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Le conte de deux desserts

Je vous ai dit au début de la semaine que j’aurais deux événements chez l’Orange County Accueil ce week-end. Le premier a eu lieu vendredi soir ; je viens de rentrer de l’autre. Étant qui je suis, j’ai dû faire des choses différentes pour les deux. Les accueils qu’ils ont reçu ont été très différents aussi.

Le premier événement a été mon club de belote mensuel. Il n’y en avait en décembre, et j’ai dû annuler en novembre quand mon père est tombé malade et mes parents ne pouvaient plus prendre la garde de La Fille. Je n’ai personne à qui je peux demander de l’aide le même jour, hélas. De toute façon, j’avais fait une promesse à la hôtesse que j’apporterais des macarons la prochaine fois. Les voilà :

Ils sont juste au chocolat, pas de parfums exotiques. (Je crois que la menthe du mois dernier était mal accueillie par les bénéficiaires parce que je n’ai jamais rien entendu. Laissez tomber.) Il y en a 25 dans la photo en haut. À la fin de l’événement, il en restait 17. J’ai donné la moitié du reste à la hôtesse en cadeau — et elle aurait pu tous prendre selon moi, mais elle ne voulait pas accepter tout ça.

Soyons clairs. Je sais ce que je fais. On payerait 60 $, peut-être 75 $, pour 2 douzaines de cette qualité ici. Mais ce sont gratuits quand je les fais, car j’adore ces gens. Et je n’ai pas assez d’espace pour accueillir ces événements moi-même. C’est le moindre que je puisse faire. Mais il y avait une douzaine de personnes là-bas, et personne n’en voulait pas. J’en ai goûté un pour me rassurer que rien n’est mal allé. Je ne comprends toujours pas ce qui s’est passé.

Quelque chose n’est pas allé, mais pour autant que je sache, rien à voir avec les macarons. Je vois rarement des gens de même âge que moi à ces événements. Il y en a eu une vendredi. On ne s’est jamais rencontrés avant. J’avais l’impression qu’elle voulait garder ça — je vous jure que je n’ai rien fait, mais elle m’a évité pendant toute la nuit, jusqu’à la fin quand la hôtesse a dit à tout le monde qu’elle était impressionnée par les macarons. À ce moment, l’autre personne m’a dit qu’elle en avait goûté un, sans rien ajouter. C’était bizarre. Et ça me dérange toujours, je l’avoue.

Samedi soir, j’ai eu mon club de tarot mensuel, où je suis beaucoup mieux connu. J’ai fait une galette des rois selon la recette du début du mois :

A-t-elle l’air différent d’avant ? Ça fait 23 cm de large, et je l’ai mise dans un moule à tarte pour la faire gonfler plus, comme ici. En plus, je croyais que la frangipane chocolatée serait mal accueillie par cette foule alors j’ai omis le chocolat cette fois :

Une galette chez Moulin de cette taille coûterait environ 35 $. Cette galette était très bien accueillie — il n’en restait rien à la fin. Ce à quoi je ne m’attendais pas ? J’ai fait une galette et tout un fromage s’est produit — on a cherché une fève pour ajouter par le fond (je ne sais pas où trouver des fèves ici).

Quand je fais ça, un don que tout le monde apprécie, il y a toujours des questions un peu trop personnelles qui vont avec. On m’a demandé si j’en avais fait une pour ma petite amie. J’ai répondu que ça fait maintenant 13 ans sans personne. Ça a provoqué une conversation dont je n’avais vraiment pas envie. Je comprends. C’était censé être un compliment, que l’on doit être chanceux d’avoir de telles choses à la maison. Mais honnêtement, ne dites jamais ça si vous n’êtes pas sûr de la réponse.

Je n’ai pas ajouté, mais c’est 100 % la vérité, que la seule personne qui avait un peu de ça à la maison a porté plainte au tribunal que je passais trop de temps en cuisine.

J’ai fait quelque chose de gênant à la fin. D’autres personnes apportent aussi des desserts à chaque fois. Il y en a une, à laquelle je suis vraiment reconnaissant, qui a pris plusieurs macarons d’un lot qui n’est pas allé il y a des mois. Je l’ai cherchée à la fin, pour lui dire que j’avais profité de son gâteau au chocolat. Mais elle ne me croyait pas du tout. Je sais qu’à son avis, il y a tout un écart, mais je n’essayais vraiment pas d’être condescendant. Je voulais dire vraiment que j’apprécie son soutien, mais sans parler de moi. Mais dans ma bouche, tout genre de compliment devient autre chose, un don pendant toute ma vie.

Désolé. Je voulais avoir de bonnes nouvelles ce week-end, et au lieu de ça, je vous ai apporté un billet digne de Bourriquet. Demain sera mieux.

En panne

Ce n’est absolument pas du tout un billet planifié. J’ai passé de bons moments cet après-midi afin de me débrouiller d’une situation malchanceuse avec ce que l’on appelle les « medflies ». C’est-à-dire les mouches méditerranées des fruits. Elles ont envahi ma cuisine. Il me semble que ces mouches sont plutôt des grecques, car le deuxième pire patron de ma vie était grec (puisque vous êtes curieux, la pire était marocaine, mais j’aime bien les marocains), et des mouches françaises ne me molesteraient pas, j’en suis sûr. Râleraient sur moi, ben oui.

Ce n’est pas pourquoi j’ai dit « en panne ». On va adresser ça. Mais avant, je vais brièvement vous raconter l’histoire de ces mouches en Californie. Car tout comme nos escargots (une autre histoire, conne mais vraie), cette peste n’était pas à nous.

Dans les années 80, il y avait un programme de l’état de Californie, pour arroser les champs de légumes avec Malathion, un pesticide. En vengeance, un groupe de terroristes qui se faisaient appeler « The Breeders » (Les Producteurs) a écrit une lettre (lien en anglais) au gouvernement pour revendiquer être responsable de l’apparition de millions de ces mouches dans le comté de Los Angeles. Et selon les autorités, c’était bien possible, car les mouches sont apparues sans larves. Le gouvernement a fini par annuler le programme de Malathion, et a utilisé des mouches stériles pour mettre un terme au problème.

En fait, il est très peu probable que mes mouches soient des medflies. Elles sont largement éradiquées de nos jours, au moins ici. Je voulais juste vous raconter la blague sur les mouches grecques. Mais j’ai vraiment un problème — et à cause de règles strictes, aucun pesticide disponible ici marche très bien alors je voulais en essayer plusieurs. Alors je me suis rendu chez Lowe’s — ça se traduit par « Leroy Merlin sans le PDG de 28 ans » — pour acheter quel que ce soit. Mais en revenant dans ma voiture, elle est tombée en panne ! (Insérez votre discours préféré du capitaine Haddock ici.)

Je vais vous apprendre un truc au cas où on vous cognerait sur la tête avec une poêle et vous déménageriez aux États-Unis. Personne n’appelle jamais aux dépanneurs directement. Tout le monde est membre — pourtant, c’est privé et volontaire — d’une association appelée « American Automobile Association » (lien en anglais). On leur paye 56 $ par an, et en retour. elle appelle les dépanneurs pour vous. C’est une bonne idée car on ne sait jamais qui sera disponible, et 2 appels par an, dont le remorquage, sont compris. En général, on paiera le prix de cotisation pour se faire remorquer une fois, alors ça vaut la peine. En plus, on peut obtenir des réductions par ici et par là avec sa carte de membre, ce qui n’est pas mal.

J’ai donc fait un appel chez « Triple A », comme on dit, et j’ai dû patienter une heure entière. La batterie de ma voiture continuait à marcher — je pouvais allumer la radio et les lumières — mais le salopardigaud d’engin a refusé de démarrer.

Et cerise sur le gâteau, vu où je m’étais garé, j’ai dû attendre à quelques pas de l’un de mes restos préférés, Lucille’s Bar-B-Que (lien en anglais, évidemment). Veuillez ne pas le mentionner à Mme Sandrine Rousseau ; j’entends parler qu’elle n’aime pas le barbecue. Peut-être qu’un jour, je vous le ferai découvrir — on parle de la véritable cuisine de notre Sud, la seule chose qui me manquera si je réussis mon rêve. ([ET MOI ? — La Fille. Mais tu n’es pas une chose, ma grande ! — Moi.])

Mais quelque chose de dingue est arrivé. Le dépanneur m’a emprunté ma clé. Il a mis la voiture au point mort — et hop ! Elle est revenue en vie ! J’ai pu rentrer pour la nuit.

Plus tard aujourd’hui, j’irai chez le concessionnaire pour que l’on inspecte ma voiture. Je ne comprends pas le problème, alors je ne vais pas prendre des risques. Mais il me semblait que si je devais patienter pendant une heure dans ma voiture sans chauffage, j’allais au moins en tirer un post !

Brian was in the kitchen

Aujourd’hui, je vais vous raconter une histoire choquante. La bonne nouvelle, c’est que le méchant ne va déranger plus personne. La mauvaise nouvelle, c’est qu’il a rendu une vingtaine de victimes innocentes sans abri.

Notre histoire se déroule à Boston. Là, mon frère — qui me tuerait si je faisais même un seul résultat apparaître sur Google avec son nom — vivait dans un immeuble avec une trentaine d’appartements dits « studios » en anglais. Ça veut dire en général 10-40 mètres carrés selon l’endroit, sans une chambre dédiée, juste une cuisine, un salon et une salle de bain. Si on est vraiment « chanceux », la cuisine et les toilettes sont partagées dans le couloir. Typiquement, on y vit seul ou avec une autre personne, pas plus. Mais dans une grande ville comme Boston, louer même un si petit appartement peut être très cher. Pensez aux loyers parisiens.

Alors, un des voisins de mon frère s’appelait Brian Brandt. Et Brian, comme vous allez voir, was in the kitchen. (Comment fais-je ça ?)

Brian vivait dans le même couloir, mais heureusement, pas dans l’appartement d’à côté. Un jour en janvier 2023, mon frère m’a appelé pour me dire qu’il a reçu une lettre bizarre de ce type. Je vous montrerai un peu juste pour prouver que c’est réel — il n’y a pas de noms dans cet extrait :

Vous pouvez voir qu’il utilise des caractères gras pour souligner exactement les moments où des choses sont alléguées d’avoir eu lieu. Et quelles sont-elles ? Le 1 janvier, coupé ici, que mon frère lui a demandé trop de questions en disant bonjour à l’extérieur de l’immeuble. (Ça, je crois, car je le connais.) Le 2 janvier, qu’il est censé avoir poussé Brian contre une balustrade pour se venger du manque d’enthousiasme de la part de Brian. Je doute fortement que ce moment se soit produit de cette façon. Finalement, qu’à 11h25 le 19 janvier, mon frère a lâché prise de la porte de l’immeuble afin de frapper Brian. Il a ajouté que mon frère a regardé derrière lui pour se rassurer que son action avait eu le résultat souhaité. Certainement pas qu’il n’avait pas remarqué Brian et a tourné la tête en entendant un cri. Ça, je trouve trop con pour le croire.

Brian lui a envoyé une autre lettre deux mois plus tard, ainsi que des lettres à des voisins pour se plaindre d’eux aussi. Mon frère a contacté la police pour porter plainte de harcèlement de la part de Brian, puis a quitté l’immeuble à la fin de son bail, en août. (Hihihi, en anglais, « bail » veut dire une caution, l’argent que l’on paye pour sortir d’une prison après avoir été arrêté.)

Je n’ai donc plus entendu parler de Brian…jusqu’à la semaine dernière. Mon frère m’a appelé pour me dire que Brian a été retrouvé mort par la police. Dans son appartement. Après une explosion qui a mis le feu à l’immeuble. Je ne plaisante même pas un peu :

Source

Mais qu’est-ce qui s’est passé ? Les journaux ne disent pas tout. Mon frère est passé par l’immeuble pour prendre des nouvelles de ses anciens voisins. Et ce qu’ils disent, c’est que la moitié des habitants ne peuvent pas y revenir à cause des dégâts. Mais aussi que selon la police, ce n’était pas un accident complètement par hasard. L’enquête continue, mais sachez que l’immeuble n’est pas servi par un service de gaz. L’explosion est donc presque certainement la faute à Brian.

Que faisait-il ? Préparer des drogues, façon Breaking Bad ? Une tentative de suicide ? On ne sait pas. Pourtant, il n’est qu’une pièce dans un appartement « studio » où on peut faire exploser quelque chose. Comme je vous ai dit, Brian was in the kitchen.

Photo de la couverture prise par Cambridge Fire Department, Domaine public (car toutes telles archives publiques le sont aux États-Unis)

L’ennemi d’à côté

Je ne m’attendais pas à écrire ce billet aujourd’hui, mais après une conversation avec Oth dans les commentaires de son blog, je me suis rendu compte qu’il y a des choses à propos de la vie à l’américaine que je dois vraiment vous expliquer. On va régler des comptes.

Combinaison de Symbole d’interdiction, Domaine public, et Logo des Los Angeles Chargers, Domaine public

Ça fait maintenant 3 ans où j’essaye de vous expliquer que je compatis avec vos plaintes sur l’attitude parisienne. On ne peut pas lire « Je découvre Paris » ou « Mon dîner parisien » et pense que je n’ai pas de sentiments affectueux envers eux. Mais — et si ça les dérange, c’est leur problème — un parisien vaut exactement autant qu’un lozérien chez moi. En vous expliquant l’origine de mon Tour, je vous ai montré la frustration de vos compatriotes, qui croyaient que j’étais un étranger de plus qui pensait que Paris était toute la France. Mais je comprenais leurs plaintes beaucoup plus qu’ils ne pouvaient comprendre.

Avant de continuer, je vous rappelle que je n’ai jamais, même pas une fois, utilisé l’expression « en province » pour parler de quelque chose en dehors de Paris. Ce qui suit est la véritable histoire derrière ce choix.

Je suis né et grandi à San Diego, à 50 km au nord de la frontière mexicaine. Pas comme le comté d’Orange, où je suis emprisonné à Elbe-en-Irvine jusqu’en 2028 (je suis obligé de vivre à pas plus de 22 km de chez mon ex), San Diego avait ses propres chaînes de télévision, mais on recevait quand même des pubs d’entreprises de LA. Alors j’entendais parler de ce que les habitants de LA appelaient « Greater Los Angeles », J’aurai un peu de mal à vous donner une traduction exacte. Vous connaissez l’idée d’un aire d’attraction d’une ville — la région autour d’une ville, les communes ont leurs propres mairies, ouais, mais on « sait » qu’elles font quand même partie de ladite ville, n’est-ce pas ? Alors, « plus grand » est littéralement « greater », et à leur avis, San Diego — à l’époque une ville de plus de 1M d’habitants, avec ses propres équipes dans 3 des 4 grandes ligues professionnelles du pays (basket-ball, football américain, baseball) — n’était qu’une partie de leur aire d’attraction. En plus, ils appellent leur comté, également au nord d’Orange que de San Diego, « the Southland » — le Pays du Sud — ce qui nous rend quoi exactement ? Le Mexique ?

Vous commencez à comprendre pourquoi je déteste leur attitude, comme si mon ancienne ville ni mon comté actuel n’existent pas.

Maintenant vous avez le contexte, et je peux vous expliquer la situation actuelle. Toute cette saison, je vous ai parlé des Los Angeles Chargers à chaque fois où cette équipe perd. Pendant 50 ans, ils étaient les San Diego Chargers. J’ai été abonné pendant 17 de ces années-là. Et franchement, pour la grande majorité du temps, ils étaient horribles. J’allais au stade tous les deux dimanches pendant qu’ils avaient des records de 1-15, 2-14, 5-11, etc. Il n’y a aucun système de relégation aux États-Unis, et les ligues partagent leurs revenus entre les propriétaires, alors si un propriétaire s’en fout, il peut gérer l’équipe pour des cacahuètes (comme on dit ici), bien profiter, et se moquer des fans. J’ai supporté ça pendant des décennies.

En 1984, notre équipe de basket-ball, les Clippers, a quitté ma ville. Malgré le fait que les Lakers étaient déjà à LA, ils y ont déménagé — et ils étaient horribles, mais le propriétaire s’en fichait, car être à LA était quand même plus rentable. En 2016, les Chargers ont suivi son chemin.

Mais je n’ai pas souffert seul. Ici dans le comté d’Orange, il y a une équipe de baseball, les Angels. Ils jouent à Anaheim, ce que je surnomme « Chez Mickey » sur ce blog, parce que c’est où se trouve Disneyland. Quand leur propriétaire actuel les a achetés en 2005, il a changé leur nom officiel de « Anaheim Angels » à « Los Angeles Angels of Anaheim ». Pourquoi garder le nom d’Anaheim tout court ? Parce que le stade appartient à la ville et le contrat exigeait qu’Anaheim faire partie du nom. Mais le propriétaire, un M. Moreno, s’en fout des fans locaux et préfère être associé à LA — à 40 km de leur stade. En 2016, avec le fin du contrat, il a laissé tomber tout lien avec Anaheim, et l’équipe est maintenant les « Los Angeles Angels » — bien qu’ils jouent toujours à Anaheim !

Seulement l’équipe de hockey sur glace, qui joue dans une arène en face d’Angels Stadium, garde un nom local — les Anaheim Ducks. Comme vous pouvez imaginer, ils sont très populaires ici, parce que nous apprécions que son propriétaire ne se fout pas des gueules de ses fans.

Au fait, n’imaginez pas que les Angels sont uniques à cet égard. Il y a deux équipes de la NFL, les New York Giants et les New York Jets, qui font semblant d’être new-yorkais. Les deux partagent un stade — dans le New Jersey. (Moi, je n’avouerais pas non plus avoir des liens avec le New Jersey — où mes parents et grands-parents sont tous nés. Oups.)

J’espère que ça vous aidera à mieux comprendre le point de vue de ce blog. L’attitude « les grandes villes über alles » — ouais, je l’ai dit — existe aux deux côtes du pays, et à leurs yeux, le reste de nous n’existent pas. « En province », mon œil.

Le don de plaquettes, version 2024

Peut-être que vous vous souvenez de mon article sur les dons de sang de l’année dernière. C’est encore une fois le temps de vous parler de ma cause préférée.

Je vous rappelle que tout ça est parti d’un événement malchanceux, quand la nièce d’une copine de classe au primaire, Sadie, est tombée mystérieusement malade fin 2021. Moins de 2 mois après un accident vasculaire cérébral à l’âge de 14 ans — 14 ans — elle est morte d’une leucémie. Elle avait 2 ans de plus que La Fille à l’époque, ce qui m’a profondément affecté.

À l’époque, la famille avait organisé une collecte de sang, mais elle est décédée avant que la collecte n’ait eu lieu. Je ne pouvais pas voyager au bon endroit pour en faire partie, mais j’ai donné des plaquettes — la chose la plus importante pour les patients atteints d’un cancer — au bureau de la Croix Rouge, qui gère la plupart des dons de sang aux États-Unis.

Cette année, la famille de Sadie organise une course de 5 km afin de collecter des fonds. Cette fois, ce sera pour son association caritative préférée, qui aide les animaux abandonnés :

Mais moi, je reste fidèle aux dons de sang car c’est la chose la plus utile que je puisse faire. Voilà, quelques photos de ma visite au bureau de la Croix Rouge hier :

Comme à chaque fois, j’y suis arrivé bien équipé pour prêcher la Bonne Parole sur la France. À chaque fois où je fais quelque chose de caritatif, je porte un de mes t-shirts avec une citation en français afin que tout le monde sache à qui il faut attribuer le mérite. Même chose avec le casque audio Focal — j’en ai d’autres d’ici, mais c’est un symbole.

Et qu’est-ce que j’ai écouté pendant mes 2 heures branché à la machine ? Les 30 ans de Taratata, bien sûr, mais avec un playlist pour supprimer Ed Sheeran. (Je dois garder l’enregistrement car je fais ces trucs soigneusement, mais si je n’allais rien toucher, dont le bouton d’avance rapide, j’ai dû me débrouiller.) Et si je vous disais que j’ai déjà appris l’une des chansons pour qu’elle soit la prochaine sur ma chaîne YouTube, et que je chantais donc en français pendant l’affaire ?

Comme j’ai dit la dernière fois, à ce point, on doit être un véritable Justin du 23 juin 2002 (le jour de la pire erreur de ma vie) — un naïf nonpareil — pour ne pas voir le futur. Surtout le reste de ce post.

C’est pourquoi je suis ici maintenant pour vous parler des plaquettes. Le don de plaquettes a le plus court temps de guérison — on peut le refaire toutes les 4 semaines, pas comme les 2 mois entre les dons de sang entier. Ça prend au moins 2 heures — ils vous rendent tout votre sang, moins les plaquettes, mais c’est un processus lent. Mais c’est aussi quelque chose d’essentiel pour les patients atteints du cancer, encore plus que le sang entier. Et la pire chose ? Les plaquettes durent seulement 5 jours après le don avant de périmer. « Heureusement », il y a assez de besoin dans ce monde pourri que les vôtres ne seront jamais gaspillées.

Je vais le rendre tout simple pour vous. En France, la Croix Rouge n’a rien à voir avec les collectes de sang. Vous avez plutôt l’Établissement français du sang. Cependant, il n’est pas le cas que toutes les maisons de dons peuvent prendre des dons de plaquettes. Voici la liste. Ne doutez pas que j’ai déjà tout lu. Voici l’examen pour vérifier si vous pouvez en donner. Ne soyez pas comme les américains, dont personne ne m’a suivi la dernière fois !

Le bilan de l’année 2023

C’est la fin de l’année, et encore une fois (2021, 2022) le temps pour réfléchir un peu. Par rapport aux années précédentes, les hauts étaient moins hauts, et les bas plus profonds, mais il restait quand même des succès. Et non pas seulement pralinés. Revivons la montagne russe qui était Un Coup de Foudre en 2023.

Commençons comme à chaque bilan du blog, avec un collage de mes choses préférées :

À partir de la haut-gauche : Fête nationale à Montville, thon à la basquaise, mon dîner rhodanien, macarons « crème brûlée », moi au marché de Noël, religieuses

L’année a commencé avec deux moments qui ont fini par la définir : j’ai acheté le nouvel appareil photo avec lequel toutes les photos en haut (sauf celle de moi) ont été prises, et La Boulette, où j’ai gâché une nouvelle amitié. J’ai lié cette dernière huit fois dont maintenant, et ça sous-estime énormément à quel point elle me hante. J’en ai marre d’être radioactif.

En ce qui concerne le Tour des Départements, on a commencé l’année dans le Nord, maison d’un de mes plus grands coups de cœur, Lille, et on a atteint la Somme, en passant par d’autres inoubliables comme les Pyrénées-Atlantiques, le Bas-Rhin, le Rhône, Paris, et Seine-Maritime. J’appelle ces articles les joyaux du blog, mais même si je n’ai pas besoin d’un article dans un journal après chacun, j’aimerais qu’ils soient mieux connus.

Pour autant que j’adore ce que j’ai découvert chez eux, c’est les dîners qui les ont rendus des souvenirs à jamais ! En plus du thon à la basquaise, les macarons « crème brûlée », et mon dîner rhodanien, tous montrés dans la photo en haut, il y avait les merveilleux, la forêt-noire, le homard Thermidor, et le gâteau normand de la Mère Olhats :

En parlant de ce dernier, je me souviens surtout de la générosité du chef Pascal Olhats et son interview. Toutes les interviews étaient de vrais plaisirs, mais celui-là était l’étincelle derrière le lancement des interviews tout court. Je vous promets, 5 Minutes Avec reviendra, et bientôt.

Et puisque l’on parle de la balado, voyons des statistiques partagés par Spotify :

Mais certains de ces statistiques ne tiennent pas. J’ai certainement adoré parler avec Sév et Oth, pourtant : selon Spotify ici, c’était l’épisode le plus populaire, mais l’appli me dit qu’il a été joué 256 fois, et que 15 épisodes ont été joués plus que ça. J’aimerais aussi croire qu’il y avait une hausse d’auditeurs de 625 %, mais voici les statistiques jusqu’à maintenant :

Et les résultats fin 2022. Environ 13 000 lectures cette année est une bonne chose, mais loin d’une hausse de lecteurs de ladite taille.

En revanche, je suis certain que Spotify dit la vérité en rapportant que le genre musical le plus populaire parmi les auditeurs est la chanson française. Le mien aussi. Y avait-il un moment qui m’a touché autant qu’Eddy Mitchell sur le plateau des 30 Ans de Taratata ? Partager la Fête nationale avec la famille de mon amie rouennaise, c’est tout. Et je suis ravi de vous dire que cet épisode de Taratata a inspiré quelque chose de nouveau qui se lancera pendant la première semaine de la nouvelle année. Vous allez l’adorer !

Je suis un peu déçu par la très petite quantité de films que j’ai vue cette année. En partie, c’est la faute à La Fille et mon ex. À partir d’octobre 2022, le horaire de la garde de La Fille a changé. Au passé, j’étais toujours tout seul à la maison soit vendredi soit samedi. (C’est aussi la faute aux américaines, bien compris.) C’était possible de regarder un film chaque semaine. Pas plus. Seulement toutes les deux semaines maintenant, et je regarde souvent la télé française au lieu des films. Mais si je suis complètement honnête, la fréquence de mes achats chez la FNAC a plongé. Le flambé des prix — surtout l’électricité, le loyer, et la nourriture — est très mauvais pour le budget.

Pourtant, tout n’est pas perdu. J’ai découvert un grand amour pour la télé française avec Les Combattantes en 2022, et ça continuait avec « Meurtres à », HPI, Capitaine Marleau, et Astrid et Raphaëlle cette année.

Il n’y a pas de meilleur rapport qualité prix que lire, et cette année a vu Prospérine Virgule-Point, L’Ombre de Nyarlathotep, Les Rôdeurs de l’Empire, Outsphere et Outsphere 2.

Et peut-être la plus grande récompense de l’année était mes échanges avec d’autres blogueurs. J’ai rencontré le Chat Voyageur et La bibliothèque Roz pendant mon voyage en France (qui m’ont donné des souvenirs, en bas), j’ai reçu un merveilleux cadeau de Light&Smell, et Angelique m’a aussi envoyé quelque chose (malheureusement volée). À ne pas oublier mon amie lyonnaise qui voulait assurer ce dîner-là !

Merci de m’avoir aidé à dépasser toutes attentes :

Je réserve même un merci aux brouteurs, qui continuent d’apprendre leur métier grâce à mon guide détaillé. C’est toujours l’article le plus lu du blog, ainsi que le plus recherché :

Je remarque que parmi mes quatre langues, la seule sans une déception romantique — car jamais essayée — est l’espagnol. Il y a un message, là.

Et je réserve un dernier remerciement pour cinq amis des plus longtemps, bien avant le début du blog, qui sont dans l’esprit tous les jours. Vous avez visité quatre de leurs départements ces derniers mois : le Rhône, la Savoie, la Seine-Maritime et la Somme. La Vendée nous attend !

Merci de m’avoir écouté, de m’avoir lu, et on se reverra en 2024 !

Les Expos

Cette semaine est pleine de posts inattendues. Aujourd’hui, bien qu’il ne soit pas la saison de baseball, on va parler de l’ancienne équipe de MLB québécoise, les Expos de Montréal. Comme a dit la meilleure BD anglophone en ligne des années 00, Les Aventures du Docteur McNinja, il me faut vous raconter cette histoire afin que je puisse vous en raconter une autre. (Hélas, pas plus disponible en ligne, mais le lien est vers la FNAC.)

©️MLB, Droit d’usage raisonnable

On est en 1969. Pendant toute la décennie, les deux ligues de baseball américain ont connu une croissance rapide. La Ligue américaine (American League) a déjà passé de 8 équipes à 10 en 1961, et la Ligue nationale (National League) a fait la même chose en 1962. Mais les deux continuent de jouer dans des villes qui n’intéressent à personne, les Los Angeles et New York du pays. Et en plus, toutes les équipes sont aux États-Unis. Pendant ce temps-là, dans le monde de hockey sur glace, la Ligue Internationale n’a que des équipes aux É-U alors que la Ligue Nationale est également au Canada qu’aux États-Unis. Évidemment, pour accorder avec le sens clair de « national », la Ligue Nationale de baseball doit élargir ses frontières au-delà d’un seul pays.

C’est donc comment il est arrivé qu’en 1969, la Ligue nationale fait son expansion au Mexique avec les Padres de San Diego, et au Canada avec les Expos de Montréal. « Mais Justin », vous me dites, « vous êtes citoyen américain, né et grandi à San Diego. Cette ville n’est pas au Mexique ! » Alors, dites-le à notre Pat’Patrouille frontalière, qui a un point de contrôle sur l’autoroute (lien en anglais) entre San Diego et Los Angeles. Ben, c’est mon idée fixe, laissez tomber. On parle des Expos.

Le nom Expos vient d’un événement important, l’Exposition universelle de 1967, qui a eu lieu à Montréal. Le Canada abriterait plus tard l’Exposition spécialisée de 1986 à Vancouver, où je suis tombé amoureux de la langue française pour la première fois. Pourquoi ? Parce que les cartes canadiennes de McDo sont bilingues, et les Chicken McNuggets y sont aussi appelés Poulet McCroquettes. Je me suis trompé en croyant que les deux mots rimaient. Et j’ai trouvé ça la chose la plus drôle au monde. Mais c’est tout autre histoire. Ici, ce qui nous intéresse est le nom des Expos. Leur stade, construit plusieurs ans plus tard était nommé pour un autre événement, les JO de 1976.

Malgré le fait que les Expos faisaient partie de la concurrence dans la Ligue nationale, je les aimais bien. Montréal, tout comme Lille de nos jours, me rappelle le San Diego de mon enfance. De taille similaire, leur équipe avait toujours un budget similaire — c’est-à-dire loin de rivaliser celui des Yankees de New York où les Dodgers de Los Angeles. Leurs stars — Jeff Reardon, André Dawson. Vladimir Guerrero, Moises Alou — n’étaient pas le genre que l’on trouverait aux grandes villes, avec les plus hauts chiffres de coups de circuit, mais plein de coups sûrs, de la vitesse comme nulle part ailleurs, des moyennes au bâton élevées…ils jouaient au baseball de bonne façon pour gagner sans avoir beaucoup d’argent.

Sauf pour une fois. Ce que nos villes avaient en commun, c’était un manque de succès en octobre (le mois traditionnel des éliminatoires pour le baseball). Mais en 1994, il semblait que nous étions tous nous deux réussir des rêves — Tony Gwynn, mon héros des Padres depuis 1982, poursuivait une moyenne au bâton de .400, quelque chose de jamais vu depuis 1941. Et les Expos avaient enfin le meilleur record de toute la Ligue nationale. Il semblait que la Série mondiale serait gagnée par l’équipe québécoise. Il y avait du parler que l’équipe ajouterait des joueurs pour les éliminatoires, comme font les riches chaque année. Mais les propriétaires de MLB ont fini par annuler la saison parce qu’ils n’étaient pas d’accord avec le syndicat des joueurs sur le prochain contrat.

Hélas, ce serait l’apogée des Expos. L’équipe a été achetée par un pauvre con, Jeffrey Loria, qui n’avait vraiment pas assez d’argent pour gérer une équipe professionnelle. Il a fini par revendre les Expos à la ligue, et en 2004, l’équipe a déménagé à Washington, D.C., où elle a changé de nom et est devenue les Nationals de Washington.

Aujourd’hui, le baseball canadien est centré sur Toronto, où jouent les Blue Jays. Un peu par défaut, elle est devenue l’équipe nationale. Mais si ce sport peut soutenir une équipe à Tampa, une ville d’un quart les habitants, on peut espérer qu’un jour le baseball reviendra à Montréal.

Jeu d’échecs

J’abandonne.

Non, pas le blog. Je n’ai aucune intention de faire une telle chose. Mais j’ai essayé — comme j’ai essayé — de préparer une bûche de Noël vraiment originale, et après deux échecs complets, j’en ai assez. Mais après avoir gaspillé une somme à couper le souffle, il faut que j’en tire un post. Quelque chose.

Notre histoire commence en 2021. J’ai eu une idée pour une bûche tricolore, d’après le drapeau français. Pour aller avec, j’ai eu l’idée de faire une bûche aussi tricolore au-dedans qu’à l’extérieur, mais de façon différente — aux trois mousses au chocolat. Ayant récemment préparé le gâteau « Riviera » de Pierre Hermé, je pensais à utiliser sa crème au citron pour recouvrir l’extérieur, puis la décorer avec des glaçages miroirs des bonnes couleurs. Voici l’idée :

Mais ça n’a pas marché du tout. Cependant, la recette pour les mousses m’avait donné deux inserts, alors je l’ai refait plus selon la recette « Riviera », et les résultats m’ont donné une signature du blog, visible dans l’art de la balado ainsi que chaque C’est le 1er :

Mais cette idée restait dans la tête. Si vous ne comprenez pas ce que La Tricolore veut dire pour moi, bienvenue au blog pour la première fois, et commencez par ici.

L’année dernière, j’ai mis la bûche tricolore à côté afin de faire quelque chose en l’honneur d’une amie qui habite en Savoie. Je n’ai toujours pas trouvé une solution, alors c’était facile à me dire que j’y reviendrais plus tard.

Début décembre, j’ai décidé que ce serait le temps. J’ai eu une idée. Au lieu de préparer une crème au citron, avec sa couleur jaune, je préparerais des crèmes (sans citron) aux bonnes couleurs pour commencer. Le rouge et le bleu étaient assez évidents — et si les framboises et les myrtilles ne suffisaient pas, je n’hésiterais pas à les aider avec des interventions chimiques :

Et afin de renforcer la blancheur de la crème nature, du dioxyde de titane, ainsi que de la vanille liquide pour la parfumer :

Mais la première fois, j’ai suivi les conseils du moi de 2021, qui a dit que seulement 2 feuilles de gélatine auraient suffi. Et voici les résultats le Réveillon de Noël :

Franchement, j’ai su avant de la démouler — le centre n’était pas du tout aussi ferme que les bouts. Mais les trois mousses et le pain de Gênes étaient exactement selon mes souhaits. Je croyais que j’ai dû juste refaire la crème avec plus de gélatine. Mais une heure après avoir pris ces photos, le cauchemar est arrivé :

Je l’ai trouvée dans cet état au frigo. Évidemment, la crème ne resterait pas stable à température ambiante. Comme en 2021, il me restait assez de pain de Gênes et un autre insert, alors j’ai refait la crème. J’ai changé des myrtilles aux mûres, car il me semblait que la partie bleue était beaucoup pire que la rouge, et peut-être que le choix de fruits faisait partie du problème.

Je veux que vous voyiez le montage. J’ai mesuré avec un ruban pour égaliser les longueurs des trois parties, j’ai gardé un peu de la crème blanche pour souder le pain de Gênes à l’insert — bref, je croyais que j’avais pensé à tout :

Je ne sais pas vous, mais je trouve l’effet joli dans ces photos..

Après une nuit entière, voici ce qui m’est arrivé en démoulant le deuxième essai :

Les deux photos sont là pour vous montrer toute la bûche ainsi que les dégâts au centre. Évidemment, ce n’était toujours pas à la hauteur désirée, mais j’espérais que je pourrais au moins la servir à La Fille. Mais j’ai voulu vérifier sa stabilité. Je l’ai remis au frigo. 4 heures plus tard, il me semble que tout allait bien :

Mais une heure après ça, il est devenu clair que quelque chose n’allait pas :

C’est pas facile à décrire le problème. Est-ce que les bouts s’effondrent ? Sont-ils trop lourds ?

Une heure plus tard — six heures après l’avoir démoulée, mais presque tout ce temps au frigo — le cauchemar est revenu encore. J’ai pris cette photo au frigo, avant de la sortir au robinet.

Cette expérience m’a coûté chère. Le pain de Gênes exige 200 grammes de massepain (10 $), 4 œufs, et 60 grammes de beurre. C’est environ 13 $ pour faire tout ça pour les deux bûches. L’insert aux trois mousses ? 12 $ de chocolat, 50 cl de crème liquide (5 $), 7 œufs, du sucre et des feuilles de gélatine — disons 22 $ pour les deux inserts. La crème aux trois couleurs ? 8 $ de fruits, 4 œufs, 200 grammes de sucre, et 150 grammes de beurre, et 2-4 feuilles de gélatine — à chaque fois. Disons 13 $ deux fois.

J’ai donc gaspillé 60 $ pour absolument rien. La Fille et moi sommes d’accord — la crème aux framboises a exactement le bon goût, et va super avec l’insert aux mousses. Mais je ne peux servir ces bûches à personne et n’ose surtout pas les publier comme recette officielle.

J’ai le cœur brisé. Ainsi que ma « forêt noire moderne » ratée, cette bûche était censée être un chef-d’œuvre du blog. Je me sens très loin de trouver la solution, parce que l’absence du jus de citron est la seule différence, et le jus des framboises et des mûres aurait dû servi dans le même rôle. Il y a deux ans, cette même recette de crème s’est conservé au frigo pendant 3 jours au frigo sans problème. Il n’y aura plus de tentatives cette année, mais je n’ai aucune idée de comment régler ce cauchemar.

Reconnaissant

J’espérais écrire sur mon prochain livre de Guy-Rogert Duvert aujourd’hui, mais on (tousse, tousse — mes parents — tousse, tousse)* a acheté un nouvel ordinateur et m’a demandé de l’aide pour tout installer. J’y ai passé plusieurs heures en disant des trucs comme « Nan, mais sérieusement, vous ne pouvez pas choisir le bon pays quand il est déjà sélectionné et il ne faut que cliquer « OK » ? » « Oh, mais tu as grandi avec tout ça et c’est tout écrit en grec ! En greeeeeeeec ! » Parmi mes nombreuses plaintes, c’est que beaucoup de monde s’effondrent devant les ordinateurs bien que tout soit écrit dans un anglais pas trop compliqué.

*(Il doit y avoir une façon de faire semblant de tousser en disant la vérité à basse voix. Si je l’ai ratée, dites-le-moi.)

Bon, vous êtes tous excusés. Bill Gates aurait dû penser à traduire ces trucs en français. Je serais certainement plus compréhensif si l’ordinateur parlait en français. J’avoue que j’ai pensé — brièvement, mais j’y ai certainement pensé — à faire une farce en installant un clavier français.

Je sais ce que vous pensez en ce moment. « Justin, c’est pas cool. Les deux ont plus de 77 ans chacun. » Alors je vais vous raconter une histoire 100 % vraie qui m’est venue cet été. Mon père avait en quelque sorte réussi à changer la langue de son navigateur sur son portable en arabe. « Oh, le portable a fait ça tout seul, j’ai rien fait ! » Ouais, ouais, je sais. Je ne peux pas lire arabe et je n’utilise aucun appareil Android non plus — mais je l’ai réglé. Tout ce que j’ai fait était de chercher des captures d’écran en anglais et les suivre jusqu’à ce que j’aie trouvé les bons paramètres. Aucune école ne m’a enseigné ça ! C’était un peu comme la première fois où j’ai commandé des trucs à la FNAC — 3 mois après ma première leçon de français mais on a oublié de me dire que j’étais censé avoir peur.

Mais tout ça n’a rien à voir avec mon sujet du jour, étant juste pourquoi j’ai raté mes plans. Je vais juste vous parler brièvement de ma livraison d’un certain cadeau ce soir. Celui-ci :

Au fait, voici les bonbons dont j’essayais de copier l’apparence et le goût tous les deux. De tous les bonbons industriels, ce sont parmi mes préférés.

Andes Mints, Photo par Evan-Amos, Domaine public

J’ai fait quelque chose qui m’a fait peur. Avant d’y arriver, j’ai envoyé un texto à madame pour vérifier si on était là pour les recevoir. J’aurais préféré l’envoyer à monsieur, mais son numéro n’apparaît pas dans l’annuaire. Si vous avez bien compris mon post d’hier, je voulais éviter un malentendu. Ce serait tout ce dont j’ai besoin ; bienvenue à la paranoïa à la sauce américaine. Pas armoricaine cette fois.

De toute façon, elle me semblait s’être attendu à ce que je fasse une telle chose. G, si tu me lis et je ne le savais pas, bonjour ! Mais elle était ravi de les recevoir, et a répété qu’il me faudrait faire ça professionnellement. Ça me fait chaud au cœur. (Ma colonne vertébrale et la douleur qui m’empêche de dormir rendent cette idée impossible, mais j’aime l’entendre.) Vraiment, je ne pourrais pas demander un meilleur cadeau.

Un cactus pour Noël

J’étais chez mon resto mexicain préféré aujourd’hui, Rodrigo’s. Si on me rend visite, ce n’est pas celui que je choisirais — la nourriture n’a rien de spécial, mais le service est excellent, surtout pour le prix. C’est où je lis Le Canard enchaîné la plupart du temps, car il m’amuse de le faire dans un resto où la carte est en espagnol. Mais je voulais le visiter avant Noël pour acheter une carte de cadeau — pour moi-même. Ça vaut 20 % de plus, et j’y vais assez souvent. De toute façon, voici la décoration à l’entrée :

Oui, un cactus avec toutes ses épines. Il y a aussi des sapins ici, mais aujourd’hui, il me semblait être une métaphore. Désolé, mais solstice ou pas, c’est la saison où je déprime. Il fait noir et froid, et la pire partie, seul.

Par hasard, j’ai vu plusieurs choses aujourd’hui qui sont pertinentes. D’abord, un ami m’a envoyé ce tweet sur la catastrophe qui est la vie sociale aux États-Unis :

C’est comment les couples se rencontrent ici. La ligne rouge, c’est les applis de rencontre. Quant au reste — vous pouvez voir que presque toute interaction est considérée un risque. Et selon un sondage par notre magazine d’économique le plus réputé, Forbes, c’est encore pire en 2023 — pour les hommes 75 % de relations n’arrivent que sur les applis (pour les femmes 66 %).

Mais ça ne marche pas du tout pour la grande majorité. Quand notre plus grande appli de ce genre, Match, demandait des infos sur son salaire, de nombreuses études ont découvert que plus de 50 % des femmes sur l’appli ne regarderaient que le top 1 % de salaires. (Ils l’ont donc arrêté.) En plus, d’autres études montrent que ça réduit le tout à un catalogue — tout le monde, des deux genres, vérifie les profils et si même une chose ne le convient, allez-vous-en ! (C’est plus compliqué que ça ; il y a des hommes qui ont tendance à écrire à tout le monde car personne ne répond.)

Puis, une connaissance sur Twitter a posté un fil par une française expatriée aux États-Unis :

Il y a une raison pour laquelle j’aime traîner avec des expatriés, au-delà de pratiquer la langue. Ils font des comparaisons, et je les trouve intéressantes. Bien sûr, si l’on a choisi de déménager comme ça, il est fort probable que l’on préfère le nouvel endroit, et je suis bien au courant de ça.

Puis-je dire qu’apparemment, l’herbe est toujours plus verte ailleurs ? Je ne vais convaincre Mme Lafont-Grave de rien, mais il y a des entreprises ici — dont Facebook (lien en anglais) — où si on demande un rendez-vous à un collègue deux fois, on sera viré. Je ne sais pas quels sont les problèmes en France à cet égard, mais je ne crois pas que nous ayons la bonne réponse !

Alors, la boulette du début de l’année ? Après plusieurs belles conversations avec un membre de l’OCA pendant nos séances de films, je lui ai envoyé une demande d’ajoute sur Facebook. Je ne m’attendais pas du tout à la colère qui a résulté. La pirouette pour tourner le dos était impressionnante. Je suppose qu’elle l’a crue une tentative de draguer, mais nous n’avions eu aucune conversation comme ça. Je ne la croyais pas grand-chose, mais j’avais tort. C’est pourquoi j’ai adopté une règle hyper-américaine pour mes interviews — pas de vidéo — afin que personne ne puisse dire que quelque chose n’est pas allé. Je ne plaisante même pas un peu.

Je vous ai dit hier que j’allais faire quelque chose pour la personne qui m’a laissé ce compliment inattendu. Hier soir, j’ai fait des macarons au chocolat et à la menthe (d’après un bonbon bien aimé ici, les Andes) ; je les livrerai à elle et son mari ce soir. J’espère que ce ne sera pas une autre boulette. J’aimerais juste ne pas être un cactus pour Noël.