Je découvre la Saône-et-Loire

On continue maintenant le Tour avec le 71, la Saône-et-Loire. C’est le département le quarante-huitième plus peuplé, et les habitants se nomment saône-et-loiriens. C’est notre sixième séjour en Bourgogne-Franche-Comté.

On commence à la préfecture, Mâcon. Avant de visiter notre première destination, je dois juste déposer La Fille à l’Hospice de la Charité, par cette petite porte :

Tour d’abandon, Photo par Daniel Jolivet, CC BY 2.0

Qu’est-ce que c’est que ça ? C’est un « tour d’abandon », où pendant le XVIIe siècle, des parents pauvres pouvaient abandonner leurs bébés juste après leur naissance. Ça lui apprendra à m’embêter ! Non, je plaisante — si seulement car elle est trop grande ! ([Tu veux que je partage cet article avec Maman ? — La Fille. NONONONONON ! — Moi])

Après un petit détour à la gendarmerie pour expliquer mon sens de l’humour, on continue au Musée des Ursulines (1 étoile Michelin). Un ancien couvent du XVIIe siècle, de nos jours il abrite une collection de 25 000 œuvres liés à l’histoire de Mâcon, dont une mosaïque du Ier siècle et un espace consacré au plus célèbre mâconnais, Alphonse de Lamartine. Puis, on va explorer le vignoble du paysage, le Mâconnais (2 étoiles), où on trouve 29 appellations sur plus de 4 000 hectares — consultez Les Vins Mâcon pour un guide.

Aux alentours de Mâcon, on visite la Roche de Solutré (2 étoiles), un Grand Site de France qui fait presque 500 m de hauteur, et où des outils en pierre de plus de 15 000 ans ont été trouvés — visitez le Musée de la Préhistoire de Solutré (1 étoile). À Cluny, on est là pour l’Abbaye (2 étoiles), qui abrite aujourd’hui le Musée d’Art et Archéologie (1 étoile), mais était anciennement le chef-monastère de l’ordre bénédictin, datant à 931 ! Malheureusement, les révolutionnaires ont saccagé ce site et seulement la moitié en reste.

Juste au nord, on arrive au Château de Cormatin (2 étoiles), ancienne siège de la famille du Blé depuis le XIIe siècle, mais dont la forme présente date du XVIIe siècle. Les jardins (2 étoiles) occupent 10 hectares, comprennent un labyrinthe et un potager, et méritent la visite tous seuls. Notre prochain arrêt est Tournus, juste au nord de Mâcon. Là, on trouve l’Abbaye Saint-Philibert (2 étoiles) et son Église abbatiale (2 étoiles). Ces bâtiments viennent du Xe au XIIe siècles, alors on est là pour l’architecture carolingienne, dont un clocher à deux étages. À Chalon-sur-Saône, on visite le Musée Nicéphore Niépce (2 étoiles), consacré non pas seulement à l’inventeur de la photographie, mais aussi à toute son histoire, avec une collection de plus de 3 millions d’images ainsi que 6 000 appareils.

On doit conduire un peu pour Paray-le-Monial, dans l’ouest du département. La Basilique du Sacré-Cœur (2 étoiles) nous y attend, avec une intérieure très inspirée par la Trinité — triple nef et trois arcatures sur trois fenêtres. À 70 km au nord, on trouve Autun, une ville très ancienne dite Augustodunum à l’époque romaine, avec un théâtre romain (1 étoile) qui accueillait 20 000 spectateurs. Le trésor d’Autun est la Cathédrale Saint-Lazare (3 étoiles), chef-d’œuvre du XIIe siècle où la vedette est le tympan du Jugement Dernier par le sculpteur Gislebertus. On finit au site archéologique Bibracte (2 étoiles) et son musée (2 étoiles aussi), ancienne cité gauloise (à ne pas confondre avec les Gauloises), où 10 000 personnes habitaient avant l’époque d’Astérix la conquête romaine.

Qui sont les personnages les plus connus de la Saône-et-Loire ? Le poète Alphonse de Lamartine est né à Mâcon, ainsi que le footballeur Antoine Griezmann. Nicéphore Niépce, inventeur de la photographie, est né à Chalon-sur-Saône, et comme on a vu dans Le Cercle Rouge, a fait ses découvertes à Saint-Loup-de-Varennes. Le chanteur Florent Pagny vient aussi de Chalon-sur-Saône. Fernand Point, grand chef et héros du blog pour son gâteau Marjolaine, est né à Louhans. L’actrice légendaire, Jacqueline Maillan, connue pour Pouic-Pouic et Papy fait de la résistance mais aussi pour de nombreux rôles au théâtre, est née à Paray-le-Monial. Le Français le plus dingue de tous les temps, grimpeur en solo intégral Alain Robert, est né à Digoin.

Quoi manger en Saône-et-Loire ? On est bien en Bourgogne, et il y a plein de produits de qualité AOP, dont le fromage de chèvre du Mâconnais et du Charolais, le bœuf Charolais, le beurre de baratte de Bresse, et la volaille de Bresse. Ces produits se trouvent dans des recettes bien bourguignonnes, comme la potée bourguignonne et le bœuf bourguignon (déjà fait ici). Mais vu la proximité de la Bresse, on trouve aussi des plats bressans, comme la soupe bressane au potiron (première recette du blog !). Pour boire, il y a les vins mâconnais liés en haut, ainsi que la ratafia (de l’eau-de-vie avec du jus de raisin) et le macvin (du jus de raisin avec du marc du Jura).

Saison 2, Épisode 15 — L’interview Guy-Roger Duvert

Il y a un mois, quand j’ai publié ma critique des Rôdeurs de l’Empire, j’ai mentionné dans les commentaires que j’aimerais tellement avoir l’auteur, M. Duvert, comme invité pour la balado. Notre amie Light&Smell, qui est magicienne, l’a lu et quelques jours plus tard…voilà, le tour est joué ! C’était la préférence de M. Duvert de répondre aux questions par courriel, alors c’est moi qui lit les questions et les réponses, mais je vous rassure que le tout est 100 % authentique — et il y a des nouvelles ! Pour vous rappeler, les autres critiques ici sont : L’Appel d’Am-Heh, Les Disparus d’Arkham, et L’Ombre de Nyarlathotep. En ce moment, je lis Outsphere. Vous pouvez les trouver chez Amazon ou à la FNAC.

(Je vous rappelle que je n’accepte pas de publicités ici, et je ne reçois rien si vous cliquez en haut. Mais si on est mon invité, je souhaite soutenir leurs efforts.)

On vient de finir notre séjour en Haute-Saône ; demain, je publierai Saône-et-Loire. Il est probablement trop difficile d’atteindre le 75 le temps que j’y arrive. Mais pouvez-vous croire que l’on est à 70 % du Tour ? D’ici, je peux voir la fin — du Tour, pas du blog — mais avant que l’on n’y arrive, on va passer par les maisons de 4 personnes qui me connaissent depuis le début. N’imaginez pas que je n’aurai pas quelque chose de spécial pour chacune.

Je ne parle pas de la politique sur ce blog, à moins qu’il y ait une raison liée à nos autres sujets, mais je ne peux pas résister mentionner quelque chose. Vous savez que M. Prigojine vient de quitter la Russie pour la Biélorussie. Je lui souhaite tout le bonheur qu’il mérite, bien sûr. Mais peut-être que vous savez aussi que les amis de M. le Président Poutine ont tendance de mourir en tombant d’une fenêtre. Aux États-Unis, il y avait un truand célèbre, Abe Reles, qui est mort de cette façon — sous la garde d’une douzaine policiers. Il allait témoigner contre ses collègues de la Mafia. Évidemment, il y avait des policiers corrompus. Mais le gros-titre dans le journal local après était hilarant : « le canari qui chantait mais ne savait pas voler ». (En anglais, on dit qu’un criminel qui retourne sa veste est soit un canari soit un « pigeon de tabouret » ; c’est-à-dire mouchard.)

Notre blague est encore une fois soviétique, mais s’applique également à la Californie de nos jours. Je vous rappelle qu’à partir de cette saison, les blagues sont disponibles du menu en haut, avec une semaine de retard. Nos articles sont :

Sur le blog, il y a aussi Mon dîner haut-saônois, la soupe de gaudes, Jour de la Catastrophe, mes regrets habituels sur quelqu’un qui ne me foutra jamais la paix, et le Moelleux Griottines, notre dessert haut-saônois.

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Le Moelleux Griottines

Les Griottines sont un produit typique de la Haute-Saône. Elles sont des griottes macérées dans du Kirsch, une marque de la Distillerie Peureux. J’ai décidé de faire un dessert proposé par eux il y a des mois. Alors, le moelleux Griottines :

Mais j’ai fini par devoir remplacer le vrai produit avec un remplaçant italien. Les Griottines étaient stockées chez myPanier, mais voici ce qui est arrivé quand j’y suis allé :

Peut-être que vous pouvez lire les étiquettes. Les Griottines étaient censés y être. Malheureusement, elles n’apparaissent plus sur le site du magasin alors j’ai dû faire un choix : cherchez un autre fournisseur, sûrement par correspondance, ou soutenir le fournisseur le plus important du blog. J’ai décidé que ce dernier était plus important — alors j’ai acheté un produit italien très similaire qui restait sur leurs étagères, ainsi que d’autres choses. (C’est un trajet ; je ne vais pas y acheter une seule chose.)

Ma recette vient du site des Distilleries Peureux, mais leur version est taillée pour un moule de 27 cm. Je l’ai coupée à 23 cm ; ça devrait être 72 % des ingrédients, mais j’ai utilisé 75 % pour rendre le calcul plus simple. Aussi, je n’ai pas de farine parfumée de Kirsch — oui, ça existe — alors je l’ai remplacé avec de la farine ordinaire et le jus des griottes.

Les ingrédients pour le moelleux Griottines :

  • 250 grammes de sucre
  • 220 grammes de beurre
  • 210 grammes de chocolat de couverture noir
  • 120 grammes de Griottines® ou autre griottes confites en alcool, ainsi que l’alcool de la boîte
  • 150 grammes d’œufs (3 moyens)
  • 100 grammes de farine

Les instructions pour le moelleux Griottines :

  1. Préchauffer le four à 175º C.
  2. Faire fondre le chocolat et le beurre dans une casserole sur un feu doux. Mélanger bien.
  1. Mélanger les œufs avec le sucre, jusqu’à ce que le tout devienne mousseux. Ajouter la farine. Mélanger. Ajouter le jus de griottes et mélanger encore.
  1. Finalement, ajouter le mélange chocolat-beurre et incorporer avec une cuillère en bois. Ça va prendre un peu de temps pour devenir homogène.
  1. Verser dans un cercle de pâtisserie bien beurré sur un tapis en silicone (diamètre 23 cm).
  1. Déposer les Griottines ou autres cerises au-dessus.
  1. Faire cuire entre 35 à 40min. Ce n’est pas surprenant quand la pâte fuite un peu à l’extérieur. Vous pouvez voir qu’il se démoule très facilement. Mais attention. Il y a un risque que le moelleux craquera le long des lignes visibles à la surface. J’ai trouvé que c’était beaucoup plus facile de le servir en tranches directement du tapis plutôt que le présenter à table. Comme s’il y avait quelqu’un à la table, mais j’aurais aimé prendre une photo avec le tout sur une assiette.

Les Tribulations d’un Chinois en Chine

Ce soir, je n’étais vraiment pas dans le bon humeur pour regarder un film romantique ou triste. Je me suis dit, « Que je n’aie pas épuisé le stock de films de Belmondo ! Et non pas ceux signés Godard ! » Je me suis rendu sur iTunes, où j’ai trouvé exactement ce dont j’avais besoin. Et vu que personne ne m’a jamais parlé de ce film, vous aussi.

Notre film du jour (mon soir) est « Les Tribulations d’un Chinois en Chine », d’après un roman du même nom par Jules Verne. Mais pour être honnête, c’est plus « inspiré » qu’adapté du roman. C’est signé Philippe de Broca, le réalisateur de L’Homme de Rio, L’Incorrigible, et Le Magnifique — c’est-à-dire, presque tous mes films préférés de Belmondo. (Peur sur la ville est à Henri Verneuil, et Flic ou Voyou, Georges Lautner.) On sait de telles choses quand c’est son 93e film français en 3 ans. Ce film est un peu plus d’une parodie de films d’aventure — plus Le Magnifique que L’Homme de Rio — mais ce n’est pas une plainte. Il y a des fois où on a besoin de rire.

Notre distribution est exceptionnel. En plus de Belmondo, Ursula Andress joue la femme fatale, Paul Préboist est là en tant qu’un garde de corps idiote, ainsi que Mario David. Darry Cowl a un petit rôle en tant qu’avocat, et Jess Hahn, qui nous avons récemment rencontré dans Les Barbouzes, joue dans un second rôle en tant que le futur beau-père de Belmondo.

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Jour de la Catastrophe

C’est encore une fois le pire jour du calendrier, le Jour de la Catastrophe. Il y a 21 ans aujourd’hui — alors il a maintenant le droit de boire de l’alcool aux États-Unis ! — je me suis stupidement marié avec la personne qui me déteste la plus au monde.

Il y a une décennie, je croyais que ça me ferait du bien d’aller ailleurs, de ne pas être à la maison. Je suis allé à Las Vegas, pour dîner dans un resto, Picasso, qu’elle avait toujours refusé à visiter avec moi. C’était — et reste — deux fois étoilé par Michelin, et c’est sans doute parmi les meilleurs restos des États-Unis. Le nom vient du fait qu’il y a de nombreux vrais œuvres de Pablo Picasso sur les murs. Ce dîner m’a coûté 200 $ pour y manger tout seul, une somme encore plus dingue à l’époque, quand le dollar valait toujours quelque chose et les boîtes de céréales ne coûtaient pas 10 $ aux supermarchés pour 500 grammes. (N’imaginez pas que j’exagère, mais c’est beaucoup pire en Californie qu’ailleurs.) C’était le dîner de toute un vie.

J’étais plus misérable que j’aurais jamais osé imaginer.

Le problème, c’était qu’il y avait environ 20 tables occupées au resto — et quand j’ai regardé autour de moi, je me suis rendu compte que j’étais la seule personne d’y être tout seul. Il y avait quelques grands groupes, mais le clientele était largement des couples. Pour être bien clair, c’est souvent le cas aux États-Unis que le personnel des restos font honte aux célibataires et préfèrent qu’ils ne viennent pas dans leurs restos — mais rien de tel ne m’est arrivé chez Picasso. Les serveurs n’auraient pu rien faire pour être plus gentils.

Il y a de nombreuse blagues très stupides à propos du divorce aux États-Unis. On est « libéré ». Des gens vous félicitent. Je déteste cette attitude. Ce que vous ne pouvez pas voir quand je fais tous les dîners de ce blog, c’est que j’avais complètement abandonné cuisiner pendant six ans avant d’apprendre le français. C’était l’envie de connaître le gâteau au yaourt de mes leçons de Duolingo qui a relancé ma passion pour la cuisine. Je mentionne parfois que j’aurais aimé partager ce que j’ai fait avec quelqu’un, mais au moins l’envie de partager les photos m’a redonné l’envie de cuisiner pour moi-même, quelque chose que je ne pouvais plus supporter. Malgré tous les biens que l’apprentissage du français m’a apporté, améliorer ce problème n’en est pas un.

L’année dernière, c’était ce jour qui m’a inspiré à lancer ma version de « C’est le 1er », pour mettre les autres en vedette. Il reste le cas que je serais beaucoup moins heureux sans vous les Français dans ma vie. Juste hier, j’ai reçu quelque chose — et j’ai déjà écrit une note de remerciement par courriel — qui m’a rappelé pourquoi vous presque tous valez les efforts. (Il y a toujours quotidiennement quelqu’un qui me rend visite pour apprendre le broutage. Ils ne vaudront jamais la peine.) Trois ans et quart après avoir commencé cette aventure, je n’arrive toujours pas à croire mes yeux, mais je reste reconnaissant.

Mon dîner haut-saônois

Pour une fois, je vais vous donner un plat très simple, très facile. Non, mais sérieusement, il n’y a que 5 ingrédients et autant de minutes de travail. En plus, on parlera d’un ingrédient fait dans seulement un moulin en toute la France, et ça, c’est le genre de renseignement le plus Coup de Foudre possible. Voila, la soupe de gaudes.

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Les gaudes sont une sorte de farine de maïs torréfié. Le Moulin Taron est le seul producteur restant, et il se trouve à Chaussin, dans le Jura. C’est donc le voisin de la Haute-Saône, mais cette soupe est bien franche-comtoise. Vous pouvez la réaliser avec de farine de maïs ordinaire, ce que j’ai fait, mais la plus authentique sera avec la bonne farine.

Pour aller avec, j’ai fait des croûtons comme pour la salade lyonnaise, et une petite salade verte. Faites comme vous voulez pour les accompagnements ; ce ne sont pas compliqués. Le pain vient de la Boulangerie Boudin, comme d’habitude. Je dois la recette au Moulin Taron ; c’est la variante 3 au lien, coupée par 2.

Les ingrédients pour la soupe de gaudes (2 personnes) :

  • 125 grammes de gaudes ; à défaut, de farine de maïs
  • 50 grammes de beurre
  • Du lait
  • Du sel et du poivre

Les instructions pour la soupe de gaudes (2 personnes) :

  1. Mélanger les gaudes avec 750 ml d’eau froide dans une grande casserole ou faitout.
  1. Remuer jusqu’à ce qu’il ne reste pas de grumeaux. Faire cuire à feu doux une bonne heure.
  1. À la fin de cuisson, ajouter le beurre.
  1. Assaisonner avec du sel et du poivre selon vos goûts et remuer pour tout incorporer.
  1. Si besoin de croûtons : pain, ail, huile d’olive. Assemblage requis.
  1. Servir dans des bols. À table, creuser un petit trou au centre et y verser un peu de lait froid.
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Pourquoi je mens sur les cigognes

Cette semaine, il y avait plusieurs posts chez d’autres qui parlaient de cigognes. J’ai mentionné chez Blogosth que La Fille n’y croit pas, mais comme a deviné Agathe, c’était seulement à dire qu’elle ne croyait pas que les cigognes livrent des bébés humains. Elle a raison, et je suis ici maintenant pour vous dire que je mens sans honte sur ce sujet. Mais j’ai une raison probablement inattendue, et je veux la partager.

Nid de cigognes, Photo par Scotch Mist, CC BY-SA 4.0

Je vous laisse beaucoup de preuves que je suis bien bête. Je me suis marié avec la personne qui me déteste le plus au monde, je prends 3 mois pour lire des livres que d’autres personnes finissent dans un jour, et je publie des échecs totaux en cuisine comme mon dessert aindinois (ce n’est pas un acte de fausse pudeur). Mais je suis aussi « fou comme le renard », comme on dit en anglais — très rarement, il s’avère que ma folie est une stratégie planifiée.

C’est exactement ça avec les cigognes. Malgré ce qu’en pense mes anciens copains de classe du lycée, je sais que la grossesse existe. Mais il fera très froid à San Bernardino (maison de mon ex belle-famille) avant que je n’avoue la réalité. Pourquoi ?

La Fille n’est pas du tout stupide. Elle a vu cette vidéo de Ms. Pac-Man sans la croire :

Mais si vous avez lu nos dialogues, vous savez déjà que la chose qu’elle profite la plus au monde est de prouver que j’ai tort. Alors, j’ai saisi l’opportunité pour lui apprendre à argumenter. Elle cherche sans cesse des preuves que j’ai tort, elle examine mes paroles pour le moindre signe que je ne crois pas ce que je dis. Et je la fais travailler. Je lui dis de telles choses que « Les nombrils viennent des cordes que les cigognes utilisent pour attacher les bébés, afin qu’ils ne tombent pas pendant les vols ». Ça explique les faits observés, même si l’explication est fausse, alors elle doit trouver d’autres preuves. Croyez-moi, les échographies font une grande partie de ses arguments au contraire.

À ce point, elle est bien convaincu que je suis un gros menteur sur le sujet. C’est pour le meilleur — une autre leçon que je veux lui apprendre est de ne pas tout croire seulement parce que c’est moi que le dit. Elle sait qu’en général, je suis fiable, mais avoir une exception bien délimitée sert assez bien mon but. De cette façon, je lui apprends à ne pas avoir peur face à une figure d’autorité, mais de s’approcher de telles situations avec des faits, non pas seulement des sentiments. Et aussi de garder un sens de l’humour, car elle sait que ma position est ridicule, pour autant que je prétende la croire.

Je découvre la Haute-Saône

On continue maintenant le Tour avec le 70, la Haute-Saône. C’est le département le vingt-sixième moins peuplé, et les habitants se nomment haut-saunois. C’est notre cinquième séjour en Bourgogne-Franche-Comté.

Deux des personnages fictifs les plus aimés au monde entier viennent de la Haute-Saône. C’est bien connu que le sergent-chef Éric Chaudard, de la série de films La 7e Compagnie, vient de Vesoul. (Si on se plainte que La 7e Compagnie est mieux connu en France qu’ailleurs, je suis où exactement ? Si la plainte est, en revanche, que la quincaillerie a bien été tournée en Loire, c’est autre chose.) C’est moins connu que le meilleur capitaine de Star Trek, Jean-Luc Picard, sera né en Haute–Saône, à La Barre. Je trouve ça absolument incroyable, que des écrivains américains ont regardé une carte assez longtemps pour découvrir une partie du pays en dehors de Paris, mais en plus, loin des stations balnéaires. Croyez-moi, quand j’ai commencé à rassembler mon fichier de faits divers, c’était une de mes premières questions, et j’étais bouleversé par la réponse.

Je vais suivre les conseils du site de tourisme départemental, et diviser notre séjour également parmi 3 régions : la Vallée de l’Ognom, les Vosges du Sud, et le Val de Saône. On a déjà fait la même chose en Loire et dans le Lot-et-Garonne, et je la mentionne afin de vous prévenir que ce ne soit pas forcément la route la plus courte.

Commençons donc en Vallée de l’Ognon, nommée pour un affluent de la Saône. Notre premier arrêt est Pesmes, l’un des Plus Beaux Villages de France. Le Guide Vert ne connaît pas ce joyau médiéval — tant pis pour eux. L’église Saint-Hilaire, du XIIIe siècle, est assez bien préservée — mais regardez ce pont en bas, et dites-moi que vous n’avez pas envie d’y prendre une balade. À Gy, on trouve le Château de Gy, ancienne maison des Archevêques de Besançon depuis la fin du XVe siècle. L’Église de Voray-sur-l’Ognon ne vient que du XVIIIe siècle, mais le décor intérieur est superbe. Au village d’Autoreille, on visite les Jardins Acorus, un espace de plus de 3 ha, plein de pièces d’eaux, ainsi que plus de 250 espèces de plantes aquatiques.

On passe aux Vosges du Sud. La Planche des Belles Filles, étape légendaire du cyclisme (dont 5 fois partie du Tour de France) est une station de ski en hiver, mais son côté Coup de Foudre est la légende derrière son nom. Pendant la Guerre de Trente Ans, elle est censée être le lieu où les filles du village de Plancher-Bas ont sauté à leur mort plutôt que subir aux mercenaires suédois. On y trouve aussi le Plateau des Mille Étangs (1 étoile Michelin), un grand parc où on fait le parcours de nombreux sites naturels remarquables. À Luxeuil-les-Bains, on visite la Tour des Échevins, ancien hôtel de ville du XVe siècle, aujourd’hui la maison du musée de la ville. Toujours à Luxeuil, on visite la Basilique Saints-Pierre-et-Paul, du XIIIe siècle, de style gothique mais inhabituellement en grès rose des Vosges.

Finalement, on arrive dans le Val de Saône, aux alentours de Vesoul. On visite le Château de Champlitte (1 étoile), château de la Renaissance qui abrite maintenant le Musée départemental des arts et traditions populaires. Quelque chose de vraiment inhabituel, Nacia esperanto muzeo — désolé, le Musée de l’Esperanto — à Gray se vante d’une collection de plus de 6 000 œuvres dans la langue de même nom. On finit avec deux arrêts à Vesoul. Le Vieux Vesoul (1 étoile), quartier des XVe et XVIe siècles, abrite de vieilles maisons comme l’hôtel Thomassin autour de l’église Saint-George du XVIIIe siècle. Finalement, au Musée Georges-Garret, le musée municipal de Vesoul, on trouve des collections archéologiques et de beaux-arts, surtout de l’artiste vesoulien Jean-Léon Gérôme.

Qui sont les personnages les plus connus de la Haute-Saône ? Le peintre Gustave Courtois est né à Pusey. Le chanteur Jacques Brel n’était pas haut-saunois, mais est connu parmi d’autres choses pour sa chanson Vesoul. Mickaël Azouz, premier gagnant de la coupe du monde de la pâtisserie, vient de Vesoul.

Quoi manger en Haute-Saône ? On est en Bourgogne-Franche-Comté, près du Jura mais aussi de l’Alsace, alors on trouve des spécialités qui rappellent les deux. En plats principaux, il y a la matelote d’anguilles au vin rouge d’Arbois, et la potée comtoise (déjà goûtée pour mon dîner doubien). Les cerises sont un produit typique local, alors en plus des Griottines, « des griottes sauvages macérées dans la liqueur et le Kirsch », on trouve la soupe aux cerises et l’omelette soufflée au kirsch, ainsi que le kirsch de Fougerolles. D’autres produits locaux comprennent le jambon de Luxeuil et les biscuits de Montbozon. Pour boire, il y a du kirsch, bien sûr, mais aussi l’eau de Velleminfroy, de nombreuses brasseries, et des vins de l’IGP Franche-Comté.

Saison 2, Épisode 14 — Les Dédexpressions avec Audrey

Je vous ai promis la dernière fois que l’on allait avoir plusieurs invités extraordinaires de suite et aujourd’hui, ça continue avec l’autrice de l’un de mes sites préférés, Audrey Langevin des Dédexpressions. En plus de ses recherches détaillées sur la signification d’expressions idiomatiques, elle est aussi dessinatrice talentueuse, et vous pouvez commander des caricatures par ici ainsi que de l’art de son blog.

(Je vous rappelle que je n’accepte pas de publicités ici, et je ne reçois rien si vous cliquez en haut. Mais si on est mon invité, je souhaite soutenir leurs efforts.)

Je suis au courant qu’il y a plus d’échos que d’habitude dans cet épisode. Je viens de commander encore un autre équipement pour régler la situation. J’espère qu’Apple réglera bientôt le problème qui m’empêche d’enregistrer sur mon portable, mais ça fait déjà un mois d’attentes.

C’était la Fête des Pères hier, également en France qu’aux États-Unis. (On ne partage pas la même date pour la Fête des Mères.) J’ai lu un article triste pour l’occasion, et je veux vous dire tout simplement que j’aimerais croire que nous ne sommes pas tous le même. Mais je comprends comment on arrive à craindre que ce soit le cas.

Cette semaine, on arrive en Haute-Saône. Que j’aie des renseignements à propos de ce département ! J’oserais dire que je vais partager mon fait divers préféré sur toute la France avec ce « Je découvre », quelque chose que je garde pendant plus de deux ans. Est-ce que vous le connaissiez déjà ? J’espère que vous serez honnêtes quand vous le lirez !

Notre blague traite du deuil pour les riches. Je vous rappelle qu’à partir de cette saison, les blagues sont disponibles du menu en haut, avec une semaine de retard. Nos articles sont :

Sur le blog, il y a aussi Des questions pour planifier, à propos de problèmes de planifier mon prochain voyage en France, Mon dîner rhodanien, tout mon dîner du Rhône, dont la recette de la soupe VGE, La salade lyonnaise et les quenelles, mon plat principal du même dîner, et La tarte aux pralines roses, le dessert qui a mis fin à notre séjour rhodanien.

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HPI, 3e partie : Froid de canard

Je suis revenu sur HPI cette semaine pour regarder ce que je pouvais sans TF1 MAX, et j’ai reçu une mauvaise surprise — mais pas complètement inattendue. TF1 vient de désactiver les captures d’écran sur les portables en regardant leur site. Et franchement, c’est comme plein d’autres sites de chaînes de télé, et ils ont absolument le droit en plus. Je n’ai rien pour me plaindre.

Alors, ce sera plutôt court. On a passé de la 2e à la 3e saison, alors j’ai évidemment beaucoup raté. Notre héroïne Morgane est maintenant en relation avec son collègue Timothée, ce que je trouve bizarre, largement parce que je n’ai aucune idée d’où il est venu. C’est ce qui se passe quand on saute entre saisons d’une série et rate beaucoup de choses. De toute façon, il me semble beaucoup trop…normal pour quelqu’une comme elle.

Notre enquête concerne une femme retrouvée morte près d’un étang à l’aube. Morgane est envoyé avec Karadec pour interroger le mari, qui travail dans un club de natation. Avec sa charme typiquement discrète, Morgane arrive à embêter Karadec et le mari tous les deux.

Il s’avère, comme d’hab avec cette série que personne ne dit la vérité. La femme a une fausse identité, son mari nie toute connaissance de tout ça, un employé du club — récemment viré — a caché sa vraie identité : tout ça, c’est-à-dire qu’il est bien impossible pour le public de deviner le bon suspect jusqu’à la fin. Mais en même temps, avec sa professionnalisme habituelle, Morgane arrive à tout résoudre en bouleversant les vies personnelles de ses collègues. Il y a toute une intrigue que j’ai ratée entre ce Timothée et Gilles, mais aussi quelque chose ne va évidemment pas entre Morgane et Karadec, et je l’ai aussi ratée.

Je crois que c’est la fin pour les chroniques de HPI ici pour l’instant. Pour autant que j’aime la série, il y a trop de lacunes entre les quelques épisodes que je peux regarder. Si je trouve l’intégrale de la série en France en juillet, je l’achèterai avec plaisir. (Je sais, pas de risque qu’il y en aura une avec la 3e saison.) En fait, il nous faudra parler bientôt d’achats — quels disques et quels livres à chercher pour renvoyer à la maison ? Mais c’est pour un autre article.