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Les blagues AOP

C’est bien connu que les américains n’ont pas toujours suffisamment respecté les produits labellisés, surtout la champagne. Mais ce que vous ne saviez pas peut-être, c’est qu’il y a un genre de blague en anglais qui dépend de connaître exactement l’idée de terroir.

J’ai récemment vu celle-ci sur Twitter :

Source

Ça dit :

C’est seulement de l’inflation si elle vient de la région française d’Inflationé ; sinon, c’est juste de la pauvreté pétillante.

Bien sûr, il n’y a pas de région appelée « Inflationé », mais vous comprenez sûrement l’idée derrière la blague. C’est particulièrement les vins pétillants californiens qui ont inspiré ça chez nous.

Mais il me semble que ce genre de blague est devenu populaire avec le Covid. Du moins, c’était la première fois où j’en ai entendu parler.

Ça dit :

C’est seulement de la quarantaine si elle vient de la province française de la Quarante ; sinon, c’est juste de l’isolation pétillante.

Il y a même un article académique sur ce phénomène, mais je dois vous dire qu’ils n’ont pas les exemples les plus drôles. Mais ils ont prouvé au moins que cette blague existait avant la pandémie. Leur exemple le plus tôt :

Ça dit :

C’est seulement « Frankenstein » s’il a été créé dans la région française de Frankenstein ; sinon, c’est juste un monstre pétillant.

Malheureusement, il y a plein de monde qui ne comprennent pas la grammaire de la blague. Il faut absolument inventer une région française ; sinon, c’est juste de la raillerie pétillante.

Ça parle d’un phénomène récent dans l’actualité en anglais, dit en français « l’arrêt tranquille (ou silencieux) » :

C’est seulement de l’arrêt silencieux s’il vient de la région française de Champagne ; sinon, c’est juste des limites pétillantes.

Moi, j’aurais écrit quelque chose comme « s’il vient du village de Silence-en-Quittant ». Mais moi, j’ai l’habitude d’inventer des noms français pour toutes les villes autour de moi, comme ma propre Elbe-en-Irvine, ou Anguille-sous-Roche pour le village de quelqu’un d’autre.

Une de plus pour finir, pour nos temps économiques heureux :

C’est pas une récession à moins qu’elle vienne de la région française de Récession ; sinon, c’est juste de la misère pétillante.

Je crois que cette blague a du potentiel en français, car nous comprenons tous l’importance des origines protégées.

INAO

L’élection américaine

Ce soir, on va avoir notre élection de mi-mandat aux États-Unis. D’abord, je dois vous dire que c’est mon but d’éclairer ce que je vois en lisant la presse française, et comment c’est différent que ce que je lis à la maison — ce post n’est pas pour encourager une équipe ou l’autre. Internet ne manque pas de sites pour ça ; celui-ci n’en est pas un.

Mais d’abord, quelques mots sur le bon cadre pour regarder les États-Unis. Dans le système français, ou israélien, moins le cas dans le britannique, les partis viennent et partent, et ne font pas grande partie de l’identité de leurs votants. On peut dire « Je suis gaulliste », mais ça veut dire qu’on voterait pour quel parti exactement ? LR ? Renaissance ? DLF ? Même chose à gauche — la NUPES n’a pas fait disparaître les différences entre le PS, l’EELV, les Communistes, etc. De cette façon, vous avez évité le problème américain, où les partis sont devenus des tribus. Ça peut être très difficile à comprendre vraiment si vous n’avez jamais expérimenté un tel système.

Il était une fois, c’était pas la Grande Croisade. C’était très commun pour les membres des deux partis de se marier — les grands-parents de mon ex était un tel couple. En fait, les gérants des campagnes de George H.W. Bush et Bill Clinton se sont mariés (lien en anglais) dès que la présidentielle de 1992 a fini. Ce n’est plus du tout le cas. Ce que je veux vous faire comprendre, c’est que c’est l’attitude des deux côtés — l’autre côté n’a que des mensonges.

En ce qui suit, je suis sûr que vous pouvez trouver des exemples par ici et par là où je me trompe et une nouvelle est disponible quelque part. Mais on peut pas facilement trouver ce que l’on ne savait même pas existait. On pourrait être…surpris si on prend ses nouvelles des États-Unis du Monde. Ou du Figaro. (Essayez plutôt Le Gorafi.) Au fait, pour cet article, je me suis aussi abonné à Libération pour un mois.

Commençons avec quelque chose de surprenant. L’un des concours les plus proches est en Pennsylvanie, où M. John Fetterman, Démocrate, est face au Dr Mehmet Oz, Républicain. Dans Le Monde, Libération, ou bien Le Figaro, on peut lire que :

Offrant son soutien à John Fetterman, le candidat démocrate en sweat-shirt et aux avant-bras tatoués, Obama a attaqué son adversaire, le médecin médiatique Mehmet Oz, qu’il a présenté comme un charlatan digne des faux docteurs de l’époque de la conquête de l’Ouest.

Le Figaro

Mais je ne trouve pas trop de mentions de deux faits qui sont favorables pour le Dr Oz : il est en fait un chirurgien cardiaque à Columbia, une université classée parmi nos 20 meilleures (il vendait aussi des cachets inutiles à la télé), et M. Fetterman a eu un AVC en mai, où les effets restent visibles. Si vous prenez vos nouvelles de BFM, vous savez les deux ; de Libération, au moins l’AVC. Mais si vous prenez vos nouvelles du Monde, du Figaro, ou bien de CNEWS, vous n’en avez pas entendu parler. (Une fois, Le Monde a mentionné que le Dr Oz est en fait chirurgien, mais pas dans le contexte de l’attaque comme charlatan.) Pourquoi est-ce que c’est important ? Parce que sinon vous seriez très surpris à quel point ce concours a changé après le seul débat entre les deux, où tout le monde a pu voir les deux ensemble :

Source : RealClearPolitics

Ce prochain argument sera…sensible. Quant aux Républicains vous avez entendu plein de parler du 6 janvier 2021. Mais vous n’avez pas entendu parler que les Démocrates n’acceptent toujours pas les résultats des élections. Le Monde dit ça de l’Arizona et la Géorgie, qui fait penser que ces situations sont complètement différentes :

La bataille se joue entre la démocrate Katie Hobbs, l’actuelle secrétaire d’Etat, et la républicaine Kari Lake, une ancienne présentatrice qui affirme que l’élection de 2020 a été volée et qui s’est affichée aux côtés de figures du mouvement complotiste QAnon.

La course en Géorgie voit s’opposer la démocrate Stacey Abrams, une défenseuse du droit de vote, et le républicain Brian Kemp, l’actuel gouverneur de l’Etat.

Le Monde

Mais on ne trouve pas dans Le Monde que l’histoire de Mme Abrams est peut-être plus compliquée :

Paradoxalement, c’est après une défaite qu’elle a refusé de reconnaître que le mythe Stacey Abrams s’est forgé à l’automne 2018.

Le Figaro

Libération vous raconte que l’élection de 2018 en Géorgie a bien été volée. BFM ne le mentionne pas, ni CNEWS soit en 2020 soit maintenant. Mais le Washington Post, pas du tout un porte-parole des Républicains et qui rejette l’idée sans rendre jugement, a trouvé :

Abrams a joué les affirmations selon lesquelles l’élection avait été volée jusqu’à ce que de telles tactiques deviennent intenables pour quiconque prétend être un défenseur des normes et des valeurs démocratiques américaines.

Washington Post (traduit de l’anglais)

Des suggestions de complots et d’élections volées existent depuis longtemps. En 2004, il y avait une théorie que M. le Président Bush a triché dans l’Ohio. Même les conseillers de la campagne de M. Kerry l’a nié à l’époque. Mais des représentants Démocrates au Congrès ont voté pour refuser d’accepter l’élection, bien qu’il n’y ait pas eu des émeutes. Je ne vous dis pas quelle version à croire. Ce que je veux que vous compreniez, c’est que cette histoire est connue aux États-Unis et joue un rôle dans les pensées des deux côtés. Si vous regardez ces revendications comme des mythes fondateurs tribaux au lieu de justifier les différences, c’est plus facile à voir pourquoi les deux côtés ne s’entendent plus.

Je ne vais vous donner aucune prédiction de quoi arrivera. Ce n’est pas ce que je fais ici. Mon but était plutôt de vous montrer que l’on peut trouver des pépites dans la presse française, mais le tableau est plutôt loin d’être complet.

Le gâteau Sacré-Cauchemar

Je ne voulais pas salir la recette la plus longue du blog — désolé, mon cher Marjolaine, vous n’êtes plus que #2 — avec la vraie histoire. Mais maintenant, vous allez tout entendre. Ce post est ma punition pour avoir oublié ma leçon quant au papier sulfurisé et les choses chaudes. Mais j’espère sincèrement que vous apprendrez quelque chose d’utile de mes expériences.

Peut-être que vous, étant tous malins, avez remarqué que cette photo, avec mes choux tous juste sortis du four :

ne ressemble pas trop aux choux en haut du gâteau :

Ben, voilà, la triste vérité. Ces choux tous absolument parfaits étaient mon premier lot — et aucun n’a survécu pour prendre sa place sur le gâteau. Voici le lot qui a reçu cette honneur :

Moins beaux, ceux-ci, hein ? Et si je vous disais que ce lot était en fait le troisième ? Quelque chose n’est pas allé du tout, hein ?

Tout allait bien jusqu’au moment de tremper les choux dans le caramel. J’avais fait ma crème pâtissière, je l’avais divisée pour les choux et la crème Chiboust, et… j’ai mis une feuille de papier sulfurisé sur la plaque de cuisson pour laisser sécher les choux.

Sans faire attention, j’ai trempé chaque chou dans le caramel bien chaud, puis l’a mis sur ce papier. Et dès que j’avais fini, je me suis tout à coup rendu compte que j’avais fait une erreur catastrophique :

Chacun et tous de mes choux étaient collés au papier ! L’erreur était irréparable — tous efforts de les enlever du papier ont fini par gâcher les choux. J’ai dû donc tout refaire. Pas la base, mais tous les choux. Et puisqu’ils étaient déjà tous remplis de crème pâtissière… Ouaip. La crème aussi.

Mais comment est-il arrivé que j’ai du faire trois lots de choux ? La deuxième fois, j’ai mis la farine dans la liquide trop tôt en faisant la pâte, et elle était donc trop liquide. Les choux qui ont résulté étaient trop plats. Le goût était bon, mais ils étaient tous inutiles pour le gâteau.

Sommes-nous finis ? Hélas, non, mais la pire est derrière nous. J’aimerais vous dire que la crème Chiboust, n’étant que de la crème pâtissière et de la meringue italienne, est facile. Mais M. Chiboust l’a inventée en 1840 avant les robots, alors il faudrait savoir que la partie la plus compliquée ne dépendrait pas de fouetter les blancs.

En effet, il n’y aucune différence entre la crème Chiboust et les coques de macaron de Pierre Hermé — dans tous les deux, les chefs disent de commencer à fouetter les blancs en même temps qu’un sirop commence à bouillir. Mais la quantité de sirop pour cette recette est plus petite que celle des macarons, alors mon sirop a atteint la bonne température bien avant que les blancs ne soient prêts. Et la sirop a donc commencé à évaporer. À la fin, c’était pas grand-chose, mais après l’aventure des choux, je n’avais plus envie de vivre le Système D !

Quand je vous raconte de telles choses, c’est pas juste pour faire plaisir à mon ex ([Mais j’en profite, veuillez continuer ! — Elle ; Merci Google Translate ! — Aussi elle]). C’est pas pour vous décourager non plus. C’est très facile à trouver tous genres de pâtisseries parfaites sur Instagram ou n’importe où. C’est presque impossible de trouver des échecs, sauf dans des mèmes Internet. Mon but est de vous convaincre de ne pas abandonner, de ne pas dire que ce soit impossible. Si un type inconnu sur Internet peut apprendre à cuisiner à la française, tout le monde peut le faire !

Le pays inexistant

J’allais publier la prochaine Langue de Molière aujourd’hui, puis la recette du Saint-Honoré, mais une nouvelle m’énerve et la Langue de Molière est donc reportée à mercredi prochain. Je vais me sentir coupable comme à chaque fois où je me plains des Français, car vous êtes tous exactement pas de qui je parle. Mais à mon avis, c’est mieux d’évoquer ces sujets quand ils sont toujours des nouvelles.

Tout a commencé avec un Tweet d’un compte que je suis, Marlène Aviation. C’est écrit en anglais, et il parle de l’histoire de l’industrie de l’aviation française. Je recommande ce compte avec enthousiasme !Mais cette fois-ci, quelque chose ne va pas. C’est où « Listenbourg » ? Jamais entendu parler.

J’ai vite trouvé un article de 20 Minutes qui explique tout. Il s’avère qu’il y avait un Tweet avec une fausse carte de la péninsule ibérique pour embêter les Américains :

Oh, ha ha ha. Moi, je sais depuis la maternelle que la péninsule ibérique n’a pas de telle forme. J’avoue que plus que l’on va vers l’Est dans cette carte, plus que j’ai du mal à nommer les pays sans aide. Je peux vous dire sans difficulté quels sont le Portugal, l’Espagne, la France, le Royaume-Uni, l’Irlande, la Belgique, la Suisse, l’Italie, l’Autriche, la Pologne…après ça, sans légendes, j’ai des problèmes. Au moins, je pourrais vous dire quels sont les 3 pays Baltes, mais malgré le fait que j’ai un arrière-grand-parent Lituanien, je n’ai aucune idée quel est lequel. De toute façon…

Selon l’article de 20 Minutes, ça fait partie d’un jeu sur les réseaux sociaux :

Parmi les centaines de vidéos de ce type publiées sur les réseaux sociaux, une certaine catégorie rencontre un franc succès : les questions de géographies posées aux Américains. De nombreuses réponses sont totalement fausses, ce qui amuse beaucoup les Français. A la question, quelle est la capitale de l’Europe, certaines répondent la France.

Franchement, ils parlent d’un genre de vidéo tourné en anglais, par des anglophones, souvent américains. Voici des exemples : ici, ici, et ici. Mais quand les européens regardent de telles vidéos, ils manquent du contexte culturel. C’est quelque chose de haineux entre nous-mêmes, et on va retourner à ce sujet mardi matin avant l’élection. Bref, ces vidéos sont tournées pour se moquer d’une classe sociale en particulier, et c’est exactement cette attitude qui a créé la polarisation du pays. Disons pour l’instant que l’on ne trouve jamais de telles vidéos tournées à Détroit ou à l’Est de Los Angeles.

On peut maintenant trouver beaucoup de fausses institutions, un « ministère des affaires étrangères », « ministère d’économie », etc. J’ai du mal à comprendre si Mme Aubry fait partie de la blague, car elle plaisante apparemment sur ses propres croyances, et chez moi, on ne fait jamais ça :

Pour un instant, j’ai brièvement pensé à participer à ce jeu ! Je pensais à mettre une photo d’un cimetière américain sur Twitter pour dire quelque chose « N’oubliez pas les sacrifices qui nous avons fait pour les listenbourgois ». Mais j’ai finalement décidé de ne pas faire une telle chose. Je ne pourrais jamais me moquer de certaines choses. En plus, ceux vers lesquels j’aurais la plus envie de dire un tel commentaire ne sont vraiment pas des Français. On n’oublie jamais ses amis. Mais j’aimerais bien savoir combien des gens qui adorent ce jeu pourraient donner les bons noms pour tous les provinces canadiennes, peu importe les états américains. Encore plus drôle, les états mexicains. Après tout, c’est pas grand-chose de se souvenir de juste trois pays sur un continent entier.

Mais je préfère de ne pas finir avec quelque chose de triste, alors j’ai une autre carte, trouvé sur Twitter hier grâce à une connaissance très sympa :

Source originale

Comme j’ai partagé avec cette amie-là, il y avait une carte identique sur la couverture d’un magazine new-yorkais :

Fair use

Bon 2e anniversaire au blog

Aujourd’hui, ça fait deux ans depuis mon premier post, après quelques semaines de planification. Comme l’année dernière, on a besoin d’un gâteau pour le fêter :

Gâteau Saint-Honoré de Gaston Lenôtre

(Recette à suivre. Je dois faire tout moi-même. Et oh là là, j’ai des histoires à raconter. Et je dois trouver quelqu’un pour partager ces trucs, car c’est trop pour une seule personne. C’est vraiment trop injuste.)

Alors, comment vais-je ? D’une part, je croyais que nous aurions presque fini le Tour, et nous ne sommes que dans le 56. D’autre part, voilà le premier post du Tour, pour l’Ain. C’est dingue, les changements.

Et quels changements ! Au début de cette année, un petit article sur Le second degré n’est qu’une température a complètement changé l’histoire du blog. J’ai fait plein de nouvelles connaissances, il y a maintenant trois fois les abonnés de l’année dernière, je parle parfois avec des journalistes qui apparaissent à la télé comme Anne-Élisabeth Moutet et Claire Koç — on est très loin d’une petite exercice pour pratiquer l’écriture !

Et en parlant des changements, il y en aura plein pendant l’année suivante. J’aimerais bien que mes recettes font partie de ce que l’on trouve chez Google, et pour ça, le plan du blog devra changer. Connaissez-vous le JSON ? Heureusement que non (moi, je le parle assez bien, mais je vais jamais l’écrire à la main), mais c’est ce qu’on doit faire pour que Google traite les recettes comme des recettes. Je ne dirais jamais que toutes sont des réussites, mais je crois que certaines méritent plus d’attention. Tout ça reste dans l’avenir, certainement pas avant le Nouvel An.

Mais je ne penserais pas à tout ça si je ne voyais pas qu’il valait la peine. Octobre a été de loin la plus grande réussite du blog (1587 vues en janvier et encore en juillet — oui, le même nombre !), et je vous remercie pour y être :

Alors, quoi attendre d’ici le 3e anniversaire du blog ? Il y aura certainement un nouveau plan. J’ai aussi une idée pour quelque chose qui met à l’honneur le fait qu’il y a des lecteurs qui me rendent visite de 90 pays. Ce blog est et restera toujours sur la France en premier, mais c’est aussi sur la francophonie. Et nous sommes partout, même chez les pingouins. Et l’année prochaine, je m’attends certainement que je ne pourrai plus empêcher ma fille de partir à la recherche de nougat. C’est dans l’ADN de ses ancêtres. Je devrai donc l’accompagner.

Tout ça, c’est à dire qu’après deux ans, le Coup de Foudre reste aussi fort que jamais !

Comment utiliser un dictionnaire japonais

Je vais faire quelque chose plutôt loin de nos sujets habituels, vous apprendre exactement ce qui dit le gros-titre. Pourquoi ? Parce que vous savez tous comment utiliser un dictionnaire — mais ça, c’est tout autre chose, une façon de voir le monde complètement différente. Le fait que ça intéressera certains d’entre vous qui aiment les mangas, c’est juste une prime.

Y a-t-il combien de lignes dans ces trois kanjis ?

Un, deux, et trois, d’accord ? Un bon point pour savoir compter ! Ce sont les numéros pareils en japonais, avec leurs prononciations en hiragana (l’alphabet phonétique) et en romaji (c’est-à-dire notre alphabet latin).

Combien de lignes comptez-vous dans celui-ci, nichi, qui veut dire « jour » ou « soleil » ?

« Mais Justin », vous me dites, « vous avez bien perdu la tête ! C’est évidemment un rectangle avec une ligne au milieu, donc cinq ! » Rendez-moi vos bons points, les enfants, car vous avez tort. Il n’y a que quatre lignes ici selon la méthode japonaise (ou chinoise, en fait). Voici comment les compter :

Comprenez-vous comment ça arrive ? On compte le nombre de fois que le stylo est enlevé du papier ; c’est-à-dire le nombre de coups de stylo, ou traits. Il faut juste savoir que la bonne forme pour le deuxième coup comprend un angle droit.

Pourquoi se soucie-t-on du nombre ? Considérez un caractère plus compliqué, composé de 6 traits :

Mais il n’est pas assez de savoir que ça comprend 6 traits. Après tout, on a déjà vu que le numéro 2, ni, a aussi 2 traits. Comment distingue-t-on les comptes ?

Dans ce cas, on peut considérer que nichi, notre soleil, est ce qu’on appelle un « radical », une pièce réutilisable. Il y a évidemment 2 radicaux dans le kanji en haut, et le plus gros est nichi. Avec ça, on peut maintenant chercher notre dictionnaire comme c’est de la magie :

Capture d’écran du site kanji.free.fr

On choisit le radical comme ça :

Capture d’écran du site kanji.free.fr

Puis le nombre total de traits comme ça.

Capture d’écran du site kanji.free.fr

Attention, les dictionnaires ne sont pas tous égaux à cet égard — certains utilisent le nombre de traits en total, et d’autres utilisent le nombre de traits moins le nombre dans notre radical de choix. Les méthodes sont égaux, mais il faut vérifier quelle méthode suit votre dictionnaire. En ce cas, c’est le total avec le radical, mais dans le Robert du japonais-anglais, The New Nelson, on compte pas les traits du radical. De toute façon, voilà nos résultats :

Capture d’écran du site kanji.free.fr

Il n’y a pas trop de choix, « ね » ? Ici, ね, prononcé « ne », est le japonais pour « hein ». (Il m’étonne que le japonais ne me font pas de gros problèmes avec le français, voiture car croyez-moi, je dis « ne » pour « hein » en anglais tout le temps.)

Alors maintenant nous avons le bon kanji.

Capture d’écran du site kanji.free.fr

On le prononce mune ou shi (selon le contexte d’autres caractères), et ça veut dire « intention » ou « objet » (sens but, pas truc). Mais cette question de contexte, c’est glorieux. Peut-être que vous avez entendu parler de l’un de leurs plus grands journaux, le Mainichi Shimbun ? Voici le titre en kanji :

Capture d’écran de Wikipedia

Mainichi = quotidien, où mai = chaque et nichi est notre soleil d’avant, pour jour. Shimbun veut dire « journal ». C’est littéralement le « Journal quotidien ». Mais voici les noms des jours :

Wikipedia, Noms des jours

C’est dimanche jusqu’à mercredi ici. Le premier, dimanche, c’est nichiyobi. Mais qu’est-ce qui se passe avec notre soleil ? Au début du mot, il est prononcé nichi, et à la fin, -bi. Presque tous les kanjis ont de nombreuses prononciations selon leurs combinaisons, et il faut mémoriser plus de 2 000 kanjis juste pour lire un journal typique. Le japonais lambda ne peut pas lire un journal jusqu’à avoir atteint le lycée. (Moi, j’ai aucune chance.)

Vous voyez, maintenant ? Il me semble que beaucoup de Français pensent que la langue est parmi les plus difficiles au monde. J’ai des nouvelles. Le japonais n’a pas de numéros de personnes pour les conjugaisons, alors leurs verbes sont plus simples, mais il ne m’a fallu que cinq mois pour lire un journal en français. Contre 14 ans, les amis. 14 ans. C’est tout autre monde là-bas.

Sondage des changements

Je suis en train de penser à certains changements sur le blog et le balado. Au lieu de plonger dans une crise, j’ai décidé de vous demander vos avis. Aucune question n’est obligatoire, et je ne saurai pas qui a laissé quelles réponses. Vos commentaires sont aussi les bienvenus. Le sondage restera ouvert jusqu’à fin octobre.

Le mauvais nougat

Il ne me fait pas plaisir de l’écrire, mais je dois sauvegarder ma réputation d’obsédé. Cette semaine, j’ai goûté un nougat de Montélimar… que je ne peux pas recommander. Du tout.

Voici deux produits de la nougaterie G. Savin. Ils sont récemment arrivés en stock chez myPanier. Naturellement, bien qu’il me reste 5 barres du nougat Soubeyran, j’ai dû l’acheter. J’étais tellement curieux car en plus des nougats et des calissons traditionnels, ils proposent un sac de nougats aux 5 parfums : pistache, citron, orange, framboise et café.

On commence avec la boîte de nougats et de calissons. J’ai déjà profité des nougats de Soubeyran, de Chabert & Guillot, et des Trois Abeilles. Je recommanderais n’importe quel des trois sans hésitation. Mais ces nougats étaient… humides ? La boîte était bien scellée, il n’y avait aucune question d’être périmé, mais « molle » ne suffit pas à décrire leur texture. Le goût n’était pas mauvais, mais l’expérience n’était pas du tout agréable. Quant aux calissons, ils avaient un goût hyper-amer.

Les nougats aux 5 parfums étaient très différents de ceux de la boîte. La texture était exactement ce que je voulais dans un nougat. Mais quant aux parfums, c’est tout autre chose. (Attendez la fin ; on va retourner à cette phrase.) Les trois goûts de fruits étaient presque exactement comme les parfums des Carambar Fruits. Ce n’est pas une bonne chose. Mais le café est pas mal, en fait, et j’ai sincèrement aimé la version pistache. Malheureusement, il n’y a pas de sac disponible avec uniquement de la pistache.

Heureusement, j’ai appris quelque chose en écrivant cette critique. Hier, le prof d’orthographe Aurore Ponsonnet, qui je suis sur Twitter (non, non, pas comme ça, même si je viens de Californie), a posté un quiz sur les bonnes formes de « tout ». Je l’ai raté. Pas complètement, mais grâce à son fil avec les explications, j’ai appris la règle : « On accorde donc en genre et en nombre l’adverbe « tout » devant un adjectif au féminin qui commence par une consonne ou un « h » aspiré. Il est invariable dans les autres cas. » On écrit donc « tout autre chose », pas « toute ». Si je ne me trompe pas, on écrit aussi « Choisissez tout autre nougat. »

Un autre aperçu des coulisses

J’ai raté mon dessert haute-marnais pour la quatrième fois ce soir. Cette fois-ci, je suis bien satisfait que j’ai suivi la bonne recette. La seule erreur cette fois, c’était le choix de la mauvaise plaque à cuisson. (Anti-adhesive ne signifie rien quand on parle des blancs d’œuf. Alors, plutôt que publier un post avec tous mes échecs, je vous offre un aperçu de ce qui se passe parfois chez Un Coup de Foudre. Ce qui est pour vous encourager, même si c’est difficile à voir au début.

Disons que cette recette est un genre de meringue. J’ai fait de nombreux macarons, une recette bien liée aux meringues, mais jamais des meringues elles-mêmes. Mieux vaut faire des erreurs maintenant : quand on arrive dans le Nord, je connais déjà ce dessert-là, et les erreurs ne seront pas acceptables. Alors :

La première fois, j’ai essayé d’utiliser mon batteur plongeant pour battre les blancs d’œuf, dans le verre fournis avec le batteur. Les blancs ont volé partout. Pas de photos, mais c’est la vérité. J’ai peu profité du nettoyage.

La deuxième fois, j’ai cassé un jaune en séparant les blancs des jaunes, et il est tombé dans les jaunes.

La troisième fois, j’ai suivi exactement les conseils d’une recette, qui m’ont dit de monter les blancs avec une fourchette. On est au XXIe siècle, pas le XVIe. Voilà ce qui s’est passé :

Je ne pensais vraiment pas que ces blancs étaient assez montés, mais j’ai fait tout ce que je pouvais avec une fourchette et…bof. Je les ai quand même enfournées, et c’était un échec.

Cette dernière fois, c’est de ma faute pour ne pas connaître vraiment les propriétés des meringues. Voici le produit qui est sorti du four :

C’est presque exactement ce que je voulais faire. Le goût est excellent. Mais demain, je vais ressayer de les sortir — avec un ciseau. Elles sont parfaitement collées à la plaque. Tout ça car j’imaginais que pour une recette qui demandait de les faire en barres, une plaque anti-adhésive avec la bonne forme suffirait, sans besoin des petites formes en papier. Je chercherai les bonnes formes demain.

C’est rare que je refais une recette départementale plus que deux fois. S’il y a des grosses erreurs que je peux corriger, c’est une chose. Si les ingrédients sont trop chers pour racheter, c’est autre chose. Dans ce cas, c’est une recette pas chère — et il y a franchement pas d’autres choix en Haute-Marne.

Je vous dis tout ça car il y a longtemps, je vous ai dit (quand il n’y avait que 3 lecteurs, tous des amis personnels) que je partagerais mes échecs aussi que mes réussites. (Et voilà, mon premier dessert ici était un échec.) Pourquoi ? Parce que cuisiner à la française, c’est difficile. La clé est de ne jamais abandonner. Sauf pour Saint-Pierre-Hermé, qui est né avoir déjà tout maîtrisé, tout le monde doit pratiquer. Et pour ça, pas besoin de honte ni d’excuses.

JPP

Ça fait trois jours, et je suis encore plus malade qu’avant. J’ai quatre brouillons mais deux sont attachés à des livres pas toujours finis, un à la Mayenne, et un qui n’est pas en fait le produit d’un délire auquel il ressemble. Mais ce dernier exige toujours plus de travail. En plus, je viens de finir la tarte au qeumeu après 4 repas — c’est assez. La pire chose :

J’ai raté mon dessert haute-marnais ce soir. Trois fois. Et c’était pas compliqué. Vous allez le voir après que je l’aurai refait, et vous allez bien vous moquer de moi. Thomas Edison est censé avoir dit « Je n’ai jamais échoué à inventer l’ampoule, même pas une fois. J’ai simplement trouvé dix mille méthodes qui ne marchent pas. » Il n’y a aucune preuve qu’il a en fait dit ça, mais comme on dit en anglais, « C’est une citation trop belle pour la vérifier. » J’ai pas envie de tester cette recette dix mille fois.

Alors je vais me contenter avec une observation sur mon état actuel. Il y a des mois, j’ai trouvé une conversation familière en ligne :

C’est à peine la seule fois :

Il y en a plein d’autres. Mesdames, je veux vous rassurer que vos homologues ici disent la même chose.

Tout ça, c’est-à-dire que je me sens comme je vais mourir, mais oui, je sais déjà comment ce sera reçu parmi certaines. Comme Calimero, je dis :