Archives de l’auteur : Justin Busch

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A propos Justin Busch

Les aventures d'un américain qui est tombé complètement amoureux de la France

Le marché de Noël

J’allais poster mon dîner morbihannais aujourd’hui, mais après tout ce travail pour les macarons, j’ai décidé de partager plus sur l’événement. Vous allez peut-être rire — c’est pas Strasbourg ici !* — mais c’était aussi important pour certains que j’ai mentionnés ici avant.

*Vous attendiez-vous à Versailles ?

D’abord, ce que vous vouliez le plus voir — la preuve :

Hélas, les macarons en haut de la boîte où je les ai rangés ont eu un voyage un peu difficile. Alors, ce ne sont pas mes plus beaux. Au fait, j’ai une question que je ne voulais pas du tout demander au marché. Tous les sacs de pâtisseries fait maison ont été vendus pour 1 $. Il y a deux de mes macarons, d’accord ? J’ai acheté quelques autres, et…pourquoi valent les miens la moitié de ces autres macarons ?

Mais je dois ajouter le truc le plus décevant. J’ai toujours pas la moindre idée de l’avis des clients. J’espérais que quelqu’un ouvrirait leur achat sur place, mais hélas, non.

De toute façon, il y avait une vingtaine de vendeurs. Je veux commencer avec quelqu’un de spécial, ma prof de cuisine pendant mes deux premières années avec l’Alliance française. Elle a démissionné cet été à cause de problèmes avec son horaire, alors j’étais ravi de la voir. Voici ce qu’elle fait — je n’avais aucune idée !

Malheureusement, Karine n’a pas de site Internet, sinon, je vous donnerais un lien.

D’une part, j’étais heureux de voir une grande promotion d’Americannery, car je suis fan. D’autre part, ils sont en train de fermer leur magasin. Ils disent que c’est parce qu’ils déménagent, mais il n’y a pas de nouvelle adresse. On verra. Je vous rappelle que vous pouvez trouver leurs excellentes rillettes de poissons en France sous le nom de Groix et Nature.

On vendait de la confiture de lait, mais l’a proposée sous le nom espagnol de « dulce de leche ». Je vous rassure, en Californie du Sud, tout le monde la reconnaît sous ce dernier nom. Au fait, vous allez voir au moins deux desserts mexicains ici, mais pas trop vite. Et oui, je les connais déjà.

Il y avait un monsieur qui vendait des livres « rares et vieux », et je pensais tout à coup à certaines d’entre vous. J’ai presque — presque ! — acheté un guide à Paris des années 1920s. Il était en anglais, mais la vraie raison pour laquelle j’ai changé d’avis, c’était que l’on traite toute la France également ici. Bon, je mens — si certaines choses arriveront, mon dîner seinomarin sera spécial. Mais laissez tomber jusqu’en été prochain. Ce livre de Jules Verne m’a attiré, mais pas à 180 $.

Il y avait plusieurs vendeurs de bracelets et d’arts décoratifs pour la maison. Voici deux en même temps :

Finalement, il y avait une vendeuse de bougies fait maison. Je me demande si vous reconnaissez l’objet dans lequel les grandes bougies restent debout. Ne me dites pas que c’est un bloc de bois. Évidemment, mais pas seulement.

Alors, c’est ça notre petit marché de Noël. C’est Dieu Tout-puissant qui m’envoie des courriels de la SNCF pour me torturer avec des rêves de Strasbourg comme ceux-ci. (Le Diable m’enverrait plutôt des photos de mon ex s’y en profitant.) Pour l’instant, le nôtre doit suffire.

Les macarons à la framboise

Aujourd’hui, je vais enfin vivre un rêve. (N’oubliez pas que j’ai 9 heures de retard sur le fuseau horaire français.) Depuis deux derniers ans et demi, à partir de mon premier gâteau au yaourt, j’ai surtout une question : « Mais que penseraient les Français de ma cuisine ? » (Je m’en fiche de l’avis des autochtones ; ils se contentent avec d’Oreos.) Mes macarons à la framboise seront vendus à un marché caritatif pour le bienfait de l’Orange County Accueil, auquel assisteront des dizaines d’expatriés, alors je vais bientôt en savoir plus ! (Personne ne les a toujours goûtés ; j’ai proposé plusieurs choix à la présidente, et c’était le sien.)

Les macarons à la framboise sont l l’un de mes plus vieux outils. On peut les voir en haut à droite du blog depuis le début. C’est une recette de Laurène Lefèvre, qui vient de cette vidéo. (Le texte est tout à moi.) J’ai fait des centaines de lots de macarons pour les maîtriser (voici deux exemples), et je n’exagère même pas un peu — ça fait 4 mois depuis mon dernier lot, et vous pourrez voir la différence entre les deux lots en bas. C’est la pâtisserie la plus française au monde — il n’y a pas trop d’ingrédients, mais réussir demande de la technique, de la technique, et encore plus de la technique.

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Over There

C’est quoi, ça ? Un article chez Un Coup de Foudre intitulé en anglais ? Sûrement vous hallucinez. La prochaine fois, ne cueillez pas les mauvais champignons, hein ? Non, mais sérieusement, comme dit toujours M. Jours d’Humeur.

Aujourd’hui est le 11 novembre, connu en France sous le nom Jour de l’Armistice ou Jour du Souvenir. Également observée aux États-Unis comme Veteran’s Day, nous nous souvenons de la Grande Guerre, la Première Guerre mondiale. C’est à cause de cette guerre qu’il existe le tombeau du soldat inconnu à l’Arc de Triomphe (que j’ai visité l’année dernière). Vous connaissez mieux que moi les traditions françaises autour de ce jour, alors je vais vous partager une autre histoire, de la chanson patriotique américaine de l’époque et son compositeur, George M. Cohan.

D’abord, la chanson. Elle s’appelle « Over There, » ou en français, « Là-bas ». Dans ce contexte, là-bas veut dire l’Europe. Cette chanson a été écrite en 1917 pour inspirer le public américain de lutter contre les Huns, le nom des barbares qui étaient les ancêtres des Allemands modernes (en fait, on les a confondus avec les Goths, mais laissez tomber). Ne me regardez pas comme ça, j’ai rien ajouté ! ([On sait quand même ce à quoi vous pensiez. Les Boches. — M. Descarottes])

Voici ma traduction des paroles du refrain (la seule partie chantée toujours), encore une fois sans essayer (trop) de garder les rimes :

Là-bas ! Là-bas !
Envoie un mot, envoie un mot là-bas !
Que les Yanks viennent, les Yanks viennent,
Les tambours sonnant partout !
Attention, dit une prière,
Envoie un mot, envoie un mot pour se méfier,
Que nous serons là, que nous viendrons là,
Et que nous reviendrons pas jusqu’à ce qu’il finisse là-bas !

On ne chante plus les autres vers, car ils sont plutôt offensifs aux Huns Allemands. On peut facilement les trouver sur Wikipédia, et voici un petit goût. Souvenez-vous qu’en anglais, fusil veut dire « gun » et ça rime avec tous les deux « Hun » et « run » (courir, qui apparaît ailleurs dans la chanson) :

Johnny, prends ton fusil, ton fusil, ton fusil.
Johnny, montre aux Huns que t’es une vieille fripouille !*
Hisse le drapeau et laisse-le voler,
Yankee Doodle, faire ou mourir

*Selon Google, « vieille fripouille » est la bonne traduction pour « son-of-a-gun, » littéralement « fils d’un fusil », un terme affectueux qu’on utiliserait sinon un peu comme « fils de pute ». Je ne le connaissais pas du tout avant d’écrire cet article

Le compositeur et parolier, George M. Cohan, est un personnage passionnant dans l’histoire de notre musique populaire. Le fils d’immigrants irlandais, il était également connu pour ses comédies musicales que ses chansons patriotiques, et il y a de nombreux exemples de chacune. Il a presque inventé tout seul l’idée des comédies musicales avec un « livre » — le term de « show-business » pour un scénario qui se déroule entre les chansons. Lui, il est venu de la plus vieille tradition de ce qu’on appelle « vaudeville », des spectacles de variétés où il n’y avait aucune intrigue. Évidemment le mot existait en français, mais mon dictionnaire Oxford m’a conseillé plutôt « variétés ».

C’est M. Cohan qui est largement responsable pour populariser l’idée que l’on s’appelle les Yankees ou Yankee Doodle. Pour être clair, le nom est connu depuis au moins notre Révolution, où il faisait partie d’une chanson impolie des soldats britanniques. Naturellement, comme notre hymne national, nous l’avons adopté comme médaille d’honneur. Mais M. Cohan l’a élevé au rang d’œuvre d’art ! Parmi ses chansons des années 1910s jusqu’aux 1940s, on trouve You’re A Grand Old Flag (Vous êtes un grand vieux drapeau), Yankee Doodle Boy (Le garçon Yankee Doodle), et I Want to Hear a Yankee Doodle Tune (Je veux écouter une mélodie Yankee Doodle).

Il n’y a pas de meilleur exemple de ce que je veux dire que ces paroles de Yankee Doodle Boy, qui mélangent tous nos stéréotypes patriotiques en quelques mots :

I’m a Yankee Doodle dandy,
A Yankee Doodle, do or die;
A real live nephew of my Uncle Sam,
Born on the Fourth of July.

Je suis un dandy Yankee Doodle
Un Yankee Doodle faire ou mourir
Le neveu vivant de mon Oncle Sam
Né le 4 juillet

Un message aux abonnés arnaqueurs

Il y a deux nouveaux abonnés ici que je ne supporte pas. Du tout. L’un de vous fait la promotion de la traite d’êtres humains sur votre site. Si je me trompe, c’est autrement un escroc de visas. Je m’en fiche duquel. L’autre n’est peut-être pas la même personne, mais vous êtes apparus en même temps, et réapparus en même temps après que je vous avais supprimé tous les deux.

Vous n’êtes pas les bienvenus ici, à jamais. Je vous supprimerai autant de fois que vous réapparaissez. Ne laissez pas la porte vous frapper le cul en quittant ici. (Pour le reste de vous, voici votre expression idiomatique anglais du jour ; c’est une façon impolie de dire « Quittez ici le plus vite possible ».)

Les blagues AOP

C’est bien connu que les américains n’ont pas toujours suffisamment respecté les produits labellisés, surtout la champagne. Mais ce que vous ne saviez pas peut-être, c’est qu’il y a un genre de blague en anglais qui dépend de connaître exactement l’idée de terroir.

J’ai récemment vu celle-ci sur Twitter :

Source

Ça dit :

C’est seulement de l’inflation si elle vient de la région française d’Inflationé ; sinon, c’est juste de la pauvreté pétillante.

Bien sûr, il n’y a pas de région appelée « Inflationé », mais vous comprenez sûrement l’idée derrière la blague. C’est particulièrement les vins pétillants californiens qui ont inspiré ça chez nous.

Mais il me semble que ce genre de blague est devenu populaire avec le Covid. Du moins, c’était la première fois où j’en ai entendu parler.

Ça dit :

C’est seulement de la quarantaine si elle vient de la province française de la Quarante ; sinon, c’est juste de l’isolation pétillante.

Il y a même un article académique sur ce phénomène, mais je dois vous dire qu’ils n’ont pas les exemples les plus drôles. Mais ils ont prouvé au moins que cette blague existait avant la pandémie. Leur exemple le plus tôt :

Ça dit :

C’est seulement « Frankenstein » s’il a été créé dans la région française de Frankenstein ; sinon, c’est juste un monstre pétillant.

Malheureusement, il y a plein de monde qui ne comprennent pas la grammaire de la blague. Il faut absolument inventer une région française ; sinon, c’est juste de la raillerie pétillante.

Ça parle d’un phénomène récent dans l’actualité en anglais, dit en français « l’arrêt tranquille (ou silencieux) » :

C’est seulement de l’arrêt silencieux s’il vient de la région française de Champagne ; sinon, c’est juste des limites pétillantes.

Moi, j’aurais écrit quelque chose comme « s’il vient du village de Silence-en-Quittant ». Mais moi, j’ai l’habitude d’inventer des noms français pour toutes les villes autour de moi, comme ma propre Elbe-en-Irvine, ou Anguille-sous-Roche pour le village de quelqu’un d’autre.

Une de plus pour finir, pour nos temps économiques heureux :

C’est pas une récession à moins qu’elle vienne de la région française de Récession ; sinon, c’est juste de la misère pétillante.

Je crois que cette blague a du potentiel en français, car nous comprenons tous l’importance des origines protégées.

INAO
Portrait de Molière par Nicolas Mignard

Mes mots préférés

On retourne finalement à la Langue de Molière. Alors, après la liste des mots qui me font peur, on tourne vers les choses qui me font plaisir. Dès la toute première semaine, il y avait des mots desquels je suis tombé complètement amoureux.

D’abord, un détour. Le français est une langue parfois plus réservée que l’anglais — il n’y a pas vraiment une bonne traduction du mot « excited. » On pourrait dire « excité », mais l’anglais ne veut vraiment dire que « j’ai extrêmement hâte ». En français, il y a une connotation qu’il fait chaud dans la chambre, rien à voir avec le chauffage. Il y a de nombreux articles en anglais pour cautionner les étudiants de ne pas faire ça – voila, voilà, et voilà. Naturellement, j’ai rien lu avant de me présenter à de nouveaux amis avec « Je suis excité de vous rencontrer. » Oh là là, je sais maintenant.

Le français est aussi parfois plus extravagant que l’anglais, et c’est ici où commence le grand amour. En se rencontrant avec quelqu’un, on peut dire « Ravi de vous connaître », plus ou moins le même que l’anglais, « pleased to meet you. » Mais on dit plus souvent, « Enchanté » — enchanted. Ça, c’est beaucoup moins réservé en anglais ! C’est la même chose avec « désolé ». En anglais, on dirait « Sorry, » mais desolated, ça c’est une excuse qui conviendra aux japonais ! (On va jamais gagner ce concours contre les japonais. Il y a au moins 23 niveaux d’excuses.) Ces deux sont avec moi depuis le tout premier jour, et dès que je les ai appris, j’ai su que je serais accro pour toujours.

Je connaissais « vache » depuis que j’étais un tout petit enfant. La Vache Qui Rit est célèbre, après tout. Mais « la vache ! » comme expression et « vachement », on n’apprend pas ces deux des logiciels. J’ai dû les apprendre de mes films — Rita se présente comme « vachement intelligente » dans Faut pas prendre les enfants du Bon Dieu pour des canards sauvages. J’adore ces deux. Ils ne font pas grande partie de mon écriture, mais je cherche des excuses pour les dire tous les jours.

Ma fille vous dirait que mon mot préféré est « connard », suivi par un klaxon, mais elle ne m’entend sauf qu’en conduisant. C’est d’où vient l’expression en anglais — et je suis complètement sérieux que ça existe — « pardon my French, » c’est-à-dire « pardonnez mon français ». Elle a tort, je vous rassure ; c’est tout un plaisir !

L’élection américaine

Ce soir, on va avoir notre élection de mi-mandat aux États-Unis. D’abord, je dois vous dire que c’est mon but d’éclairer ce que je vois en lisant la presse française, et comment c’est différent que ce que je lis à la maison — ce post n’est pas pour encourager une équipe ou l’autre. Internet ne manque pas de sites pour ça ; celui-ci n’en est pas un.

Mais d’abord, quelques mots sur le bon cadre pour regarder les États-Unis. Dans le système français, ou israélien, moins le cas dans le britannique, les partis viennent et partent, et ne font pas grande partie de l’identité de leurs votants. On peut dire « Je suis gaulliste », mais ça veut dire qu’on voterait pour quel parti exactement ? LR ? Renaissance ? DLF ? Même chose à gauche — la NUPES n’a pas fait disparaître les différences entre le PS, l’EELV, les Communistes, etc. De cette façon, vous avez évité le problème américain, où les partis sont devenus des tribus. Ça peut être très difficile à comprendre vraiment si vous n’avez jamais expérimenté un tel système.

Il était une fois, c’était pas la Grande Croisade. C’était très commun pour les membres des deux partis de se marier — les grands-parents de mon ex était un tel couple. En fait, les gérants des campagnes de George H.W. Bush et Bill Clinton se sont mariés (lien en anglais) dès que la présidentielle de 1992 a fini. Ce n’est plus du tout le cas. Ce que je veux vous faire comprendre, c’est que c’est l’attitude des deux côtés — l’autre côté n’a que des mensonges.

En ce qui suit, je suis sûr que vous pouvez trouver des exemples par ici et par là où je me trompe et une nouvelle est disponible quelque part. Mais on peut pas facilement trouver ce que l’on ne savait même pas existait. On pourrait être…surpris si on prend ses nouvelles des États-Unis du Monde. Ou du Figaro. (Essayez plutôt Le Gorafi.) Au fait, pour cet article, je me suis aussi abonné à Libération pour un mois.

Commençons avec quelque chose de surprenant. L’un des concours les plus proches est en Pennsylvanie, où M. John Fetterman, Démocrate, est face au Dr Mehmet Oz, Républicain. Dans Le Monde, Libération, ou bien Le Figaro, on peut lire que :

Offrant son soutien à John Fetterman, le candidat démocrate en sweat-shirt et aux avant-bras tatoués, Obama a attaqué son adversaire, le médecin médiatique Mehmet Oz, qu’il a présenté comme un charlatan digne des faux docteurs de l’époque de la conquête de l’Ouest.

Le Figaro

Mais je ne trouve pas trop de mentions de deux faits qui sont favorables pour le Dr Oz : il est en fait un chirurgien cardiaque à Columbia, une université classée parmi nos 20 meilleures (il vendait aussi des cachets inutiles à la télé), et M. Fetterman a eu un AVC en mai, où les effets restent visibles. Si vous prenez vos nouvelles de BFM, vous savez les deux ; de Libération, au moins l’AVC. Mais si vous prenez vos nouvelles du Monde, du Figaro, ou bien de CNEWS, vous n’en avez pas entendu parler. (Une fois, Le Monde a mentionné que le Dr Oz est en fait chirurgien, mais pas dans le contexte de l’attaque comme charlatan.) Pourquoi est-ce que c’est important ? Parce que sinon vous seriez très surpris à quel point ce concours a changé après le seul débat entre les deux, où tout le monde a pu voir les deux ensemble :

Source : RealClearPolitics

Ce prochain argument sera…sensible. Quant aux Républicains vous avez entendu plein de parler du 6 janvier 2021. Mais vous n’avez pas entendu parler que les Démocrates n’acceptent toujours pas les résultats des élections. Le Monde dit ça de l’Arizona et la Géorgie, qui fait penser que ces situations sont complètement différentes :

La bataille se joue entre la démocrate Katie Hobbs, l’actuelle secrétaire d’Etat, et la républicaine Kari Lake, une ancienne présentatrice qui affirme que l’élection de 2020 a été volée et qui s’est affichée aux côtés de figures du mouvement complotiste QAnon.

La course en Géorgie voit s’opposer la démocrate Stacey Abrams, une défenseuse du droit de vote, et le républicain Brian Kemp, l’actuel gouverneur de l’Etat.

Le Monde

Mais on ne trouve pas dans Le Monde que l’histoire de Mme Abrams est peut-être plus compliquée :

Paradoxalement, c’est après une défaite qu’elle a refusé de reconnaître que le mythe Stacey Abrams s’est forgé à l’automne 2018.

Le Figaro

Libération vous raconte que l’élection de 2018 en Géorgie a bien été volée. BFM ne le mentionne pas, ni CNEWS soit en 2020 soit maintenant. Mais le Washington Post, pas du tout un porte-parole des Républicains et qui rejette l’idée sans rendre jugement, a trouvé :

Abrams a joué les affirmations selon lesquelles l’élection avait été volée jusqu’à ce que de telles tactiques deviennent intenables pour quiconque prétend être un défenseur des normes et des valeurs démocratiques américaines.

Washington Post (traduit de l’anglais)

Des suggestions de complots et d’élections volées existent depuis longtemps. En 2004, il y avait une théorie que M. le Président Bush a triché dans l’Ohio. Même les conseillers de la campagne de M. Kerry l’a nié à l’époque. Mais des représentants Démocrates au Congrès ont voté pour refuser d’accepter l’élection, bien qu’il n’y ait pas eu des émeutes. Je ne vous dis pas quelle version à croire. Ce que je veux que vous compreniez, c’est que cette histoire est connue aux États-Unis et joue un rôle dans les pensées des deux côtés. Si vous regardez ces revendications comme des mythes fondateurs tribaux au lieu de justifier les différences, c’est plus facile à voir pourquoi les deux côtés ne s’entendent plus.

Je ne vais vous donner aucune prédiction de quoi arrivera. Ce n’est pas ce que je fais ici. Mon but était plutôt de vous montrer que l’on peut trouver des pépites dans la presse française, mais le tableau est plutôt loin d’être complet.

Épisode 34, la fête d’anniversaire

Savez-vous ce qui est ma chose préférée sur les anniversaires ? Qu’ils n’arrivent qu’une fois par an ! C’est pas autant que je n’aime pas vieillir (bien que ce soit vrai), c’est que je me sens comme je dois faire à chaque fois quelque chose d’encore plus compliqué que la dernière fois. Il s’agira de quoi le 1er novembre 2023 ? (Un ami m’a partagé cette vidéo pour attiser le feu.)

Quant à la blague de la semaine, tout ce que je peux dire aux lecteurs blonds, c’est que je faisais plus définitivement partie de vous pendant le bon vieux temps avec plus de cheveux. Alors c’est vraiment rien de méchant. De toute façon, nos articles sont :

Il y a aussi — de loiiiiiiiiiin — la recette la plus longue du blog, le gâteau Saint-Honoré de Gaston Lenôtre (ça vient comme d’hab de la bible de la pâtisserie).

Si vous aimez ce balado, abonnez-vous sur Apple, Google Play, Amazon, Spotify, ou encore Stitcher. J’apprécie aussi les notes et les avis sur ces sites. Et le saviez-vous ? Vous pouvez laisser des commentaires audio sur Anchor, qui abrite le balado. Bonne écoute !

Les 12 Coups de Midi

Cette semaine, une amie m’a parlé d’une question sur des présidents américains qui est apparue sur l’émission Les 12 Coups de Midi. Vu qu’il y a très peu de choses dont je profite autant que les questions sur les États-Unis sur Les Grosses Têtes (sinon, je sais rarement de quoi ils parlent), j’ai dû le regarder. Et bien que ça fasse des années depuis la dernière fois où j’ai regardé un tel jeu à la télé, j’en suis vite tombé amoureux !

Au fait, je devrais renommer le blog Un Coup de Cœur d’Artichaut, vu le nombre de fois où j’ai dit que je suis tombé amoureux de quelque chose ici. Tout ce qu’il faut pour produire cet effet, c’est : 1) être en français, et 2) ne pas être le troisième Visiteurs.

De toute façon, on parle de l’épisode du 1er novembre. La scène était toujours prête pour la Toussaint :

L’épisode a commencé avec le retour du champion des 74 jours précédents, Stéphane. C’est aussi la longueur de la séquence la plus longue de notre jeu télévisé le plus prestigieux, Jeopardy. Mais les règles de Jeopardy sont très différentes, et un gagnant doit répondre correctement à 6-7x les questions.

C’est quand même très impressionnant — personne ne peut empêcher ce monsieur, il me semble. Il a reçu une question avant que les autres concurrents ne soient montés sur scène :

En fait, je connaissais la bonne réponse, car j’ai déjà écrit sur Peter et Sloane !

Puis on a rencontré les autres concurrents. Allez sur le site de TF1 juste pour écouter ce moment, où une certaine Céline se présente. Elle sait chanter comme très peu de monde !

J’étais bien gêné de me tromper sur cette question, car on a déjà parlé d’Antonin Carême — en plus, je vous rappelle l’excellent roman de Laura Rahme sur ce monsieur :

Mais je suis fier de ne pas avoir connu la bonne réponse pour celle-ci :

Passons à la question qui m’a fait vouloir sauter de ma chaise et hurler la bonne réponse, car j’ai su exactement quel président — Kennedy :

Bien sûr, personne ne le savait pas à l’époque, car ses problèmes de santé étaient un secret jusqu’en 2002 (lien en anglais).

Quand les concurrents ont perdus, ils ont reçu des prix présentés par une Miss Maboule. Est-ce qu’elle se déguise comme ça tout le temps, ou juste pour Halloween ?!?

Vers la fin, je n’aurais eu aucun espoir, parce que je connais certaines de ces choses, mais pas quelles sont fausses :

Mais tout ça, c’est-à-dire que j’ai énormément profité de cette émission. Je ne suis pas sûr que j’aie compris toutes les règles, mais M. Reichmann est un animateur super-sympa (même si mon amie m’a dit qu’il se trompe parfois sur les bonnes réponses), l’attitude de l’émission n’est pas du tout méchante, et les questions sont intéressantes. Je doute que vous connaissiez Jeopardy, mais il était un jeu magnifique jusqu’à la disparition de son animateur de longtemps il y a 2 ans. C’est un si grand plaisir de trouver quelque chose d’aussi génial.

Le gâteau Sacré-Cauchemar

Je ne voulais pas salir la recette la plus longue du blog — désolé, mon cher Marjolaine, vous n’êtes plus que #2 — avec la vraie histoire. Mais maintenant, vous allez tout entendre. Ce post est ma punition pour avoir oublié ma leçon quant au papier sulfurisé et les choses chaudes. Mais j’espère sincèrement que vous apprendrez quelque chose d’utile de mes expériences.

Peut-être que vous, étant tous malins, avez remarqué que cette photo, avec mes choux tous juste sortis du four :

ne ressemble pas trop aux choux en haut du gâteau :

Ben, voilà, la triste vérité. Ces choux tous absolument parfaits étaient mon premier lot — et aucun n’a survécu pour prendre sa place sur le gâteau. Voici le lot qui a reçu cette honneur :

Moins beaux, ceux-ci, hein ? Et si je vous disais que ce lot était en fait le troisième ? Quelque chose n’est pas allé du tout, hein ?

Tout allait bien jusqu’au moment de tremper les choux dans le caramel. J’avais fait ma crème pâtissière, je l’avais divisée pour les choux et la crème Chiboust, et… j’ai mis une feuille de papier sulfurisé sur la plaque de cuisson pour laisser sécher les choux.

Sans faire attention, j’ai trempé chaque chou dans le caramel bien chaud, puis l’a mis sur ce papier. Et dès que j’avais fini, je me suis tout à coup rendu compte que j’avais fait une erreur catastrophique :

Chacun et tous de mes choux étaient collés au papier ! L’erreur était irréparable — tous efforts de les enlever du papier ont fini par gâcher les choux. J’ai dû donc tout refaire. Pas la base, mais tous les choux. Et puisqu’ils étaient déjà tous remplis de crème pâtissière… Ouaip. La crème aussi.

Mais comment est-il arrivé que j’ai du faire trois lots de choux ? La deuxième fois, j’ai mis la farine dans la liquide trop tôt en faisant la pâte, et elle était donc trop liquide. Les choux qui ont résulté étaient trop plats. Le goût était bon, mais ils étaient tous inutiles pour le gâteau.

Sommes-nous finis ? Hélas, non, mais la pire est derrière nous. J’aimerais vous dire que la crème Chiboust, n’étant que de la crème pâtissière et de la meringue italienne, est facile. Mais M. Chiboust l’a inventée en 1840 avant les robots, alors il faudrait savoir que la partie la plus compliquée ne dépendrait pas de fouetter les blancs.

En effet, il n’y aucune différence entre la crème Chiboust et les coques de macaron de Pierre Hermé — dans tous les deux, les chefs disent de commencer à fouetter les blancs en même temps qu’un sirop commence à bouillir. Mais la quantité de sirop pour cette recette est plus petite que celle des macarons, alors mon sirop a atteint la bonne température bien avant que les blancs ne soient prêts. Et la sirop a donc commencé à évaporer. À la fin, c’était pas grand-chose, mais après l’aventure des choux, je n’avais plus envie de vivre le Système D !

Quand je vous raconte de telles choses, c’est pas juste pour faire plaisir à mon ex ([Mais j’en profite, veuillez continuer ! — Elle ; Merci Google Translate ! — Aussi elle]). C’est pas pour vous décourager non plus. C’est très facile à trouver tous genres de pâtisseries parfaites sur Instagram ou n’importe où. C’est presque impossible de trouver des échecs, sauf dans des mèmes Internet. Mon but est de vous convaincre de ne pas abandonner, de ne pas dire que ce soit impossible. Si un type inconnu sur Internet peut apprendre à cuisiner à la française, tout le monde peut le faire !