Le colombier de Gaston Lenôtre

C’est la Pentecôte aujourd’hui et en France une fête veut dire un dessert spécial. ([Mais vous n’êtes pas en France ! — M. Descarottes TAISEZ-VOUS, M. Rillettes-en-attente ! — Moi]). Comme je disais avant d’être interrompu, même à Elbe-en-Irvine, il nous faut le bon dessert. Alors, je vous présente le colombier de la Pentecôte, trouvé dans mon livre de Gaston Lenôtre. Comme toujours avec les recettes des grands chefs, les fautes sont les miennes.

Ce gâteau est appelé « colombier » après l’oiseau, la colombe. Traditionnellement, on y met une fève en forme de colombe, un symbole du Saint-Esprit et de la paix d’après l’histoire de Noé. On écrit souvent « Colombier » ou même la devise « Qui la colombe trouvera, joie et bonheur aura » sur le gâteau, mais vous êtes sur le mauvais blog pour la décoration à niveau expert. Sinon, vous êtes sur le bon blog pour des recettes authentiques. Allons-y !

Les ingrédients pour le colombier :

  • 200 grammes de pâte d’amandes fait maison (ne vous inquiétez pas, c’est facile)
  • 100 grammes d’amandes effilées
  • 3 œufs
  • 30 grammes de farine
  • 60 grammes de beurre fondu à température ambiante
  • Des fruits confits (évitez la pastèque)

Les ingrédients pour la pâte d’amandes :

  • 125 grammes de poudre d’amande
  • 125 grammes de sucre glace
  • 1 blanc d’œuf

Les ingrédients pour le glaçage :

  • 100 grammes de sucre glace
  • 30 ml d’eau froide
  • Quelques gouttes de rhum ou de Cointreau

Il faut d’abord faire la pâte d’amandes. Allez hop !

Les instructions pour la pâte d’amandes :

  1. Dans un grand saladier, mélanger les 3 ingrédients avec une cuillère en bois. Pas besoin d’être parfaitement homogène, mais essaye de tout combiner.
  1. Mettre un tiers dans le bol d’un robot culinaire. Mixer jusqu’à ce que le mélange arrête de changer plus (il y aura de grosses miettes).
  1. Répéter encore deux fois.
  1. Former une boule avec les miettes de pâte d’amandes. À la main, plus de robot.
  1. Cette recette produit un peu plus de 250 grammes de pâte. N’oubliez pas qu’on n’a besoin que de 200 grammes dans la recette suivante.

Vous pouvez utiliser de la pâte fait chez Tricatel industrielle, mais elle sera beaucoup plus dure et il faudra se battre avec le robot pâtissier.

Les instructions pour le colombier :

  1. Bien beurrer un moule à gâteau de 22 cm. Couvrir le fond avec les amandes effilées. Réserver au frigo jusqu’à ce que la pâte soit prête.
  1. Préchauffer votre four à 200°C.
  2. Mettre la pâte d’amandes dans le bol d’un robot pâtissier avec la feuille. Battre à petite vitesse pour la rendre plus molle, puis à vitesse moyenne pendant quelques minutes.
  1. Ajouter un œuf entier et battre pendant 5 minutes. Lire #8 avant de le faire.
  1. Répéter deux fois plus, 15 minutes en total.
  1. Tamiser la farine dans le bol et mélanger avec une maryse.
  1. Ajouter le beurre fondu et mélanger avec une maryse.
  1. Verser la pâte en dessus des amandes. La recette de M. Lenôtre dit que ça devrait remplir 3/4 du moule. Ça suggère qu’il faut battre la pâte avec le fouet au lieu de la feuille pour achever un plus gros volume, et peut-être à grande vitesse. Mais attention au robot. La pâte sera toujours épaisse et on ne veut pas abîmer nos robots.
  1. Saupoudrer avec des fruits confits selon vos goûts. La recette originale dit 200 grammes, mais je l’ai fait selon mes yeux, sans mesurer.
  1. Enfourner pendant 10 minutes. Puis réduire la température à 180°C. Retirer du four après 10 minutes plus, 20 minutes en total.
  2. Mettre sur une grille recouverte à parchemin. Laisser refroidir complètement. (Grille fabriquée en France, bien sûr !)

Les instructions pour le glaçage :

  1. Mélanger tous les ingrédients dans un bol jusqu’à ce que ce soit lisse.
  1. Étaler sur le colombier avec une spatule. Le gâteau va imbiber du glaçage — c’est pas le fondant ici ! — alors ne vous inquiétez pas si ce n’est pas égal partout.
  1. Réserver au frigo pour devenir solide.

Le Capitan

Hier soir, c’était Le Capitan avec Jean Marais et Bourvil, d’une façon la suite spirituelle du Bossu d’André Hunebelle, qui a également réalisé les deux. C’est une histoire toute différente, mais la même formule — un film de cape et d’épée avec Bourvil dans un rôle comique. C’est une bonne formule, et je vous recommande fortement ce film ! Au fait, c’est mon 80e film français.

L’intrigue commence sans délai. Notre héros, François de Capestang, joué par Jean Marais, arrive à un château où un combat se déroule entre deux groupes d’épéistes. On sait rien en ce moment de pourquoi. Mais M. de Capestang rejoint vite le combat. On voit un homme barbu qui tire sur des soldats ; c’est Rinaldo, l’aide du Premier Ministre, Concini, qui nous avons rencontré dans un court « prologue » (un mot en anglais qui veut dire « prologue » ). Juste une fois, pour les nouveaux, j’expliquerai que c’est mon sens de l’humour tout pourri — j’aime faire semblant de ne pas reconnaître quand l’on a emprunté un mot à vous.

M. Capestang est blessé, et un soldat est sur le point de le tuer, mais une femme inconnue tire sur le soldat et sauve la vie de Capestang.

La femme lui aide, puis disparaît. Elle est remplacé par Béatrice, une femme blonde qui s’occupe de ses blessures. Quand Capestang guérit, il demande au gouverneur du province d’aller à Paris pour demander de l’aide à Concini. Il ne sait pas toujours que c’est une mauvaise idée.

Puis on rencontre Cagolin (Bourvil) un baladin qui fait aussi des tours de magie. Il joue dans un spectacle, où il devine une carte choisie par une spectatrice mais est aussi taquiné par son cheval.

Sur la route en dehors de la ville, il est agressé par des brigands, qui lui volent son cheval et sa carrosse. Capestang lui retrouve et les deux continuent ensemble.

Dans une auberge, Capestang revoit la femme qui l’a sauvé, mais elle part avant qu’il puisse apprendre son nom. Sa carrosse est attaquée par d’autres brigands, mais Capestang arrive juste à temps pour la sauver. Elle s’échappe encore une fois sans qu’il apprenne son nom.

Capestang et Cagolin arrivent à Paris, où Concini est en train de faire chanter Béatrice. Capestang lui présente à Concini, qui dit « C’est Capitan qu’il faudrait dire, le Capitan de la comédie italienne au sabre de bois ». C’est insultant. Capestang refuse de servir en tant qu’espion pour Concini, et après une lutte avec les sbires de Concini, il part.

Concini ne connaît pas Cagolin alors Capestang fait un plan pour apprendre où est la femme qui l’a sauvé au début. Les deux font semblant d’attaquer Concini, et Cagolin l’empêche. Cagolin gagne donc une opportunité de jouer au Louvre (toujours un palais, pas un musée). Cagolin rencontre une femme de ménage italienne, joué par Pierrette Bruno, une chanteuse qui travaillait souvent avec Bourvil. Cagolin apprend que Concini a envoyé la femme au Château de Clairfond, une prison.

Ne ratez pas la chanson, Pour se parler d’amour :

La rescousse est dingue. Pendant que Capestang grimpe le château pour trouver la femme, Cagolin joue un peu On a retrouvé la 7e compagnie avec un fil rouge et de la poudre à canon pour faire sauter le pont-levis. C’est une réussite, mais la femme est blessée en s’échappant du château. Au fait, le château est en réalité le Château de Val, dans le Cantal, mais con que je suis, je l’ai mis en Corrèze. Encore une faute de géographie.

Les trois reviennent à Paris pour empêcher un complot de Concini. La reine mère et lui planifient à empoisonner le roi, mais un garde trouve Cagolin avec le vin empoisonné, le boit, et meurt. Il s’avère que la femme mystérieuse, Gisèle d’Angoulême, fait partie d’un autre complot pour mettre le duc d’Angoulême sur le trône.

À la fin, il y a un grand combat entre les soldats de Concini et ceux du duc. Capestang tue Rinaldo, le roi arrive et fait exécuter Concini, et Capestang finit par recevoir la main de Gisèle par ordre du roi. Encore une fois après Le Bossu où je dois regarder Jean Marais, qui ne s’intéressait même pas un peu…laissez tomber. C’est l’un de mes films préférés et je vous le recommande sans question.

Les fichiers du blog

Ce blog donne une fausse impression que je suis bien organisé — il y a toujours des recettes juste à temps pour les fêtes, il y a plusieurs colonnes régulières, et il y a parfois des trucs complètement inconnus qui apparaissent ici. Ça donne peut-être l’idée que je sais faire mes devoirs.

Rien n’est plus loin de la vérité. Presque tous les matins, sauf le mardi quand je sais que le Canard arrivera (ça apparaît à 15h pour moi, minuit en France), je me dis « Punaise, que publierai-je ce soir ? ». Mais je garde deux fichiers qui m’aident à gérer le chaos.

L’un des deux est intitulé « Les Départements ». C’est bien évident que je l’utilise pour le Tour des Départements. Mais ce qu’il contient a bien changé. Voilà une capture d’écran qui ne gâchera rien :

On peut voir que mes recettes sont là, mais aussi des renseignements sur chaque département. C’est pas le cas qu’ils ont tous apparu dans mes articles. Mais quand je lis quelque chose sur n’importe où, je l’ajoute au fichier au cas où j’aimerais la citer. Vous ne pouvez pas la voir, mais il y a une dernière colonne pour me rappeler si j’ai des connaissances qui y habitent.

Alors quand je vous dis que je savais depuis longtemps que je ferais un plat ou autre, c’était déjà enregistré dans mon fichier. La seule chose que j’aimerais changer sur le blog, c’est qu’il n’y a pas assez de noms dans la dernière colonne, pour leur demander des idées.

Mais l’autre fichier, c’est un projet beaucoup plus personnel. Je l’ai récemment partagé avec la personne qui l’a inspiré, alors vous pouvez avoir un aperçu. Très peu après le début du blog, j’ai utilisé l’expression « ça coûte une blinde ». Une amie m’a écrit pour me dire que ça lui a fait rire, à cause d’être inattendu. En fait, je l’ai appris en lisant un groupe ou autre sur Facebook — je ne me souviens plus duquel.

Quelques jours plus tard, j’ai trouvé par hasard la page Facebook d’une prof d’origine française qui habite à Vancouver, Céline’s easy French. Elle publie des posts avec des expressions familières, et quand je les ai lus, je me suis dit « Voilà, j’ai une source ! Si vous pouvez faire rire les vrais français, vous serez sûrement sur la bonne route. » Et ce jour-là, « Des expressions pour faire rire F. » est né. Voici environ 5 % du fichier :

Maintenant, j’ai de nombreuses sources. N’importe quand je vois une telle expression, je la note tout de suite. Mais je n’essaye pas de forcer leur usage. Je dois avoir une raison. Bien que ce soient mes premiers ajouts au fichier, je n’ai pas toujours tous utilisés.

Ces fichiers ont quelque chose en commun — plus qu’une entrée est récente, moins que c’est probable qu’elle soit écrite en anglais. C’est difficile de faire tout ça d’une si grande distance, mais j’essaye de le vivre au maximum tous les jours.

Mon dîner nantais

J’ai eu du mal à décider quoi appeler ce post, vu qu’il n’y a pas de gentilé pour la Loire-Atlantique. Mais bien que notre plat principal soit bien breton, notre dessert est carrément un hommage à Nantes, et surtout à LU. Voilà le sandre au beurre blanc, et le gâteau Napolitain de Laurène Lefèvre. (Mais si je ne l’avais pas déjà publié, j’aurais fait un gâteau nantais.)

Pour le sandre au beurre blanc, j’ai suivi la recette de Cuisine AZ, coupé par deux comme d’habitude. J’ai aussi utilisé du vin Muscadet au lieu de Sancerre parce que c’est le bon vin pour le département, mais les Muscadets disponibles chez moi viennent du Loir-et-Cher, pas vraiment de la Loire-Atlantique. On fait ce qu’on peut. Le sandre n’est pas disponible près de chez moi, mais le sole Pétrale (pas disponible en France) est assez proche. Il y a encore une fois une pénurie d’échalotes ici — je les ai cherché dans plusieurs marchés — alors il n’y en a pas dans mes photos, mais je les ai gardés dans les instructions.

Les ingrédients pour le sandre au beurre blanc :

  • 1/2 sandre
  • 38 + 5 cl de Muscadet
  • 1 belle poignée de petites carottes
  • 1 oignon
  • 1 bouquet garni
  • 1 cuillère à soupe de gros sel
  • 1 cuillère à café de poivre en grains
  • 125 grammes de beurre
  • 50 grammes d’échalotes grises
  • 5 cl de vinaigre de vin blanc
  • 1/4 bouquet de ciboulette
  • Des grains de poivre
  • Du sel et du poivre moulu

Les instructions pour le sandre au beurre blanc :

  1. Dans une poissonnière, faites bouillir pendant 15 min, un litre et un quart d’eau et 38 cl de Muscadet avec les carottes épluchées et coupées en rondelles, l’oignon épluché et émincé, le bouquet garni, le sel et le poivre en grains.

Voilà mon court-bouillon au début de bouillir, au milieu, et à la fin des 15 minutes :

  1. Laissez le court-bouillon refroidir complètement. Rincez le sandre et placez-le dans la poissonnière.
  1. Couvrez et faites cuire pendant 30 min — mais vérifier le poisson fréquemment et utilisez un feu très doux. Quinze minutes avant la fin de la cuisson — vingt minutes si vous n’êtes pas une pieuvre — préparez le beurre blanc et coupez le beurre en petits morceaux.
  1. Epluchez les échalotes, retirez la peau dure et hachez finement les coeurs. Placez ces derniers dans une casserole. Versez le vin et le vinaigre. Faites bouillir doucement jusqu’à ce qu’il ne reste plus que l’équivalent de 1.5-2 c. à soupe de liquide environ.
  1. Placez la casserole dans une autre plus grande, remplie à moitié d’eau à peine frémissante. En fouettant à l’aide d’un fouet à main ou électrique, incorporez le beurre par petits morceaux à la fois. Quand tout le beurre est incorporé, salez et poivrez.
  1. Ajoutez des grains de poivre et la ciboulette émincée. Servez en même temps le sandre et le beurre blanc mousseux. Attention au cuisson — mon poisson était un peu trop cuit. Je l’ai servi avec mon accompagnement préféré, le riz de Camargue.

Le gâteau est un vrai coup de cœur depuis 2 ans. C’est en fait le tout premier dessert de Cook&Record que j’ai fait, en juin 2020. L’aperçu d’un Napolitain en haut de la page ? C’est le mien, plus tard en 2020. Mais pas de produits industriels ici, même si le Napolitain original est un produit bien nantais — sauf les vermicelles, c’est 100 % fait maison. On peut trouver la version originale de Cook&Record sur son site et sur sa chaîne YouTube. (Le texte ici est à moi.) Je suis surpris que je n’en ai pas déjà fait un pour ce blog, mais je veux vous rassurer — je l’ai fait à nouveau pour cet article.

Les ingrédients du gâteau Napolitain :

Pour le gâteau :

  • 4 œufs
  • 200 grammes de sucre roux
  • 200 grammes de beurre
  • 250 grammes de farine
  • 1/2 sachet de levure chimique
  • 1 sachet de sucre vanillé
  • 20 grammes de cacao en poudre

Pour la ganache :

  • 200 grammes de chocolat noir
  • 150 ml de crème liquide entière

Pour le fondant blanc :

  • 75 grammes d’eau
  • 250 grammes de sucre en poudre
  • De l’eau froide

Pour le montage :

  • Des vermicelles au chocolat

Les instructions pour le gâteau :

  1. Dans un grand saladier, mettre les 4 œufs et le sucre roux. Faire blanchir avec une fouette.
  1. Faire fondre le beurre (le micro-ondes suffit), puis l’ajouter au saladier. Fouetter jusqu’à ce que le beurre soit bien incorporé.
  1. Ajouter la farine en deux tranches, et mélanger bien avec la fouette après chacune.
  1. Ajouter 1/2 sachet de levure chimique. Fouetter bien.
  1. Diviser la pâte en trois bols. J’utilise ma balance pour ça — environ 240 grammes de pâte dans chacun.
  2. Dans l’un des bols, mettre 20 grammes de cacao en poudre et mélanger bien. Mettre un 1/2 sachet de sucre vanillé dans chacun des deux autres bols. Mélanger bien aussi.
  1. Beurrer un moule en silicone carré, 18 cm x 18 cm — n’utilisez pas un plus grand moule car il y aura juste assez de pâte pour chacune des couches.
  1. Remplir le moule avec la pâte de l’un des bols et étaler avec une maryse. Enfourner à 180°C pendant 15 minutes.
  1. Répéter avec les prochains deux bols de pâte.
  1. Laisser les trois couches de gâteau refroidir.

Les instructions pour la ganache :

  1. Mettre le chocolat et la crème liquide dans une casserole.
  1. Faire chauffer sur un feu très doux. Remuer jusqu’à ce que vous atteigniez une ganache homogène.

Premier montage :

  1. Étaler la moitié de la ganache sur l’une de couches de gâteau à la vanille avec une spatule. C’est pas important d’être parfait — on va couper les bords plus tard.
  1. Mettre la couche au chocolat au-dessus. Étaler le reste de la ganache sur la couche.
  1. Mettre la dernière couche de gâteau au-dessus. Réserver au frigo pendant la préparation du fondant — la ganache deviendra moins coulante, ce qui vous aidera à la fin.

Les instructions du fondant blanc :

  1. Mettre le sucre en poudre et 75 grammes d’eau dans une casserole.
  1. Faire bouillir sur un feu vif, jusqu’à la température atteint 114°C.
  1. Éteindre le feu et mettre la casserole dans un grand saladier plein d’eau froide. Baisser la température à 75°C.
  1. Mettre le fondant dans le bol d’un robot. Avec la feuille, battre le fondant à vitesse moyenne pendant 10 minutes. ATTENTION — ne faites pas ça trop tard si votre feuille est en métal. Regardez la petite vidéo ici. Vos voisins vont vous adorer si ça se passe la nuit. Moi, je m’en fiche des miens car ils sont des francophobes enragés qui se plaignent quand je joue de la musique d’Indochine.
  1. Ajouter quelques millilitres d’eau au fondant pour le rendre plus fluide.

Montage final :

  1. Sortir le gâteau du frigo. Étaler le fondant au-dessus du gâteau avec une spatule.
  1. Saupoudrer le gâteau avec des vermicelles au chocolat.
  1. Couper soigneusement les bords du gâteau. Attention aux doigts !
  1. Réserver les bords pour le chef. Pas besoin de les jeter, et vous les méritez bien.
  1. Prendre de jolies photos pour partager sur Internet car ce gâteau, il est beau !

Mon habitude méchante

Je dis parfois que je vous adore autant pour vos défauts que vos vertus. Les vertus sont les vôtres, mais les défauts sont en général aussi les miens. Pas celui-ci, mais tous les autres. (Je suis en fait complètement sérieux sur ce sujet.)

Très peu de temps après avoir commencé sur les réseaux sociaux en français, je me suis rendu compte que les Français adorent se corriger mutuellement de la grammaire et de l’orthographe. J’ai pris cette capture d’écran en 2020 ; c’est-à-dire que j’étais au courant :

Inutile de le cacher, même s’il s’agit plus d’une tendance que d’une règle. Je dirais que vous êtes trop gentils avec moi ; c’est vraiment pas nécessaire. Je sais à qui je parle.

De toute façon, il y a un an, j’ai rejoint un groupe privé appelé « Sans l’option Bescherelle ». En photo de couverture, ce groupe a mis une photo gênante :

Source

Mais en fait, c’est faux. Voilà le véritable gros-titre, et un article du Parisien sur le faux :

Source

Ce groupe se moque de tout et n’importe quoi, mais toujours en cachant les identités derrières les captures d’écran. Parfois, les erreurs sont de la façon Internet, où les posts sont presque incompréhensibles :

D’autres fois, c’est de l’ambiguïté malheureuse :

Est-ce qu’ils veulent euthanasier l’enfant ou le chien ? (C’est pas clair si celui-ci est faux.)

Parfois c’est une question d’accord :

Moi, je suis si gêné par mes fautes d’accord que j’ai commencé à me laisser des rappels dans mon calendrier il y a quelques semaines :

Mais souvent, c’est juste méchant. Il y a une faute d’accord ici, mais ça pourrait facilement provenir d’un logiciel plutôt que de la stupidité. La grande majorité des posts sont comme celui-ci :

Pour être clair, je suis aussi coupable que n’importe qui. Au moins je reconnais ce que je suis devenu :

Le meilleur jour du calendrier

Aujourd’hui, c’est la fête de Saint-Justin ([Dis donc, il a été martyrisé à Rome ? Et nous sommes y allés deux fois ? J’ai raté mon opportunité pour suivre la tradition ! — Mon ex]). Ça n’a rien à voir avec le Canard enchaîné (on y reviendra en bas), mais j’ai eu une conversation extraordinaire avec une amie à propos du sujet, alors…

Je l’ai déjà eu sur mon calendrier, parce que je l’ai cherché il y a longtemps. Sinon, ça sert à quoi d’avoir un prénom approuvé par le Premier Consul ? Mais quand mon amie m’a dit qu’elle l’a vu à la télé, pendant la météo, j’étais choqué. Je lui ai répondu qu’on ne verrait jamais une telle chose aux États-Unis. Plus tard, je me suis souvenu qu’il y a une chaîne où ça se passerait, mais EWTN est un produit de l’Église catholique. Il n’y a certainement pas deux telles chaînes.

Nous les américains ne comprenons pas bien la laïcité. Ici, il y a une idée, complètement fausse, que notre Constitution parle d’un mur pour séparer l’état de la religion. Cette idée vient d’une lettre de Thomas Jefferson (lien en anglais), et n’existe dans aucune loi. Mais armé de ce slogan, beaucoup de monde font des crises si n’importe quelle idée religieuse est mentionnée n’importe où. En revanche en France, on y trouve le Sacré-Cœur, une église payée par l’État pendant la Troisième République (je comprends que ça ne se passerait pas encore aujourd’hui). Et je trouve parler des fêtes partout. On parlera plus de ça une autre fois. Au Canard.

Comme la dernière fois où il y avait de très mauvaises nouvelles des États-Unis, je les mets en premier.

Ce qui s’est passé à Uvalde est une tragédie. J’essaye de ne pas faire la polémique ici, alors je m’arrêterai sur ce sujet. (Attention à ne pas dire « faire polémique ».)

Après avoir assisté au plus grand événement dans l’histoire du Stade de France, je galère à comprendre ce qui s’est passé à la finale de la Ligue des Champions. En plus, d’habitude, je ne suis pas toujours grand fan de l’attitude du Canard vers la Reine Elizabeth II, qui se comporte toujours de bonne façon. Mais cette fois-ci, vu ce qui s’est passé juste avant la fête de son jubilé, je comprends :

La variole du singe continue. La semaine dernière, on parlait d’éviter les bananes ; cette fois-ci, défense de manger des cacahuètes. J’aurais plutôt pensé aux éléphants :

Finalement, on parle en anglais des cadeaux qui continuent de se donner. Je suis sûr qu’il existe une expression plus idiomatique en français, mais c’est la seule chose qui me vient à l’esprit en voyant ce dessin. J’ai hâte d’ajouter que je n’ai arrivé à trouver AUCUN article derrière celui-ci.

Pendant mes recherches, j’ai trouvé cet article qui vous fera peut-être plaisir. Et oui, je me sens plus qu’un plus coupable à cause de cette obsession. Il ne m’a rien fait du mal.

Comme toujours, si vous avez aimé ces dessins, abonnez-vous !

Le magazine « Marianne »

À l’aéroport, quand il ne me restait que quelques minutes avant de quitter la France (ça fait mal au cœur de le taper), j’ai décidé d’acheter un magazine de nouveau. Vu les gros-titres piquants dans cette photo, j’ai choisi Marianne.

Si je l’ai bien compris, il y a certains d’entre vous qui ont vu cette photo en disant « Oh punaise, il avait déjà une semaine difficile, et il l’a finie par lire QUOI ? » On dirait que les éditeurs ne sont pas de grands fans des États-Unis. Mais ça ne me dérange pas trop — leur attitude ne dépend évidemment pas de quel parti est au pouvoir, et je peux respecter ça. Qu’est-ce qu’ils ont dit ?

Tout d’abord, à la première page, en se plaignant qu’Élisabeth Borne n’existe pas (c’est-à-dire que l’autrice la considère comme fantoche de M. le Président Macron) :

Quant à se soustraire à l’impérialisme économique américain revigoré par la guerre, Emmanuel Macron fait ce qu’il peut mais manque d’alliés en Europe, seule condition pour s’opposer à l’imposition des normes anglo-saxonnes et à l’extraterritorialité du droit américain.

Cette analyse est plutôt loin du débat aux États-Unis, où on se plaint d’avoir dépensé 40 $ milliards pour les ukrainiens (lien en anglais) pendant qu’il reste une pénurie de formule bébé à la maison. Disons que ça pourrait avoir raison, mais je ne me sens pas trop le J6M moderne. (([Ne vous inquiétez pas. Vous restez le Dark Vador chez moi. L’empereur Palpatine en même temps. Au fait, pouvez-vous arroser mes plantes pendant mes vacances cette semaine ? — Mon ex]) Pour info, cette dernière chose s’est vraiment passée ce week-end, mais en anglais — or vous vous demandez pourquoi je ne veux parler qu’en français. Sans doute, elle ait raison, mais je suis plutôt Mordicus, je crois. Nous jouons du même instrument. (Pour mes lecteurs américains, c’est-à-dire Oscar le Grognard.)

J’ai franchement peur de même essayer d’analyser l’article suivant. C’est clairement écrit d’une façon très ironique, et je ne veux pas me tromper. Disons que c’est aussi sceptique des États-Unis que de l’OTAN.

Mais une fois au-delà de ces colonnes d’opinion, j’ai trouvé le reste du magazine plutôt agréable. Il y a 14 pages consacrées à une analyse du programme de la NUPES, et je l’ai trouvée plutôt prudente. Peut-être trop prudente, car la section du magazine intitulée « Ce que Marianne en pense » est pleine d’analyses genre « d’une part, d’autre part ». Quel changement après le début ! Même quand leurs gros-titres sont un peu dramatiques, comme « Qui met le feu à l’huile de tournesol ? », leurs conclusions ne sont pas complotistes — en ce cas, ils parlent des consommateurs qui augmentent leurs stocks, et des fermiers qui ont commencé à semer ces plantes.

La section appelée « Mieux vaut en rire ! » n’est aucun Canard enchaîné, mais ils essayent. Voilà l’un de leurs dessins ; malgré plusieurs articles sur les masques, je n’ai pas arrivé à comprendre leur avis sur ce sujet. Mais j’ai un peu ri.

La section appelé « Agora » offre de l’espace à des invités pour offrir des rédactions sur de nombreux sujets dont le pouvoir d’achat des fonctionnaires et l’art contemporain. Il m’a semblé qu’ils ont fait des efforts pour inclure une gamme d’opinions. Je n’ai rien à ajouter sur la section culturelle parce que les œuvres dont ils ont parlé ne me sont pas familières.

Wikipédia décrit Marianne comme ça : « Sa ligne éditoriale, souverainiste, antilibérale et laïque, emprunte à la fois à la gauche et à l’universalisme républicain. » Souverainiste est certainement le bon mot ; quant aux autres, je ne suis pas toujours sûr. Est-ce que j’achèterais le numéro actuel la prochaine fois que je suis là ? Certainement.

Épisode 11

Cette semaine nous parlons de la chose la plus folle que je ferai jamais — un voyage en France des États-Unis pour une seule nuit. Mais si on réfléchit bien, j’ai en fait laissé un indice que j’aurais besoin de faire une telle chose il y a un an !

Bien sûr, vous trouverez une nouvelle blague de la semaine dans cet épisode. Et peut-être qu’il y a des surprises dans l’introduction. Et à la fin. Disons que c’est BIEN l’épisode Indochine. Nos articles sont :

Je me sens comme je dois ajouter encore une fois que vous êtes mes amis, et je reste très reconnaissant de vous avoir avec moi.

Si vous aimez ce balado, abonnez-vous sur Apple, Google Play, Amazon, Spotify, ou encore Stitcher. Bonne écoute !

Mes mésaventures sur les sites de rencontres

J’ai dû cacher ce post jusqu’après le concert, de peur que vous deviniez que je n’allais vraiment pas en France (seulement) pour du nougat de Montélimar. (Je suis sage — il me reste toujours 9 des 10 barres.) Vous comprendrez bientôt. Mais d’abord, je voudrais juste vous rassurer qu’il s’agit d’une histoire d’anglophones.

Il y a de nombreux sites de rencontres aux États-Unis, mais moi, je ne garde qu’un seul compte. Ça fait cinq ans depuis la dernière fois où j’ai payé, alors je ne peux pas contacter personne sauf quand c’est parfois gratuit. Franchement, je ne sais pas pourquoi je le garde, Je n’ai jamais reçu qu’une réponse positive — ça fait déjà 9 ans depuis ce temps-là — et il y avait même une fois où une femme m’a envoyé une note pour me rejeter sans avoir été contactée. Elle était juste dégoûtée que moi, en tant que père célibataire, ait été si audacieux d’avoir même lu son profil. Et vous vous demandez pourquoi j’aime tellement ces gens et leur attitude. Mais je mis à jour le profil une ou deux fois par an. Et la dernière fois était il y a peut-être 9 mois. Voilà une capture d’écran de l’extrait pertinent :

Je le traduis :

Assez sur moi. Il n’y a rien que j’aimerais plus que trouver une expatriée, ou au moins quelqu’une qui s’y soit spécialisée à la fac, qui pourrait partager mes passions pour les films de Louis de Funès et de Bourvil et la musique d’Indochine et des Rita Mitsouko. Je planifie un voyage à Paris en mai 2022 pour voir Indochine en concert, et j’aimerais être accompagnée par quelqu’une également engagée à ne pas parler même un mot en anglais dès l’atterrissage. Est-ce qu’elle pourrait être vous ?

Et voilà des photos qui accompagnait ce texte (oui, il y en a aussi avec moi-même) Mais disons que ces photos n’attirent personne qui les reconnaît :

Mais je me demande après tout ça : est-ce que l’auteur de ce paragraphe cherche une anglophone monolingue qui ne connait rien à la culture française ?

On dirait : Oui, vachement.

Pour préciser, j’ai trouvé une expatriée une fois, et lui ai écrit une note quand c’était gratuit. En français, bien sûr — et non, sans des propositions indécentes. Je suis exactement le même ailleurs qu’ici. ([D’accord. C’est ça le problème. — M. Descarottes]) Son profil a disparu le lendemain. J’imagine qu’elle m’a bloqué. Elle a bien compris que je n’étais pas sincère car elle n’était pas analphabète ni monolingue.

Il y a un mois, j’ai reçu une note courte — en anglais — mais c’était plus long que « Bonjour », et à mon avis, c’est poli de répondre quand quelqu’un fait même un peu d’effort. Mais il n’y avait la moins chose dans son profil qui disait « Je partage vos intérêts » ; je lui ai donc répondu pour dire « Non, merci, je cherche une francophone, mais bonne chance ». Elle m’a répondu comme ça :

J’ai oublié de vous souhaiter bonne chance aussi.

Aussi vous devriez mentionner dans votre profil que vous ne cherchez qu’une fille qui connaît bien la culture française. Il n’est pas mentionné dans votre profil.

OMD. Non, mais sérieusement, OMD.

Une semaine avant le concert, j’ai enfin reçu une note en français. D’une façon, je l’admire. Il y a du courage derrière ces mots. Du courage façon « C’est quoi un Bescherelle ? Géronimo ! », mais du courage quand même.

Aïe aïe aïe ! À sa place, j’aurais au moins vérifié ce que j’ai écrit avec Google Traduction. J’admire l’effort et je lui ai donc répondu pour dire non. Disons qu’il n’y avait AUCUN intérêt pour ma part, à cause d’autres raisons.

Je viens de supprimer la référence au concert car c’est fini. Je devrais aussi supprimer mon compte, car c’est évidemment la mauvaise place pour trouver quelqu’une qui comprend l’anglais, peu importe le français !

Faut pas emmerder les Justin

J’ai dû bien réfléchir sur ce post. D’une part, j’ai des « fans » qui disent que ce site n’est que de la propagande, écrit par un aveugle (ça vient de Quora, où j’avais lié le blog, mais le commentaire original a été supprimé) :

D’autre part, je sais très bien que vous (qui me lisez) êtes mes amis. Je ne manque pas d’histoires de choses que les Français qui me connaissent ont fait pour moi, et encore certains qui ne me connaissent pas du tout. Je veux donc ne pas offenser le deuxième groupe sans justifier les plaintes du premier. Je vais vous raconter une histoire qui n’est pas la meilleure version de la France. D’abord, je vais expliquer exactement d’où viennent mes avis.

Il y a un an, j’ai écrit un post intitulé « Mes plaintes ». C’e n’était pas complètement sérieux — je n’étais vraiment pas dérangé par la fontaine d’eau, bien que je DÉTESTE quand le monde me fait honte d’être célibataire. Et ce qui comptait le plus, c’était vraiment la dernière phrase. Vous me manquez toujours, même en ce moment. Mais je ne plaisantais pas du tout sur quelque chose, le fait que beaucoup de monde refusaient de me parler en français.

Je veux expliquer pourquoi ça me dérange d’une façon moins personnelle. Les européens disent souvent que les américains sont tous des monolingues, et en plus que nous ne faisons pas le moins effort. Moi, je parle quatre langues dont l’anglais de ma naissance, mais laissez-moi tomber. À mon avis, vos nouvelles vous trompent. La situation est beaucoup plus compliquée.

Il n’y a pas de langue officielle aux États-Unis. Nous faisons des efforts extraordinaires pour adapter aux besoins des immigrants sans leur demander d’apprendre l’anglais. Si on veut avoir un permis de conduire en Californie, on peut recevoir des instructions en 13 langues, et le manuel des lois en 7 langues. Pour voter, si plus de 3 % d’un comté parle une langue autre que l’anglais, l’état est obligé de leur fournir des scrutins dans leurs langues. Il y a des comtés ici avec des scrutins dans 20 langues, comme Los Angeles. Pensez-vous que c’est car la Californie est inhabituelle ? Même dans l’Iowa, on peut recevoir des instructions pour passer l’examen de conduire dans 6 langues au-delà de l’anglais.

Tout ça, c’est-à-dire que l’on n’est pas obligé de s’intégrer aux États-Unis. Si on veut rester hispanophone monolingue, on peut vivre dans certains quartiers à Santa Ana, près de chez moi, où beaucoup d’endroits au milieu de l’état. Si on ne veut parler qu’en chinois, déménager à San Gabriel réussira ce but. Ses opportunités seront limitées, et on ne deviendra citoyen de cette façon. mais c’est au moins possible.

En France, il y a une langue officielle, et ce n’est pas l’anglais. Les langues régionales sont soutenues par le gouvernement, mais si on veut avoir un permis de conduire, vous avez un choix unique de langue pour étudier les codes : le français. Pour passer l’examen théorique ? Le français. Envie de devenir citoyen ? Sauf si on se fait fusiller dans la Légion étrangère, ou est marié à une citoyenne, il faut parler le français au niveau B1. Peut-être que je rate quelque chose, mais mes liens sont tous vers des sites gouvernementaux.

Alors, qu’est-ce qui s’est passé ? Pendant ce week-end, tout le monde sauf deux personnes — un garde de sécurité au stade et une vendeuse au comptoir de Pierre Hermé dans les Galeries Lafayette — a refusé de me parler en français. J’ai remercié cette vendeuse, croyez-moi. Mais la pire chose était deux heures de comportement insultant au Procope.

Tout ça à commencé dès que j’ai dit au maître d’hôtel, « Bonjour, je suis Justin Busch et j’ai une réservation à 17h. » Il m’a répondu en anglais, et j’ai dit 3 fois que je parlais français avant qu’il m’ait enfin répondu dans la même langue. Je lui ai demandé une carte en français.

Quand le serveur est arrivé pour la première fois, 30 minutes après que je sois assis, il m’a laissé une carte en anglais et est rapidement parti. Voilà la carte :

J’ai vite décidé que je voulais prendre le « hanger steak, » mais je ne connaissais pas le bon mot en français. Et franchement, je me sentais déjà énervé. Quand le serveur est revenu, j’ai dit, « Désolé, vous n’avez pas de menu en français ? » Il m’a dit « One moment, » et est parti avec la carte. Quelques instants plus tard, il est revenu avec celui-ci :

Mais quand il est revenu une troisième fois pour prendre ma commande, il m’a dit « What would you like? » J’ai répondu avec la soupe à l’oignon et l’onglet de bœuf. Il m’a demandé la température pour le bœuf, et je lui ai répondu « à point ». Après ça, il a repris l’anglais. Pendant l’heure et demie suivante, il et ses deux aides m’ont parlé seulement en anglais. C’était bien évident que c’était fait exprès. Ce dîner a quand même pris assez de temps que j’ai dû partir sans goûter leur glace, exactement la chose pour laquelle j’y étais venu.

Tout seul avec mes pensées, je pensais à mettre fin à tout ça. Ce n’était que la version la plus récente de ce qui s’est passé à l’aéroport. Et à mon hôtel. Et à la pharmacie. Plus méchant qu’à ces autres endroits, bien sûr, mais je me demandais si c’était un message que je m’étais gravement trompé. J’ai jeté un coup d’œil sur le bouton rouge, et si une amie ne m’avait pas contacté au bon moment, peut-être que vous ne liriez pas ce post :

Je ne peux pas faire plus pour m’intégrer à la société française sans y vivre. Et je sais très bien que personne ne sait ce que j’ai fait sans avoir lu ce blog. Mais je me demandais comment je me sentirais si j’étais un immigrant mexicain et des américains ont refusé de me parler en anglais. Je me demanderais pourquoi je faisais des efforts. Si je voulais être insulté en anglais toute la journée, j’habite déjà au bon lieu. ([Menteur ! Je ne vous insulte jamais en anglais ! Mais peut-être que c’est le temps de commencer ! — M. Descarottes]) Je relis mon post sur la politesse de l’année dernière, et je me demande « Mais où est donc passé tous ces gens ? »

C’est étonnant. Vous parrainez l’Alliance Française pour apprendre la langue aux étrangers. Vous vous plaignez de nous quand nous n’apprenons pas la langue. Mais face à quelqu’un qui sait dire toutes les bonnes choses, plus qu’il essaye, plus que vous vous foutez de sa gueule. On n’est pas en rupture, mais la relation est plus qu’un peu abîmée.