Il y a quelques semaines, une amie m’a partagé cette vidéo de TEDx. D’habitude, le nom TED, soit avec soit sans x, est assez pour me faire dire « C’est prétentieux », mais je fais confiance à cette amie. Ces deux ne parlent pas des fautes d’orthographe, mais plutôt des attitudes snobs qui viennent avec. Bien que ce soit le mauvais blog pour les mal éduqués, et que je souhaite que l’on aurait une attitude plus française vers l’orthographe en anglais, je dois avouer qu’ils ont une certaine raison.
Ils commencent par demander si l’orthographe est un bon outil pour sa fonction, transmettre la langue orale. Ici, ils sont sur terre ferme. Par exemple, on peut écrire le son /s/ avec s, ss, c, ç, sc, t, th, x, sth, cc, ou bien sç. Il y a une telle blague en anglais, souvent attribuée soit à Mark Twain soit à George Bernard Shaw (les suspects habituels pour toutes telles citations) que le mot pour poisson, « fish, » peut être écrit « ghoti » à cause de la prononciation d’autres mots. Mais le français a déjà eu les rectifications de 1990 et il y a des limites si on veut que les changements soient acceptés.
Je suis moins convaincu par leur comparaison à des langues comme le turc ou le russe, où on peut être sûr de l’orthographe en entendant la prononciation. Le comédien américain Sebastian Marx a fait la même observation quant à eau/eaux. Mais c’est quoi l’alternative ? Écrire le français de façon « ghoti » ? C’est ridicule. En général, les contextes sont bien clairs. Si je peux me débrouiller ce « problème », vos enfants peuvent en faire également.
Quand ils parlent de l’Académie française, je suis à la fois d’accord et pas. Ils se plaignent du fait que les « immortels » ne sont pas de linguistes. Et alors ? Les experts d’usage du dictionnaire American Heritage ne le sont pas non plus. C’est vrai que la majorité d’entre eux sont des idéologues qui accepteront n’importe quel néologisme, mais je suis quand même d’accord qu’ils sont des écrivains éduqués, donc experts en usage.
Mais ils terminent leurs réflexions avec l’observation que c’est le fait d’être compliqué qui donne un sens de valeur à l’orthographe, que tout le monde l’utilise pour juger des autres comme acculturés ou non. Et ça vient de quelque part pas forcément gentil, comme dans cette citation de Eudes de Mézeray :
Pour Mézeray, l’Académie doit préférer « l’ancienne orthographe, qui distingue les gens de Lettres d’avec les Ignorants et les simples femmes ». Avec cette formule de Mézeray, l’Académie définit alors une position qui sera le point de départ d’une durable accusation de « conservatisme ».
Danièle Sallenave
Il faut avouer que M. Mézeray n’a jamais entendu parler de Jul. C’est quand même clair d’où vient l’idée que se soucier de l’orthographe ne sert que pour être snob. Je conclurais donc en disant que c’est vrai qu’il y a un aspect snob derrière le respect de l’orthographe, mais il ne fallait pas en faire une excuse pour ne rien apprendre.












































































