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A propos Justin Busch

Les aventures d'un américain qui est tombé complètement amoureux de la France

Épisode 48 — des histoires d’A

J’entends parler qu’il y avait un événement sportif aux États-Unis hier. Moi, je n’en sais rien. Je cuisinais, et ma fille travaillait aussi sur un projet pour ce blog. C’est dingue, tout ce qu’elle veut faire pour m’aider. Vous allez voir sa première contribution, déjà finie, ici en 4 jours.

Je dois avouer une grosse erreur ici et je vous remercie tous pour ne pas m’avoir grillé comme je le méritais. J’ai publié mon dîner ornais sous le titre « Mon dîner oisien » car je suis bête. Je ne m’en suis pas rendu compte jusqu’après l’avoir fait. D’habitude, je laisse rester les erreurs, mais celle-ci devait être corrigée, et je l’ai fait.

Merci aussi de m’avoir supporté pendant cette dernière semaine. C’est bien évident que la Saint-Valentin me donne le cafard, mais je ne recourrai jamais à cette solution du Gorafi.

Notre blague de la semaine traite de cuisiner quand on est seul à la maison. S’il y avait un thème ici cette semaine, j’avoue que celle-ci en fait partie, mais elle vient d’un livre que j’ai chez moi. Nos aricles sont :

Il y a aussi Mon dîner ornais, avec la recette du camembert en croûte, et Les crêpes à la normande, mon dessert ornais.

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L’histoire d’un bol

Aujourd’hui, je vais vous raconter l’histoire de ma possession la plus précieuse. Ma montre française ? Ma veste d’un couturier français célèbre ? (Les deux sont tout ce qui me reste d’une autre vie, achetées il y a une belle décennie.) Non, je vais vous raconter l’histoire d’un bol en verre, acheté au supermarché pour peut-être 10 $ le 13 février 1996.

Je sais déjà : « Justin, êtes-vous dingue ? Personne ne se souvient d’un si petit détail après tant de temps ! » Mais je vous promets, le temps que vous finissiez cet article, vous serez d’accord que c’est facile à retenir. Au fait, je vous ai donné un petit bout de cette histoire l’année dernière.

D’abord, le bol. À moins que ce soit votre toute première visite chez moi, vous l’avez déjà vu, peut-être une centaine de fois. C’est le saladier vu dans presque toutes mes recettes :

Alors, revenons dans le temps, jusqu’en septembre 1995. C’était le début de ma deuxième année à la fac, et comme d’habitude le mercredi, je suis allé déjeuner chez l’aumônerie. C’était un événement hebdomadaire pour tous les croyants des trois fois servies à l’époque (les juifs, les catholiques, et les protestants ; maintenant il y a aussi les musulmans et les bouddhistes). Cette première semaine, j’ai rencontré quelqu’un de spécial.

Elle s’appelait Dana. Nous ne sommes pas rencontrés l’année précédente parce qu’elle avait passé l’année au Japon. Elle était élève en linguistique, et en plus de son anglais natif, elle parlait japonais, espagnol, et français (ce dernier à cause de 3 ans vécu à Montréal).

Cette biographie, ça vous rappelle déjà quelqu’un ?

Pour moi, c’était l’amour au premier regard. Pour elle…je ne sais pas ce qu’elle pensais, mais elle m’a donné son numéro après le déjeuner, sans que je lui ai demandé, quelque chose qui ne m’est jamais arrivé sur une première rencontre, avant ou après.

À l’époque, j’étais étudiant ingénieur, mais je n’en profitais pas du tout. Pour sa part, Dana avait presque terminé un diplôme en physique, mais elle a décidé qu’elle ne voulait pas la faire comme métier, alors elle a changé en linguistique. J’étais fasciné par son courage.

Nous sommes vite devenus presque inséparables. Nous parlions au téléphone tous les jours, nous mangions ensemble plusieurs fois par semaine… une nuit choquante, elle m’a demandé mon poète préféré, j’ai répondu Coleridge, et elle l’a suivi en récitant son Kubla Khan de mémoire. Je n’ai jamais rencontré une autre personne qui pouvait faire une telle chose. Beaucoup de monde nous croyaient en couple, mais nous ne l’avions jamais discuté. Après les vacances d’hiver, j’ai décidé que j’ai dû savoir. Mais que faire ?

Étant aussi bête à l’époque que maintenant, j’ai demandé à une connaissance mutuelle, qui m’a prévenu que je me trompais, mais ne m’a pas clairement dit d’arrêter. Alors, le 13 février, sachant que nous allions déjeuner ensemble le 14, car mercredi, je suis allé au supermarché. J’ai acheté une carte de vœux, les ingrédients pour faire des brownies selon la recette de ma mère, et un saladier en verre pour les préparer.

Le lendemain, avec l’aide de l’un des ecclésiastiques, j’ai caché mon cadeau de Saint-Valentin jusqu’à la fin du repas. Quand c’était la fin, je lui ai dit d’attendre un moment, puis j’ai sorti le cadeau.

Je n’ai jamais vu un tel regard d’horreur dans les yeux de qui que ce soit, même dans les films. Elle l’a pris, puis a tourné le dos et est partie en courant. Quelques jours plus tard, elle a absolument refusé de me parler. J’ai passé tout ce week-end-là dans une pièce inutilisée dans mon dortoir pour me cacher du monde. Pendant les 3 mois suivants, j’ai perdu 14 kg sans faire du sport. Après, je me suis transféré dans une autre école (dans la même ville), devenu linguiste, et appris aussi le japonais.

Tous les 4 ou 5 ans, je la recherche sur Google juste pour savoir si tout va bien. Comme on aurait pu s’y attendre, elle étant génie, elle est devenue avocate à l’une des meilleures universités au monde, puis a passé une décennie travaillant dans des rôles pour aider les pauvres. La dernière fois, elle avait déménagé dans un petit pays en Asie pour travailler pour les droits des femmes. J’ai aucune intention de la déranger.

Je me demande parfois si le bol est maudit. Il n’a jamais apporté le bonheur à personne. Peut-être que c’est mon Anneau unique. Pourtant, je continue d’espérer qu’un jour, il fera plaisir à quelqu’un. Même le jour de la Saint-Valentin.

Les malentendus

Ma chère petite il y a des choses qui ne se font pas, telles que de boire du Dom Pérignon 55 à une température au-dessus de trois degrés. C’est aussi malsain que d’écouter les Beatles sans boules Quiès.

Sean Connery dans la peau de James Bond, Goldfinger

Il y a des mois, j’ai entendu une chanson bizarre en écoutant Les Grosses Têtes. J’aurais juré — juré — que le refrain disait « Ô carottes », alors j’ai tout à coup soupçonné un complot entre Messrs Ruquier et Descarottes. Honnêtement, ce serait le sens de l’humour des deux. Mais j’ai réussi à trouver la bonne chanson, et je me suis gravement trompé. Voilà :

Les paroles en question sont en fait « OK Carole », d’un groupe des années 70 dit Bijou. Avec les bonnes paroles devant moi, je peux l’entendre, mais c’est tellement difficile. On va discuter un peu sur la linguistique, mais je vous promets, il n’y aura pas d’examen.

En linguistique, je regrette de vous dire que le jargon est souvent seulement en anglais. Ce phénomène est donc connu chez les linguistes sous le nom « mondegreen » (lien en anglais), après une écrivaine américaine, Sylvia Wright, qui a écrit de son propre malentendu du poème « The Bonnie Earl O’Moray« , dont elle a entendu « laid him on the green » comme « Lady Mondegreen ».

Alors, comment est-il arrivé que je me suis trompé de cette façon ? Pas de boules Quiès. Le groupe chante « OK » comme si c’est un mot d’une syllabe, alors que la seule fois où je me souviens d’avoir entendu « OK » en français, c’était dans la bouche de Jacquouille :

Quant à « carottes », il y a presque aucune différence entre les prononciations de ça et « Carole » dans ma tête, et je ne pense jamais au dernier.

Il y a une littérature riche sur ce sujet parmi les linguistes qui étudient le français, quelque chose que je n’avais pas découvert jusqu’au moment de rechercher ce post. Un bon livre pour commencer est « Le malentendu dans tous ses états », disponible gratuit au lien, le recueil d’une colloque à l’Université de Lausanne. La toute première rédaction, « La compréhension comme cas particulier de malentendu », par Anne-Claude Berthoud, donne un bon sens des manières par lesquelles on peut mal entendre une chanson. Et le niveau phonologique n’est pas le seul !

Par exemple, la musicienne et chercheuse Céline Pruvost a écrit une publication de presque 20 pages intitulée « Les chansons mal entendues d’Orelsan : quand l’image devient indispensable à la compréhension ». Franchement, après avoir écouté « Saint-Valentin » je suis surpris que l’article n’est pas un livre de 200 pages.

Mais son étude comprend plutôt le sens . Sa thèse est consacrée à l’idée que sa musique est en fait une parodie du rap américain, et que ce n’est pas clair sauf en regardant ses vidéos. Les associations qui l’ont poursuivi avaient donc malentendu la signification de ses chansons. (C’est sa thèse, pas la mienne.)

Pour ma part, une parodie de ce genre de truc est ce qui a fait « Weird Al » Yankovic avec la musique du vite oublié Chamillionaire ou le coup étonnant de Coolio. À chacun ses goûts. Moi, je préfère ce malentendu, le premier que j’ai compris en français il y a 2 1/2 ans :

L’impôt célibataire

Je vous ai menacé de me plaindre de certains genres de comportement insultant auxquels les célibataires doivent subir aux États-Unis. Mais en faisant mes recherches, j’ai découvert que l’un d’entre eux est illégal en France. Vous avez réussi de le bannir d’une façon qui me surprend — « choque » n’est pas trop fort — mais je suis franchement si bouleversé que je ne sais même plus si je me soucie toujours de mes propres principes.

Avant de continuer, j’offre mes excuses à mon héros, M. Frédéric Bastiat, qui aurait dénoncé sans hésitation presque tout ce que je vais écrire. S’il était encore vivant, il n’approuverait pas de l’actualité française à cet égard. Mais il y a d’autres choses dans la vie que maximiser le nombre de transactions.

Parlons d’abord de quelque chose qui a un peu changé ici depuis Covid, parfois pour le meilleur, parfois pour le pire. Si vous êtes célibataire, vous n’êtes pas le bienvenue à beaucoup de nos restos. Revenons en janvier 2020, juste avant la fin du monde d’antan. Cette photo comprend 2 captures d’écran de notre plus grand système pour réserver des tables aux restos, OpenTable. À gauche, j’ai essayé de réserver une table seul à un bon resto à Los Angeles. À droite, j’ai répété l’exercice –même lieu, même temps a — pour deux personnes :

Désolé pour l’anglais, mais vous pouvez voir même si vous ne le comprenez pas qu’il y a deux choix en haut de « Cancel » (Annuler) à droite, mais seulement un à gauche. « Outdoor » veut dire « en terrasse ». « Standard » en ce cas veut dire « dans la salle de manger ». Vous l’avez bien compris — ce resto prendrait mon argent, mais sans me laisser entrer. De nos jours, ils ont annulé cette politique, parce qu’il y a beaucoup moins de clients. Mais il y a d’autres qui refusent tout court le service aux célibataires, jusqu’à maintenant :

Ces deux sont pour le lendemain de la Saint-Valentin cette année. À gauche, ça dit « Plus on est de fous, plus on rit : BOA exige 2+ personnes pour réserver une table ». À droite, même temps, même resto. Ils ne manquent pas de tables ; ils préfèrent juste les laisser vides qu’accepter des clients célibataires.

Mais ce sont des restos chers. Il y a quelque chose d’encore plus énervant aux restos plus décontractés, comme la restauration rapide. Je l’appelle « l’impôt célibataire » — si vous n’êtes pas en couple, vous devez toujours payer le plein tarif. La forme a récemment commencé à changer, mais l’effet reste le même :

3 des 4 — hormis celle en bas à droite — sont genre « 1 acheté, 1 offert » — mais seulement pour une réduction de 50 % pour la deuxième chose, pour une réduction nette de 25 %. La dernière offre, c’est une réduction de 5 $, mais après un minimum de 25 $, dans un resto où le prix moyen est 12-13 $. En tous ces cas, il n’y a aucune réduction offerte aux clients célibataires. J’ajouterai que c’était pas le cas avant environ 2006, quand les promotions ont toutes changé de « réduction de 50 % » à « 1 acheté, 1 offert ».

C’est ici où le regretté M. Bastiat — et vous n’avez aucune idée à quel point je l’estime — aurait bien aimé me frapper. Je viens d’apprendre que « 1 acheté, 1 offert » est illégal en France depuis 2018. C’est la loi Egalim, et je dois commencer par avouer qu’il est fort probable que je rate quelque chose. J’en suis certain, vraiment. Si j’ai bien compris les articles comme celui-ci où M. le Ministre Le Maire a dit qu’il veut revenir vers un seuil de 50 %, ça applique aux marchés, pas directement aux restos.

J’ai rien trouvé qui mentionne les restos, mais plein d’exemples des « émeutes du Nutella ». Mais d’autre part, j’ai recherché de nombreux sites de codes promos (voilà, voilà, et voilà — mais peut-être qu’ils achètent tous les mêmes données). Je ne suis pas arrivé à trouver des codes pour la restauration rapide de 50 % ou plus, mais souvent des trucs comme « réduction de 15 € sans minimum». J’ai trouvé un code pour 1 acheté, 1 offert chez Deliveroo, mais à ce point, on est loin des producteurs alimentaires.

Tout en moi veut dire que l’état ne devrait pas s’en mêler. Tant que les impôts sont payés, nous laissons les vendeurs règlent leurs affaires, dont leurs prix. Mais je vous ai montré qu’aux États-Unis, nous avons bien créé deux classes de citoyens selon la quantité de personnes qui s’asseyent à la table. Je ne doute pas que je rate plein de choses — pourquoi je m’intéresse autant aux publicités ! — et j’espère que vous me mettrez à jour. Mais bien qu’il me semble que ce n’est pas la raison exacte, je suis bien convaincu qu’en France, il y a au moins un désir que le pouvoir d’achat soit égal. Après une belle décennie de payer plus à cause d’être seul, je vous écoute.

Les crêpes à la normande

Pour finir notre séjour dans l’Orne, j’ai encore une fois choisi un dessert aux pommes. Keldelice mentionne les crêpes à la normande comme une spécialité ornaise, et c’était franchement assez pour moi. Voilà !

Je dois la recette à Cuisine AZ. Comme souvent, je l’ai coupée par deux, mais vu que j’étais seul à la maison quand je l’ai fait, je n’ai utilisé qu’une pomme. Ça a suffi. Dans ma poêle de 20 cm, ces quantités donnent 8 crêpes.

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Portrait de Molière par Nicolas Mignard

Les expressions Saint-Valentin

D’abord, je dois vous dire que je suis toujours grincheux en février. Alors si Langue de Molière vous semble moins « feel-good »* que d’hab, c’est parce que l’autre choix est que je me taise pendant tout le mois.

*([Je vous ai enfin ! Un anglicisme ! Sale impérialiste linguistique ! — M. Descarottes Mais je ne connais pas le bon mot ! — Moi])

Il n’y a aucun jour que je déteste plus que la Saint-Valentin. Ce n’est pas assez qu’il faut fêter les couples, avec des décorations partout pour rappeler les célibataires leur statut inférieur (attendez, je vous parlerai plus tard d’un sacré insulte que cette culture fait contre ses célibataires). Non, ici, il faut commencer avec tout ça l’avant-hier de Noël. Ne me croyez pas sur parole, voici une photo que j’ai partagé sur Facebook. J’étais chez Walmart pour chercher des ingrédients pour ma bûche de Noël (pénurie de maïzena et de crème liquide !) :

J’ai pensé à écrire cette colonne pour la semaine prochaine, mais à moins qu’il y ait un désastre (comme l’année dernière), j’aurai une recette pour vous ce jour-là. Alors continuons avec des expressions pour la Saint-Valentin.

L’une des plus vieilles dans mon fichier est « tenir la chandelle ». En anglais, on dirait « third wheel » (« troisième roue ») pour exprimer cette idée, de quelqu’un qui est seul en compagnie d’un couple. En version anglaise, il y a une signification de plus, que la personne seule est un peu trop proche au couple. Les Dédexpressions me donne l’impression que c’est aussi le cas pour ceux qui tiennent la chandelle. Son explication m’a coupé le souffle :

Du temps où les lampes de chevet n’existaient pas, les valets et les soubrettes devaient tenir le chandelier à leurs maîtres durant leurs ébats, en leur tournant le dos.

Tenir la chandelle, Les Dédexpressions

NOPENOPENOPE, je ne ferais jamais ça pour personne. Mais quand je pense aux activités de mon colocataire pendant ma première année à la fac… beurk.

Il y a une expression en anglais très proche de la signification littérale de « tenir la chandelle », mais qui veut dire tout autre chose. « Carry a torch » (tenir la torche) veut dire de l’amour sans retour. Mon dictionnaire Oxford donne « avoir un faible pour quelqu’un » pour cette expression. Selon une source (lien en anglais), ça vient d’une coutume romaine, où quelqu’un portait une torche allumé dans le four de la maison familiale d’une nouvelle mariée jusqu’au seuil de sa nouvelle maison, pour qu’elle allume le four là-bas. Mais il n’y a rien pour dire que la personne qui portait la torche avait un intérêt romantique.

Il y a une autre expression, très controversée chez moi, de « poser un cobaye » à quelqu’un. ([C’est lapin, et vous le savez bien ! — M. Descarottes]) Ça veut dire prendre un rendez-vous avec quelqu’un, puis ne pas y assister. En anglais, on dirait « stand up someone » (faire rester debout). Je n’ai pas d’exemples personnels liés à cette expression, je voulais juste taquiner le lapin. ([Cobaye !])

Puis il y a une expression que j’ai trouvé sur un panneau à côté d’une fontaine d’eau à l’aéroport à Paris, « vivre d’amour et d’eau fraîche ».

Si vous lisez le lien en haut, sur le panneau, vous verrez que j’étais pas trop heureux d’être rappelé de l’amour en arrivant et en quittant le pays. Je pense souvent à cette fontaine, et souhaite toujours que je lui aïe dit « Fontaine, je ne boirai pas de ton eau ! » Il aurait été amusant de découvrir ce qui passerait après.

Mais quant à l’expression elle-même, Les Dédexpressions dit « On a tendance à utiliser cette expression pour qualifier les personnes qui perdent l’appétit au début d’une relation amoureuse. ». Je dois avouer, je n’ai absolument aucune idée de quoi elle parle. J’ai certainement perdu l’appétit à la fin — j’ai perdu 14 kg en 3 mois en 1996 de cette façon — mais au début ? Pas compris, sincèrement.

Mais ne vous inquiétez pas. Pour ceux comme moi qui ont hâte de voir la fin de Saint-Valentin, mon supermarché est déjà prêt :

Ouaip. Ils ont déjà commencé à vendre des trucs pour Pâques.

Langue de Molière vous reverra la semaine prochaine pour parler du Système D — quand on ne trouve pas les bons mots en français, il faut les inventer.

Mon dîner ornais

Il n’y a vraiment pas deux choses auxquelles il faut penser en créant un dîner ornais. Il faut absolument inclure du camembert ! Et il n’y a rien au monde que j’aime plus que les plats en croûte ([Euh, bonjour ? — Ma fille. Allez vous faire comme Coluche dans L’Aile ou la cuisse ! — Moi]). Alors bien que je ne l’aie pas choisi à l’avance comme dans le Calvados ou le Nord, il fallait être le Camembert en croûte. Voilà !

Mais je dois vous offrir mes excuses pour le coût stratosphérique de ce dîner. Non, c’est pas le fromage coûteux importé ; après tout, mon fromage de 9 $ (environ 8,4 € aujourd’hui) ne vous coûterait que 3 €. C’est pas la pâte feuilletée, qui me coûte une heure et demi de ma vie — ça, c’est 2 € de plus chez Carrefour. Non, c’est le légume de luxe en arrière-plan, la laitue — de prix haussé 2x chez moi, et jusqu’à 5x ailleurs aux États-Unis par rapport à octobre ! (C’était anciennement pareil que chez vous.) C’est le dîner Arnault ici !

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Épisode 47 — du tri et ses résultats

Oh là là, mais cet épisode est biographique ! J’ai écrit sur certaines erreurs de genre, puis je viens de lire cet article d’Alexandre Pratt dans La Presse, un journal numérique de Montréal :

« Le hockey, c’est plus gros qu’on pense en France », a expliqué le hockeyeur d’origine française Antoine Roussel, à la balado Sortie de zone.

Sept suggestions pour le Canadien en Europe, Alexandre Pratt

Voyez-vous le problème ? C’est la balado, parce que c’est abrégé de « baladodiffusion ». OH, NOM D’UN COBAYE ! Et moi, con, je dis « si vous aimez ce balado » pendant l’introduction de chaque épisode. Vous n’avez aucune idée à quel point je suis gêné. Je sais, c’est pas la fin du monde, mon ex a le bon avocat pour ça. Mais ça doit être exactement le genre de chose qu’entendent les gens qui refusent de me parler en français. (À ne pas confondre avec les gens qui refusent de me parler en dehors d’un groupe de Français. Ou, vu que la Saint-Valentin s’approche, les gens qui refusent de me parler tout court. J’ai des compétences à cet égard, et je ne l’aime pas.)

Mais au-delà de tout ça, mon projet de faire le tri et créer de l’espace dans ma cuisine et ma chambre, c’est largement une réussite. Pas toujours fini, mais deux articles ont déjà été produits en résultat. Non, je ne m’attends pas à plus comme ça. Mais si je veux acheter plus de films de la FNAC, j’ai absolument besoin d’un nouveau meuble.

Notre blague de la semaine vient d’une conversation que j’ai lu sur Quora, et est liée à notre discussion de genre grammatical. Il y a trois versions, et je vous les racontent toutes.

Nos articles sont :

Il y a aussi C’est le 1er, version février 2023, devenu trop long pour lire à haute voix, et Une Chandeleur marocaine, avec la recette des msemen.

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Le livre de Piret’s

Ce week-end, je travaille dur pour me débarrasser des trucs inutiles. Ça ne fait pas partie de cette histoire. Mais pendant mes fouilles façon L’Appel d’Am-Heh dans mes cabinets, en plus de quelques artefacts diaboliques, dont la vidéo de mon mariage, j’ai enfin trouvé quelque chose que je veux vous partager depuis longtemps. Voici le livre de recettes de Piret’s, resto à San Diego fermé depuis environ 1991 :

Cette copie n’était pas originalement à moi. Je l’ai trouvé dans une librairie d’occasion il y a des années. Comme mon livre « À table avec Louis de Funès », il y une dédicace au-dedans. Trois dédicaces, en fait, dont une signée par les auteurs, George et Piret Munger.

Il me semble fort probable qu’en fait, l’un des deux l’a signé (en rouge), car toute la dédicace se ressemble — je doute qu’il ait été écrite par deux mains.

Alors, pourquoi partager ce livre ? Vous avez sûrement reconnu que le nom n’est pas français, mais les couleurs le sont assez. En fait, Piret, la femme du couple, était immigrante estonienne. Son mari, George, descendait d’immigrants anglais du XVIIe siècle. Mais ensemble, les deux ont ouvert une école de cuisine, « The Perfect Pan, » puis une chaîne de bistrots, tous appelés « Piret’s. » C’est chez eux où j’ai appris certaines de mes affections pour la cuisine française, ainsi que chez The French Goutmet et chez The Belgian Lion. Presque personne n’était ici quand j’ai raconté l’histoire des trois chefs qui m’ont rendu ce que je suis (les nombreuses erreurs ne sont pas à eux !). Le jeune moi ne le savait pas, mais Pascal Olhats, ma plus grande influence en tant qu’adulte, travaillait chez Piret’s. Il n’est pas mentionné du tout dans le livre, malgré le fait qu’il est sorti après son temps là-bas, alors bien que nous avions des connaissances mutuelles, je ne lui demanderais jamais des question sur le sujet.

Il faut que vous explique que la carte chez Piret’s était toujours « à la française », pas simplement française. D’abord, c’est parce que leur école avait de nombreux profs qui enseignaient des cuisines diverses. Mais c’était aussi un choix de s’adapter aux goûts californiens. Vous allez voir comment ils ont réussi ce but.

La toute première recette du livre est « spaghetti and meatballs » (des spaghettis aux boulettes de viande), une version fortement américaine. C’est un hommage aux origines de George Munger dans le Wisconsin, avec du piment en poudre et des biscuits dits « Saltines » :

Voici leur recette d’escargots. Il y a du beurre persillé, mais le tout est emballé dans de la pâte filo. Ils expliquent que c’était pour un client en particulier, un certain Tawfiq Khoury. Il était un promoteur immobilier très riche à San Diego à l’époque.

Un peu plus tard, on trouve leur recette de soupe à l’oignon. C’est à base de deux bouillons — moitié poulet, moitié bœuf. Je trouve ça inhabituel, mais ils disent que c’est selon la façon lyonnaise. J’ai mes doutes — beaucoup de recettes dites « lyonnaise » (voilà, voilà, voilà et voilà) utilisent soit juste de l’eau soit du bouillon de poule. En revanche, Jacques Pépin, Légionnaire d’Honneur, enseignait souvent chez les Munger, et il travaillait à Lyon au début de sa carrière. Je suis prêt à croire que c’est ça l’origine « lyonnaise ». N’oubliez pas, pour épater les clients américains, il suffit de mentionner un nom français. Vous sous-estimez votre prestige ici.

Malgré le fait que j’ai des souvenirs forts de mille-feuilles chez Piret’s, il y a très peu de desserts rigoureusement français dans ce livre. Voici leur sélection de tartes : au kiwi, aux pommes, rustique aux pommes, à la crème de citron, et à la ricotta et aux amandes. Il serait plus correct de dire que toutes sont élaborées avec des techniques françaises, mais qu’elles ne ressemblent pas trop aux tartes de Gaston Lenôtre.

Il y a au moins un Paris-Brest traditionnel :

Pour moi, Piret’s a disparu avant sa fin en 1991 ; leur adresse habituelle pour ma famille est fermée en 1988, si je me souviens bien. Mais dans une ville la plus connue (quant à la nourriture) pour être la maison de Jack-in-the-Box, une chaîne nationale de burgers qui aimerait être aussi bonne que McDo, Piret’s était une oasis de la culture et des standards élevés. Pour ça, je reste reconnaissant.

Les publicités

Je suis en train de faire le tri ce week-end et me débarrasser de beaucoup de trucs dont je n’ai plus besoin. Et si je suis brutalement honnête avec moi-même, il n’y a aucune excuse pour le fait que ce truc en bas a survécu jusqu’à ce moment. C’est une brochure de publicités que j’ai reçu dans un de mes colis de la FNAC. Je crois que c’était un accident, qu’ils me l’ont envoyée par hasard, parce que toutes ces promotions ne sont valides que dans l’Hexagone. Je n’en ai jamais reçue une autre. Mais à l’époque — je crois début 2021 — je n’ai toujours pas visité la France, et c’était une sorte de preuve que tout ça était réel. Ou au moins que l’on avait passé du temps en créant d’autres sites web pour me tromper, façon The Truman Show.

Alors, qu’est-ce que l’on va trouver au-dedans ? Des trucs absolument banals. Mais si vous ne me croyiez pas, que tout est plus intéressant en français… euh, ça ne va pas changer votre avis. Cependant, je vous promets qu’il y aura des choses à apprendre. Allons-y quand même !

Ce sont juste des draps et des serviettes. Mais j’ai quand même visité leur site, et j’étais choqué. Beaucoup de ces choses sont beaucoup moins chères qu’aux États-Unis. Bien sûr, je n’ai aucune idée du niveau de qualité. Mais même aux grands magasins ici, où les draps coûtent 2-3 fois ce que je vois ici, tout est fabriqué en Turquie, en Égypte, ou ailleurs. Jamais en France comme tous ces choix.

J’ai dû rire un peu avec celle-ci, car le vin me semble un peu stéréotypé. Mais oh là là, visiter leur site, c’est à pleurer — beaucoup de choses que je souhaite que je puisse trouver chez Total Wine. Ils ont quelques vins des Amériques, mais au-delà d’Opus One, je ne les connais pas.

Celle-ci m’a surpris. Un service pour faire garder ses enfants à la maison ? Ça n’existe pas aux États-Unis. On embauche les voisins (souvent leurs ados), ou d’autres familles que l’on connaît à l’école. J’ai trouvé exactement une entreprise dans tout mon pays en la cherchant, et c’est seulement disponible dans nos plus grandes villes. On penserait que c’est juste de la vie quotidienne, mais on s’organise de façon complètement différente.

Au fait, la prochaine fois où j’embauche une telle personne, n’importe comment, sera la première. Les grands-parents m’aident parfois, mais il faut d’abord en avoir besoin, et c’est ça le problème. Merci, les américaines.

Oh, comme celle-ci m’a fait rêver. Il n’y a rien comme Picard nulle part aux États-Unis. J’ai pas dit qu’il n’y a rien de surgelé. Mais un magasin complètement dédié à de tels produits, non. C’était ma curiosité qui m’a fait virer par le gérant la seule et unique fois où j’y ai visité. La prochaine fois, j’achèterai quelque chose.

Ce site me semble plus cher que le premier. Ils ont de bons vins des États-Unis, surtout le Stag’s Leap de Californie, mais vous payerez évidemment aussi cher pour l’avoir importé. Dans un pays où le Château Figeac existe, c’est pas logique. (Je sais, c’est trop cher pour boire tous les jours, mais les prix sont trop proches chez vous !) Ils ont plein de choix moins chers.

Ce truc n’a rien à voir avec moi.

Beaucoup des photos de Flunch Traiteur ont l’air bonnes, mais il faut y vivre pour avoir besoin d’un traiteur. J’ai horriblement du mal avec ce mot. « Traitor » en anglais est « traître », mais les 3 se ressemblent tous.

C’est quoi l’obsession des belges avec les journalistes ? Spirou, Tintin… c’est au moins deux fois le nombre de journalistes qui sont les héros que chez moi ! (L’envers est juste un formulaire pour le commander.)

Pour une fois, quelque chose qui ne donne pas envie. Je ne connais pas l’Olio Carli, mais même Oliviers et Co (qui existe également chez moi) vend principalement des huiles italiennes ou espagnoles. Nous avons un grand stock d’huile d’olive italienne chez moi, et en produisons beaucoup en plus.

Bof. C’est apparemment un magasin qui vend d’autres marques, dont certaines de chez moi. J’aimerai toujours Le Temps des Cerises, la marque que je porte avec fierté. (À chaque fois où j’assiste aux événements de l’OCA ou l’Alliance française, c’est avec leur jeans.)

J’aimerais tellement que la FNAC m’envoie plus de brochures comme celle-ci, mais deux ans plus tard, il y a évidemment très peu de risque que ça arrivera. Ça reste quand même la première chose que je cherche dans chaque colis !