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Je découvre l’Oise

On continue maintenant le Tour avec le 60, l’Oise. C’est le département le vingt-sixième plus peuplé et les habitants se nomment oiseaux oisiens. C’est notre troisième séjour dans les Hauts-de-France.

L’Oise abrite un site extrêmement important dans l’histoire de ce blog, le Château de Chantilly. Peut-être que vous pensez que c’est à cause de son rôle dans le roman de Laura Rahme, The Secret of Chantilly. Peut-être à cause du Musée Condé, où se trouve Les Très Riches Heures du Duc de Berry, mon œuvre d’art préféré. Mais vous auriez TORT ! Le truc qui rend l’Oise aussi important, c’est son apparition dans le patrimoine des anglophones, la série de films James Bond — en ce cas, en tant que le repaire du méchant Max Zorin dans Dangereusement vôtre (la traduction insensée de « A View to a Kill »). N’imaginez jamais que mes priorités sont dans le désordre. ([Pas besoin d’imaginer ce que l’on sait. — M. Descarottes])

Commençons donc au Château de Chantilly (3 étoiles Michelin). Construit sous sa forme présente au XVIe siècle par Anne de Montmorency — qui ne ressemble vraiment pas aux autres Anne — le château a atteint son statut important sous les soins du duc d’Aumale, collectionneur d’art responsable de la restauration du château au XIXe siècle. Le musée Condé (2 étoiles) fait référence aux collections du duc, et est nommé à l’honneur de ses prédécesseurs, les princes de Condé. On y trouve de nombreux tableaux d’artistes comme Fra Angelico et Raphaël, ainsi que des manuscrits et objets d’art. À l’extérieur du château, il y a la Grandes Écuries (2 étoiles), dont le Musée du Cheval (2 étoiles), où on trouve des spectacles équestres et une collection d’équipements, des sculptures ou bien des chevaux de manège. Finalement, ne ratez pas les trois jardins au parc du château (2 étoiles) – à la française, à l’anglaise, et l’anglo-chinois, tous datant du XVIIe au XIXe siècle.

Quelques kilomètres à l’est, on trouve la ville de Senlis. et son joyau, la Cathédrale Notre-Dame (2 étoiles), construit à partir du XIIe siècle. Son portail de la Vierge est un incontournable de la sculpture gothique. Êtes-vous prêt pour quelque chose d’inhabituel pour ce blog ? On est très proche du Parc Astérix (2 étoiles), et moi, je suis horriblement curieux des gens qui montrent des dessins animés sur des bureaucrates aux enfants. ([Il veut dire vous, les amis. — M. Descarottes]) Il y a deux autres parcs d’attraction pas trop loin, La Mer de Sable et le Parc Saint-Paul, mais c’est Astérix qui « pue la France ». En route à Compiègne, on passe par Fontaine-Chaalis pour son Abbaye royale (2 étoiles), avec sa chapelle spectaculaire. Dès que l’on arrive à Compiègne, on visite son château (3 étoiles), avec quatre appartements pour l’Empereur, l’Impératrice, et des autres ; un théâtre d’opéra ; et l’escalier d’honneur, celui de mes rêves. (Je suis fou de grands escaliers, comme ceux-ci à Chicago.) Le château abrite deux musées exceptionnels, de la Voiture (1 étoile) et du Second Empire (2 étoiles).

Êtes-vous ennuyés de tout ce patrimoine 2 ou 3 fois étoilé ? Trop dur ; notre prochain arrêt est le la Clairière et mémorial de l’Armistice (2 étoiles), monument à la Première Guerre mondiale, avec une reconstitution du wagon du maréchal Foch où l’armistice a été signé (et dans lequel un certain leader allemand a convoqué un deuxième armistice). Envie d’une balade dans la nature ? On la prendra dans la Forêt de Compiègne (2 étoiles), avec 1 500 kilomètres de chemins ; consultez l’office de tourisme pour des idées. En quittant Compiègne, on passe au Château de Pierrefonds (2 étoiles), rue Viollet-le-Duc. Et maintenant vous savez qui a restauré ce château à huit tours du XIVe siècle. On finit dans la préfecture, Beauvais, pour visiter la Cathédrale Saint-Pierre (3 étoiles) pour son chœur avec « la voûte la plus élevée des chœurs gothiques : 46,7 m », ses nombreuses sculptures, et ses vitraux impressionnants.

Qui sont les personnages les plus connus de l’Oise ? Le théologien protestant Jean Calvin est né à Noyon. Le couturier Hubert de Givenchy, connu chez moi pour être apparu dans les paroles de la version anglaise de La Cage Aux Folles, est né à Beauvais, ainsi que le mathématicien Henri Lebesgue, l’industriel Jean-Claude Decaux (son nom est partout aux États-Unis), et le comédien Guy Grosso. La grande actrice Claude Gensac, l’une de deux personnes à apparaître ici dès le début, est née à Acy-en-Multien. Jean-Jacques Rousseau, pire père au monde, est décédé à Ermenonville. François Vatel, inventeur de la crème Chantilly, y est décédé. Marcel Dassault, ingénieur aéronautique, était député oisien pendant 28 ans.

Quoi manger dans l’Oise ? La chantilly, bien sûr, mais c’est vraiment pas un plat en soi. Cependant, on a deux traditions qui se relient dans l’Oise, la normande et la picarde (à ne pas confondre avec soit Picard soit Picard). C’est donc une cuisine riche en pommes — des crêpes à la normande, le flan normand, ou bien les aguignettes (fait ici l’année dernière pour l’Épiphanie). Mais c’est pas seulement des pommes normandes ! On est au pays des pommes picardes, avec des produits typiques comme le cidre briard et la rabote picarde (fait ici pour notre séjour dans l’Aisne). Autres produits typiques de l’Oise comprennent la moutarde picarde (parfumée au cidre, au miel, ou à la bière), et le fromage tomme (soit au cidre ou au foin). ([Au foin ? C’est pour moi ! — M. Descarottes]) Pour boire, on y trouve les bières et cidres de Milly-sur-Thérain, les bières Saint-Rieul de Trumilly, et la frënette, une boisson un peu comme un cidre parfumé à la chicorée.

Je découvre le Nord

On continue maintenant le Tour avec le 59, le Nord. C’est le département le plus peuplé, et les habitants se nomment nordistes. C’est notre deuxième séjour dans les Hauts-de-France, après l’Aisne (02), bien avant que j’ai même établi mon format.

Je vous rappelle que dans le bilan de la première moitié, j’ai appelé Lille « la ville de mes rêves ». Pourquoi une si forte déclaration pour une ville que j’ai jamais visitée ? On est chez Laurène Lefèvre, Madame Cook&Record elle-même, mais merci de ne pas avoir de mauvaises pensées. Pendant le confinement, elle faisait des vidéos de sa ville sur Facebook, plutôt façon France with Véro. C’était la toute première fois où j’ai vu des choses comme les maisons à pans de bois, ou les bâtiments illuminés. Maintenant, je sais que l’on trouve tout ça ailleurs. Mais même à l’époque, j’ai découvert que Lille avait presque exactement la même taille que San Diego pendant mon enfance. Cette situation me semble idéale.

On commence donc à Lille, et rien de mieux pour me convaincre que j’ai raison que le Palais des Beaux-Arts de Lille (3 étoiles). Vous allez craquer pour leurs collections d’art d’antiquité (égyptien, romain et grec), du Moyen-Âge, et des sculptures (ne ratez pas Le chevalier errant !), et plus — tous ces liens ont plein de belles photos. D’ici, on se promène vers la Grand’Place de Lille (2 étoiles). Ici, on trouve de nombreuses attractions, dont la Vieille Bourse (2 étoiles), un centre commercial du XVIIe siècle avec ses frontons « ornés de cartouches, de guirlandes et de fruits charnus » et la Colonne de la Déesse, érigée en souvenir du siège de 1792. (Chantez avec moi : Pas d’oignon aux autrichiens…) Ne ratez pas le Furet du Nord, le fleuron de cette chaîne de librairies, avec 25 000 m2 de livres, dont un espace pour les mangas. (Ne ratez pas non plus les horoscopes du Gorafi qui a une signe de furet pour ceux comme moi, nés le jour du passage du Scorpion au Sagittaire.) On fait une pause à la Maison du Donut, recommandée par Laurène elle-même — il n’y a pas trop de donuts fait avec du chocolat Valrhona !

D’ici, on continue vers la Place du Lion d’Or, qui nous met au milieu du Vieux Lille (3 étoiles). Ses maisons viennent du XVIIe au CIXe siècles, et les meilleures préservées sont celles de la Place Louise-de-Bettignies. D’ici, on passe par la Cathédrale Notre-Dame de la Treille (1 étoile). Cette cathédrale d’extérieur ul-trop moderne, achevée en 1999, vaut la visite pour son Centre d’Art Sacré et sa collection d’œuvres sur la Passion. Puis, on fait un pèlerinage à la maison natale de Charles de Gaulle (1 étoile), de nos jours musée à l’enfance du général. On termine notre parcours de Lille lui-même à la Citadelle de Lille (1 étoile), construite sous les ordres de Vauban. Ce bâtiment en forme de pentagone est entouré par un parc, dont un monument aux martyres de la Première Guerre mondiale.

Avant de quitter Lille, faut mentionner un événement annuel. La Grande Braderie est un marché aux puces le premier week-end de septembre qui est aussi une grande fête, où les moules sont mangées par des millions. Des tas de coquillages sont partout !

Moules de la Grande Braderie, Photo par
Jiel Beaumadier
, CC BY-SA 3.0,

On part de Lille mais reste dans la Métropole pour visiter la Villa Cavrois (2 étoiles) à Croix, un grand exemple de l’architecture moderne, où le créateur, Robert Mallet-Stevens, était responsable de tout — l’architecture, les meubles, le jardin, etc. À Roubaix, on visite La Piscine (2 étoiles), un musée consacré à l’art et l’industrie dans une ancienne piscine municipale. Essayez leurs collections très inhabituelles de textiles et dessins industriels.

Au sud, on visite Douai, en passant par Wavrin, où les Silpats sont fabriqués (mais rien à visiter). Peut-être qu’il vous surprendra, mais Douai est bien connu chez les anglophones en tant que la source de la Bible de Douai, la traduction en anglais préférée des Catholiques pendant des siècles (sous le nom Douay-Rheims). De nos jours, le Collège anglais n’existe plus, mais il reste le Musée de la Chartreuse (2 étoiles), un musée de beaux-arts où il reste des anciens jardins monastiques. Très proche, il y a le Centre Historique Minier de Lewarde (2 étoiles), le plus grand musée de la mine en France, ancienne fosse de charbon où on peut vraiment descendre sous terre pour expérimenter la vie des mineurs.

On finit à Dunkerque, site d’une bataille héroïque de la Seconde Guerre mondiale et lieu de tournage d’un film traumatisant, Week-end à Zuydcoote, ce que je recommande fortement malgré son histoire sombre. Le Musée Portuaire (1 étoile) traite de l’histoire du port, avec trois bateaux importants, dont le trois-mâts Duchesse Anne, le plus grand voilier visitable de France. Le parcours d’Operation. Dynamo vaut le coup, dont le Musée Dunkerque 1940.

Qui sont les personnages les plus connus du Nord ? Bien sûr, il faut absolument commencer avec le général Charles de Gaulle, né à Lille, ainsi que le grand acteur Philippe Noiret. Le PDG de Louis Vuitton Moët Hennessy, Bernard Arnault, et né à Roubaix. L’évêque très controversé, Marcel Lefebvre, fondateur de la Fraternité sacerdotale Saint-Pie-X, vient de Tourcoing. Ministre préféré des supporters de foot britanniques et vedette du Canard Gérald Darmanin, est né à Valenciennes, puis est député du Nord. Ne me demandez pas d’où vient l’ancienne star des Grosses Têtes, M. Schraen de Dunkerque. (Rien n’est trop obscure pour ce blog !) Plus surprenant, Charles de Batz, mieux connu en tant que le gascon D’Artagnan, était gouverneur de Lille pendant 8 mois vers la fin de sa vie. Louis Pasteur était professeur à l’Université de Lille pendant 3 ans.

Quoi manger dans le Nord ? On se régalera. La cuisine nordiste partage de nombreux plats avec les voisins belges, dont les moules-frites, exactement ce que le nom dit, la carbonade flamande, du bœuf mijoté en bière avec du pain d’épices et de la moutarde, et le potjevleesch, qui veut dire « pot de viande » en flamand, des viandes froides en gelée. D’autres plats locaux comprennent la flamiche au Maroilles, une tarte aux poireaux ou aux oignons avec le fromage de son nom, et les chicons gratinés, dont vous ne devez pas vous soucier de voir ici car ma mère ne peut plus me faire manger des endives.

Il y a de nombreux fromages locaux, dont le Maroilles AOP, le Mont des Cats, la Tome de Cambrai, et le Vieux-Lille pour les amants de fromages forts. En dessert, il y a les merveilleux, des meringues recouvertes de chocolat ; la tarte au sucre, plutôt comme la galette à suc ardennais ; la tarte à la rhubarbe (jamais sans des fraises aux États-Unis), et de nombreuses confiseries, dont les célèbres bêtises de Cambrai et les sottises de Valenciennes. Le Nord est aussi la maison du Carambar, un genre de blague pourrie emballée autour d’un caramel trop dur, parfois parfumé aux goûts de fruits (ce que j’ai acheté). Pour boire, il y a de nombreuses bières locales, dont la Grain d’Orge, la Ch’ti, la Jenlain, la Cambier, et la 3 Monts.

Je ne finis jamais ces colonnes avec une note personnelle, mais je suis dépassé par le Nord. Désolé pour le longueur de cet article, mais il aurait pu avoir deux fois les contenus. J’ai même pas touché l’industrie de dentelles à Caudry et les randonnées sur la Côte d’Opale. Je suis juste absolument bouleversé, car je rêvais d’écrire cet article depuis le moment où j’ai créé ce blog, et j’ai du mal à arrêter !

Je découvre la Nièvre

On continue maintenant le Tour avec le 58, la Nièvre. C’est le département le douzième moins peuplé et les habitants se nomment nivernais. C’est notre quatrième séjour en Bourgogne-Franche-Comté, et ça fait 19 départements depuis la dernière fois !

La Nièvre fait des problèmes pour les anglophones comme moi, avec sa préfecture de Jamaiss. Vous ne comprenez pas ? Bon, ma carte en anglais dit « Nevers », évidemment le pluriel de « Never, » et ça veut dire « Jamais ». C’est vraiment pas compliqué, et pourquoi est-ce que vous appelez tous le 15 en même temps ? ([Vous n’avez même pas commencé à grogner, les amis. J’ai déjà entendu ses autres. — M. Descarottes.])

On commence à la préfecture, Nevers. C’est de loin la ville la plus grande du département avec plus de 30 000 habitants. Au centre historique de la ville, on visite d’abord la Cathédrale Saint-Cyr et Sainte-Julitte (2 étoiles Michelin). Parmi les raisons de visiter est la tour Bohier, de 52 mètres de hauteur, avec de nombreuses statues géantes de personnages de la Sainte-Bible. Après 285 marches, vous aurez une vue spectaculaire de la Loire. Seulement 2 minutes plus loin, on y trouve le Palais ducal (1 étoile), château du XVe siècle devenu Palais de Justice puis de nos jours espace culturel et salle de mariages. Le Musée de la Faïence et des Beaux-Arts (1 étoile) est fermé jusqu’en avril 2023, mais quand il rouvrira, vous y trouverez la plus grande collection de verre émaillé de l’Europe, tout made in fabriqué à Nevers. (Sérieusement, qu’est-ce qu’il y a ?) Finalement, juste au coin de la rue, on trouve la Porte du Croux (1 étoile), ancienne fortification du XIVe siècle, maintenant la maison du Musée archéologique du Nivernais. Pour les croyants, ne ratez pas non plus le Sanctuaire Sainte-Bernardette de Nevers. On parlera plus d’elle à Lourdes, mais son corps préservé se trouve ici ; c’est donc un site de pèlerinage.

Pour plus d’infos sur Nevers, je vous recommande fortement ce post du Chat Voyageur, surtout pour son explication détaillée de la Cathédrale.

Juste au nord de Nevers, on trouve La Charité-sur-Loire, et surtout son Église prieurale Notre-Dame (2 étoiles). La prieuré était anciennement l’un des monastères les plus riches de la France, et on le voit toujours dans ses 5 nefs et capacité d’accueillir 5 000 personnes malgré son origine du XIIe siècle. De nos jours, elle abrite la Cité du Mot — attention, les blogueurs littéraires ! — membre de l’Association de Centres culturels de rencontre, qui abrite de son tour un festival annuel, Aux Quatre Coins du Mot, consacré aux livres, avec des lectures, des concerts, et de nombreuses autres activités. Partout dans la ville, on trouvera des citations sur les murs, comme en bas.

On continue vers le nord, à Saint-Amand-en-Puisaye. Ici, on trouve un beau château de la Renaissance, le château de Saint-Amand, qui abrite le Musée du Grès, consacré à quatre siècles de cet art dans le village. Mais en plus des vaisseaux eux-mêmes, on peut visiter — avec le même billet ! — la Maison de la Mémoire Potière, une ancienne poterie du XIXe siècle où les équipements restent presque complètement intacts. On tourne vers l’est pour découvrir le Canal du Nivernais, creusé du XVIIIe au XIXe siècles, qui relie Nevers et la Loire avec Auxerre et l’Yonne. Il y a de nombreuses opportunités pour faire de la randonnée ou prendre un bateau le long du Canal ; consultez le site de tourisme pour des idées.

Très proche du Canal, on trouve notre dernier arrêt, le Parc Naturel Régional du Morvan. Ici on trouve le Lac de Pannecière (1 étoile) et le Lac des Settons (1 étoile), deux endroits plein de belles vues et d’opportunités pour la randonnée et la pêche.

Qui sont les personnages les plus connus de la Nièvre ? De nos jours, l’ancienne Ministre de la Culture et Grosse Tête actuelle Roselyne Bachelot vient de Nevers, ainsi que le célèbre chef Guy Savoy (qui a un resto prestigieux à Las Vegas). Sainte-Bernadette Soubirous, témoin des apparitions mariales à Lourdes, y est décédée, ainsi que l’acteur Paul Frankeur, connu chez moi pour Un singe en hiver, Touchez pas au grisbi, et Faut pas prendre les enfants du Bon Dieu pour des canards sauvages. Romain Rolland, lauréat du prix Nobel littéraire, est né à Clamecy.

Quoi manger en Nièvre ? Le département est au carrefour de plusieurs que nous avons déjà visités — le Cher, l’Allier, le Loiret, la Côte-d’Or — et certaines choses nous sont familières. On y trouve le bœuf charolais, le bœuf bourguignon, et les escargots de Bourgogne (à vous !). Il y a de plats locaux, surtout du Morvan, comme le crêpiau (soit salé soit sucré), la râpée du Morvan (une galette de pommes de terre ; ça me rappelle la crique ardéchoise), et les œufs en Meurette. En dessert il y a la flamusse aux pommes, un gâteau un peu comme un clafoutis ou une flognarde, et le piquenchâgne, une tourte garnie de « fruits macérés dans un appareil de sucre, de crème, d’alcool) posés debout sur le fond ». Pour boire, il y a le Pouilly-Fumé AOC, un vin blanc, les vins Coteaux-du-giennois AOC et AOP, de plusieurs cépages blancs et rouges, et les Côtes de la Charité, avec de nombreux cépages, dont des vins mousseux.

Je découvre la Moselle

On continue maintenant le Tour avec le 57, la Moselle. C’est le département le vingt-troisième plus peuplé, et les habitants se nomment mosellans. C’est notre septième séjour dans le Grand Est (et cinquième depuis le 51 !). La Moselle est distinguée en étant le seul « Eurodépartement », qui vient d’une idée, pas complètement réalisée, de partager certaines compétences gouvernementales entre Metz et la commune allemande de Sarrebruck.

On commence à la préfecture, Metz (3 étoiles Michelin). Comme beaucoup de l’ancienne région d’Alsace-Lorraine, cette ville a connu des périodes sous les Allemands et comme partie de France. Donc, quand on parle du Quartier impérial (1 étoile), c’est l’Empire allemand du Kaiser Wilhelm II, qui a construit des bâtiments en granit et en basalte à partir de 1870. De nos jours, on voit ces bâtiments autour de la gare (1 étoile) érigée par les allemands en 1908, avec une tour d’horloge impressionnante. Tout ça fait partie de la « nouvelle ville », où on trouve aussi le Centre Pompidou-Metz (3 étoiles), qui abrite des collections d’art moderne. (Est-ce que le Centre vous rappelle aussi le célèbre quartier général des méchants d’un certain dessin animé ?)

D’ici, on marche vers la vieille ville, et son plus grand trésor, la Cathédrale Saint-Étienne (3 étoiles). C’est une cathédrale gothique du XIIIe siècle, mais il y a 6 500 m2 de vitraux, du XIVe siècle jusqu’à Marc Chagall pendant le XXe siècle. Puis on traverse la rivière Moselle par le Moyen Pont, avec sa vue spectaculaire du Temple Neuf, un temple protestant construit par les Allemands en 1904. Une fois atteint, on retourne vers le quartier de la cathédrale pour aller au Musée de la Cour d’Or (2 étoiles), avec des collections Gallo-Romaines, Médiévales et de Beaux-Arts.

On suit la Moselle vers le nord-est, à Thionville. La suite de notre visite à Verdun, on visitera une partie de la Ligne Maginot, le Gros ouvrage du Hackenberg (1 étoile). N’ayez pas peur, mais on descend au sous-terrain. Il y a des tunnels partout, des casernes, et des casemates, ainsi qu’un musée avec des uniformes et des armes de l’époque. Mais je jure, je ne suis pas seulement votre guide aux boucheries, alors ensuite on visite le Château de Lagrange et ses jardins « Prairiales » (1 étoile). Les jardins doivent leur nom « aux larges bandes de prairies semées de fleurs de tous pays ».

Après ça, on va traverser vers l’Est. On est très proches de Sarrebruck, et le Guide Michelin vous conseillerez de visiter de nombreux sites là-bas. Mais c’est une frontière que je ne franchirai pas. Moi, j’irai plutôt à Saint-Avold où on trouve le plus grand cimetière américain de la SGM. On se retrouvera à Bliesbruck, pour le Parc archéologique européen (1 étoile), consacré à des ruines celtes ainsi qu’à des gallo-romains. Après, on continue à la Citadelle de Bitche (2 étoiles), une énorme forteresse sur une colline érigée par Vauban au XVIIe siècle (de ses travaux originaux, il ne reste qu’une chapelle). De nos jours, la citadelle abrite le Musée des Hommes dans la Guerre de 1870, dédié à la guerre franco-allemande de l’époque. Finalement, au sud-est, on va visiter deux centres de l’industrie du soufflage de verre : Saint-Louis pour la Cristallerie du même nom et son musée (dont une visite guidée des ateliers), et Meisenthal pour le Site Verrier Meisenthal, maison natale des boules de Noël depuis 1858 (c’est l’Alsace-Lorraine, après tout).

Qui sont les personnages les plus connus de la Moselle ? Le célèbre cardinal Mazarin était évêque de Metz de 1652 à 1658, et le maréchal Michel Ney, l’un de mes héros, a reçu sa formation militaire à Metz. Le mathématicien Charles Hermite, découvreur de nombreux résultats quant aux matrices, est né à Dieuze. Joachim von Ribbentrop…euh, pas français mais l’un des plus gros salopards de l’Histoire, il était lycéen à Metz lors de l’occupation de la Moselle par les voisins au nord.

Quoi manger en Moselle ? Encore une fois, c’est de la cuisine lorraine : les produits de mirabelles, la quiche lorraine, les spritz. Il y a aussi des confiseries comme les boulets de Metz (des boulets de canon de chocolat !) et la wagotine (des mini-wagons en nougatine récouverts de mirabelles et d’autres spécialités locales). Il y a un macaron local, celui de Boulay, avec seulement un producteur (hmmm, qu’est-ce qui se passe ici quand j’entends de telles choses ?). Pour boire, il y a la limonade Lorina, qui vient du Saulnois, et des vins AOC Moselle dont les cépages sont « l’auxerrois, le müller-thurgau, le pinot gris et le pinot noir ».

Je découvre le Morbihan

On continue maintenant le Tour avec le 56, le Morbihan. C’est le département le trente-est-unième plus peuplé, et les habitants se nomment morbihannais. C’est notre quatrième, et final, séjour en Bretagne.

C’est plutôt étonnant — tous les endroits dans le Morbihan sont deux fois étoilés par le Guide Vert ! Et c’est plus proche de moi que le reste de la France, Bretagne-en-Outre-Mer, je suppose :

En fait, ce Morbihan est en Louisiane, à l’ouest de la Nouvelle-Orléans. Non, je ne le connaissais pas avant de faire mes recherches, mais en fait il me semble que ce serait un endroit très agréable à visiter. Mais revenons à nos moutons.

On va commencer dans la préfecture, Vannes (2 étoiles). Il nous faudra absolument une voiture cette fois, parce que nos destinations sont pas proches les unes des autres. Au début, on visite la Vieille ville (2 étoiles Michelin) — c’est tout ce que j’aime en France, avec les maisons à pans de bois partout, une cathédrale (1 étoile) et des remparts du XIIIe siècle (2 étoiles). Puis on part à 8 km pour la Golfe du Morbihan (3 étoiles) — RÉGARDEZ CETTE PHOTO — avec soixante îles et îlots, le Château de Suscinio (1 étoile, du XIIIe siècle), de l’ostréiculture, et des sentiers pour faire du vélo et de la randonnée. De l’autre côté de la Golfe, on trouve quelque chose d’étonnant, l’Ensemble mégalithique de Locmariaquer (seulement 2 étoiles car le Guide Vert est bon pour la camisole de force, comme dirait Cruchot). Ce Stonehenge breton, construit il y a 4500 ans, comprend de nombreux dolmens, menhirs et le tombeau surnommé la Table des Marchand.

Pouvez-vous voir à quel point je profite d’écrire cet article ? Ça continue !

On continue vers Carnac, où on peut passer par le Musée de Préhistoire (2 étoiles) ou continuer directement à un vrai site de la préhistoire, les Alignements de Kermario (2 étoiles), un autre site de menhirs — un millier en des lignes parallèles ! (Il n’y a pas de Kerluigi, les fans de Nintendo.) C’est le plus spectaculaire de trois alignements, un circuit qui nous occupera pendant 2 heures. Puis on conduit à la Côte Sauvage de la Presqu’île de Quiberon (2 étoiles), pour faire une jolie balade parmi les falaises et les roches. De Quiberon (1 étoile) on prend un bateau vers la Belle-Île (3 étoiles) et sa propre Côte Sauvage (3 étoiles), dont les rochers dits les Aiguilles de Port Coton (2 étoiles), la plage de Port Donnant (2 étoiles) et dans le village de Sauzon, le Musée Sarah-Bernhardt (2 étoiles), consacré à l’actrice et abrité dans d’un ancien fort militaire.

On retourne vers le continent et conduit vers Lorient. Juste avant d’arriver, on passe par la Citadelle de Port-Louis (2 étoiles), érigée par les Espagnols au XVIe siècle, et maison de nos jours du musée de la Compagnie des Indes (2 étoiles). Quant à Lorient, souvenez-vous de Saint-Nazaire en Loire-Atlantique (bien sûr, car vous ne risqueriez de rien rater ici) ? Encore une fois, la star est une base de sous-marins, Lorient La Base (2 étoiles). Mais une base de qui, la Marine française ? Euh, non. Pensez plutôt à la Kriegsmarine. Je sais, je sais. Heureusement, c’est bien repris, alors on visite en gloussant « Reich de mille ans, mon pied ! » Nos sites d’intérêt sont la Cité de la Voile (2 étoiles), où on visite les voiliers exceptionnels d’Éric Tabarly et son musée de la voile, et la base de sous-marins de Keroman (1 étoile), où le sous-marin qu’on visitera est bien français, pas australien. Ou allemand. Après, on part pour l’Île de Groix (1 étoile) parce que je veux visiter l’atelier de production de Groix et Nature, qui produit les meilleures rillettes de poisson que j’ai eues. Finalement, au nord de Lorient, on visite l’Église Notre-Dame à Kernascléden (2 étoiles) pour ses arcades recouvertes de fresques du XVe siècle et ses murailles de l’enfer pour encourager les autres.

Qui sont les personnages les plus connus du Morbihan ? René Descartes, le célèbre philosophe, vivait à Saint-Avé pendant son enfance. Jean-Yves Le Drian, ministre sous plusieurs présidents, est né à Lorient, et y était maire. Bruno Cremer, l’interprète du commissaire Maigret, avait une maison à Hennebont.

Quoi manger dans le Morbihan ? On est en Bretagne ! C’est donc très similaire à l’Ille-et/-Vilaine ou la Finistère, avec les crêpes bretonnes, les galettes de blé noir, du beurre demi-sel partout (surtout dans le caramel au beurre salé). En produits locaux, on trouve les fromages trappiste de Campénéac et trappe de timadeuc, l’andouille de Guémené, les artichauts Camus, et une mélange d’épices, le kari gosse. Peut-être que vous souvenez-vous de notre visite à Americannery et leurs rillettes de poisson ? Tout ça vient de Morbihan ! D’autres plats bretons, il y a le kig-ha-farz (le pot-au-feu breton) et son pain le fars pod, le kouign patatez (un gâteau de pommes de terre), et les moules marinières. Les desserts sont typiquement bretons : le kouign-amann, le quatre-quarts, le far breton, les sablés bretons, etc. Pour boire, il y a une spécialité locale, le cervoise, une sorte de bière aromatisée avec des plantes comme la menthe et le genévrier.

Je découvre la Meuse

On continue maintenant le Tour avec le 55, la Meuse. C’est le département le dixième moins peuplé, et les habitants se nomment meusiens. C’est notre sixième séjour dans le Grand Est.

Ce post marque un retour au début du blog, et mon post le plus recherché qui ne se traite pas de recettes ni de brouteurs, La confiture la plus chère du monde. Cette confiture de groseilles vient de la Maison Dutriez à la préfecture, Bar-le-Duc. Un pot de 100 grammes me coûterait 71 € après le frais de livraison Pour vous — pas les Québécois, qui vont payer aussi cher — c’est « juste » 33 €. Je ne doute pas que c’est la meilleure confiture au monde, mais malgré ce qu’en pense mon ex, je ne suis pas Caligula, ni son cheval non plus.

Ce post marque aussi le retour du Guide Vert en ligne ! Après ce que j’appelle « La Catastrophe », mes recherches sont devenues beaucoup plus difficiles. Mais en cherchant Bar-le-Duc, j’ai découvert qu’il est réapparu. Je ne demande rien, mais merci de ne pas refaire ça, Bibendum.

On commence notre tour à Commercy, la maison d’une spécialité bien aimée partout en France, les madeleines de Commercy. Il faut absolument que l’on commence au Château Stanislas, l’une des résidences du duc Stanislas Leszczynski, et où (selon la légende) les madeleines ont reçu leur nom d’une servante, Madeleine Paulmier. On visite aussi le Musée de la Céramique et de l’Ivoire, pour sa collection « de la production des grands centres européens et chinois du 17ème au 20ème siècle », ainsi que des objets en ivoire de la même période. Aux alentours de Commercy, en tant que fans des Combattantes, il nous faut visiter Sampigny pour le Musée Raymond Poincaré, ancienne maison du président, et consacré à sa carrière. Il y a aussi le Château de Gombervaux, avec des histoires de fantômes et une herse mobile, la seule et unique en France (selon eux ; je ne peux pas le vérifier).

On continue vers Bar-le-Duc (1 étoile Michelin). Puisqu’il n’y a pas de frais de livraison, tout d’abord on passe par la Maison Dutriez pour acheter de la confiture. Mais de peur qu’il n’expire sans frigo, nous l’envoyons à notre ami aux États-Unis pour le sauvegarder. Désolé, mais j’ai dû essayer. En fait, on est là pour le Quartier Renaissance, aussi dit la Ville Haute (2 étoiles), avec de nombreuses maisons du XVIe siècle et l’Église Saint-Étienne. Au-dedans de l’église, on trouve une statue de la Renaissance qui vaut la visite toute seule, Le Transi de René de Chalon (2 étoiles).

De Bar-le-Duc, on va vers le nord, et Verdun (2 étoiles). Verdun entre l’Histoire-en-majuscule avec le traité de Verdun en 843, qui a divisé l’empire de Charlemagne en trois parties. C’est le royaume de l’ouest, Francie occidentale, qui donnera son nom à notre pays préféré. Mais de nos jours, Verdun est mieux connue pour être le site d’une bataille en 1916, gagné par un certain général Pétain. On n’est pas obligé d’utiliser son titre à cause de l’indignité nationale. Mais ce sera un quart de siècle au futur. Plus important, à cause de cette bataille, Verdun est la ville la plus décorée de la France, avec 26 médailles, dont la Légion d’honneur et deux Croix de guerre.

On commence par payer nos respects au Champs de bataille de Verdun (3 étoiles), où on trouve le cimetière des soldats (2 étoiles), un Mémorial (2 étoiles), et les forts de Douaumont (1 étoile) et de Vaux (1 étoile). De ce dernier, on dit :

Dès le début de la bataille de Verdun, le fort de Vaux est l’un des objectifs prioritaires de l’armée allemande. Bombardé par près de 8 000 obus par jour entre mars et juin 1916, sa garnison, isolée, sans soutien extérieur résiste et mène des combats héroïques à l’intérieur avant de se rendre, vaincue par l’épuisement et la soif. Ce fort devient alors le symbole de la résistance du soldat de Verdun.

Site du Mémorial

En ville, on visite aussi la Citadelle souterraine (1 étoile), construite originalement par le roi Henri II, et caserne importante pendant la Première Guerre mondiale. On finit à Verdun avec une visite au Centre mondial de la paix, des libertés et des droits de l’Homme, qui abrite de nombreuses expositions sur les conflits autour du monde. Le Centre lui-même occupe l’ancien Palais épiscopal (1 étoile),

On conduit au nord, jusqu’à Montmédy, por sa citadelle et ses musées, l’un de la fortification de la Meuse, et l’autre consacré à l’artiste Jules Bastien-Lepage. Finalement, un peu plus au nord, il y a la Basilique d’Avioth (2 étoiles). La Recevresse, où les pèlerins lassaient leurs offrandes, est un chef d’œuvre de l’architecture gothique.

Qui sont les personnages les plus connus de la Meuse ? Raymond Poincaré, ancien président de la République pendant l’époque des Combattantes (et qui est apparu dans le cinquième épisode), est né à Bar-le-Duc. André Maginot, son ministre des Colonies, plus tard de la Guerre, et architecte de l’infâme ligne Maginot, y vivait. Robert de Baudricourt, compagnon de Jeanne d’Arc, était gouverneur de Vaucouleurs. Le gendarme et héros de notre époque Arnaud Beltrame était officier militaire à Commercy.

Quoi manger en Meuse ? On est au milieu des Ardennes d’un côté, et la Meurthe-et-Moselle de l’autre, alors pas surprenant qu’ils mangent un mélange des deux. On y trouve également la cacasse à cul nu (notre plat ardennais) et la quiche lorraine (notre plat meurthois). Les mirabelles sont en vedette ici aussi — voici une tarte aux mirabelles sur leur site officiel. L’ambroisie des dieux, les Savaroises de St-Michel, est fabriquée à Commercy — je les ai goûtés pour la première fois à l’aéroport en quittant la France en mai, et il me tue tous les jours qu’il y ait plein de biscuits de St-Michel disponibles ici, mais pas ceux-ci. Les dragées, l’une des confiseries les plus importantes au monde entier (car je les adore), ont été créées à Verdun au XIIIe siècle.

Je découvre la Meurthe-et-Moselle

On continue maintenant le Tour avec le 54, la Meurthe-et-Moselle. C’est le département le trente-troisième plus peuplé et les habitants se nomment meurthois. C’est notre cinquième séjour dans le Grand Est, et notre première visite dans la région dite Lorraine, un mot lié fortement dans l’esprit américain avec une certaine quiche, au point où ça doit être mon dîner meurthois.

La Meurthe-et-Moselle a une forme très curieuse, due au passage du territoire entre la France et l’Allemagne.

Image par Marmelad, CC BY-SA 2.5

On doit commencer dans une ville très inhabituelle par comparaison avec nos autres points de départ, Baccarat. Pourquoi ? Parce que la cristallerie Baccarat est ici, et ça fait partie de la trinité de mes marques de luxe préférées (avec Christofle et Louis Vuitton). Quand ma fille n’avait que deux ans, je lui ai acheté un papillon en cristal. Il y a une chose d’autre venue de chez Baccarat dans mon appartement, mais cela restera un secret.

On peut pas visiter la manufacture elle-même, mais elle abrite le Musée Baccarat, avec une collection qui couvre l’histoire de plus de 250 ans. (Je leur ai demandé une meilleure photo, mais pas de réponse.) De Baccarat, on part pour Lunéville pour son château, « le petit Versailles Lorrain », avec une histoire comme rien d’autre. L’un des ducs, Stanislas Leszczynski, était anciennement Stanislas Ier, roi de Pologne. Son beau-fils, Louis XV, l’a choisi pour devenir duc après qu’il avait perdu la couronne polonaise.

On continue à la préfecture, Nancy (3 étoiles Michelin). Il faut absolument visiter la Place Stanislas (3 étoiles), construit au XVIIIe siècle, avec des fontaines impressionnantes ainsi que l’hôtel de ville et le Musée des Beaux-Arts (2 étoiles). Autour de la Place, on trouve aussi l’Arc Héré (1 étoile), un Arc de Triomphe érigé à l’honneur de Louis XV. Très proche, on trouve aussi la Place de la Carrière (1 étoile), renouvelée par Stanislas, avec le Palais du Gouvernement (1 étoile), où habitait le représentant du roi.

Avant de quitter Nancy, on a deux musées exceptionnels à visiter. Le Musée Lorrain (3 étoiles) abrite des collections historiques et archéologiques. Malheureusement, il est fermé depuis 2018 pour des travaux publics, mais n’étant pas une autoroute californienne, je refuse de croire que ça durera jusqu’à 20 ans. Pendant ce temps-là, on pourrait visiter l’Église des Cordeliers (1 étoile), liée au Musée Lorrain. L’autre musée est le Musée de l’École de Nancy (2 étoiles), consacré aux arts décoratifs liés à Nancy, ainsi que des artistes de la ville au début du XXe siècle.

On continue maintenant à l’ouest, vers Toul (1 étoile). Ici, on trouve la Cathédrale Saint-Étienne (2 étoiles), qui date au XIIIe siècle, avec de nombreuses gargouilles à l’extérieur et un chœur impressionnant. On visite aussi le Musée d’Art et d’Histoire (1 étoile), qui trace l’histoire de Toul dans un bâtiment anciennement un hôpital médiéval. Au nord, à Pont-à-Mousson, on visite une collection unique en France, d’objets laqués en papier mâché, au Musée au Fil du Papier. Finalement, au « cou d’oie » (rappelez-vous la forme du département), à Longwy, on visite le Musée des Emaux et Faïences de Longwy, avec une collection de ces arts produits pendant les trois derniers siècles dans la ville. On peut toujours y trouver de nombreux artisans.

Qui sont les personnages les plus connus de la Meurthe-et-Moselle ? René Duchez, le peintre et résistant qui a inspiré Le Mur de l’Atlantique, est né à Nancy. Le maréchal Hubert Lyautey, dont j’ai vu le tombeau aux Invalides, et le grand mathématicien Henri Poincaré, sont aussi nés à Nancy, et de nos jours il y a Yaël Braun-Pivet, cible occasionnel du Canard enchaîné et première femme présidente de l’Assemblée Nationale. L’ancien roi de Pologne, Stanislas Leszczynski, devenu duc de Lorraine, a régné à Lunéville jusqu’à sa mort. La princesse Marguerite d’Anjou, plus tard reine consort d’Angleterre, est née à Pont-à-Mousson.

Quoi manger en Meurthe-et-Moselle ? Surtout, les mirabelles ! On les trouve dans des spiritueux comme l’eau de vie de mirabelle et la liqueur de mirabelle, en confiture, et en dessert dans la crème aux mirabelles. D’autres produits locaux comprennent le miel de sapin des Vosges AOP et les abricots dits « pêche de Nancy ». En plats principaux, on trouve la quiche lorraine, mondialement connue, et l’omelette lorraine, presque la même chose sans croûte. En dessert, il y a les macarons de Nancy, fabriqués uniquement à la Maison des Sœurs depuis la Révolution, les bergamotes IGP (la première confiserie IGP de France), et le spritz, un biscuit fabriqué pour Noël.

Je découvre la Mayenne

On continue maintenant le Tour avec le 53, la Mayenne. C’est le département le vingt-sixième moins peuplé et les habitants se nomment les moutarde-et-tournesoliens mayonnaise mayennais. C’est notre troisième séjour dans le Pays de la Loire.

Voilà, même mon correcteur galère avec ce gentilé :

Le département doit son nom à l’ancien province du Maine, qui faisait de son tour partie de l’ancienne territoire angevine. On penserait qu’avec sa population francophone, notre état du Maine aurait été nommé à l’honneur du Maine, mais en fait, il n’y a aucune preuve écrite.

On commence à la préfecture, Laval. Ici, on trouve le Vieux Château, construit au fil du temps du XIe au XVIe siècle. On peut visiter le château lui-même, mais il abrite aussi un musée, le Musée d’Art Naïf et des Arts Singuliers. Laval est le lieu de naissance de Henri Rousseau, dit « Le Douanier » à cause de son métier, devenu peintre majeur de l’école naïve. Le groupe Lactalis vient de Laval et peut-être que leur musée, La Cité du Lait, vaut une visite aussi.

Au sud-ouest de Laval, on trouve le musée très inhabituel de Robert Tatin, un sculpteur et architecte contemporain. On finit notre séjour lavallois au Château de Craon, pour se promener dans son parc de 47 hectares avec de nombreux jardins. Le château lui-même est très beau et vient du XVIIIe siècle, fini en 1779, juste avant, disons, la fin de l’époque où les nobles construisaient des châteaux. D’habitude je ne fais pas de pubs pour personne, et ils ne m’a pas payé pour dire ça, mais on peut s’y marier, et je le trouve par-faite. (J’ai pas le droit à ces photos-là.)

Au nord du département, on visite le village de Pontmain, réputé d’être le lieu d’une apparition de la Sainte-Vierge en 1871. L’Église catholique la reconnaît (pas toujours le cas ; voyez Medjugorje), mais les croyants ne sont pas obligés d’accepter les apparitions modernes. De nos jours, il y a un sanctuaire consacré à l’apparition, et on le visite pour ses nombreux vitraux. Puis on visite le Mont des Avaloirs, le point le plus haut de la Mayenne (à 417 mètres ; c’est pas les Alpes ici), pour sa vue panoramique et un belvédère d’observation très intéressant. Notre prochain arrêt est le village de Château-Gontier-sur-Mayenne ; là, on trouve 15 monuments historiques, dont un château du XIIIe siècle, et un ancien couvent des Ursulines du XVIIe siècle. Puis on visite Sainte-Suzanne, malgré le nom un des Plus Beaux Villages de France. Ce village est réputé pour avoir défi Guillaume le Conquérant, mais avec ce nom, c’est un miracle qu’il a survécu la rencontre tout court ! Ne me laissez pas continuer de cette façon. Là, on se promène sur les remparts, visite le Centre d’Interprétation de l’Architecture et du Patrimoine, et visite aussi le dolmen des Erves, le plus vieux monument de la Mayenne.

À Évron, on visite la Basilique de Notre-Dame-de-l’Épine, un site religieux depuis le VIIe siècle, avec de l’architecture gothique. Une communauté de moines y habite toujours. À Jublains, on visite les ruines d’une ville gallo-romaine, Noviodunum, et leur Musée d’Archéologie pour du contexte. À Fontaine-Daniel, on apprend l’histoire du produit local, les Toiles de Mayenne, un tissu haut de gamme labellisé Entreprise du Patrimoine Vivant. On finît à Saint-Pierre-sur-Erve pour faire une balade sur leur pont du Moyen-Âge et explorer la Petite Cité de Caractère.

Qui sont les personnages les plus connus de la Mayenne ? Alfred Jarry, l’écrivain qui a inspiré la chanson des Beatles « Maxwell’s Silver Hammer, » est né à Laval. Le cardinal Mazarin était duc de la ville de Mayenne à partir de 1654 jusqu’en 1661. La famille Besnier, les fondateurs du groupe laitier Lactalis — j’ai du beurre Président dans mon frigo — vient de Laval. On a parlé en haut des artistes Henri Rousseau et Robert Tatin. De nos jours, c’est le Prince Albert II de Monaco qui porte le titre de duc de Mayenne.

Quoi manger en Mayenne ? Le fromage Port-Salut tire son nom de l’abbaye du Port du Salut. De nos jours, les droits au nom appartiennent au Groupe Bel. Le fromage Saint-Paulin a une histoire similaire, et les deux n’ont pas de origine protégée, alors on peut les trouver fabriqués ailleurs. Par contre, le fromage Chaussée aux Moines est produit uniquement à Craon. Le fromage Le Trappe de La Coudre vient de l’abbaye du même nom à Entrammes. Le département lui-même offre un guide avec 53 recettes locales, avec des produits locaux en vedette. En plats principaux, on trouve de tels plats que le pavé de truite de Parné-sur-Roc au beurre d’aneth et la cuisse de canette au miel. En dessert, il y a une spécialité, la bourdaine, une pomme emballée dans une pâte feuilletée. Ça me rappelle la rabote picarde, notre dessert de l’Aisne.

Je découvre la Haute-Marne

On continue maintenant le Tour avec le 52, la Haute-Marne. C’est le département le septième moins peuplé, et les habitants se nomment haut-marnais. C’est notre quatrième séjour dans le Grand Est.

On commence notre séjour à Chaumont, la préfecture. Mais attention aux cartes ! Si vous suivez le premier résultat de Google, vous vous tromperez et vous finirez par atterrir à Los Angeles !

Alors, après avoir vérifié que nous sommes au bon Chaumont, on commence à la Basilique Saint-Jean-Baptiste, érigée dans le XIIIe siècle, et décorée avec de nombreux tableaux du XVIIe au XIXe siècles. Puis on visite le Centre National du Graphisme, dit Le Signe, un nouvel espace pour abriter la collection d’arts graphiques de la ville qui fonctionne aussi en tant qu’atelier. On visite aussi le viaduc de Chaumont, construit au XIXe siècle pour les trains. De nos jours, il est illuminé par 430 LED la nuit, mais il n’y a plus de trains. Puis on part à l’ouest pour rendre hommage au général de Gaulle à son mémorial au pied de La Croix de Lorraine, à Colombey-les-Deux-Églises.

Au sud-est de Chaumont et Colombey, on va visiter deux villes. D’abord, Bourbonne-les-Bains. On s’attendrait à y trouver un spa thermal avec un tel nom, et voilà. Nous sommes là pour Notre-Dame-de-l’Assomption, leur église du XIIe siècle avec ses statues de la Vierge en marbre du XIVe siècle et en bois du XVe siècle. On fait aussi le parcours du Circuit Histoires d’Eaux, une promenade de 5 kilomètres pour découvrir le spa thermal, un étang de pêche, et le musée municipal. À Langres, on va suivre le Tour des Remparts de cette ville fortifiée. On est dans la ville natale de Denis Diderot, alors on peut visiter sa maison natale et aussi la Maison des Lumières, consacrée à son époque.

On tourne vers le nord-ouest pour visiter Wassy. Mes amis protestants sont probablement un peu contrariés par tous les sites catholiques sur ce blog, alors pour eux, on va visiter le Musée protestant de la grange de Wassy, sur le site d’un massacre qui a eu lieu en 1562. Juste à côté, à Joinville, on visite le Château du Grand Jardin, un château du XVIe siècle avec exactement le genre de parc auquel vous vous attendiez. On finit à Saint-Dizier, où on visite l’ancien château des Dampierre, les fondateurs de la ville. De nos jours, il accueille le sous-prefecture, mais on peut toujours visiter ses trois tours du XIIIe siècle. Finalement, on visite un bâtiment inattendu, la Tour Miko, ce qui reste de l’usine originale des glaces célèbres. Il est devenu un cinéma, et on doit acheter un billet pour un film pour se faire entrer, mais au-dedans, on trouve de nombreux objets divers, des souvenirs de la marque de glaces.

Qui sont les personnages les plus connus de la Haute-Marne ? Sans doute, le plus célèbre doit être Denis Diderot, l’encyclopédiste et philosophe. Le fondateur des Éditions Flammarion (qui m’a vendu deux de mes livres préférés), Ernest Flammarion, est né à Montigny-le-Roi. La famille Huot de Goncourt, célèbre pour les frères du même nom, et le Prix Goncourt, vient du département. Le général Charles de Gaulle, qui n’a pas besoin d’introduction, est enterré à Colombey-les-Deux-Églises. Luis Ortiz Martinez, fondateur de la marque de glaces Ortiz — devenu Miko chez vous et Good Humour chez moi — a fondé son entreprise à Saint-Dizier.

Quoi manger en Haute-Marne ? La grande spécialité du département est le fromage Langres AOP, qui est disponible chez myPanier (juste 80 €/kg ! Oh, mon cher Carrefour, comme tu me manques !). On l’utilise pour fabriquer la version salée de la tarte au quemeu ; on utilise plutôt un fromage blanc pour la sucrée. Sinon, la cuisine est très similaire à la Marne, avec le brochet au champagne (que j’ai déjà fait), les truffes grises, etc. Pour boire, on y trouve les vins Coteaux de Coiffy IGP, du champagne, et des bières locales.

Je découvre la Marne

On continue maintenant le Tour avec le 51, la Marne. C’est le département le quarante-cinquième plus peuplé, et les habitants se nomment marnais. C’est notre troisième séjour dans le Grand Est. Ce post marque une étape importante — après notre dîner départemental, je publierai enfin le bilan de la première moitié (et l’histoire vraie d’où est venue l’idée). C’est chanceux que l’on est ici, car ça mérite un verre de champagne !

Et oui, vous n’allez pas oublier que l’on parle de Champagne. Dès le départ, leur site de tourisme nous dit que la Marne est « un département qui pétille ». Alors on va commencer à Épernay, chez les grandes maisons de Champagne. Notre premier arrêt est les caves de Moët et Chandon, les plus grandes de Champagne. Soyez prêts à marcher ; il y a 28 kilomètres sous terre ! Ça va coûter — 50 € l’adulte — mais on a déjà payé jusqu’à 6 fois ça au Château d’Yquem, alors c’est un bon marché. Pas loin de leur château, on trouve la statue de Dom Pérignon, mais il me semble que l’on ne peut pas visiter ses caves. Peu importe, on va continuer sur l’Avenue de Champagne pour visiter la Maison Perrier-Jouët — et pas pou l’eau gazeuse Perrier. Il y a pas mal d’autres choix, mais il faut que l’on marche un peu après tout cet alcool, alors on va prendre un tour du vignoble. Ne touchez pas les raisins !

On suit la Route Touristique de Champagne jusqu’à Reims, avec l’aide de cette carte proposée par Marne Tourisme. Reims (3 étoiles Michelin) joue un rôle très important dans l’histoire française au-delà du champagne. Depuis la baptême du roi Clovis Ier, Reims est liée au pouvoir de la couronne française, et depuis Louis VIII, la cérémonie de couronnement avait toujours lieu à la Cathédrale Notre-Dame (3 étoiles). Sainte-Jeanne-d’Arc y était pour le sacre de Charles VII. On passe de la Cathédrale au Palais du Tau (2 étoiles) pour voir le reliquaire de la Sainte-Ampoule qui contenait l’huile pour la cérémonie. Mais ne ratez pas non plus leur tapisserie sur le roi Clovis. On visite aussi la Basilique Saint-Remi (2 étoiles pour l’extérieur, 3 pour l’intérieur, et pas d’accent) du XIe siècle, renommée surtout pour son architecture inhabituelle, 126 m de long et 26 m de large. Avez-vous envie de plus de champagne ? Bon, on passe par la Maison Veuve Cliquot ou bien Maison Ruinart — mais ON TOURNE LE DOS en passant par la Maison Charles Heidsieck. J’ai choisi sa boisson maudite pour le dîner où j’ai fait la plus grosse erreur de ma vie.

On part maintenant pour Châlons-en-Champagne (2 étoiles), la préfecture du département. Ici, on visite la Cathédrale Saint-Étienne (2 étoiles), qui date largement du XIIIe siècle, remarquable pour ses vitraux de la Renaissance. On visite aussi la Collégiale Notre-Dame-en-Vaux (1 étoile) pour son carillon impressionnant et ses vitraux aussi. Vous avez toujours soif ? On passe par la Maison Joseph Perrier, la seule à Châlons. On finit au sud-est, dans le village avec le plus long nom de France, Saint-Remy-en-Bouzemont-Saint-Genest-et-Isson. Ici, on visite le Musée champenois sur la Vigne et le Vin de Champagne. Mais on est également là pour prendre des égoportraits avec leur panneau. Pour ceux qui ont envie de retourner à Épernay pour plus de champagne, soyez les bienvenus, mais vous allez finir par visiter aussi le Mémorial des Batailles de la Marne 1914-1918, car la Marne est fortement liée à la Première Guerre mondiale.

Qui sont les personnages les plus connus de la Marne ? Sans doute, il faut mettre en vedette la star des vidéos de rap partout dans le monde (États-Unis, Allemagne et France — mais il vaut mieux de ne rien regarder), le moine Dom Pérignon, connu pour la boisson gaspillée dans ces vidéos. Le verrier René Lalique, connu mondialement pour ses sculptures, est né à Aÿ. Le dessinateur Cabu, martyrisé pour la liberté d’expression, est venu de Châlons-en-Champagne. (Et en fait, je le connais depuis les années 90s.) Il y a un nombre choquant de gens qui partagent les noms de célèbres champagnes, dont : Barbe-Nicole Cliquot-Ponsardin, dite la Veuve Cliquot, Pol Roger, la Famille Taittinger, Joseph Perrier, et Nicolas Ruinart. Les sociétés devraient les poursuivre ! Jean-Baptiste Colbert, célèbre ministre sous Louis XIV, est né à Reims. Pierre Bayen, découvreur de l’oxygène, est venu de Châlons. Le grand mathématicien Abraham de Moivre est né à Vitry-le-François, mais a passé la grande majorité de sa vie en Angleterre. La Marne est aussi la maison du Français le plus important à l’histoire américaine — encore plus que le Marquis de Lafayette ! — mais il recevra son propre article.

Quoi manger en Marne ? D’habitude on finit avec les boissons, mais le champagne est infusé dans tout et n’importe quoi. Il y a une belle cinquantaine de producteurs de champagne en Marne, et ils produisent aussi des boissons liées au champagne, le marc et le ratafia et avec l’excès, le vinaigre de Reims. (Ouais, aux États-Unis, certains boivent du vinaigre, censé pour la santé.) Ceux qui sont perplexes et pensent que c’est l’Écosse ici peuvent visiter la Distillerie Guillon pour du whisky. On a déjà fait des truffes et du sabayon au champagne, mais on y trouve aussi des bouchons en chocolat remplis de champagne, le brochet au champagne, même les escargots à la sauce champagne et le jambon de Reims, assaisonné avec vous-savez-quoi. Envie de ne pas manger quelque chose au champagne ? Goûtez les lentillons ou les pieds de porc de Sainte-Ménehould. En dessert, il y a les célèbres biscuits roses de Reims, et pour les trop très gourmands, on peut les rendre en poudre et l’utiliser pour faire le gâteau de Reims.