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La faute à Bruxelles

Peut-être que j’ai fait la mère de toutes les boulettes, pour emprunter une expression à Saddam Hussein. Je vous explique.

Hier, j’ai envoyé un cadeau à mes amis à Rouen, comme je vous l’ai dit. Mais je ne croyais complètement pas quelque chose que j’ai entendu au bureau de poste. Aujourd’hui, j’ai fait une enquête au forum de l’OCA, et maintenant je suis tellement désolé.

À chaque fois où j’envoie quelque chose de plus grand qu’une carte postale en France, je remplis une forme des douanes. Ben, c’est normal. Mais la dernière fois où j’ai envoyé quelque chose était en 2022, quand j’ai envoyé des livres à mon amie lyonnaise qui m’avait envoyé des lyonnaiseries. Alors, je ne savais pas que les choses ont changé. Évidemment, ce temps-là, je n’ai rien entendu de ce que l’on va discuter.

Quand j’ai rempli le formulaire cette fois, il m’a donné une estimation de ce qui est appelé en anglais le « landed cost ». Je ne suis pas sûr si ce soit le bon mot en français, mais Google me donne « prix au débarquement » en traduction. Ça comprenait deux frais : les frais de livraison que je payerais, et un impôt pour le destinataire. C’était la toute première fois où j’ai vu ce dernier. Tous les colis que j’ai envoyés étaient des cadeaux, et il me semble maintenant qu’au passé, il n’y avait pas d’impôts, au moins pour la valeur déclarée.

Voici encore les contenus :

J’avais toujours l’étiquette alors j’ai pu donner exactement les bonnes valeurs pour chaque chose. 31 $ en total, pas grand-chose. Et pourtant…

La forme en ligne m’a dit que l’impôt serait environ 13 $. La TVA n’est que 20 %, et ce serait 42 % ? On est sérieux ?

Je me suis rendu au bureau de poste après avoir imprimé la forme. Avant de vous dire ce qui y est arrivé, je vais cafarder sur ces gens, les ouvriers des bureaux de poste :

Nous les détestons.

Aux États-Unis, il y a une expression, « going postal » (lien en anglais), littéralement « devenir postal », ce qui veut dire « devenir dangereusement fou comme un employé de La Poste ». Ça vient du fait qu’à partir des années 80, beaucoup des pires massacres au travail ont été commis par des facteurs, ainsi que des employés aux guichets. Ils ne sont pas tous des meurtriers, bien sûr, mais je vous ai parlé plus tôt de leur paresseuse et indifférence aux courriers volés, ce qui est beaucoup plus commun. C’est pourquoi « Jour de fête » reste le film le plus choquant que j’aie vu.

De toute façon, j’avais payé la boîte — mais toujours pas l’affranchissement — avant d’aller au comptoir, afin de la peser avec le reste des trucs, mais j’ai gardé l’étiquette. Au bureau de poste, ils essayent souvent de vous facturer pour les boîtes déjà payées. Quand j’ai dit à l’employée que j’ai eu mon étiquette, elle m’a dit « Don’t give me attitude » (littéralement, « Ne me donnez pas de l’attitude » ; mieux, « Ne vous faites pas foutre de ma gueule »). Puis elle a scanné ma forme des douanes et commencé à taper. Et taper et taper et taper. J’avais tout rempli avec les bons codes. Mais elle faisait des changements. Puis, elle m’a dit « L’impôt sera maintenant 34 $. Mais peut-être qu’il ne sera pas facturé. ». Quant aux frais de livraison ? 78 $.

Un impôt de plus de 100 %, payé par le destinataire ?!? Je suis choqué. Mais si un employé de notre Poste m’a dit que 2+2 = 4, j’irais chez mes vieux profs de maths pour exiger qu’ils m’expliquent pourquoi ils avaient menti, car ça fait clairement 5. Je ne croirais rien sur leur parole.

C’est ici où notre histoire arrive à Bruxelles. Des connaissances chez l’OCA m’ont dit que oui, les règles avaient changé, qu’au passé, il n’y avait pas d’impôts pour des cadeaux avec une valeur moins de 45 €. Voici un lien au site de l’Ambassade de France aux É-U qui dit la même chose. Publié en 2008. En ce qui concerne les frais de livraison, tout le monde était d’accord que je n’allais pas faire mieux.

Il semble que cette règle reste en vigueur. Mais en 2021, l’UE a changé les règles (lien en anglais) pour supprimer les exemptions de la TVA pour des colis commerciaux avec une valeur déclarée de moins de 20 €. Et qu’à La Poste, cette règle est maintenant souvent compris à vouloir dire que tous les colis qui viennent de l’étranger doivent être taxés (selon le même lien). C’est certainement le cas que je n’ai jamais reçu des estimations d’une taxe avant.

Évidemment, la femme au bureau de poste chez moi ne fera pas partie d’une décision prise en France. Mais c’est bien clair qu’elle a changé les valeurs déclarées pour hausser l’estimation de la taxe. Je suis sûr que les douaniers ne vont pas vérifier les prix — je garde quand même mes étiquettes, au cas où. J’ai déjà envoyé un MP à mon amie pour lui dire que si elle est facturée, dis-moi et je la rembourserai. Mais je me sens énormément coupable juste en pensant à la possibilité qu’un cadeau de Noël pourrait coûter aux destinataires. Quelle belle surprise à la part du Père Justin !

Juste pour en conclure sur une meilleure note, La Fille a écrit une carte aux filles de la famille, dont cette photo de M. Descarottes :

Mercado Gonzalez

Je vous parle parfois du patrimoine mexicain du Sud-Ouest des États-Unis. Pourtant il est rarement le cas que j’ai des raisons pour vous montrer des exemples. Les vrais trésors de cette partie de l’histoire californienne sont loin de chez moi, à Los Angeles ou à San Diego. ([Avec « trésors, il exagère — il ne donnerait plus qu’une étoile Michelin à rien ici, lui. — M. Descarottes]) Cependant, j’ai enfin quelque chose de nouveau qui vous donnera le goût de la vie à la mexicaine. C’est Mercado (Marché) Gonzalez, qui vient d’ouvrir ses portes il y a une semaine.

Ce post est plein de photos alors je les cacherai dernière un « lire la suite » :

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À la ferme ? Quelle ferme ?

Dans un de mes films préférés, La classe américaine, il y a une réplique avec le meilleur calembour dont je n’ai aucun espoir de l’expliquer aux anglophones :

Dino — C’est une excellente question. À la ferme.
L’ami de Dino — La ferme ? Quelle ferme ?
Dino — Ah la ferme ta gueule toi, ducon, espèce de crétin.

Cyclim.se

Il y a des mois, en réponse à l’une de nombreuses photos chez Blogosth, de quelque chose dite un « champ de blé », j’ai mentionné :

Il s’avère avec des recherches que je n’avais pas complètement raison, mais c’était proche. L’Hexagone fait environ 552 000 km carrés ; la Californie, 424 000. De cette superficie totale, on utilise 174 000 km carrés (lien en anglais) pour l’agriculture. Et de cela, 1 821 km carrés sont consacrés au blé. Et si vous cliquez ce dernier lien, vous verrez que c’est tout loin de mon comté d’Orange. On ne voit jamais ces soi-disant « champs de blé » chez moi (et non, je n’ai aucune idée de quoi parle cette chanson d’Indochine, « La chevauchée des champs de blé ». Quelque chose à voir avec des chevaux ?)

Alors j’étais à la ferme moi-même la semaine dernière. Je voulais vous la montrer afin de vous faire comprendre la vie de nos côtes, où une ferme est presque comme un musée, quelque chose d’exotique qui n’a rien à voir avec notre quotidienne. J’étais là parce que mon frère, dont je ne suis pas autorisé à vous parler, nous a rendu visite à La Fille et moi. Juste pour nous faire rire, nous l’avons amené à Centennial Farm, une ferme localisée dans le champ de foire ici. Cette ferme sert dans un rôle éducatif — vous allez voir qu’elle ne produit pas assez pour vendre dans un supermarché.

On entre par ici :

Pourquoi est-ce qu’il est nommé « Centennial Farm » ? Parce que bien que l’histoire écrite de Californie commence avec les explorateurs espagnols dans le XVIe siècle, et la première colonie a été établie en 1769, le comté d’Orange n’existe que depuis 1889, et la ferme a été érigée en 1989 pour fêter ses 100 ans. Alors regardez bien, les amis, c’est ce qui passe pour l’Histoire sur notre Côte Ouest !

Naturellement, on a érigé une statue juste à côté de la porte, digne de cette longue tradition :

Une meilleure vue du bâtiment juste derrière la porte :

En arrière-plan à droite, il y a la grange, à ne pas confondre avec la chanson de ZZ Top de même nom. Absolument rien ne se passe là sauf pendant les foires et les visites des étudiants, alors nous ne pouvions pas y entrer :

Commençons avec les animaux. Ils poussent des agneaux, des vaches, des porcs, et des chèvres, mais très peu de chacun :

Il y a pas mal de Cuccos poules :

Il y a même une cage de lapins, mas pas comme la France, vous n’allez trouver de viande de lapin nulle part ici, alors ce sont là juste pour être mignons :

Passons aux légumes. Il y a toute une diversité de plantes ici, mais c’est plutôt un jardin qu’une vraie ferme. Vous y trouverez les légumes que l’on mange le plus ici, les laitues et les tomates :

Et des légumes que l’on voit souvent sur ce blog, les carottes et les poireaux (en anglais, les poireaux s’appellent « leeks », qui sonne exactement comme le mot pour une fuite) :

Mais on est bien dans le Sud-Ouest du pays, et ça veut dire des piments. Ainsi que la variété commune ici (les deux premières photos), il y a le « ghost pepper » et le « Carolina Reaper », deux piments que vous n’allez pas trouver dans les supermarchés Ils sont extrêmement épicés, dangereux à manger crus, et sont typiquement vendus dans des sauces embouteillées. Ces piments n’ont rien à voir avec notre patrimoine mexicain, et je ne les ai jamais goûtés :

On finira avec ce à quoi vous vous attendiez le plus, les cactus. Il y a des cactus utilisés pour la nourriture (et vous les trouverez principalement dans les supermarchés mexicains), mais ce ne sont pas eux. Ce sont des variétés de cactus que le gouvernement aimerait que nous poussions tous au lieu d’herbe, afin que nos riches puissent garder leurs pelouses. Ils sacrifient beaucoup pour nous à Hollywood et à Beverly Hills — faut que nous leur rendre le faveur !

J’espère que vous en tirerez le vrai message. Centennial Farm est plus un musée qu’une véritable ferme. Si vous vous souvenez de mon post de Vendredi noir, jusqu’aux années 60, South Coast Plaza était une ferme d’haricots. Orange County a tiré son nom des vergers d’orangers qui poussaient ici, mais pas plus. Nous sommes complètement débranchés de nos producteurs, une raison pour laquelle j’admire tellement l’attitude française vers ces gens.

Vendredi noir à Irvine

Hier était encore une fois Vendredi noir, ou comme on le dit en France, Black Friday. Il m’amuse que vous avez adopté juste la pire tradition autour d’une fête que vous ne fêtez même pas. Dommage, vous ne savez pas ce que vous ratiez avec la dinde :

Non, mais sérieusement, comme disait M. Jours d’humeur, qui nous manque tous. Je vous ai parlé avant du mensonge derrière cet événement, mais aussi des excellentes promotions chez myPanier l’année dernière. Aujourd’hui, je vous présente deux choses : 1) mes achats chez myPanier pour ce Vendredi noir, et 2) Un Coup de Foudre : Le Blog : Le Film, 25 minutes pour faire un tour de South Coast Plaza, le centre commercial avec les revenus les plus élevés du pays.

Fabriqué en Dinde, Photo par Céréales Killer, CC BY-SA 4.0

Alors, qu’est-ce que j’ai acheté cette fois ? Hélas, je suis plutôt prévisible, alors vous allez reconnaître certaines choses de l’année dernière :

Oui, je suis fou de Chamonix, sans lesquels ce blog n’existe pas (je me suis présenté à mon premier groupe avec mon histoire de Chamonix). La Fille adore Le Comptoir du Cacao, mais n’a jamais goûté cette barre, alors elle attend son retour. Quant au nougat, je n’ai pas reconnu la marque « Esprit de Fête » — il s’avère que j’ai acheté quelque chose de Carrefour cette année après tout.

J’ai mentionné les Papillotes dans Je découvre le Rhône, mais c’est la première fois où j’en ai acheté. J’aime toujours goûter les bonbons communs, alors pourquoi pas les Lion ? En ce moment, aucun paquet n’est ouvert — tout attend La Fille, sauf le nougat.

Les biscuits « Amaretti di Saronno » restent mon souvenir d’enfance italien préféré, et si le calendrier d’Avent est grosso modo le même que l’année dernière, je sais qui va en profiter.

J’aimerais vous partager quelques autres photos de myPanier. D’abord, d’autres produits que j’aurais aimé goûter, mais j’ai atteint ma limite :

Vous alliez me dire QUAND qu’en France on peut décorer un sapin avec des boules de nougat ?

M. Descarottes est très en colère contre moi ([Comme d’hab]) parce que j’ai vu ces boîtes de carottes françaises sans en acheter ([QUOI ?!? Appelez la SPA ! Le 17 ! Hanouna ! — M. Descarottes]) :

J’aime bien les Pim’s, un autre souvenir d’enfance, mais ils ne sont pas une priorité car bien connus chez moi :

J’ai presque acheté une de ces boîtes « Mont Blanc », mais je n’étais pas sûr de comment les servir et garder une fois ouverte. C’est évidemment un dessert, mais l’emballage n’avait pas assez d’infos pour moi :

Un de ces quatre, je dois vous raconter la folle histoire de mon meilleur ami avec Maxim’s :

Juste pour mon amie Agathe, voici des épices polonaises :

Et pour finir chez myPanier, si vous voulez voir des escargots à ma table, il faudra que l’on accepte une invitation chez moi. Je ne vais jamais manger ça tout seul. ([Je n’aime pas la cote, les amis. — M. Descarottes])

Alors, Vendredi noir ailleurs. J’étais à South Coast Plaza pour dîner à Quattro Caffe, mon resto hebdomadaire pendant 13 ans déjà. Tout à coup, je me suis dit « Tournez-leur une vidéo de tout ça. Tout le monde vous prend déjà pour un américain ; jouez dans le rôle ! » Un ami m’a récemment expliqué que « prendre (qqn) pour un américain » veut dire croire que le quelqu’un nommé est plus riche qu’en réalité. Je fais des bêtises pour ce blog de même genre que je faisais pour mon ex, mais sérieusement, c’est pas Versailles ici non plus.

Cette vidéo est LONGUE, alors à YouTube, dans la description, j’ai mis des liens vers les moments que je crois sont les plus intéressants : la boulangerie Boudin et les bonbons See’s — les deux étant les trucs les plus californiens au monde — notre seul resto étoilé Michelin, la boutique de Baccarat, le grand sapin, la plus grande des TROIS boutiques de Louis Vuitton là, Quattro Caffe, et le Père Noël. Il y a de nombreuses boutiques des marques françaises et italiennes, et vous en reconnaîtrez beaucoup.

Autant de feuilles que d’ans

C’est encore une fois mon jour le moins préféré de l’année, celui où je dois avouer que je vieillis. 47 ans avec ce coup de vieux. Avant que la fin n’arrive, j’aimerais vous dire une fois que j’ai réussi ma bête noire. Voilà, le mille-feuille de Cook&Record :

Au moins le mien vous rendra moins aveugle que le gâteau de notre président, qui a fêté ses 146 ans hier — ne me regardez pas comme ça, c’est ce que dit la légende :

Quelques jours avant le début du blog, j’ai essayé de faire un mille-feuille pour la première fois. Voici les résultats :

Oh là là, mais l’écriture pique les yeux presque autant que le glaçage ! « Mais Justin », vous me dites « voici la preuve que vous êtes menteur ! Il y de la pâte feuilletée industrielle chez vous après tout ! Pas besoin de tout faire à la main ! » Ah oui, on voit ici la pâte Pepperidge Farm, la seule disponible aux supermarchés ici. C’est un produit inférieur, et on ne peut guère la contrôler. Ça gonfle quel que l’on fasse.

Mais en fait, j’ai menti dans ce post-là. J’ai dit que j’allais les refaire jusqu’à ce que je les réussisse. La réalité, c’est que j’ai mis les mille-feuilles à côté jusqu’à cette semaine. Ce premier essai est venu de la peur que j’ai dû tout faire tout de suite. Je n’étais pas du tout prêt à l’époque. Si on clique la photo, on peut voir à quel point il me reste des choses à apprendre. Des gouttes de fondant ont tombé sur les mauvaises couches, et le glaçage en haut peut être plus plat. Les couches de pâte feuilletée sont presque de même taille, mais même ça pourrait mieux aller.

Après 3 ans et demi, je crois que je comprends enfin, non pas seulement sur la pâtisserie, mais la philosophie, l’esprit derrière vivre à la française. C’est bon d’être enthousiaste, mais il y a un bon ordre derrière tout. Il y a une raison pour chaque pas, et même si c’est « seulement » de la tradition, il faut l’apprendre afin de la comprendre. Je ne sais pas si le fondant marche aussi bien si on le chauffe jusqu’à 113°C au lieu de 114°C — mais je sais qu’il faut le maîtriser avant de penser « Je peux faire différemment ». Juste en faisant ce lot de mille-feuilles, j’ai enfin compris que j’avais la mauvaise habitude d’arrêter de battre le fondant trop tôt au lieu de trop tard. Il faut faire confiance à quelques gouttes d’eau pour le sauver plutôt que chercher un point où il ne deviendra pas solide. Vous regardez le tout premier mille-feuille chez moi où le chocolat n’a pas fini en flottant sur le fondant.

Mais il me reste le sens de devoir tout faire, en ce moment. Je me demande souvent « Et si vous aviez appris le français à partir du collège comme vous l’aviez voulu ? » Je sais que je n’aurais pas les mêmes amis, tombé sur les mêmes découvertes, fait les mêmes bêtises. Serais-je plus heureux avec cette autre vie ? Je ne sais pas. Mais je me sens toujours comme si je dois mettre toute une vie à la française dans la moitié du temps.

Garder ces deux pensées en équilibre, c’est la partie la plus difficile de tout ce blog. En écrivant ce post, j’ai reçu un courriel de France TV qui m’a rappelé autre chose d’il y a 3 ans :

Quand j’y ai créé un compte, j’ai dû leur donner un code postal. Vous pouvez voir ce que j’ai fait. J’ai envie — comme j’ai envie — mais quel que je veuille, ce n’est pas à moi de faire autrement. C’est quoi le bon ordre derrière ce problème ? Je ne sais pas, mais je continuerai de pratiquer, de m’améliorer, et d’espérer que le bon moment arrivera.

Félicitations à Cook&Record

Ça fait trop longtemps depuis la dernière fois où vous avez lu le nom Cook&Record ici. Les cornes meringuées du gâteau « monstre », les religieuses, et les cœurs guimauves de la Saint-Valentin sont les seules recettes que je lui dois même en partie cette année. En partie, c’est parce que nos chemins ont un peu divergé — pour autant que ses macarons fraise sont jolis, je m’intéresse à des garnitures différentes, non pas à des coques artistiques. Mais elle est aussi silencieuse depuis des mois et hier, on a finalement eu l’explication :

C’est une coïncidence heureuse. Si tout va bien, vous allez la revoir de façon extraordinaire en quelques jours. N’oubliez pas qu’à mon avis, je lui dois tout ce que je suis en cuisine. On parle souvent de « influenceurs », mais beaucoup de monde qui revendiquent ce titre ne font que de bêtises pour avoir de l’attention. À chaque fois où je fais de la pâte feuilletée, c’est elle. Les galettes des rois et les cookies géants ? Elle aussi. Le gâteau Napolitain, une signature du blog ? Ça porte son nom. En fait, la photo de couverture de mon profil Facebook ? C’est presque toute grâce à elle. Enseigner à 9 000 km, c’est de la vraie influence.

Photo de couverture Facebook : brioche, flognarde, cookie géant, far breton, tarte Snickers, Napolitain, mi -cuit au chocolat

Je souhaite tout le bonheur au monde à la nouvelle famille.

Aucune idée

Depuis très longtemps — plus d’un an entier — j’écoute Les Grosses Têtes en forme de podcast. Je télécharge l’intégrale dans l’appli quand je suis dans ma voiture, et hop ! Plus de bêtises à la radio. Mais il y a peut-être trois semaines, j’ai découvert quelque chose de magique. Si je mets RTL à la radio dès que je laisse ma fille à l’école, je peux écouter l’émission en live parce que votre après-midi est mon matin.

Ça a deux bienfaits. Pour une chose, j’entends les derniers moments de l’épisode au lieu du début — je n’ai jamais eu l’habitude d’écouter toute l’émission, et si je saute par les introductions, ça me convient. Mais autre chose, j’entends les sons de la vraie quotidienne — les nouvelles et les pubs. Je dois être la seule personne au monde qui veut les écouter. Vous ne croiriez jamais ce qui arrive dans la voiture — les cris de joie tels que « Une pub de Carrefour ! Carrefour a des fromages en promotion ! » Puis je partage cette folie avec certains amis, qui doivent penser que je suis fou. ([Soyez rassuré, Justin. Personne ne pense une telle chose. — M. Descarottes]) Voici un exemple :

Édité pour garder la confidentialité de La Fille

Vous voyez pourquoi je suis si accro ? Il ne m’est jamais venu dans l’esprit que l’on pourrait vendre du foie gras à la radio. La marihuana, ben oui, car ça, c’est légal selon nos théories de la loi exactement pareilles à celles de la Confédération avant la Guerre de Sécession. Mais le foie gras ? Non, nous sommes civilisés alors les drogues oui, les produits français, non ! (Les fèves tonka sont aussi illégales ici, ai-je mentionné ça ?)

Mais revenons à nos Grosses Têtes. Jeudi matin, j’écoutais M. Ruquier et ses amis et il a demandé une question qui m’a laissé complètement sans espoir de répondre. Voici un lien vers la bonne intégrale. À 55:30, M. Ruquier commence à parler de « la 32e enquête du commissaire Brunetti, mais qui est l’auteur des enquêtes ? » On lui demande si l’auteur est français et il précise qu’en fait, l’auteur est une femme américaine. (Ne me regardez pas comme ça — je sais qu’il suffit de dire « américaine » avec la bonne prononciation pour distinguer entre les hommes et les femmes.) On ajoute que ses romans se déroulent à Venise. Ça ne m’aide pas du tout. Puis M. Ruquier dit qu’elle est l’auteure de polars américains la plus connue et ici, je commence à me tirer les cheveux. Parle-t-il de Nora Roberts ? Ou de Gillian Flynn ? (Je connais leurs noms, mais pas les contenus de leurs livres.) Il mentionne que l’auteure a plus de 80 ans, mais ça ne m’aide pas du tout.

Puis, la boulette. Laurent Ruquier finit par mentionner par hasard qu’elle s’appelle Donna Leon. Il n’était pas censé faire ça, au moins toujours pas ! Il décide de donner les 300 € à l’auditeur qui a posé la question car l’erreur est à lui — je respecte tellement M. Ruquier pour ça.

Donna Leon, Photo par Michiel Hendryckx, CC BY-SA 3.0

Mais oh là là, je compte sur les questions qui concernent les États-Unis pour avoir une opportunité pour connaître les bonnes réponses. Et cette fois, je n’avais franchement aucune idée !

Les procès

J’avais espéré publier sur les Deux-Sèvres aujourd’hui, mais ça n’arrive pas. Heureusement — pas vraiment pour les victimes — une pub est tombée tout cuite dans mon bec (quelle expression bizarre — je ne connais aucun oiseau qui cuit leur nourriture). C’est un des trucs les plus nuls aux États-Unis, et un risque pour toute entreprise qui font leurs affaires ici. Voilà :

Alors, vous pouvez voir que c’était une pub sur Instagram, et qu’elle implique une entreprise française, L’Occitane en Provence. Laissons de côté le fait que l’on ne me retrouverait pas mort (expression anglaise) dans une de leurs boutiques, pour la même raison que ça n’arriverait pas chez L’Oréal. (C’est probablement la première fois de ma vie où j’écris ce dernier nom.) Qu’est-ce veut la pub ?

C’est pour un cabinet d’avocats qui cherchent des « victimes » de l’entreprise. Ils parlent de la possibilité d’un droit à 5 000 & pour les délits de L’Occitane. Et qu’est-ce qu’ils ont censé avoir fait ?

Enregistrer les activités des visiteurs à leur site web. « Mais Justin », vous me dites, « la loi RGPD est européenne. Comment peut un cabinet d’avocats américain la faire respecter une entreprise européenne dans une cour américaine ? » Pour être clair, il n’est pas clair que ce soit leur loi choisie — ils mentionnent des lois contre l’espionnage électronique, qui existent dans chaque état. Autre chose, ils ciblent une variété d’entreprises, dont à l’intérieur :

Source, mais je vous conseille de ne pas la cliquer

Si L’Occitane a une filiale ici, ils peuvent être poursuivis ici Mais ce qui se passe vraiment n’a rien à voir avec n’importe quelle loi contre l’espionnage électronique. Il est fortement probable que leur théorie est des balivernes de la plus haute qualité. Ce qui compte — et c’est pourquoi tout coûte cher ici — c’est qu’il coûtera moins pour chacune de ces entreprises de régler le procès que de se battre jusqu’à une décision. Il y a des milliers de tels cabinets dans ce pays qui font la même chose — ils publient des pubs pour chercher un client qui dirait « ouais, je suis victime », ils lancent un procès, puis il y a un règlement juridique où les avocats reçoivent plusieurs millions de dollars pour leur travail, et les clients reçoivent chacun un coupon pour un rabais de 20 % de leur prochain achat chez la vraie victime, l’entreprise.

Il y a des mois, j’ai reçu une autre pub pour un procès similaire contre une autre entreprise française :

Ça pose la question : « Avez-vous acheté des macarons Ladurée ? Il est possible que vous ayez été trompé. » À l’époque, j’ai demandé à un ami qui est avocat, « Quelle est la théorie derrière un tel procès ? » Sa réponse était que c’était probablement le « false fill » (faux remplissage). C’est lié au phénomène de « shrinkflation », où une boîte semble contenir plus que ce qui n’est le cas. Malgré ma déception chez Ladurée à Beverly Hills, je n’ai pas répondu à la pub. Je ne ferais jamais une telle chose.

Mais ça n’a rien à voir avec un sens de loyauté. J’ai cette attitude depuis mon enfance. On peut poursuivre n’importe qui — sauf le gouvernement — pour n’importe quelle raison, et ça peut durer longtemps avant qu’un juge n’y mette un terme. Il y a un dicton parmi les avocats ici, « On se fait du bon guacamole. » ([Non, sale con, l’autre genre d’avocats ! — M. Descarottes]) Ah oui. « Le processus, c’est la punition. ». (Oui, « processus », pas « procès » — il y a beaucoup de misère avant que l’on ne voie la salle d’audience.)

Croyez-moi, je me demande souvent pourquoi il y a tant d’expatriés qui viennent ici avec de telles règles !

Un jour dans notre cuisine

Aujourd’hui, j’ai eu deux événements pour lesquels j’ai dû cuisiner. Le premier était la reprise du Marché de Noël de l’année dernière. Encore une fois, j’ai fait des macarons suite à une demande des organisateurs. La différence, c’est que cette fois, j’allais tout diriger. La dernière fois, j’ai laissé l’emballage à d’autres personnes, et après mon expérience d’avril, j’ai décidé que je pouvais tout faire moi-même. D’abord, le produit final :

Je veux que vous soyez honnêtes avec moi : est-ce que vous trouvez les rubans charmants ? Ou insultants ? Je les ai trouvés dans notre plus grande chaîne de magasins pour des produits artisanats, Hobby Lobby. Voici mes matériels :

Vous remarquerez peut-être que le deuxième lot de macarons est plus sombre. C’est la même pâte, toute préparée en même temps dans le même bol, mais le deuxième lot est toujours comme ça. Il y a des fois où la différence est bien plus visible qu’ici. De toute façon, j’y ai livré 30 sacs, ayant fait 60 macarons. Ils ont été vendus pour 2 $ chacun — mieux que l’année dernière, quand le prix était 1 $. Je sais que mon niveau de qualité se vend pour 2 $ le macaron — pas 2 — aux pâtisseries ici, mais même les produits d’un vrai professionnel qui avait fait un don se vendaient pour 2 $. Je ne me plains pas.

Comme la dernière fois, j’ai pris des photos du marché pour vous. D’abord, l’extérieur du bâtiment et les panneaux pour signaler l’événement :

Voici le kiosque de l’Orange County Accueil. Peut-être que vous pouvez voir que certains produits sont étiquetés Roquette. C’est un nouveau resto ici. Je n’entends que de bonnes choses sur eux, et j’espère que l’on en parlera plus. Mais à mon avis, mes macarons méritent bien leur place.

Comme l’année dernière, il y a plein d’artisans qui veulent vous vendre soit du maquillage soit de la bijouterie soit des bougies :

Mais aussi deux qui vendaient de la confiture et de la confiture de lait :

Au cas où quelqu’un de local lirait ce post, voici l’Instagran de la confiture.

Mais tout ça, c’était juste le matin. J’ai eu encore une fois une soirée tarot hier soir, et je voulais faire quelque chose de différent, pas plus de macarons. J’ai une grande boîte à outils grâce au Tour, alors j’ai revisité la tarte au citron de Menton. Mais je suis un meilleur pâtissier maintenant qu’il y a deux ans. Voilà :

La dernière fois, je n’ai même pas tenté la meringue car il me manquait de chalumeau. Cette fois…peut-être que je devais arrêter après avoir décoré les bords, mais je suis bien content des résultats. Vous ne me croirez pas, mais j’étais ravi de faire quelque chose sans chocolat. Pour autant que j’adore le chocolat, il y a d’autres parfums, et je ne veux pas les laisser tomber. S’il vous semble que je suis obsédé par le citron après avoir raté les macarons au citron il y a des semaines, ben oui, je ne le nie pas.

Mais ce qui me rend le plus heureux, c’est que j’ai pu le partager avec du monde. Au-delà d’être diabétique, et ne pas avoir besoin de garder tant de sucreries à la maison, je n’aime pas cuisiner juste pour moi-même !

Le Conte de deux vidéos

Je viens de virer des amis. Pendant toute ma vie, je m’entendais avec beaucoup de monde où j’étais en désaccord sur tout. Tant que l’on est sincère et ne donne des coups de pied ni aux chiots ni aux enfants, on peut s’entendre. Mais pendant la dernière décennie, ça devient de moins en moins possible. Avant hier, je n’ai jamais abandonné un ami à cause de la politique, mais j’ai certainement regardé les anathèmes de mes amis. Je dis parfois, je fuis quelque chose autant que je cours vers quelque chose.

Il me semble depuis 2017 qu’une certaine partie de mon pays se sent triste à cause d’avoir raté la Seconde Guerre mondiale. Pas moi. Je l’étudie autant parce que je veux l’éviter ! Mais c’est pourquoi nos jeunes ennuyés parlaient d’être « la Résistance » pendant le dernier mandat. Comme si Jean Moulin et Marie-Madeleine Fourcade pouvaient apparaître à la radio pour dire une telle chose en toute sécurité ! On jette le mot « Nazi » par ici et par là. Ces dernières semaines, je vois des choses comme la foule qui cherchait des élèves juifs à Cooper Union — des gens qui n’ont rien à voir avec le conflit — et le vandalisme contre cette communauté-là partout, et je me dis que ce n’était jamais comme ça avant. J’ai honte de mon pays, que ça pouvait y avoir lieu :

Naturellement, je suis bien au courant des actualités en France. Mais je n’avais aucune intention de les revisiter ici jusqu’au moment hier matin où France With Véro a écrit (dans son groupe privé) que la vidéo suivante était… plutôt mal accueillie :

Je crois que c’est la source originale ; je n’ai fait aucune recherche sur le compte lui-même. De toute façon, c’est Douce France, une chanson de Charles Trenet, liée à la Résistance qui fait l’envie à mes compatriotes. Les paroles parlent de la France de ce blog, « Mon village au clocher aux maisons sages », mais je comprends l’argument que citer la nostalgie peut, dans certains cas, sous-entendre « et j’aime ce passé dont vous n’en faisiez pas partie ».

Je choisis de ne pas entendre le choix de ces enfants de cette façon — ils n’agressent personne en la chantant — mais il y a toute une polémique où les deux côtés semblent l’avoir entendu comme provocation. Si on cherche Twitter pour « Douce France » en ce moment, ce graphique se trouve encore et encore, avec des réponses haineuses :

Source

Mais il y a un autre genre de réponse. Ce monsieur en est typique.

« Dommage qu'[ils] ne portaient pas de Kippas » ?!? Je comprends ce qu’il veut dire, suite aux mesures de M. Darmanin, mais c’est une expression de soutien avec ses propres sous-entendus. Que les juifs contrôlent le gouvernement, c’est ça ?

Mais c’est notre conte de deux vidéos. Si la première était en réaction contre quelque chose, j’imagine que c’était cette vidéo absolument choquante de quelques jours plus tôt :

Je ne m’en veux pas aux gamines qui rient, bien qu’il y ait plein de critiques des deux sur les réseaux sociaux. Face à quelque chose comme ça, je suis sûr qu’elles étaient choquées et gênées, et franchement, une réaction colérique face aux chanteurs aurait pu être dangereuse.

Je vous ai dit au début que j’ai viré quelques amis. Non pas des français, mais certains américains que je connais depuis le lycée, même la primaire. J’espère que vous comprendrez à quel point c’était difficile. Mais je vous rappelle pourquoi j’ai appelé mon jour en Normandie « Le pèlerinage ». Les gens que j’ai sortis de ma vie approuvaient des excès de chaque mouvement des dernières années ici. Ils m’ont déjà montré qu’ils approuvent de blâmer aux groupes selon leur identité. Je ne l’excuse plus.

Mais je veux en conclure sur une note d’espoir. Je pense encore une fois à mon deuxième billet préféré du blog, Mes valeurs républicaines (le premier restera Je découvre… la France ! à jamais). Plus que jamais, je tiens à l’idée qu’en France, le citoyen n’est ni blanc ni noir, ni chrétien ni juif ni musulman, mais citoyen. Les garçons qui chantaient dans le métro, quel que l’on pense des messages subliminaux, n’ont pas choisi une chanson sectaire, mais une chanson qui fête le pays. J’y vois le Nord, et par là, un meilleur futur.