Ça fait longtemps depuis la dernière fois où il y a eu une bouteille de vin sur ma table. D’une part, je déteste boire seul. D’autre part, on a passé par de nombreux départements où leurs vins ne sont pas disponibles chez moi. Avec la Nièvre, j’ai trouvé une recette sur leur site de tourisme qui m’a donné envie, et je dois vous dire, ce Pouilly-Fumé, c’est super. Alors, voilà, le saumon braisé au Pouilly-Fumé.
On va apprendre une nouvelle technique cette fois. Il y a un risque que j’ai mal compris, car franchement, elle m’a fait peur. Ma seule vraie erreur avec cette recette, c’est que j’étais terrifié de mettre le feu à mon appartement ([Je m’en fichait, car je suis en vacances chez ses parents, qui me donnent plus de légumes — M. Descarottes]), alors j’ai arrêté une partie de la cuisson trop vite. Mais je crois que cette recette est quand même bonne, et tout sera expliqué. Il est bien possible que je me sois gravement trompé d’une instruction. Vous allez me dire.
Je dois la recette à Nièvre Tourisme, qui la doit à leur tour au chef Dominique Fonseca du Coq Hardi à Pouilly-sur-Loire. Bien que je ne recommande jamais des restos où j’ai jamais visité, ses prix me semblent très raisonnables, surtout pour un Meilleur Ouvrier de France.
On continue maintenant le Tour avec le 58, la Nièvre. C’est le département le douzième moins peuplé et les habitants se nomment nivernais. C’est notre quatrième séjour en Bourgogne-Franche-Comté, et ça fait 19 départements depuis la dernière fois !
La Nièvre fait des problèmes pour les anglophones comme moi, avec sa préfecture de Jamaiss. Vous ne comprenez pas ? Bon, ma carte en anglais dit « Nevers », évidemment le pluriel de « Never, » et ça veut dire « Jamais ». C’est vraiment pas compliqué, et pourquoi est-ce que vous appelez tous le 15 en même temps ? ([Vous n’avez même pas commencé à grogner, les amis. J’ai déjà entendu ses autres. — M. Descarottes.])
On commence à la préfecture, Nevers. C’est de loin la ville la plus grande du département avec plus de 30 000 habitants. Au centre historique de la ville, on visite d’abord la Cathédrale Saint-Cyr et Sainte-Julitte (2 étoiles Michelin). Parmi les raisons de visiter est la tour Bohier, de 52 mètres de hauteur, avec de nombreuses statues géantes de personnages de la Sainte-Bible. Après 285 marches, vous aurez une vue spectaculaire de la Loire. Seulement 2 minutes plus loin, on y trouve le Palais ducal (1 étoile), château du XVe siècle devenu Palais de Justice puis de nos jours espace culturel et salle de mariages. Le Musée de la Faïence et des Beaux-Arts (1 étoile) est fermé jusqu’en avril 2023, mais quand il rouvrira, vous y trouverez la plus grande collection de verre émaillé de l’Europe, tout made in fabriqué à Nevers. (Sérieusement, qu’est-ce qu’il y a ?) Finalement, juste au coin de la rue, on trouve la Porte du Croux (1 étoile), ancienne fortification du XIVe siècle, maintenant la maison du Musée archéologique du Nivernais. Pour les croyants, ne ratez pas non plus le Sanctuaire Sainte-Bernardette de Nevers. On parlera plus d’elle à Lourdes, mais son corps préservé se trouve ici ; c’est donc un site de pèlerinage.
Pour plus d’infos sur Nevers, je vous recommande fortement ce post du Chat Voyageur, surtout pour son explication détaillée de la Cathédrale.
Juste au nord de Nevers, on trouve La Charité-sur-Loire, et surtout son Église prieurale Notre-Dame (2 étoiles). La prieuré était anciennement l’un des monastères les plus riches de la France, et on le voit toujours dans ses 5 nefs et capacité d’accueillir 5 000 personnes malgré son origine du XIIe siècle. De nos jours, elle abrite la Cité du Mot — attention, les blogueurs littéraires ! — membre de l’Association de Centres culturels de rencontre, qui abrite de son tour un festival annuel, Aux Quatre Coins du Mot, consacré aux livres, avec des lectures, des concerts, et de nombreuses autres activités. Partout dans la ville, on trouvera des citations sur les murs, comme en bas.
Église prieurale Notre-Dame, Photo par MOSSOT, CC BY 3.0, Citation peint sur les murs autour de la Cité du Mot, Photo par Cjp24, CC BY-SA 4.0
On continue vers le nord, à Saint-Amand-en-Puisaye. Ici, on trouve un beau château de la Renaissance, le château de Saint-Amand, qui abrite le Musée du Grès, consacré à quatre siècles de cet art dans le village. Mais en plus des vaisseaux eux-mêmes, on peut visiter — avec le même billet ! — la Maison de la Mémoire Potière, une ancienne poterie du XIXe siècle où les équipements restent presque complètement intacts. On tourne vers l’est pour découvrir le Canal du Nivernais, creusé du XVIIIe au XIXe siècles, qui relie Nevers et la Loire avec Auxerre et l’Yonne. Il y a de nombreuses opportunités pour faire de la randonnée ou prendre un bateau le long du Canal ; consultez le site de tourisme pour des idées.
Très proche du Canal, on trouve notre dernier arrêt, le Parc Naturel Régional du Morvan. Ici on trouve le Lac de Pannecière (1 étoile) et le Lac des Settons (1 étoile), deux endroits plein de belles vues et d’opportunités pour la randonnée et la pêche.
Qui sont les personnages les plus connus de la Nièvre ? De nos jours, l’ancienne Ministre de la Culture et Grosse Tête actuelle Roselyne Bachelot vient de Nevers, ainsi que le célèbre chef Guy Savoy (qui a un resto prestigieuxà Las Vegas). Sainte-Bernadette Soubirous, témoin des apparitions mariales à Lourdes, y est décédée, ainsi que l’acteur Paul Frankeur, connu chez moi pour Un singe en hiver, Touchez pas au grisbi, et Faut pas prendre les enfants du Bon Dieu pour des canards sauvages. Romain Rolland, lauréat du prix Nobel littéraire, est né à Clamecy.
Quoi manger en Nièvre ? Le département est au carrefour de plusieurs que nous avons déjà visités — le Cher, l’Allier, le Loiret, la Côte-d’Or — et certaines choses nous sont familières. On y trouve le bœuf charolais, le bœuf bourguignon, et les escargots de Bourgogne (à vous !). Il y a de plats locaux, surtout du Morvan, comme le crêpiau (soit salé soit sucré), la râpée du Morvan (une galette de pommes de terre ; ça me rappelle la crique ardéchoise), et les œufs en Meurette. En dessert il y a la flamusse aux pommes, un gâteau un peu comme un clafoutis ou une flognarde, et le piquenchâgne, une tourte garnie de « fruits macérés dans un appareil de sucre, de crème, d’alcool) posés debout sur le fond ». Pour boire, il y a le Pouilly-Fumé AOC, un vin blanc, les vins Coteaux-du-giennois AOC et AOP, de plusieurs cépages blancs et rouges, et les Côtes de la Charité, avec de nombreux cépages, dont des vins mousseux.
On finit notre séjour en Moselle avec un dessert très rare, encore une fois une recette propriétaire trouvé chez exactement une boulangerie au monde entier (cf. les chichis frégis, le frescati, les macarons de Cormery). Une connaissance d’origine messine (de Metz) m’a demandé d’essayer de les faire. Après des recherches, voilà :
C’est pas du tout une recette compliquée, mais voici quelques observations : la bonne poudre d’amande devrait venir d’amandes fraîches ; c’est-à-dire toujours vertes. Étant impossible à trouver car c’est hors de saison, j’ai utilisé de la poudre d’amande ordinaire. Mais avec une saison de seulement 2-3 semaines par an, je me demande comment ça marche toute l’année. Aussi, il y a plusieurs recettes sur Internet. C’est difficile à dire quelle est « la » recette.
J’ai tiré ma recette du site Tout Metz. Les autres que j’ai trouvées sont ici (moins de poudre d’amande), ici (presque identique), et ici (du sucre blond au lieu de sucre en poudre). Toutes dépendent d’un sirop d’eau et de sucre. Je suis bien satisfait que la mienne est un juste milieu. Comme souvent, j’ai coupé la recette par deux.
Les ingrédients des macarons de Boulay :
100 grammes de poudre d’amande
100 grammes de sucre en poudre
1 blanc d’oeuf (30-35 grammes)
1 cuillère à soupe d’eau
Les instructions des macarons de Boulay :
Dans un saladier, mélanger la poudre d’amandes avec le blanc d’oeuf. Ne battez pas le blanc ; faites ça avec une cuillère.
Mettre 25 grammes de sucre et une cuillère à soupe d’eau dans une casserole, sur un feu vif. Faire bouillir pendant environ 1 minute après les premières bulles, jusqu’à l’obtention d’un sirop.
Verser le sirop sur le mélange d’amandes/et de blancs d’oeufs. Une fois que le sirop est entièrement absorbé par le mélange, ajouter le sucre restant (75 grammes). Après un certain point avec de grosses miettes, j’ai travaillé la pâte à la main.
Prendre une plaque de cuisson et y mettre un tapis en silicone. A l’aide d’une petite cuillère, faire des tas de pâte (suffisamment espacés) sur le tapis, puis laissez reposer pendant environ 15 min. J’ai écrasé les tas avec le dos de la cuillère, puis fait des disques plus ronds à la main.
Pendant ce temps-là, préchauffer votre four à 175°C.
Enfourner pendant 15 minutes, puis vérifier. Les macarons devraient être dorés et croustillants. Sinon, continuer. Les miens étaient prêts après 20 minutes au four. La photo à gauche est après 15 minutes ; à droite, après 20.
Ce dîner n’est pas comme les autres. Pour la deuxième fois, il y a quelque chose ici pas fait maison (voilà l’autre). En revanche, le fromage blanc nature dont j’aurais eu besoin n’est pas disponible du tout chez moi. Alors, voilà, le bretzel et le Bibeleskäs au saumon fumé.
Les deux recettes viennent du blog d’une cuisinière mosellane, Eva Cuisine. Elle est bien experte en cuisine alsacienne, et a publié plusieurs livres de recettes avec Hachette, une édition connue aux deux côtés de l’Atlantique, donc des œuvres sérieux.
On continue maintenant le Tour avec le 57, la Moselle. C’est le département le vingt-troisième plus peuplé, et les habitants se nomment mosellans. C’est notre septième séjour dans le Grand Est (et cinquième depuis le 51 !). La Moselle est distinguée en étant le seul « Eurodépartement », qui vient d’une idée, pas complètement réalisée, de partager certaines compétences gouvernementales entre Metz et la commune allemande de Sarrebruck.
On commence à la préfecture, Metz (3 étoiles Michelin). Comme beaucoup de l’ancienne région d’Alsace-Lorraine, cette ville a connu des périodes sous les Allemands et comme partie de France. Donc, quand on parle du Quartier impérial (1 étoile), c’est l’Empire allemand du Kaiser Wilhelm II, qui a construit des bâtiments en granit et en basalte à partir de 1870. De nos jours, on voit ces bâtiments autour de la gare (1 étoile) érigée par les allemands en 1908, avec une tour d’horloge impressionnante. Tout ça fait partie de la « nouvelle ville », où on trouve aussi le Centre Pompidou-Metz (3 étoiles), qui abrite des collections d’art moderne. (Est-ce que le Centre vous rappelle aussi le célèbre quartier général des méchants d’un certain dessin animé ?)
D’ici, on marche vers la vieille ville, et son plus grand trésor, la Cathédrale Saint-Étienne (3 étoiles). C’est une cathédrale gothique du XIIIe siècle, mais il y a 6 500 m2 de vitraux, du XIVe siècle jusqu’à Marc Chagall pendant le XXe siècle. Puis on traverse la rivière Moselle par le Moyen Pont, avec sa vue spectaculaire du Temple Neuf, un temple protestant construit par les Allemands en 1904. Une fois atteint, on retourne vers le quartier de la cathédrale pour aller au Musée de la Cour d’Or (2 étoiles), avec des collections Gallo-Romaines, Médiévales et de Beaux-Arts.
On suit la Moselle vers le nord-est, à Thionville. La suite de notre visite à Verdun, on visitera une partie de la Ligne Maginot, le Gros ouvrage du Hackenberg (1 étoile). N’ayez pas peur, mais on descend au sous-terrain. Il y a des tunnels partout, des casernes, et des casemates, ainsi qu’un musée avec des uniformes et des armes de l’époque. Mais je jure, je ne suis pas seulement votre guide aux boucheries, alors ensuite on visite le Château de Lagrange et ses jardins « Prairiales » (1 étoile). Les jardins doivent leur nom « aux larges bandes de prairies semées de fleurs de tous pays ».
Après ça, on va traverser vers l’Est. On est très proches de Sarrebruck, et le Guide Michelin vous conseillerez de visiter de nombreux sites là-bas. Mais c’est une frontière que je ne franchirai pas. Moi, j’irai plutôt à Saint-Avold où on trouve le plus grand cimetière américain de la SGM. On se retrouvera à Bliesbruck, pour le Parc archéologique européen (1 étoile), consacré à des ruines celtes ainsi qu’à des gallo-romains. Après, on continue à la Citadelle de Bitche (2 étoiles), une énorme forteresse sur une colline érigée par Vauban au XVIIe siècle (de ses travaux originaux, il ne reste qu’une chapelle). De nos jours, la citadelle abrite le Musée des Hommes dans la Guerre de 1870, dédié à la guerre franco-allemande de l’époque. Finalement, au sud-est, on va visiter deux centres de l’industrie du soufflage de verre : Saint-Louis pour la Cristallerie du même nom et son musée (dont une visite guidée des ateliers), et Meisenthal pour le Site Verrier Meisenthal, maison natale des boules de Noël depuis 1858 (c’est l’Alsace-Lorraine, après tout).
Qui sont les personnages les plus connus de la Moselle ? Le célèbre cardinal Mazarin était évêque de Metz de 1652 à 1658, et le maréchal Michel Ney, l’un de mes héros, a reçu sa formation militaire à Metz. Le mathématicien Charles Hermite, découvreur de nombreux résultats quant aux matrices, est né à Dieuze. Joachim von Ribbentrop…euh, pas français mais l’un des plus gros salopards de l’Histoire, il était lycéen à Metz lors de l’occupation de la Moselle par les voisins au nord.
Quoi manger en Moselle ? Encore une fois, c’est de la cuisine lorraine : les produits de mirabelles, la quiche lorraine, les spritz. Il y a aussi des confiseries comme les boulets de Metz (des boulets de canon de chocolat !) et la wagotine (des mini-wagons en nougatine récouverts de mirabelles et d’autres spécialités locales). Il y a un macaron local, celui de Boulay, avec seulement un producteur (hmmm, qu’est-ce qui se passe ici quand j’entends de telles choses ?). Pour boire, il y a la limonade Lorina, qui vient du Saulnois, et des vins AOC Moselle dont les cépages sont « l’auxerrois, le müller-thurgau, le pinot gris et le pinot noir ».
S’il vous semble que ce dîner a eu besoin de temps pour apparaître, vous avez raison. Il y a un nouvel horaire ici où ma fille est avec chaque parent plus longtemps. Quand elle est ici, je suis heureux de faire des desserts, mais les dîners doivent attendre son absence. (S’il y avait un département qui ne mangeait que des macaronis et fromage et de la pizza, ce ne serait pas un problème.) De toute façon, pour notre dernier dîner breton — je suis triste de l’écrire — on finit avec gusto, comme on dirait soit en italien soit en anglais. Voici les moules marinières et les palets bretons au caramel au beurre salé.
C’est plutôt étonnant — tous les endroits dans le Morbihan sont deux fois étoilés par le Guide Vert ! Et c’est plus proche de moi que le reste de la France, Bretagne-en-Outre-Mer, je suppose :
En fait, ce Morbihan est en Louisiane, à l’ouest de la Nouvelle-Orléans. Non, je ne le connaissais pas avant de faire mes recherches, mais en fait il me semble que ce serait un endroit très agréable à visiter. Mais revenons à nos moutons.
On va commencer dans la préfecture, Vannes (2 étoiles). Il nous faudra absolument une voiture cette fois, parce que nos destinations sont pas proches les unes des autres. Au début, on visite la Vieille ville (2 étoiles Michelin) — c’est tout ce que j’aime en France, avec les maisons à pans de bois partout, une cathédrale (1 étoile) et des remparts du XIIIe siècle (2 étoiles). Puis on part à 8 km pour la Golfe du Morbihan (3 étoiles) — RÉGARDEZ CETTE PHOTO — avec soixante îles et îlots, le Château de Suscinio (1 étoile, du XIIIe siècle), de l’ostréiculture, et des sentiers pour faire du vélo et de la randonnée. De l’autre côté de la Golfe, on trouve quelque chose d’étonnant, l’Ensemble mégalithique de Locmariaquer (seulement 2 étoiles car le Guide Vert est bon pour la camisole de force, comme dirait Cruchot). Ce Stonehenge breton, construit il y a 4500 ans, comprend de nombreux dolmens, menhirs et le tombeau surnommé la Table des Marchand.
On retourne vers le continent et conduit vers Lorient. Juste avant d’arriver, on passe par la Citadelle de Port-Louis (2 étoiles), érigée par les Espagnols au XVIe siècle, et maison de nos jours du musée de la Compagnie des Indes (2 étoiles). Quant à Lorient, souvenez-vous de Saint-Nazaire en Loire-Atlantique (bien sûr, car vous ne risqueriez de rien rater ici) ? Encore une fois, la star est une base de sous-marins, Lorient La Base (2 étoiles). Mais une base de qui, la Marine française ? Euh, non. Pensez plutôt à la Kriegsmarine. Je sais, je sais. Heureusement, c’est bien repris, alors on visite en gloussant « Reich de mille ans, mon pied ! » Nos sites d’intérêt sont la Cité de la Voile (2 étoiles), où on visite les voiliers exceptionnels d’Éric Tabarly et son musée de la voile, et la base de sous-marins de Keroman (1 étoile), où le sous-marin qu’on visitera est bien français, pas australien. Ou allemand. Après, on part pour l’Île de Groix (1 étoile) parce que je veux visiter l’atelier de production de Groix et Nature, qui produit les meilleures rillettes de poisson que j’ai eues. Finalement, au nord de Lorient, on visite l’Église Notre-Dame à Kernascléden (2 étoiles) pour ses arcades recouvertes de fresques du XVe siècle et ses murailles de l’enfer pour encourager les autres.
Citadelle de Port-Louis, Photo par XIIIfromTOKYO, CC BY 3.0, Base de sous-marins, Photo par XIIIfromTOKYO, CC BY 3.0, Voilier Pen Duick de la Cité de la Voile, Photo par Bruno Corpet, CC BY-SA 3.0, Fresques de Notre-Dame de Kernascléden, Photo par GFreihalter, CC BY-SA 3.0
Qui sont les personnages les plus connus du Morbihan ? René Descartes, le célèbre philosophe, vivait à Saint-Avé pendant son enfance. Jean-Yves Le Drian, ministre sous plusieurs présidents, est né à Lorient, et y était maire. Bruno Cremer, l’interprète du commissaire Maigret, avait une maison à Hennebont.
Pour ce dîner, le dessert a été choisi par le duc Stanislas il y a 300 ans. Il faut absolument faire les madeleines pour un dîner meusien. Je voulais trouver un plat qui n’était pas emprunté aux voisins, et je l’ai trouvé sur le site de tourisme départemental. Je vous présente la soupe de lentilles du barrois, et les madeleines de Commercy :
Notre soupe de lentilles du barrois (la région autour de Bar-le-Duc) est due au site de Meuse Attractivité. Comme d’habitude, je l’ai coupée par deux, car je n’en suis qu’un. Quant aux lentilles, l’idée est d’utiliser les véritables lentilles du barrois, mais la récolte n’est pas trop grande, et elles sont seulement disponibles dans 4 départements. Pour autant que je sache, personne parmi les habitués du blog n’y habitent. (Si j’ai tort, dites-moi dans les commentaires !) Utilisez donc n’importe quelle lentille disponible.
Les ingrédients de la soupe de lentilles du barrois :
175 grammes de lentilles vertes du barrois
1 carotte ou poignée de petites carottes
1/2 oignon
50 grammes de lardons fumés
2 clous de girofle
2 gousses d’ail
De l’huile d’olive
8 cl de crème liquide
Du thym et du laurier
Du sel et du poivre
Du persil
Les instructions de la soupe de lentilles du barrois :
Éplucher la carotte et l’oignon, les couper en petits dès, et les mettre dans un faitout.
Faire suer les légumes, sur un feu moyen, avec de l’huile d’olive.
Ajouter les lardons et faire revenir pendant 2-3 minutes.
Ajouter les lentilles et mélanger pendant 1-2 minutes.
Recouvrir le tout avec de l’eau — pour moi, 90 cl a suffi. Piquer les gousses d’ail avec les clous de girofle et les déposer dans la soupe. Ajouter le laurier et le thym.
Porter à ébullition et laisser cuire à feux doux, pendant 30 minutes.
Sortir du feu et ôter le thym, le laurier et les gousses d’ail.
Saler et poivrer selon votre goût. Puis mixer les lentilles, à l’aide d’un mixeur. Pendant ce temps-là, ajoutez la crème liquide jusqu’à avoir un potage bien homogène. Écumer selon vos besoins.
Voilà, le résultat :
Le pain est le célèbre pain levain Boudin de Californie. Vous pouvez vous rassurer qu’il a été cuit ce matin, et n’était pas tranché jusqu’au moment où je l’ai acheté. S’il faut vivre à 9 000 km des bonnes boulangeries, c’est le meilleur que l’on puisse faire pour 5 $.
J’espère que personne ne s’est pas trompé sur mon dessert. Il fallait toujours être les madeleines de Commercy. Mais, quelles madeleines ? Il y a des centaines de soi-disant « véritables » recettes. Certaines utilisent du miel, des autres conseillent des parfums différents comme la vanille ou le zeste de citron ou bien la bergamote, et les temps de repos pour la pâte sont variés. Et chacun de ces liens se dit « la véritable ». À mon avis, les miennes sont absolument parfaites, alors voici l’énième véritable recette des madeleines de Commercy.
En fait, j’ai largement suivi la recette de Mes inspirations culinaires, avec lequel j’ai eu pas mal du succès au passé. J’ai coupé son temps de repos par deux (1 heure au lieu de 2), et je crois que je n’ai rien perdu. Ce qui compte est que la pâte doit devenir épaisse. Une heure de plus n’est pas nécessaire.
Les ingrédients des madeleines de Commercy :
120 grammes de farine
100 grammes de sucre
100 grammes de beurre
1 pincée de sel fin
2 oeufs
1 jaune d’oeuf
½ zeste de citron ou orange
½ sachet de levure chimique
Les instructions des madeleines de Commercy :
Dans un saladier, râper le zeste de citron.
Ajouter les œufs, jaune d’œuf et sucre et fouetter tout à la main.
Ajouter la farine en trois fois avec la levure chimique. Fouetter après chacune.
Faire fondre le beurre (le micro-ondes va bien), le verser dans la pâte, ajouter une pincée de sel, et fouetter. Certaines recettes utilisent plutôt du beurre demi-sel, mais je préfère contrôler le sel moi-même.
Couvrir avec du film à contact, et laisser reposer une heure au frigo.
Préchauffer le four à 190°C.
Beurrer et fariner votre moule à madeleines.
Remplir les moules à 3/4, environ une cuillère à soupe à chaque puits.
Enfourner pendant 13 minutes. Commencer à surveiller avec la lumière à partir de 10 minutes.
Ce post marque un retour au début du blog, et mon post le plus recherché qui ne se traite pas de recettes ni de brouteurs, La confiture la plus chère du monde. Cette confiture de groseilles vient de la Maison Dutriez à la préfecture, Bar-le-Duc. Un pot de 100 grammes me coûterait 71 € après le frais de livraison Pour vous — pas les Québécois, qui vont payer aussi cher — c’est « juste » 33 €. Je ne doute pas que c’est la meilleure confiture au monde, mais malgré ce qu’en pense mon ex, je ne suis pas Caligula, ni son cheval non plus.
Ce post marque aussi le retour du Guide Vert en ligne ! Après ce que j’appelle « La Catastrophe », mes recherches sont devenues beaucoup plus difficiles. Mais en cherchant Bar-le-Duc, j’ai découvert qu’il est réapparu. Je ne demande rien, mais merci de ne pas refaire ça, Bibendum.
On commence notre tour à Commercy, la maison d’une spécialité bien aimée partout en France, les madeleines de Commercy. Il faut absolument que l’on commence au Château Stanislas, l’une des résidences du duc Stanislas Leszczynski, et où (selon la légende) les madeleines ont reçu leur nom d’une servante, Madeleine Paulmier. On visite aussi le Musée de la Céramique et de l’Ivoire, pour sa collection « de la production des grands centres européens et chinois du 17ème au 20ème siècle », ainsi que des objets en ivoire de la même période. Aux alentours de Commercy, en tant que fans des Combattantes, il nous faut visiter Sampigny pour le Musée Raymond Poincaré, ancienne maison du président, et consacré à sa carrière. Il y a aussi le Château de Gombervaux, avec des histoires de fantômes et une herse mobile, la seule et unique en France (selon eux ; je ne peux pas le vérifier).
On continue vers Bar-le-Duc (1 étoile Michelin). Puisqu’il n’y a pas de frais de livraison, tout d’abord on passe par la Maison Dutriez pour acheter de la confiture. Mais de peur qu’il n’expire sans frigo, nous l’envoyons à notre ami aux États-Unis pour le sauvegarder. Désolé, mais j’ai dû essayer. En fait, on est là pour le Quartier Renaissance, aussi dit la Ville Haute (2 étoiles), avec de nombreuses maisons du XVIe siècle et l’Église Saint-Étienne. Au-dedans de l’église, on trouve une statue de la Renaissance qui vaut la visite toute seule, Le Transi de René de Chalon (2 étoiles).
De Bar-le-Duc, on va vers le nord, et Verdun (2 étoiles). Verdun entre l’Histoire-en-majuscule avec le traité de Verdun en 843, qui a divisé l’empire de Charlemagne en trois parties. C’est le royaume de l’ouest, Francie occidentale, qui donnera son nom à notre pays préféré. Mais de nos jours, Verdun est mieux connue pour être le site d’une bataille en 1916, gagné par un certain général Pétain. On n’est pas obligé d’utiliser son titre à cause de l’indignité nationale. Mais ce sera un quart de siècle au futur. Plus important, à cause de cette bataille, Verdun est la ville la plus décorée de la France, avec 26 médailles, dont la Légion d’honneur et deux Croix de guerre.
Dès le début de la bataille de Verdun, le fort de Vaux est l’un des objectifs prioritaires de l’armée allemande. Bombardé par près de 8 000 obus par jour entre mars et juin 1916, sa garnison, isolée, sans soutien extérieur résiste et mène des combats héroïques à l’intérieur avant de se rendre, vaincue par l’épuisement et la soif. Ce fort devient alors le symbole de la résistance du soldat de Verdun.
On conduit au nord, jusqu’à Montmédy, por sa citadelle et ses musées, l’un de la fortification de la Meuse, et l’autre consacré à l’artiste Jules Bastien-Lepage. Finalement, un peu plus au nord, il y a la Basilique d’Avioth (2 étoiles). La Recevresse, où les pèlerins lassaient leurs offrandes, est un chef d’œuvre de l’architecture gothique.
Qui sont les personnages les plus connus de la Meuse ? Raymond Poincaré, ancien président de la République pendant l’époque des Combattantes (et qui est apparu dans le cinquième épisode), est né à Bar-le-Duc. André Maginot, son ministre des Colonies, plus tard de la Guerre, et architecte de l’infâme ligne Maginot, y vivait. Robert de Baudricourt, compagnon de Jeanne d’Arc, était gouverneur de Vaucouleurs. Le gendarme et héros de notre époque Arnaud Beltrame était officier militaire à Commercy.
Quoi manger en Meuse ? On est au milieu des Ardennes d’un côté, et la Meurthe-et-Moselle de l’autre, alors pas surprenant qu’ils mangent un mélange des deux. On y trouve également la cacasse à cul nu (notre plat ardennais) et la quiche lorraine (notre plat meurthois). Les mirabelles sont en vedette ici aussi — voici une tarte aux mirabelles sur leur site officiel. L’ambroisie des dieux, les Savaroises de St-Michel, est fabriquée à Commercy — je les ai goûtés pour la première fois à l’aéroport en quittant la France en mai, et il me tue tous les jours qu’il y ait plein de biscuits de St-Michel disponibles ici, mais pas ceux-ci. Les dragées, l’une des confiseries les plus importantes au monde entier (car je les adore), ont été créées à Verdun au XIIIe siècle.
Ce dîner était l’un des plus faciles à choisir du blog entier. Dès que j’ai vu les mots « quiche lorraine », j’ai connu notre plat principal. Je n’ai pas connu le bon nom pour les spritz, mais ils sont produits dans certaines boulangeries ici, alors je les connaissais déjà. Alors, sans plus d’attente, voici mon dîner meurthois :
On commence avec la quiche lorraine. Il n’y a pas de seule et unique recette authentique, mais on peut dire quelques choses — l’appareil (dit migaine) doit contenir du lait et soit de la crème liquide soit de la crème fraîche, ainsi que des œufs et il doit y avoir des lardons. Sinon, il y a des versions avec ou sans muscade, avec ou sans oignons, avec des pâtes différentes — impossible d’en choisir une ! J’ai donc suivi la moyenne de plusieurs recettes (Meilleur du Chef, Papilles et Pupilles, et Natasha’s Kitchen) — pas d’oignon (aux Autrichiens), avec de la muscade, et avec de la crème liquide.
J’ai fait la même pâte brisée de Gaston Lenôtre que dans ma recette de la tarte normande. Au lieu de tout réécrire, je vais juste vous montrer quelques photos, puis poster la pâte dans son propre post plus tard. (J’ai utilisé 300 grammes de pâte.)
Les ingrédients de la quiche lorraine :
1 pâte brisée
20 cl de lait
20 cl de crème liquide
4 œufs
200 grammes de lard ou lardons
Du sel et du poivre
De la muscade (facultatif)
Les instructions de la quiche lorraine :
Faire votre pâte brisée, si besoin.
Préchauffer le four à 180°C.
Étaler la pâte sur un plan de travail fariné. La mettre dans un moule à tarte (la mienne fait 24 cm de large). Couper les bords en roulant un rouleau au-dessus. C’est parfait cette fois, non ?
Piquer le fond avec une fourchette. Laisser reposer dans le frigo.
Faire cuire le lard dans une poêle. Couper en dès après si besoin.
Mettre le lait, la crème et les œufs dans un grand saladier. Saler et poivrer.
Si vous voulez, ajouter de la muscade.
Fouetter jusqu’à ce que la migaine devienne homogène.
Sortir le moule à tarte du frigo. Parsemer les lardons autour du fond. Versez la migaine dans la quiche. J’ai eu des restes, environ 20 % de la migaine.
Faire cuire 35-40 minutes. Vérifier à 35. La migaine ne devrait plus bouger.
Passons au dessert, les spritz. C’est plutôt difficile à trouver la bonne recette, car il existe aussi un cocktail, l’Aperol Spritz, II domine les résultats sur Google. Mais j’ai réussi à trouver plusieurs recettes. Il faut d’abord dire qu’il n’y a pas de la bonne recette, mais en général, on voit le même poids de beurre que de sucre, et le double de farine. Selon Keldelice, seulement les versions avec de la poudre d’amande sont « puristes » ; pas mal de recettes utilisent de la noix de coco râpée. Vous auriez dû déjà savoir que je choisirais donc une version avec de la poudre d’amande.
Notre recette vient de la Maison Schaming à Yutz, grâce à la boulangère Céline Cantoni. (De nos jours, c’est devenu Maison Banette.) Au fait, « yutz » en anglais est un mot emprunté au yiddish, qui veut dire « con ». J’aurai des problèmes si j’essaye d’y visiter. Heureusement, cette recette mérite une place parmi les autres biscuits-étoiles du blog, les monnaies de Chevagnes et les canistrellus. J’ai coupé les ingrédients par 4. Quant au chocolat, j’ai suivi la technique d’Epicurious (lien en anglais).
Les ingrédients des spritz :
250 grammes de farine
125 grammes de beurre
125 grammes de sucre
1-2 œufs (lisez les instructions)
100 grammes de poudre d’amandes
4 grammes de levure chimique
200-300 grammes de chocolat noir (facultatif)
Les instructions des spritz :
Mettre la farine, le beurre, le sucre, la poudre d’amande, et la levure chimique dans le bol d’un robot. Ajouter 1 œuf. Mélanger tout avec la feuille.
Si votre pâte n’est pas lisse, ajouter le deuxième œuf et mélanger jusqu’à ce qu’il soit complètement incorporé.
Mettre la pâte dans une poche à douille avec une grosse douille étoilée. Pensez à faire ça en plusieurs fois, parce que ce sera un peu difficile.
Sur une plaque de cuisson avec un tapis en silicone, dessiner vos spritz. Même avec un deuxième œuf, ce sera un processus lente.
Enfourner à 180°C pour 12-15 minutes selon vos goûts pour un biscuit plus blanc ou plus doré. Vérifier souvent avec la lumière du four.
Ça termine la recette nature. Mais si vous êtes comme moi, et il y a une fille gourmande chez vous ([Ne la blâmez pas pour vos propres attitudes ! — M. Descarottes]), on continue pour les tremper dans du chocolat. Ce qui suit n’est pas difficile, mais je choisirais peut-être un chocolat moins noir la prochaine fois, où ajouter de la crème liquide.
Préparer un bain-marie. L’eau devrait frémir, pas bouillir.
Mettre 2/3 du chocolat dans le bain-marie. J’ai commencé avec un plan pour 200 grammes, alors c’est environ 140 dans le bol.
Faire chauffer jusqu’à 48.5°C ou 120°F (je préfère Fahrenheit pour de si petits changements comme on va utiliser).
Enlever le bol du bain et ajouter le reste du chocolat. Remuer jusqu’à ce que tout le chocolat soit fondu et la température atteint 28°C/82°F. C’est ici où j’ai décidé qu’il n’y avait pas assez de chocolat, et j’ai ajouté 100 grammes de plus de chocolat.
Remettre le bol sur le bain-marie et faire chauffer jusqu’à 32°C/90°F. Vérifier le chocolat en mettant un peu sur du papier sulfurisé — si c’est en forme de traînées, laisser refroidir et recommencer d’étape 3. Sinon, on est prêt.
Tremper chaque spritz dans le chocolat et laisser refroidir sur une grille. La grille devrait être fabriquée en France, comme les miennes.