Je découvre la Savoie

On continue maintenant le Tour avec le 73, la Savoie. C’est le département le quarante-quatrième moins peuplé, et les habitants se nomment savoyards. C’est notre douzième séjour en Auvergne-Rhône-Alpes.

Peut-être que vous vous souvenez de ma bûche de Noël savoyarde et chanson de Noël — les deux étaient inspirées par une chère amie qui habite à la préfecture, Chambèry. (Mon dîner, déjà connu depuis l’année dernière, est à elle.) C’est donc là où on commence notre tour.

Comme souvent en ma France, notre point de départ est la vieille ville de Chambèry (2 étoiles Michelin). Sur la Place Métropole, on est devant la Cathédrale Saint-François-de-Sales (1 étoile), remarquable pour sa collection de peintures en trompe-l’œil par Casimir Vicario. En passant par la Place Saint-Léger (1 étoile), pavée en roches roses, on se promène au Château des Ducs de Savoie (1 étoile), construit au XIIIe siècle en tant que forteresse pour la famille qui deviendrait plus tard la famille royale italienne. Notre dernier arrêt à Chambèry est le Musée des Beaux-Arts (1 étoile), avec une collection de peintures italiennes du XVIe au XVIIIe siècle, ainsi que d’autres des écoles allemandes, flamandes et françaises.

D’ici, nous avons un problème. La Savoie est remplie de sites naturels qui valent tous 2 ou 3 étoiles. Mais vous savez déjà que mes préférences sont toujours pour le patrimoine plutôt que la randonnée. Alors, je vais vous donner beaucoup plus de recommandations que de photos. Et je vais quand même rater plein de belles idées. Consultez Savoie-Mont-Blanc pour encore plus quant à la nature.

De Chambèry, on va au nord, à Aix-les-Bains et le Lac du Bourget (2 étoiles). Aux bords du lac, on trouve l’Abbaye d’Hautecombe (2 étoiles), la nécropole de la Maison de Savoie, rois de Sardaigne et d’Italie, ainsi qu’un monastère qui fonctionne jusqu’à maintenant. On montre sur le Mont Revard pour une vue panoramique (3 étoiles) du Rhône, du Lac du Bourget, et du Mont Blanc. En passant par Albertville, ancien site des Jeux Olympiques d’hiver, il y a de nombreux sites liés aux jeux, dont la Halle olympique et la Cité olympique. Mais nous allons continuer jusqu’à Val-d’Isère et Tignes, deux villages où la nature est exceptionnelle. Il faut mentionner le Rocher de Bellevarde (3 étoiles) pour sa vue sur Val-d’Isère ainsi que la Route de l’Iseran (3 étoiles), d’où on peut voir le Massif de la Vanoise (3 étoiles) et son Col (3 étoiles) et la Grande Sassière. Ne ratez pas non plus l’Aiguille-Rouge (3 étoiles) et le Glacier de la Grande-Motte (3 étoiles).

On continue vers le village de Bonneval-sur-Arc (2 étoiles), station d’hiver où on trouve le hameau de l’Écot, avec ses chalets de pierres et de lauzes. Puis, à Bessans, on visite la Chapelle Saint-Antoine (2 étoiles), avec de nombreuses fresques de l’époque Baroque qui racontent la vie du Christ. À Val-Cenis, on trouve la Chapelle Saint-Sébastien, avec un plafond « composé de 918 caissons sculptés et peints », aussi de la Baroque, ainsi que l’Église Notre-Dame de l’Assomption, du XIXe siècle, mais décoré aussi de façon Baroque, grâce aux meubles de l’ancienne église du village. Finalement, à Aussois, on trouve les Forts de l’Esseillon (2 étoiles), construits par le Royaume de Piémont Sardaigne pendant le XIXe siècle pour sauvegarder la région contre les Français vilains et leur tendance d’envahir leurs voisins.

Qui sont les personnages les plus connus de la Savoie Il faut absolument commencer avec Joseph Opinel, fondateur de la manufacture de couteaux, né à Albiez-le-Vieux. Joseph de Maistre, philosophe et royaliste dont sa popularité aux États-Unis pendant le XXe siècle vous surprendrait, est né à Chambèry. Jean-Jacques Rousseau, pire père de France, habitait à Chambèry pendant quelques années avec Mme de Warens. Jacqueline Pin, dite Mercotte, animatrice de M6 ainsi que blogueuse culinaire, est née à Aix-les-Bains. ainsi que Marc Tellenne, dit Karl Zéro, animateur et musicien connu mondialement pour un épisode de X-Files qui a utilisé sa musique.

Que manger en Savoie ? On est dans les Alpes — c’est donc l’emmental de Savoie et fondue savoyarde à go-go ! Pour ce dernier, ainsi que la croziflette, un gratin d’une pâte locale, les crozets, il faut vraiment du fromage Reblochon — illégal aux États-Unis à cause du lait cru. (Alors ne vous plaignez pas de moi quand je fais un plat savoyard sans Reblochon.) Les savoyards mangent aussi de la raclette — la spécialité fait avec le fromage du même nom. En dessert, on y trouve le Saint-Genix, une brioche aux pralines roses, ainsi que le biscuit de Savoie, déjà apparu ici en tant que base de ma bûche de Noël savoyarde liée en haut. Gaston Lenôtre propose dans son livre une tarte dite Val-d’Isère, à base de massepain, de noix, et de Kirsch, mais j’ai du mal à trouver des preuves qu’elle vient vraiment de la région. Pour boire, il y a le génépi, liqueur à base de plantes de montagne du même nom, le vermouth de Chambèry, et le bonal, une eau-de-vie à base de raisins, de quinquina, et de gentiane.

Les deux Tours, la dernière fois

Les deux dernières années, j’ai publié des articles pour comparer où est allé mon Tour des Départements avec le Tour de Angleterre Danemark Espagne France. (Évidemment, je ne suis pas fan des débuts à l’étranger.) Voici les versions de 2021 et 2022. Je m’attends à ce que ce soit la dernière fois car à moins qu’il y ait un désastre ([On vit dans l’espoir — Mon ex]), d’ici le prochain Tour, nous aurons fini l’Hexagone, même si l’Outre-mer nous attend. Peut-être que j’aurai une autre idée pour inclure le Tour de France ici, mais c’est trop tôt pour planifier une telle chose.

Avant de continuer, j’ai une annonce. Afin de réussir une prise de sang trimestrielle avant de partir en vacances, je ne vais pas cuisiner des dîners départementaux jusqu’après mon retour. J’ai fait du bon travail ces derniers mois avec des tortures salades et je ne vais pas tout gâcher avec 10 jours de desserts en France juste avant une prise, mais pas de desserts chez moi non plus. Je prendrai donc la prise le matin de mon départ. Mais afin d’écrire « Je découvre Paris » de Paris, je vais publier Savoie et Haute-Savoie avant de partir. Je vous devrai trois dîners avant le 76 et notre prochain bilan du Tour.

Après deux jours dans le Pays Basque espagnol, pendant la troisième étape, le TdF a franchi la frontière pour finir à Bayonne, dans les Pyrénées-Atlantiques. Là, on trouve l’une des vedettes de mon Tour, le thon à la basquaise. La quatrième étape est passée par les Landes et le Gers. Dans le Gers, on trouve un excellent dessert, le pastis gascon. Rien à voir avec le Ricard, c’est une tarte à base de pâte filo, rempli avec des pommes cuites dans de l’Armagnac.

La cinquième étape était un retour dans les Pyrénées-Atlantiques.Aujourd’hui, la sixième étape sera dans les Hautes-Pyrénées, la maison des haricots tarbais. On les trouve dans le cassoulet ainsi que le potage garbure. Vers ce dernier lien, on trouve aussi la tourte des Pyrénées aux myrtilles, l’un de mes desserts préférés du Tour. La seizième étape repassera par les Landes pour finir en Gironde, à Bordeaux. Là, on trouve mon dîner « L’Aile ou la cuisse », salad of tomatoes and entrecôte bourdelaise. (Vous n’aurez jamais l’expérience de cuisiner un plat qui vous semble un souvenir d’enfance, sauf que l’enfance s’est tout passée pendant l’année précédente..) On y trouve aussi les cannelés en dessert. Je les adore, mais il me dérange que j’ai seulement utilisé ce moule une fois dans la vie. J’ai trop d’autres choses à faire pour les revisiter bientôt.

La huitième étape recommence en Gironde et passe par la Dordogne pour finir à Limoges, en Haute-Vienne. (Quand Langue de Molière recommence après mes vacances, j’aurai une blague sur Limoges pour vous.) Il nous faudra du temps pour arriver en Haute-Vienne, mais la Dordogne ? J’ai adoré les escalopes de saumon au Monbazillac. Si vous voulez me dire que le dessert au même lien est un acte de paresseuse, je n’y discuterai pas. Mais deux jours plus tard, j’ai dû prendre un vol.

La neuvième étape se voit en Creuse, et termine dans le Puy-du-Fou Puy-de-Dôme. La Creuse n’a pas de cuisine compliquée, mais le gâteau creusois était un plaisir inattendu. Pour le Puy-de-Dôme, nous avons une soupe emblématique de mes valeurs, la soupe aux choux. Que buviez-vous quotidiennement, M. Busch ? Désolé, je faisais brièvement des rêves de mon futur en tant que Le Glaude.

La 10e étape reste complément à l’intérieur du Puy-de-Dôme. La 11e étape passe brièvement par l’Allier, maison de l’un des plus grands succès du blog, les monnaies de Chevagnes. Je reste la source selon Google — qu’un jour le reste du blog connaisse un tel succès ! ([Regardez, le gros melon ! — Mon ex])

La 12e étape passe par beaucoup de vos maisons. En partant de Roanne, en Loire, elle passe par le Rhône et la Saône-et-Loire. Je reste fier de mon dîner rhodanien, surtout la soupe VGE. On vient de manger en Saône-et-Loire. La 13e étape est complètement dans l’Ain. Je vais juste dire que je leur dois toujours un meilleur effort. C’était la première semaine du blog. (J’ai des plans pour les cinq premiers départements, car leurs articles ne sont pas à la hauteur, et ça me hante.)

La 14e étape se passe en Haute-Savoie, toujours pas mon sujet. La 15e étape se déroule dans les deux départements savoyards, alors toujours rien à dire. Même chose pour les 16e et 17e étapes — comme les montagnes doivent être fatigantes ! La 18e est un retour dans l’Ain. La 19e rejoint finalement notre tour, dans le Jura. Je recommande fortement le soufflé au Comté. La 20e étape passe par deux départements de plus que je ne connais toujours pas, le Territoire de Belfort et les Vosges. Mais elle finit dans le Haut-Rhin. Comme j’adore la forêt-noire !

Le Tour de France finira par un tour de magie. Moins de 24h après avoir fini cette dernière étape dans le Haut-Rhin, tous ces cyclistes et leurs équipes réapparaîtront aux alentours de Paris, dans les Yvelines, pour la fin. C’est une distance de presque 500 km. De la magie, je vous dis.

Mais vous voyez pourquoi un tel article ne servira à rien l’année prochaine. Ce serait juste l’index de mon Tour. D’ici un mois, il ne restera presque rien du Tour de cette année que nous n’aurons pas déjà visité ici. Ce sera le résultat de trois ans et demi de travail. Peut-être que je devrais chercher un maillot jaune pour l’occasion ? ([Votre langue manque de bons mots pour la taille de ce melon, les amis — Mon ex])

Je découvre la Sarthe

On continue maintenant le Tour avec le 72, la Sarthe. C’est le département le quarante-sixième plus peuplé, et les habitants se nomment sarthois. C’est notre quatrième séjour dans le Pays de la Loire, et premier depuis le 53, la Mayenne.

Il faut que l’on commence dans la plus grande ville du département, la préfecture, Le Mans. Je dois beaucoup au récit du Chat Voyageur pour notre balade ici. On commence sur la Place Saint-Michel, au cœur du Vieux Mans, dit la « Cité Plantagenêt » (2 étoiles Michelin). Là, on est devant la Cathédrale Saint-Julien (2 étoiles), de style gothique avec des contreforts spectaculaires ainsi que des vitraux du XIIe siècle. Puis, on se promène dans le quartier en passant par la Maison d’Adam-et-Ève, nommée pour son bas-relief de la Renaissance (mais selon le Guide Michelin, les figures sont en fait Ariane et Bacchus). On continue vers les bords la rivière Sarthe, où on trouve l’enceinte romaine (1 étoile), qui a ceinturé la ville pendant plus de 1 700 ans. Finalement, aux bords de la ville, on visite le village des 24h du Mans, dont le Musée des 24h du Mans (2 étoiles). Ici, on trouve de nombreuses voitures qui ont participé au célèbre concours, dont la 1958 Cadillac Eldorado de mes rêves.

Juste aux alentours du Mans, on visite l’Abbaye Royale de l’Épau (1 étoile), fondée par la Reine Bérangère, veuve de Richard Cœur de Lion, vers 1220, et elle y est enterrée. De nos jours, en plus des salles monastiques, on y trouve un jardin et un festival de musique classique. Puis, à 40 km au nord du Mans, on trouve Fresnay-sur-Sarthe, élu 2e village préféré des Français en 2021. On est là pour faire une balade parmi les bâtiments des IXe aux XIIe siècles. Après ça, on fait de la randonnée parmi les Alpes mancelles (2 étoiles), avec de nombreux chemins, dont l’un de plusieurs de Saint-Jacques-de-Compostelle. Au sud-ouest des Alpes mancelles, on visite le château de Sillé-le-Guillaume, forteresse médiévale devenue école de musique et musée, qui abrite une collection de l’artiste du XIXe siècle Arsène Le Feuvre.

Au sud du département, on trouve le Zoo de La Flèche (2 étoiles), avec plus de 1 500 animaux de 160 espèces. Juste à l’est du zoo, on trouve le Château du Lude (2 étoiles), originalement du Moyen-Âge, mais renouvelé pendant la Renaissance selon la façon italienne. Les jardins du XIXe siècle sont classés remarquables. À l’est du château, on trouve le site archéologique d’Aubigne-Racan, avec des ruines gallo-romaines. Finalement, on visite le Château de Montmirail (rien à voir avec Godefroy), monument historique du XVe siècle, avec des collections d’armes médiévales ainsi que les salons de la Princesse de Conti, fille de Louis XIV.

Qui sont les personnages les plus connus de la Sarthe ? On est encore une fois dans le pays des Plantagenêt, alors il faut commencer avec Henri II, roi d’Angleterre, né au Mans, ainsi que deux siècles plus tard, Jean II le Bon, roi de France. Marlène Schiappa, star dans un second rôle du Canard enchaîné, y était conseillère . L’actrice Hélène Rollès, connue pour le rôle de Hélène Girard dans de nombreuses séries, est née au Mans aussi. Le célèbre moine bénédictin, Dom Prosper Guéranger, est né à Sablé-sur-Sarthe, et a refondu l’abbaye de Solesmes.

Quoi manger en Sarthe ? Le plat incontournable du département est sans doute les rillettes du Mans, du porc cuit pendant des heures dans de la graisse de porc. (J’ai regardé la vidéo au lien, et ça reste toujours un mystère pour moi.) Il y a aussi la marmite sarthoise, une recette plutôt récente créée par une association de restaurateurs pour mettre en valeur des produits locaux, dont le poulet de Loué et le vin de Jasnières. En dessert, on y trouve — je ne plaisante pas — les sablés de Sablé. Pour boire, il y a deux vins AOC, le Jasnières et les Coteaux du Loir.

Adieu, Hollywood

Hier, ma fille et moi sommes allés au ciné pour regarder le dernier film d’Indiana Jones. C’était notre deuxième séance de ciné pendant le mois dernier, après Transformers : Rise of the Beasts. En fait, le nouvel Indiana Jones n’était pas du tout aussi mauvais que j’avais craint, mais je suis quand même tout à fait prêt à dire adieu aux films américains. Pour l’occasion de notre fête nationale, je déclare mon indépendance.

La liberté d’expression par Norman Rockwell, Domaine public

Je vais franchement faire la polémique ici, et j’ai des sentiments mitigés. Vous avez entendu mes plaintes contre de tels expatriés que Sebastian Marx, qui essayent un peu trop de faire plaisir à ceux qui détestent les américains. Moi, je plaisante sur nous parfois, mais j’essaye aussi de communiquer un sens de ce qui compte vraiment. Il s’avère que ces deux films expliquent parfaitement pourquoi j’en ai ras-le-bol quant à Hollywood.

Quand j’ai commencé à regarder les films français, on était 2020, et les États-Unis étaient en pleine crise sur notre identité. Je ne vais pas vous dire qu’il n’y avait pas de critiques légitimes, mais je dirais qu’il y avait une méchanceté derrière certaines critiques. Il y avait de nombreux émeutiers qui chantaient dans nos rues « L’Amérique n’était jamais grande ». Une partie de ça était un commentaire ironique sur le slogan de M. le Président Trump, mais je remercie mes con-citoyens de ne pas dire une telle chose sur le pays qui a construit les Liberty ships et mis un homme sur la Lune.

En regardant Rabbi Jacob — jamais critiqué ici en détail, car vu avant le lancement du blog — j’ai trouvé exactement ce que je cherchais en ce moment-là. Les Français ont un don pour se critiquer sans pitié alors qu’ils restent très fiers de l’être. Victor Pivert est raciste, sexiste, antisémite, quel que ce soit — et en même temps, ce film est une lettre d’amour à la France, et Pivert lui-même se révèle un chic type le temps que le film se termine. J’ai récemment fini le premier brouillon de mon classement de films — ce qui attend 7 films de plus pour atteindre 100 — et je remarque que cette tendance se répète encore et encore parmi la moitié supérieure. La Grande Vadrouille, La Traversée de Paris, L’Aile ou la cuisse, La Soupe aux choux — on peut dire la même chose de chacun. Et c’est exactement ici où Hollywood ne peut plus le faire.

Je ne vous dirais jamais que les films des Transformers sont des œuvres intellectuels, alors je ne veux pas surestimer l’importance de ce que nous avons vu. Pourtant, j’ai dû expliquer à ma fille à la fin qu’en fait, des commentaires racistes contre elle ne sont pas acceptables non plus. « N’oubliez pas de vous moquer de ses blagues — les blancs aiment ça » n’est pas une réplique que je veux expliquer ni défendre.

Pour sa part, Indiana Jones et le Cadran de la Destinée a évité ce genre de sentiment. Mais c’était le « Réveil de la Force » de la série — une revisite de tout ce qui marchait dans les vieux films car il n’y a rien de nouveau à dire. Je peux recommander ce film pour ses 20 premières minutes si vous êtes fan d’Indiana Jones, mais il ne mérite pas une place aux côtés de la trilogie. (Il n’y a pas de soi-disant « 4e film ». « Le Royaume du Crâne de Cristal » est un faux souvenir implanté par le Matrix.)

C’est exactement ici où j’ai décidé que le deuxième film d’OSS 117 est allé trop loin, alors que le troisième était un retour en forme. Je suis prêt à écouter des critiques, même des critiques sévères. Mais il faut qu’elles soient honnêtes, pas hypocrites et pas méchantes. Pour voir comment faire ça de nos jours en version française, regardez Jumeaux mais pas trop.

Je ne vais pas refuser à La Fille ses films de jeux vidéo, les Mario et les Sonic. Mais je ne me sens plus obligé de payer le faux choix de Hollywood : soit les insultes gratuites soit les énièmes reprises. En ce jour où on fête la liberté aux États-Unis, je fête donc la liberté de dire que mon budget de loisirs est réservé — à la FNAC.

Saison 2, Épisode 16 — Coucou pour le cacou

J’ai invité quelqu’un de spécial pour 5 Minutes Avec cette semaine, mais elle a refusé car elle ne parle plus français. (Rien contre, ça fait juste trop longtemps.) Ça aurait été génial car l’invité aurait lié le gâteau Marjolaine à notre séjour en Saône-et-Loire, en passant par Fernand Point.

Mon gros-titre vient d’une pub ancienne pour une céréale américaine, Cocoa Puffs. Il y avait un oiseau coucou, Sonny, qui devenait fou quand il mangeait de la céréale, puis il dirait « I’m cuckoo for Cocoa Puffs » (« Je suis fou de Cocoa Puffs »). En anglais, on dit « cuckoo, » le nom de l’oiseau, pour dire que l’on est fou, et pour cette raison, il me reste impossible de dire « coucou » à mes amis. Même si vous ne comprenez pas l’anglais, l’atmosphère de cette pub expliquera tout :

Je n’avais pas le bon moment de le mentionner ces derniers jours, mais j’ai passé 365 jours de suite sur le blog jeudi. Voici la notification de WordPress hier matin. Il est possible que ça terminera avec les changements de date pendant les vacances, mais je suis fier d’avoir quelque chose pour vous tous les jours. J’espère que ce blog continuera de vous faire plaisir.

Notre blague est encore une fois soviétique, mais s’applique également à la Californie de nos jours. Je vous rappelle qu’à partir de cette saison, les blagues sont disponibles du menu en haut, avec une semaine de retard. Nos articles sont :

Sur le blog, il y a aussi Jean et moi, mes réflexions sur un homme politique et ses dessins dans la presse, Mon dîner saône-et-loirien, le poulet à la comtoise et le cacou, et C’est le 1er, version juillet 2023, ma revue mensuelle d’autres blogs.

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Restez debout !

Il était une fois, la romancière Laura Rahme m’a dit que ce blog remonte le moral aux Français. Ça étonnerait mon avocate de divorce, qui m’a surnommé Bourriquet (en fait, Eeyore, mais j’essaye de tout traduire). Mais après avoir lu ce billet de Les2olibrius, il me semble que c’est le bon temps pour reprendre cette tâche.

En 2020, quelque chose de marrant est arrivé à La Fille et moi. Nous nous promenions dans un parc quand elle a vu une voiture de police. En elle-même, cette voiture ne serait pas remarquable. Mais les quatre passengers sont descendus en même temps avec leurs matraques. Je lui ai dit « Rien de bon ne va arriver ; il faut que nous quittions le parc tout de suite. » Quelques secondes plus tard, les émeutiers sont arrivés. Le parc était à quelques pas de South Coast Plaza, le centre commercial le plus rentable aux États-Unis. N’étant pas complètement idiots, nous avons couru le plus vite possible afin de monter dans notre voiture. Nous avons évité, par des secondes, une lutte entre des émeutiers et la police.

Si c’est vrai, comme disait Anatole France, que « La loi, dans un grand souci d’égalité, interdit aux riches comme aux pauvres de coucher sous les ponts, de mendier dans les rues et de voler du pain », c’est aussi le cas que la justice exige parfois que des gens brisent les vitrines des bijouteries pour se servir, mettent le feu aux gendarmeries, et volent des cheesecakes aux restos. (Sérieusement, regardez la vidéo au lien.)

Clairement, je ne soutiens pas la violence quelle que soit l’excuse. Mais les conversations que j’ai en ce moment avec d’autres américains sont tous genre « Es-tu sûr que tu veux y aller ? » Vous comprenez tous pourquoi — nos médias ne nous montrent que des images d’incendies et d’émeutes, comme ça :

Il y a même des théories complotistes chez les anglophones que c’est un complot de la CIA, qui vous a (pour des raisons inconnues) prévenu qu’ils allaient faire tout ça avec le film Athena :

Source de la connerie

Je trouve ça absolument ridicule. Si j’allais faire un complot, je le garderais secret, pas le diffuser partout au pays ciblé !

Au fait, j’espère que ça vous fera réfléchir quant aux États-Unis et les images de 2020. Je lis beaucoup de Français qui croient qu’il y a des mitrailleuses partout et que le pays n’est qu’un film de John Wayne devenu réel (voilà, voilà et voilà). Mais il ne faut pas confondre les villes de New York, Chicago et Los Angeles avec tout le pays.

Comme les images de violence aux États-Unis, ces images de la France sont loins d’être toute la vérité. Personne parmi mes amis personnels, que ce soit en Somme, en Seine-Maritime, dans le Rhône, ou ailleurs, ne m’a dit de ne pas y aller, qu’il y des risques trop élevés (et oui, je leur ai demandé). France with Véro a écrit (en anglais pour son public américain) qu’il y a des foules à Tours, sa ville, mais de faire attention autour des foules, pas de ne plus venir. Je lui fais beaucoup de confiance.

Je vous rappelle, c’est ça la France :

Jardins de la Fontaine, Photo par Krzysztof Golik, CC BY-SA 4.0

Et ça :

Château d’Angers, Photo par Nataloche, CC BY-SA 4.0

Et ça :

Montargis, Photo par Art Anderson, CC BY-SA 3.0

Et ça :

Vue de l’Esplanade de la Basilique pendant la Fête des Lumières, Photo par Florian Pépellin, CC BY-SA 4.0

Et surtout et pour toujours ça, de mon post préféré du blog :

À la Cinémathèque française, Photo par l’auteur

Il n’y a rien que vous pouvez faire pour supprimer ces images de la France, pour les remplacer par des cons dans toute leur splendeur. Je sais qui vous êtes, je fais absolument confiance à mes amis que personne ne risquerait les vies de moi ou de La Fille juste pour quelques dollars de tourisme, et quand je monterai dans l’avion plus tard ce mois pour vous rendre visite, ce sera avec la certitude que nous allons en profiter.

Sauf pour deux choses. Il vous faut vraiment vous améliorer en français pour parler avec les touristes, et merci de cacher toutes les affiches avec des sentiments guimauves avant que je n’arrive, s’il vous plaît.

Bannière qui dit « C'est le 1er » avec des dessins de 3 desserts : bûche de Noël, religieuse, macaron à la framboise

C’est le 1er, version juillet 2023

Je continue à copier Light & Smell avec des listes de mes articles préférés au premier du mois. Ça vient d’Allez vous faire lire, mais je ne suis pas exactement ses règles. Mais il me semble que je dois un peu changer les miens, car je suis tout le monde qui me suit, et ça commence à être un boulot. Je crois que tous les blogs que je suis n’apparaissent plus tous les mois. Si vous ne voyez pas quelqu’un, je n’ai pas arrêté de le suivre, c’était juste trop de travail. Merci de votre compréhension.

Nouveaux à moi :

Les habituels :

À encourager :

Rien de nouveau chez Planète Vegas, Un déjeuner en Provence, L’Atelier du Phoenix, Et si Facebook disparaissait?, Soigner l’esprit — Guérir la Terre, Grain de Sable, et Le journal des Jum’s. Laissez-leur de gentils commentaires pour les encourager à reprendre !

Clémentine au Japon

Il y a une chanteuse française qui a vendu plus de 4 millions disques, et habite à Paris — mais il est fortement probable que vous n’en avez jamais entendu parler. Aujourd’hui, je vous raconte l’histoire de la chanteuse francophone la plus écoutée au Japon, Clémentine Mitz. En ce qui suit, je suis également Wikipédia, son propre site, et mes propres recherches sur YouTube.

Malgré mes maigres connaissances de la culture japonaise, je vous mentirais si je disais que j’ai trouvé cette pépite moi-même. C’est à cause d’une question sur le site Quora : « Quelle star française est extrêmement populaire à l’étranger sans que les Français ne le sachent ? » On a répondu avec Pierre Richard, apparemment très populaire à l’URSS à l’époque. Un autre a répondu avec soit Hervé Villechaize soit André Roussimoff, dit « le Géant », mais je crois que ce dernier est très bien connu aux deux côtés de l’Atlantique pour son rôle dans Princess Bride. Mais plusieurs ont répondu avec Clémentine et j’ai dû en savoir plus.

Clémentine Mitz est née en 1963 à Paris, et a commencé sa carrière de chanteuse de jazz en 1988 avec une chanson « Absolument Jazz », sortie en tant que single :

J’ai toute une collection de jazz américain des années 30s jusqu’aux 60s, qui met en vedette Duke Ellington et Joe Williams, ainsi que quelques artistes qui viennent de plus tard, tels que Kevin Mahogany et Dick Hyman. Malgré ça, je suis peut-être la mauvaise personne pour vous dire si une chanteuse française de ce genre est bonne, car — et je crois que je l’ai dit ici avant — je pourrais leur écouter (presque) toutes lire l’annuaire téléphonique à haute voix toute la journée. Même Mme Nakamura si elle évitait son vocabulaire bizarre de Djadja et Pookie. De toute façon, il me semble que cet enregistrement est assez agréable. Pourtant, elle n’a pas connu trop de succès en France.

C’était les japonais qui sont tombés amoureux de sa voix. À partir de 1990, elle est devenue artiste pour Sony au Japon, et a connue du succès avec de tels albums comme « Mes nuits, mes jours ». Avec l’aide d‘un site japonais, j’ai trouvé « Underneath the Apple Tree » (Sous le pommier), un extrait en anglais, reprise d’une chanson que je ne connaissais pas. C’est dépaysant d’écouter une française chanter en anglais pour un public japonais ! Mais sa prononciation est excellente :

Je n’arrive pas à vous expliquer pourquoi les japonais l’aiment plus que les français. Ils ont une petite tradition de jazz qui doit beaucoup à ses origines américaines. Voici Mai Yamane avec une chanson qui ne serait pas hors place dans un bar à Chicago :

Mais j’ai triché un peu. « The Real Folk Blues » est un chef-d’œuvre — qui vient du monde d’animé. Mme Yamane a sa propre carrière en tant qu’artiste, mais cette chanson est connue mondialement parmi les fans d’animé parce qu’elle est parue dans l’une des meilleures séries de tous les temps, Cowboy Bebop.

Et Clémentine a un peu suivi ce chemin aussi. Voici le générique du film Ponyo en japonais :

Elle a enregistré sa propre version en français pour un album dit « Animentine ». Au Japon, les reprises des génériques de l’animé et même des jeux vidéo sont très populaires — c’est logique qu’elle enregistrerait tout un tel album pour son public là-bas :

En 2021, elle a sorti un album en France, ciblé au public français, dit « Quel temps fait-il ? ». C’est un album de reprises de chansons par de tels artistes que Jean Yanne, Serge Gainsbourg, et Jacques Plante. Encore une fois, je l’écoute, je la trouve très agréable, et je me demande pourquoi elle n’est pas mieux connue en France :

Je suppose que je la trouve très sympathique parce que son histoire est très « Coup de Foudre » — malgré l’adresse dans votre navigateur, vous savez que ce blog est 100 % fabriqué aux États-Unis. Moi, j’entends la France dans ses chansons, et c’est très facile d’oublier que l’on est en fait au Japon.

(Image mise en avant : Couverture de « Quel temps fait-il ? », ©️ Clémentine/Wagram Music 2021, tous droits réservés)

Mon dîner saône-et-loirien

La Saône-et-Loire m’a posé un petit problème, car leur cuisine partage beaucoup avec leurs voisins, et je veux toujours choisir quelque chose. Mais j’ai fini par trouver deux recettes que j’adore, et qui feront partie de ma quotidienne dans l’avenir. Voici le poulet à la comtoise et le cacou :

Ce qui rend ce dîner aussi « Coup de Foudre » que possible, c’est que le poulet met en vedette deux produits typiques du département : le vin Mâcon-Villages AOP, et le fromage Comté. Oui, mon cher riz de Camargue en accompagnement n’est même pas de la région, mais ce plat principal est super pour les diabétiques — une glycémie de 143 après ! (Le dessert ne fait pas partie de ce taux.) Pour sa part, le cacou est hyper-local à Paray-le-Monial. Voyons comment tout faire.

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Jean et moi

Ça fait longtemps depuis la fin du Dessin de la Semaine, où je parlais de mes dessins préférés dans le Canard enchaîné. Il y a probablement beaucoup d’entre vous qui ne savent pas que mes dessins préférés traitaient presque toujours d’un seul sujet : M. le Premier Ministre Castex. Revisitons brièvement le top sans les republier, parce que je ne veux pas de problèmes à nouveau avec la rédaction. Mais :

Mais si je suis honnête, il faut avouer quelque chose : l’homme n’a jamais rien dit de sorte. Il n’y a aucune véritable citation de M. Castex parmi ces dessins. Je vais expliquer à la fin pourquoi on revisite le sujet, mais parlons brièvement de pourquoi j’ai trouvé tout ça aussi drôle.

Comme vous devriez savoir à cause de tels personnages que Woody Allen, Jerry Lewis, ou bien Jerry Seinfeld, l’humour américain doit beaucoup à l’humour juif. Et c’est une idée de chez eux qui explique la situation.

Ils parlent de deux genres de personnage qui vont souvent ensemble. (Pour être clair, ces exemples n’épuisent pas le sujet; on sautera par-dessus de schmuck.) Wikipédia en français m’a agréablement surpris avec la qualité de leur explication :

Schlémil est un terme yiddish signifiant un bon à rien ou un idiot. Dans l’humour juif c’est un archétype bien connu et ce qu’on appelle les blagues de schlémil nous le montrent en train de tomber dans les situations les plus invraisemblables. Le schlemazel est un autre mot proche de la culture yiddish qui désigne une personne victime de malchance incessante.

Schlémil, citations omises

Un exemple souvent cité en anglais, c’est que le schlémil est la personne qui renverse sa soupe, et le schlemazel est la personne sur laquelle il la renverse.

Tirons des exemples concrets de Wikipedia en anglais. Woody Allen joue en général des schlémils — il y a toute une littérature académique sur la question de savoir s’ils évoluent ou pas. Aux États-Unis, on prend notre humour au sérieux. ([C’est ça le problème — le reste du monde]) Dans Seinfeld, Costanza était le schlémil et Seinfeld le schlemazel (Kramer était le schmuck, mais on ne va pas l’explorer). Larry David est schlémil dans Larry et son nombril. Je suis sûr que vous comprenez.

Alors, quoi dire quand les journalistes suivent tous la voiture de M. Castex en le croyant M. Macron ? C’est le « moment schlemazel » par excellence. Il n’a absolument rien fait ; c’était drôle complètement parce que l’on s’habituait à ce genre de chose chez lui.

« Mais Justin, » vous me dites, « le bon moment pour dire tout ça est passé avec l’arrivée de Mme Borne, n’est-ce pas ? Foutez-lui la paix ! » Ah, jusqu’à lundi, vous auriez eu raison. Puis cette nouvelle est arrivée, et je n’ai même pas perdu une seconde en exprimant mes espoirs au Canard :

Mais voilà, tout ce qui est paru dans le Canard hier :

J’ai dû exprimer ma déception :

Des minutes plus tard, j’ai reçu un message privé de la rédaction, venu du même compte où ils m’avaient demandé d’arrêter les dessins :

J’espère que vous ne vous méprendrez pas. Je ne veux que le meilleur pour vous, si seulement parce que je suis égoïste et veux que tout marche bien quand je suis là. Je ne veux pas voir un clown à l’Élysée juste pour avoir un Canard plus drôle ! (Et pour être clair, je ne crois pas qu’il soit clown, juste malchanceux.) Mais parmi les choses que j’admire la plus chez les Français, c’est que personne n’a peur d’exprimer de telles blagues sur les gens au pouvoir. Qu’il le mérite ou pas n’est même pas la question. Ce que je vois de loin est un pays plein de Système D qui sait mieux qu’à mettre ses espoirs sur le dos des hommes politiques, et ça permet de se moquer d’eux.

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Image mise en avant : Palais de l’Élysée, Photo par Leynadmar, CC BY-SA 4.0