Archives de l’auteur : Justin Busch

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A propos Justin Busch

Les aventures d'un américain qui est tombé complètement amoureux de la France

Les bons œufs de Twitter

Il y a une expression qui ne convient pas aux colonnes Langur de Molière, en partie parce que c’est en anglais, en partie parce qu’elle n’est pas assez pour une colonne. Quand on trouve quelqu’un sympa, on l’appelle « a good egg, » un bon œuf. Pour cette expression, l’inestimable Ciel ! Blake !, Sky ! Mortimer ! propose « un chic type » :

Je sais pas. Quand on dit « chic » en anglais, ça veut dire quelqu’un toujours à la mode (mais pas couvert avec de la glace, ce qui veut dire « à la mode » en anglais). Mon dictionnaire Oxford donne « gentil » comme le troisième sens de chic, alors, je suppose, mais ça fait mal aux oreilles après 46 ans du sens anglais.

Mais cette colonne est intitulée « les bons œufs de Twitter ». C’est aussi drôle — pour moi, je devrai le gâcher en l’expliquant — car je vais parler de deux comptes de Twitter, et jusqu’en 2017, la photo de profil par défaut était un œuf :

Source : Merriam-Webster

Alors, qui sont les bons œufs de Twitter ? Je vous rappellerai qu’en 2021, j’ai écrit sur l’histoire de Steve Olson, l’un de mes compatriotes, devenu le sujet de nombreuses polémiques en ligne après avoir écrit — sur Twitter — de son grand amour pour La Pataterie. Ce qui m’a attiré à son histoire, c’est que j’ai failli faire la même chose quant à La Croissanterie. J’ai contacté Steve pour partager ce que j’avais écrit, et certains de ses nouveaux fans — c’est pas ironique, il a maintenant une belle dizaine de milliers d’abonnés sur Twitter ! — ont commencé à me suivre. Deux d’entre eux sont devenus parmi mes connaissances préférées en ligne, et avant que cette année ne se termine, je veux vous les présenter.

Je ne connais ni « ytrezaa » ni « Homer » par leurs vrais noms — c’est pas important, tout le monde devrait faire ce qui lui convient — mais les deux m’ont aidé plus de fois que je peux compter. Par exemple, plus tôt cette année, j’ai eu une question sur le genre :

Ytrezaa m’a présenté à Aurore Ponsonnet, experte en grammaire, qui m’a répondu et est devenue l’un de mes comptes préférés sur Twitter elle-même :

Peut-être que vous avez remarqué que je mets un lien vers cette vidéo de Mme Ponsonnet à presque chaque fois où j’écris « bouillir ». Si je suis honnête, c’est plus à cause de la trouver drôle qu’à cause d’être perplexe. Peu importe. Ce qui compte, c’est que je n’aurais jamais trouvé la bonne personne tout seul, ytrezaa n’a rien à gagner de moi, mais elle m’aide quand même.

C’est la même avec Homer. Une fois, je voulais rechercher plus sur les maisons à pans de bois, surtout une en particulière à Strasbourg. Il m’a vite aidé :

C’est une chose qui répète encore et encore, malgré le fait que je ne peux vraiment rien lui rendre. Et en fait, je le vois faire la même chose pour beaucoup de monde — il retweete d’autres personnes tous les jours, juste pour faire connaître leur travail. J’admire ça, et j’essaye un peu de suivre son exemple.

Je me suis fait une promesse* que j’écrirais cette colonne, et moi voilà. Si vous êtes sur Twitter, ils sont deux des meilleurs comptes que vous pouvez suivre. Je serais ravi de découvrir après cette colonne que nous avons plus de connaissances mutuelles.

*Au fait, je ne peux jamais écrire cette phrase sans penser à une certaine amie qui mérite également — encore plus ! — une colonne comme celle-ci, qui m’a expliqué pourquoi « je m’ai fait une promesse » a tort. Une fois que ça arrive, la personne est liée à l’expression pour toujours chez moi. Mais en ce cas, bien qu’elle apparaisse parfois dans les commentaires ici, elle n’écrit pas pour le public et je garde jalousement les vies privées de mes amis, autant que pour ma fille. ([Et moi ? Vous venez de publier une photo de moi à poil juste après m’être baigné ! — M. Descarottes])

La flamusse aux pommes

On penserait qu’avec un tel titre, on serait en Normandie (❤️), mais en fait, c’est notre dessert nivernais, 100 % bourguignon. Excusez-moi un moment…(allez-vous-en, M. le moniteur de glycémie, il n’y a que 50 grammes de sucre dans cette recette, alors taisez-vous !). Comme je vous disais, c’est une recette très bonne pour la santé — lisez la fin, je plaisante pas pour une fois — même si pas autant pour nos amis chez Béghin Say ou C&H (mon sucre habituel). Voilà, notre flamusse aux pommes :

Je dois cette recette au site 750g. Il y en a plein sur Internet, mais elles ont toutes quelques choses en commun : environ 50 grammes de sucre et de farine, beaucoup d’œufs, et une belle quantité de lait. La plupart demandent de faire cuire les pommes avant de verser l’appareil ; voici une version qui ne le fait pas.

Mes seuls changements sont moins de pommes et plus de temps de cuisson (j’ai oublié de le saupoudrer avec du sucre vanillé à la fin, mais c’est pas un changement exprès). La recette originale demande 4 pommes, mais 2 pommes Gala étaient assez pour complètement remplir ma poêle (avant la cuisson). On sait jamais la taille, alors je vous recommande de tester votre poêle contre les pommes jusqu’à ce que ce soit assez.

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Portrait de Molière par Nicolas Mignard

En cuisine

Je vous ai promis que cette fois on reviendrait dans la cuisine, et voilà, on y est.

On commence avec une expression que j’ai appris quand Maman Lyonnaise a écrit sur Téléchat. Il y a une mini-série dans l’émission, Léguman, qui arrive pour tout sauver quand on demande « Les carottes, sont-elles cuites ? »

Comme la fin des haricots, ça veut dire qu’on est arrivé à la fin de tout, et tant pis. ([Moi, je trouve cette expression extrêmement offensive ! — M. Descarottes]) Chez les anglophones on dit plutôt « son oie est cuite » (« one’s goose is cooked. »)

Quand j’ai fait des macarons pour le marché de Noël il y a quelques semaines, j’espérais qu’ils se vendraient comme des petits pains. Ce n’est pas à dire que je croyais qu’il y avait de meilleurs pains que mes macarons ; c’est plutôt une expression qui veut dire qu’ils se vendent facilement. Selon notre lien, cette expression vient de la Sainte-Bible et le miracle des pains et des poissons.

Si vous voyiez mes habitudes aux restos, vous sauriez que je bois plus de thé glacé que n’importe qui. En fait, à mon resto préféré, presque toute l’équipe sait m’apporter deux verres de thé glacé dès que j’entre (je suis là toutes les semaines). « Presque » parce qu’il y a quelqu’un de nouveau qui va l’entendre des autres serveurs. Ils savent que je bois comme une poisson, alors s’ils veulent de la paix, apportez-m’en deux. (Je ne suis pas ingrat ; je laisse de très bons pourboires.) Mais notre thé glacé n’a pas de sucre — c’est juste plein de glaçons. C’est donc littéralement le cas que le thé glacé français n’est pas ma tasse de thé. Comme vous verrez au lien des Dédexpressions, on dit exactement la même chose en anglais (« not my cup of tea »).

Au fait, je n’ai bu que du Vittel en France les deux fois. Si vous avez des suggestions pour n’importe quelle boisson fraîche pas trop sucrée, je suis preneur. Aussi désespéré.

Une expression qui me rend toujours bien perplexe, bien que je l’entendes de nombreuses fois de mes amis, c’est « avoir la dalle ». Selon les Dédexpressions, au XIVe siècle, d’où vient celle-ci, « dalle » ne voulait pas dire une grosse chose en pierre, mais plutôt quelque chose comme « évier ». Si on imagine que verser quelque chose sur l’évier ressemble un peu au gavage, l’origine devient plus claire. Mais Facebook m’a donné une traduction complètement sans sens la première fois où je l’ai vue, et c’est ce à quoi je pense à chaque fois. Aux États-Unis, on dit qu’on a assez de faim pour manger un cheval (« hungry enough to eat a horse ».)

En parlant de manger des chevaux, j’ai eu des questions quand j’ai trouvé cette Martine l’année dernière. Une amie a dû m’expliquer que c’était un scandale en 2013. Je ne juge pas — du XIXe siècle jusqu’à la fin de la Seconde Guerre mondiale, il y avait de la viande de cheval (lien en anglais) aux États-Unis.

Nous sommes malheureusement au bout du rouleau. (Je connais une québécoise nommée Rouleau ; je manque les nerfs pour lui demander ce qu’elle en pense.) J’ai bien épuisé mon stock d’expressions autour de thèmes. Mais c’est loin d’être la fin de cette colonne. Langue de Molière vous reverra la semaine prochaine avec de faux amis.

Mon dîner nivernais

Ça fait longtemps depuis la dernière fois où il y a eu une bouteille de vin sur ma table. D’une part, je déteste boire seul. D’autre part, on a passé par de nombreux départements où leurs vins ne sont pas disponibles chez moi. Avec la Nièvre, j’ai trouvé une recette sur leur site de tourisme qui m’a donné envie, et je dois vous dire, ce Pouilly-Fumé, c’est super. Alors, voilà, le saumon braisé au Pouilly-Fumé.

On va apprendre une nouvelle technique cette fois. Il y a un risque que j’ai mal compris, car franchement, elle m’a fait peur. Ma seule vraie erreur avec cette recette, c’est que j’étais terrifié de mettre le feu à mon appartement ([Je m’en fichait, car je suis en vacances chez ses parents, qui me donnent plus de légumes — M. Descarottes]), alors j’ai arrêté une partie de la cuisson trop vite. Mais je crois que cette recette est quand même bonne, et tout sera expliqué. Il est bien possible que je me sois gravement trompé d’une instruction. Vous allez me dire.

Je dois la recette à Nièvre Tourisme, qui la doit à leur tour au chef Dominique Fonseca du Coq Hardi à Pouilly-sur-Loire. Bien que je ne recommande jamais des restos où j’ai jamais visité, ses prix me semblent très raisonnables, surtout pour un Meilleur Ouvrier de France.

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Épisode 39, des codex et des baguettes

Où est donc passée cette année ? On est déjà à moitié fini avec décembre ? Nom d’un cobaye ([JE VOUS ENTENDS ! — M. Descarottes]), mais j’ai toujours trop à faire. Demain (j’espère), il y aura mon dîner nivernais, puis la ruée vers Noël commence ici. Il me reste plus de projets que de temps pour les essayer. Je ne manque pas d’autres délais urgents dans ma quotidienne en ce moment, mais ça fait 166 jours depuis la dernière fois où j’ai raté un post, et ça continuera.

M. Descarottes a malheureusement des problèmes de santé en ce moment. Sa peau est devenue aussi sèche qu’il n’arrête pas de la gratter. Son vétérinaire l’a ordonné un shampoing spécial, et il n’est pas content de moi, parce qu’il a dû passer 10 minutes dans l’évier pour un bain avec ce truc. Voilà :

Voyez-vous ce regard ? Il faudra du temps ([Et des légumes !]) avant qu’il ne me pardonne. Surtout car il ne le sait pas, mais je dois le refaire toutes les semaines pendant le mois prochain. J’ai peur que, comme la blague de la semaine, il me menace de faire comme à Carson-City. Allez écouter en bas pour comprendre.

De toute façon, nos articles sont :

Il y a aussi Le croque-monsieur, ma recette la plus récente avec l’Alliance française.

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Tag livresque

Encore une fois, un « tag » qui me vient de La lectrice en robe jaune, qui le dois à @jeremy_angelo.books à son tour. Il n’y a vraiment pas de thème, mais j’aime les questions

Un livre qui représente tes origines ?
Je vous ai dit avant que je ne crois pas aux traits d’union pour ces choses, mais ça ne fait que 4 générations que ma famille est aux États-Unis. Alors je dois choisir Une journée d’Ivan Denisovitch parce qu’entre la Russe, la Pologne, et la Lituanie, c’est le seul livre que j’ai jamais lu. Je ne compte pas Vladimir Nabokov pour ce but car ce monsieur a émigré aux États-Unis et écrivait en anglais. Aussi, je ne veux pas dire Lolita en réponse.

Un livre qui représente un pays où vous aimeriez vivre ?
Faut-il vraiment que vous deviniez où ? Je dirai Le Comte de Monte-Cristo, parce que je crois que c’est le premier livre que j’ai lu par un auteur framçais, soit celui-ci soit Le tour du monde en quatre-vingts jours. Heureusement, ces deux sont arrivés avant M. Stendhal.

Un livre qui se déroule dans une époque que vous auriez aimé connaître ?
Le Morte d’Arthur par Thomas Malory (Croiriez-vous que ce titre est en anglais ? Du XVe siècle, bien sûr). Je sais que beaucoup de monde croient que le roi Arthur n’a vraiment pas existé, mais je préfère croire que les histoires sont plus exagérées que fausses.

Un livre dans lequel il y a un monde imaginaire que vous aimeriez visiter ?
Il n’y a aucune question ! Le Lion, la Sorcière blanche et l’Armoire magique de C.S. Lewis. Son Narnia est le monde que je souhaiterais le plus fortement être réel.

Un livre dans lequel il y a un personnage que vous aimeriez rencontrer ?
Il y en a plein ! Paul Atreides de Dune, Auberon Quin du Napoléon de Notting Hill, Gabriel Syme du Nommé jeudi, et le capitaine Nemo de Vingt Mille Lieues sous la mer, juste pour commencer.

Un livre qui vous a fait voyager dans un lieu que vous n’avez jamais visité en vrai ?
Nuts (comme on dit), j’ai déjà visité l’Espagne, qui me prive d’une belle vingtaine de livres ! Bon, je peux toujours être sûr que j’ai jamais visité l’île de Robinson Crusoé, alors ce livre est une bonne réponse.

Un livre qui représente votre saison préférée ?
Bon, maintenant tous ces livres espagnols me servent ! Sonata de Invierno de Ramón Valle-Inclán, invierno étant l’espagnol pour hiver. (Je sais, quelle surprise.) Les quatre Sonatas traitent de la vie d’un soldat fictif, le Marqués de Bradomin, et ce sont un œuvre de littérature aussi impressionnant que le roi Juan Carlos a attribué le titre — qui n’existait pas avant — au fils de l’auteur, 70 ans après la publication !

Quant à l’hiver, je l’adore car c’est la seule saison où je ne brûle pas à l’extérieur. Je me sens un peu obligé de vous offrir mes excuses, parce que « hiver » en Californie du Sud, c’est comme avril en Normandie. Sauf pour l’été, j’ai pas le droit de me plaindre. Je sais que vous avez du mal avec le froid pendant ce temps, et j’ai aucune envie de me moquer de ça.

Alors, c’est la fin. Et vous, quelles seraient vos réponses ?

Le dîner de Noël, version 2022

Ce soir, j’étais encore une fois chez Moulin avec les membres et l’équipe de l’Alliance française. Contrairement à la dernière fois, c’était une très bonne nuit. Le choix de compagnons à la table fait vraiment toute la différence.

Voilà, l’extérieur du resto. Ils sont toujours Moulin, mais maintenant, ils appellent la partie avec du service à table « bouillon », d’après ce genre de resto en France. J’applaudis l’effort d’éduquer les consommateurs américains.

Voici la carte, un peu différente que l’année dernière :

J’étais agréablement surpris que le serveur ait pu prendre ma commande en français. Bien que le propriétaire soit expatrié français, l’équipe est grosso modo des américains. Aussi, j’aime trouver des excuses pour jouer le m’as-tu-vu du subjonctif. (C’était un sujet de conversation ; pas moi, juste le subjonctif.)

Voilà la meilleure partie du dîner, la tartine de chèvre chaud. Effectivement, s’il y avait eu deux fois de tartine sur l’assiette, mais rien d’autre pour le dîner, ça aurait suffi.

Le filet de daurade n’était pas mal, mais j’ai déjà eu assez de légumes verts :

La crème brûlée était compétent, mais manquait de goût fort. Moulin fait plein de très belles pâtisseries que je recommande sans hésitation ; en ce cas, je crois que c’était une question de budget et de quantité (il y avait une trentaine d’invités). Si quiconque me rendait visite et on déjeunait chez Moulin, je lui conseillerais de prendre un mille-feuille ou un petit Paris-Brest, pas la crème brûlée.

Je suis un peu gêné d’avoir été le seul de prendre du pain à la table. C’est le truc californien, d’éviter les glucides. Quant au pain, j’étais français avant que je ne puisse parler — l’anglais. Je n’arrive pas à imaginer un temps où je sauterais le pain.

Ma prof de chanson était là, et on a dîné à la même table. Elle avait menacé de m’obliger de chanter « Petit Papa Noël » pour le groupe, mais c’était beaucoup trop bruyant pour ça. La moitié d’entre vous ne l’a pas écouté — j’aurais été prêt :

C’était une soirée très agréable et même si Moulin/bouillon est un peu cher — c’est Newport Beach ici, c’est-à-dire le Versailles californien — ça vaut la peine pour mieux connaître ma petite communauté francophone.

Je découvre la Nièvre

On continue maintenant le Tour avec le 58, la Nièvre. C’est le département le douzième moins peuplé et les habitants se nomment nivernais. C’est notre quatrième séjour en Bourgogne-Franche-Comté, et ça fait 19 départements depuis la dernière fois !

La Nièvre fait des problèmes pour les anglophones comme moi, avec sa préfecture de Jamaiss. Vous ne comprenez pas ? Bon, ma carte en anglais dit « Nevers », évidemment le pluriel de « Never, » et ça veut dire « Jamais ». C’est vraiment pas compliqué, et pourquoi est-ce que vous appelez tous le 15 en même temps ? ([Vous n’avez même pas commencé à grogner, les amis. J’ai déjà entendu ses autres. — M. Descarottes.])

On commence à la préfecture, Nevers. C’est de loin la ville la plus grande du département avec plus de 30 000 habitants. Au centre historique de la ville, on visite d’abord la Cathédrale Saint-Cyr et Sainte-Julitte (2 étoiles Michelin). Parmi les raisons de visiter est la tour Bohier, de 52 mètres de hauteur, avec de nombreuses statues géantes de personnages de la Sainte-Bible. Après 285 marches, vous aurez une vue spectaculaire de la Loire. Seulement 2 minutes plus loin, on y trouve le Palais ducal (1 étoile), château du XVe siècle devenu Palais de Justice puis de nos jours espace culturel et salle de mariages. Le Musée de la Faïence et des Beaux-Arts (1 étoile) est fermé jusqu’en avril 2023, mais quand il rouvrira, vous y trouverez la plus grande collection de verre émaillé de l’Europe, tout made in fabriqué à Nevers. (Sérieusement, qu’est-ce qu’il y a ?) Finalement, juste au coin de la rue, on trouve la Porte du Croux (1 étoile), ancienne fortification du XIVe siècle, maintenant la maison du Musée archéologique du Nivernais. Pour les croyants, ne ratez pas non plus le Sanctuaire Sainte-Bernardette de Nevers. On parlera plus d’elle à Lourdes, mais son corps préservé se trouve ici ; c’est donc un site de pèlerinage.

Pour plus d’infos sur Nevers, je vous recommande fortement ce post du Chat Voyageur, surtout pour son explication détaillée de la Cathédrale.

Juste au nord de Nevers, on trouve La Charité-sur-Loire, et surtout son Église prieurale Notre-Dame (2 étoiles). La prieuré était anciennement l’un des monastères les plus riches de la France, et on le voit toujours dans ses 5 nefs et capacité d’accueillir 5 000 personnes malgré son origine du XIIe siècle. De nos jours, elle abrite la Cité du Mot — attention, les blogueurs littéraires ! — membre de l’Association de Centres culturels de rencontre, qui abrite de son tour un festival annuel, Aux Quatre Coins du Mot, consacré aux livres, avec des lectures, des concerts, et de nombreuses autres activités. Partout dans la ville, on trouvera des citations sur les murs, comme en bas.

On continue vers le nord, à Saint-Amand-en-Puisaye. Ici, on trouve un beau château de la Renaissance, le château de Saint-Amand, qui abrite le Musée du Grès, consacré à quatre siècles de cet art dans le village. Mais en plus des vaisseaux eux-mêmes, on peut visiter — avec le même billet ! — la Maison de la Mémoire Potière, une ancienne poterie du XIXe siècle où les équipements restent presque complètement intacts. On tourne vers l’est pour découvrir le Canal du Nivernais, creusé du XVIIIe au XIXe siècles, qui relie Nevers et la Loire avec Auxerre et l’Yonne. Il y a de nombreuses opportunités pour faire de la randonnée ou prendre un bateau le long du Canal ; consultez le site de tourisme pour des idées.

Très proche du Canal, on trouve notre dernier arrêt, le Parc Naturel Régional du Morvan. Ici on trouve le Lac de Pannecière (1 étoile) et le Lac des Settons (1 étoile), deux endroits plein de belles vues et d’opportunités pour la randonnée et la pêche.

Qui sont les personnages les plus connus de la Nièvre ? De nos jours, l’ancienne Ministre de la Culture et Grosse Tête actuelle Roselyne Bachelot vient de Nevers, ainsi que le célèbre chef Guy Savoy (qui a un resto prestigieux à Las Vegas). Sainte-Bernadette Soubirous, témoin des apparitions mariales à Lourdes, y est décédée, ainsi que l’acteur Paul Frankeur, connu chez moi pour Un singe en hiver, Touchez pas au grisbi, et Faut pas prendre les enfants du Bon Dieu pour des canards sauvages. Romain Rolland, lauréat du prix Nobel littéraire, est né à Clamecy.

Quoi manger en Nièvre ? Le département est au carrefour de plusieurs que nous avons déjà visités — le Cher, l’Allier, le Loiret, la Côte-d’Or — et certaines choses nous sont familières. On y trouve le bœuf charolais, le bœuf bourguignon, et les escargots de Bourgogne (à vous !). Il y a de plats locaux, surtout du Morvan, comme le crêpiau (soit salé soit sucré), la râpée du Morvan (une galette de pommes de terre ; ça me rappelle la crique ardéchoise), et les œufs en Meurette. En dessert il y a la flamusse aux pommes, un gâteau un peu comme un clafoutis ou une flognarde, et le piquenchâgne, une tourte garnie de « fruits macérés dans un appareil de sucre, de crème, d’alcool) posés debout sur le fond ». Pour boire, il y a le Pouilly-Fumé AOC, un vin blanc, les vins Coteaux-du-giennois AOC et AOP, de plusieurs cépages blancs et rouges, et les Côtes de la Charité, avec de nombreux cépages, dont des vins mousseux.

Le croque-monsieur

Ça fait longtemps depuis ma dernière recette avec l’Alliance française. Pendant les derniers mois où mon ancienne prof était là, j’avais des conflits d’horaire, puis la nouvelle prof a commencé avec une tarte Tatin, déjà fait ici. Mais aujourd’hui, on a fait des croques-messieurs (quel est le bon pluriel en ce cas ?).

C’est un plat généralement disponible aux États-Unis, mais moi, je me souviens d’une soirée très tard, de retour de Rouen à Paris, où j’ai passé par un petit bistrot appelé Le Départ Saint-Michel (lien de Yelp, pour manque de leur propre site), à travers la Seine de Notre-Dame (la sortie du métro est face à leur porte). Il devait être 22h, et j’étais épuisé. Pour la première fois de ma vie, j’ai commandé un croque-monsieur — je m’étais fait une promesse de commander seulement des plats authentiques cette semaine-là. Ce resto n’avait vraiment rien de spécial sauf son horaire, mais en ce moment, c’était le meilleur plat au monde. Si vous pouviez me voir en train d’écrire ça, vous diriez que c’était mon croque-monsieur de Proust. Et au fait, il est le premier écrivain à avoir mentionné ce plat dans toute la littérature.

Peut-être que certains d’entre vous se souviendront du personnage Broque Monsieur des jeux Mario. Je trouve son « accent » plein de « ze » complètement inacceptable de nos jours. Personne n’a le droit de se moquer de vous chez moi. Mais laissez tomber ; à nos fourneaux !

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Portrait de Molière par Nicolas Mignard

À la boulangerie

À moins que vous habitiez sous un rocher, vous avez sûrement entendu parler que la baguette française a été reconnue comme partie du patrimoine mondial par l’Unesco. Je n’aime pas l’avouer, mais j’ai pas toujours eu l’expérience d’entrer dans une boulangerie en France (à ne pas confondre avec une boulangerie à la française, comme Moulin) pour commander une baguette. Il y a eu une fois à Orléans avec mon ami là-bas, mais comme toutes vos activités quotidiennes, j’ai envie de l’expérimenter tout seul (afin de faire la même que Paul Taylor, bien sûr). Tout ça, c’est-à-dire que c’est le bon moment pour une visite à la boulangerie.

Vous comprenez donc pourquoi j’ai du mal avec « long comme un jour sans pain ». Au début, elle voulait dire une distance difficile à imaginer. C’est seulement pendant le XVIIIe siècle qu’elle a acquis son sens d’une durée interminable. C’est peut-être pas une coïncidence que ce changement est arrivé avec le décret suivant de la Convention :

La richesse et la pauvreté devant également disparaître du régime de l’égalité, il ne sera plus composé un pain de fleur de farine pour le riche et un pain de son pour le pauvre. Tous les boulangers seront tenus, sous peine d’incarcération, de faire une seule sorte de pain : Le Pain Égalité.

Herodote.net

Les pauvres ! J’ai dû attendre 44 ans pour goûter une baguette française pour la première fois ! Le Comte de Monte-Cristo n’a passé que 14 ans au Château d’If, plus ou moins la même chose. Et mon ex, une fois en 2013, elle a dû patienter 3 minutes parce que j’étais en retard pour aller chercher ma fille chez elle. Si vous aviez lu le courriel que j’ai reçu après cet événement, vous sauriez que ce sont les 3 minutes les plus longues de l’histoire de l’univers. Elle s’est même plainte à nouveau de cet incident cette année !

La pire chose, c’est que vous pensez que je plaisante sur ce courriel-là. C’est rien que la vérité. Et vous vous demandez pourquoi j’appelle ma ville Elbe-en-Irvine. Mais revenons à nos fourneaux moutons.

Pouvez-vous garder un secret ? Les canards sur la dernière page du Canard enchaîné aujourd’hui ont remarqué la nouvelle sur l’Unesco et les baguettes. Je partagerai ce qu’ils ont dit, mais veuillez ne pas cafarder sur moi. Merci et voilà :

« Ça ne mange pas de pain » veut dire que c’est pas grand-chose, que les conséquences ne sont pas très sérieux. Au fait, si vous avez aimé ce dessin, abonnez-vous ! (Ça vous rappelle les bons vieux temps, hein ?)

On dit parfois que l’on a « du pain sur la planche », ce qui veut dire qu’il y a beaucoup de choses à faire. Selon Les Dédexpressions, c’était pas toujours le cas. Cette expression voulait anciennement dire « que l’on avait assez de réserves pour affronter l’avenir ». En anglais, on dit quelque chose de similaire, mais sans le pain — « j’en ai beaucoup sur l’assiette » (« I have a lot on my plate ») veut dire que j’ai pas mal de tâches divers en attente.

On dit « c’est du gâteau » quand quelque chose est facile. Il est même arrivé dans Final Fantasy V juste avant un désastre, après avoir battu un méchant. (Comme beaucoup de jeux vidéo, la tour du méchant s’effondre dès que son chef est décédé. C’est quoi le problème chez leurs architectes ?)

On dit la même chose en anglais, mais étant moins gourmands, nous disons plutôt « une part de gâteau » (« a piece of cake »).

Peut-être l’expression la plus effrayante de ma collection parle aussi du pain. « Faire passer le goût du pain » veut dire tuer quelqu’un ! Bon, si le pain est le pain infâme « Wonder Bread » des États-Unis, le produit industriel par excellence, je pourrais comprendre. Mais ce produit est tout inconnu en France, et en plus, je ne suis plus sûr d’avoir compris l’action. Avant de rechercher ce post, je croyais que ça voulait dire que la personne tué a expérimenté la sensation de goûter du pain. Mais selon Wiktionary, il y a une expression antonyme, « rendre le goût du pain », et ils citent Zola pour un exemple, qui veut dire « redonner envie de vivre ». Est-ce que ces choses arrivent à la personne, ou au pain ?

Après une telle question, il me semble que ce post risque de partir en brioche. Et maintenant, j’ai encore plus d’envie pour une véritable baguette, une chose qui doit attendre au moins 6 mois de plus. Les miennes ne sont pas la même chose. Bon, je n’en peux plus — Langue de Molière vous reverra en cuisine.