Il n’y a rien de plus difficile pour moi de résister que des boulettes. En partie, c’est parce que j’en fais les plus grosses, mais c’est aussi mes racines bien italiennes en cuisine. Alors, dès que j’ai lu sur les boles de picolat, il n’y avait plus de question de mon dîner. C’est un plat 100 % paysan, donc 100 % Coup de Foudre.
La bonne chose serait les accompagner avec des pâtes ou du riz, mais j’ai déjà fait une autre sorte de boulettes avec du riz dans le Gard, et je viens d’avoir ma prise de sang trimestrielle diabétique hier matin. Je me sens donc trop coupable pour manger des pâtes, bien que je n’aie toujours pas les résultats. De toute façon, ce plat n’est pas le plus beau, mais oh là là, c’est une réussite de goût. Ce sont les meilleures boulettes (avec leur sauce) que j’aie fait, et pas seulement pour le blog !
Je dois avouer que ce n’est pas la Langue de Molière planifiée. J’avais eu une anecdote sur comment le français commençait à changer comment je parle anglais, mais je ne l’ai pas mise dans mes notes, et ce que je mérite m’est arrivé — je l’ai oubliée. Il y a en fait de nombreuses anecdotes sur ce sujet-là, mais celle-là avait été particulièrement drôle. Ça, je me souviens. Au lieu de cet article, voilà un qui restait dans mes brouillons, à partir d’une conversation avec la blogueuse les2olibrius.
C’est rarement le cas que je peux lire les articles d’autres blogueurs sans un dictionnaire sous la main, et encore plus avec mes livres. Mais après quelques années, j’ai un bonne idée de mon processus pour trouver les traductions. Je commence presque toujours avec Google Traduction. Si ça me donne une réponse assez logique, on est fini. Mais souvent, Google me donne des réponses…moins utiles :
Capture d’écran personnelle
Pour ces moments, j’ai le dictionnaire pour lequel j’ai payé cher :
C’est souvent utile exactement où Google ne l’est pas :
Capture d’écran
Mais ce dictionnaire a aussi ses problèmes pour moi. Étant le dictionnaire Oxford, il a un sens de l’anglais comme il est utilisé sur une petite île par 68 M des (environ) 400 M anglophones natifs dans le monde. Il arrive parfois des moments comme celui-ci, où la « traduction » est aussi inconnue chez moi que le mot français. Quel que « yomp » veuille dire, je ne le connais pas du tout :
Si vous avez l’impression que je suis plus impérialiste quant aux autres anglophones qu’aux francophones, vous n’avez pas tort. (Et merci de vous rappeler la première règle ici.) Au fait, Wikipedia en anglais dit que « yomp » est de l’argot des Royal Marines.
Parfois, je résoudre ces problèmes avec le Trésor de la Langue française ; après tout, c’est mieux d’avoir une explication détaillée :
Mais il y a des fois où je sais tout de suite que toutes ces ressources ne serviront à rien. C’est d’où ma conversation avec les2olibrius. Elle est dernièrement tombée amoureuse d’un néologisme, « copinaute » et son synonyme « aminaute ». Je sais au premier regard que je ne vais pas les trouver dans n’importe quel des dictionnaires en haut. Pour ceux-ci, j’ai besoin de spécialistes. Et j’ai deux à recommander.
D’abord, il y a Wiktionary. Quiconque peut l’éditer, et ça peut être un problème. Mais quand on veut chercher un mou à travers de nombreuses langues en même temps, il n’y a rien de mieux, peut-être rien d’autre. Voici un exemple. Light&Smell a parlé d’un « malandrin » dans une chronique. Google m’a donné « malandrine » en anglais. Super-utile, merci les gars. Mais Wiktionary ? Ça me dit qu’il vient de l’italien, puis me donne une explication de l’italien en français. Super-efficace !
Mais pour un néologisme comme « aminaute », Wiktionary n’est pas utile non plus. En ces cas, j’ai le dictionnaire du dernier recours — L’Internaute. Ils ont des collections remarquables d’argot et d’expressions. Mais cette fois, même L’Internaute nous échoue — j’ai dit à les2olibrius que j’y ai trouvé aminaute, et maintenant, ce n’est plus là ! Je suis 100 % certain que c’était là ; je n’aurais pas dit une telle chose sans raison. Bon, c’est pourquoi il faut chercher de nouvelles sources pour les néologismes — même les dictionnaires risquent de changer !
Avec cet article, j’accepte que je passerai le reste de ma vie tout seul, car on n’est pas censé avouer de telles choses. Aux États-Unis, admettre que l’on a joué à Donjons et Dragons, même une fois, est grosso modo la pire chose avec laquelle on puisse se cafarder. Mais il y a un nouveau film basé sur D&D, et mon histoire en tant que joueur — terminée avec la fin de mes années à la fac ! — est fortement liée avec ce blog.
D’abord, mettons la table quant à mes attentes pour le nouveau film. En 2000, il y avait un premier film basé sur D&D. Deux semaines après sa sortie, j’ai dû conduire 50 km — jusqu’à la frontière mexicaine ! — pour trouver un cinéma qui jouait toujours le film. Sans vous ennuyer avec les détails, il n’y avait qu’un autre groupe dans le ciné, deux mères avec leurs fils. Et après le film, l’une des mères a tourné vers l’autre et dit « Tu sais, c’était pas aussi nul la deuxième fois ! ». Ça, c’était de loin la meilleure chose cette nuit-là.
Alors, celui-ci ne peut être que mieux, si seulement par hasard.
Donc pourquoi me faire subir à une telle chose ? Un mot — tyrannœil ! La plupart d’entre vous, étant sains d’esprit avec des vies sociales, ne connaissent pas le Manuel des Monstres. La Sainte-Bible des jeux de rôle, ce fameux manuel traite de centaines de monstres que l’on peut rencontrer pendant ses aventures. Et bien qu’il y ait plein de monstres connus d’ailleurs — des vampires, des squelettes, des orques — certains n’existent que dans l’univers D&D. Si on veut les voir, il faut prier qu’un film sorte. Pendant le premier film, il y en avait un :
Capture d’écran de la bande-annonce avec un tyrannœil à gauche
Il n’y a pas de tyrannœil dans la nouvelle bande-annonce, mais il y a quand même un ours-hibou (à 1:04), une mimique (à 1:32), et une bête éclipsante (à 1:35). Tous ces liens sont en français !
Mais je vous ai dit dans le titre, d’après un célèbre livre américain, « Tout ce dont j’ai besoin de savoir, je l’ai appris à la maternelle », que tout ce que je sais, je l’ai appris de D&D. Et alors ? Pour une chose, ses capacités en tant que personnage sont contrôlées par 6 statistiques, déterminées par lancer un dès à vingt faces. La vie est aussi aléatoire de cette façon. Parmi ces statistiques, l’intelligence et la sagesse n’ont rien à voir l’une avec l’autre. Comme on dit en anglais, je suis « l’enfant de l’affiche » pour cette distinction. Dit autrement, la sagesse vient un petit peu en se rendant compte de ce fait.
Il y a un système dit « alignement » qui explique presque parfaitement le comportement des êtres humains selon deux dimensions avec 3 valeurs chacune, la morale et l’ordre. On peut être « chaotique bon » et faire du bien sans se soucier des lois, par exemple, ou « loyal mauvais » et être un vrai salopard en respectant des lois. (Ou « loyal bon » et être ennuyeux aux yeux d’autres.)
Alors, quel est le rapport entre tous ces détails et la France ? D’abord, vous souvenez-vous que j’ai mentionné les Tarasques il y a quelques semaines ? Devinez où j’ai fait leur connaissance — ouaip, dans le Manuel des Monstres !
Mais une partie de ça vient de moi. Je jouait en tant qu’un magicien nommé d’après mon sortilège préféré, Passe-muraille. Et il avait deux fils. Quels noms ai-je choisi pour les deux ? Charles et Napoléon. J’avais 11 ans à l’époque. Vous avez exactement une chance de deviner à quels personnages historiques j’ai emprunté ces noms.
Même mon état d’esprit quant à lancer le blog vient de D&D. Il y avait une campagne (dans le sens des jeux de rôle) dit Ravenloft, où chaque partie du monde, dit un domaine, appartient à un « Sombre Seigneur », tout-puissant dans leur domaine, mais aussi incapable de s’en sortir. Pour les Seigneurs, c’est en fait leur Enfer, mais ils infligent tout genre de terreur à leurs citoyens avec l’aide de monstres, souvent des revenants (vampires, zombies, etc.). Vu que mon ex m’empêchait de voyager à l’étranger pendant une décennie, je pensais au comté d’Orange comme mon Ravenloft personnel. (Qui est le Sombre Seigneur entre nous deux reste une question ouverte. Il y a des raisons dans les deux sens (lien en anglais).) Le blog était mon effort de m’y échapper.
Bon, la vérité, c’est que j’ai vu le nouveau film ce soir après le dîner, avec ma fille. C’était en fait très bien. J’ai une seule plainte — encore une fois, comme tous les films américains de nos jours, ils ont dû humilier les personnages masculins. Ce n’est pas juste mon avis, mais ce qui ont dit les co-réalisateurs (lien en anglais). Mais une fois « réussie » c’est un film plein de monstres que l’on ne peut trouver nulle part ailleurs, une histoire émouvante, et des moments très drôles. Maintenant, j’ai eu assez de films américains pour l’année et je suis bien prêt à reprendre mon régime français !
On continue notre série d’interviews, 5 Minutes Avec, avec Francine Boilard du Blogue de Phrenssynnes. Francine est une amie du blog depuis longtemps, et écrit sur le voyage, la cuisine, et la littérature.
Si vous vous intéressez à être invité, voici les infos, avec les règles et comment me contacter. Je viens d’enregistrer le quatrième interview ce week-end, le premier dans l’Hexagone, et tous les invités vous diront que ça prend moins de 10 minutes à chaque fois, et que je suis très souple quant à l’horaire.
Puis-je vous dire à quel point c’est un honneur de parler avec mes invités ? Il y a une certaine irréalité quand on parle avec du monde seulement par Internet ; puis on reçoit une carte postale ou un coup de fil, et tout à coup, c’est réel. 3 ans après le début, cette aventure a toujours de la magie pour moi, même s’il y a parfois de la douleur pour aller avec.
Vu que je vous ai parlé d’un match la dernière fois, je dois vous partager le résultat — catastrophe totale. D’une côté, je suis déçu. D’autre côté, tous les tels matchs des équipes de San Diego sont de gros échecs — en 1984, en 1995, et en 1998 (3 liens en anglais). Nous nous habituons à cela.
Notre blague de la semaine traite de la bière. Je vous rappelle qu’à partir de cette saison, les blagues sont disponibles du menu en haut, avec une semaine de retard. Nos articles sont :
On continue maintenant le Tour avec le 66, les Pyrénées-Orientales. C’est le département le cinquante-quatrième plus peuplé, et les habitants se nomment catalans ou roussillonnais. C’est notre onzième séjour en Occitanie, et deuxième de suite.
On commence à la préfecture, Perpignan (2 étoiles Michelin dans ma copie imprimée). Le joyau architectural de la ville est Le Castillet (1 étoile), une tour du XIVe siècle devenue le musée des Arts et Traditions Populaires Catalans. Puis on visite la Cathédrale de Saint-Jean-Baptiste (1 étoile) construit entre les XIVe et XVIe siècles, où la vedette est sa campanile du XVIIIe siècle. On veut pas rater le palais des rois de Majorque (1 étoile), royaume catalan qui n’a duré qu’une quatre-vingtaine d’années. Finalement, quelque chose d’inhabituel, le Musée des monnaies et médailles Joseph-Puig (1 étoile), avec une collection de 45 000 monnaies de Grèce, de Rome, et de l’Egypte, ainsi que des monnaies roussillonnaises.
On tourne vers le sud-ouest à Céret, pour son Musée d’Art moderne (2 étoiles), avec ses collections de tels artistes que Marc Chagall, Henri Matisse et Joan Miró, et le Pont du Diable ([Vous étiez là quand ? — Mon ex]), un pont médiéval voûté. En tournant vers la côte, on passe par le Pic des Trois Termes (2 étoiles), un pic de 1 100 m, pour des vues des ravins des Albères, jusqu’à la baie de Rosas en Espagne. À Banyuls-sur-Mer, on monte sur le Cap Réderis (2 étoiles), pour une vue magnifique. On passe aussi par Argèles-sur-Mer pour la Côte Vermeille (2 étoiles), une côte pleine de rochers et de randonnées spectaculaires. Passons aussi par le port de Collioure pour nous promener le long de la plage, goûter des anchois, et peut-être visiter le Château royal.
On tourne au nord maintenant. Juste au-delà de Perpignan, on trouve le Mémorial du Camp de Rivesaltes. Vous êtes en balade avec Un Coup de Foudre, et ça veut dire que l’on arrête partout pour la SGM, en ce cas, un ancien camp de déportation de juifs et de républicains espagnols. Très proche, on visite la Forteresse de Salses (2 étoiles), ancienne forteresse espagnole où la France a souffert une rare défaite aux espagnols en 1503. Les comptes étaient bien réglés en 1659 avec le Traité des Pyrénées. Après ça, on visite le Musée de Préhistoire de Tautavel (1 étoile), pour des fossiles de l’homme de Tautavel, les êtres humains d’il y a 450 000 ans. ([C’est-à-dire Papa et ses amis — La Fille]) On finit notre séjour aux Orgues d’Ille-sur-Têt (2 étoiles), un site protégé (accès limité) avec des falaises et colonnes de pierre naturelles.
Quoi manger dans les Pyrénées-Orientales ? En plats géants, on trouve la cargolade, des centaines d’escargots grillés sur un feu de bois, avec du pain et de l’aïoli. C’est pour un groupe de la taille de mon groupe de cinéphiles, même pas une famille ! (Ils peuvent manger les escargots ; moi, je vole les desserts.) Ily a aussi l’ollada, un pot au feu catalan avec 7 sortes de viande de porc (on ne cuisine que pour des armées ici), et les boles de picolat, des boulettes de bœuf et de porc à la sauce tomate, aussi assez grandes pour servir en tant que boulets de canon. En dessert, il y a le « Pa d’ous », ou flan catalan ; la « crema cremada » ou crème catalane ; et le bras de gitan, une génoise fourré de crème pâtissière. Pour boire, il y a le Byrrh (prononcé exactement comme le mot pour bière en anglais, « beer »), un apéritif à base de vins du Roussillon, et bien sûr les vins du Roussillon eux-mêmes, dont 14 vins AOC et 2 IGP.
Il n’y a presque aucune nourriture américaine que je choisirais de préférence à son équivalent français. Le nougat dans un Snickers, ou le nougat de Montélimar ? Est-ce même une question ? Un cookie de Mrs. Fields ou un macaron de Pierre Hermé ? Ne me faites pas rire ! Mais il y a une chose — une seule chose — où c’est moi qui a la chance et vous ne savez pas ce que vous ratez.
Voici le meilleur bonbon de Pâques, l’œuf Cadbury :
J’ai fait mes recherches. Carrefour ne stocke guère de produits Cadbury. Monoprix ? Rien du tout. Franprix ? Le même que Carrefour. Aldi ? Rien. Ce n’est pas impossible de les trouver en France, mais il vous faudra un spécialiste en épicerie britannique. Par exemple, Le Comptoir Irlandais (une quarantaine de magasins partout en France), ou la boutique en ligne Candy Dukes.
« Mais Justin », vous me dites, « vous avez dit que c’est un truc américain ? » Aux États-Unis, ce chef-d’œuvre de la nourriture industrielle est fabriquée par Hershey sous licence de la société Cadbury. Et nous sommes fousde ces délices, par millions. Ça fait déjà deux semaines où ils ne sont plus disponibles dans n’importe quel supermarché ou pharmacie près de moi — nous les a-do-rons.
C’est quoi la magie au-dedans cet emballage comme un bijou ?
Oui, oui, un œuf en chocolat. Et je serais le premier à vous dire que le chocolat de Cadbury n’a rien de spécial par comparaison avec les autres chocolate industriels. Mais ce n’est pas la magie. Il nous faudra le craquer :
C’est du fondant et rien d’autre. Le « jaune » est juste du colorant, pas un parfum différent. Mais c’est comme manger juste la partie en haut d’un mille-feuille. Du sucre, du sucre, et encore plus du sucre ! Il n’y a rien de mieux au monde entier.
Et pour aller avec, la publicité la plus mimi au monde :
Oui, j’ai toujours les goûts d’un enfant de 5 ans, pourquoi demandez-vous ?
Revenons vers la garbure de mardi. Je vous ai dit que j’ai eu une raison pour la préparer en version végétarienne. Quelle est-elle ?
Mon dîner gersois, où j’ai fait le cassoulet, a été la première fois en 14 ans où j’ai mangé du canard. En 2007, j’ai découvert que les canards sont monogames ; certains pour chaque période de reproduction, d’autres pour la vie (lien en anglais car l’entrée sur Wikipédia en français ne le mentionne pas). Cette info était trop pour moi, étant trop humain, et j’ai arrêté de manger du canard. Mais je me sentais que j’ai dû faire un propre cassoulet, alors je l’ai mis à côté. Après, je me sentais plutôt malheureux, et j’ai décidé que ce serait la seule fois. Peut-être qu’un jour vous verrez des escargots ici, mais du canard, pas encore.
En fait, pour être complètement honnête, avant de lancer le blog, j’ai pensé à faire seulement des desserts pour le Tour, surtout pour éviter des moment inconfortables. Mais j’ai enfin décidé qu’il y aurait trop de bons moments, et que les desserts seuls ne seraient pas assez. Et quand je pense aux meilleurs dîners du blog (Ardèche, Calvados, Indre, Morbihan), je ne regrette pas le choix. Je regrette que de peur que l’on me dise que le blog n’est pas assez authentique, je n’ai rien dit avant.
C’est une habitude très américaine. Je vous ai parlé avant du fait qu’il m’étonnait que personne ne m’a pas dénoncé pour « l’appropriation culturelle ». Certains me disent de temps en temps qu’ils trouvent mes choix de substitutions inacceptables (merci, mais c’est moi qui dois tout manger) ou que j’ai raté le lien géographique (j’accepte cette critique sans hésitation à chaque fois). Mais bien que je sache exactement où trouver les bons types pour me dire « Allez-vous-en ! », ça reste le cas, et je reste étonné.
J’aimerais croire que la sainte patronne du blog est Jeanne d’Arc, mais si je suis complètement honnête, c’est en fait Woody Allen et toutes ses névroses et idées fixes.
(Il y a exactement une bonne blague dans My Little Pony, et je ne pouvais pas la trouver en français. Mais si vous connaissez Hungry Hungry Hippos, profitez-en. Quant aux autres, je les recommande tous sans hésitation — et sans plaisanter.)
Si vous vous souvenez du film original des Frères Mario en 1993, d’abord mes condoléances. En plus, dire que les films basés des jeux vidéo sont nuls jusqu’ici, ce n’est rien d’autre que la vérité. Au-delà de ça, je n’aime pas du tout les films du studio Illumination, que ce soit « Moi, moche et méchant » ou « Comme des bêtes ». Mais j’ai exactement une plainte, et je trouve le reste de ce film absolument parfait.
La plainte est que le film souffre du même problème que presque tous les films américains pendant la dernière décennie. Quand la Princesse Peach se présente pour la première fois — veuillez excuser l’anglicisme à suivre — elle doit être « #girlboss », complètement sans besoin de l’aide de n’importe quel homme pour n’importe quelle raison. Elle se montre plus capable de toutes les tâches de Mario que Mario lui-même, et elle l’humilie. Alors, pourquoi veut-elle qu’il l’accompagne ? Il est nul par comparaison.
Au fait, Nintendo a le bon personnage pour être « #girlboss », Samus Aran, l’héroïne de la série Metroid. Je regarderais un film de Metroid avec plaisir. La Princesse Peach est bien capable depuis le tout deuxième jeu de la série, Super Mario Bros 2, mais ce moment devait plus à la politique américaine qu’au personnage des jeux.
Mais au-delà de ça, je n’ai aucune plainte. La musique fait souvent référence aux jeux, mais on entend aussi « Take On Me« . Du bon goût en musique ! Beaucoup d’objets importants des jeux prennent leur place sans être juste des jouets à vendre plus tard. L’intrigue intègre des centaines de références aux jeux, mais chacune et toutes marchent. Il y a de bonnes raisons pour voir le karting au-delà de vendre plus de copies de Mario Kart 8, par exemple. Je suis complètement d’accord avec la critique du site « Journal du Geek » (sauf qu’ils aiment le moment #girlboss). Le Nouvel Observateur, par contre, bof.
Oui, j’ai lu plus de critiques en français qu’en anglais.
Et le truc le plus Coup de Foudre, la cerise sur le gâteau, vient pendant les crédits. Remarquez-vous quelque chose de familier avec tous ces noms ?
Il s’avère que ce film a été tourné… à Paris. C’est une production fabriquée en France. Je n’ai pas sorti mon portable pendant tout le film, mais pour vous montrer ce renseignement, je n’ai pu résister plus longtemps.
Nous avons un autre film à regarder bientôt au ciné, mais il y a un risque que nous allons le revoir avant qu’il ne quitte le ciné. C’est vraiment aussi bon que ça.
La dernière fois, Langue de Molière a eu l’impression d’avoir énervé beaucoup de monde, parce que ce qu’il a raconté était difficile à croire. Cette semaine, vous pouvez plutôt vous moquer de l’histoire de comment il s’est réveillé un bon jour et a remarqué qu’il avait complètement raté certaines choses bien évidentes.
Commençons avec certains noms d’origine française que l’on peut trouver aux États-Unis. Je connaissais un garçon à l’école, un certain M. Lheureux. Il y avait une manufacture d’équipements pour l’enregistrement de son, Langevin — de nos jours une marque d’une autre manufacture très proche de chez moi, Manley. Il y a un palais de justice dans mon comté dit Lamoreaux. (Palais n’est pas le mot que j’aurais choisi, vu que c’est le tribunal d’affaires familiales, mais laissez tomber.) Ils ne m’ont jamais laissé aucune impression, étant juste des noms étrangers.
Puis après des études, j’ai commencé à remarquer d’autres noms qui avaient tous une curieuse propriété. Dhéry, Lhermitte, Lamoureux. Évidemment, ce sont tous arrivés chez moi à cause des films. Mais pendant 2 ans je pensais qu’il y avait quelque chose qui je ratais. Vous auriez déjà dû le deviner.
Il y a quelques semaines, je me suis réveillé en disant : « Les apostrophes ! Ils ont tous laissé tomber leurs apostrophes ! ». Et hop ! Je me suis tout à coup rendu compte que j’avais des erreurs de prononciation. ([« Beaucoup de » ne s’écrit pas comme « des » — M. Descarottes])
« Mais Justin », vous dites — avec raison, pour être clair — « qui s’en fiche ? Les prononciations ne changent pas ! » Et là, c’est exactement où j’avais tort, en venant de l’anglais.
Chez les linguistes, on parle d’un phénomène dit « reanalysis » (analyser à nouveau). Ça se passe — sans pensée volontaire — quand quelqu’un tout à coup perçoit un mot de façon différente qu’avant, et la prononciation change. C’est comment les anglophones ont fini par changer « comfortable », qui sonnait presque exactement comme le français « confortable » en quelque chose comme « comf-tor-ble ». D’abord, la voyelle au milieu est devenue lâche ; après ça, c’était donc plus facile de laisser tomber une syllable et inverser l’ordre des consonnes pour une prononciation plus facile.
C’est exactement ce qui m’est arrivé, sauf que je l’ai reconnu. Les apostrophes ne sont pas toujours prononcés en anglais, mais quand c’est le cas, il y a une brève pause. Pour ma part, j’ai tendance d’insérer une courte voyelle moyenne centrale où je vois les apostrophes pour « l’ ». C’est la voyelle la plus « neutre ».
Alors, dans ces cas — et sans avoir vraiment entendu les bonnes prononciations — j’avais deviné des prononciations selon les règles anglaises. Chez nous, on a tendance de construire des syllabes plus longues qu’en français, parce que l’on prononce les derniers consonnes. Ignorez ce que Google Traduction vous dira ; beaucoup d’entre nous, dont moi, prononcent « Langevin » en anglais comme s’il y a deux syllabes, « Lange-vin », avec une voyelle qui n’existe pas en français. Presque la même chose avec « Lamoureux », qui est devenu dans ma tête quelque chose comme « LaMOUR-eux ». Le pauvre M. Lhermitte avait reçu un accent où il n’y en avait un, sur la dernière voyelle.
Je ne sais pas pourquoi j’ai tardé aussi longtemps, mais j’ai enfin cherché des exemples sûrs :
C’est pas grand-chose à la fin ; personne ne s’est jamais plaint de moi à cause de ma prononciation d’un tel nom. ([Ils ont plein de meilleures raisons, croyez-moi. — M. Descarottes]) Mais c’est un bon rappel qu’il y a des limites à ce que l’on peut apprendre seulement en lisant.
Un jour, il me faudra vous raconter l’histoire de ma copine de classe au lycée qui a trop bien prononcé un nom. Celle-là n’est vraiment pas assez de matériel pour un article en soi. Mais avant ça, Langue de Molière vous reverra avec une mise à jour sur son niveau en franglais. Ça commence à faire des problèmes !
Il n’y avait jamais une question. On est chez Tarbes alors ce dîner allait toujours être à base de haricots tarbais. Et vu que j’ai déjà fait un cassoulet, la recette la plus évidente était la garbure. Ici, en version végétarienne, on dirait le potage garbure. Pour aller avec en tant que dessert, la tourte des Pyrénées aux myrtilles.
Le potage garbure est comme beaucoup d’autres potées et soupes à base de choux et de légumes racines. Comme le thon à la basquaise, le piment d’Espelette hausse son niveau. Mais la tourte des Pyrénées, elle est une autre star du blog, la version ultime des muffins aux myrtilles Et JOLIE en plus, hein ? Allons les préparer !