Archives pour la catégorie Le tour des départements

Je découvre le Bas-Rhin

On continue maintenant le Tour avec le 67, le Bas-Rhin. C’est le département le dix-neuvième plus peuplé, et les habitants se nomment marchands de Noël bas-rhinois. C’est notre huitième séjour dans le Grand Est et premier depuis le 57, la Moselle.

Avant de me lancer dans la balade, je pause pour noter que de nombreuses personnes m’ont donné des conseils pour cet article. L’entrée dans mon fichier a dépassé celle des Pyrénées-Atlantiques il y a deux semaines pour être classée la plus longue parmi les départements. Je remercie encore mes amis de Twitter, Homer et ytrezaa, ainsi que Sév et Oth de Blogosth, et j’espère que ce qui suit sera à la hauteur de leur aide. Vais-je rompre toutes mes règles habituelles (12 photos, moins de 1 000 mots) pour tout utiliser ? Oh, hell yes Bien sûr. (Si vous vous demandez où est le dessert catalan, à demain ; je voulais publier celui-ci un jour de semaine.)

On commence donc à Strasbourg, la préfecture. C’est la faute de la SNCF, qui hante mes rêves depuis 2021 avec cette photo dans mes courriels :

©️SNCF

Mais ce n’est pas notre quartier au début. On va suivre les traces de l’équipe Blogosth et commencer au Wacken. C’est ici où on trouve la siège du Conseil de l’Europe, le Palais d’Europe (1 étoile Michelin) avec « l’hémicycle le plus vaste d’Europe ». ainsi que le Parlamentarium Simone Veil. Mais je ne voyage pas 9 000 km pour des hommes politiques, alors on passe au 2e Vitaboucle de Blogosth, et se promène vers le Parc de l’Orangerie (1 étoile) pour voir le lac et sa cascade, ainsi que de nombreuses cigognes.

Puis on va passer par l’Université de Strasbourg et tourner vers la Cité ancienne (3 étoiles). Je ne fais pas souvent des liens vers Instagram ici, mais cette photo du Quai Saint-Nicolas m’a attrapé dans ses griffes il y a des mois :

Ici, on trouve le Musée alsacien (2 étoiles), l’un d’entre une douzaine de musées de la ville. Ici, dans trois maisons à pans de bois du XVIIe siècle, on trouve des collections de vêtements, de meubles, et d’autres objets quotidiens alsaciens des 4 derniers siècles. Puis on croise le Pont Saint-Nicolas et tourne à droite pour visiter le Palais Rohan (1 étoile), qui abrite trois musées exceptionnels, des Arts décoratifs (2 étoiles), de Beaux-Arts (2 étoiles), et de l’Archéologie (2 étoiles). Mais on est très proche au joyau de Strasbourg, la Cathédrale Notre-Dame (3 étoiles), largement du XIIe siècle, avec une horloge astronomique et ses automates, de la Renaissance, ainsi qu’une flèche gothique de 142 m — la moitié de la Tour Eiffel, mais un millénaire plus tôt ! Lié à la cathédrale est le Musée de l’Œuvre-Notre-Dame (2 étoiles), avec des trésors qui n’en font plus partie, tels que la tête de Christ de Wissembourg.

C’est ici, dans le centre-ville, où on trouve le célèbre Marché de Noël, mais c’est un peu partout. En regardant la carte, on trouve 11 places avec plus de 300 chalets. C’est beaucoup trop pour couvrir dans ce billet. Mais il suffit de regarder les photos, les imaginer sous un manteau de neige, avec un chocolat chaud et… je n’en peux plus. On continue.

On n’est pas fini à Strasbourg. Près de la Cathédrale, on trouve le Monument de La Marseillaise. L’hymne national a été écrit à Strasbourg par Rouget de Lisle ; voici la version à écouter en lisant ce blog. On continue vers le quartier dit La Petite France (2 étoiles), suivant encore une fois les traces de Blogosth. Notre destination ici est les ponts couverts (1 étoile) à travers l’Ill, avec 3 tours du XIVe siècle. Finalement en ville, on visite le Musée d’Art moderne et contemporain (2 étoiles), pour des œuvres de Monet, Doré, Rodin, Gauguin et d’autres.

Juste à l’extérieur de Strasbourg, on trouve Eckbolsheim, site d’une autre balade de Sév et Oth ; nous aussi ferons le parcours de leur centre de la commune, près de l’église. Au nord, à Mommenheim, on passe par la Boulangerie Bernhard, qui a presque 200 ans, pour ce qu’Emmanuelle Jary de C’est meilleur quand c’est bon proclame « le meilleur kouglof d’Alsace ». Puis on tourne vers le sud pour visiter le Mont Sainte-Odile (2 étoiles), dont son Sanctuaire et « Mur païen ».

Juste à l’est, à Natzweiler, on trouve l’ancien camp des Nazis, Struthof (2 étoiles). Ici, les voisins ont interné 52 000 résistants, juifs, tsiganes, et d’autres. Presque un tiers y sont morts ; le reste servait en tant qu’esclaves. Au sud, à Sélestat, on visite la Bibliothèque humaniste (1 étoile), ancienne halle aux blés du XIXe siècle devenue bibliothèque de la Renaissance, avec presque 3 000 livres et manuscrits. Puis — et c’est pourquoi il faut suivre un américain, car je suis obsédé par ces détails — on passe par La Maison du Temps, 22 Rue des Chevaliers, pour son bâtiment très inhabituel — remarquez le « pont » entre deux maisons ! Ne me demandez pas comment je l’ai trouvée — je la garde dans mon fichier depuis 18 mois ! Finalement, on arrive à Orschwiller pour le Château du Haut-Koenigsbourg (2 étoiles), château-fort du XIIe siècle, abandonné pendant 2 siècles, puis offert gratuit à un certain Guillaume qui a payé sa restauration. Guillaume a été mieux connu sous le nom Kaiser Wilhelm II von Hohenzollern. Oups. On fait tous des erreurs de temps en temps.

Qui sont les personnages les plus connus du Bas-Rhin ? Le chimiste Charles Gerhardt, découvreur de l’aspirine est né à Strasbourg, ainsi que l’artiste Gustave Doré, l’acteur Claude Rich (Oscar, Les Tontons flingueurs), le chanteur M. Pokora, et l’entraîneur de foot Arsène Wenger. Le constructeur des autos les plus luxe au monde, Ettore Bugatti, vivait à Molsheim, où il a établi son usine.

Quoi manger dans le Bas-Rhin ? Il y a des fois où cette question est difficile — cette fois, le problème est où arrêter ! On est à la maison des bretzels et de la choucroute, de la flammekueche, de la forêt-noire et du kugelhopf ! (Certains de ces plats sont revendiqués par Les Voisins, mais laissez tomber.) La forêt-noire est hyper-connue dans le monde des jeux vidéo à cause de son rôle dans le jeu Portal (lien en anglais). Et la variété de saucisses ! À cuire, à frire, à tartiner, de bière, de foie, de pomme de terre, et de viande (ouais, toutes les saucisses sont de viande, c’est la traduction d’un nom allemand, fleischwurscht). Même la « salade » dite strasbourgeoise est de viande. J’adore ces gens ! Sur la Route des Vins d’Alsace, on trouve nos boissons — 7 cépages, dont 4 Grands Crus, le Riesling, le Muscat, le Pinot Gris et le Gewurztraminer, divisés en 51 « Appellations Alsace Grand Cru ». Il y a aussi le kirsch, les bières alsaciennes dont la célèbre Kronenbourg (et sa variante sans alcool, la 1664), et pour ceux comme moi, l’eau minérale de Wattwiller.

Mon dîner catalan

Il n’y a rien de plus difficile pour moi de résister que des boulettes. En partie, c’est parce que j’en fais les plus grosses, mais c’est aussi mes racines bien italiennes en cuisine. Alors, dès que j’ai lu sur les boles de picolat, il n’y avait plus de question de mon dîner. C’est un plat 100 % paysan, donc 100 % Coup de Foudre.

La bonne chose serait les accompagner avec des pâtes ou du riz, mais j’ai déjà fait une autre sorte de boulettes avec du riz dans le Gard, et je viens d’avoir ma prise de sang trimestrielle diabétique hier matin. Je me sens donc trop coupable pour manger des pâtes, bien que je n’aie toujours pas les résultats. De toute façon, ce plat n’est pas le plus beau, mais oh là là, c’est une réussite de goût. Ce sont les meilleures boulettes (avec leur sauce) que j’aie fait, et pas seulement pour le blog !

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Je découvre les Pyrénées-Orientales

On continue maintenant le Tour avec le 66, les Pyrénées-Orientales. C’est le département le cinquante-quatrième plus peuplé, et les habitants se nomment catalans ou roussillonnais. C’est notre onzième séjour en Occitanie, et deuxième de suite.

On commence à la préfecture, Perpignan (2 étoiles Michelin dans ma copie imprimée). Le joyau architectural de la ville est Le Castillet (1 étoile), une tour du XIVe siècle devenue le musée des Arts et Traditions Populaires Catalans. Puis on visite la Cathédrale de Saint-Jean-Baptiste (1 étoile) construit entre les XIVe et XVIe siècles, où la vedette est sa campanile du XVIIIe siècle. On veut pas rater le palais des rois de Majorque (1 étoile), royaume catalan qui n’a duré qu’une quatre-vingtaine d’années. Finalement, quelque chose d’inhabituel, le Musée des monnaies et médailles Joseph-Puig (1 étoile), avec une collection de 45 000 monnaies de Grèce, de Rome, et de l’Egypte, ainsi que des monnaies roussillonnaises.

On tourne vers le sud-ouest à Céret, pour son Musée d’Art moderne (2 étoiles), avec ses collections de tels artistes que Marc Chagall, Henri Matisse et Joan Miró, et le Pont du Diable ([Vous étiez là quand ? — Mon ex]), un pont médiéval voûté. En tournant vers la côte, on passe par le Pic des Trois Termes (2 étoiles), un pic de 1 100 m, pour des vues des ravins des Albères, jusqu’à la baie de Rosas en Espagne. À Banyuls-sur-Mer, on monte sur le Cap Réderis (2 étoiles), pour une vue magnifique. On passe aussi par Argèles-sur-Mer pour la Côte Vermeille (2 étoiles), une côte pleine de rochers et de randonnées spectaculaires. Passons aussi par le port de Collioure pour nous promener le long de la plage, goûter des anchois, et peut-être visiter le Château royal.

On tourne au nord maintenant. Juste au-delà de Perpignan, on trouve le Mémorial du Camp de Rivesaltes. Vous êtes en balade avec Un Coup de Foudre, et ça veut dire que l’on arrête partout pour la SGM, en ce cas, un ancien camp de déportation de juifs et de républicains espagnols. Très proche, on visite la Forteresse de Salses (2 étoiles), ancienne forteresse espagnole où la France a souffert une rare défaite aux espagnols en 1503. Les comptes étaient bien réglés en 1659 avec le Traité des Pyrénées. Après ça, on visite le Musée de Préhistoire de Tautavel (1 étoile), pour des fossiles de l’homme de Tautavel, les êtres humains d’il y a 450 000 ans. ([C’est-à-dire Papa et ses amis — La Fille]) On finit notre séjour aux Orgues d’Ille-sur-Têt (2 étoiles), un site protégé (accès limité) avec des falaises et colonnes de pierre naturelles.

Qui sont les personnages les plus connus des Pyrénées-Orientales ? Frédéric Molas, dit le Joueur du Grenier, propriétaire de la meilleure chaîne YouTube francophone, vient de Perpignan, et le philosophe Georges Sorel, ainsi que l’artiste Raoul Dufy (j’adore sa peinture « La visite de l’escadre anglaise au Havre », actuellement chez M.S. Rau à la Nouvelle-Orléans), y vivaient. L’écrivain Robert Brassilach, brillant mais collabo, est aussi né à Perpignan.

Quoi manger dans les Pyrénées-Orientales ? En plats géants, on trouve la cargolade, des centaines d’escargots grillés sur un feu de bois, avec du pain et de l’aïoli. C’est pour un groupe de la taille de mon groupe de cinéphiles, même pas une famille ! (Ils peuvent manger les escargots ; moi, je vole les desserts.) Ily a aussi l’ollada, un pot au feu catalan avec 7 sortes de viande de porc (on ne cuisine que pour des armées ici), et les boles de picolat, des boulettes de bœuf et de porc à la sauce tomate, aussi assez grandes pour servir en tant que boulets de canon. En dessert, il y a le « Pa d’ous », ou flan catalan ; la « crema cremada » ou crème catalane ; et le bras de gitan, une génoise fourré de crème pâtissière. Pour boire, il y a le Byrrh (prononcé exactement comme le mot pour bière en anglais, « beer »), un apéritif à base de vins du Roussillon, et bien sûr les vins du Roussillon eux-mêmes, dont 14 vins AOC et 2 IGP.

Mon dîner haut-pyrénéen

Il n’y avait jamais une question. On est chez Tarbes alors ce dîner allait toujours être à base de haricots tarbais. Et vu que j’ai déjà fait un cassoulet, la recette la plus évidente était la garbure. Ici, en version végétarienne, on dirait le potage garbure. Pour aller avec en tant que dessert, la tourte des Pyrénées aux myrtilles.

Le potage garbure est comme beaucoup d’autres potées et soupes à base de choux et de légumes racines. Comme le thon à la basquaise, le piment d’Espelette hausse son niveau. Mais la tourte des Pyrénées, elle est une autre star du blog, la version ultime des muffins aux myrtilles Et JOLIE en plus, hein ? Allons les préparer !

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Je découvre les Hautes-Pyrénées

On continue maintenant le Tour avec le 65, les Hautes-Pyrénées. C’est le département le quinzième moins peuplé, et les habitants se nomment haut-pyrénéens. C’est notre dixième séjour en Occitanie, mais premier depuis le 48, la Lozère.

On commence à Tarbes, la préfecture, connue pour les haricots tarbais, un ingrédient essentiel du véritable cassoulet. On a déjà visité le tombeau du maréchal Foch, mais aujourd’hui, on visite sa statue, érigée trois ans après sa mort, puis sa maison natale. Puis on continue vers le Jardin Massey (1 étoile Michelin), un parc au centre de la ville créé par Placide Massey, directeur du potager à Versailles pendant 30 ans. L’ancienne maison de M. Massey abrite un musée avec sa collection d’équipements de Hussards.

De Tarbes, on passe à Lourdes. Mon renseignement préféré de toute la France vient de cette ville. Elle a 144 hôtels avec 22 000 lits — mais il n’y a que 13 000 habitants ! Naturellement, il y a une excellente raison pour cette quantité de tourisme — c’est le site d’une série d’apparitions de la Sainte-Vierge jugées véritables par la Sainte-Église (pas toujours le cas). En résultat, il y a de nombreux pèlerinages pour voir la Grotte de Massabielle, où les apparitions ont eu lieu. En haut de la Grotte, on trouve la Basilique du Rosaire et basilique de l’Immaculée Conception, construit au XIXe siècle à l’honneur des apparitions. Il me semble que le Guide Michelin se trompe gravement en ne donnant pas d’étoiles à ces sites ; je suis allé à des sites musulmans à Istanbul et Jérusalem, juifs à Jérusalem et Venise, et catholiques partout, dont le Vatican. Évidemment, impossible de croire à tous en même temps, mais reconnaître leur pouvoir, c’est bien possible. De toute façon, si j’y priais la Sainte-Vierge, je suis sûr qu’elle me dirait qu’elle ne fait que des miracles, et le Seigneur n’a toujours pas inventé le bon mot pour ce dont j’ai besoin.

Il y a d’autres sites pour les croyants à Lourdes, dont la maison natale de Sainte-Bernadette et le Chemin de croix, mais on finira à Lourdes avec deux autres sites. Le Château fort de Lourdes (1 étoile), construit au XIe siècle, abrite de nos jours le Musée pyrénéen, consacré aux arts et traditions de la région. Ensuite, on prend le funiculaire au Pic du Jer (1 étoile), pour des vues panoramiques de la ville.

Très peu au sud, on trouve la Réserve naturelle régionale du Massif du Pibeste-Aoulhet (3 étoiles). (Une bonne bouchée, ce nom !) Avec plus de 5 100 ha d’espace, de nombreux sentiers, et 3 sommets de plus de 3 000 m, consultez leur site pour des idées ! Près de la frontière espagnole, on trouve la Vallée de Cauterets (2 étoiles), dont le Pont d’Espagne, exactement ce que le nom promet. Au nord-est, on arrive au Pic du Midi (3 étoiles) et prend la téléphérique jusqu’au sommet et son observatoire. Plus au nord-est, on arrive au Gouffre d’Esparros (2 étoiles), pour voir l’aragonite, qui rappelle des cristaux de neige.

Notre dernier arrêt est à Aventignan, pour les Grottes de Gargas (2 étoiles), Dans ces grottes, on trouve des empreintes de mains laissées par des hommes de Cro-Magnon il y a 25 000 ans, ainsi que des peintures animales de même époque. On y trouve aussi Nestploria, un musée consacré aux découvertes de Gargas.

Qui sont les personnages les plus connus des Hautes-Pyrénées ? Est-ce possible de ne pas commencer avec Sainte Bernadette-Soubirous, la visionnaire de Lourdes ? Absolument pas ; personne n’a plus marqué l’histoire du département. L’écrivain Théophile Gaultier est né à Tarbes, ainsi que le maréchal Ferdinand Foch ; la chanteuse Barbara y vivait. Marguerite de Navarre, reine de ce royaume et mère d’Henri IV, est décédée à Odos.

Quoi manger dans les Hautes-Pyrénées ? Les produits locaux de qualité comprennent le porc noir de Bigorre AOP et le mouton de Barèges AOP, ainsi que les haricots tarbais IGP et Label Rouge et de nombreux fromages. En plats principaux, il y a la garbure et le cassoulet (comme leurs voisins du sud-ouest). En dessert, on trouve un gâteau unique, le gâteau à la broche, cuit sur un feu, autour d’un moule conique. C’est un dessert absolument Coup de Foudre, mais je manque de tout l’équipement. Il y a aussi la tourte des Pyrénées, soit nature soit aux myrtilles, un peu comme une brioche levée avec de la levure chimique au lieu de boulangère. Pour boire, il y a les vins de Madiran AOC.

Mon dîner basco-béarnais

Pour ce dîner, je voulais faire quelque chose qui mettrais les piments d’Espelette et la cuisine à l’honneur. Quant au dessert, mon amie J m’avais dit il y a longtemps de faire un gâteau basque aux cerises, et c’est exactement ce que j’ai fait. Voilà, le thon à la basquaise, et le gâteau basque de Gaston Lenôtre :

Je dois vous dire, cette recette de thon risque de gagner la couronne de meilleur plat au poisson pour tout le Tour. L’apparence est très « paysanne », mais le goût est sublime. C’est l’essence du Coup de Foudre.

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Je découvre les Pyrénées-Atlantiques

On continue maintenant le Tour avec le 64, les Pyrénées-Atlantiques. C’est le département le trente-sixième plus peuplé et les habitants se nomment basques et béarnais ou basco-béarnais. C’est notre neuvième séjour en Nouvelle-Aquitaine, mais premier depuis le 47, le Lot-et-Garonne.

Je vous ai dit à la fin du dernier bilan que ce quart du Tour aurait le plus de mes amis personnels. Et dans les Pyrénées-Atlantiques, j’ai quelqu’un de vraiment spécial, J, qui veut depuis longtemps que son département brille ici. Cette entrée dans mon fichier est la plus longue de toute la France — oui, plus que le 75 — car elle m’en partage beaucoup.

On commence à Biarritz, au Rocher de la Vierge (1 étoile Michelin), un point panoramique juste dans la baie, avec une statue de la Vierge en haut. À côté, il y a l’Aquarium de Biarritz (2 étoiles), avec de nombreux poissons tropicaux, phoques et même avocats de divorce requins-marteaux halicornes. Mais ça, c’est le Biarritz du Guide Vert et on a les astuces d’une personne du coin.

Rocher de la Vierge, Photo par Diego Delso, CC BY-SA 4.0, Rocher du Basta, Photo par Tangopaso, Domaine public

On continue le long de la plage jusqu’àu Rocher du Basta. C’est un point avec des vues aussi spectaculaires de la baie que l’autre rocher, mais pas de statue donc pas de publicité. Puis, on passe au Phare de Biarritz, avec ses 248 marches pour atteindre la hauteur. Mais oh là là, quelle vue panoramique une fois atteint !

Maintenant, j’ai besoin que vous hurliez comme Nico, « Vous êtes prêts — à marcher ? ». On va faire une balade. D’abord, on va traverser Anglet, surnommé « la petite Californie française » (qu’est-ce qu’ils ont fait du mal ?), en passant par la Cathédrale Sainte-Marie (1 étoile) à Bayonne, puis traverser le Pont Pannecau pour arriver enfin au Musée basque (2 étoiles). Là, on va regarder leur collection de plus de 85 000 objets, dont des photos, des affiches, des outils, et des œuvres d’art, qui racontent la vie quotidienne basque. Puis on continuera jusqu’au quartier dit « Petit Bayonne » (1 étoile) pour marcher le long de l’Adour, prendre un verre dans l’un de nombreux bars et bodegas, et se moquer des landais pour vivre sur la mauvaise rive. Mais il y a quelque chose d’encore plus important ici tous les week-ends de Pâques, la Foire au Jambon, qui met en vedette le jambon de Bayonne IGP. Cet avril sera la 560e — ouaip, vous l’avez bien lu. Au fait, l’homme politique Jean Bon, qui avait le nom parfait pour cette foire, y est décédé. Merci, J, je vis pour ces détails.

Bon, c’est assez de marcher. On conduit vers le Sud, jusqu’à la frontière espagnole, pour visiter Saint-Jean-de-Luz. Là, on arrêt à l’Église Saint-Jean-Baptiste (2 étoiles), lieu de mariage du Roi Soleil et Marie-Thérèse en 1660 et un nef avec trois étages de galeries de chêne, comme rien d’autre que nous avons vu jusqu’ici. Vous êtes sages, alors on arrêt à la Maison Adam pour un dessert. D’ici, on visite Hendaye, pour le Château d’Abbadia (3 étoiles), construit au XIXe siècle par Viollet-le-Duc dans un style néogothique. Ne ratez ni la bibliothèque ni la chapelle. Pour plus d’infos, visitez le Chat Voyageur pour une exploration plus détaillée de ces deux villes.

En quittant Hendaye, on conduit par La Rhune (3 étoiles), une montagne de 900 m qui offre des vues de l’Atlantique et les Pyrénées. Mais notre prochain arrêt est Salies-de-Béarn pour le Musée du Sel et la Cité du Sel, et si on est là au bon moment en septembre, la « Hesta de la sau » ou fête du sel. D’ici, on continue à Oloron-Sainte-Marie pour la Vallée d’Aspe (2 étoiles), avec de nombreux sites remarquables naturels et son écomusée. À Oloron, on trouve l’usine de Laulhère, entreprise du patrimoine vivant qui fabrique des bérets depuis 1840. (On ne peut pas prendre un tour, malheureusement.) À Pau, la préfecture, nous avons nos deux derniers arrêts, le Boulevard des Pyrénées (2 étoiles), 2 km de jardins qui relient les deux moitiés de la ville, et le Château de Pau (2 étoiles), remanié de nombreuses fois depuis le XIIe siècle, où on trouve les appartements de l’impératrice Eugénie, ainsi que la chambre natale d’Henri de Navarre. Juste au sud-est de Pau, à Nay, le Musée du Béret existe dans une ancienne manufacture de bérets et propose des tours.

Qui sont les personnages les plus connus des Pyrénées-Atlantiques ? Isaac de Portau, mousquetaire, n’est peut-être pas très connu soi-même, mais le monde entier le connais sous le nom immortel de Porthos. Mary Todd Lincoln, la veuve du président américain Abraham Lincoln, vivait à Pau, ainsi qu’Isidore Ducasse, dit le comte de Lautréamont, auteur de certains poèmes qui ont inspiré les surréalistes, et François Bayrou, cible fréquente du Canard enchaîné. Didier Deschamps, entraîneur de foot très populaire en 2018, et moins de nos jours, est né à Bayonne, ainsi que mon héros, l’économiste Frédéric Bastiat. Jean Lafitte, pirate et terreur de la Nouvelle-Orléans, est né à Biarritz. Le vrai Martin Guerre est né à Hendaye, mais le film a été tourné en Ariège. Le terroriste le plus stupide au monde, Zacarias Moussaoui, qui a dit qu’il voulait apprendre à faire décoller un avion, mais pas à l’atterrir, est né à Saint-Jean-de-Luz.

J’ai vérifié, mais Chuck Wepner, ancien boxeur américain surnommé « The Bayonne Bleeder » (L’Hémophile de Bayonne), n’a rien à voir avec ce département. Il vient de l’autre Bayonne, dans le New Jersey.

Quoi manger dans les Pyrénées-Atlantiques ? On est chez les Basques, et c’est à eux. Comme on a déjà mentionné à Bayonne, il y a surtout le jambon de Bayonne, qui prend sa place dans la soupe appelée garbure ainsi que dans le poulet basquaise, une mijote de poulet, jambon, tomates et un autre ingrédient typique du département, les piments d’Espelette. La préparation « à la basquaise » s’applique également au thon. Les fromages à ne pas rater sont l’Ossau-Iraty AOP et le P’tit Basque, ce dernier étant plus commercial mais disponible chez moi. En dessert on trouve l’un des grands classiques de la cuisine française, le gâteau basque, souvent fourré avec de la confiture de cerises. Il faut aussi mentionner les macarons de Saint-Jean-de-Luz, liés à la pâtisserie Maison Adam. D’habitude, je ne mentionne pas de restos dont j’ai jamais visité, mais je ferai une exception pour les Frères Ibarboure, car j’ai vu les œuvres de Patrice Ibarboure, MOF, et je ne quitte pas ce département sans le rendre visite. Oh, on finit toujours avec des boissons, non ? Dans le Pays Basque c’est le cidre basque et l’Izarra, une liqueur à base d’une jolie vingtaine de plantes.

La pachade

On finit notre séjour dans le Puy-de-Dôme avec un dessert bien auvergnat, la pachade. Pensez à quelque chose mi-crêpe, mi-omelette et appelez-la « le far auvergnat » et vous avez la bonne idée. La voilà (cliquer pour la version haute résolution):

J’ai lu deux recettes pour celui-ci, mais j’ai fini par choisir celle de Marie Claire pour deux raisons. D’abord, c’était déjà de la bonne taille — il y a assez pour 4-6 personnes. Deuxièmement, l’autre (au fond du lien) m’a fait franchement flipper, étant très, très technique (mais sa garniture de myrtilles m’intrigue). Après mes mésaventures chez les pâtes de fruits, j’étais bien prêt à réaliser un dessert en un seul coup. Celui-ci n’est pas inratable — il reste un moment effrayant — mais je vais vous montrer exactement quoi faire.

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Mon dîner puydômois

Vous auriez dû savoir que ce dîner arriverait, même si vous ne saviez pas exactement où. Aucun tour de la cuisine française serait complet sans ce plat bien auvergnat, la soupe aux choux.

À peine 4 mois après avoir commencé en 2020, j’ai regardé le film du même nom. Et pour aller avec, j’ai fait de la soupe aux choux pour la première fois. Je n’ai pas triché — les photos à suivre ne viennent pas de cette nuit-là, et la preuve est la photo à haute résolution en haut. De toute façon, c’était trop tôt pour regarder ce film, plein de patois. Mais il y avait une scène que je connais jusqu’à maintenant par cœur :

Je réciterai le tout pour la balado, bien sûr. En tant que diabétique, je compatis. Je suis tellement Le Glaude, ça fait mal.

J’ai recherché une belle douzaine de recettes, mais fini par utiliser la même recette que j’ai trouvé en 2020. Les ingrédients sont presque toujours les mêmes, sauf pour être végétarien ou pas (ne me croyez pas sur parole). Je dois celle-ci à Alma Lach et son livre « Hows and Whys of French Cooking ». Pourquoi une recette originalement en anglais ? Parce que c’est en fait plus traditionnelle que toutes ces recettes « faciles » sur Internet en français, qui promettent des résultats trop vites ! Il faut 1 1/2 – 2 heures pour mijoter bien.

Le seul changement, à part une pomme de terre de moins, c’est du poulet au lieu de lard ou poitrine salée. Je l’ai déjà eu sous la main, et avec ça, cette recette est un très bon marché, 12 € pour assez de soupe pour 4-6 personnes. (Il n’y a pas d’ingrédients de luxe comme un œuf ou de la crème fraîche.)

Les ingrédients pour la soupe aux choux :

  • 1/2 kg de filet de poulet
  • 1 oignon
  • 2 petits poireaux ou 1 gros
  • 1 navet
  • Une belle poignée de petites carottes
  • 1 pomme de terre
  • 1 chou vert, environ 1/2 kg
  • 1 L de bouillon de poulet
  • 700 mL d’eau
  • Du sel et du poivre

Les instructions pour la soupe aux choux :

  1. Rincer, sécher, et couper le poulet, l’oignon, et les poireaux.
  1. Mettre de l’huile d’olive dans une cocotte (la mienne fait 6,75 L), juste assez pour couvrir le fond. Chauffer l’huile sur un feu moyen, puis y faire revenir — légèrement — le poulet.
  1. Une fois visiblement cuit partout, baisser le feu, ajouter l’oignon et les poireaux, couvrir et laisser mijoter pendant 1/2 – 1 heure. La recette originale dit 1 heure entière, mais vérifier la cuisson ; j’ai continué après 1/2 heure.
  1. Pendant que le poulet et les légumes mijotent, couper la pomme de terre, le navet, le chou, et les carottes.
  1. Préparer le bouillon de poulet.
  1. Quand le poulet et les légumes sont tendres, ajouter les 4 légumes de #4 à la cocotte. Mélanger le tout, ajouter le bouillon et l’eau (1,7 L en total), saler, poivrer et remuer. Puis couvrir la cocotte, hausser le feu jusqu’à moyen-doux, et laisser mijoter pendant 1 heure.
  1. Retirer la couvercle, rectifier l’assaisonnement et servir.

Il n’y a pas trop à ajouter. On ne trouve pas cette soupe dans les bistrots américains, alors je ne connaissais pas cette soupe jusqu’en 2020. Ce que j’ai écrit à mes amis anglophones à l’époque dit tout : « C’est la cuisine des paysans, pas des grands restaurants, mais c’est où le film a lieu. C’est, je pense, « la vraie France », et c’est ça dont je suis à la recherche. »

Je découvre le Puy-de-Dôme

On continue maintenant le Tour avec le 63, le Puy-de-Dôme. C’est le département le trente-huitième plus peuplé et les habitants se nomment puydômois. C’est notre neuvième séjour en Auvergne-Rhône-Alpes, mais ça fait belle lurette depuis le dernier, la Haute-Loire (43) !

Pour moi, le nom Clermont-Ferrand a toujours été le plus séduisant en France — malgré le fait que je n’en savais rien jusqu’à ce moment ! Ça vient du latin « Clarus Mons », puis « clair mont ». Ai-je mentionné que ma fac était à Claremont, Californie, à côté de Montclair ? Je me sens comme toute ma vie m’amène à ce point. Quant au nom Puy-de-Dôme, merci de ne pas le confondre avec le Puy de Dôme, sans traits d’union, qui est un volcan. Dans la langue de clarté, même les traits d’union ont des significations ! (Je vis pour ces moments.)

Alors, commençons à Clermont-Ferrand, la préfecture. On va prendre la balade la plus étoilée du blog, à partir du Vieux Clermont (2 étoiles Michelin). Là, on passera par la Place de Jaude (1 étoile), la place centrale de la ville, et la Rue des Gras (1 étoile), où cette dernière nous amène jusqu’à la Cathédrale Notre-Dame-de-l’Assomption (2 étoiles), du XIIIe siècle, construit en pierre noire de Volvic, avec de nombreux vitraux de l’époque.

On continue vers la Basilique Notre-Dame-du-Port (3 étoiles), qui fait partie des chemins de Saint-Jacques, avec un chœur et quatre chapelles décorés avec des chapiteaux extraordinaires, des tableaux des XVIIe et XVIIIe siècles, et des vitraux du XIXe siècle. Finalement, on arrive à L’Aventure Michelin (2 étoiles) pour rendre hommage à notre ami Bibendum (bien moins effrayant de nos jours qu’au début) et faire le parcours d’un musée avec presque 140 ans de produits et de pubs Michelin, dont des avions. Il y a 29 restos à Clermont-Ferrand recommandés par leur guide. Si les enfants s’ennuient, amenez-les à l’Académie des Jedis Auvergnat — vous pensez que c’est une blague, mais voici la vidéo de l’INA. Je ne vous mens jamais sur la France, car la réalité est trop intéressante !

Puy Puis, on quitte Clermont-Ferrand pour le village d’Orcines, d’où on peut prendre le Panoramique des Dômes, un train au sommet du Puy de Dôme (3 étoiles), le plus grand volcan de la Chaîne des Puy (3 étoiles), 80 volcans éteints qui s’étirent sur environ 40 kilomètres. Très proche, on trouve le parc d’attractions Vulcania (2 étoiles), où il y a des spectacles et expositions scientifiques sur les volcans ainsi que des montagnes russes. Au village d’Orcival (2 étoiles), un peu au sud, on trouve sa Basilique Notre-Dame-des-Fers (2 étoiles), une basilique du XIIe siècle avec une statue de la Vierge du VIe siècle derrière l’autel. Plus au sud, à Issoire (2 étoiles), on trouve l’Abbatiale Saint-Austremoine (2 étoiles) pour sa fresque du Jugement dernier, et la Tour de l’Horloge (1 étoile), avec une vue panoramique sur la ville.

Au nord-est d’Issoire, on passe par Saint-Gervais-sous-Meymont et son parc naturel Livradois-Forez (1 étoile). Au bord de la Haute-Loire, il y a de belles vues panoramiques des volcans et les forêts qui y poussent. Le parc s’étend jusqu’aux Monts du Forez, que l’on a déjà visité en Loire.

Parc de Livradois-Forez, Photo par JulienChabal, CC BY-SA 3.0

De Saint-Gervais, au nord on trouve la statue la plus inhabituelle de France, mais malheureusement, il n’y a pas de photo gratuite en ligne — la statue de Goldorak à Thiers. Mais je peux lier cette vidéo de sa construction !

Notre prochain arrêt est à Riom, au nord de Clermont-Ferrand. Ici, on trouve le musée régional d’Auvergne (fermé l’hiver, 1 étoile), où « A travers plus de 4 000 objets, on découvre l’Auvergne rurale du XIXe siècle mais aussi un territoire et ses habitants aujourd’hui. » Les collections comprennent des instruments aratoires, des costumes et d’autres objets de la vie quotidienne auvergnate. On finit à Volvic pour visiter le parc de la source de la fameuse eau et aussi le château de Tournoël (juillet et août seulement, 2 étoiles), château-fort du Xe siècle. Maintenant ruiné, il reste un donjon carré et des vues exceptionnelles.

Qui sont les personnages les plus connus du Puy-de-Dôme ? En première place, je dois mettre le philosophe et mathématicien Blaise Pascal (on parlera de sa seule erreur plus tard), né à Clermont-Ferrand, ainsi que l’industriel avec le nom le plus cité sur ce blog, Édouard Michelin. Odile Deray Chantal Lauby y a grandi. Héros du blog pour son rôle de Slimane dans Les Aventures de Rabbi Jacob, Claude Giraud, est né à Chamalières, où le célèbre connaisseur de diamants, Valéry Giscard d’Estaing, était maire. Le prêtre et paléontologue Pierre Teilhard de Chardin est né à Orcines. L’actrice Audrey Tautou, connue mondialement pour avoir joué Amélie Poulain, est née à Beaumont.

Quoi manger dans le Puy-de-Dôme ? Il y a 3 fromages AOP fabriqués là-bas : le Saint-Nectaire, le Bleu d’Auvergne, et la Fourme d’Ambert, Les plats principaux sont généralement partagés avec leurs voisins auvergnats, comme la truffade (des pommes de terre cuites avec du fromage tomme de Cantal), la pintade aux lentilles, et le coq au vin auvergnat. En dessert, on trouve les célèbres pâtes de fruit d’Auvergne, originalement de Clermont, et la pompe aux pommes, ce qu’on a déjà fait en Loire. Pour boire, il y a 5 vins reconnus AOC sous l’appellation Côtes d’Auvergne, ainsi que l’eau Volvic.