cette foule, on entend tous leurs souvenirs, tout leur bonheur. J’ai raté cette époque, mais je comprends parfaitement le sentiment. En ce moment, je n’étais plus l’étranger dingue. Je suis rentré chez moi pour partager un moment avec 90 000 de mes amis les plus proches.

Épisode 10

Cette semaine, j’ai appris que le pays du second degré n’a pas mal de gens qui croient vraiment que je prendrais un avion pour des bonbons. Mais je le mérite bien — je suis certainement la même personne qui vous ai dit que j’ai conduit 120 km pour du beurre. Et c’était rien que la vérité.

Mais en fait, ça ne me dérange pas du tout. Au moins ça dit que vous me trouvez sincère. Bon, nos articles de la semaine, en plus de la blague habituelle :

Si vous aimez ce balado, abonnez-vous sur Apple, Google Play, Amazon, Spotify, ou encore Stitcher. Bonne écoute !

Il faudra qu’on parle

En ce moment, je suis dans un bus. C’était inattendu, mais c’est le Système D — tous genres de trucs sont toujours soit fermés soit annulés soit emballés par un escroc. À cause d’avoir perdu environ deux heures aux buses au lieu de trains, je partirai sans avoir mangé aujourd’hui. J’aurais tellement aimé revenir au Temps des Cerises et faire des achats chez Carrefour ou encore Monoprix. (Je veux visiter un Monoprix comme vous voulez visiter Hawaï.)

Mais ça devra attendre. Disons que si la leçon de la dernière fois était que les stéréotypes ont tort, la leçon de cette fois est qu’ils ne viennent de nulle part. Je dois bien réfléchir avant de vous raconter ce voyage, parce que je sais très bien que vous êtes tous mes amis, et vous ne méritez pas du tout ma colère d’hier. Ou, franchement, d’aujourd’hui pas non plus.

Alors en ce moment, je vais partager juste deux choses. D’abord, un souvenir du meilleur concert de ma vie :

Puis, un œuvre d’art que j’appelle « Avant et après » :

Je vous ai dit que je suis arrivé pour nettoyer les étagères de nougat !

Puisque je suis ici

Bonjour, les amis ! Je suis arrivé pour faire mes achats chez Carrefour. Comme on dit, après moi, la pénurie de nougat de Montélimar.

Oh ! Il se passe que je suis en France, à Paris en fait. Bon, puisque je suis là (faut fredonner le meilleur moment d’Alice et June ici), je suppose que je pourrais peut-être passer par le Stade de France pour le concert d’Indochine ce soir. Mais, vraiment, ce serait assez pour moi.

Alors, vous êtes tous malins, et vous comprenez maintenant que je plaisantais — un peu — sur le nougat. (C’est un sujet gravement sérieux, le nougat.) Je suis en fait ici principalement pour le concert. Je n’ai pas du temps pour en faire plus — je dois reprendre ma fille lundi. C’était une décision très difficile à prendre, mais le choix cette année n’était pas entre le concert et une semaine entière. C’était plutôt entre le concert et rien.

Je veux être CLAIR sur quelque chose : je ne suis pas du tout devenu le genre d’étranger qui est tombé amoureux de Paris et rien d’autre. Si j’avais encore une semaine, je n’aurais passé qu’un jour à Paris pour entrer et sortir — j’irais plutôt à Lille. Ou Lyon. Ou Caen. Ou Quimper — comme je suis tombé amoureux de Quimper ! Ou faire le tour révolutionnaire en Gironde et en Vendée. Je ne veux offenser aucune de mes connaissances en oubliant leur ville !

Alors pourquoi tout ça pour un concert ? Car ce n’est pas la première fois où un groupe que j’adore fête son 40e anniversaire. La dernière fois, c’était Rush et dès que cette tournée-là est terminée, ils ont pris leur retraite. Plus tard, il s’est avéré que leur batteur avait un cancer du cerveau. Il est mort en janvier 2020, et il me manque tous les jours. J’ai peur de rater Nico comme j’ai raté la dernière tournée de Rush, comme j’ai complètement raté Genesis et The Police.

Mais en plus, ce concert sera l’un des plus grands de tous les temps. Selon les statistiques :

  • Plus de 97 000 spectateurs
  • Un écran vidéo de plus de 2 500 m^2, le plus grand jamais utilisé pour un concert
  • Une tour qui fait 45 mètres de hauteur au milieu du stade
  • Une scène de 850 m^2

Je n’ai jamais fait partie d’un concert dans n’importe quel stade pendant ma vie entière. Les plus grands pour moi sont Fleetwood Mac et Rush à Los Angeles, avec peut-être 13 000 spectateurs. Même si Indochine ne prend pas sa retraite, je ne répéterai jamais cette exercice. Mais je voulais, juste une fois, vivre un tel moment avec les gens que j’aime le plus au monde.

Le boucher de Nantes

Quand j’écris les posts « Je découvre », j’essaie de présenter les départements selon leurs meilleures qualités. Mais l’histoire a aussi des ombres, et aujourd’hui, on parle d’un chapitre malheureux de l’histoire nantaise. Cette fois, je parle d’une histoire dont j’ai entendu parler d’un ami il y a longtemps, l’histoire de Jean-Baptiste Carrier et les noyades de Nantes. Je suis ici la narration du site France Pittoresque et de Wikipédia.

Les noyades de Nantes par Joseph Aubert, Photo par Musée d’art et d’histoire de Cholet, Domaine public

Je vous ai dit en Gironde que les deux départements que tout le monde connaissent aux États-Unis sont la Gironde et la Vendée, à cause de leurs rôles pendant la Révolution. On parle des révoltes vendéennes, mais cet épisode est un moment de la Terreur qui est peu connu chez moi car il s’est passé en dehors de Paris. (L’histoire de la Terreur aux États-Unis est plus ou moins : les États-Généraux arrêtent le roi, la Montagne devient de plus en plus sanguinaire, Marie-Antoinette mange de la brioche, M. Robespierre prend la parole, puis tout le monde est guillotiné, le homard Thermidor est créé et le mot « tricoteuse » entre la langue anglaise à cause du livre « Le Conte de deux cités » par Charles Dickens. On passe directement à Waterloo pour reprendre ce qui compte, la glorieuse histoire anglophone.)

D’abord, on doit établir pourquoi Carrier voulait tuer des prêtres en plus que les rebelles vendéennes. C’est à cause de la Constitution civile du clergé de 1790, selon laquelle il fallait que les prêtres abandonnent l’Église catholique pour une nouvelle Église constitutionnelle. Les prêtres qui ont refusé étaient labellisés réfractaires ; c’est-à-dire des ennemis de la Révolution et du pouvoir séculaire.

Les rebelles vendéennes ont formé une armée catholique et royale ; les prêtres étaient donc pire que juste des hérétiques qui n’étaient pas d’accord avec les révolutionnaires — ils étaient les symboles d’une cause opposée. En octobre 1793, le Comité révolutionnaire de Nantes a rendu 90 prêtres sur un bateau ancré dans la Loire, pour servir en tant que prison. Mais Carrier est arrivé pour se charger des affaires et il veut écraser complètement la révolte. Il décide donc de les tuer tous. Mais sans un procès, il ne veut pas de témoins, alors il ne dit pas au commandant du bateau qu’il va noyer les prêtres. Il leur dit qu’ils seront transférés à un autre prison.

Mais son adjutant, Lamberty, demande aux prêtres de lui rendre leurs objets de valeur. Puis, les prêtres sont attachés deux par deux et mis dans une gabare avec des trou en bas. Selon France Pittoresque :

L’eau envahit la cale, où les prêtres, commençant à se rendre compte qu’ils vont bientôt rencontrer le Créateur, se mettent à hurler de désespoir, à supplier pour qu’on leur porte secours. Un des bourreaux a l’idée de leur faire une bonne blague, il grimpe sur le chaland en train de couler pour faire semblant de vider l’eau au moyen d’une poêle à châtaignes percée de trous. Que c’est amusant ! Mais les prêtres, qui ont déjà de l’eau à mi-cuisse, ne goûtent pas la plaisanterie.

Mais c’est une façon efficace de tuer un grand nombre d’hommes en même temps. Carrier, qui a un sens de l’humour vraiment macabre, appelle ça « la déportation verticale » dans la « baignoire nationale » ; c’est-à-dire, la Loire. Il profite tellement de cette expérience qu’il a fait noyé entre 1 800 et 4 800 victimes — les historiens ne sont pas d’accord sur un chiffre exact.

En plus des noyades, Carrier a ordonné des fusillades qui ont tués environ 3 000 prisonniers, dont des civils, des femmes, et des enfants. Carrier est un homme impitoyable ; selon Wikipédia :

Francastel, Tréhouart et Prieur de la Marne, membre du comité de salut public, sont dénoncés par Jean-Baptiste Carrier pour leur modérantisme. Il exhortait à la répression la plus féroce : « Il vous est ordonné, écrit-il au général Haxo, d’incendier toutes les maisons des rebelles, d’en massacrer tous les habitants et d’en enlever toutes les subsistances ».

Carrier fait partie de la chute de M. Robespierre. Mais après l’acquittement d’une centaine de nantais, il y a de nombreux témoins contre lui et il est mis en accusation. Il est un criminel sans doute, mais peut-être qu’il n’avait complètement tort quand il a dit :

« Tout est coupable ici, jusqu’à la sonnette du président. Vous serez tous enveloppés dans une proscription inévitable »

Il est guillotiné le 16 décembre 1794, mettant fin à la Terreur de Nantes.