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À la pharmacie

On dirait en anglais que je suis « aussi malade qu’un chien » — j’ai un joli rhume. Ouais, ouais, un ami, médecin, m’a déjà dirigé de prendre un test covid. Tout ce qui m’est arrivé était d’avoir encore plus de mal au nez. Mais une amie française m’a demandé ce que j’allais utiliser pour me soigner — et je n’ai pas arrivé à trouver les bons mots. C’est une lacune dans les cours comme Duolingo ou Kwiziq — on finit sans la moindre idée de quoi demander à la pharmacie.

Cette pensée m’a donné un cauchemar bien qu’il fît plein soleil :

Moi : Bonjour, M. le Pharmacien !

Lui : Hello, qu’est-ce que c’est que you want ?

Moi : Je parle français, merci. J’ai besoin de cachets.

Lui : Il y a des milliers de cachets ici. Quel cachet ?

Moi : Duolingo m’a juste appris à dire que si je suis enrhumè, j’ai besoin d’un cachet.

Lui : Voilà, we’re speaking English now because you don’t actually know what you’re talking about. (On parle anglais maintenant car vous savez pas de quoi vous parlez.)

C’est un futur trop horrible pour contempler. J’ai donc dû faire des recherches. J’ai cherché les noms des ingrédients actifs sur une pharmacie en ligne — mais j’étais tellement surpris que beaucoup de ces choses n’étaient pas disponibles chez Carrefour. Chez moi, je les achète au supermarché. Si vous voyagez ici, peut-être que ces infos seront utiles.

Pour les douleurs :

Version AméricaineVersion Française
TylenolDoliprane
MotrinNurofen
AspirinAspirine
AleveNaproxène sodique

Pour le nez, le gorge, et les allergies :

Version AméricaineVersion Française
SudafedDolirhume
ClaritinLoratidine
ZyrtecCétirizine
RobitussinToplexil
Robitussin DMDextrométhorphane, et besoin d’une ordonnance

Mais attention ! Aux États-Unis, il y a DEUX versions de Sudafed. Celle que vous pouvez toucher dans les rayons est une arnaque et contient un ingrédient inutile, le phényléphrine. Si vous voulez le vrai médicament, faut parler au pharmacien (mais pas besoin d’ordonnance). Pourquoi ? À cause de cons qui l’utilisaient pour faire de la méthamphétamine à la maison. Pour la même raison, les cachets ont un goût hyper-amer. D’autre côté, la France a bien limité le dextrométhorphane à cause de raisons similaires.

Pour l’estomac :

Version AMéricaineversion française
Alka-SeltzerAlka-Seltzer
ImodiumImodium
Pepto-BismolInterdit
Gas-XMétéoxane
Magnesium citrateCitrate de magnésium

Le Pepto-Bismol, bien aimé aux États-Unis pour le traitement de la diarrhée, contient des sels de bismuth, qui sont interdits en France. Utilisez plutôt de l’Imodium. Les Français ont raison en ce cas — nous avons bien raté celui-ci. Le citrate de magnésium est vendu le plus souvent en France en forme de pilule, qui ne sert pas en tant que laxatif. Dites au pharmacien qu’il vous faut la solution orale. Puis annulez vos réservations pour le reste de la journée. Si vous avez utilisé ce médicament, vous le savez déjà.

Les antiacides :

Version américaineVersion française
Rolaids ou TumsRennie ou Carbonate de calcium
MylantaMarga
PepcidFanotidine

Sérieusement, les amis, vous n’allez pas croire les yeux si vous allez aux États-Unis et faites la comparaison de nos antiacides contres les vôtres. C’est le paradis des antiacides ici. Cette recherche est la toute première fois où je préfère chez moi, où je peux les prendre aux goûts de fruits :

Mais attention avec ce produit — c’est 100 % efficace, mais la dernière fois où j’ai pris une analyse de sang, mon taux de calcium était si haut, mon docteur a pensé que j’avais un cancer. Alors maintenant, j’ignore parfois les brûlures d’estomac.

Les produits féminins :

NOPENOPENOPE. Je sais absolument rien sur ce sujet, comme Paul Taylor. (Mais en fait, nous avons les mêmes marques — Always et Tampax. Après ça, c’est à vous de vous débrouiller. Je dis ça, je dis rien.)

La faute de l’orthographe

Il y a quelques semaines, une amie m’a partagé cette vidéo de TEDx. D’habitude, le nom TED, soit avec soit sans x, est assez pour me faire dire « C’est prétentieux », mais je fais confiance à cette amie. Ces deux ne parlent pas des fautes d’orthographe, mais plutôt des attitudes snobs qui viennent avec. Bien que ce soit le mauvais blog pour les mal éduqués, et que je souhaite que l’on aurait une attitude plus française vers l’orthographe en anglais, je dois avouer qu’ils ont une certaine raison.

Ils commencent par demander si l’orthographe est un bon outil pour sa fonction, transmettre la langue orale. Ici, ils sont sur terre ferme. Par exemple, on peut écrire le son /s/ avec s, ss, c, ç, sc, t, th, x, sth, cc, ou bien sç. Il y a une telle blague en anglais, souvent attribuée soit à Mark Twain soit à George Bernard Shaw (les suspects habituels pour toutes telles citations) que le mot pour poisson, « fish, » peut être écrit « ghoti » à cause de la prononciation d’autres mots. Mais le français a déjà eu les rectifications de 1990 et il y a des limites si on veut que les changements soient acceptés.

Je suis moins convaincu par leur comparaison à des langues comme le turc ou le russe, où on peut être sûr de l’orthographe en entendant la prononciation. Le comédien américain Sebastian Marx a fait la même observation quant à eau/eaux. Mais c’est quoi l’alternative ? Écrire le français de façon « ghoti » ? C’est ridicule. En général, les contextes sont bien clairs. Si je peux me débrouiller ce « problème », vos enfants peuvent en faire également.

Quand ils parlent de l’Académie française, je suis à la fois d’accord et pas. Ils se plaignent du fait que les « immortels » ne sont pas de linguistes. Et alors ? Les experts d’usage du dictionnaire American Heritage ne le sont pas non plus. C’est vrai que la majorité d’entre eux sont des idéologues qui accepteront n’importe quel néologisme, mais je suis quand même d’accord qu’ils sont des écrivains éduqués, donc experts en usage.

Mais ils terminent leurs réflexions avec l’observation que c’est le fait d’être compliqué qui donne un sens de valeur à l’orthographe, que tout le monde l’utilise pour juger des autres comme acculturés ou non. Et ça vient de quelque part pas forcément gentil, comme dans cette citation de Eudes de Mézeray :

Pour Mézeray, l’Académie doit préférer « l’ancienne orthographe, qui distingue les gens de Lettres d’avec les Ignorants et les simples femmes ». Avec cette formule de Mézeray, l’Académie définit alors une position qui sera le point de départ d’une durable accusation de « conservatisme ».

Danièle Sallenave

Il faut avouer que M. Mézeray n’a jamais entendu parler de Jul. C’est quand même clair d’où vient l’idée que se soucier de l’orthographe ne sert que pour être snob. Je conclurais donc en disant que c’est vrai qu’il y a un aspect snob derrière le respect de l’orthographe, mais il ne fallait pas en faire une excuse pour ne rien apprendre.

Attention aux yaks

La merveilleuse Light & Smell a mentionné dans un article, à propos des ingrédients dans un livre « Au-delà des anecdotes historiques, le livre contient 35 recettes, toutes réalisables sans devoir faire des pieds et des mains pour trouver les ingrédients… » J’ai répondu :

Rien ne m’énerve autant dans mes livres des grands chefs que les fois où ils disent « Mon café/poivre/fromage n’est vendu que dans une petite boutique à Paris, où il n’est disponible que pendant 3 semaines par an car les yaks n’aiment pas trop marcher toute cette distance. » Pierre Hermé, c’est surtout vous de qui je parle !

Commentaire
Yak népalais, Photo par travelwayoflife, CC BY-SA 2.0

Honnêtement, je plaisantais —un peu — mais j’étais en fait agréablement surpris d’apprendre que c’est pas juste quelque chose pour épater les étrangers. Ne vous méprenez pas. J’ai pas envie que les grands chefs vous énervent non plus. Mais c’est un fait qu’il y a des choses que vous pouvez facilement avoir envoyé chez les pingouins (car c’est toujours dans l’UE !) que je ne peux avoir à aucun prix. Il y en a d’autres qui sont juste de la folie.

Voici des exemples du livre le plus difficile de ma bibliothèque, Macaron par Pierre Hermé. Commençons avec les macarons au miel de maquis de printemps :

Attendez, ce miel doit venir d’un seul apiculteur en Corse ?!? Bon, il fournit tous les meilleurs hôtels (à Paris, bien sûr), mais on va payer combien ? 9-11 € la bouteille de 150 grammes. Il y en a pire, mais je n’arrive pas à trouver un fournisseur qui l’enverra aux États-Unis. Ne vous inquiétez pas, c’est pas du tout une priorité.

Il y a toujours un risque quand on met une seule et unique adresse dans un tel livre qu’il y aura des problèmes. Voici la recette des Macarons Huile d’Olive à la Mandarine. Ils ont l’air délicieux, hein ?

Mais le magasin, Première Pression Provence, n’existe plus. Quoi faire ?

Il a mentionné le fondateur, Olivier Baussan. Peut-être que vous connaissez ce monsieur — il était aussi derrière L’Occitane en Provence et Oliviers & Co. Et voilà, une boîte de l’huile y coûte 13 € le 250 ml. Pour moi, c’est deux fois plus cher — 24 $ pour la même boîte. C’est peut-être un fournisseur moins « froufrou » (un mot anglais qui veut dire chic et prétentieux en même temps ; mon dictionnaire Oxford ne donne pas de tel sens en français), mais fiable.

Finissons avec sa recette de Macarons Infiniment Café au Café Vert et au Bourbon Pointu de la Réunion :

Ils sont jolis, non ? Mais ce café hyper-exotique doit arriver de l’Arbre à Café, 10 Rue du Nil, Paris. En fait, il y en a deux. Le café vert coûte 16 € le sac de 250 grammes et le café Bourbon Pointu est 49 € le sac de 125 grammes ! J’ai crié de gros mots en anglais en lisant ça ! Est-ce que je peux les commander ?

Aïe ! C’est juste pour le Bourbon Pointu ! Je m’en FIIIIIICHE à quel point c’est bon. Heureusement, il y a une source hawaïenne si j’oublie La Réunion.

Pas mieux. La livraison est comprise, mais oh là là, qui va vraiment dépenser tout ça pour faire des macarons à la maison ? ([Tu as oublié le budget pour ton cassoulet, mon gars ? — M. Descarottes]) Après le cassoulet, j’ai décidé que ce blog devait faire plus d’efforts pour respecter les portefeuilles. Surtout le mien.

Ai-je mentionné le sel himalayen ? Bonjour, Monsieur Yak !

L’ennemi du blog

Amazon a un sens de l’humour macabre. Il y a des mois, ils m’ont recommandé le truc le deuxième moins Coup de Foudre possible. (Voici le premier.) À l’époque, j’ai un peu ri, puis je l’ai laissé tomber. Mais leur algorithme m’en veut. Il vient de réapparaître. (Ne cliquez jamais rien. Une fois suffit pour entraîner les algorithmes.) Je vous présente Bérangère Philippon :

Source

Connaissez-vous la théorie de l’antimatière ? Elle voilà. Je doute que l’on puisse être dans le même bâtiment sans risque d’une explosion. La couverture est bien remplie de…souhaits sur les régimes : « Zéro frustration », « Comment ne pas craquer ? » Mais je dois avouer qu’elle a un joli sourire et est évidemment en forme. Alors, bien que je soupçonne qu’il n’y avait jamais du sucre chez elle, j’ai dû faire une enquête.

Voici son compte Instagram. C’est quoi son idée d’une recette facile et rapide ? Des courgettes et blinis de quinoa, des courgettes à la roquette, des courgettes au saumon, des courgettes au chocolat (c’est un gâteau)…vous comprenez. J’ai moins triché que vous l’auriez pensé — je n’ai sauté que sur deux recettes de son Instagram pour ramasser ces liens, et les autres étaient tous les deux à l’aubergine. Par contre, la prochaine salade aux feuilles vertes ici sera la première.

Je veux être clair, car il faut reconnaître les compétences de l’ennemi dans la guerre. C’est une chef talentueuse, et elle prend de jolies photos, meilleures que les miennes.

Étant complotiste, naturellement je crois qu’elle est agent des vendeurs de courgettes. Non, mais sérieusement, c’est l’IG bas qui explique tout :

Parlons sérieusement pour un moment. J’ai des problèmes sincères avec ce qu’elle a écrit. Bien sûr, je viens d’un pays…connu pour avoir ses grosses personnes. Et son taux gonflé de diabétiques, dont moi. Mais je ne fais pas partie des grosses ! Elle ne mentionne pas le mot « exercice ». J’ai un tour de taille de 86 cm contre une taille de 175 cm, et je travaille dur sur un vélo stationnaire. Et il n’y a pas de salades ici car je les mange tout le temps. Toujours sans vinaigrette. (Je déteste les vinaigrettes depuis mon enfance ; c’est pas une grande réussite.)

On dit en anglais que tout le monde veut soit une « balle magique » soit une « balle en argent », une seule et unique chose qui résoudra tous les problèmes. Il n’y a aucune balle magique. Mon problème avec ce genre de livre, c’est que la vie en courgettes est ennuyeuse. Et tôt ou tard, on n’a plus envie de vivre de cette façon.

J’imagine qu’il y a certains d’entre vous qui croient que je dors sous une couverture de pâte feuilletée. Vous avez tort. C’est en fait de la pâte feuilletée levée. Non, mais sérieusement. La vision de la belle vie ici ne doit pas trop aux scientifiques et aux docteurs, mais qu’est-ce que je vous dis à presque chaque fois ? « J’ai coupé la recette par deux », ça vous parle ? On dit souvent « À consommer avec/sans modération ». La modération et la vie active, c’est le meilleur conseil que je peux vous offrir quant à la santé.

Mme Philippon, si vous tombez sur mon blog, j’ai vraiment pas une dent contre vous. Juste envie de savoir comment vous supportez toutes ces courgettes.

Le « tag » animal de compagnie

Vu chez Light & Smell, puis ce week-end chez La lectrice en robe jaune, j’ai donc mentionné à M. Descarottes que certains blogueurs parlaient de leurs animaux de compagnie. Il m’a répondu que ça faisait trop longtemps depuis la dernière fois où il a pris la parole ici. Alors, sans plus d’attente, je vous présente M. Descarottes pour parler de ses animaux de compagnie…ma fille et moi.

Quel est le nom de votre animal de compagnie ?

Le gros s’appelle Justin. Il répond aussi à « Hé, garçon ! ». La petite, je ne mentionne pas car sa mère ne donne pas de permission pour qu’elle apparaisse ici. (En fait, elle ne sait pas que ce site existe.)

Quelle est la race de votre animal de compagnie ?

Les deux sont des êtres humains. Moi, je suis un cobaye, souvent appelé un « cochon d’Inde ». Il aurait plus de sens de m’appeler un « cochon de Beverly Hills » car j’habite beaucoup plus proche de cette ville que de l’Inde.

Depuis combien de temps avez vous votre animal de compagnie ?

Je les ai depuis 3 ans et un mois.

Comment avez vous eu votre animal de compagnie ?

Je les ai trouvés dans un magasin d’enfer, appelé PetSmart, avec des panneaux en anglais partout. J’habite dans une cage rempli de mes propres excréments, et c’est moins dégoûtant que PetSmart et leurs espèces de panneaux bêtes.

Quel est l’âge de votre animal de compagnie ?

Le gros a 46 ans et sa fille n’a qu’une douzaine. Moi, j’avais quelques mois quand je leur ai donné le droit de s’occuper de moi.

Quelles sont les choses bizarres sur votre animal de compagnie ?

Le gros cuit les carottes au lieu de les manger crues. Il ne mange pas de foin non plus, bien que nos sacs de foin soient labellisés en français. Il s’assied devant un « ordinateur » toute la journée. Je trouve ces comportements bien cinglés. Moi, je suis civilisé, et je me cache dans ma maison quand tout le monde s’approche de moi.

Quelle est votre relation avec votre animal de compagnie ?

Les affaires pourraient aller mieux avec le gros. Il ne fait pas tout ce que je veux le plus vite possible. Avec la petite, tout va bien. Elle a le droit de me faire baigner dans l’évier. C’est pas tout le monde qui reçoit un tel honneur !

Quels sont vos meilleurs moments avec votre animal de compagnie ?

Tous les soirs à exactement 21h, je commence à couiner. Ça signale au gros de me donner à manger des carottes et de la laitue. Peu importe ce qu’il fait, il laisse tout tomber et court pour me donner à manger. C’est la meilleure partie de la journée et je ne m’ennuierai jamais de ce moment !

Quel surnom donnez-vous à votre animal de compagnie ?

J’en ai deux pour le gros. Vous avez certainement entendu la blague sur M. Grosçon, inventeur de la cédille. Ouaip. Je l’appelle aussi « garçon ». Vous le savez déjà : « Garçon, apportez-moi des carottes ! Hier, sale paresseux ! »

Comment vit votre animal de compagnie ?

C’est franchement dégoûtant. Il n’a même pas une cage. Il y a des fils partout autour de son bureau. On dirait un « nid de rats », mais veuillez ne pas faire des comparaisons entre lui et mes cousins. La petite est plus comme moi — elle et moi tous nous deux laissons des trucs partout par terre. Ça nous fait pas mal de plaisir car il soupire souvent, puis nous nous moquons de lui pendant qu’il range tout !

Comment faire une farce avec votre portable

Il y a des jours, je vous ai mentionné que j’avais installé le son de la SNCF en tant que sonnerie pour mes SMS. Pour moi, c’est juste un rappel d’où j’aimerais être. Mais pour vous, c’est une opportunité — allez dans les magasins, faites de nombreux SMS, puis profitez de la confusion autour de vous. Alors voilà, un petit tutoriel — comment faire des sonneries sur iOS. (Désolé, les fans d’Android.)

D’abord, il faut obtenir le bon son. Si vous avez envie de me copier exactement en utilisant le son de la SNCF, voilà une version sur YouTube avec un lien pour le télécharger :

Il faut le sauver dans l’appli Fichiers.

Une fois téléchargé, on va créer une sonnerie dans GarageBand. Commençons par ouvrir l’appli et sélectionner « créer un morceau » :

Et oui, ce sont mes propres captures d’écran. Je suis devenu plutôt expert en changer la langue du portable ! De toute façon, sélectionnez les « pistes » et « enregistreur audio ». Touchez le bouton qui dit « voix », bien que nous n’allions rien enregistrer :

Il faut d’abord désactiver le métronome, en bleu, dans le cercle rouge. Tapez-le, et il deviendra blanc, ce qui veut dire éteint :

Puis, cliquez le bouton « pistes », cerclé dans la photo suivante :

On va ajouter notre fichier maintenant. Cliquez le bouton « loop » cerclé ici :

Voilà, on peut maintenant choisir notre fichier :

Je cherche mes fichiers pour le bon, et voilà :

Sélectionnez le fichier et commencez à se moquer des gens qui seront bien perplexes !

Touchez le nom du fichier et il sera importé dans le projet :

Just en haut de la piste avec notre son, en haut à gauche dans la photo, il y a un triangle. Cliquez-le et il vous montrera un menu qui dit « Mon morceau », comme ça :

Maintenant, vous verrez votre projet dans le menu de GarageBand, prêt à utiliser :

Taper « Mon morceau » et un menu apparaîtra. Choisissez « Partager » :

Voici les choix qui apparaîtront :

On veut choisir « Sonnerie ». Vous pouvez donner n’importe quel nom au son :

Et voilà, c’est fini !

Allez vérifier que c’est là :

Voilà la preuve :

Oh, je profite tellement de penser à mon retour ! J’espère que l’on m’enverra un SMS dès que l’avion atterrira !

La carrière surprenante de Robert Clary

Peut-être que vous connaissez la série américaine « Hogan’s Heroes, » en VF « Papa Schultz ». Peut-être que vous saviez même le fait que le Caporal Lebeau était joué par un français de naissance, Robert Clary. Mais saviez-vous qu’il avait une carrière en tant que chanteur en France avant de déménager aux États-Unis ? Avec l’aide d’un article du site américain Tablet, et Wikipédia pour quelques détails, je vous raconte son histoire.

Robert Max Widerman est né à Paris en 1926, le plus jeune de 14 enfants des parents polonais. (Je sais, c’est toujours Paris avec ces américains-à-être, bande d’obsédés !) Ses parents avaient bien raison de fuir la Pologne sous la « Zone de résidence » créée par l’Empire russe. Malheureusement, ses parents sont déportés de Drancy à Auschwitz, et tués dans la chambre de gaz. Il est aussi déporté, à Buchenwald, mais les Allemands ont reconnu ses talents (surprenant vu qu’ils avaient l’habitude de tuer leurs prisonniers le même jour de leur arrivée). Il devait chanter pour les meurtriers SS tous les deux dimanches. Le reste du temps, il travaillait dans une usine de chaussures. N’essayez pas à imaginer une telle vie, devoir divertir les tueurs de votre famille. C’est l’enfer.

Le 11 avril 1945, Buchenwald a été libéré par les Alliés. Selon ses memoirs, une semaine plus tard, Clary et d’autres prisonniers ont joué dans un spectacle pour des soldats. Il a chanté plusieurs chansons connues chez les soldats, dont « Homeysuckle Rose » et « A Tisket, A Tasket« .

Quelques semaines plus tard, il est revenu à Paris pour une performance à L’Olympia, qui existe toujours. Cette performance n’a pas été bien accueilli — selon M. Clary, il pensait « Mais ils m’ont adoré à Buchenwald ! » — et il a fini par déménager en Côte d’Azur pour travailler dans les stations balnéaires.

En 1947, il a reçu sa chance ! Il y a eu une grève de musiciens aux États-Unis (le système a bien changé, et elle ne pourrait plus se reproduire). Il a été enregistré (toujours en France) par l’agent Harry Bluestone, et sa chanson « Put Your Shoes on, Lucy » (Mets tes chaussures, Lucy) a vendu 500 000 exemples. Le lien est à un enregistrement au Internet Archive. On peut y entendre un fort accent français dans sa voix. Ça va changer.

En 1952, il est apparu dans une pièce de théâtre, devenu un film, « New Faces of 1952 » (Nouveaux visages de 1952). Voilà une chanson qu’il a chanté avec Eartha Kitt — mais qui chante en anglais, et qui en français ? On peut entendre qu’il a bien pratiqué son accent anglais, et maintenant il sonne comme un new-yorkais. La transformation n’est pas toujours finie.

Quelques ans plus tard, il sort l’album « Meet Robert Clary » (Rencontrez Robert Clary), un mélange de chansons en anglais et en français. Maintenant, il est en pleine forme avec sa voix et peut faire tout et n’importe quoi. Voici « If I Only Had a Brain » (Si seulement j’avais un cerveau) du Magicien d’Oz :

Pendant les prochaines années, il est devenu amis avec un autre chanteur venu aux États-Unis, un certain Yves Montand. Peut-être que vous avez entendu parler de lui ? Mais Clary voulait trouver un chemin différent. Bien qu’il ait accepté de chanter en français avec Eartha Kitt, et sorti un album à moitié en français, il ne voulait pas être connu comme un stéréotype et il résistait donc jouer dans des rôles où il serait surnommé « Frenchy » ou chanterait en français. Mais le temps que les années 50s soient finies, il avait développé un acte où il chanterait un peu en français pour un effet humoristique. Voilà « La vie française », presque entièrement en anglais :

Après cette carrière musicale, il est devenu acteur à plein temps (ou presque). Pendant les six ans de Papa Schultz, un album appelé « Hogan’s Heroes Sing the Best of WWII » (Le casting de Papa Schultz chante le meilleur de la SGM) a sorti, et Clary a chanté plusieurs fois pour celui-ci, dont « The Last Time I Saw Paris » (La dernière fois où j’ai vu Paris) :

Mais après ça, il jouait pendant plusieurs années dans des feuilletons. Pendant les années 80s, il servait aussi en tant que témoin de la Shoah, puis il a pris sa retraite. En 2015, M. Clary a été interviewé par le magazine The Hollywood Reporter, à 89 ans d’âge, sur ce sujet. C’était — volontiers — sa dernière interview (il l’a refusée pour Tablet, en disant qu’il avait arrêté).

J’ai des fans !

J’allais vous écrire la recette des pralines de la Nouvelle-Orléans aujourd’hui. Ça devra attendre jusqu’à mercredi maintenant, car demain est consacré au Canard. Ce dernier week-end j’ai laissé un commentaire sur l’une de mes pages préférées de Facebook, Complots faciles pour briller en société. Ça a combiné deux de mes idées fixes, le foie gras (pour) et le mot états-unien (contre). Voilà le mème qui a tout lancé :

Source

D’abord, je ne me suis pas plaint de la blague sur le « gavage des enfants ». Cette photo n’est pas typique, mais c’est un fait que dans tous les 50 états, au moins 20 % des adultes sont obèses (dont 30 % des californiens, bande de gourmands), et environ 20 % des enfants partout dans le pays. (Liens en anglais.)

J’ai laissé un commentaire, et oui, je suis au courant de l’erreur. « Nous l’avons » ou « on l’a », pas les deux en même temps.

On aurait pensé que j’avais mis le feu à une usine de feux d’artifice. Il s’est avéré qu’il y avait trois genres d’idées fixes que j’ai mises en colère — les vegans, les « amoureux » des États-Unis ET un groupe complètement inattendu, les analphabètes. Vous êtes tous lettrés, alors je vais pas vous faire deviner.

Ils croyaient que j’ai blâmé « les états francophones » pour ce problème. Comme s’il y en a plusieurs ici, peu importe la Louisiane. Moi, je ne blâme pas habituellement les groupes pour des problèmes personnels, mais on est arrivés dans une vieille blague allemande des années 30s. (Je l’ai appris il y a 30 ans dans un livre d’histoire.)

Un vieux juif se promène dans la rue à Berlin quand il est agressé par un gang. Ils le cognent, il tombe, puis le leader lui demande : « Juif, qui est responsable de la guerre ? »

Le vieux répond : « Les juifs, et les cyclistes. »

Le leader est perplexe : « Mais pourquoi les cyclistes ? »

Et le vieux répond : « Pourquoi les juifs ? »

Vous imaginez que je plaisante. Hélas, non :

Aux États-Unis, la pire chose que l’on peut appeler quelqu’un est « raciste ». On risque de perdre tout si ça arrive. Alors, j’étais aussi malpoli que vous avez jamais vu de moi :

Double peine. Maintenant, ce monsieur est bien contrarié :

Mais pire, j’ai mis le feu partout. Il ne faut absolument pas être étranger et dire « apprenez à lire » aux autochtones. C’est pire qu’avoir dit « Le cheddar est mieux que le Comté » ou « J’adore le champagne californien ». Surtout après une faute de conjugaison, puis une d’orthographe ! Après cet échange, le déluge.

Il reste plus de 200 commentaires, après que plusieurs douzaines aient été supprimés. Mais encore une fois, impossible de dépasser la bienveillance des internautes — à ne pas confondre avec vous en général.

J’apprécie au moins que ce monsieur m’imaginait déjà là. De sa bouche aux oreilles du Bon Dieu, comme on dit :

J’apprécie sincèrement que l’une de ces deux a essayé de dire « faut pas lui traiter comme une piñata », mais peu importe — on a des sorcières à brûler !

Et il y avait ceux qui avaient des haches à moudre, comme on dirait en anglais (pensez à « compte à régler »). Voilà une canadienne qui a gentiment suivi un français qui s’était plaint du mot « américain ».

Voilà, c’est ça en bas — elle ne veut pas être prise pour une de nous. Croyez-moi, madame, j’ai pas envie d’être associé avec vous non plus. Pour être clair, je suis fier de mes connaissances canadiennes ; c’est juste celle-ci que je veux ignorer.

Ce n’est pas une plainte contre les Français en tant qu’un groupe. Il y a des gens pas faciles à vivre partout. C’est juste pas toujours des sucettes et des arcs-en-ciel.

Une traduction qui confonde

L’un de mes loisirs préférés, c’est troller ma fille en citant ses dessins animés préférés, mais en français. C’est trop facile avec Miraculous, où tous les prénoms sont trop évidents, mais je fais ce que je peux.

Peut-être que vous connaissez l’un des derniers bons efforts de Disney, Souvenirs de Gravity Falls. C’est une série très difficile à traduire parce qu’il y a plein de jeux de mots qui marchent seulement en anglais. On commence avec le nom — « Gravity Falls » est le nom d’un village, mais ça dit littéralement en anglais « La gravité tombe ». Ça ne marche pas du tout en français, mais vu le nombre de villages et de villes qui terminent par « Falls » en anglais (pensez aux cascades) — Niagara Falls, Seneca Falls, Sioux Falls — c’est une bonne blague en anglais.

Dans le dernier épisode de la série, Bill Cipher, dit Bill Crypto en français, chante quelques paroles d’une chanson qu’aucun enfant de nos jours connaîtrait C’est « We’ll Meet Again » par Vera Lynn, une chanteuse britannique de la SGM. Cette chanson a sorti en 1939. Wikipédia donne la traduction « Nous nous retrouverons ». De toute façon, voilà d’abord la version originale de la série :

Je traduirais ce qu’il chante comme ça, sans me soucier des rimes : « On se reverra, j’sais pas où, j’sais pas quand, mais je sais qu’on se reverra une journée ensoleillée ». Mais Disney a dû faire une version française qui marche avec la musique. Voici leur version :

Ici, Bill chante « On se reverra, dans un jour, dans un mois. Le soleil brillera, on se reverra. » D’accord, je préfère « on se reverra » pour le titre, mais cette traduction ne capture vraiment pas le sens de la chanson originale.

Vu que la chanson a une longue histoire, j’étais pas surpris de trouver un autre effort en français. Hugues Aufray a fait de meilleur travail que Disney :

Il chante : « On s’reverra, Dieu sait quand, Dieu sait où. Mais je sais qu’un jour viendra
On s’reverra ». Je trouve cette version encore plus fidèle aux paroles originales, mais ça ne rime pas de la façon qu’exige Disney.

Je n’ai pas de grande conclusion avec ce post. C’est juste un rappel qu’il y a certaines choses qui ne marchent que dans leurs langues originales. L’un de mes répliques préfères de La Cité de la Peur n’a absolument aucun sens en anglais :

Le commissaire demande « Je me trompe ? » Odile Deray lui répond : « Sur « qu’il y a ». C’est « qu’il y ait » ». J’adore ce moment, mais il n’y a aucun risque que je puisse expliquer ce moment à un anglophone, car le subjonctif n’a pas de sa propre conjugaison en anglais. C’est un peu la même chose avec Gravity Falls en français — je peux vous donner une bonne traduction, mais sans le jeu de mots, l’humour est malheureusement perdu.

Le chien qui n’a pas aboyé

Je veux m’adresser à un sujet lourd pour terminer mes réflexions autour de la moitié du Tour. Disons que s’il y a quelque chose vers laquelle je cours, il y a quelque chose d’autre que je fuis. J’espère que je éviterai la polémique en vous parlant de cette dernière.

Il y a une histoire de Sherlock Holmes, Silver Blaze (publiée en français sous le nom Flamme d’Argent), qui a donné lieu à l’un de nos dictons le plus populaires. La traduction d’eBooks Gratuits est assez bonne :

– Y a-t-il quelque autre point sur lequel vous désireriez attirer mon attention ?
– Sur l’incident curieux du chien pendant cette nuit-là.
– Le chien n’a rien fait cette nuit-là !
– C’est justement là ce qu’il y a de curieux.

eBooks Gratuits

Ce qui s’est passé, c’était que le chien était chien de garde mais n’a rien fait quand un cambrioleur était présent. Alors, on parle de « the dog that didn’t bark », le chien qui n’a pas aboyé, quand on s’attend à quelque chose mais il n’arrive pas.

Chien militaire américain, Photo par Josh Plueger, Domaine public

Alors, c’est quoi le chien qui n’a pas aboyé ici ? Vous le comprendrez assez vite. Voici une autre histoire, une nouvelle aux États-Unis il y a 4 ans. Une lycéenne a choisi d’apporter une robe chinoise, une qipao, au bal scolaire (on l’appelle « prom », de « promenade, » un mot anglais qui veut dire « promenade », rien à voir avec un bal. Attention aux faux amis !). Des centaines de milliers d’utilisateurs de Twitter l’a critiqué pour le péché de l’appropriation culturelle.

Et tout à coup, le chien a son nom. Je ne manque pas de gens qui ont des trucs gentils à me dire comme « J’espère que tu resteras aux États-Unis », « L’auteur est tombé en amour. Ça rend aveugle. », et le plus drôle, « Ce sont des desserts, pas de plats principaux. » Ce sont des réactions naturelles à ma personnalité bien charmante, je comprends. Mais personne ne m’a jamais dit — ni en France, ni aux États-Unis — que ce que je fais est de l’appropriation.

En quoi consiste les plaintes habituelles, au moins ici ? Vous comprenez très bien — je reçois parfois des commentaires très sympathiques — qu’il y a plein d’ingrédients indisponibles, que je dois souvent faire des substitutions. Ici, c’est un péché. Voici des liens à des articles qui disent qu’il faut écrire de longues rédactions pour expliquer le contexte culturel ou autrement indiquer que l’on a bien étudié si on veut faire un changement — ici, ici, et ici (tous en anglais).

Il y a aussi des scandales où des chefs ou des écrivains sont dénoncés pour avoir changé des ingrédients. Par exemple, le grand chef Stephanie Izard a été dénoncé pour avoir appelé un plat « bibimbap » (c’est coréen) qui avait la mauvaise quantité de riz dans sa photo par comparaison avec les recettes traditionnelles. Peu importe que le chef qui a lancé la plainte vendait un « bibimbap » dans son resto « coréen-polonais » fait avec des nouilles. Notre magazine Bon Appétit a dû ajouter une excuse à sa recette de « halo halo philippin » sert avec des ours gommeux au lieu de racine de taro.

Selon ces plaintes, je suis gros pécheur. Je devine des recettes qui ne sont pas publiées, comme les chichis frégis et les douceurs des Sucs. Je change des recettes comme le « king cake » de la Nouvelle-Orléans, pour les adapter aux goûts français.

Mais curieusement, la plus grande chaîne de restos philippins, Jolibee, vend des spaghettis aux hot-dogs, et je ne vois pas de rédaction pour expliquer que les italiens ne mangent jamais leurs pâtes de cette façon. Voici les vitrines d’une grande chaîne de pâtisserie taïwanaise, 85°C — il n’y a pas d’explication dans leur boutique ni sur leur site que presque tout est fait avec du soja au lieu de lait, mais c’est pas la bonne recette française :

Ces restos viennent de l’étranger, où leurs propriétaires font partie de la majorité. Mais pour être clair, je ne dis pas que ces restos étrangers doivent des excuses. Ils ont aussi adapté des recettes à leurs cultures. Je ne vous dis pas non plus tout ça pour suggérer que c’est toujours respectueux d’emprunter aux autres cultures. Ce que je dis, c’est qu’aux États-Unis, on commence avec la présomption de mauvaise foi, on lance des plaintes, et personne ne demande si la réaction est juste jusqu’à la fin.

Peut-être que je n’entends pas ces plaintes car je suis trop petit. Mais je ne crois pas que c’est la bonne explication, au moins quant à vous. Quand j’ai parlé de mes valeurs républicaines, j’ai dit que j’essaye de m’intégrer, et tant que c’est mon but, je crois qu’aucun Français ne me contredira. Ou presque. Je sais maintenant qu’il y a une telle idée qu’être « français de souche ». C’est le cas que ces gens-là ne s’inquiètent pas de moi, et je l’assume.

Quant à mes compatriotes, je ne sais pas. Les plus grandes plaintes sont souvent lancées par ceux qui ne font pas partie des communautés offensées. Quant aux expatriés et aux immigrants, j’en connais une qui croit que je suis bien fou, et elle ne veut plus jamais revenir en France, mais elle enseigne la langue aux anglophones. C’est pas mon affaire, juste à dire que je doute que ces plaintes viennent de la communauté francophone ici.

La deuxième moitié du Tour continuera d’exactement la même façon. Je serai toujours le premier à vous dire que le vin pétillant californien n’est pas de champagne. Mais si j’ai appris quelque chose pendant la première moitié, c’est que la France a les bras ouverts, et le RER fermé, également à tous ceux qui acceptent ses valeurs. Peu importe si j’utilise toujours le bon fromage. J’essaye quand même à trouver toujours les bons ingrédients et les bonnes recettes pas à cause de la peur qui me font mes compatriotes. C’est parce qu’ils sont à vous. C’est ça le Coup de Foudre.