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Mon dîner pas-de-calaisien

Vous deviez savoir que j’allais faire quelque chose à l’honneur des friteries après en avoir parlé pendant notre exploration du Pas-de-Calais. Mais je dois vous dire, j’ai cherché le menu de la Friterie hersinoise, et j’ai eu peur. Il n’y aura JAMAIS un hamburger sur la carte ici (je les aime, mais c’est pas français). Puis j’ai fait mes devoirs sur le « welsh », et voilà — je vous présente le welsh complet aux frites et la tarte à la bière.

J’avoue que je suis toujours perplexe. Le welsh est connu chez moi, au point où on pouvait trouver une version surgelée dans nos supermarchés (je viens d’apprendre que c’est discontinué après des décennies). C’est surprenant de trouver un si britannique plat devenu typiquement français. Mais il me semble que la cuisine des friteries est le bon choix pour ce département, exactement comme la cuisine des kiosques de l’Estaque pour les Bouches-du-Rhône.

On va commencer avec les frites, parce que on peut préparer le welsh pendant que les frites baignent dans de la graisse chaude. Je dois la recette des frites façon belge (car on est en Flandre française) au blog Papilles et Pupilles. À son tour, elle la doit au Musée des Frites à Bruxelles. Mes pommes de terre sont des Russet, mieux pour cuire dans un four que frire, mais il n’y a plus un grand choix de variétés ici. Vous devriez utiliser des Caesar ou des Bintje.

Au fait, c’est la seule fois où je préparerai cette recette des frites aux États-Unis. La graisse m’a coûté autant que le reste de ce repas. C’est moins authentique, mais de l’huile de cacahuète pour moi au futur.

Les ingrédients pour les frites (2 personnes) :

  • Environ 300 grammes de graisse de bœuf
  • 350-400 grammes de pommes de terre

Les instructions pour les frites :

  1. Mettre « Ça plane pour moi » et « The Sound of C » à la radio, car on va cuisiner à la belge. Si vous avez mes voisins, appuyer sur le bouton de répétition, hausser le volume et vous mettre des boules Quies.
  2. Mettre la graisse de bœuf dans une grande casserole. Chauffer à 130-140°C.
  1. Pendant ce temps-là, éplucher et couper les pommes de terre, puis laver, égoutter et sécher les frites.
  1. Faire cuire dans la graisse pendant 6 minutes. Attention : la température baissera dès que les frites sont mises dans la casserole. J’ai utilisé des pinces pour les retirer de l’huile.
  1. Laisser reposer les frites pendant 10 minutes. Augmenter la température pour qu’elle hausse jusqu’à 165°C-170°C.
  2. Faire cuire une deuxième fois, 1 1/2 – 3 minutes, jusqu’à ce que les frites soient dorées.
  1. Sécher avec une serviette en papier, saler, et réserver au chaud jusqu’à ce que le welsh soit prêt.

Je dois la recette du welsh complet au site Cuisine AZ. Mon fromage, le cheddar Tillamook, est la meilleure marque que vous allez trouver dans le rayon moins cher de fromages. (Les fromages chers sont typiquement ailleurs dans nos marchés.) La bière est Hoegaarden, car il m’en reste plusieurs. Quant au pain…([Dites-leur !])…euh…([DITES-LEUR !])…c’est-de-la-brioche-de-chez-Walmart-OK !?!

Les ingrédients pour le welsh complet (2 personnes) :

  • 200 grammes de cheddar
  • 2 œufs
  • 2 tranches de pain (pain de campagne ou pain de mie)
  • 2 tranches de jambon blanc
  • 1 cuillère à soupe de moutarde forte ou moutarde à l’ancienne
  • 5 cl de bière blonde
  • Du poivre

Les ingrédients pour le welsh complet :

  1. Préchauffer le four à 180°C (thermostat 6). Dans un plat rectangulaire, déposer les tranches de pain. Mettre une tranche de jambon au-dessus de chacune.
  1. Râper le cheddar dans un robot puis le faire fondre dans une casserole sur un feu très doux.
  1. Remuer avec une cuillère en bois. Quand le fromage fondu est bien liquide, ajouter la bière blonde.
  1. Mélanger jusqu’à ce que le mélange soit homogène. Ajouter la moutarde puis mélanger encore une fois. Verser le tout sur les tranches de pain couvertes de jambon.
  1. Enfourner le welsh complet pendant 10 minutes. Pendant ce temps, faire cuire les œufs au plat — je le fais avec un peu d’huile d’olive et un ramequin pour transférer l’œuf dans la poêle.
  1. Retirer les welsh du four. Avec une spatule, déposer un œuf au-dessus de chaque welsh. Poivrer et servir avec des frites.

En dessert, nous avons la tarte à la bière, un régal inattendu. J’ai trouvé cette recette il y a longtemps, mais j’ai tout de suite su qu’elle serait mon dessert, car elle est inhabituelle. L’alcool disparaîtra pendant la cuisson, et le goût et la texture sont comme rien d’autre. Je la dois à The Good Life France, blogueuse britannique qui habite dans le Pas-de-Calais. Elle la doit à une voisine âgée qui l’a reçue de sa grand-mère, et il n’y a aucune origine plus Coup de Foudre que ça. Vive les mamies !

Sauf pour la pâte sucrée. Utilisez ce qui marche pour vous. Chez moi, c’est la pâte sucrée de Pierre Hermé.

Les ingrédients pour la tarte à bière, moule à tarte de 23 cm :

  • 1/3 recette de pâte sucrée de Pierre Hermé (environ 340 grammes)
  • 250 ml de bière blonde (encore une fois Hoegaarden chez moi)
  • 200 grammes de sucre roux ou vergeoise
  • 3 œufs
  • 35 grammes de beurre doux
  • De la cannelle (facultatif)

Les instructions pour la tarte à la bière :

  1. Étaler votre pâte, la mettre dans le moule à tarte, réparer si besoin, et piquer avec une fourchette. Parsemer avec un peu de sucre roux.
  1. Préchauffer le four à 210°C.
  2. Dans un saladier, mélanger les œufs et le reste du sucre roux. Ajouter la bière en mélangeant. Ajouter la cannelle si désiré. (Ce l’était.)
  1. Verser l’appareil dans le moule à tarte. Couper le beurre en petits dès et les parsemer au-dessus de l’appareil. Ne soyez pas con qui doit ouvrir le four pour ajouter le beurre après avoir oublié cette étape.
  1. Faire cuire pendant 35 minutes ou jusqu’à ce que l’appareil soit ferme.
  2. On peut la servir tiède, mais la tarte sera chaude. Laissez refroidir environ 20 minutes avant de démouler.

J’étais CHOQUÉ quand ma fille m’a demandé si elle pouvait goûter la tarte, la petite prohibitionniste. Mais elle l’adore. Moi aussi. C’est l’un des moments pour lesquels il faut rechercher toute la France !

Je découvre le Pas-de-Calais

J’allais écrire sur le 62, mais il y a évidemment pas de Calais, alors à la prochaine !

([JE VOUS L’AI DIT, LES AMIS ! Je vous ai dit que j’avais déjà entendu ses pires blagues ! Il était SI fier de celle-ci. — M. Descarottes])

On continue maintenant le Tour avec le 62, le Pas-de-Calais. C’est le département le septième plus peuplé et les habitants se nomment pas-de-calaisiens. C’est notre quatrième séjour dans les Hauts-de-France, dont le troisième des quatre derniers. Il ne nous reste qu’un département de plus dans cette région.

Je ne sais pas vous, mais moi, ma carte de Calais vient du début de La Grande Vadrouille, quand le navigateur dit que le bombardier britannique est au-dessus de Calais. En preuve, il montre celle-ci :

©️Studiocanal

Bien sûr, quelques secondes plus tard, ils voient la Tour Eiffel et Sir Reginald dit « Calais, hein. ? » (J’essayerai de dire ça sur la balado avec mon meilleur accent britannique. Pas de promesses.) Non, mais sérieusement, comme toute la France, le Pas-de-Calais mérite d’être connu en soi-même, pas juste pour un gag qui met Paris en vedette.

Commençons donc à Calais, au Parc Saint-Pierre, près de la mer. Dans le parc, il y a de nombreux sites d’intérêt, à commencer juste en face à l’Hôtel de Ville (1 étoile Michelin) et son beffroi de 75 m, qui nous offre une vue panoramique de la ville. On passe par le Monument des Six Bourgeois (2 étoiles), une sculpture de Rodin en souvenir des 6 héros du siège de Calais en 1347. Dans le parc, il y a aussi le Musée-Mémoire 1939-1945 (0 étoiles), situé dans un ancien blockhaus allemand, avec 22 salles d’exposition plein d’objets et coupures de presse de l’époque.

Très proche du parc, on trouve aussi la Cité de la dentelle et de la mode (2 étoiles), dans une ancienne usine. Les collections racontent l’histoire de la dentelle Calais-Caudry, ainsi que son utilisation dans la mode. On suit la côte à l’ouest pour visiter le Cap Blanc-Nez (2 étoiles), qui commence les plages de la Côte d’Opale (2 étoiles). D’ici, on peut voir les célèbres falaises de Douvres (3 étoiles) — sûrement on connaît tous la chanson — et on peut facilement les visiter en prenant un train de l’Eurotunnel. (Quant à la partie « Euro », laissez tomber.) Puisqu’on est là, on arrête chez Fortnum & Mason à Londres pour une tasse de thé — quoi ? J’ai voyagé beaucoup plus loin que ça pour un concert ! — puis on reprend notre tour du Pas-de-Calais.

De la Côte Opale, on voyage au sud, vers Boulogne-sur-Mer en passant par Audinghen (je vais absolument massacrer la prononciation, désolé) pour visiter le Musée du Mur de l’Atlantique (0 étoiles). L’histoire de la Batterie Todt et ses 4 pièces d’artillerie qui pouvaient atteindre l’Angleterre est absolument passionnant, peu importe le manque d’étoiles Michelin. On est au boulonnais principalement pour visiter sa ville fortifiée (2 étoiles). Notre balade ici comprend le Musée et Château Comtal (1 étoile), le remparts, et la Basilique Notre-Dame, tous visibles dans la photo. On tourne vers l’intérieur du département pour Saint-Omer, et sa Cathédrale Notre-Dame (2 étoiles), avec de nombreux œuvres d’art, dont une horloge astrolabe et son grand-orgue du XVIIIe siècle. Juste au sud, à Helfaut, il y a La Coupole (2 étoiles), ancienne base de fusées V2 pendant la SGM.

Notre prochain arrêt est à Azincourt, pour le Centre Azincourt 1415, où on peut étudier la grande victoire des anglais en France, ce qui a donné lieu à ma blague préférée de tout Shakespeare. J’ai faim après tout ça. En route à Lens, on passe par la Friterie hersinoise à Hersin-Coupigny, élue meilleure friterie en France de 2022 par les utilisateurs du site Les Friteries. Rien que la meilleure pour vous, les amis. À Lens, on visite le Musée du Louvre-Lens (2 étoiles) pour sa Galerie du temps, 200 œuvres prêtés du Louvre à Paris qui passent par 5 000 ans d’histoire.

Finalement, on tourne un peu vers le Sud pour visiter Arras. On est là principalement pour ses deux grandes places. La Grand’Place (3 étoiles) et la Place des Héros (3 étoiles) sont toutes les deux des endroits avec plus de 500 ans d’histoire, avec des marchés hebdomadaires et de nombreux petits restos et magasins. Ne ratez pas le beffroi d’Arras (1 étoile) pour sa vue sur la Place des Héros.

Qui sont les personnages les plus connus du Pas-de-Calais ? Il y a le compositeur et pianiste Raymond Lefebvre, né à Calais, célèbre surtout pour la Marche des Gendarmes (vous pouvez voir une partition avec son autographe dans mon post sur la Cinémathèque française). Maximilien de Robespierre, loin d’être mon français préféré, est né à Arras, et parce que l’Être suprême a un sens de l’humour macabre, Joseph-Ignace Guillotin, terreur des bagels, y vivait. Auguste Mariette, découvreur du Sphinx de Gizeh, est né à Boulogne-sur-Mer, ainsi que le footballeur Franck Ribéry. Le réalisateur Robert Enrico est né à Liévin. Fabien Roussel, mon communiste préféré (ça suffit), est né à Béthune. Le grand mathématicien Joseph Liouville est né à Saint-Omer. Pas français, mais bien connus chez moi, trois membres de la famille Carroll (Daniel, John, et Charles) — des pères fondateurs des États-Unis — ont été tous éduqués au collège des Jésuites de Saint-Omer.

Quoi manger dans le Pas-de-Calais ? C’est un menu très similaire à nos autres départements dans les Hauts-de-France : des moules, des frites, des moules-frites. Non, mais sérieusement, en plats principaux il y a aussi le coq à la bière et la fricadelle, cette dernière un genre de saucisson mi-bœuf, mi-porc. En dessert, on trouve la pâtisserie Calais, un gâteau à la crème du beurre au café, et le Rêve de Blériot, un gâteau si compliqué que j’ai trop peur de le tenter. Pour boire, il y a la genièvre des Houlle (près de Saint-Omer) et de la bière picarde, dont la Bière des Hayeytes et la Saint-Omer Bock.

Les crêpes à la normande

Pour finir notre séjour dans l’Orne, j’ai encore une fois choisi un dessert aux pommes. Keldelice mentionne les crêpes à la normande comme une spécialité ornaise, et c’était franchement assez pour moi. Voilà !

Je dois la recette à Cuisine AZ. Comme souvent, je l’ai coupée par deux, mais vu que j’étais seul à la maison quand je l’ai fait, je n’ai utilisé qu’une pomme. Ça a suffi. Dans ma poêle de 20 cm, ces quantités donnent 8 crêpes.

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Mon dîner ornais

Il n’y a vraiment pas deux choses auxquelles il faut penser en créant un dîner ornais. Il faut absolument inclure du camembert ! Et il n’y a rien au monde que j’aime plus que les plats en croûte ([Euh, bonjour ? — Ma fille. Allez vous faire comme Coluche dans L’Aile ou la cuisse ! — Moi]). Alors bien que je ne l’aie pas choisi à l’avance comme dans le Calvados ou le Nord, il fallait être le Camembert en croûte. Voilà !

Mais je dois vous offrir mes excuses pour le coût stratosphérique de ce dîner. Non, c’est pas le fromage coûteux importé ; après tout, mon fromage de 9 $ (environ 8,4 € aujourd’hui) ne vous coûterait que 3 €. C’est pas la pâte feuilletée, qui me coûte une heure et demi de ma vie — ça, c’est 2 € de plus chez Carrefour. Non, c’est le légume de luxe en arrière-plan, la laitue — de prix haussé 2x chez moi, et jusqu’à 5x ailleurs aux États-Unis par rapport à octobre ! (C’était anciennement pareil que chez vous.) C’est le dîner Arnault ici !

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Je découvre l’Orne

On continue maintenant le Tour avec le 61, l’Orne. C’est le département le vingt-troisième moins peuplé, et les habitants se nomment ornais. C’est notre quatrième séjour en Normandie ; il ne nous reste qu’un département normand de plus. Ça me rend triste, parce que comme je vous ai dit, la Normandie aura toujours un avantage injuste chez moi. Et oh là là, vous allez voir exactement à quel point cet avantage existe aujourd’hui !

On commence à la préfecture, Alençon, et surtout avec exactement le genre de renseignement que j’adore, quand les Français m’aident à trouver des pépites. C’est un M. Brisavoine, connaissance de Mme Moutet, qui m’a parlé sur Twitter des vitraux, surtout de l’Arbre de Jesse, de la Basilique de Notre-Dame (1 étoile Michelin). Cette église de la Guerre de Cent Ans, récemment devenue basilique, est aussi remarquable pour ses reliquaires des 3 saints de la famille Martin, Louis, Zélie, et leur fille, Sainte-Thérèse de Lisieux. Avec une telle richesse spirituelle, on passe aussi par la maison natale de Sainte-Thérèse, de nos jours le Sanctuaire Louis et Zélie.

Au Musée des Beaux-Arts et de la Dentelle (1 étoile), on arrête pour les deux collections nommées, dont des œuvres de Courbet et Watteau, ainsi que pour leur collection d’art cambodgien. Aux alentours de la ville, on visite Saint-Céneri-le-Gérei (1 étoile), l’un des Plus Beaux Villages de France, connu pour sa chapelle du XIVe siècle, ses ateliers d’artistes, et son ancienne auberge des sœurs Moisy, dont sa « salle de décapités ». Ce sont des dessins de profils, rien à voir avec Mme Guillotine. ([Dommage, j’avais envie d’en ajouter un. — Mon ex])

Notre prochain arrêt est Carrouges, pour son château (2 étoiles) très inhabituel en briques au lieu de pierres, avec un escalier d’honneur impressionnant, et le site du dernier duel judiciaire de l’histoire en 1386. Je vous conseille ces deux posts du Chat Voyageur pour explorer l’extérieur et l’intérieur en détail. Puis c’est la vieille ville (1 étoile) de Domfront, où on y trouve les ruines des vieux remparts, le donjon de l’ancien château et son jardin public (1 étoile), ainsi que l’Église Saint-Julien (1 étoile), une église en béton du XXe siècle. On part vers l’est, à Argentan, pour deux sites remarqués par Louloute au Chat Voyageur : le Musée Fernand Léger, consacré à l’artiste qui y est né, et le Mémorial de Montormel, (site officiel) où l’armée allemande a bien perdu la Bataille de Normandie en août 1944.

D’Argentan, on tourne un peu au sud-est pour Sées, à ne pas confondre avec See’s, le chocolatier californien célèbre. Mais en passant, on pourrait s’arrêter au Château de Sassy (site officiel), avec un spectaculaire jardin à la française selon les photos de Louloute. À Sées, on visite d’abord la Cathédrale (2 étoiles), érigée du XIIIe au XIVe siècle, avec encore plus de merveilleux vitraux et un autel en marbre du temps de Louis XVI. Puis on visite la Forêt d’Écouves (2 étoiles), pour faire de la randonnée parmi les « chênes, hêtres, sapins, pins sylvestres, et épicéas ».

Un peu à l’est de Sées, on va arrêter à un endroit très important à moi personnellement, l’Abbaye de La Trappe à Soligny-la-Trappe. Les Trappistes sont l’ordre du moine américain Thomas Merton, dont son autobiographie m’a mené aux pensées de Saint-John-Henry-Newman, le modèle pour toute ma personnalité (j’échoue, évidemment, n’étant pas saint).Le reste des américains veulent y passer car notre meilleur gâteau de fruits de Noël est fabriqué par les Trappistes. Si vous ne voulez pas m’accompagner par là, essayez le Musée de l’émigration française au Canada, très proche à Tourouvre-au-Perche. Nous n’avons que deux arrêts de plus. D’abord, le Haras national du Pin (2 étoiles), surnommé le « Versailles du cheval », où on peut assister à des spectacles de chevaux ou découvrir les écuries (ces deux derniers liens sont aussi au Chat Voyageur). On finit à Camembert, village de naissance du fromage célèbre, pour visiter la Maison du Camembert ou la fromagerie Durand, la seule qui reste dans le village lui-même.

Qui sont les personnages les plus connus de l’Orne ? Il y a l’écrivain célèbre, André Breton, né à Tinchebray malgré son nom de famille et fils d’un père des Vosges. Quelle famille perplexe sur la géographie ! Le philosophe et mouche du coche Michel Onfray (je le connais depuis les années 90) est né à Argentan, ainsi que le peintre Fernand Léger (consultez le Chat Voyageur pour plus d’infos) et le linguiste Paul Teyssier. Héroïne du blog et cauchemar des fabricants de baignoires Charlotte Corday est née à Ligneries. Sainte-Thérèse de Lisieux, de qui nous avons aussi parlé dans le Calvados, est née à Alençon, ainsi que le chanteur tragiquement décédé Daniel Balavoine. Marie Harel, inventrice du camembert — le fromage le plus important de la série Miraculous ! — est née à Crouttes.

Quoi manger dans l’Orne ? Est-ce une question ? Le camembert ! Il faut que nous distinguions entre le camembert AOP et le truc vendu aux États-Unis, même importé de la France. Disons-le ensemble : « fromage au lait cru ». Des plats locaux comprennent les tripes en brochette de La Ferté-Macé (à vous), le boudin blanc d’Essay, le boudin noir de Montagne, et la poule au blanc. En dessert, on y trouve la tarte normande, la crêpe à la normande et d’autres spécialités aux pommes. Pour boire, il y a du calvados et du cidre, comme partout en Normandie, ainsi que le poiré, un cidre à base de poires.

Mon dîner oisien

Il y a des fois où j’ai franchement aucune idée de ce que je cuisinerai pour un département après son « Je découvre », pourtant le dîner finit par devenir un vrai coup de cœur. Je pense surtout à la Corse-du-Sud, à l’Eure, à l’Isère… et désormais, à l’Oise. J’adore les deux plats de ce dîner, qui feront partie de ma quotidienne. Tous les deux sont plutôt faciles, mais ont l’air d’un million de dollars, comme on dirait en anglais. Voici le potage Crécy et la mousse au chocolat et au Cointreau avec de la crème Chantilly :

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Je découvre l’Oise

On continue maintenant le Tour avec le 60, l’Oise. C’est le département le vingt-sixième plus peuplé et les habitants se nomment oiseaux oisiens. C’est notre troisième séjour dans les Hauts-de-France.

L’Oise abrite un site extrêmement important dans l’histoire de ce blog, le Château de Chantilly. Peut-être que vous pensez que c’est à cause de son rôle dans le roman de Laura Rahme, The Secret of Chantilly. Peut-être à cause du Musée Condé, où se trouve Les Très Riches Heures du Duc de Berry, mon œuvre d’art préféré. Mais vous auriez TORT ! Le truc qui rend l’Oise aussi important, c’est son apparition dans le patrimoine des anglophones, la série de films James Bond — en ce cas, en tant que le repaire du méchant Max Zorin dans Dangereusement vôtre (la traduction insensée de « A View to a Kill »). N’imaginez jamais que mes priorités sont dans le désordre. ([Pas besoin d’imaginer ce que l’on sait. — M. Descarottes])

Commençons donc au Château de Chantilly (3 étoiles Michelin). Construit sous sa forme présente au XVIe siècle par Anne de Montmorency — qui ne ressemble vraiment pas aux autres Anne — le château a atteint son statut important sous les soins du duc d’Aumale, collectionneur d’art responsable de la restauration du château au XIXe siècle. Le musée Condé (2 étoiles) fait référence aux collections du duc, et est nommé à l’honneur de ses prédécesseurs, les princes de Condé. On y trouve de nombreux tableaux d’artistes comme Fra Angelico et Raphaël, ainsi que des manuscrits et objets d’art. À l’extérieur du château, il y a la Grandes Écuries (2 étoiles), dont le Musée du Cheval (2 étoiles), où on trouve des spectacles équestres et une collection d’équipements, des sculptures ou bien des chevaux de manège. Finalement, ne ratez pas les trois jardins au parc du château (2 étoiles) – à la française, à l’anglaise, et l’anglo-chinois, tous datant du XVIIe au XIXe siècle.

Quelques kilomètres à l’est, on trouve la ville de Senlis. et son joyau, la Cathédrale Notre-Dame (2 étoiles), construit à partir du XIIe siècle. Son portail de la Vierge est un incontournable de la sculpture gothique. Êtes-vous prêt pour quelque chose d’inhabituel pour ce blog ? On est très proche du Parc Astérix (2 étoiles), et moi, je suis horriblement curieux des gens qui montrent des dessins animés sur des bureaucrates aux enfants. ([Il veut dire vous, les amis. — M. Descarottes]) Il y a deux autres parcs d’attraction pas trop loin, La Mer de Sable et le Parc Saint-Paul, mais c’est Astérix qui « pue la France ». En route à Compiègne, on passe par Fontaine-Chaalis pour son Abbaye royale (2 étoiles), avec sa chapelle spectaculaire. Dès que l’on arrive à Compiègne, on visite son château (3 étoiles), avec quatre appartements pour l’Empereur, l’Impératrice, et des autres ; un théâtre d’opéra ; et l’escalier d’honneur, celui de mes rêves. (Je suis fou de grands escaliers, comme ceux-ci à Chicago.) Le château abrite deux musées exceptionnels, de la Voiture (1 étoile) et du Second Empire (2 étoiles).

Êtes-vous ennuyés de tout ce patrimoine 2 ou 3 fois étoilé ? Trop dur ; notre prochain arrêt est le la Clairière et mémorial de l’Armistice (2 étoiles), monument à la Première Guerre mondiale, avec une reconstitution du wagon du maréchal Foch où l’armistice a été signé (et dans lequel un certain leader allemand a convoqué un deuxième armistice). Envie d’une balade dans la nature ? On la prendra dans la Forêt de Compiègne (2 étoiles), avec 1 500 kilomètres de chemins ; consultez l’office de tourisme pour des idées. En quittant Compiègne, on passe au Château de Pierrefonds (2 étoiles), rue Viollet-le-Duc. Et maintenant vous savez qui a restauré ce château à huit tours du XIVe siècle. On finit dans la préfecture, Beauvais, pour visiter la Cathédrale Saint-Pierre (3 étoiles) pour son chœur avec « la voûte la plus élevée des chœurs gothiques : 46,7 m », ses nombreuses sculptures, et ses vitraux impressionnants.

Qui sont les personnages les plus connus de l’Oise ? Le théologien protestant Jean Calvin est né à Noyon. Le couturier Hubert de Givenchy, connu chez moi pour être apparu dans les paroles de la version anglaise de La Cage Aux Folles, est né à Beauvais, ainsi que le mathématicien Henri Lebesgue, l’industriel Jean-Claude Decaux (son nom est partout aux États-Unis), et le comédien Guy Grosso. La grande actrice Claude Gensac, l’une de deux personnes à apparaître ici dès le début, est née à Acy-en-Multien. Jean-Jacques Rousseau, pire père au monde, est décédé à Ermenonville. François Vatel, inventeur de la crème Chantilly, y est décédé. Marcel Dassault, ingénieur aéronautique, était député oisien pendant 28 ans.

Quoi manger dans l’Oise ? La chantilly, bien sûr, mais c’est vraiment pas un plat en soi. Cependant, on a deux traditions qui se relient dans l’Oise, la normande et la picarde (à ne pas confondre avec soit Picard soit Picard). C’est donc une cuisine riche en pommes — des crêpes à la normande, le flan normand, ou bien les aguignettes (fait ici l’année dernière pour l’Épiphanie). Mais c’est pas seulement des pommes normandes ! On est au pays des pommes picardes, avec des produits typiques comme le cidre briard et la rabote picarde (fait ici pour notre séjour dans l’Aisne). Autres produits typiques de l’Oise comprennent la moutarde picarde (parfumée au cidre, au miel, ou à la bière), et le fromage tomme (soit au cidre ou au foin). ([Au foin ? C’est pour moi ! — M. Descarottes]) Pour boire, on y trouve les bières et cidres de Milly-sur-Thérain, les bières Saint-Rieul de Trumilly, et la frënette, une boisson un peu comme un cidre parfumé à la chicorée.

Mon dîner nordiste

Je vous ai dit qu’il y a certaines choses que j’ai gardées depuis le début du blog, en attendant les bons moments. Aujourd’hui, c’est l’un d’entre eux. Très peu de temps après avoir trouvé Laurène Lefèvre, j’ai vu sa vidéo sur les merveilleux, un dessert lillois. Dès que j’ai créé le Tour, j’ai su que les merveilleux seraient mon dessert nordiste. Pour aller avec, voici le waterzooi de poulet :

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Je découvre le Nord

On continue maintenant le Tour avec le 59, le Nord. C’est le département le plus peuplé, et les habitants se nomment nordistes. C’est notre deuxième séjour dans les Hauts-de-France, après l’Aisne (02), bien avant que j’ai même établi mon format.

Je vous rappelle que dans le bilan de la première moitié, j’ai appelé Lille « la ville de mes rêves ». Pourquoi une si forte déclaration pour une ville que j’ai jamais visitée ? On est chez Laurène Lefèvre, Madame Cook&Record elle-même, mais merci de ne pas avoir de mauvaises pensées. Pendant le confinement, elle faisait des vidéos de sa ville sur Facebook, plutôt façon France with Véro. C’était la toute première fois où j’ai vu des choses comme les maisons à pans de bois, ou les bâtiments illuminés. Maintenant, je sais que l’on trouve tout ça ailleurs. Mais même à l’époque, j’ai découvert que Lille avait presque exactement la même taille que San Diego pendant mon enfance. Cette situation me semble idéale.

On commence donc à Lille, et rien de mieux pour me convaincre que j’ai raison que le Palais des Beaux-Arts de Lille (3 étoiles). Vous allez craquer pour leurs collections d’art d’antiquité (égyptien, romain et grec), du Moyen-Âge, et des sculptures (ne ratez pas Le chevalier errant !), et plus — tous ces liens ont plein de belles photos. D’ici, on se promène vers la Grand’Place de Lille (2 étoiles). Ici, on trouve de nombreuses attractions, dont la Vieille Bourse (2 étoiles), un centre commercial du XVIIe siècle avec ses frontons « ornés de cartouches, de guirlandes et de fruits charnus » et la Colonne de la Déesse, érigée en souvenir du siège de 1792. (Chantez avec moi : Pas d’oignon aux autrichiens…) Ne ratez pas le Furet du Nord, le fleuron de cette chaîne de librairies, avec 25 000 m2 de livres, dont un espace pour les mangas. (Ne ratez pas non plus les horoscopes du Gorafi qui a une signe de furet pour ceux comme moi, nés le jour du passage du Scorpion au Sagittaire.) On fait une pause à la Maison du Donut, recommandée par Laurène elle-même — il n’y a pas trop de donuts fait avec du chocolat Valrhona !

D’ici, on continue vers la Place du Lion d’Or, qui nous met au milieu du Vieux Lille (3 étoiles). Ses maisons viennent du XVIIe au CIXe siècles, et les meilleures préservées sont celles de la Place Louise-de-Bettignies. D’ici, on passe par la Cathédrale Notre-Dame de la Treille (1 étoile). Cette cathédrale d’extérieur ul-trop moderne, achevée en 1999, vaut la visite pour son Centre d’Art Sacré et sa collection d’œuvres sur la Passion. Puis, on fait un pèlerinage à la maison natale de Charles de Gaulle (1 étoile), de nos jours musée à l’enfance du général. On termine notre parcours de Lille lui-même à la Citadelle de Lille (1 étoile), construite sous les ordres de Vauban. Ce bâtiment en forme de pentagone est entouré par un parc, dont un monument aux martyres de la Première Guerre mondiale.

Avant de quitter Lille, faut mentionner un événement annuel. La Grande Braderie est un marché aux puces le premier week-end de septembre qui est aussi une grande fête, où les moules sont mangées par des millions. Des tas de coquillages sont partout !

Moules de la Grande Braderie, Photo par
Jiel Beaumadier
, CC BY-SA 3.0,

On part de Lille mais reste dans la Métropole pour visiter la Villa Cavrois (2 étoiles) à Croix, un grand exemple de l’architecture moderne, où le créateur, Robert Mallet-Stevens, était responsable de tout — l’architecture, les meubles, le jardin, etc. À Roubaix, on visite La Piscine (2 étoiles), un musée consacré à l’art et l’industrie dans une ancienne piscine municipale. Essayez leurs collections très inhabituelles de textiles et dessins industriels.

Au sud, on visite Douai, en passant par Wavrin, où les Silpats sont fabriqués (mais rien à visiter). Peut-être qu’il vous surprendra, mais Douai est bien connu chez les anglophones en tant que la source de la Bible de Douai, la traduction en anglais préférée des Catholiques pendant des siècles (sous le nom Douay-Rheims). De nos jours, le Collège anglais n’existe plus, mais il reste le Musée de la Chartreuse (2 étoiles), un musée de beaux-arts où il reste des anciens jardins monastiques. Très proche, il y a le Centre Historique Minier de Lewarde (2 étoiles), le plus grand musée de la mine en France, ancienne fosse de charbon où on peut vraiment descendre sous terre pour expérimenter la vie des mineurs.

On finit à Dunkerque, site d’une bataille héroïque de la Seconde Guerre mondiale et lieu de tournage d’un film traumatisant, Week-end à Zuydcoote, ce que je recommande fortement malgré son histoire sombre. Le Musée Portuaire (1 étoile) traite de l’histoire du port, avec trois bateaux importants, dont le trois-mâts Duchesse Anne, le plus grand voilier visitable de France. Le parcours d’Operation. Dynamo vaut le coup, dont le Musée Dunkerque 1940.

Qui sont les personnages les plus connus du Nord ? Bien sûr, il faut absolument commencer avec le général Charles de Gaulle, né à Lille, ainsi que le grand acteur Philippe Noiret. Le PDG de Louis Vuitton Moët Hennessy, Bernard Arnault, et né à Roubaix. L’évêque très controversé, Marcel Lefebvre, fondateur de la Fraternité sacerdotale Saint-Pie-X, vient de Tourcoing. Ministre préféré des supporters de foot britanniques et vedette du Canard Gérald Darmanin, est né à Valenciennes, puis est député du Nord. Ne me demandez pas d’où vient l’ancienne star des Grosses Têtes, M. Schraen de Dunkerque. (Rien n’est trop obscure pour ce blog !) Plus surprenant, Charles de Batz, mieux connu en tant que le gascon D’Artagnan, était gouverneur de Lille pendant 8 mois vers la fin de sa vie. Louis Pasteur était professeur à l’Université de Lille pendant 3 ans.

Quoi manger dans le Nord ? On se régalera. La cuisine nordiste partage de nombreux plats avec les voisins belges, dont les moules-frites, exactement ce que le nom dit, la carbonade flamande, du bœuf mijoté en bière avec du pain d’épices et de la moutarde, et le potjevleesch, qui veut dire « pot de viande » en flamand, des viandes froides en gelée. D’autres plats locaux comprennent la flamiche au Maroilles, une tarte aux poireaux ou aux oignons avec le fromage de son nom, et les chicons gratinés, dont vous ne devez pas vous soucier de voir ici car ma mère ne peut plus me faire manger des endives.

Il y a de nombreux fromages locaux, dont le Maroilles AOP, le Mont des Cats, la Tome de Cambrai, et le Vieux-Lille pour les amants de fromages forts. En dessert, il y a les merveilleux, des meringues recouvertes de chocolat ; la tarte au sucre, plutôt comme la galette à suc ardennais ; la tarte à la rhubarbe (jamais sans des fraises aux États-Unis), et de nombreuses confiseries, dont les célèbres bêtises de Cambrai et les sottises de Valenciennes. Le Nord est aussi la maison du Carambar, un genre de blague pourrie emballée autour d’un caramel trop dur, parfois parfumé aux goûts de fruits (ce que j’ai acheté). Pour boire, il y a de nombreuses bières locales, dont la Grain d’Orge, la Ch’ti, la Jenlain, la Cambier, et la 3 Monts.

Je ne finis jamais ces colonnes avec une note personnelle, mais je suis dépassé par le Nord. Désolé pour le longueur de cet article, mais il aurait pu avoir deux fois les contenus. J’ai même pas touché l’industrie de dentelles à Caudry et les randonnées sur la Côte d’Opale. Je suis juste absolument bouleversé, car je rêvais d’écrire cet article depuis le moment où j’ai créé ce blog, et j’ai du mal à arrêter !

La flamusse aux pommes

On penserait qu’avec un tel titre, on serait en Normandie (❤️), mais en fait, c’est notre dessert nivernais, 100 % bourguignon. Excusez-moi un moment…(allez-vous-en, M. le moniteur de glycémie, il n’y a que 50 grammes de sucre dans cette recette, alors taisez-vous !). Comme je vous disais, c’est une recette très bonne pour la santé — lisez la fin, je plaisante pas pour une fois — même si pas autant pour nos amis chez Béghin Say ou C&H (mon sucre habituel). Voilà, notre flamusse aux pommes :

Je dois cette recette au site 750g. Il y en a plein sur Internet, mais elles ont toutes quelques choses en commun : environ 50 grammes de sucre et de farine, beaucoup d’œufs, et une belle quantité de lait. La plupart demandent de faire cuire les pommes avant de verser l’appareil ; voici une version qui ne le fait pas.

Mes seuls changements sont moins de pommes et plus de temps de cuisson (j’ai oublié de le saupoudrer avec du sucre vanillé à la fin, mais c’est pas un changement exprès). La recette originale demande 4 pommes, mais 2 pommes Gala étaient assez pour complètement remplir ma poêle (avant la cuisson). On sait jamais la taille, alors je vous recommande de tester votre poêle contre les pommes jusqu’à ce que ce soit assez.

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