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Jour de la Catastrophe

C’est encore une fois le pire jour du calendrier, le Jour de la Catastrophe. Il y a 21 ans aujourd’hui — alors il a maintenant le droit de boire de l’alcool aux États-Unis ! — je me suis stupidement marié avec la personne qui me déteste la plus au monde.

Il y a une décennie, je croyais que ça me ferait du bien d’aller ailleurs, de ne pas être à la maison. Je suis allé à Las Vegas, pour dîner dans un resto, Picasso, qu’elle avait toujours refusé à visiter avec moi. C’était — et reste — deux fois étoilé par Michelin, et c’est sans doute parmi les meilleurs restos des États-Unis. Le nom vient du fait qu’il y a de nombreux vrais œuvres de Pablo Picasso sur les murs. Ce dîner m’a coûté 200 $ pour y manger tout seul, une somme encore plus dingue à l’époque, quand le dollar valait toujours quelque chose et les boîtes de céréales ne coûtaient pas 10 $ aux supermarchés pour 500 grammes. (N’imaginez pas que j’exagère, mais c’est beaucoup pire en Californie qu’ailleurs.) C’était le dîner de toute un vie.

J’étais plus misérable que j’aurais jamais osé imaginer.

Le problème, c’était qu’il y avait environ 20 tables occupées au resto — et quand j’ai regardé autour de moi, je me suis rendu compte que j’étais la seule personne d’y être tout seul. Il y avait quelques grands groupes, mais le clientele était largement des couples. Pour être bien clair, c’est souvent le cas aux États-Unis que le personnel des restos font honte aux célibataires et préfèrent qu’ils ne viennent pas dans leurs restos — mais rien de tel ne m’est arrivé chez Picasso. Les serveurs n’auraient pu rien faire pour être plus gentils.

Il y a de nombreuse blagues très stupides à propos du divorce aux États-Unis. On est « libéré ». Des gens vous félicitent. Je déteste cette attitude. Ce que vous ne pouvez pas voir quand je fais tous les dîners de ce blog, c’est que j’avais complètement abandonné cuisiner pendant six ans avant d’apprendre le français. C’était l’envie de connaître le gâteau au yaourt de mes leçons de Duolingo qui a relancé ma passion pour la cuisine. Je mentionne parfois que j’aurais aimé partager ce que j’ai fait avec quelqu’un, mais au moins l’envie de partager les photos m’a redonné l’envie de cuisiner pour moi-même, quelque chose que je ne pouvais plus supporter. Malgré tous les biens que l’apprentissage du français m’a apporté, améliorer ce problème n’en est pas un.

L’année dernière, c’était ce jour qui m’a inspiré à lancer ma version de « C’est le 1er », pour mettre les autres en vedette. Il reste le cas que je serais beaucoup moins heureux sans vous les Français dans ma vie. Juste hier, j’ai reçu quelque chose — et j’ai déjà écrit une note de remerciement par courriel — qui m’a rappelé pourquoi vous presque tous valez les efforts. (Il y a toujours quotidiennement quelqu’un qui me rend visite pour apprendre le broutage. Ils ne vaudront jamais la peine.) Trois ans et quart après avoir commencé cette aventure, je n’arrive toujours pas à croire mes yeux, mais je reste reconnaissant.

Pourquoi je mens sur les cigognes

Cette semaine, il y avait plusieurs posts chez d’autres qui parlaient de cigognes. J’ai mentionné chez Blogosth que La Fille n’y croit pas, mais comme a deviné Agathe, c’était seulement à dire qu’elle ne croyait pas que les cigognes livrent des bébés humains. Elle a raison, et je suis ici maintenant pour vous dire que je mens sans honte sur ce sujet. Mais j’ai une raison probablement inattendue, et je veux la partager.

Nid de cigognes, Photo par Scotch Mist, CC BY-SA 4.0

Je vous laisse beaucoup de preuves que je suis bien bête. Je me suis marié avec la personne qui me déteste le plus au monde, je prends 3 mois pour lire des livres que d’autres personnes finissent dans un jour, et je publie des échecs totaux en cuisine comme mon dessert aindinois (ce n’est pas un acte de fausse pudeur). Mais je suis aussi « fou comme le renard », comme on dit en anglais — très rarement, il s’avère que ma folie est une stratégie planifiée.

C’est exactement ça avec les cigognes. Malgré ce qu’en pense mes anciens copains de classe du lycée, je sais que la grossesse existe. Mais il fera très froid à San Bernardino (maison de mon ex belle-famille) avant que je n’avoue la réalité. Pourquoi ?

La Fille n’est pas du tout stupide. Elle a vu cette vidéo de Ms. Pac-Man sans la croire :

Mais si vous avez lu nos dialogues, vous savez déjà que la chose qu’elle profite la plus au monde est de prouver que j’ai tort. Alors, j’ai saisi l’opportunité pour lui apprendre à argumenter. Elle cherche sans cesse des preuves que j’ai tort, elle examine mes paroles pour le moindre signe que je ne crois pas ce que je dis. Et je la fais travailler. Je lui dis de telles choses que « Les nombrils viennent des cordes que les cigognes utilisent pour attacher les bébés, afin qu’ils ne tombent pas pendant les vols ». Ça explique les faits observés, même si l’explication est fausse, alors elle doit trouver d’autres preuves. Croyez-moi, les échographies font une grande partie de ses arguments au contraire.

À ce point, elle est bien convaincu que je suis un gros menteur sur le sujet. C’est pour le meilleur — une autre leçon que je veux lui apprendre est de ne pas tout croire seulement parce que c’est moi que le dit. Elle sait qu’en général, je suis fiable, mais avoir une exception bien délimitée sert assez bien mon but. De cette façon, je lui apprends à ne pas avoir peur face à une figure d’autorité, mais de s’approcher de telles situations avec des faits, non pas seulement des sentiments. Et aussi de garder un sens de l’humour, car elle sait que ma position est ridicule, pour autant que je prétende la croire.

Des questions pour planifier

L’itinéraire commence à prendre forme. Je ne veux pas publier les dates exactes pour voyager avant de partir, afin de ne pas aider des facteurs voleurs. (Aux États-Unis, il y a certains qui lisent les nécrologies pour trouver des maisons à cambrioler. Voilà, voilà, et voilà ; liens en anglais, évidemment. Peut-être qu’ils lisent des blogs aussi.) Je vous signalerai le début selon ma façon habituelle, j’en suis sûr. Mais peut-être que vous pouvez m’aider avec certaines choses.

Avant de partir, il faudra que La Fille lise mon livre des partisans. Mais elle va aussi visiter Omaha Beach. Mon intention, c’est que nous y irons après avoir visité mon amie à Rouen. De là, Bayeux, puis un retour à Paris. Véro de France with Véro m’a conseillé de prendre un train de Paris, puis louer une voiture à Rouen. Mais une recherche sur Auto-Europe me suggère que ce sera difficile. Est-il possible de faire tout ça avec des transports publics, ou serait-il mieux de louer une voiture à Paris ? (On la quittera la plus vite possible, car je ne vais pas conduire au milieu de Paris.)

La Tout Eiffel a bien épuisé le stock de billets disponibles en ligne pour tout juillet. Je remercie mon ex pour me faire tarder en planifiant ce voyage, car ce n’est pas surprenant du tout.) On peut apparemment faire la queue au meme jour pour des billets. Y a-t-il d’autres moyens de les trouver au-delà du marché noir ? Je suis sûr que l’on gaspillera des heures dans la queue. Mais La Fille me tuera si on rate la Tour.

Des recommendations pour des boulangeries sont toujours les bienvenues. Je suis sûr que nous passerons par Pierre Hermé et Lenôtre, mais vous savez bien que ce blog n’est pas seulement consacrée à la haute gastronomie. Des trucs plus locaux sont toujours les bienvenus.

Vous pouvez visiter soit Chantilly, soit Chambord soit l’un des châteaux près de Tours. Vous choisissez lequel ?

Dernière question pour l’instant. Mes responsabilités sont d’abord à ma fille et mon père. Mais c’est quand même une opportunité pour quelque chose de nouveau. Préféreriez-vous un événement Facebook ou YouTube en direct, de courtes pépites quotidiennes sur la balado, ou juste l’horaire de publications comme d’hab ?

Mon autre carte du Rhône

Il y a des fois où je publie des blagues dans les posts « Je découvre », et d’autres fois où je ne suis que sérieux. Mais cette fois, il n’était que la longueur de Je découvre le Rhône qui m’a empêché d’inclure celle-ci.

Vous n’avez probablement jamais joué au jeu vidéo Dragon Quest II, car il n’est pas sorti en Europe à l’époque (1990), alors voilà, la carte du vrai Rhône :

Source

C’est le dernier pays que l’on atteint dans le jeu, le repaire du méchant final. Mais une fois sorti en tant que jeu « rétro » en 2019 en Europe, quelque chose de surprenant est arrivé — le nom de ce pays a été changé, pour devenir Rendarak. Mais moi, je sais la vérité. J’étais là à l’époque. Voici une preuve :

Capture d’écran de cette vidéo

Ce personnage dit au joueur « Tu trouveras que cette porte est le seule moyen pour que tu atteignes le Rhône ». C’est clairement le cas qu’il tutoie parce qu’il parle anglais.

Mais ce n’est pas le seul hommage au 69 dans la série Dragon Quest ! Dans le quatrième volet, L’Épopée des élus, il y a un pays très français, où le village principal se nomme « Laissez Fayre », et le noble qui y règne ? Le Marquis de Lyon. Bon, en anglais, ils écrivent Léon, comme si c’était en espagnol. Mais je vous demande, pourquoi est-ce que ce type vit dans le « Palais de Léon », non pas le « Palacio » ? Et regardez comment il parle — montrez-moi l’espagnol qui dit « Quel dommage ! ». J’ai raison.

Capture d’écran de cette vidéo
Capture d’écran de cette vidéo

Encore une fois, en traduction française, les références françaises ont été supprimées, et « Laissez Fayre » est devenu « Teafortwo », alors que le Marquis de Lyon est devenu « Lord Lionel ». Parce qu’évidemment, vous préférez toujours les anglicismes. En revanche, que faire avec tout ce franglais ? À la place des traducteurs, moi aussi, j’aurais peut-être choisi de tout changer en anglais :

Capture d’écran de cette vidéo

Vu que l’on revoit ce monsieur après cette conversation, il aurait dû dire « Au revoir ! », pas « Adieu ! ». Mais à l’époque, pensez-vous que j’aurais su une telle chose ? Moi non plus !

Week-end en Alabama

Je ne savais pas si j’allais vous raconter les détails de mon voyage en Alabama du week-end. Ce qui implique La Fille doit être géré soigneusement, parce que je suis soucieux que je n’ai pas le droit de publier son visage. Mais deux choses ont changé mon avis : d’une part, j’aimerais vous montrer un peu notre Sud — ce n’est pas si différent que certains en pensent. D’autre part, j’ai eu le retour d’enfer et j’ai hâte de râler un peu !

Dans un si grand pays, il est impossible de prendre des vols directs partout, même d’un aéroport aussi gros que celui de Los Angeles. Alors, nous avons dû voler d’abord à Charlotte, en Caroline du Nord, qui est plus à l’est que Huntsville, puis voler en arrière à Huntsville, en Alabama. Et il n’y a pas trop de ces derniers vols, alors nous avons dû arriver le plus tôt possible à Charlotte. Alors, nous avons quitté la maison à 4h30 samedi matin pour conduire à Los Angeles (à 60 km de chez nous).

Il n’y avait pas trop ouvert à l’aéroport à cette heure, mais je fais ce que je peux. Entre Dunkin’ Donuts, notre plus grande chaîne de donuts, et une petite boulangerie dite « La Provence », laquelle vais-je choisir ?

Je suis complètement prévisible ! En anglais, on appelle cela un « croissant au chocolat ».

Mais pour vous donner une idée des coûts horrifiques à nos aéroports, deux de ces petits, un jus d’orange et une limonade nous ont coûté 20 $.

Notre arrêt à Charlotte était bref — il n’y avait que 30 minutes entre notre atterrissage et le départ de notre prochain vol ! Et nous avons dû traverser un kilomètre avec du monde partout. Mais j’ai quand même arrêté pour prendre une photo pour vous. Vous reconnaissez sûrement Brioche Dorée. Encore une fois, tout prévisible !

Qu’est-ce qu’American Airlines sert pour le goûter à chaque vol ? Je regrette de vous dire que je les déteste depuis 20 ans déjà. Je trouve ces biscuits complètement secs, et même le nom m’offense. « Scoff » en anglais veut dire « se moquer » ou « dédaigner ». Je les appelle « thé biscuits you scoff at » ou « les biscuits desquels on se moque ». Désolé, je sais que vous les aimez.

Huntsville est en plein milieu du Sud profond. Si vous avez même entendu parler d’Alabama, c’est probablement juste à cause de la lutte pour les droits civiques. Mais c’est aussi la maison de notre programme de recherches en fusées. C’est pourquoi on y trouve Space Camp, où les jeunes peuvent explorer des carrières liées à l’espace. Mais on est toujours samedi. Pour le dîner, on est allés chez Olive Garden, l’une de nos plus grandes chaînes pour la cuisine italienne. Ce n’est pas trop authentique, mais je dirais que c’est typiquement américain. Je commande habituellement les linguini Alfredo aux fruits de mer.

Le matin, on a pris le petit-déjeuner chez Waffle House, et il n’y a rien de plus américain. On les trouve partout au Sud et dans le Midwest — pas à la Côte Ouest — et ce n’est pas du tout cher. Les Waffle House sont tous ouverts 24h par jour, et ne ferment que pendant de vrais désastres. En fait, le gouvernement les utilise pour traquer à quel point un désastre est sévère. D’abord, le resto lui-même :

Sa carte, pour le petit-déjeuner et le dîner — tout est disponible pendant toute la journée.

J’ai commandé un waffle aux noix de pécan et des « hash browns », des pommes de terre râpées et frites. Tout ça, 7,50 $. Pour nous deux, 17,50 $ pour beaucoup plus à manger qu’à LA. C’est tout autre monde.

C’est ici où on voit ceux qui n’ont pas honte de vivre aux États-Unis. L’époque où ce sentiment n’appartenait pas seulement à une région me manque.

S’il y a deux photos sur ce blog pour exprimer pourquoi j’écris sur la Creuse, la Lozère, la Nièvre, les voilà. Ce sont, d’une façon, les mêmes gens. Mais si vous pensez que c’est la nourriture de la pauvreté, sachez que ces photos sont en face de la rue :

À 5 km, on trouve enfin le Centre national de fusées, maison de Space Camp.

Voici le dortoir où La Fille va passer la semaine, « Habitat 1 ». Il n’y a pas de fenêtres, et ce n’est pas par hasard :

Impossible pour quelqu’un de mon âge de ne pas avoir des larmes aux yeux en voyant un bâtiment nommé en souvenir de la navette Challenger. Nous l’avons tous regardée exploser à la télé en direct :

Il y a un réservoir d’eau pour entraîner les astronautes à s’habituer à l’espace :

Et des fusées partout :

Huntsville est aussi la maison d’un autre genre de fusée :

Il y a une plaque en souvenir du premier atterrissage sur la Lune :

Mais aussi une en souvenir de l’équipe de scientifiques allemands qui ont tous choisi soudainement après la SGM d’y déménager pour construire des fusées, dont Wernher von Braun, architecte également des fusées V2 et Saturn V.

Après y avoir laissé ma fille, tout est parti en cacahuète. American Airlines m’a changé mon vol sans me prévenir, et j’ai passé 7 heures à l’aéroport de Huntsville en tant que leur prisonnier invité. J’ai au moins eu un excellent burger et gâteau aux carottes (dont j’ai gardé la moitié pour le lendemain) à l’hôtel dans l’aéroport.

Grâce à tout ce « temps libre » inattendu, j’ai fini mon prochain roman en français, et la critique paraîtra plus tard cette semaine. Je suis arrivé à Dallas à 23h. Mais j’ai eu le « droit » (oh merci) de passer juste 4 heures à l’hôtel avant de devoir aller à l’aéroport à 4h30 du matin encore.

J’étais prévu pour une interview avec notre prochaine invitée de la balado à 4h. C’était censé être à 2h après que je ne sois rentré. Mais au lieu de la reporter à cause de tout ça, j’ai gardé le rendez-vous. L’interview paraîtra lundi prochain. Vous allez adorer l’invitée !

Mais la dernière indignité ? J’avais garé ma voiture près de LAX. J’y suis arrivé avec 7 1/2 heures de retard, mais j’ai fini par payer pour un jour entier de plus. Merci infiniment, American Airlines, notre histoire du très, très, très petit amour est finie.

Mais où est donc passé le foie d’oie ?

Hier, j’ai demandé s’il me faudrait trouver du foie gras à base d’oie, ou si le foie du canard suffirait. Il s’avère que c’était la mauvaise question.

La semaine dernière, la Cour suprême des États-Unis a refusé d’accepter un pourvoi en cassation (lien en anglais) sur la question de la francophobie californienne, en ce cas l’interdiction du foie gras (parmi d’autres comme le cuir d’alligator). Je trouve cette situation scandaleuse — en général, les états individuels n’ont pas le droit de bannir les produits qui sont fabriqués légalement ailleurs dans le pays. Seulement le Congrès a le droit de réglementer la commerce entre les états.

Foie gras, Photo par Nikodem Nijaki, CC BY-SA 3.0

Le fait que la Cour n’a pas accepté le pourvoi ne veut pas dire qu’ils seraient d’accord avec la loi s’ils l’accepteraient. Il y a plus de demandes chaque année que ce qu’ils peuvent accepter. Mais ça veut dire qu’il n’y a pas au moins 4 juges qui trouvent la situation une urgence.

Mais ce que je ne comprenais pas, c’est qu’il est en fait impossible d’acheter du foie gras à base d’oie aux États-Unis. Voici les producteurs du pays (et du Canada) : Hudson Valley Foie Gras, Rougié, D’Artagnan, et La Belle Farms. Aucun d’entre eux n’offre plus du foie gras d’oie, seulement du canard. Les interdictions de Californie et de New York City (pas l’état, juste la ville) ciblent le gavage tout court, pas l’espèce d’animal. Alors, il ne m’est pas clair pourquoi il n’y a pas de foie gras d’oie.

Pourtant, c’est en fait le cas de nos jours que ça n’existe pas. Même Petrossian, une entreprise française, ne vend que du canard aux États-Unis. (Et j’ai des questions sur leur produit — c’est n’est pas logique de dire que le foie vient du « canard entier ». Vendent-ils du pâté en disant « foie gras ?)

Pour l’instant, je dois donc abandonner la quête. Il est bien clair que je n’arriverai pas à trouver du foie gras d’oie aux États-Unis. Je n’ai pas de choix — il faut que j’accepte du foie de canard pour mon dîner rhodanien.

Les bonnes nouvelles

Vous ne le saviez pas, mais Un Coup de Foudre n’est pas mon premier blog. Pendant les années 2000, j’écrivais en anglais sur mon métier de linguistique. C’était une autre vie, et je n’ai pas envie de la revisiter ici. Mais c’est d’où vient l’une de mes habitudes stylistiques ([Punaise, Papy va divaguer -/ M. Descarottes]) — des personnages romancés qui laissent des commentaires ironiques au milieu de mes articles ([Je suis bien réel, merci – M. Descarottes]). Je l’ai empruntée au blogueur britannique Andrew Sullivan, qui était très drôle à l’époque (son sens de l’humour nous a quitté il y a presque deux décennies, mais il écrit toujours).

Parmi ces personnages, le plus impoli est quelqu’un que j’ai surnommé « On » ici, qui n’a jamais rien de gentil à dire sur moi. Cette personne, qui que ce soit, signe ses commentaires avec un autre nom, bien sûr. Moins que je dis sur on, plus que ça va. Mais aujourd’hui, un petit miracle m’est arrivé. On a finalement trouvé un accord avec moi, et je serai en vacances en France, avec La Fille, et probablement mon père aussi, pendant 10 jours en mi-juillet.

Il y a beaucoup à planifier, pas trop de temps, et les prix seront élevés parce que je commence beaucoup plus tard que je l’aurais aimé. Et ce n’est franchement pas par hasard. Mais je ne vais pas me plaindre du résultat.

Avec La Fille seulement, nous pourrions voyager aussi vite que moi tout seul il y a deux ans. Avec mon père, ce sera beaucoup plus lente. Je suis sûr que nous passerons au moins 3 jours entiers à Paris pour voir les incontournables — le Collège Françoise-Dupont, Tom & Sabine Boulangerie-Pâtisserie, et… oups, j’ai encore une fois confondu Miraculous avec la vraie vie. Non, mais sérieusement, il y aura au moins le Sacré-Cœur, la Tour Eiffel, le Louvre, le Panthéon, et l’Arc de Triomphe. Même si je les ai tous visités, je veux que La Fille connaisse les essentiels. Il y aura absolument un jour entier à Versailles.

Nous reviendrons aussi à Rouen pour visiter mon amie et sa famille. Mais j’espère que nous visiterons d’autres amis aussi. Il n’y a rien au monde qui me ferait plus de plaisir que de voir certains que je ne connais que sur Internet. Avec si peu de temps, je sais que nous ne pouvons pas aller aussi loin que Lyon, même si j’y ai une dizaine de connaissances, ou Saint-Tropez pour le musée que j’aimerais visiter le plus.

Je n’aime pas que ce soit toujours un combat. Je n’ai pas le droit de vous parler des négociations, mais ce n’est pas facile pour moi, être un leader allemand, Satanas, et Xavier Dupont de Ligonnès en même temps ! Je vous promets, quand je reviendrai en deux mois avec La Fille, nous ne massacrons que des macarons. (Massacrer, ça vient de ma réplique préférée de L’As des as.)

La manne céleste

L’année dernière, j’ai laissé tomber une pépite en écrivant sur la Meuse :

L’ambroisie des dieux, les Savaroises de St-Michel, est fabriquée à Commercy — je les ai goûtés pour la première fois à l’aéroport en quittant la France en mai, et il me tue tous les jours qu’il y ait plein de biscuits de St-Michel disponibles ici, mais pas ceux-ci.

Je découvre la Meuse

Je ne l’avais pas mentionné en écrivant sur le voyage fou, mais croyez-moi, me rendre compte qu’ils ne sont pas disponibles chez myPanier ni Moulin non plus, c’était décevant. Je n’achète plus les biscuits typiques américains — les Oreos, les Pepperidge Farm Milanos — et c’est « youa culpa, youa maxima culpa », comme va la blague des catholiques traditionnels anglophones. (D’après le Confiteor en latin, « mea culpa », « ma faute » — « you » étant l’anglais pour tu/vous., et « me », moi.) C’est votre faute car après une belle centaine de recettes de desserts français ici, me contenter de moins est inacceptable !

De toute façon, regardez mes achats chez myPanier aujourd’hui :

« Justin, vous êtes aussi menteur que bête ! » vous dites ? ([Ça fait chaud au cœur, les amis. Vous comprenez enfin. — Mon ex]) « Vous venez de nous dire que myPanier ne vend pas de Savaroises, mais les voilà ! » Ah, mais c’est ici où l’histoire devient celle d’une loterie gagnée !

L’année dernière, ils ont commencé à offrir une plus grande sélection de produits français, expédiés directement de la France aux clients, sans passer par leur entrepôt. Vous ne me l’avez même pas une fois mentionné, parce que franchement, il y avait trop de limites. À moins que vous commandiez au moins 150 $ de trucs, la livraison était couteuse, et au-delà des Savaroises, il n’y avait pas trop d’autres choses que j’aurais achetées. Oui, j’aurais commandé 150 $ de Savaroises — à leur prix de 5,95 $ le sac, ce serait 25 sacs. (Chez Carrefour, 138 € vaudrait 66 sacs. Merci de ne pas me « consoler » en mentionnant les coûts d’échanger l’argent.) Mais leur limite était 2 sacs la commande. Inutile pour moi. Et c’est quand même le meilleur rapport qualité prix — un inconnu chez Amazon me les vendra pour 13,75 $ le sac, ainsi que 8 $ pour la livraison. Il s’entendrait très bien avec mon facteur.

Il s’avère que ce programme ne marchait pas trop bien pour les clients, alors ils l’ont récemment changé — maintenant, ils prennent en charge toutes les telles commandes chaque semaine, puis les expédient aux clients.

Ils ne stockent pas non plus les Tam Tam dans leur entrepôt, mais on peut les commander directement de la France pour 7,90 $ le sac. Je ne les ai jamais goûtés, même pas une fois. Mais il y a eu un sac de chacun quand j’étais là afin d’acheter des nouilles Spätzles pour l’un de mes deux dîners alsaciens (je n’ai toujours pas décidé lequel). J’ai sauté au-dessus dès que je les ai vus. Apparemment, on avait annulé une commande — il y avait toute une étagère pleine de seuls exemples d’une variété de produits.

L’autre sac est un genre de biscuits italiens dits « Amaretti », un péché mignon depuis mon enfance. MyPanier est le seul endroit où je peux les trouver facilement. N’acceptez que la marque Lazzaroni, de loin la meilleure.

Je ne sais pas quand j’ai pris le rôle d’apôtre de Carrefour ([Le 30 juillet 2021, votre première visite — M. Descarottes]), mais s’il y a un message que j’essaye de vous communiquer presque tous les jours, c’est « Soyez reconnaissant de vos quotidiennes. » Vous pouvez faire un tel achat tous les jours sans y penser. Pour moi, c’est le miracle de la manne céleste.

Mon guide aux tremblements de terre

Récemment, une amie m’a parlé d’un documentaire qu’elle avait vu sur RMC Découverte, San Andreas : L’Apocalypse bientôt en Californie ? C’est toujours disponible, mais je ne l’ai pas tout regardé, et ce ne sera pas une critique du documentaire lui-même. J’ai vérifié des clips le long de la vidéo, et je suis bien satisfait que les infos scientifiques sont correctes (à la meilleure des compétences d’un californien moyen — je ne suis pas sismologue). Je vous encourage de le regarder, mais je vais vous parler brièvement de l’expérience de vivre près des failles, et expérimenter quotidiennement de petits tremblements de terre.

Peut-être la chose la plus surprenante que je vais vous dire, c’est que l’on ne pense pas trop au « Big One ». Pour une chose, c’est que nous méritons le jugement divin qui va avec. Non, je plaisante — mais pour être complètement sérieux, c’est parce qu’il n’y a rien que l’on peut faire. Certainement, on doit faire confiance que les architectes, les ingénieurs, etc., auront fait leur meilleur pour nous préparer. Mais si on pense tout le temps « Est-ce le jour ? », on perdra vite la tête.

Voici une capture d’écran du site web que tous les californiens connaissent très bien, celui de la meilleure université au monde, Caltech (l’Institut de Technologie de la Californie). C’est l’université la plus difficile pour gagner une place aux États-Unis :

Capture d’écran du site du SCEDC le 12 mai 2023, Permission pour utilisation non-commerciale

Qu’est-ce qui dit ce graphique ? En bas à gauche, il dit qu’il y a 792 tremblements de terre sur la carte. Pendant combien de temps ? La carte ne montre qu’une semaine d’activité sismique. Oui, il y a plus d’une centaine de tremblements de terre quotidiennement en Californie et au Nevada. Vous allez devenir fou si vous pensez à chacun et tous !

Mais il faut aussi reconnaître que la grande majorité ne nous touche pas du tout. Les couleurs dans les carrés disent combien de temps est passé depuis chaque tremblement ; les tailles disent à quel point le tremblement était puissant. De loin, le pire tremblement est le gros carré bleu en Californie du Nord hier. Voici ses données :

C’était un 5,5. Je ne l’ai pas du tout remarqué en Californie du Sud, et même un tremblement de 8,0 à cet endroit ne ferait rien chez moi. Mais qu’est-ce qui disent les habitants de Chester et Lake Almanor, l’épicentre ? Pas de dégâts importants. Ils ont brièvement perdu 911 (pensez à 15, 17, et 18 — tous au même numéro), à cause d’une perte d’une tour de téléphonie cellulaire — mais le service par terre marchait sans interruption. Les autres services publics, l’eau et l’électricité ? Pas interrompus du tout. Il y aura des inspections, et certainement des habitants auront perdu des assiettes ou des verres qui sont tombés de leurs comptoirs. Mais personne n’était blessée.

Honnêtement, vous n’allez jamais remarquer aucun tremblement de moins de 2,5, et à cette puissance, c’est souvent impossible d’être sûr que le « tremblement » n’était pas autre chose. Peut-être un voisin qui a piétiné le sol (si vous êtes dans un immeuble). Les 3, on les remarque, mais c’est fort probable que rien ne tombe.

Les 4, ça commence à être intéressant. Si vous habitez à moins de 50 km de l’épicentre, vous le remarquerez. C’est probable que vous alliez sur les réseaux sociaux pour demander à vos amis « Et vous, vous l’avez ressenti ? » Encore plus avec un 5 à la même distance, ou bien jusqu’à 100 km.

Moi, je n’ai jamais vécu un tremblement plus fort qu’un 5,5. Je suis un peu chanceux, car la faille San Andreas tourne vers l’intérieur à côté de Los Angeles. Étant 60 km au sud de LA, et encore plus en grandissant à San Diego, je suis loin de notre pire faille. Mais ne faites pas la fête — nous avons la faille Elsinore, liée à la San Andreas. S’il y a un 9 le long de la San Andreas, nous souffrirons aussi.

Quand le tremblement de terre à Northridge (lien en anglais) est arrivé en 1994, un 6,7, je le savais à San Diego, 230 km au sud. Impossible de savoir sans vérifier à la télé ou à la radio si ce que l’on ressens est un 4 à 50 km ou un 6+ à 200 — c’est la même expérience. Alors, si un jour vous entendrez parler d’un tremblement à Los Angeles ou plus au nord, il faudra être au moins un 8 pour me mettre sérieusement en danger. Si vous entendez les noms « Mission Viejo » ou « San Juan Capistrano » en tant qu’épicentre de ce même 8, ne vous attendez pas à plus de mises à jour de ce blog. (Et si c’est la fin, veuillez manger un nougat de Montélimar en souvenir. J’ai mes priorités.) Mais c’est très peu probable.

Et tout cela, c’est pourquoi on ne s’inquiète pas trop à cause du « Big One ». Est-ce qu’il arrivera un jour ? C’est certain. Mais tous les jours, la probabilité est très petite, et pendant ce temps-là, il faut vivre nos quotidiennes.

La déception

J’en ai assez de quelque chose. Peut-être que je ne devrais pas écrire ce post, mais j’ai perdu tout espoir que la situation de laquelle je parle change.

Il y a deux semaines, je vous ai dit que j’étais arrivé à arranger quelque chose de spectaculaire pour le Tour et la balado, mais que je devais attendre pour faire le prochain dîner du Tour en résultat. Je vais vous dire exactement ce qui s’est passé, mais sans les noms, parce que je ne trouve pas du tout que ce soit drôle, mais je ne ferai pas honte aux coupables.

Il y a un chef en Californie du Sud qui vient de Strasbourg. Il gère un resto français connu pour avoir des spécialités alsaciennes sur la carte. Évidemment, un interview avec lui serait une bonne opportunité pour « 5 Minutes Avec », et j’aurais tellement aimé avoir une recette authentique d’un vrai chef de la région pour le Tour.

Au début, j’ai essayé de lui contacter via Instagram. Quiconque qui gère son compte, cette personne a dû voir mon message, car il y a posté une photo le lendemain. Mais je n’ai reçu aucune réponse. Bon, personne n’est obligé de répondre et Instagram est plein d’escrocs. Peut-être que c’était le mauvais moyen de communiquer.

J’ai donc essayé la seule adresse de courriels sur le site du resto. Ce n’était pas la sienne, et je n’étais pas sûr du titre de la personne nommée, mais

Deux jours plus tard, j’ai reçu une réponse enthousiaste de l’agent de relations publiques du resto (pas la même personne). Elle m’a dit que le chef voyageait en France et serait de retour dès le 7 mai. Si je pouvais attendre, elle était sûre que ce ne serait pas de problème. Je lui ai répondu le lendemain pour dire que je serais ravi, et lui ai donné mon horaire pour qu’ils choisissent une date. Puis ? Rien.

Lundi, bien que j’aie déjà su, j’ai essayé une dernière fois de contacter l’agent de relations publiques. Ça fait 4 jours, ainsi que trois semaines depuis la première fois. Je comprends assez bien que l’on a changé d’avis. Mais je considère que ne rien dire, c’est vraiment peu professionnel.

Je me demande encore et encore si j’ai fait quelque chose de mal. Est-ce que l’agent s’est mise en colère car j’ai répondu le lendemain au lieu du même jour ? Ne rejetez pas trop vite cette explication ; une fois, je me suis réveillé à 2 courriels — le premier, envoyé à 5h du matin dans mon fuseau horaire, pour m’envoyer un contrat, et le deuxième, à 6h du matin pour demander pourquoi je ne le prenais au sérieux. Je n’aime pas l’attitude de notre Côte Est. Ils croient que la Côte Ouest devrait travailler de leur 8h jusqu’à notre 17h. Jamais l’inverse.

Est-ce que le chef n’a pas aimé que je l’ai contacté via Instagram ? Peut-être que je suis… stalker ? Le Xavier Dupont de Ligonnès d’Elbe-en-Irvine ? ([D’accord, et bien pire que ça ! Montrez-leur mon œuvre d’art sur vous ! — Mon ex]) Bon, une autre fois, je ferai ce qu’elle demande. Mais pas aujourd’hui. Je ne sais pas, mais je ne crois pas que ce soit fort probable. Je doute qu’il gère lui-même son compte Instagram.

Peut-être qu’il n’a pas aimé que je voulais l’interviewer en français. Ne rejetez pas trop vite cette idée non plus. Je connais trois genres d’expatriés ici. D’abord, ceux qui ont déménagé pour le travail, mais ont poussé des racines ici — ils ont les cartes vertes, et ne planifient pas de rentrer, mais sont nostalgiques. Voilà, les personnes âgées de l’OCA. D’autres sont ici avec une date limite dans l’esprit. Voilà, les plus jeunes de l’OCA. Mais le dernier groupe, ils ont tourné le dos. Ne dites rien de gentil sur la France à ces gens ! Oui, ils existent. J’en connais au moins deux. L’une d’entre eux est prof de français, car c’est une façon de gagner la vie, mais elle me trouve dingue. Ça me semblerait fort bizarre vu son métier, mais on sait jamais.

Mais il y a une possibilité sombre. Je vous ai dit qu’il y a beaucoup de gens qui me suivent à Irvine, mais je ne sais pas qui sont-ils. Peut-être qu’il en est un ? Et peut-être qu’il se souvient en quelque sorte du fait qu’en 2001, il a cuisiné le dîner où j’ai demandé mon ex en mariage ? Je vous jure, c’était l’un des meilleurs repas de ma vie, et je ne le blâme pour rien !

Bien sûr, il est possible que quelque chose de mal soit arrivé à l’agent. Mais on penserait que quelqu’un d’autre aurait été chargé de répondre à ses courriels. Je doute que ce soit le cas.

Pour être clair, je reçois plein de rejets et vous n’en entendez rien. Mais personne d’autre n’a fait une telle chose. On est toujours libre de changer d’avis, mais soyez responsable de vos choix.