Archives de l’auteur : Justin Busch

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A propos Justin Busch

Les aventures d'un américain qui est tombé complètement amoureux de la France

L’Ombre de Nyarlathotep

Ça fait assez longtemps depuis la dernière fois où on a parlé des Chroniques Occultes de Guy-Roger Duvert. Rappelez-vous de L’Appel d’Am-Heh et Les Disparus d’Arkham si besoin.

D’abord, je vous dirai que je suis largement d’accord avec les avis de Light&Smell et Les Crins du Barde. J’ai énormément profité de ce livre et je le recommande sans hésitation. Mais cette fois, j’ai quelques plaintes ainsi que mes louanges habituelles. Néanmoins, commençons avec les points forts.

L’une des choses que j’adore la plus chez M. Duvert, c’est qu’il y a de la réalité dans ses contes. Au début, on entend parler d’un certain Bhagwant Das, ancien roi du Rajasthan au XVIe siècle. Il était réel, ainsi que le village de Canning, d’où nos héros se lancent dans une expédition. Hew Draper, accusé d’être sorcier à Londres, a vraiment laissé des graffitis bizarres dans la Tour de Londres, puis est disparu sans explication. On devrait toujours lire M. Duvert en jetant un œil sur Wikipedia (ou une souce mieux réputée !), parce qu’il y a plein de faits divers à apprendre dans ses livres.

Une autre chose que je vous ai déjà dit, mais qui reste aussi vraie que jamais cette fois, c’est qu’il a bien maîtrisé le Mythe de Cthulhu. Encore une fois, le lecteur qui a déjà lu Les montagnes hallucinées tirera plus de ce livre que les autres, avec ses références au plateau de Leng. Cette fois, il faut mentionner aussi La Quête onirique de Kadath l’inconnue et Le Cauchemar d’Innsmouth, ainsi que L’Appel de Cthulhu et les histoires appelées Nyarlathotep et Le Chaos rampant. Je ne veux rien divulgâcher en expliquant pourquoi tous ces livres et nouvelles sont importants, mais disons que M. Duvert fait toujours ses devoirs. Et cette fois, il nous présente un monstre bien de sa propre invention, qui convient parfaitement au Mythe. Ceux des Profondeurs approuveraient.

Au fait, quand ma fille n’avait que 9 mois, et avait commencé à marcher à quatre pattes (on dit « crawl » en anglais), je l’ai surnommée « Chaos Rampant » (The Crawling Chaos) d’après le surnom de Nyarlathotep.

Alors, l’histoire elle-même. Comme dans les deux premiers tomes, M. Duvert nous régale avec des lieux exotiques, une intrigue pleine de complots et rebondissements, des pièges effrayants pour nos héros, et cette fois plus que jamais, un sens que l’on pourrait vraiment finir par dire adieu à des personnages bien aimés. Vu que j’ai cru Howard mort à la fin du premier livre, ne comptez pas sur moi pour des prédictions.

C’est donc quoi ma plainte ? À mon avis, quand nos aventuriers se séparent en deux groupes, la partie qui met Milton et Kristen en vedette leur fait subir un trop grand échec pour les sacrifices qu’ils font. Cette partie peut bien être justifiée en tant qu’opportunité pour développer le personnage de Milton en particulier et je n’ai pas de plainte sur ça. Au fur et à mesure de ce genre d’enquête, il serait bien étrange si chacun ne commence pas à perdre la tête de sa propre façon. À cet égard, cette partie du livre est une réussite. Mais il se déroule pendant presque 140 pages. Il me semble que Milton a de meilleur sens que ce qu’il montre pendant ce temps, et on le voit encore une fois vers la fin de cette partie. Vu ce qu’il arrive aux deux dès qu’ils reviennent à leur base d’opérations, qui sent un peu le Deus Ex Machina, il me semble que Milton n’a pas payé assez cher pour ses décisions ici. Et je dis ça avec toute l’affection au monde pour Milton.

Mon autre plainte concerne la fin. Ce serait trop facile et pas dans l’esprit du genre si les aventuriers finissent à chaque fois en rencontrant les Grands Anciens en direct. Et franchement, ils mourraient tous si une telle chose arrivait. Mais pour autant que je l’assume, il m’a semblé que nos héros ont fini par résoudre un puzzle très différent de celui qu’ils poursuivaient.

Ce n’est pas du tout à dire que j’ai rien d’autre que hâte pour lire la suite — et j’espère qu’il y en aura une ! Je crois depuis le dernier tome que Kristen n’est pas en fait folle, même pas un peu, et rien dans ce livre ne m’a fait changer d’avis. J’ai envie de savoir si j’ai raison. (S’il s’avère dans le futur que j’ai tort, je vous le dirai.) Je crois qu’il y aura une sacrée finale qui vaudra le coup d’avoir lu toute la série, et M. Duvert a bien gagné ma confiance. Je souhaite juste qu’il soit un peu plus efficace en nous livrant à ce point.

Portrait de Molière par Nicolas Mignard

Les faux amis, 3e partie

Ça fait deux mois depuis notre dernier séjour au pays des faux amis, et je me sens un peu coupable pour y revenir, car c’est le cadeau qui continue à donner. Je soupçonne que le total se compte à des milliers.

On commence cette fois à partir du dauphin effrayant, Flipper :

Affiche du film Flipper par Reynold Brown, Domaine public

En français argotique de nos jours, « flipper » veut dire « être perturbé », selon mon dictionnaire Oxford. Mais en anglais, au-delà du nom du dauphin, c’est juste un nom pour les nageoires pectorales, ainsi que pour les trucs que l’on contrôle dans un jeu de…euh… flipper :

Jeu de flipper, Photo par Wayne Patrick Finn, Domaine public

Mais quant au participe présent, « flippant », on va encore plus loin. En anglais, un commentaire « flippant » n’est qu’ironique — aucune question de faire peur ! ([Moi, j’aime être flippant dans les deux sens. — M. Descarottes])

En lisant Prospérine Virgule-Point, j’ai croisé le mot « bribe » plusieurs fois, comme celle-ci :

C’est bien évident du contexte que ça ne veut dire rien d’autre qu’un morceau, un bout de quelque chose, ici une image. Mais en anglais, « bribe » veut dire « pot-de-vin ». Encore une fois, vu le contexte, c’est plus déroutant que perplexe. Mais oh là là, j’ai des questions sur le nom de famille de l’ancienne star de hockey canadienne, Félix Potvin !

Je crois que j’ai mal utilisé achever au passé ici. Ça ressemble tellement au verbe « achieve, » qui veut dire « réaliser » ou encore « réussir ». Mais en fait, si je dis que j’ai achevé mon dîner pas-de-calaisien, ça veut dire seulement que c’est terminé. Et quant au dessert, c’est peut-être exactement ce que je veux dire moi-même. Vous jugerez pour moi.

Au fait, j’ai presque achevé ma lecture du troisième tome des Chroniques Occultes de Guy-Roger Duvert, et il me rend fou avec « se douter », ce qu’il utilise beaucoup dans ce livre. Sans le pronom réflexif, douter veut dire exactement la même chose que « doubt » en anglais. Mais « se douter » veut dire presque l’opposé ! « Je doute que je gagne la loterie » veut dire que je ne sais pas que ce propos est faux, mais je ne le crois pas. « Je me doute que je gagne la loterie » veut dire plutôt « Je ne le sais pas, mais je crois que c’est au moins possible. » Non, je ne vous raconte pas des nouvelles — j’ai gagné juste 4 $ la dernière fois où j’ai acheté un billet.

Et en parlant de trucs qui me rendent fou, Langue de Molière vous reverra la semaine prochaine pour se plaindre de son plus ancien problème. Ou est-ce son problème le plus ancien ? C’est ça le problème.

Des histoires de graisse

J’espérais vous présenter mon dîner pas-de-calaisien aujourd’hui. Mais évidemment, il n’y en a pas. Complètement par hasard, le problème est arrivé en même temps qu’une histoire aussi stupide, je ne la croirais de nulle part ailleurs. Les deux ont un lien curieux — notre relation malsaine avec la graisse.

Pour mon pauvre dîner, j’ai eu besoin de graisse de bœuf. Je suis allé chez Ralphs, mon « pas super »-marché, comme dit Agathe, où j’ai trouvé toutes mes ingrédients. Sauf la graisse de bœuf. Et en ce cas, c’est vraiment important de ne pas faire des changements ; sinon, j’en ENTENDRAI PARLER de certains qui habitent au nord et en Belgique. (J’ai 2 amis dans l’esprit.) Alors, je me suis rendu chez Walmart. Pas là non plus.

Le « choix » de marchés est plutôt illusoire ici : il y a des chaînes appelées Albertson’s, Vons, et Pavilions ici, toutes censées être concurrents de Ralphs, mais toutes font partie de la même entreprise, Albertsons Companies. (Notez la différence avec et sans apostrophe dans le mot Albertson’s — c’est en fait comment ils font ce truc.) Et bientôt, l’entreprise à laquelle Ralphs appartient, Kroger, finira son achat d’Albertsons Companies. Il n’y aura plus de concurrence du tout à l’ouest des États-Unis. (C’est différent sur la Côte Est.)

Alors, j’ai décidé de faire des appels et chercher leurs sites plutôt que me rendre à des marchés tous stockés du même entrepôt. Et j’avais raison — aucun marché ne stocke plus de graisse de bœuf. Au moins pas dans mon quartier. On a évidemment fait le calcul que mes voisins ne l’achètent pas.

Mais ce que j’ai enfin trouvé était un produit coûteux chez Whole Foods, qui appartient à Amazon. 14,29 $ pour 312 grammes, ou 42 €/kg ! Chez Carrefour, c’est moins que 5 € le kg !

C’est le seul produit de son genre disponible aux supermarchés — où les autres stockent quelque chose, c’est toujours celui-ci. Il coche toutes les cases pour les snobs : « des vaches nourries à l’herbe », « pour les régimes « keto » ». Pourtant, si on cherche en ligne, c’est toujours facile de trouver des produits qui coûtent la moitié ou moins le kilo (voilà, voilà, et voilà). Il y a deux ans, c’était disponible dans n’importe quel supermarché. Qu’est-ce qui est arrivé ?

Ma théorie, c’est que c’est trop quotidien, trop lié à la cuisine de notre Midwest. Il y a des douzaines de marques d’huile de coco, même de l’huile d’avocat sur les étagères. Ce qui compte, c’est être bizarre, débranché de la cuisine traditionnelle. Ces huiles côtoient des sacs de faux sucre à base de fruits du moine. Vous ne trouverez pas ce truc chez Carrefour ! (Je l’ai vérifié ; vous avez juste du sucralose et de la stévia.) Je n’irai plus loin avec cette pensée, mais disons que je soupçonne que j’aurais du mal à trouver l’huile d’avocat dans le Kansas, pas la graisse de bœuf.

L’autre histoire vient de Los Angeles, où « Super Nintendo World » vient d’ouvrir à Universal Studios. Croiriez-vous que les critiques disent que c’est de la « grossophobie » ? Ne me croyez pas sur parole : voilà, voilà, voilà, voilà, et voilà (tous en anglais). Comment ? Il s’avère que le parc déconseille l’attraction à ceux avec un tour de taille de plus de 100 cm, censé être la taille moyenne des hommes américains. Moi, je suis choqué par ça ; personne ne m’a jamais appelé « mince », pourtant ma taille est de 86 cm. Bien sûr, c’est donné en pouces ici — 100 cm égale 40 pouces, la plus grande taille disponible chez Le Temps des Cerises ! (Ils utilisent les tailles américaines.) Mes jeans de chez eux font 34 pouces ! Au fait, très peu d’entre vous étaient ici à l’époque, mais je me suis trompé sur leurs tailles — je les ai crues métrique. Oh là là, ça me faisait peur !

Qu’est-ce que l’un a à voir avec l’autre ? J’ai fait une expérience hier : j’ai demandé à mes amis anglophones sur Facebook s’ils trouvaient ça de la discrimination. Absolument personne ne m’a répondu. D’une part, nous sommes devenus fanatiques quant à la cuisine, et font semblant de ne plus vouloir manger ni du sucre ni de graisse. D’autre part, nous sommes trop timides pour dire qu’il y a une telle chose qu’être trop gros.

Et il y a des conséquences pour ça. En juin dernier, un ado de 14 ans est tombé à sa mort dans des montagnes russes en Floride. Il pesait 172 kg, 40 kg de plus que le maximum autorisé. Mais au lieu de le refuser, le parc a choisi de le laisser faire un tour sans ceinture de sécurité. Bienvenue chez WALL-E, les amis.

Y a-t-il une leçon ici ? Je ne sais pas. C’est peut-être juste que la contradiction devient trop lourde pour moi. Mais je pense au fait que la graisse coûte 8 fois son prix en France, pendant que vous avez les plus petits jeans, et je me demande vraiment comment nous y sommes arrivés.

Épisode 49 — du Pas-de-Calais et des livres

On arrive à un moment bizarre aux États-Unis. C’est trop tôt pour la Saint-Patrick et Pâques, trop tôt pour le baseball, mais il n’y a plus de football (le nôtre, ne faites pas ça)… il y a une vide dans les nouvelles. Heureusement pour les Français, il y a les ballons espions (je soupçonne qu’il y en avait juste un), et vous n’avez TOUJOURS PAS arrêté de faire des blagues sur eux. Par exemple :

Je les ai toutes vues pendant les 6 derniers jours. Franchement, c’est ce que nos amis chez Vie de Merde appellent un TLBM — Tu L’as Bien Mérité. Dès que l’on parle des OVNIs, il faut s’attendre à être moqué.

Vous n’avez AUCUNE IDÉE à quel point j’utilise l’expression « TLBM » dans la vraie vie, non pas seulement sur Internet. C’est l’une de mes essentielles.

Au fait, j’ai eu du mal à enregistrer cet épisode. Entre du mal à la gorge et des noms difficiles dans le Pas-de-Calais, il y avait beaucoup de répétitions, et il me semble que j’ai quand même raté Lens, qui ressemble au mot anglais pour une lentille (celle des lunettes, pas le légume). Mes excuses aux pas-de-calaisiens.

Notre blague de la semaine traite du ballon espion chinois, et l’aide offerte par les Français. (À mon tour, j’ai eu de l’aide de Rire et Chansons.) Nos articles sont :

Il y a aussi Les cœurs guimauves, mon bonbon pour la Saint-Valentin, Les religieuses, peut-être la plus grande réussite technique de pâtisserie du blog, et Les génériques, un post avec trop de chansons pour lesquelles j’ai pas le droit de les rediffuser. (Mais je peux republier toutes leurs clips sur YouTube sans problème. Quel monde bizarre.)

Si vous aimez cette balado, abonnez-vous sur Apple, Google Play, Amazon, Spotify, ou encore Stitcher. J’apprécie aussi les notes et les avis sur ces sites. Et le saviez-vous ? Vous pouvez laisser des commentaires audio sur Anchor, qui abrite la balado. Bonne écoute !

Les génériques

Maman Lyonnaise vient de publier une photo d’un puzzle de Fraggle Rock, une émission des années 80 par la même équipe derrière Les Muppets. Ça m’a rappelé que je vous dois une discussion des génériques, surtout des émissions de DIC.

Nous partageons beaucoup d’émissions de l’époque, quelque chose qui m’a aidé à vite trouver un rapport avec vous. Par exemple, les enfants français des années 80 regardaient l’Inspecteur Gadget :

Moi aussi ! Mais il y avait une grande différence entre les génériques. Vous le remarquerez rapidement :

Mais où sont donc passées les paroles ? Il n’y en a pas, sauf pour le nom du personnage. En fait, l’une des choses les plus intéressantes, au moins pour moi, c’était découvrir qu’il y avait souvent des paroles en français, mais pas en anglais. J’ai raté mon enfance ! Voici votre Pac-Man, en forme étendue :

Et voici mon Pac-Man ; il n’y a que quelques répliques des personnages :

Parfois, il y avait des paroles pour les deux, mais l’une n’a eu rien à voir avec l’autre. C’était le cas chez Les Entrechats, parce que cette série procédait d’une bande-dessinée américaine, Heathcliff, et c’était donc logique d’écrire une chanson sur ce personnage pour le marché américain. Encore une fois, la version française :

Puis la version anglaise, où vous pouvez entendre le nom « Heathcliff » encore et encore :

Revenons vers les Fraggle. Voici d’abord la version française :

Mais voici la version anglaise. Les deux ont des significations tres similaires. J’étais tellement surpris de découvrir que le nom français n’a pas changé le mot « Fraggle », qui est loin de naturel à prononcer.

J’ai essayé une fois à trouver une version française du meilleur générique de tous les temps, pour les Transformers, connu en France parfois sous le nom La Guerre des Robots. C’est impossible de trouver une version hexagonale, mais cette version a été produit pour les québécois :

Ce n’est qu’une copie de la sainte originale, la seule où je dirais que j’ai eu la meilleure version :

Mais j’ai gardé votre meilleur pour le dernier. Il y avait une série produite par DIC, mais avec des collaborateurs japonais plutôt que des américains comme d’habitude. Elle est sortie aux États-Unis sous le nom « The Mysterious Cities of Gold. » Peut-être que vous le reconnaîtrez tout de suite à cause des images, même si les mots n’ont aucun sens :

L’un des plus grands chocs de ma vie m’est arrivé en écoutant la vraie version originale pour la première fois en 2020. Les deux sont les plus proches de tout ce que l’on a regardé cette fois. Il m’est impossible d’expliquer exactement le sens d’être à la maison sans rien comprendre (c’était seulement deux mois après avoir commencé !), mais celui-ci reste un souvenir très précieux à moi :

Tag livres : achat ou pas ?

Quant au titre, il s’agit d’un tag que j’ai vu d’abord chez La Bibliothèque Roz, puis Miss Biblio Addict !!. Pour leur part, il vient des youteubeuses Lisa Giraud Taylor et Britta Bohler.

1/ Où achètes-tu tes livres ?

Il était une fois, j’avais quelque chose appelée un « choix » de librairies, avec de tels noms que « Borders, » « Waldenbooks, » « Rizzoli, » « Crown, » et encore « B. Dalton ». Puis, Amazon les a tous mangés ou mis en faillite, et il ne reste qu’Amazon en ligne, ou Barnes & Noble, le seul survivant dans les centres commerciaux.

Mais quelque chose d’inattendu est arrivé. Quand on me prive de tous mes choix, ça ne veut pas dire que je vais tout à coup devenir un agneau qui ne lit que Harry Potter et Game of Thrones comme je suis censé le faire. Au lieu de ça, j’ai commencé à acheter des livres de la FNAC ou d’Amazon, mais en français. De mes 10 derniers livres achetés (livres de recettes exclus), 6 sont numériques en français de chez Amazon, 1 est en anglais mais par une autrice qui habite en Bretagne, aussi numérique de chez Amazon, 1 d’occasion chez Abebooks (on en parlera en bas), et les 2 autres sont venus de la FNAC. Bon travail, les ricains compatriotes. ([On n’utilise pas ce mot ici. C’est pas très affectueux. — M. Descarottes])

2/ As-tu déjà pré-acheté un livre ? Si oui, en ligne ou en magasin ?

Une fois dans la vie, et j’ai honte. Je lisais toute la série de suites de Dune par Brian Herbert, le fils de l’auteur, et Kevin J. Anderson, le pire écrivaillon du monde anglophone. Je suis tombé dans leur piège de prétendre avoir un brouillon de Frank Herbert qui guidait les suites jusqu’à la fin inédite. Pour l’un de ces livres — la « grande finale » — quand j’habitais à Los Angeles, j’ai eu la soi-disant « opportunité » de le faire signer par les auteurs si je l’ai acheté à l’avance d’une librairie où les deux apparaîtraient. Je l’ai fait. Voilà, la preuve :

C’est l’un des pires livres que j’ai lus. J’hésite à l’appeler le pire largement parce que choisir entre les « œuvres » de M. Anderson, c’est comme choisir le plus beau déchet d’une centrale nucléaire.

3/ En moyenne, combien de livres achètes-tu par mois ?

Il était une fois, j’étais grand rat de bibliothèque en anglais et lisais 2-3 livres par mois, en plus de lire 6 magazines hebdomadaires ou mensuels et mon journal quotidien. Maintenant, je lis beaucoup plus lentement, car tout est en français. En moyenne, un peu moins qu’un livre par mois, parce que c’est environ 1 chaque 5-6 semaines. (Aurais-je dû écrire « c’en est » ?)

4/ Empruntes-tu des livres à la bibliothèque de ton quartier ?

Pas plus ! La dernière fois où j’ai fait une telle chose, c’était en 2019, avec un livre de science-fiction par un auteur appelé Charles Stross. D’habitude, je l’adore. Il a écrit ma nouvelle préférée de tous les temps, que les bilingues peuvent lire ici. (Si vous ne partagez pas ma nostalgie pour les années 80, peut-être que vous ne serez pas d’accord.) Mais ce livre m’a laissé tout indifférent. J’avais déjà perdu mon goût pour tout et n’importe quoi dans ma propre langue et attendais quelque chose de nouveau sans le comprendre. Je ne plaisante pas sur ce dernier, peu importe si ça l’air fou.

5/ Si tu empruntes en bibliothèque, combien de livres empruntes-tu ?

Relisez la dernière réponse.

6/ Quelle est ton opinion sur les bibliothèques / médiathèques ?

C’est quoi une médiathèque ? Non, je plaisante, mais aux États-Unis, les bibliothèques servent également à cette fonction. Il n’y a pas deux telles institutions. Quant aux bibliothèques, ravi qu’elles existent pour ma fille.

7/ Que penses-tu des boutiques de livres de seconde-main comme Emmaüs par exemple ?

C’est quoi Emmaüs ? Non, je plaisante encore, mais je n’ai qu’en entendu parler. Il n’y a pas de tels magasins dans mon quartier, même pas ma ville. Faut les chercher ailleurs, comme à Los Angeles. J’utilise parfois Abebooks et Exlibris, deux magasins en ligne pour des livres d’occasion. J’ai écrit sur mon dernier achat chez Abebooks l’année dernière, un dictionnaire « franglais-français ».

8/ Gardes-tu tes livres lus avec ceux de ta PAL (les non-lus) ?

Maintenant, oui, vu que presque tous mes achats sont numériques et restent dans la même appli Kindle. Avant, aussi oui, car je rangeais mes livres par sujet ou genre, puis auteur, pas par statut lu/non-lu.

9/ As-tu l’intention de lire tous les livres que tu possèdes ?

Oui, il y a très peu de livres que je possède mais pas toujours lu. Il y a notamment une série par un célèbre auteur français qui reste dans sa boîte sans que je l’aie lu. C’est en traduction. J’aimerais la réessayer.

10/ Que fais-tu des livres que tu as lu mais dont tu sais que tu ne les reliras jamais ?

Je les garde. Il y a toujours un risque que j’aurai besoin de les citer. Par exemple, celui en haut.

11/ As-tu déjà donné des livres ?

Oui, parfois. À presque chaque fois, je le regrette plus tard.

12/ As-tu déjà été interdite d’achats de livres ?

Brièvement par une personne que je mentionne parfois ici sans jamais la nommer. Rien à voir avec les livres en soi, et tout à voir avec un ressentiment des dépenses de divertissement.

13/ Penses-tu que tu achètes trop de livres ?

Non, vraiment pas. C’est peut-être 10-15 € le mois pour moi. Je trouve ça extrêmement raisonnable. Il m’arrive parfois que il me faut 3 mois pour lire un seul livre. Si ça me coûte même 20 €, mais j’apprends beaucoup et fais des recherches juste pour le comprendre, le rapport qualité prix reste extraordinaire !

Et voilà, c’est la fin !

Les religieuses

L’une de mes envies la plus anciennes vient de l’été magique où j’ai découvert Cook&Record et regardé une belle cinquantaine de ses vidéos. Je n’avais jamais entendu parler du dessert appelé « religieuse », mais sa vidéo m’a donné envie. Alors quand ma fille l’a récemment vue, et m’a demandé de les faire, c’était très, très facile de me convaincre. J’ai fait une excuse qu’elle a dû d’abord réussir un examen, mais j’ai déjà su qu’elle gagnerait une bonne note. Elle l’a fait, alors voilà :

Vous avez sûrement remarqué quelque chose de nouveau sur la photo. Elle m’a dit qu’elle voulait essayer ses nouvelles compétences en conception graphique pour créer un sceau d’approbation. J’ai dit oui, évidemment. Mais ce n’est que le début — elle a fait quelque chose de merveilleux pour ce blog, mais vous allez devoir l’attendre.

Cette recette réunit beaucoup de mes choses préférées, mais avec quelques rebondissements surprenants. Il y a du fondant maison, mais pour la première fois, au chocolat. Il y a de la chantilly, mais cette fois-ci, légèrement sucrée. La crème pâtissière est au chocolat aussi, inhabituel mais pas inconnu chez moi.

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Je découvre le Pas-de-Calais

J’allais écrire sur le 62, mais il y a évidemment pas de Calais, alors à la prochaine !

([JE VOUS L’AI DIT, LES AMIS ! Je vous ai dit que j’avais déjà entendu ses pires blagues ! Il était SI fier de celle-ci. — M. Descarottes])

On continue maintenant le Tour avec le 62, le Pas-de-Calais. C’est le département le septième plus peuplé et les habitants se nomment pas-de-calaisiens. C’est notre quatrième séjour dans les Hauts-de-France, dont le troisième des quatre derniers. Il ne nous reste qu’un département de plus dans cette région.

Je ne sais pas vous, mais moi, ma carte de Calais vient du début de La Grande Vadrouille, quand le navigateur dit que le bombardier britannique est au-dessus de Calais. En preuve, il montre celle-ci :

©️Studiocanal

Bien sûr, quelques secondes plus tard, ils voient la Tour Eiffel et Sir Reginald dit « Calais, hein. ? » (J’essayerai de dire ça sur la balado avec mon meilleur accent britannique. Pas de promesses.) Non, mais sérieusement, comme toute la France, le Pas-de-Calais mérite d’être connu en soi-même, pas juste pour un gag qui met Paris en vedette.

Commençons donc à Calais, au Parc Saint-Pierre, près de la mer. Dans le parc, il y a de nombreux sites d’intérêt, à commencer juste en face à l’Hôtel de Ville (1 étoile Michelin) et son beffroi de 75 m, qui nous offre une vue panoramique de la ville. On passe par le Monument des Six Bourgeois (2 étoiles), une sculpture de Rodin en souvenir des 6 héros du siège de Calais en 1347. Dans le parc, il y a aussi le Musée-Mémoire 1939-1945 (0 étoiles), situé dans un ancien blockhaus allemand, avec 22 salles d’exposition plein d’objets et coupures de presse de l’époque.

Très proche du parc, on trouve aussi la Cité de la dentelle et de la mode (2 étoiles), dans une ancienne usine. Les collections racontent l’histoire de la dentelle Calais-Caudry, ainsi que son utilisation dans la mode. On suit la côte à l’ouest pour visiter le Cap Blanc-Nez (2 étoiles), qui commence les plages de la Côte d’Opale (2 étoiles). D’ici, on peut voir les célèbres falaises de Douvres (3 étoiles) — sûrement on connaît tous la chanson — et on peut facilement les visiter en prenant un train de l’Eurotunnel. (Quant à la partie « Euro », laissez tomber.) Puisqu’on est là, on arrête chez Fortnum & Mason à Londres pour une tasse de thé — quoi ? J’ai voyagé beaucoup plus loin que ça pour un concert ! — puis on reprend notre tour du Pas-de-Calais.

De la Côte Opale, on voyage au sud, vers Boulogne-sur-Mer en passant par Audinghen (je vais absolument massacrer la prononciation, désolé) pour visiter le Musée du Mur de l’Atlantique (0 étoiles). L’histoire de la Batterie Todt et ses 4 pièces d’artillerie qui pouvaient atteindre l’Angleterre est absolument passionnant, peu importe le manque d’étoiles Michelin. On est au boulonnais principalement pour visiter sa ville fortifiée (2 étoiles). Notre balade ici comprend le Musée et Château Comtal (1 étoile), le remparts, et la Basilique Notre-Dame, tous visibles dans la photo. On tourne vers l’intérieur du département pour Saint-Omer, et sa Cathédrale Notre-Dame (2 étoiles), avec de nombreux œuvres d’art, dont une horloge astrolabe et son grand-orgue du XVIIIe siècle. Juste au sud, à Helfaut, il y a La Coupole (2 étoiles), ancienne base de fusées V2 pendant la SGM.

Notre prochain arrêt est à Azincourt, pour le Centre Azincourt 1415, où on peut étudier la grande victoire des anglais en France, ce qui a donné lieu à ma blague préférée de tout Shakespeare. J’ai faim après tout ça. En route à Lens, on passe par la Friterie hersinoise à Hersin-Coupigny, élue meilleure friterie en France de 2022 par les utilisateurs du site Les Friteries. Rien que la meilleure pour vous, les amis. À Lens, on visite le Musée du Louvre-Lens (2 étoiles) pour sa Galerie du temps, 200 œuvres prêtés du Louvre à Paris qui passent par 5 000 ans d’histoire.

Finalement, on tourne un peu vers le Sud pour visiter Arras. On est là principalement pour ses deux grandes places. La Grand’Place (3 étoiles) et la Place des Héros (3 étoiles) sont toutes les deux des endroits avec plus de 500 ans d’histoire, avec des marchés hebdomadaires et de nombreux petits restos et magasins. Ne ratez pas le beffroi d’Arras (1 étoile) pour sa vue sur la Place des Héros.

Qui sont les personnages les plus connus du Pas-de-Calais ? Il y a le compositeur et pianiste Raymond Lefebvre, né à Calais, célèbre surtout pour la Marche des Gendarmes (vous pouvez voir une partition avec son autographe dans mon post sur la Cinémathèque française). Maximilien de Robespierre, loin d’être mon français préféré, est né à Arras, et parce que l’Être suprême a un sens de l’humour macabre, Joseph-Ignace Guillotin, terreur des bagels, y vivait. Auguste Mariette, découvreur du Sphinx de Gizeh, est né à Boulogne-sur-Mer, ainsi que le footballeur Franck Ribéry. Le réalisateur Robert Enrico est né à Liévin. Fabien Roussel, mon communiste préféré (ça suffit), est né à Béthune. Le grand mathématicien Joseph Liouville est né à Saint-Omer. Pas français, mais bien connus chez moi, trois membres de la famille Carroll (Daniel, John, et Charles) — des pères fondateurs des États-Unis — ont été tous éduqués au collège des Jésuites de Saint-Omer.

Quoi manger dans le Pas-de-Calais ? C’est un menu très similaire à nos autres départements dans les Hauts-de-France : des moules, des frites, des moules-frites. Non, mais sérieusement, en plats principaux il y a aussi le coq à la bière et la fricadelle, cette dernière un genre de saucisson mi-bœuf, mi-porc. En dessert, on trouve la pâtisserie Calais, un gâteau à la crème du beurre au café, et le Rêve de Blériot, un gâteau si compliqué que j’ai trop peur de le tenter. Pour boire, il y a la genièvre des Houlle (près de Saint-Omer) et de la bière picarde, dont la Bière des Hayeytes et la Saint-Omer Bock.

Portrait de Molière par Nicolas Mignard

J’invente

L’une de mes choses préférées sur la langue française, c’est que d’habitude, je peux m’exprimer d’exactement la façon dont j’ai envie. Au moins, c’est le cas quant à la grammaire. Mais il y a des fois où je suis frustré car le français réutilise le même mot où j’en ai plusieurs dans la tête. Ici, je dirais « spectrum » pour les couleurs, et « spectre » pour la fantôme :

Et il y a d’autres fois où je n’arrive pas à trouver le bon mot et dois l’inventer, dans le cadre des règles bien connues. Par exemple, quand j’ai écrit ma recette de Saint-Honoré, j’ai dit sur la crème pâtissière « verser les œufs enlaités (j’invente un mot) dans la casserole ». C’était pas un mot existant, mais il a bien suivi les règles de l’orthographe ; évidemment, c’est-à-dire « mélangé avec du lait ». J’ai fait la même chose en disant « les têtes empoêlées » pour certains qui ont été frappés à la tête avec une poêle.

J’invente des noms français pour la géographie autour de chez moi ; j’ai déjà partagé certains. Ma ville d’Irvine est devenu « Elbe-en-Irvine » d’après l’île d’Elbe, mais en plus, il ne me dérange pas de mentionner Irvine. C’est comment notre terrain de mini-golf est aussi devenu Boomers-sur-Irvine. Celle de mon ex est Anguille-sous-Roche pour cacher la vérité en lui rendant hommage. Mais il y a d’autres : l’école de ma fille est Saint-Sérieusement, d’après Saint-Cyr, et les habitants de Newport Coast, où les maisons se vendent à partir de 3 millions vivent sur la Côte-de-Beaucoup-d’Or. Un jour, je vous offrirai une carte plus complète, mais je vous déconseillerai de lui faire confiance. Je fête aussi de faux jours fériés comme le Jour de la Catastrophe, anciennement mon anniversaire de mariage.

Mais de plus en plus, sur ma quête à éviter les anglicismes, je joue avec des nouveautés dans la tête. Par exemple, en écrivant cette recette en haut, je pensais à écrire « vider la poubelle de votre cuisine avant de commencer parce qu’il y aura beaucoup de déchets ». En anglais, on dit « a ton » (une tonne) pour une grosse quantité, et quand on voudrait souligner à quel point c’est prodigieux, on dit plutôt « une tonne métrique » (ça pèse plus qu’une tonne impériale). Mais quand j’ai remarqué à la fin que ma poubelle vient d’être remplie, il m’est arrivé dans l’esprit de l’appeler « une poubelletaine de déchets ». Voilà, vous le comprenez déjà, j’en suis sûr. Et si je vous disais qu’une autre a donné « une demi-poubelletaine » ? Je trouve ça complètement naturel, et qu’il « s’intègre au système linguistique du français.» comme disent nos amis québécois.

Je suis sûr que vous avez quelque chose d’informel comme ça, mais je ne suis jamais arrivé à le trouver. De tout façon, dans la même veine, je n’aime pas que le français ne distingue pas entre deux situations familiales : 1) on se marie, et les parents de son époux deviennent ses « beaux-parents » et 2) son père se remarie, et la nouvelle femme devient donc sa « belle-mère ». En anglais, on appelle la première situation les « parents-in-law », et la deuxième les « step-parents ». J’ai pas de dent contre ces derniers, mais la première situation est souvent insupportable. Et j’ai franchement pas envie d’appeler les parents de mon ex « beau » ou « belle ». Je dis donc qu’ils sont mes anciens « cauche-parents » à partir de ma première idée, que la mère était ma « cauche-mère », d’après « cauchemar », bien sûr. Je travaille dur juste pour inventer mon propre vocabulaire sans anglicismes !

Langue de Molière vous reverra la semaine prochaine pour parler de plus de faux amis.

Les cœurs guimauves

Je ne sais pas pourquoi je fais des recettes pour fêter la Saint-Valentin. Mais ma fille adore les macarons d’il y a deux ans, alors je suppose que c’est une raison. De toute façon, l’un de nos bonbons préférés est les « Marshmallow Hearts » de See’s Candies, le chocolatier californien. Ce sont des guimauves en forme de cœur, recouvertes avec du chocolat au lait. Mais l’inflation a bien frappé See’s, et un chocolat de 18 $/454 grammes en 2019 coûte maintenant 30 $. Le rapport qualité prix n’étant plus ce qu’il était, voyons ce que l’on peut faire à la maison :

Ça a l’air un peu plus maison que j’aimerais, mais pas mal. Pas mal du tout. Et oui, c’est du chocolat noir, pas au lait. Chez Ghirardelli, le chocolat noir est la star. Allons faire des bonbons.

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