Taxi, roulotte et corrida

J’espérais que ce soir, je vous présenterais mon dîner indrien. Mais hélas, j’ai eu des problèmes avec le dessert. Bientôt, j’espère.

Alors, ce soir, je suis revenu aux films de Louis de Funès avec un signé André Hunebelle : Taxi, roulotte et corrida. Je crois que c’est la première fois où il a mis de Funès en vedette — les deux travailleraient ensemble plus tard dans la trilogie Fantômas.

Dans ce film, de Funès joue dans le rôle d’un chauffeur de taxi, Maurice. Il conduit comme un fou, et il a modifié son taxi pour atteindre une plus grande vitesse.

Sa famille et lui sont au point de partir en vacances avec une roulotte qui sera remorqué par le taxi. Et sa belle-famille va les accompagner. Au moins sa sœur, son beau-frère et sa nièce. Heureusement pas la cauche-mère (ce que j’appelle mon ancienne). Ils ont des mésaventures juste en connectant la roulotte.

Leurs vacances seront en Espagne ; la famille doit donc passer par la douane. À la station des douaniers, la famille rencontre Myriam, une voleuse, qui cache un diamant volé dans la veste de Maurice. Le fils de Maurice, Jacques, essaye de la draguer. Em fait, la famille cache aussi quelque chose des douaniers — du tabac.

Le taxi tombe en panne sur un pont, et la famille fait du camping pour la nuit.

Matin, il s’avère qu’il y a des vaches et des taureaux partout ! Je sais que vous connaissez bien ce fromage, alors vous comprenez aussi cette blague nulle. On parlera plus tard des crimes contre le bon goût des Fromageries Bel aux États-Unis. Je ne plaisante pas — trop.

Maurice fait des corridas pour se débarrasser des vaches.

Pendant ce temps-là, Myriam parle au téléphone avec son chef, Fred, qui lui menace si elle ne retrouve pas le diamant. Elle fait semblant d’avoir tombé en panne sur la route, et elle échange sa valise (en secret) avec Maurice.

Myriam revient chez sa bande organisée, une boîte de nuit appelée « La Corrida ». Il s’avère qu’elle a pris la mauvaise valise !

Mais avant qu’elle ne puisse chercher Maurice et sa famille, ils arrivent à La Corrida, à la recherche de leur valise. Les gangsters n’arrivent pas à retrouver le diamant, et la famille part pour prendre un tour de Grenade.

Deux des gangsters se déguisent comme cyclistes et essayent de chercher dans les poches de la veste de Maurice. Mais personne ne sait que le diamant est tombé dans un pot de tabac.

Les gangsters invitent la famille à revenir dans La Corrida, où ils essayent de prendre la veste pendant une danse de flamenco. Il y a une bagarre et la famille sort (le diamant n’ayant jamais été au-dedans de la boîte de nuit).

Finalement, les gangsters kidnappent Jacques. Il y a une poursuite en voiture, mais les gangsters laissent Jacques sur la route quand la police commence à les poursuivre.

Le pot de tabac tombe et brisé quand la police attrapent Maurice et sa famille, et ils finissent par être détenus.

Mais quelques mois plus tard, Maurice est revenu à son boulot comme chauffeur — et il raconte cette histoire à ses passagers. Les passagers, qui sont-ils ? Fred et Myriam ! Dès qu’ils reconnaissent Maurice, ils s’échappent, et c’est la fin.

Les coups étonnants

Cette semaine, j’ai suivi un autre cours de musique avec l’Alliance Française. (Vraiment, j’ai pas envie d’imaginer ma vie sans eux.) Cette fois-ci, on n’a pas parlé d’un seul musicien, mais de trois coups étonnants, des musiciens qui n’avaient qu’un seul tube. (Et pourquoi est-ce que l’on dit « tube » pour une telle chanson ? Vous aimez autant Mario et Luigi ? )

On a commencé avec Desireless, un nom bien calculé pour me déranger. C’est un adjectif anglais, parce que l’on ajoute « -less » aux noms pour dire « sans <le nom> », mais il y a des fois où ça ne marche pas et on dirait plutôt « without <le nom> ». On peut le trouver dans des dictionnaires — ça existe tout court — mais je n’ai jamais connu personne qui l’utilise. Selon les dictionnaires, c’est de l’anglais britannique, pas l’américain. (C’est quand même mieux que l’album japonais intitulé « Vitaminless », du vrai n’importe quoi en anglais. « L’Engrish » est plus gênant que le franglais.) La chanson « Voyage, Voyage » est peut-être le truc le plus « années 80s » que j’ai écouté :

Elle me rappelle beaucoup la chanteuse Annie Lennox. Mais aussi le personnage de jeu vidéo Guile. Faut que je vous montre une photo :

Guile de Street Fighter II, ©️ Capcom, Tous droits réservés

En tout cas, je l’aime assez bien, et je suis surpris qu’elle n’ait pas d’autres réussites.

Notre prochain coup étonnant était Les Démons de Minuit, par Images :

La vidéo est plutôt bizarre, avec des vieux qui dansent en chantant. C’est pas évident des paroles pourquoi ça se passe.

Notre dernier coup étonnant était Besoin de rien, envie de toi, par Peter et Sloane :

Je ne comprendrai jamais l’habitude de prendre des noms anglais parmi certains acteurs et chanteurs européens. Sloane est vraiment nommée Chantal Richard, Eddy Mitchell est Claude Moine, Bud Spencer était Carlo Pedersoli, etc. Dans le cas de ceux qui voulaient réussir aux États-Unis, c’est logique — Ennio Morricone s’est fait appelé « Dan Savio », Sergio Leone était « Bob Robertson », etc. Mais s’il y avait encore des magasins de disques et j’ai vu une vitrine, serait-il plus probable que j’achèterais un disque de « Sloane » ou de « Chantal Richard » ? Voilà mes « ajouts récents » (ça fait quelques mois) :

C’est vraiment pas une question. (« Mais Justin », vous dites, « vous êtes un hurluberlu ». Et alors ?)

En tout cas, voulez-vous voir quelque chose de drôle ? Regardez ce qui est disponible sur iTunes aux États-Unis. Faites attention aux numéros 3, 4, et 6 :

Qui se ressemble, s’assemble. Sérieusement.

Petite mise à jour

Je viens de recevoir un courriel de PayPal à propos de mon billet volé. La voleuse a gagné :

Ça dit :

%#*+€ … chez les grecs !

Grosses bises,

PayPal

Dans un français moins honnête :

Mise à jour du cas

L’institution financière de votre acheteuse nous a informé que le cas suivant a été décidé en faveur de l’acheteuse

C’est la récompense d’être gentil — elle avait déjà reçu un très bon marché. J’aurai bientôt plus de mauvaises nouvelles à propos de ce concert maudit, mais c’est assez en ce moment.

Le deuxième plus cher biscuit de ma vie

Je viens de recevoir un biscuit par courrier cette semaine. Il m’a coûté 35 €. Dans le même colis, il y avait aussi une carte postale de Lyon, une emporte-pièce, et le nouveau livre de Cook&Record. OK, je plaisante de même façon que la dernière fois où j’ai reçu un tel biscuit. Mais peut-être que vous souvenez du post où elle a annulé ma commande. C’est une amie lyonnaise qui m’a dit de ne pas m’inquiéter, qu’elle me l’enverrait. Voilà :

Mais où sont le biscuit et l’emporte-pièce, vous demandez ? Voici les contenus de la jolie petite boîte :

Et au-dedans du livre, ce dont je rêve depuis un an :

Oh là là !

Moi, je ne suis pas si difficile à faire plaisir, hein ? Mais comment est-ce en tant que livre de recettes ? Voilà un exemple des premières pages :

Toutes les recettes ont des codes QR pour regarder des vidéos. Franchement, je ne suis pas sûr qu’elles soient toutes sorties avant le livre. Je ne reconnais pas beaucoup de recettes. C’est bien — je suis content d’avoir des nouveautés — mais par conséquent, je ne veux pas partager trop de trucs pour lesquels on devrait acheter le livre. Mais je suis heureux de partager des photos !

Peut-être que vous souvenez de la fois où j’ai fait son gâteau au chocolat et aux framboises. Mon clafoutis n’était pas le sien, mais sa photo a l’air super ! Et je crois qu’on verra les palets bretons dans l’avenir.

Il y a aussi d’autres codes QR pour des ustensiles. J’ai trouvé la note avec celui-ci plutôt drôle ; je me demande à quelle Amérique fait-elle référence ?

On ne trouverait presque jamais une telle caissette pour les muffins ici. Ce sont plus comme celle-ci, dans ma cuisine :

Le genre de caissette auquel elle pense, on le trouverait plus ou moins seulement dans les boulangeries de façon européenne ici. Si elle a voyagé aux États-Unis, j’ai l’impression qu’elle n’a vraiment pas goûté la cuisine industrielle locale. De toute façon…

J’ai déjà montré ce livre à ma fille. Elle est heureuse parce qu’il y a plein de brownies, de cookies, et même de « brookies » (1/2 brownie, 1/2 cookie). C’est donc un livre pour toute la famille, et j’ai hâte de le tester !

Le passe ou la cuisse

Plus que l’on s’approche aux élections, moins que je comprends Le Canard. Mais il y a toujours des dessins intéressants cette semaine.

On commence avec quelqu’un qui n’aurait jamais eu le droit de travailler chez Duchemin. Il ne me semble pas que c’est basé d’une vraie histoire, c’est juste un commentaire sur les passes.

En parlant des passes, Le Canatd a des questions sur quoi exactement sera disponible pour les ukrainiens. Saviez-vous qu’en 2014, l’armée allemande a dû utiliser des manches à balai parce qu’ils manquaient de mitrailleuses ? (Le lien dit « à vérifier », mais voilà un article en anglais avec des citations officielles qui disaient la même chose.)

Moi, je dirais que tous les parents connaissent ce genre de maladie. Quelle coïncidence que ça arrivera juste après le Saint-Valentin. Je suis sûr que ça n’a rien à voir avec le fait d’éviter les foules :

J’ai dû chercher le sens de celui-ci. C’est plutôt marrant qu’il existe une telle chose comme « l’affaire des costumes offerts » ou « Penelopegate ». (Trouvez votre propre nom pour les scandales. Gate, c’est à nous !) Il y avait en fait un coup de fil entre ces deux.

Le gros titre m’a rendu bien confus. Je connais Olaf Scholz (pas personnellement, pour être clair), mais « peu de Scholz » est évidemment un calembour.

Comme toujours, si vous avez aimé ces dessins, abonnez-vous !

Le resto de M. M. Pokora

(Pardonnez-moi le titre, mais je ne savais vraiment pas quoi faire pour rester respectueux. Et peut-être que je l’ai aussi trouvé drôle.)

Aujourd’hui, j’étais à Los Angeles pour une IRM. Ne vous inquiétez pas trop, je n’ai pas de nouvelles blessures, c’est pour un nouveau spécialiste de la douleur. Mais pourquoi y aller ? Il n’y a aucune machine plus près de chez moi ? Oui, mais j’avais deux raisons : 1) le rendez-vous le plus tôt y était disponible, et 2) je pense toujours à vous faire plaisir, j’ai donc suivre cette nouvelle du Consulat français. Vendredi dernier, Monsieur M. Pokora était à Los Angeles pour ouvrir son nouveau resto… italien. Et c’était à seulement 2 km du cabinet médical. Quelle chance !

Le resto, Pasta Corner, est dans le « Farmers’ Market » (marché des fermiers). C’est le genre d’endroit que je suis certain serait appelé « Les Halles » si c’était en France. Ça fait une décennie depuis la dernière fois où je l’ai visité, et j’y ai trouvé beaucoup de surprises merveilleuses. On va donc faire un tour, et à la fin, je donnerai ma critique du resto.

Voici l’entrée du marché :

À gauche, il y avait la meilleure surprise de l’année. Peut-être que je devrais changer d’avis sur LA… nan ! Jamais ! (Il était une fois, j’y ai été volé sous la menace d’un couteau.) Mais Monsieur Marcel a vraiment mon attention, et j’y reviendrai pour la série « Je critique ». Ils ont une charcuterie :

Et un petit bistrot :

Et une jolie pâtisserie :

Et une épicerie PLEINE de produits français, où certains d’entre eux je ne peux même pas trouver chez myPanier ! Voilà surtout la collection de couteaux Opinel :

Si vous n’imaginez pas que j’avais des larmes aux yeux en regardant tout ça, vous devez être nouveau ici.

M. Pokora n’est pas la seule star qui a un resto au marché. Connaissez-vous Danny Trejo ? Pas moi, parce qu’il ne joue jamais dans des films français — j’ai dû demander à un ami français quels films il a tournés ! En tout cas, voilà sa taqueria, comme on dit en espagnol.

Le marché existe depuis 1934, et certaines des boutiques ont presque le même âge. Voilà Bob’s Coffee & Doughnuts (depuis 1947), et Du-Par’s (depuis 1938). Bob’s n’est pas mal, mais je vais vous dire la vérité sur Du-Par’s. C’est le resto le plus nul dont j’ai jamais visité. Ils sont célèbres pour leurs tartes, qu’on trouve dans le dictionnaire à côté du mot « OK », mais le reste est complètement nul. Vous étiez prévenus.

Il y a une crêperie, mais je ne l’ai jamais visitée :

Il y a aussi une nouvelle boulangerie, Michelina, qui a un menu très français malgré le nom italien. Remarquez, s’il vous plaît, la jolie galette des rois :

À ce point, j’ai encore plus le mal de pays, c’est donc le temps de manger de la cuisine italienne. On arrive enfin à Pasta Corner. C’est un joli petit resto, avec plein de choix :

Selon la carte, c’est le « rigatoni all amatriciana » qui est la pâte préféré de Matt. C’est la seule preuve qu’il est le propriétaire (en dehors des photos du consulat). J’ai demandé au caissier, qui m’a dit qu’il ne voulait pas que ce soit un « resto célébrité ». Au fait, le consulat a mentionné une pâte flambée dans une grande roue de fromage Parmesan. Voilà la roue :

Mais, je ne voulais pas goûter une pâte qui coûte 27 $ à un resto à emporter. J’ai donc commandé la bolognaise pour 20 $.

C’était très agréable — délicieux et une bonne quantité. Je fais maintenant assez de confiance à eux que je goûterais le plus cher plat, mais la prochaine fois où je suis là sera carrément pour visiter Monsieur Marcel. Si vous pouvez lire ce blog (et c’est évidemment le cas) et vous n’avez pas envie de tous ces trésors français, Pasta Corner est un bon choix si vous êtes dans le coin.

La qualité : Bonne

Bon marché : Moyen

Recommandation : J’y reviendrai

OSS 117 n’a pas mérité ça

Ce soir, j’ai regardé le deuxième film d’OSS 117, Rio ne répond plus. Michel Hazanavicius est un réalisateur très talentueux, et ce film est encore mieux d’une point de vue technique, mais à mon avis, OSS 117 n’a pas mérité son traitement dans ce film. Je dois être un peu plus sérieux que d’habitude.

Je veux mentionner que j’ai eu quelque chose de spécial pour manger en regardant ce soir. C’est l’un des derniers souvenirs de mon voyage. La prochaine fois, je n’apporterai qu’une tenue afin de revenir avec plus de biscuits et de bonbons. J’ai mes priorités, et pas de lumière à tous les étages.

On commence à Gstaad, où notre héros divertit son public — toutes des chinoises, apparemment — dans un chalet de ski quand des hommes de main d’un certain Monsieur Lee attaquent. OSS 117 gagne la fusillade — et c’est bien ridicule — puis il séduit la princesse chinoise qui est là. Il dit une connerie :

OSS 117 : Méfiez de Monsieur Lee et des chinois en général d’ailleurs.

Princesse : Les sales rouges.

OSS 117 : Les sales jaunes.

Puis OSS 117 entend qu’il ira au Brésil pour acheter un microfilm d’un ancien Nazi, Von Zimmel, avec une liste de collaborateurs français. C’est immédiatement évident que son chef, Armand apparaîtra dans la liste à cause du dialogue, et j’ai écrit ça dans mes notes en ce moment-là :

OSS 117 : Le Général de Gaulle, a-t-il pas dit que toute la France a fait la résistance ?

Armand : Oui, il l’a dit.

Quand OSS 117 arrive au Brésil, on voit tout de suite pourquoi j’ai dit que film a une meilleure technique. Il adopte le style des films d’espionnage des années soixante. C’est un exemple de comment le réalisateur a bien étudié ses sources. On verra qu’il utilisera cette technique pour montrer le point de vue d’OSS 117 lui-même.

OSS 117 prend une décision stupide et il a failli être tué par un chinois qui veut se venger pour Gstaad.

Il est sauvé par un agent de la CIA, Bill, un anglophone. À moins que les paroles de Bill ne soient traduites en français, vous n’avez aucune idée à quel point il dit des obscénités. Moi, j’ai trouvé ce moment un peu trop.

OSS 117 essaye de livrer l’argent pour le microfilm, mais c’est une ambuscade.

Deux allemands, qui le sauvent des lutteurs masqués, l’appellent « double-un-sept » et il les corrige « cent-dix-sept ».

Ils lui présentent Dolorès, un agent secret du Mossad. On peut voir comment OSS 117 la regarde.

OSS 117 ne veut pas travailler avec elle :

OSS 117 : Chercher un Nazi avec des juifs ? Quelle lourde idée !

Allemands : Pourquoi ?

OSS 117 : Le Nazi les reconnaîtra par le nez…les oreilles, les doigts, les yeux.

Ouais, il dit des trucs racistes. Dans un hôtel, il y a une autre ambuscade, par des Nazis et des chinois, et il raconte assez des trucs insultants, jusqu’à ce que les quatre se tuent.

Après, OSS 117 et Dolorès cherchent Heinrich, le fils de leur cible. OSS 117 dit que Dolorès ne connaît pas les dictatures, en parlant du Brésil. Elle lui demande « Et comment vous appelez un pays qui a comme président un militaire avec les pleins pouvoirs, une police secrète, une seule chaîne de télévision et dont toute l’information est contrôlée par l’État ? » Il répond : « J’appelle ça la France, mademoiselle. Et pas n’importe laquelle. La France du Général de Gaulle. » C’est une critique amère, et on devrait croire que ça arriverait de la bouche d’un tel homme, qui ne croit même pas que les collabos existaient ?

Pendant qu’ils sont coincés dans une jungle, Hubert « s’excuse » à Dolorès pour ne pas avoir d’affaires sérieuses, puis il se plainte qu’elle n’aime pas les hommes, parce que sa religion interdit les saucisses. Elle lui demande de quoi il parle, et il répond que l’alcool est aussi interdit et les femmes sont voilées. Elle lui dit de ne pas confondre les juifs et les musulmans. Il se plainte que les juifs ont l’attitude « Je suis juif alors j’ai raison sur tout. » Elle répond que ses « analyses sur les juifs, sur les noirs, sur les femmes ; j’aimerais bien que vous les gardez pour vous à l’avenir » Franchement, il me semblait que ce moment n’était qu’une opportunité pour critiquer l’ancienne génération.

OSS 117 et Dolorès assistent à une fête des Nazis. Ils sont capturés, mais ils s’échappent après une autre fusillade aussi ridicule comme celle à Gstaad.

Il s’avère que Bill les a trahis aussi, pour donner l’asile à Von Zimmel. Ça rappelle les scientifiques comme Werner Von Braun après la Seconde Guerre mondiale.

Bill: J’ai l’impression que nous sommes amis seulement quand vous nous demandez de vous libérer.

OSS 117: Qu’est-ce que tu insinues ?

Bill: Oui, pardon. Vous vous êtes libérés tous seuls, ze French.

Je n’aimais pas non plus ce moment. Je ne nie pas que cette attitude existe chez les américains. Et ce film a sorti après la deuxième Guerre du Golfe. Je ne doute pas qu’il y avait des sentiments comme ça vers nous en France à l’époque. Mais il faut demander si ça aurait été le cas en 1967, l’époque du film. En fait, en 1966, le Général de Gaulle a écrit au président Johnson que la France propose de « cesser sa participation aux commandements « intégrés » et de ne plus mettre de forces à la disposition de l’OTAN ». C’est-à-dire que les sentiments des deux côtés auraient été compliqués à l’époque, et pas une question de « phobies ».

À cause d’être une comédie, le film finit par rendre OSS 117 un héros encore une fois — il arrête enfin le Nazi, la femme tombe amoureuse de lui, et il est même nommé à la Légion d’Honneur.

Il s’avère que son chef faisait partie de la liste de collabos, comme j’avais deviné (pas surprenant), et il dit une chose de plus qui est vraiment une critique : « Il faut que la France oublie » pour avancer (j’ai eu du mal à comprendre la fin de la phrase, mais l’intention était bien claire). On reviendra à cette connerie. J’ai des photos de mon voyage pour partager — et elles contredisent cette attitude.

À mon avis, le plus gros problème de ce film, c’est qu’il s’arrête souvent pour sermonner le public. Et en plus, qu’il ne respecte pas le caractère des personnages. Si Hubert est un si grand dinosaure, pourquoi est-ce qu’il appelle la France une dictature lui-même ? Pourquoi est-ce que les femmes tombent-elles amoureuses de lui ? Elles semblent être fortes et sûres d’elles, alors pas besoin de tolérer ses conneries. C’est donc bien réalisé, mais il veut trop souvent faire la polémique, de peur que le public rate son message.

Les deux Postes

Une amie en France m’a récemment aidé à acheter quelque chose dont le fournisseur ne me l’enverrait pas. C’est pas encore arrivé mais je sais déjà assez pour écrire ce post, et j’ai pas envie de mentionner cette histoire quand le truc arrive enfin. Version courte : soyez fiers de La Poste, les amis.

Début décembre, j’ai envoyé un colis à quelqu’un en France. Notre poste l’a reçu le 2 décembre, mais vers la fin de I l’après-midi. On dira donc le 3 décembre. Voilà l’histoire :

J’ai payé cher pour le service appelé « Prioritaire », qui m’a promis « 6-10 jours », pour deux fois l’argent du service ordinaire. On peut voir que le colis a été retardé de 27 jours aux États/-Unis avant d’arriver en France. Je pardonne le délai après — c’était la fête du Nouvel An. Mais c’est inacceptable.

Voilà ce que La Poste a fait vers l’autre direction :

Je n’ai pas honte — c’est pas moi qui « travaille » (le mauvais mot) chez l’USPS. Mais je suis en même temps tellement gêné et jaloux. 4 jours pour traverser l’Atlantique, pas 27.

Quand j’ai vu Jour de Fête, je vous ai dit que la partie intitulée « La Poste en Amérique » était une grosse blague. C’est pas juste qu’ils ne font pas les efforts super-héroïques décrits dans le film. C’est qu’il ne faut pas utiliser le mot « effort » quand on parle d’eux.

Comme je vous ai dit, soyez fiers.

La bible de la pâtisserie

Fin novembre, un nouveau livre a été publié aux États-Unis, mais je viens de le recevoir cet après-midi. C’est « French Pastries and Desserts by Lenôtre, » et c’est la deuxième édition (en traduction) du livre « Faites votre pâtisserie comme Lenôtre » (le lien est aussi la nouvelle version). Ce livre pèse une tonne et je ne regrette pas de ne pas l’avoir importé.

Ce livre n’est pas comme mes livres de Pierre Hermé ou François Payard. Au-dedans, on ne trouve que des classiques, mais au plus haut niveau ! Les instructions sont très détaillées, et les photos sont toutes belles. On n’en attendrait pas moins de la Maison Lenôtre. Regardez :

Celui-ci est le gâteau Opéra, pour lequel M. Lenôtre est justement célèbre. J’en ferai un cette année, mais les décorations au-dessus ne seront pas aussi belles.

Sa tarte normande glace royale. Si c’est pas clair, normande veut dire « aux pommes ». Croiriez-vous que le livre dit que cette tarte a un niveau débutant ?

Celui-ci s’appelle « Singapour ananas et mangue ». Niveau moyen. J’ai des questions sur le dictionnaire chez Lenôtre.

Voilà sa bûche de Noël. Je crois que je suis en fait prêt à faire celle-ci, malgré son niveau avancé. C’est plus ou moins le gâteau Opéra en forme de bûche.

Gâteau basque. Je vais gâcher une surprise — j’ai déjà choisi ce gâteau pour le Tour des Départements il y a des mois. Je suis loin de faire ça pour chacun, mais je reçois parfois de bonnes suggestions.

Ce livre sera bien utile chez moi, parce que notre but est de partager la tradition, et beaucoup de classiques sont aussi des recettes régionales. On y trouve le far breton, le kouglof alsacien, la galette des rois, le gâteau forêt noire, etc. Pour ceux qui aiment la France éternelle, c’est indispensable.

MAIS ! Je dois râler sur quelque chose, non ? Ma plat plainte principale, c’est l’excès d’optimisme par rapport au temps de préparation. 15 minutes pour la tarte normande ? (Ça ne comprend pas le temps pour la pâte.) Il y a même de bonnes blagues à propos du sujet dans le livre. Par exemple, le temps pour la pâte feuilletée ? 5h30. Le temps pour la pâte feuilletée « rapide » ? 3h20. HAHAHA, rapide ! (Rodolphe Landemaine veut 12 heures pour sa pâte feuilletée « inversée », mais peu importe. Il n’appelle pas la sienne « rapide ».)

Je vous rappelle que Karen Krasne, la pâtissière par excellence de Californie, a étudié avec Gaston Lenôtre lui-même. Je sais donc depuis longtemps que j’ai besoin d’un livre de Lenôtre. Et honnêtement, si mes plaintes ne sont que du second degré, c’est presque aussi parfait que mon ex. (La seule chose parfaite dans l’univers. Demandez-lui.)

Le numéro emmerdeur

J’aurais dû deviner que Le Canard ne serait pas du tout fini avec « l’affaire emmerdeur » de la semaine dernière. Cette semaine, ils mettent la célèbre phrase dans la bouche de plusieurs personnes, dont Macron et Taubira. Il y a enfin un petit article sur la mort des frères Bogdanoff, deux messieurs dont je me serais attendu à les trouver au Canard, mais aucun dessin. De toute façon…

On commence avec un calembour sur la présidence d’Europe et une réunion à Strasbourg :

Moi, je fais partie des anti-choucroute avec enthousiasme mais je ne connais que le produit industriel américain, comme celui-ci. Peut-être que j’aimerais mieux une version alsacienne, mais j’avoue c’est quelque chose qui me fait peur quand je pense au Bas-Rhin.

Peut-être que vous avez entendu parler de la polémique sur les baguettes chez Leclerc. Aux États-Unis, la qualité du pain chez Walmart ou dans nos grandes chaînes de supermarchés est aussi mauvaise qu’il n’y a pas de question de concurrence. Mais il n’y a pas trop de bonnes boulangeries non plus.

Moi, je tuerais pour La Croissanterie en ce moment, peu importe s’il y en a plein de meilleures.

Il y a un dessin à propos d’Anne Hidalgo et Christiane Taubira que je trouve absolument passionnant. Au XIXe siècle, aux États-Unis, les candidats essayaient de convaincre tout le monde qu’ils sont venus de zéro. La manière la plus célèbre pour ça était de dire que l’on est né dans une cabane en rondins (« log cabin »). En 1840, le slogan « log cabin and hard cider » (cabane en rondins et cidre) a été une grande réussite pour William Henry Harrison, deux symboles de la vie des pauvres à la frontière (qu’il n’avait pas du tout partagé, mais peu importe). Mme Taubira a dit quelque chose de similaire dans son autobiographie.

Finalement, il y a une nouvelle étonnante scientifique à propos de la greffe d’un cœur de porc dans un être humain. Franchement, cette histoire me rappelle un peu Terminator renaissance. (Ne le regarde pas juste pour comprendre la référence.)

Il y a une bonne blague des canards en haut de la première page. Ils parlent de Roberta Metsola, nouvelle présidente du Parlement européen, et le deuxième dit « Ça va faire Malte ». (Elle vient de Malte.) J’ai dû la rechercher pour comprendre, mais comme on dit, il faut casser le noyau pour avoir l’amande.

Comme toujours, si vous avez aimé ces dessins, abonnez-vous !