L’erreur de Pascal

Avec cet article, on lance une nouvelle catégorie, « Les découvertes françaises ». J’expliquerai tout avec la prochaine balado, mais je me doute que vous aurez déjà compris.

Avant de quitter le Puy-de-Dôme, je voulais écrire sur une pensée de son plus célèbre fils, Blaise Pascal. Je parle de son fameux pari. J’ai des sentiments mitigés quant à même évoquer le sujet, pour deux raisons. Numéro 1 « avec une balle » (« with a bullet »), comme on dit en anglais, c’est que je suis bien au courant que parler de sujets religieux est un faux pas en France. Exactement deux francophones m’ont demandé ce que je crois pendant ces 3 dernières années, ce qui me dit plus que n’importe quelle autre preuve. Disons simplement qu’il y a des indices par ici et par là le long du blog. Mais numéro 2, quel que je croie, ce blog n’est pas ici pour faire polémique… bon, pas trop souvent. 4 articles de presque 850 ? Sans en venir aux injures ? Je l’assume.

Alors, le pari de Pascal. Ça m’est arrivé dans l’esprit à cause de quelque chose dans la vraie vie il y a 3 semaines. Mais d’abord, qu’est-ce que c’est que le pari ? Pascal était philosophe, et voulait convaincre ceux en dehors de l’Église que même s’ils ne croyaient pas eux-mêmes, il valait le coup de faire un effort. Pour comprendre son argument, il faut que l’on apprenne l’idée de « valeur attendue ». Bien que je parle de cette idée dans le cadre d’une erreur, c’était un pas en avant important pour beaucoup de sujets, dont les finances et la gestion des risques.

Statue de Pascal à la Tour Saint-Jacques à Paris. Photo par Dennis Jarvis, CC BY-SA 2.0

C’est une idée très simple. Il faut savoir deux choses : la probabilité d’un événement, et ce que l’on attend à gagner s’il arrive. La valeur est le produit de multiplier ces choses. Par exemple, la valeur minimum de la loterie « Powerball » aux États-Unis est 20M $ ; quand on gagne, c’est la valeur du prix au prochain tirage au sort. Et la probabilité de la gagner, c’est 1 sur 292 201 338. La valeur attendue d’un billet est donc 20 000 000 $/292 201 338, ou 0,07 $. Pourtant les billets coûtent 2 $. C’est pourquoi je joue à la loterie seulement si le prix hausse au moins dix fois, à 200M $. La valeur attendue du billet ne s’approche presque jamais de ce qu’il coûte, mais je préfère de perdre 1,30 $ plutôt que 1,93 $. (En fait, je perds presque toujours 2 $, mais laissez tomber. C’est la valeur attendue, pas arrivée.)

Certains d’entre vous, plus doués en maths, me diront que 0,07 $ est une borne inférieure car il y a d’autres prix que l’on peut gagner, aussi plus probables. Évidemment, je le sais. Merci de ne pas compliquer l’exposition.

Pascal nous demande de considérer le résultat d’un pari sur l’existence de Dieu : soit Il existe, soit pas. Avec 2 états de réalité possibles — vous avez raison ou vous vous trompez — il y a 4 résultats possibles. J’emprunte ce tableau à Wikipédia:

Pari de Pascal, Wikipédia

Dans les cas où Dieu n’existe pas, les gains et les pertes sont limités à ce que vous arrive dans la vie ; ils sont finis. Il n’est pas vraiment important de les calculer de façon exacte. Ce qui compte sont les cas où Dieu existe et les gains et pertes deviennent illimités. Évidemment, l’un des deux est positif, et l’autre est négatif. Pascal vous dirait donc que cette analyse des risques indique qu’il vous faudrait faire un effort d’être croyant, parce que ça évitera une perte inacceptable contre 3 gains qui sont tous préférables. Oui, dans un des trois, on parie contre et a raison, mais on exclut ce cas de nos choix, car si ça ne va pas, on va dans le San Bernardino (maison de mon ancienne belle-famille).

Pourtant, même les croyants n’aiment pas souvent cet argument. Mettre à côté la plainte que l’on pourrait parier sur le mauvais dieu. C’était évident à Pascal que les cultes grecques et nordiques sont disparues à cause d’être fausses. Laplace, un grand mathématicien, avait l’avis (lien en anglais) que Pascal avait choisi la mauvaise valeur, que plus le gain est grand, moins la probabilité que le gain soit réel. (Ça implique, à tort, qu’un dieu que ne promet rien existe presque certainement.) Mais il y aussi des plaintes (lien en anglais) que la croyance n’est pas un choix — si je vous paye à croire que le soleil est bleu, vous verrez quand même la vérité, et rien n’aura changé. Ou que c’est immoral de faire un tel choix simplement pour le gain.

Mais les problèmes viennent en général du fait que l’une des valeurs est infinie. La méthode elle-même est solide. Il y a 3 semaines, on a menacé sur TikTok de faire quelque chose d’horrible à l’école de ma fille la Saint-Valentin, sans préciser quoi exactement. J’ai en fait construit le même tableau :

C’est bien évident — même sans connaître les probabilités exactes — qu’il n’y a aucun gain, et deux pertes, et l’une est bien pire que l’autre. Je l’ai donc gardée à la maison, il n’y a pas eu d’attaque, et j’ai reçu un SMS impoli exactement comme prévu. Évidemment, dans le monde des finances, il faut estimer les coûts plus exactement, et j’ai sauté par-dessus de cette complication. Mais la méthode est la même, et l’idée de valeur attendue est donc une idée de très grande valeur. Peut-être infinie.

Portrait de Molière par Nicolas Mignard

Le bon ordre

Il était une fois, j’avais assez de peur que j’ai vérifié tous mes articles sur Google Traduction. ([Maintenant, vous publiez juste n’importe quoi. C’est pas mieux. — M. Descarottes]) M. Descarottes a un peu raison — je n’utilise plus Google de cette façon. Mais il y a quelque chose que je vérifie tous les jours, l’ordre des adjectifs et leurs noms. Revenons en 2020 pour la leçon trompeuse.

Chez les anglophones, il y a un mnémonique que l’on apprend aux élèves de français : BAGS. C’est-à-dire « Beauty, Age, Goodness, Size », ou dans une langue plus compréhensible, Beauté, Âge, Bonté, Taille. Mais il faut avouer que BABT ne veut rien dire. Pourquoi un mot qui signifie « sacs » réussit ce but, je n’arrive pas à l’expliquer. De toute façon, les adjectifs « BAGS » sont censés être tous ceux qui vont avant un nom. Mettre à côté la règle sur les adjectifs de plus de deux syllabes ; celle-ci a déjà tort.

Clairement, c’est pas complètement fou. On dit « la petite ordure », pas « l’ordure petite », et « le joli gâteau », pas « le gâteau joli ». J’ai donc du mal à comprendre comment vous supportez tous Angelina Jolie, dont son nom doit vous faire mal aux oreilles, mais c’est votre affaire. (Perso, je serais plus dérangé par son côté vampirique.)

Pourtant, cette règle de BAGS nous triche. Il y a des adjectifs qui ne vont que dans la mauvaise place, si l’on la prend au sérieux. On dit « un arbre géant », mais jamais « un géant arbre ». « Un arbre énorme » aussi, malgré le fait que ces deux traitent de tailles.

Et vous ne vous contentez pas seulement de jouer des tours avec l’ordre des mots. Non, il y a plein d’adjectifs qui changent de sens selon leur place. Mon « ancien ami » est le gars auquel je ne parle plus, mais mon « ami ancien » reste en contact avec moi, il a juste besoin de son déambulateur. Ma chère amie m’est vraiment importante, mais mon amie chère…([C’est un blog familial. Ne finissez pas cette pensée. — M. Descarottes])… ma voiture chère m’a coûté beaucoup d’argent.

Même la négation change de sens selon l’ordre ! Si j’écris « J’ai toujours pas fini mon dessert», c’est à dire que je suis toujours en train de faire quelque chose et il vous faudra attendre si vous avez faim. Mais si j’écris « J’ai pas toujours fini mon dessert », c’est à dire plutôt « J’ai mangé assez de desserts pour énerver mon docteur ; parfois j’ai tout mangé, et parfois j’ai laissé quelques miettes sur l’assiette ». C’est vraiment similaire quant à vraiment : « M. Descarottes n’est vraiment pas content de moi ! » veut dire qu’il est 21h01, pourtant il n’a toujours pas reçu les carottes qu’il m’a demandé à 21h. D’autre part, « M. Descarottes n’est pas vraiment content de moi » veut dire plutôt qu’il est 19h, alors il n’a reçu aucune carotte, mais il n’est toujours pas en colère contre moi.

Au fait, bien qu’il soit vrai qu’il demande toujours des carottes à 21h, j’entends « 21h » dans la voix de Catherine Ringer.

Penser au fait qu’un cobaye et une fille de 12 ans peuvent m’ordonner par ici et par là me frite vraiment, comme on dit en anglais. Heureusement, il n’y a que moi uniquement qui frite, car le français interdit deux choses de faire frire en même temps. C’est ça le sujet du prochain Langue de Molière.

Comment dessiner un bandeau

Ma fille est encore une fois partie pour une semaine chez sa mère, alors bien qu’elle sache de quoi on va parler, elle n’a rien vu. Disons qu’elle était ravie de voir des commentaires gentils avant d’aller à l’école.

Alors, reprenons le bandeau, puis je vais vous donner un aperçu de son processus. Je l’ai faite arrêter plusieurs fois pendant son travail pour prendre des captures d’écran :

Je suis sûr que beaucoup d’entre vous reconnaissent au moins la religieuse, mais les autres sont ma bûche de Noël 2021 et mon macaron Saint-Valentin de la même année. Voici les 3 photos originales :

À l’école, elle apprend à dessiner avec Adobe Illustrator. Il n’y a pas besoin de commencer de zéro avec ce logiciel. Après avoir ouvert le bon fichier, elle a commencé par créer des « calques » pour manipuler l’image :

Puis avec un outil appelé le « lasso », elle sélectionne et découpe des régions de la photo qu’elle veut remplacer :

Au fur et à mesure, une partie après l’autre est remplacée dans un des calques, et l’image final commence à prendre forme :

En gardant l’image originale dans son calque, on peut vérifier que le nouveau dessin reste fidèle à l’objet original :

Finalement, on supprime le calque avec la photo originale, et il ne reste que le dessin :

C’est facile de comprendre comment les deux autres ont été produits de même façon. Tout ce travail lui a pris quatre heures sur deux jours.

Quant aux couleurs rouge et bleu qui y apparaissent, elle les a choisi d’un graphique trouvé sur Wikipédia, qui reflète le drapeau avant les changements de M. le Président Macron en 2020.

Tout le bandeau était son idée, au-delà des mots « C’est le 1er », mais comme certains ont déjà remarqué, les couleurs sont dans le sens opposé du drapeau actuel. Il y a en fait une raison pour ça.

Quelques jours après avoir terminé le dessin, elle m’a demandé si elle pouvait ajouter les couleurs du drapeau en arrière-plan. Je lui ai répondu que je m’inquiétais que ça paraîtrait comme des graffitis sur le drapeau. Aux États-Unis, on voit souvent de tels dessins (voilà, voilà, et voilà ; je ne garantis pas que ces liens dureront), malgré le fait que l’on n’est vraiment pas censé faire ça (lien en anglais). Pour être clair, ici c’est une question d’étiquette, pas de loi.

Alors elle l’a préparé en comprenant que j’allais montrer les deux dessins à une amie à laquelle je fais absolument confiance. Et sa réponse était que même si personnellement elle l’assumait, il restait un risque d’offenser les autres. Afin de ne pas offenser personne, ma fille a donc choisi de garder l’ordre inversé des couleurs, pour minimiser le risque de confusion avec le drapeau lui-même. Mais vu la réaction, elle va régler l’ordre avant la prochaine colonne.

Je vous remercie tous encore une fois pour l’accueil bienveillant de son effort. Elle était vraiment reconnaissante hier matin, alors moi aussi !

Bannière qui dit « C'est le 1er » avec des dessins de 3 desserts : bûche de Noël, religieuse, macaron à la framboise

C’est le 1er, version mars 2023

Je continue à copier Light & Smell avec des listes de mes articles préférés au premier du mois. Ça vient d’Allez vous faire lire, mais je ne suis pas exactement ses règles. Langue de Molière est donc reporté jusqu’à jeudi. Et ce mois, on débute un nouveau graphique pour cette colonne, dessiné par La Fille. C’était son idée, et elle a fait tout le travail à partir de certaines de mes photos. Demain, je vous montrerai comment elle l’a fait.

Nouveau à moi :

  • Planète Vegas est un blog qui parle de mon autre ville préférée après la Nouvelle-Orléans, Las Vegas. Son site est plein de liens vers des entreprises locales françaises, des associations, et des événements qui rend Vegas la ville la plus intéressante du pays. Par exemple, le jardin de l’hôtel Bellagio, qui change son thème 4 fois par an, et les magasins du Grand Bazar (à ne pas confondre avec le Big Bazar). Plus tard cette année, je vous promets une visite au « Vegas français », tout ce que j’adore dans cette ville depuis le XXe siècle !

Les habituels :

À encourager :

Rien de nouveau chez Histoire2Connaître et Collapsofictions. Laissez-leur de gentils commentaires pour les encourager à reprendre !

Je découvre le Puy-de-Dôme

On continue maintenant le Tour avec le 63, le Puy-de-Dôme. C’est le département le trente-huitième plus peuplé et les habitants se nomment puydômois. C’est notre neuvième séjour en Auvergne-Rhône-Alpes, mais ça fait belle lurette depuis le dernier, la Haute-Loire (43) !

Pour moi, le nom Clermont-Ferrand a toujours été le plus séduisant en France — malgré le fait que je n’en savais rien jusqu’à ce moment ! Ça vient du latin « Clarus Mons », puis « clair mont ». Ai-je mentionné que ma fac était à Claremont, Californie, à côté de Montclair ? Je me sens comme toute ma vie m’amène à ce point. Quant au nom Puy-de-Dôme, merci de ne pas le confondre avec le Puy de Dôme, sans traits d’union, qui est un volcan. Dans la langue de clarté, même les traits d’union ont des significations ! (Je vis pour ces moments.)

Alors, commençons à Clermont-Ferrand, la préfecture. On va prendre la balade la plus étoilée du blog, à partir du Vieux Clermont (2 étoiles Michelin). Là, on passera par la Place de Jaude (1 étoile), la place centrale de la ville, et la Rue des Gras (1 étoile), où cette dernière nous amène jusqu’à la Cathédrale Notre-Dame-de-l’Assomption (2 étoiles), du XIIIe siècle, construit en pierre noire de Volvic, avec de nombreux vitraux de l’époque.

On continue vers la Basilique Notre-Dame-du-Port (3 étoiles), qui fait partie des chemins de Saint-Jacques, avec un chœur et quatre chapelles décorés avec des chapiteaux extraordinaires, des tableaux des XVIIe et XVIIIe siècles, et des vitraux du XIXe siècle. Finalement, on arrive à L’Aventure Michelin (2 étoiles) pour rendre hommage à notre ami Bibendum (bien moins effrayant de nos jours qu’au début) et faire le parcours d’un musée avec presque 140 ans de produits et de pubs Michelin, dont des avions. Il y a 29 restos à Clermont-Ferrand recommandés par leur guide. Si les enfants s’ennuient, amenez-les à l’Académie des Jedis Auvergnat — vous pensez que c’est une blague, mais voici la vidéo de l’INA. Je ne vous mens jamais sur la France, car la réalité est trop intéressante !

Puy Puis, on quitte Clermont-Ferrand pour le village d’Orcines, d’où on peut prendre le Panoramique des Dômes, un train au sommet du Puy de Dôme (3 étoiles), le plus grand volcan de la Chaîne des Puy (3 étoiles), 80 volcans éteints qui s’étirent sur environ 40 kilomètres. Très proche, on trouve le parc d’attractions Vulcania (2 étoiles), où il y a des spectacles et expositions scientifiques sur les volcans ainsi que des montagnes russes. Au village d’Orcival (2 étoiles), un peu au sud, on trouve sa Basilique Notre-Dame-des-Fers (2 étoiles), une basilique du XIIe siècle avec une statue de la Vierge du VIe siècle derrière l’autel. Plus au sud, à Issoire (2 étoiles), on trouve l’Abbatiale Saint-Austremoine (2 étoiles) pour sa fresque du Jugement dernier, et la Tour de l’Horloge (1 étoile), avec une vue panoramique sur la ville.

Au nord-est d’Issoire, on passe par Saint-Gervais-sous-Meymont et son parc naturel Livradois-Forez (1 étoile). Au bord de la Haute-Loire, il y a de belles vues panoramiques des volcans et les forêts qui y poussent. Le parc s’étend jusqu’aux Monts du Forez, que l’on a déjà visité en Loire.

Parc de Livradois-Forez, Photo par JulienChabal, CC BY-SA 3.0

De Saint-Gervais, au nord on trouve la statue la plus inhabituelle de France, mais malheureusement, il n’y a pas de photo gratuite en ligne — la statue de Goldorak à Thiers. Mais je peux lier cette vidéo de sa construction !

Notre prochain arrêt est à Riom, au nord de Clermont-Ferrand. Ici, on trouve le musée régional d’Auvergne (fermé l’hiver, 1 étoile), où « A travers plus de 4 000 objets, on découvre l’Auvergne rurale du XIXe siècle mais aussi un territoire et ses habitants aujourd’hui. » Les collections comprennent des instruments aratoires, des costumes et d’autres objets de la vie quotidienne auvergnate. On finit à Volvic pour visiter le parc de la source de la fameuse eau et aussi le château de Tournoël (juillet et août seulement, 2 étoiles), château-fort du Xe siècle. Maintenant ruiné, il reste un donjon carré et des vues exceptionnelles.

Qui sont les personnages les plus connus du Puy-de-Dôme ? En première place, je dois mettre le philosophe et mathématicien Blaise Pascal (on parlera de sa seule erreur plus tard), né à Clermont-Ferrand, ainsi que l’industriel avec le nom le plus cité sur ce blog, Édouard Michelin. Odile Deray Chantal Lauby y a grandi. Héros du blog pour son rôle de Slimane dans Les Aventures de Rabbi Jacob, Claude Giraud, est né à Chamalières, où le célèbre connaisseur de diamants, Valéry Giscard d’Estaing, était maire. Le prêtre et paléontologue Pierre Teilhard de Chardin est né à Orcines. L’actrice Audrey Tautou, connue mondialement pour avoir joué Amélie Poulain, est née à Beaumont.

Quoi manger dans le Puy-de-Dôme ? Il y a 3 fromages AOP fabriqués là-bas : le Saint-Nectaire, le Bleu d’Auvergne, et la Fourme d’Ambert, Les plats principaux sont généralement partagés avec leurs voisins auvergnats, comme la truffade (des pommes de terre cuites avec du fromage tomme de Cantal), la pintade aux lentilles, et le coq au vin auvergnat. En dessert, on trouve les célèbres pâtes de fruit d’Auvergne, originalement de Clermont, et la pompe aux pommes, ce qu’on a déjà fait en Loire. Pour boire, il y a 5 vins reconnus AOC sous l’appellation Côtes d’Auvergne, ainsi que l’eau Volvic.

Épisode 50 — à la friterie avec les Grands Anciens

Tout d’abord, je dois vous dire que je m’inquiète pour la santé dentaire de la France. Après l’histoire de pourquoi j’ai fait le fondant baulois pour ma fille, j’ai reçu plus de plaintes de mal aux dents d’autres que jamais dans la vie ! Vu que les frais de livraison sont prohibitifs, consultez Docteur Péla, qui peut vous aider par Chronopost.

Aujourd’hui, cette balado a dépassé un jalon, juste deux semaines avant son anniversaire, 8 000 lectures !

Pourtant, j’ai toujours presque aucune idée de qui l’écoute et pourquoi ! (Sauf pour leur distribution géographique.) Si vous n’êtes pas un lecteur du blog régulier, merci de vous présenter dans les commentaires — j’aimerais tellement apprendre comment vous êtes arrivé chez moi. Et surtout si vous l’écoutez de Visalia — la curiosité sur les statistiques de cette ville californienne me tue. Après Los Angeles et Elbe-en-Irvine, il y a plus d’auditeurs américains là-bas que partout ailleurs !

Après deux ans de paresse, j’ai finalement complètement mis à jour mon compte Instagram. J’ai ajouté une belle soixantaine de photos, la moitié du Tour des départements ainsi que quelques autres desserts. Malheureusement, après 2 ans et demi, il y a 3 véritables abonnés et une douzaine d’arnaqueurs. Il faudrait désormais être plus facile à maintenir. Mais comment le grandir ? J’ai pas envie de produire des « stories » élaborées.

Je veux prendre l’opportunité à l’avance pour remercier une chère amie qui me connaît depuis presque 3 ans pour de l’aide avec le prochain « C’est le 1er ». Ma fille a préparé une surprise pour vous, et en est justement fière, mais je voulais vérifier que ses choix seraient reçus de la bonne façon. Nous étions nous deux d’accord de demander à F. son avis. Tout le monde devrait avoir une amie comme ça, quelqu’un de bon sens qui a toujours un bon jugement.

Notre blague de la semaine traite de deux anciens présidents de la République. J’ai un peu de peur que certains m’en voudront, parce que je reste étranger, alors j’ai hâte d’ajouter que je l’ai lu sur Quora, écrit par un citoyen. Nos articles sont :

Il y a aussi Mon dîner pas-de-calaisien, d’après le style d’une friterie calaisienne, avec le welsh, les frites, et la tarte à la bière, et Le fondant baulois de Péla, un excellent dessert selon une recette de l’une de nos pâtissières préférées.

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Le fondant baulois de Péla

Hier, ma fille se plaignait après un rendez-vous chez l’orthodontiste. « J’ai mal à la bouche à cause de mon appareil dentaire ». Je lui ai répondu « Alors, je te ferai un fondant ou un moelleux, et tu ne devras pas trop travailler, ma pauvre. » Et voilà, je connaissais juste la bonne chose grâce à Péla, le fondant baulois. Vous n’aurez pas besoin d’aller chez l’orthodontiste pour profiter de ce gâteau au chocolat et au caramel au beurre salé.

Il nous faudra d’abord préparer un caramel au beurre salé. Je ne garde pas de beurre salé à la maison, alors j’ai utilisé du beurre doux d’Isigny-Sainte-Mère, avec du sel de Camargue (vu ici). Voici le sien :

Les ingrédients pour le caramel au beurre salé :

  • 100 grammes de sucre en poudre
  • 40 grammes de beurre demi-sel
  • 20 cl de crème liquide entière

Les instructions du caramel au beurre salé :

  1. Mettre du sucre dans une casserole.
  1. Sur un feu doux, faire fondre le sucre. Ne le touchez pas. Ouais, ça va prendre du temps.
  1. Ajouter le beurre (et sel, si besoin) et mélanger bien.
  1. Ajouter aussi la crème liquide. Si le sucre et beurre se ramassent et deviennent dur, ne vous inquiétez pas, mais continuer de remuer sans cesse, pendant 5 minutes de plus.
  1. Si vous avez un pot en verre, y mettre le caramel. Sinon, choisissez un bol où le caramel ne collera pas trop. Croyez-moi, j’ai de l’expérience avec ça. J’ai séparé mon caramel dans deux bols : 30 grammes pour la suite, et le reste dans un autre bol.
  1. Laisser le reste refroidir au frigo. Gardez les 30 grammes à température ambiante.

Encore une fois, pour le gáteau, au lieu de beurre salé, j’ai utilisé du beurre doux avec du sel de Camargue. Les barres de chocolat Ghirardelli pèsent 113 grammes alors que celles de Lindt ne pèsent que 100 grammes, alors il y a un peu plus de chocolat noir qu’au lait dans mon gâteau.

Les ingrédients pour le gâteau :

  • 200 grammes de beurre demi-sel
  • 100 grammes de chocolat au lait pâtissier
  • 100 grammes de chocolat noir 66% pâtissier
  • 5 œufs 
  • 180 grammes de cassonade
  • 30 grammes de caramel beurre salé
  • 20 grammes de farine

Les instructions du gâteau :

  1. Préchauffer le four à 210°C.
  2. Couper le beurre et le chocolat en morceaux.
  1. Dans un bain-marie, faire fondre le beurre (et sel si besoin) avec les deux chocolats.
  1. Verser le caramel au beurre salé dans le mélange et remuer bien.
  1. Dans le bol d’un robot, fouetter la cassonade avec les œufs. Le volume devrait doubler.
  1. Verser le beurre et chocolat dans les œufs et mélanger bien.
  1. Verser la farine et répéter.
  1. Recouvrir l’intérieur d’un moule à charnière de parchemin. Le mien fait 22 cm de large, plus grand que le 20 cm de celui de Péla, alors mon gâteau est plus fin. Y verser la pâte.
  1. Enfourner et cuire pour 5 minutes à 210°C. Après ce temps, baisser le feu jusqu’à 120°C. Continuer de faire cuire pendant 35 minutes de plus.
  2. Laisser refroidir sur le comptoir pendant 20 minutes, puis laisser reposer au frigo pendant 2 heures. Démouler va être marrant, car le gâteau est délicat. J’ai fini par retirer les bords du parchemin, verser le gâteau à l’envers sur une assiette, enlever le parchemin, et finalement, verser le gâteau à l’envers une fois de plus avec l’aide d’une deuxième assiette.
  1. Servir finalement. C’est un TLBM après tout ce travail ! (Tu L’as Bien Mérité) Ces deux photos sont à haute résolution.

Les pertes folles

Si vous vous souvenez de mon article sur La banque de l’Inspecteur Gadget, vous savez que je ne suis pas grand fan des crypto-monnaies. N’importe qui peut contrôler des milliards et beaucoup de monde le font. Et j’ai écrit ça avant Three Arrows, Genesis, et le pire de tous, FTX et Sam Bankman-Fried. Cette semaine, c’est devenu beaucoup plus personnel pour moi, parce que mon meilleur ami — que je connais depuis presque trois décennies — a été cambriolé. Il n’aimerait pas que je partage l’histoire, mais je suis en colère contre ce monde d’arnaqueurs.

Combinaison de : Logo d’Ethereum, Photo par GitR0n1n, Domaine public et Panneau interdit, Photo par Copyleft, Domaine public

Avant d’écrire cet article, j’ai recherché les chèques français pour être sûr que nos systèmes bancaires n’ont pas de différences importantes. Les seules différences que j’ai trouvées ? Vous utilisez 12 chiffres pour les codes interbancaires contre nos 9, et vous utilisez jusqu’à 7 chiffres pour le numéro — on voit souvent seulement 3-4 chiffres ici. Il me semble que c’est tout. Je doute que vous ayez peur que si vous écrivez un chèque, le destinataire puisse vider votre compte avec seulement ces infos.

Je mentionne les chèques parce que cette histoire est un bel exemple de comment la cryptographie n’a rien à voir avec la sécurité. Le grand mensonge est que c’est en quelque sorte différente et plus sûr que ce qui fait votre banque. D’accord, c’est différent, mais c’est pas sécurisé du tout. J’explique :

Quand vous voulez vendre un « NFT » (les images bêtes de singes), il arrive souvent que vous le vend directement à l’acheteur, sans un échange ou une banque entre vous. Après tout, c’est pour ça que les fans veulent un système « décentralisé », étant des je-sais-touts qui savent que les banques ne font rien que vous facturer des frais inutiles. Mais ce qui n’arrive jamais chez les banques, c’est qu’il faut donner des droits d’accès à votre « portefeuille numérique » à l’autre personne pour l’échange et lui faire confiance pour ne pas être voleur. Et chez les banques, on peut facilement annuler une transaction si quelque chose ne va pas. Tout la conception des crypto-monnaies est de rendre les transactions définitives et impossible d’annuler à moins que les deux parties ne soient d’accord.

Alors, mon ami a vendu un NFT à un inconnu, et ce type a utilisé le droit d’accès au portefeuille numérique de mon ami pour le vider complètement. Le FBI ne s’intéresse pas au problème car il n’y a pas de vraies infos sur l’autre partie, et la police n’a aucun droit de la poursuivre car c’est presque certainement un arnaqueur à l’étranger. C’est un crime parfait, presque sans risque, car les forces de l’ordre s’en fichent. Faites comme vous voulez.

La pire chose ? Mon ami se blâme, car il croit aux propos de cette communauté, que les pertes sont toujours la faute de l’utilisateur, que c’est toujours à cause de son propre manque de recherche. C’est une philosophie très commode, car elle excuse non pas seulement les criminels, mais aussi la conception toute pourrie du système, qui rend les contrôles des banques impossibles.

Personne n’est grand fan des banquiers, et au-delà de mon rêve bizarre d’avoir un compte chez Monte dei Paschi de Siena (la plus vieille banque au monde), ça me comprend. Mais en fait, cette situation est exactement celle contre laquelle elles prémunissent. Si vous ne retenez qu’une chose de ce blog, que ce soit comment faire des religieuses, car elles sont délicieuses. Mais si vous retenez deux choses, merci de vous souvenir de ce qui est arrivé à mon ami avant de prendre un tel risque.

Mon dîner pas-de-calaisien

Vous deviez savoir que j’allais faire quelque chose à l’honneur des friteries après en avoir parlé pendant notre exploration du Pas-de-Calais. Mais je dois vous dire, j’ai cherché le menu de la Friterie hersinoise, et j’ai eu peur. Il n’y aura JAMAIS un hamburger sur la carte ici (je les aime, mais c’est pas français). Puis j’ai fait mes devoirs sur le « welsh », et voilà — je vous présente le welsh complet aux frites et la tarte à la bière.

J’avoue que je suis toujours perplexe. Le welsh est connu chez moi, au point où on pouvait trouver une version surgelée dans nos supermarchés (je viens d’apprendre que c’est discontinué après des décennies). C’est surprenant de trouver un si britannique plat devenu typiquement français. Mais il me semble que la cuisine des friteries est le bon choix pour ce département, exactement comme la cuisine des kiosques de l’Estaque pour les Bouches-du-Rhône.

On va commencer avec les frites, parce que on peut préparer le welsh pendant que les frites baignent dans de la graisse chaude. Je dois la recette des frites façon belge (car on est en Flandre française) au blog Papilles et Pupilles. À son tour, elle la doit au Musée des Frites à Bruxelles. Mes pommes de terre sont des Russet, mieux pour cuire dans un four que frire, mais il n’y a plus un grand choix de variétés ici. Vous devriez utiliser des Caesar ou des Bintje.

Au fait, c’est la seule fois où je préparerai cette recette des frites aux États-Unis. La graisse m’a coûté autant que le reste de ce repas. C’est moins authentique, mais de l’huile de cacahuète pour moi au futur.

Les ingrédients pour les frites (2 personnes) :

  • Environ 300 grammes de graisse de bœuf
  • 350-400 grammes de pommes de terre

Les instructions pour les frites :

  1. Mettre « Ça plane pour moi » et « The Sound of C » à la radio, car on va cuisiner à la belge. Si vous avez mes voisins, appuyer sur le bouton de répétition, hausser le volume et vous mettre des boules Quies.
  2. Mettre la graisse de bœuf dans une grande casserole. Chauffer à 130-140°C.
  1. Pendant ce temps-là, éplucher et couper les pommes de terre, puis laver, égoutter et sécher les frites.
  1. Faire cuire dans la graisse pendant 6 minutes. Attention : la température baissera dès que les frites sont mises dans la casserole. J’ai utilisé des pinces pour les retirer de l’huile.
  1. Laisser reposer les frites pendant 10 minutes. Augmenter la température pour qu’elle hausse jusqu’à 165°C-170°C.
  2. Faire cuire une deuxième fois, 1 1/2 – 3 minutes, jusqu’à ce que les frites soient dorées.
  1. Sécher avec une serviette en papier, saler, et réserver au chaud jusqu’à ce que le welsh soit prêt.

Je dois la recette du welsh complet au site Cuisine AZ. Mon fromage, le cheddar Tillamook, est la meilleure marque que vous allez trouver dans le rayon moins cher de fromages. (Les fromages chers sont typiquement ailleurs dans nos marchés.) La bière est Hoegaarden, car il m’en reste plusieurs. Quant au pain…([Dites-leur !])…euh…([DITES-LEUR !])…c’est-de-la-brioche-de-chez-Walmart-OK !?!

Les ingrédients pour le welsh complet (2 personnes) :

  • 200 grammes de cheddar
  • 2 œufs
  • 2 tranches de pain (pain de campagne ou pain de mie)
  • 2 tranches de jambon blanc
  • 1 cuillère à soupe de moutarde forte ou moutarde à l’ancienne
  • 5 cl de bière blonde
  • Du poivre

Les ingrédients pour le welsh complet :

  1. Préchauffer le four à 180°C (thermostat 6). Dans un plat rectangulaire, déposer les tranches de pain. Mettre une tranche de jambon au-dessus de chacune.
  1. Râper le cheddar dans un robot puis le faire fondre dans une casserole sur un feu très doux.
  1. Remuer avec une cuillère en bois. Quand le fromage fondu est bien liquide, ajouter la bière blonde.
  1. Mélanger jusqu’à ce que le mélange soit homogène. Ajouter la moutarde puis mélanger encore une fois. Verser le tout sur les tranches de pain couvertes de jambon.
  1. Enfourner le welsh complet pendant 10 minutes. Pendant ce temps, faire cuire les œufs au plat — je le fais avec un peu d’huile d’olive et un ramequin pour transférer l’œuf dans la poêle.
  1. Retirer les welsh du four. Avec une spatule, déposer un œuf au-dessus de chaque welsh. Poivrer et servir avec des frites.

En dessert, nous avons la tarte à la bière, un régal inattendu. J’ai trouvé cette recette il y a longtemps, mais j’ai tout de suite su qu’elle serait mon dessert, car elle est inhabituelle. L’alcool disparaîtra pendant la cuisson, et le goût et la texture sont comme rien d’autre. Je la dois à The Good Life France, blogueuse britannique qui habite dans le Pas-de-Calais. Elle la doit à une voisine âgée qui l’a reçue de sa grand-mère, et il n’y a aucune origine plus Coup de Foudre que ça. Vive les mamies !

Sauf pour la pâte sucrée. Utilisez ce qui marche pour vous. Chez moi, c’est la pâte sucrée de Pierre Hermé.

Les ingrédients pour la tarte à bière, moule à tarte de 23 cm :

  • 1/3 recette de pâte sucrée de Pierre Hermé (environ 340 grammes)
  • 250 ml de bière blonde (encore une fois Hoegaarden chez moi)
  • 200 grammes de sucre roux ou vergeoise
  • 3 œufs
  • 35 grammes de beurre doux
  • De la cannelle (facultatif)

Les instructions pour la tarte à la bière :

  1. Étaler votre pâte, la mettre dans le moule à tarte, réparer si besoin, et piquer avec une fourchette. Parsemer avec un peu de sucre roux.
  1. Préchauffer le four à 210°C.
  2. Dans un saladier, mélanger les œufs et le reste du sucre roux. Ajouter la bière en mélangeant. Ajouter la cannelle si désiré. (Ce l’était.)
  1. Verser l’appareil dans le moule à tarte. Couper le beurre en petits dès et les parsemer au-dessus de l’appareil. Ne soyez pas con qui doit ouvrir le four pour ajouter le beurre après avoir oublié cette étape.
  1. Faire cuire pendant 35 minutes ou jusqu’à ce que l’appareil soit ferme.
  2. On peut la servir tiède, mais la tarte sera chaude. Laissez refroidir environ 20 minutes avant de démouler.

J’étais CHOQUÉ quand ma fille m’a demandé si elle pouvait goûter la tarte, la petite prohibitionniste. Mais elle l’adore. Moi aussi. C’est l’un des moments pour lesquels il faut rechercher toute la France !

L’Ombre de Nyarlathotep

Ça fait assez longtemps depuis la dernière fois où on a parlé des Chroniques Occultes de Guy-Roger Duvert. Rappelez-vous de L’Appel d’Am-Heh et Les Disparus d’Arkham si besoin.

D’abord, je vous dirai que je suis largement d’accord avec les avis de Light&Smell et Les Crins du Barde. J’ai énormément profité de ce livre et je le recommande sans hésitation. Mais cette fois, j’ai quelques plaintes ainsi que mes louanges habituelles. Néanmoins, commençons avec les points forts.

L’une des choses que j’adore la plus chez M. Duvert, c’est qu’il y a de la réalité dans ses contes. Au début, on entend parler d’un certain Bhagwant Das, ancien roi du Rajasthan au XVIe siècle. Il était réel, ainsi que le village de Canning, d’où nos héros se lancent dans une expédition. Hew Draper, accusé d’être sorcier à Londres, a vraiment laissé des graffitis bizarres dans la Tour de Londres, puis est disparu sans explication. On devrait toujours lire M. Duvert en jetant un œil sur Wikipedia (ou une souce mieux réputée !), parce qu’il y a plein de faits divers à apprendre dans ses livres.

Une autre chose que je vous ai déjà dit, mais qui reste aussi vraie que jamais cette fois, c’est qu’il a bien maîtrisé le Mythe de Cthulhu. Encore une fois, le lecteur qui a déjà lu Les montagnes hallucinées tirera plus de ce livre que les autres, avec ses références au plateau de Leng. Cette fois, il faut mentionner aussi La Quête onirique de Kadath l’inconnue et Le Cauchemar d’Innsmouth, ainsi que L’Appel de Cthulhu et les histoires appelées Nyarlathotep et Le Chaos rampant. Je ne veux rien divulgâcher en expliquant pourquoi tous ces livres et nouvelles sont importants, mais disons que M. Duvert fait toujours ses devoirs. Et cette fois, il nous présente un monstre bien de sa propre invention, qui convient parfaitement au Mythe. Ceux des Profondeurs approuveraient.

Au fait, quand ma fille n’avait que 9 mois, et avait commencé à marcher à quatre pattes (on dit « crawl » en anglais), je l’ai surnommée « Chaos Rampant » (The Crawling Chaos) d’après le surnom de Nyarlathotep.

Alors, l’histoire elle-même. Comme dans les deux premiers tomes, M. Duvert nous régale avec des lieux exotiques, une intrigue pleine de complots et rebondissements, des pièges effrayants pour nos héros, et cette fois plus que jamais, un sens que l’on pourrait vraiment finir par dire adieu à des personnages bien aimés. Vu que j’ai cru Howard mort à la fin du premier livre, ne comptez pas sur moi pour des prédictions.

C’est donc quoi ma plainte ? À mon avis, quand nos aventuriers se séparent en deux groupes, la partie qui met Milton et Kristen en vedette leur fait subir un trop grand échec pour les sacrifices qu’ils font. Cette partie peut bien être justifiée en tant qu’opportunité pour développer le personnage de Milton en particulier et je n’ai pas de plainte sur ça. Au fur et à mesure de ce genre d’enquête, il serait bien étrange si chacun ne commence pas à perdre la tête de sa propre façon. À cet égard, cette partie du livre est une réussite. Mais il se déroule pendant presque 140 pages. Il me semble que Milton a de meilleur sens que ce qu’il montre pendant ce temps, et on le voit encore une fois vers la fin de cette partie. Vu ce qu’il arrive aux deux dès qu’ils reviennent à leur base d’opérations, qui sent un peu le Deus Ex Machina, il me semble que Milton n’a pas payé assez cher pour ses décisions ici. Et je dis ça avec toute l’affection au monde pour Milton.

Mon autre plainte concerne la fin. Ce serait trop facile et pas dans l’esprit du genre si les aventuriers finissent à chaque fois en rencontrant les Grands Anciens en direct. Et franchement, ils mourraient tous si une telle chose arrivait. Mais pour autant que je l’assume, il m’a semblé que nos héros ont fini par résoudre un puzzle très différent de celui qu’ils poursuivaient.

Ce n’est pas du tout à dire que j’ai rien d’autre que hâte pour lire la suite — et j’espère qu’il y en aura une ! Je crois depuis le dernier tome que Kristen n’est pas en fait folle, même pas un peu, et rien dans ce livre ne m’a fait changer d’avis. J’ai envie de savoir si j’ai raison. (S’il s’avère dans le futur que j’ai tort, je vous le dirai.) Je crois qu’il y aura une sacrée finale qui vaudra le coup d’avoir lu toute la série, et M. Duvert a bien gagné ma confiance. Je souhaite juste qu’il soit un peu plus efficace en nous livrant à ce point.