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Le cimetière d’applis perdues

Il y a une histoire française que je veux tellement vous raconter, mais étant à 9 000 km, j’attends le droit d’utiliser une photo dont j’ai déjà demandé le droit à la photographe. (Je me demande parfois s’il vaudrait la peine de demander à certains s’ils pouvaient prendre des photos pour moi. Mais il n’y a pas de revenus de ce site, alors pas d’argent pour payer les efforts.) Pendant ce temps-là, je vais vous raconter l’histoire d’une mauvaise habitude.

Je ne peux pas quitter mes vieilles applis. Voilà :

De cette collection dans la photo, il ne reste qu’une seule qui marche toujours, mais je n’arrive pas à me débarrasser du reste. En fait, il y a 29 applis qui ne marchent plus de cette façon. Qu’est-ce qu’elles ont en commun ?

Pour une chose, elles étaient toutes payantes. Il y a quelque chose de dérangeant quand une appli ne marche plus après que je l’ai payée, même si je sais qu’il y a plus de revenus pour le développeur. Par exemple, « Adrenaline Golf » en haut était quelque chose de nouveau et intéressant… en 2009. C’est abandonné depuis une décennie. Mais c’était aussi l’une des premières applis que j’ai achetées, alors j’ai du mal à lui dire adieu.

Il y en a d’autres où le coût n’était pas cher, mais les souvenirs sont précieux, dont les 3 jeu Infinity Blade. Mon tout premier boulot, un CDD pour l’été entre le lycée et l’université, était en tant que testeur de jeux vidéo pour Sony, pour le Super Nintendo et le Sega Genesis. Je vous raconterai cette histoire une autre fois. Mon boulot n’était pas dire si les jeux étaient bons (indice : non) mais plutôt chercher les erreurs. Je n’ai jamais perdu les habitudes, surtout puisque j’ai fini par devenir informaticien. Une fois, j’ai trouvé une erreur dans Infinity Blade II :

Peut-être que vous voyez le problème ? Votre personnage, à droite, perd le contrôle et lève les mains pour se rendre. Ce n’est pas censé arriver ! Personne ne m’a jamais remercié pour le rapport, mais la bogue est disparue plus tard.

Il y a un jeu ici, parmi les pires que j’ai jamais joués, dont je n’arrive pas à m’en débarrasser pour une raison toute différente :

Oui, vous le lisez correctement. J’étais le meilleur joueur au monde entier de ce bazar. 12 670 joueurs n’est rien. Mais j’étais obsédé par ce jeu pendant quelques mois, car c’était à partir de l’un des grands classiques des jeux vidéo, Zaxxon. Mais celui-ci n’a pas du tout mérité hériter ce nom-là. La vérité, c’est que j’étais l’un des dizaines, même pas de milliers qui l’a joué plus qu’une ou deux fois. (On m’a enfin battu, un an plus tard. Je n’ai pas essayé de reprendre ma couronne perdue.)

Je ne manque pas d’espace sur mon portable, mais je pourrais quand même économiser une douzaine de gigaoctets en les jetant. Mais ce serait comme jeter de vieux amis. Un jour, Apple se débarrassera de ces applis pour moi, j’imagine. Mais il serait un peu bizarre de ne plus les avoir, même si elles ne servent déjà à rien.

L’histoire franco-américaine des torpilles

J’ai le moral dans les chaussettes aujourd’hui. On vient de torpiller mes plans de vacances pour cet été. Étant tous malins, vous savez déjà exactement ce que « on » veut dire en ce cas. Disons que « j’ai changé mes plans de vacances juste pour annuler nos négociations sur des vacances de plus d’une semaine et me faire foutre de votre gueule » n’est pas aussi drôle qu’en pense son autrice. On ira toujours en France, plus longtemps que ma dernière visite, mais il faudra que je coupe l’itinéraire par deux.

Mais vu que je pense aux torpilles toute la journée grâce à cette personne, bizarrement obsédée par m’empêcher de voyager en France depuis deux décennies, je vais vous raconter une histoire complètement vraie, de comment la France et les États-Unis ont partagé un drôle de moment dans leur développement.

L’idée de torpilles est beaucoup plus vieux que les États-Unis, et a ses origines en Syrie médiévale, où un chimiste arabe qui a écrit sur la possibilité de bombes marines automotrices en 1275. En Chine, l’officier Jiao Yu a écrit sur l’idée de mines marines pendant le XIVe siècle.

Alors, c’était pas une nouveauté quand l’inventeur américain Robert Fulton, plus connu pour les bateaux à vapeur, a construit son premier sous-marin, le Nautilusen France, sous Napoléon. C’était le début d’une belle histoire de se faire foutre des gueules françaises quant aux sous-marins par les américains, mais laissez tomber pour l’instant. Après tout, c’était aussi un moment important pour la littérature française. De toute façon, M. Fulton a fait construire le Nautilus à Rouen en 1800, et son premier essai s’est passé dans la Seine cette année-là.

Nautilus dessin par Robert Fulton, Domaine public

Mais à quoi sert un sous-marin sans armes ? Fulton a dû inventer quelque chose pour attaquer les navires, et il a revisité l’idée des torpilles. En même temps, en 1803, son premier bateau à vapeur a coulé pendant des tests par le militaire français à Paris, et il est devenu clair que le gouvernement français ne payerait plus ses travaux.

Étant un homme très pratique, Fulton s’est dit, « Mais si les Français ne veulent pas faire sauter des navires avec des sous-marins, peut-être que les Anglais, qui ont déjà eu un peu d’expérience avec mes efforts, aimeront l’essayer ». C’est comment il est arrivé qu’en 1804, Fulton a quitté la France pour l’Angleterre, avec une promesse par Lord Sidmouth de 15 000 $ américains. (Nous n’avons toujours pas inventé la Réserve fédérale, alors le dollar valait toujours une somme.)

Et c’est donc en octobre 1804, les Anglais ont attaqué Boulogne-sur-Mer avec de nombreuses inventions de Fulton, dont un sous-marin et des torpilles. L’attaque ayant eu lieu pendant la nuit, les Français ne savaient même pas qu’il y avait un sous-marin parmi les navires anglaises, mais l’attaque était quand même un échec à cause de bonnes fortifications françaises. Fulton passait un an de plus en Angleterre, mais après la réussite de l’amiral Nelson à Trafalgar, ils ont perdu leur intérêt, et Fulton est revenu aux États-Unis, où ses bateaux à vapeur deviendraient extrêmement importants pour l’exploration de la fleuve Mississippi, partie d’un petit achat dit la Vente de la Louisiane.

Quelle leçon peut-on tirer de cette histoire ? Ne pas se mêler dans des affaires qui concernent des américains et des sous-marins ? Franchement, à l’époque, ce n’était pas grand-chose : ni un côté ni l’autre profitait des inventions de Fulton. Mais il a lancé les premiers efforts qui rendraient finalement le mot « torpiller » un verbe, d’où mes pensées du jour.

Les arnaqueurs d’Instagram

J’allais publier cet article demain, mais il y avait un accident en cuisine ce soir. Un accident délicieux pour être clair, mais il a gâché les dernières photos de mon dessert catalan, alors je le referai demain. C’est quand même facile. Au lieu de ça, on va parler d’un sujet de plus en plus déroutant ces derniers jours, des arnaques sur Instagram.

Avez-vous entendu parler d’une entreprise appelée Shein ? Non, car vous avez tous plus de 20 ans. C’était donc des nouvelles chez moi quand je commençais tout à coup de recevoir des « tags » sur Instagram comme ça, qui promettent que j’ai gagné une carte cadeau :

Hyper-gentil de leur part — bien bilingue, hein ? Il s’avère que Shein est fournisseur de vêtements de la plus basse qualité, mais qui changent de style presque quotidiennement, une sorte de Zara moins le sens d’éthique (lien en anglais). Hahaha, je me tue, Zara est déjà l’une des entreprises les moins éthiques au monde entier ! Mais au moins on ne trouve pas de cette arnaque chez Zara.

Ces tags viennent des comptes de la plus haute réputation, bien sûr :

Je me suis demandé si j’étais juste chanceux, mais une recherche sur Google m’a vite appris que c’est un problème partout. Plus tôt cette semaine, le journal Daily Mail du Royaume-Uni a publié un article sur ce sujet, où Shein a nié — pour l’énième fois — qu’ils ont responsables. Menteurs. Ça arrive apparemment encore et encore chez eux, mais pas chez leurs concurrents. Et même leurs ventes légitimes sont par des moyens similaires, avec des influenceurs payés pour exactement ce genre de chose. Cette même arnaque est apparemment aussi connue dans la presse francophone , ainsi qu’une autre qui promet de vous payer pour devenir « ambassadeur ».

En même temps, je commence aussi à recevoir des messages de mes vieux amis, les brouteurs. Mais ceux d’Instagram me semblent un peu plus intelligents ! Voici une conversation d’il y a des jours :

Dentiste ! C’est pas le « travail » typique de ces gens, des fleuristes et coiffeuses habituellement (pas dans la vraie vie, bien sûr). Je n’ai rien soupçonné quand cette personne s’est abonnée à mon compte, parce qu’« elle » a de vraies photos de travail en tant que dentiste. Rien de scandaleux. Je pensais « Voilà, peut-être qu’elle suit des pâtissiers pour voir qui est responsable de lui fournir de nouveaux clients ! ». Mais dès que l’on dit « Comment allez-vous ? » sur Internet, c’est presque certainement un escroc. L’indice certain, c’est quand ils disent « t’es beau », car je n’ai jamais entendu ça dans la vraie vie, même avant de perdre la plupart des cheveux. La flatterie ne mène nulle part chez moi.

Mais j’ai dit que ces brouteurs sont plus intelligents que d’autres. Comment ça ? Lisez la fin de la conversation. Je n’ai rien coupé. Dès que j’ai dit que je trouve pas mal d’arnaques dans ce genre de conversation, monsieur a arrêté de me parler ! (J’ai fini par le bloquer quand même.)

Je n’ai pas les compétences d’un génie comme Méta-Brouteur, mais il m’amuse de temps en temps de vérifier que j’ai toujours raison et peux détecter les arnaques. Faites attention, Instagram n’est pas plus sûr que le reste d’Internet !

Tout ce que je sais vient de D&D

Avec cet article, j’accepte que je passerai le reste de ma vie tout seul, car on n’est pas censé avouer de telles choses. Aux États-Unis, admettre que l’on a joué à Donjons et Dragons, même une fois, est grosso modo la pire chose avec laquelle on puisse se cafarder. Mais il y a un nouveau film basé sur D&D, et mon histoire en tant que joueur — terminée avec la fin de mes années à la fac ! — est fortement liée avec ce blog.

©️Hasbro/Paramount, Tous droits réservés, Source

D’abord, mettons la table quant à mes attentes pour le nouveau film. En 2000, il y avait un premier film basé sur D&D. Deux semaines après sa sortie, j’ai dû conduire 50 km — jusqu’à la frontière mexicaine ! — pour trouver un cinéma qui jouait toujours le film. Sans vous ennuyer avec les détails, il n’y avait qu’un autre groupe dans le ciné, deux mères avec leurs fils. Et après le film, l’une des mères a tourné vers l’autre et dit « Tu sais, c’était pas aussi nul la deuxième fois ! ». Ça, c’était de loin la meilleure chose cette nuit-là.

Alors, celui-ci ne peut être que mieux, si seulement par hasard.

Donc pourquoi me faire subir à une telle chose ? Un mot — tyrannœil ! La plupart d’entre vous, étant sains d’esprit avec des vies sociales, ne connaissent pas le Manuel des Monstres. La Sainte-Bible des jeux de rôle, ce fameux manuel traite de centaines de monstres que l’on peut rencontrer pendant ses aventures. Et bien qu’il y ait plein de monstres connus d’ailleurs — des vampires, des squelettes, des orques — certains n’existent que dans l’univers D&D. Si on veut les voir, il faut prier qu’un film sorte. Pendant le premier film, il y en avait un :

Capture d’écran de la bande-annonce avec un tyrannœil à gauche

Il n’y a pas de tyrannœil dans la nouvelle bande-annonce, mais il y a quand même un ours-hibou (à 1:04), une mimique (à 1:32), et une bête éclipsante (à 1:35). Tous ces liens sont en français !

Mais je vous ai dit dans le titre, d’après un célèbre livre américain, « Tout ce dont j’ai besoin de savoir, je l’ai appris à la maternelle », que tout ce que je sais, je l’ai appris de D&D. Et alors ? Pour une chose, ses capacités en tant que personnage sont contrôlées par 6 statistiques, déterminées par lancer un dès à vingt faces. La vie est aussi aléatoire de cette façon. Parmi ces statistiques, l’intelligence et la sagesse n’ont rien à voir l’une avec l’autre. Comme on dit en anglais, je suis « l’enfant de l’affiche » pour cette distinction. Dit autrement, la sagesse vient un petit peu en se rendant compte de ce fait.

Il y a un système dit « alignement » qui explique presque parfaitement le comportement des êtres humains selon deux dimensions avec 3 valeurs chacune, la morale et l’ordre. On peut être « chaotique bon » et faire du bien sans se soucier des lois, par exemple, ou « loyal mauvais » et être un vrai salopard en respectant des lois. (Ou « loyal bon » et être ennuyeux aux yeux d’autres.)

Alors, quel est le rapport entre tous ces détails et la France ? D’abord, vous souvenez-vous que j’ai mentionné les Tarasques il y a quelques semaines ? Devinez où j’ai fait leur connaissance — ouaip, dans le Manuel des Monstres !

Mais une partie de ça vient de moi. Je jouait en tant qu’un magicien nommé d’après mon sortilège préféré, Passe-muraille. Et il avait deux fils. Quels noms ai-je choisi pour les deux ? Charles et Napoléon. J’avais 11 ans à l’époque. Vous avez exactement une chance de deviner à quels personnages historiques j’ai emprunté ces noms.

Même mon état d’esprit quant à lancer le blog vient de D&D. Il y avait une campagne (dans le sens des jeux de rôle) dit Ravenloft, où chaque partie du monde, dit un domaine, appartient à un « Sombre Seigneur », tout-puissant dans leur domaine, mais aussi incapable de s’en sortir. Pour les Seigneurs, c’est en fait leur Enfer, mais ils infligent tout genre de terreur à leurs citoyens avec l’aide de monstres, souvent des revenants (vampires, zombies, etc.). Vu que mon ex m’empêchait de voyager à l’étranger pendant une décennie, je pensais au comté d’Orange comme mon Ravenloft personnel. (Qui est le Sombre Seigneur entre nous deux reste une question ouverte. Il y a des raisons dans les deux sens (lien en anglais).) Le blog était mon effort de m’y échapper.

Bon, la vérité, c’est que j’ai vu le nouveau film ce soir après le dîner, avec ma fille. C’était en fait très bien. J’ai une seule plainte — encore une fois, comme tous les films américains de nos jours, ils ont dû humilier les personnages masculins. Ce n’est pas juste mon avis, mais ce qui ont dit les co-réalisateurs (lien en anglais). Mais une fois « réussie » c’est un film plein de monstres que l’on ne peut trouver nulle part ailleurs, une histoire émouvante, et des moments très drôles. Maintenant, j’ai eu assez de films américains pour l’année et je suis bien prêt à reprendre mon régime français !

Le meilleur bonbon de Pâques

Il n’y a presque aucune nourriture américaine que je choisirais de préférence à son équivalent français. Le nougat dans un Snickers, ou le nougat de Montélimar ? Est-ce même une question ? Un cookie de Mrs. Fields ou un macaron de Pierre Hermé ? Ne me faites pas rire ! Mais il y a une chose — une seule chose — où c’est moi qui a la chance et vous ne savez pas ce que vous ratez.

Voici le meilleur bonbon de Pâques, l’œuf Cadbury :

J’ai fait mes recherches. Carrefour ne stocke guère de produits Cadbury. Monoprix ? Rien du tout. Franprix ? Le même que Carrefour. Aldi ? Rien. Ce n’est pas impossible de les trouver en France, mais il vous faudra un spécialiste en épicerie britannique. Par exemple, Le Comptoir Irlandais (une quarantaine de magasins partout en France), ou la boutique en ligne Candy Dukes.

« Mais Justin », vous me dites, « vous avez dit que c’est un truc américain ? » Aux États-Unis, ce chef-d’œuvre de la nourriture industrielle est fabriquée par Hershey sous licence de la société Cadbury. Et nous sommes fous de ces délices, par millions. Ça fait déjà deux semaines où ils ne sont plus disponibles dans n’importe quel supermarché ou pharmacie près de moi — nous les a-do-rons.

C’est quoi la magie au-dedans cet emballage comme un bijou ?

Oui, oui, un œuf en chocolat. Et je serais le premier à vous dire que le chocolat de Cadbury n’a rien de spécial par comparaison avec les autres chocolate industriels. Mais ce n’est pas la magie. Il nous faudra le craquer :

C’est du fondant et rien d’autre. Le « jaune » est juste du colorant, pas un parfum différent. Mais c’est comme manger juste la partie en haut d’un mille-feuille. Du sucre, du sucre, et encore plus du sucre ! Il n’y a rien de mieux au monde entier.

Et pour aller avec, la publicité la plus mimi au monde :

Oui, j’ai toujours les goûts d’un enfant de 5 ans, pourquoi demandez-vous ?

Des canards

Revenons vers la garbure de mardi. Je vous ai dit que j’ai eu une raison pour la préparer en version végétarienne. Quelle est-elle ?

Mon dîner gersois, où j’ai fait le cassoulet, a été la première fois en 14 ans où j’ai mangé du canard. En 2007, j’ai découvert que les canards sont monogames ; certains pour chaque période de reproduction, d’autres pour la vie (lien en anglais car l’entrée sur Wikipédia en français ne le mentionne pas). Cette info était trop pour moi, étant trop humain, et j’ai arrêté de manger du canard. Mais je me sentais que j’ai dû faire un propre cassoulet, alors je l’ai mis à côté. Après, je me sentais plutôt malheureux, et j’ai décidé que ce serait la seule fois. Peut-être qu’un jour vous verrez des escargots ici, mais du canard, pas encore.

Canards en couple, Photo par nick macneill, CC BY-SA 2.0

En fait, pour être complètement honnête, avant de lancer le blog, j’ai pensé à faire seulement des desserts pour le Tour, surtout pour éviter des moment inconfortables. Mais j’ai enfin décidé qu’il y aurait trop de bons moments, et que les desserts seuls ne seraient pas assez. Et quand je pense aux meilleurs dîners du blog (Ardèche, Calvados, Indre, Morbihan), je ne regrette pas le choix. Je regrette que de peur que l’on me dise que le blog n’est pas assez authentique, je n’ai rien dit avant.

C’est une habitude très américaine. Je vous ai parlé avant du fait qu’il m’étonnait que personne ne m’a pas dénoncé pour « l’appropriation culturelle ». Certains me disent de temps en temps qu’ils trouvent mes choix de substitutions inacceptables (merci, mais c’est moi qui dois tout manger) ou que j’ai raté le lien géographique (j’accepte cette critique sans hésitation à chaque fois). Mais bien que je sache exactement où trouver les bons types pour me dire « Allez-vous-en ! », ça reste le cas, et je reste étonné.

J’aimerais croire que la sainte patronne du blog est Jeanne d’Arc, mais si je suis complètement honnête, c’est en fait Woody Allen et toutes ses névroses et idées fixes.

Citizen Kane du Royaume Champignon

Ce soir, ma fille et moi sommes allés au cinéma pour le film le plus important depuis… Sonic 2, le film ? Sonic, le film ? My Little Pony : Le Film ? Les Transformers ? Rabbi Jacob ? La Grande Vadrouille ? Oui, depuis La Grande Vadrouille. Selon ma fille nous, ils étaient les meilleurs films de tous les temps…jusqu’ici. (Ne doutez pas que nous les ayons tous regardés ensemble.)

(Il y a exactement une bonne blague dans My Little Pony, et je ne pouvais pas la trouver en français. Mais si vous connaissez Hungry Hungry Hippos, profitez-en. Quant aux autres, je les recommande tous sans hésitation — et sans plaisanter.)

Je parle, bien sûr, du film Super Mario Bros :

Source, ©️Nintendo/Illumination

Si vous vous souvenez du film original des Frères Mario en 1993, d’abord mes condoléances. En plus, dire que les films basés des jeux vidéo sont nuls jusqu’ici, ce n’est rien d’autre que la vérité. Au-delà de ça, je n’aime pas du tout les films du studio Illumination, que ce soit « Moi, moche et méchant » ou « Comme des bêtes ». Mais j’ai exactement une plainte, et je trouve le reste de ce film absolument parfait.

La plainte est que le film souffre du même problème que presque tous les films américains pendant la dernière décennie. Quand la Princesse Peach se présente pour la première fois — veuillez excuser l’anglicisme à suivre — elle doit être « #girlboss », complètement sans besoin de l’aide de n’importe quel homme pour n’importe quelle raison. Elle se montre plus capable de toutes les tâches de Mario que Mario lui-même, et elle l’humilie. Alors, pourquoi veut-elle qu’il l’accompagne ? Il est nul par comparaison.

Au fait, Nintendo a le bon personnage pour être « #girlboss », Samus Aran, l’héroïne de la série Metroid. Je regarderais un film de Metroid avec plaisir. La Princesse Peach est bien capable depuis le tout deuxième jeu de la série, Super Mario Bros 2, mais ce moment devait plus à la politique américaine qu’au personnage des jeux.

Mais au-delà de ça, je n’ai aucune plainte. La musique fait souvent référence aux jeux, mais on entend aussi « Take On Me« . Du bon goût en musique ! Beaucoup d’objets importants des jeux prennent leur place sans être juste des jouets à vendre plus tard. L’intrigue intègre des centaines de références aux jeux, mais chacune et toutes marchent. Il y a de bonnes raisons pour voir le karting au-delà de vendre plus de copies de Mario Kart 8, par exemple. Je suis complètement d’accord avec la critique du site « Journal du Geek » (sauf qu’ils aiment le moment #girlboss). Le Nouvel Observateur, par contre, bof.

Oui, j’ai lu plus de critiques en français qu’en anglais.

Et le truc le plus Coup de Foudre, la cerise sur le gâteau, vient pendant les crédits. Remarquez-vous quelque chose de familier avec tous ces noms ?

Il s’avère que ce film a été tourné… à Paris. C’est une production fabriquée en France. Je n’ai pas sorti mon portable pendant tout le film, mais pour vous montrer ce renseignement, je n’ai pu résister plus longtemps.

Nous avons un autre film à regarder bientôt au ciné, mais il y a un risque que nous allons le revoir avant qu’il ne quitte le ciné. C’est vraiment aussi bon que ça.

Je découvre l’Allemagne

Je suis parfois très sévère avec les voisins du nord. Mais il me semble que je suis peut-être un peu trop obsédé par certaines histoires. Qu’est-ce qui dit le Joker, « Impossible de préparer une omelette sans casser des œufs » ? Et il n’y a pas de pensée plus française que celle-ci ! Alors, on va faire le tour de l’Allemagne pour voir si j’ai raté quelque chose.

On commence notre tour à Munich, pour visiter le Feldherrnhalle, où a eu lieu le Putsch de la Brasserie en 1923. Pour autant que nous aimons tous les brasseries, le résultat le plus important de ce jour-là a été qu’un jeune ancien caporal s’est retrouvé avec plein de temps pour penser et écrire. On y reviendra en bas. À ne pas rater non plus, c’est le Hofbräuhaus am Platzl — pas la même brasserie, mais aussi cher au jeune caporal, qui y tenait des « meetings » politiques (pour ce but, je permets l’anglicisme). On peut y dîner toujours — voici le site pour réserver une table.

Je remarque que ni le Hofbräuhaus ni la société Hofbräu n’offre de site en français. Curieusement.

Capture d’écran personnelle

On passe à Berlin, la capitale. Qui aimerait rater une visite au célèbre bâtiment du Reichstag, où il y avait une petite incendie en 1933 ? De nos jours, il abrite le Bundestag, le parlement allemand. Pendant que le pays était divisé en deux, les Communistes l’a laissé périmer. Mais dès que le pays s’est réunifié, le gouvernement de l’ouest — on dirait le Bonn côté — a décidé qu’une Allemagne réunifiée devait reprendre sa siège dans le même endroit que le gouvernement de l’ancien caporal. Ils y ont donc construit une nouvelle coupole en verre ; voici le lien pour réserver un tour. Les Allemands de 1933 ayant été de grands fans des feux, on veut aussi voir le Bebelplatz, anciennement l’Opernplatz ou le Kaiser-Franz-Joseph-Platz, où les citoyens se réchauffaient avec le chaleur des livres.

Même un leader a besoin de se ressourcer de temps en temps, alors on va quitter Berlin pour Berchtesgaden, près de l’Autriche. Ici, on trouvait le Berghof, ancien résidence de vacances. Il n’existe plus, mais il y a toujours le Kehlsteinhaus, construit exprès par son parti. Surnommé « Le Nid d’Aigle » par l’ambassadeur français à l’époque — je jure que je ne le connaissais pas avant ! — cet endroit est de nos jours un resto ouvert l’été (carte en allemand, anglais et italien). Les prix sont fortement raisonnables ! Pour ceux qui veulent une station balnéaire plutôt qu’un resto, le parti a construit Prora (mais ne l’a jamais utilisée pour son but original), toujours une destination pour les touristes avec des chambres à partir de 140 € le soir.

Parlons brièvement de leur politique. S’il y a quelque chose pour laquelle les Allemands sont justement renommés, ça doit être leur loi sur la pureté. Depuis 1516, ils ont la loi la plus stricte au monde pour garantir qu’aucune espèce inférieure ne se mélange avec le symbole du Vaterland. Naturellement, je parle de la bière. À quoi pensiez-vous ?

Quant aux affaires étrangères, pendant les années 30, ils ont signé leurs traités avec les russes en secret ; maintenant, ils le font à l’air libre. Chacun a fait sa propre contribution à la stabilité mondiale !

Les Allemands sont très bien cultivés, avec une longue tradition également littéraire que cinématographique. Par exemple, un certain chef d’État allemand a écrit un livre qui a vendu plus de 12 millions d’exemplaires, juste dans son propre pays. Ça ne comprend même pas les 100 000 exemplaires vendus en Inde ! Montrez-moi un autre chef d’État qui a connu un tel succès littéraire ! Obama ? Pas proche du tout ! Churchill, en 6 tomes ? Ne me faites pas rire, personne ne lit tout ça !

En fait, c’est leur Triomphe du ciné, qui est peut-être leur plus grande réussite artistique, suivi par Olympia. C’est à Mme Riefenstahl, réalisatrice des deux, que l’on doit la popularité des techniques de contre-plongée et contre-champs.

Il est hors question que les Allemands sont aussi les personnages les plus populaires dans le cinéma d’autres pays. Que ce soit les films Indiana Jones des États-Unis ; La Grande Vadrouille, Le Mur de l’Atlantique, ou L’As des As en France ; ou bien La Chute, une collaboration allemande-autrichienne-italienne, les Allemands inspirent le monde entier. J’oserais dire que cette scène de La Chute est le clip le plus bien aimé d’Internet !

Un exemple parmi des milliers

De nos jours, les Allemands sont un peu nostalgiques, et ont fait un film — Il est de retour — pour imaginer avoir encore une fois leur personnage cinématographique le plus populaire :

Finalement, on doit se rendre compte de leur tradition musicale. De toutes les compositions pour des quatuors à cordes au monde entier, ma préférée — sans blague ! — est le premier mouvement de celui en ut majeur op.76 no 3. Mais peut-être que vous reconnaîtrez le deuxième mouvement :

Oui, c’est « Deutschland uber alles », ou le Deutschlandlied. Hymne national de l’époque des Kaisers jusqu’à maintenant, seulement les Communistes l’ont abandonné. Pour être clair, les Allemands ne chantent plus — officiellement, ce n’est pas interdit — les parties effrayantes.

Après toutes ces recherches — où j’ai découvert quelques choses que je ne savais pas déjà ! — je me rends compte que j’avais tort. J’offre mes excuses aux voisins du nord.

Image par brgfx sur Freepik, colorée par moi avec Photoshop

POISSON D’AVRIL !

Une histoire vraie et personnelle à suivre la semaine prochaine…

Pour une fois, une réussite

J’allais publier Langue de Molière pour cette semaine aujourd’hui, mais franchement, bien que j’aie déjà eu l’idée il y a des semaines, l’article n’est pas assez cuit pour vous servir. J’ai d’autres chats à fouetter ; c’est donc reporté à la semaine prochaine. Mais, je peux au moins annoncer une réussite.

Il y a trois semaines, je vous ai parlé de mes efforts à obtenir une copie de la version « Collectionneuse » du prochain jeu dans la série The Legend of Zelda. Aujourd’hui, j’ai enfin réussi grâce à l’appli HotStock, qui m’a dit que c’était disponible chez Walmart (en pré-commande, bien sûr). VOILÀ :

Malheureusement, vous avez bien lu le prix. C’est cher ! Mais s’il y a un enfant qui le mérite, c’est ma fille. Elle ne demande presque rien. C’est difficile de cuisiner pour elle, car elle a les goûts typiques des enfants américains — les macaronis au fromage, le sandwich au fromage grillé, la pizza — et ON lui a interdit de manger de la viande. (Je ne peux pas vous dire qui est « on », mais sachez que nous deux disons « ON » en anglais, avec un accent fort, pour faire référence à certaines personnes sans les nommer. C’est le franglais.) Mais c’est ma seule plainte. Ses notes sont toujours excellentes, elle ne me ment pas, ça fait déjà 4 ans depuis la dernière fois où elle est arrivée en retard à l’école et c’était MA faute — vraiment, je suis chanceux. C’est-à-dire, je suis heureux de payer le jeu.

MAIS !

Je reste moi-même, et je ne vais pas lui dire la vérité. Je dois être à la profondeur de ma réputation ! Je vais donc mentir comme un tapis. Quoi, vous ne connaissez pas cette expression ? Bon, il me faudra vous apprendre un peu d’anglais.

En anglais, le verbe « lie » a des versions transitives et intransitives. La version transitive veut dire « mentir » ; la version intransitive a plusieurs sens dont « allonger », « rester » ou « reposer ». C’est donc un jeu de mots de dire « lie like a rug », parce que ça confond les deux formes. Cette expression est très commune, et veut dire « mentir sans honte ».

Alors, qu’est-ce que je ferai ? Je lui dirai que je n’ai pas arrivé à trouver le bon jeu, et que j’ai donc commandé la version standard. Mais quand elle ouvre le colis ? VOILÀ ! En fait, j’aurai une surprise pour vous ce jour-là, et elle la connaît déjà, mais vous allez aussi devoir patienter. Jusqu’au 17 mai, car ce sera son premier jour de retour chez moi après la sortie du jeu.

Vraiment, je suis le père le plus méchant au monde.

Un troisième jour dans notre vie

C’est le 29 mars, ce que je considère mon « anniversaire français », parce que c’était le jour où j’ai suivi ma première leçon (version 2021, où j’ai lancé ma chaîne YouTube, et 2022, où j’ai enfin atteint un niveau B2 en toutes les compétences). C’est encore une fois l’occasion d’une fête !

Je retourne toujours au même thème, ma chanson préférée de tous les temps, car elle exprime parfaitement tout ce que la France veut dire pour moi. Comment ?

Pour une chose, elle est écrit dans mon temps préféré, le futur. La sonorité n’est comme rien d’autre, car il y a une belle voyelle ouverte à la fin qui permet de la chanter avec toute la bouche. (Pas autant quant aux formes pour « moi » et « vous », mais montrez-moi la chanson écrit au vous du futur. J’attendrai en cherchant l’égotiste qui s’adresse à soi-même dans ses chansons.)

Pour une autre chose, elle exprime à la fois de l’espoir et du désespoir. Ce n’est pas un optimiste qui se plainte que « le monde est drôlement moche ». Nico change souvent les paroles pour dire « salement moche » — pas mieux ! Mais il y a aussi l’espoir « qu’un jour dans notre vie, le rêve continuera ». Il n’y a aucune autre pensée à laquelle je tiens aussi fort, malgré le fait que pendant l’année dernière, il y avait autant de bas (voilà, voilà, et surtout voilà) que de hauts (voilà, voilà, et surtout voilà).

Et ça nous mène au gâteau des photos ici. C’est mon rêve depuis longtemps de créer un dessert « signature » du blog, et surtout que ce soit mon rêve d’une forêt noire. Il y a des mois, je croyais que j’avais enfin trouvé la bonne idée, quelque chose d’original à moi. J’ai passé du temps pendant les deux derniers jours pour le fabriquer. Mais l’idée dans la tête n’a pas complètement marché à la fin. En particulier, le gâteau s’est effondré en le coupant, assez que les 6 couches paraissaient n’être que 4. Je comprends bien le problème — les couches vers le bas ne pouvaient pas supporter le poids du haut. Mais les solutions dans la tête n’arrivent toujours pas à préserver mes buts.

Pour sa part, ma fille — qui est parfois un ange — a insisté que je mets son sceau sur la photo, car le goût était presque exactement ce dont j’ai rêvé. Mais bien que je ne sache toujours pas si j’écrirai sur ce que je voulais faire, c’est en fait une jolie métaphore pour cette aventure.

Il me semble qu’au-delà de Saint-Pierre-Hermé, on est élève toute la vie. Cette pensée n’est pas du tout originale à moi — même les Meilleurs Ouvriers de France vous diront que l’on n’arrête jamais d’étudier et de s’améliorer. Yann Couvreur (pas un MOF) dit qu’il ne se considère pas comme l’un des meilleurs pâtissiers en France, et il ne plaisante pas en le disant malgré le fait qu’il s’installe aux Galeries Lafayette Haussmann !

Ce n’est pas seulement une question d’une compétence comme la pâtisserie. Je pourrais dire la même chose sur chacune de mes activités — la grammaire, la lecture, écouter la radio, etc. Je n’y arriverai jamais ; je ne dirai jamais « Je l’ai maîtrisé ». Pourtant, j’ose de plus en plus, parce que même si je suis trop ambitieux, l’âme française ne dit jamais « c’est assez bon », ne se vante jamais de faire des bêtises dans son travail. On râle — comme on râle ! — mais on n’abandonne jamais. C’est ça, ma France.