Ne me regardez pas comme ça, je suis ici pour vous parler du point auquel nos agences de presse anglophones sont connes. Je n’arrive toujours pas à croire que ça s’est passé.
Tout a commencé quand l’Associated Press a tweeté cet œuvre de génie :
Ça dit, et je suis vraiment désolé parce que vous allez devenir plus stupide en le lisant :
Nous recommandons d’éviter des étiquettes « le/la » générales et souvent déshumanisantes telles que les pauvres, les malades mentaux, les Français, les handicapés, les diplômés. Dites plutôt des choses comme « des personnes avec des malades mentaux ». Et utilisez-les seulement quand bien pertinent. [emphase ajoutée]
Je ne peux pas vous donner un lien vers le tweet original, parce qu’ils l’ont déjà supprimé avec une excuse qui a répété exactement la même chose : faut pas parler de groupes au singulier. Mais comme vous pouvez imaginer, certains ont saisi l’opportunité pour dire « évidemment, faut pas répéter « les malades mentaux » en disant les Français » :
We were more concerned that you were being redundant by saying both "the mentally ill" and "The French."
J’en ai marre de ce genre de blague. Mais si nous sommes honnêtes, Versailles serait bondé pour toujours si on y emmenait tous les gens qui ont besoin de voir la Galerie des Batailles.
Heureusement, l’ambassade a eu la bonne réponse — « Je suppose que c’est nous maintenant, l’ambassade de francité aux États-Unis » :
— Embassy of France in the U.S. (@franceintheus) January 26, 2023
Franchement, c’était juste un autre jour qui se termine par « y », comme on dit en anglais. (parce que tous les noms de jours en anglais se terminent ainsi). La langue anglaise dans toute sa splendeur, mesdames et messieurs ! Comprenez-vous maintenant pourquoi tout ceci ?
Si je suis honnête, « m’as-tu-vu » est mon mot préféré de tout le vocabulaire de toutes les langues que je connais. J’adore sa sonorité. J’adore sa structure, la question qui ne l’est vraiment pas. Et étant une grosse ordure, j’adore me décrire de cette façon. ([C’est en fait le truc le plus gentil que je dirais chez vous. — Mon ex]) Mais oh là là, j’ai une raison cette semaine !
Les certifications d’ACTFL restent valides pendant deux ans. C’est pour ça que j’espère que je prendrai finalement l’examen DELF ou bien le DALF cette année, et ne plus avoir besoin de m’inquiéter. De toute façon, puisque ma certification de lecture était sur le point d’expirer — et peut-être que j’en ai besoin pour mon CV — j’ai donc pris les examens de lecture et d’écoute mercredi. Voici les résultats :
Un niveau de « avancé-haut », reçu pour la lecture, ça vaut un niveau C1. Mon rêve est enfin réussi, au moins partiellement. Un niveau de « avancé-mi », pour l’écoute, c’est seulement un B2, mais c’est toujours une amélioration. C’était « avancé-bas » l’année dernière. Encore une fois, voici le son de succès.
Je suis absolument interdit de parler des contenus de l’examen. J’ai dû signer de nombreux accords qui leur donnent le droit de me bannir pendant 5 ans si je mentionne le moindre détail. Alors, je dirai rien sur les questions. Mais fais-moi confiance, j’aimerais tellement cafarder sur les employés chargés d’administrer les tests ! J’ai dû recommencer celui de lecture quatre fois à cause d’erreurs de leur part !
Je considère que tout ça sert à valider ma stratégie. Il n’y a rien de plus d’apprendre des logiciels. Lire des romans, écouter la radio, la télé — la vie quotidienne, tout court — ce sont les meilleurs guides à ce point. J’ai pas envie de tomber dans la connerie des réseaux sociaux, alors il me faudra trouver une source d’études plus formelles. Je soupçonne que ça s’appellera « l’Alliance française », mais en ce moment, leur horaire ne me convient pas.
Cerise sur le gâteau, demain on se réunira pour un article que je ne m’attendais pas à finir jusqu’à 2-3 semaines plus tard. Mais avec cette nouvelle, j’ai tout à coup trouvé la confiance — et l’endurance — de mettre fin à une tâche difficile. Certains devineront vite la bonne chose — merci de ne pas la divulgâcher dans les commentaires.
Aujourd’hui, je serai rien que sérieux en vous racontant une histoire.
En décembre 2021, Sadie, la niece d’une copine de classe de la primaire jusqu’à la fin du lycée, a eu un accident vasculaire cérébral. Elle n’était pas du tout malade — visiblement — jusqu’à ce moment-là. Elle a tout de suite eu plusieurs chirurgies du cerveau, mais le temps que la fin du mois soit arrivé, le vrai diagnostic a changé. Elle avait une leucémie.
Pour le 3 février, sa famille a organisé une collecte de sang :
Mais c’était déjà trop tard. Elle est décédée le 31 janvier de l’année dernière.
Moi, habitant à environ 120 km de cet événement, je n’allais pas y aller. Mais je me suis enregistré avec la Croix Rouge pour donner des plaquettes ce même jour-là. Rien n’est allé comme prévu. D’abord, ils ne m’ont pas dit de ne pas prendre de l’aspirine avant le don. J’ai dû donc attendre 4 jours de plus. J’y suis arrivé encore une fois — avec mon t-shirt Indochine, bien sûr, parce que je veux toujours que ces gens fassent un lien entre vous et la bienveillance :
Malheureusement, l’infirmière a fait un joli bordel en ratant une veine, et j’ai été bien blessé. J’ai rien mentionné ici à l’époque, mais j’ai eu besoin de 3 semaines pour guérir.
Mais une promesse est une promesse. Alors le 3 mars, j’ai essayé pour la troisième fois et 2 1/2 heures plus tard — les plaquettes demandent du temps — voilà :
Vous pouvez voir que j’étais déterminé, quant au t-shirt. Mais aussi quant au sang.
Dimanche prochain, la famille de Sadie aura un autre événement en son honneur. Au lieu d’y aller, aujourd’hui je suis revenu chez la Croix Rouge, et cette fois-ci, avec moins de drame. Dois-je vraiment vous dire quelle musique jouait dans ce casque audio 100 % fabriqué en France ? Ouaip, j’ai eu assez de temps pour écouter tout le concert d’Indochine. Le seule problème, c’est que l’infirmière m’a vu pleurer pendant « Nos Célébrations » et a pensé que quelque chose de mal m’est arrivé à cause des aiguilles !
À ce point, on aurait dû être un véritable Justin du 23 juin 2002 (le jour de la pire erreur de ma vie) pour ne pas voir le futur. Surtout le reste de ce post.
Il va vous surprendre, mais je n’ai jamais rencontré Sadie. Et si vous avez fait attention ici les dernières années, il y a très peu de monde de ma vie d’avant dont je chante les louanges. Mais sa tante, Michelle, est une princesse parmi les êtres humains, quelqu’un qui n’a jamais — même pas une fois — fait partie du harcèlement scolaire. C’était un honneur de lui rendre une si petite faveur.
C’est pourquoi je suis ici maintenant pour vous parler des plaquettes. C’est en même temps le don le plus facile et le plus difficile à faire. Le plus facile parce qu’il n’y a presque aucun temps de guérison — on peut le refaire toutes les 4 semaines (toutes les 2 aux États-Unis), pas comme les 2 mois entre les dons de sang entier. Le plus difficile parce que ça prend au moins 2 heures — ils vous rendent tout votre sang, moins les plaquettes, mais c’est un processus lent. Mais c’est aussi quelque chose d’essentiel pour les patients atteints du cancer, encore plus que le sang entier. Et la pire chose ? Les plaquettes durent seulement 5 jours après le don avant de périmer. « Heureusement », il y a assez de besoin dans ce monde pourri que les vôtres ne seront jamais gaspillées.
Je vais le rendre tout simple pour vous. En France, la Croix Rouge n’a rien à voir avec les collectes de sang. Vous avez plutôt l’Établissement français du sang. Cependant, il n’est pas le cas que toutes les maisons de dons peuvent prendre des dons de plaquettes. Voici la liste. Ne doutez pas que j’ai déjà tout lu. Voici l’examen pour vérifier si vous pouvez en donner.
Mais je n’aime jamais vous laisser sans blagues, alors voici un commentaire qu’un cher ami m’a laissé après avoir vu des photos en haut. Il me connais très bien.
Je vous ai menacé d’écrire un tutoriel pour vous expliquer comment améliorer la production d’un balado. Puisque je manque toujours d’inspiration, c’est exactement ce que vous allez avoir. Mais j’espère qu’au moins ma publicité pour le prochain épisode vous fera rire.
Alors voici l’enregistrement brut, fait avec Ferrite sur mon iPhone et mon microphone AKG Lyra :
Et voici ses données :
Le son n’est pas le meilleur, hein ? Il y a des bruits partout, dont beaucoup de souffles. Heureusement, Ferrite a de bons effets automatiques, et jusqu’à la semaine dernière, ce sont exactement mes outils de choix. Voici les données :
Vous pouvez clairement voir les résultats d’auto-nivellement. Mais comment sonne-t-il ?
Le bruit de fond est bien coupé, mais pas parfaitement, et il y a toujours des souffles. En fait, les souffles ne sont même pas réduits. Je supprimais les souffles à la main au passé — mais pas plus. Commençons pour la dernière fois avec les données :
Ce sont exactement les mêmes qu’avant. Alors, ajouterons notre premier effet, le « noise gate » (réduction du bruit) :
Seuil est à 4 %. On va le couper, jusqu’à 2 %. Aucun autre changement n’est nécessaire.
Et maintenant, ajouterons l’effet auto-nivellement :
Vous pouvez encore une fois voir l’effet auto-nivellement. Et comment sonne-t-il maintenant ?
Mais où sont donc passés les souffles ? Tous disparus. Il n’y a rien que ma voix et juste assez de réverbération pour que ce soit naturel. S’il vous semble que les différences n’existent pas, votre volume est trop bas, et vous écoutez probablement soit sur un portable soit dans une voiture en mouvement. Avec un casque audio comme mon Focal Elegia, c’est bien évident !
La meilleure chose, c’est que c’est tout. Pas besoin de supprimer même pas un bruit à la main. Si vous êtes comme moi, et enregistrez tout plusieurs fois, il vous faudra toujours tout éditer. Mais maintenant, ça passe rapidement !
C’est la faute de The Ria, et la jetée à Huntington Beach. Je sais depuis longtemps que je ne suis pas satisfait de la qualité des photos de mes portables. Celui que j’ai acheté juste avant mon voyage en 2021 est mieux que celui que j’utilisais pendant les neuf premiers mois du blog. Mais les capteurs des portables sont trop petits pour mes besoins, et en plus, le « verre » (comme disent les photographes en parlant des objectifs) est nul. Moi, avant l’époque numérique, j’utilisais un merveilleux Contax RX, avec trois objectifs Zeiss. (J’entends les bruits choqués de votre part ; des produits d’où ? Du Japon, malgré les noms ; c’est compliqué.). De toute façon, en prenant des photos pour La pizza façon Detroit, je me suis dit que je n’en pouvais plus.
J’ai peur de dépenser autant pour les appareils photos numériques comme pour les argentiques. Avec assez de soin, les vieux appareils pouvaient fonctionner pendant des décennies ; chez les numériques, l’obsolescence arrive beaucoup plus vite. Mais c’est cher maintenant de développer mon film, et le scanner pour le blog n’est pas une option vu mon horaire de publication. Alors je viens de faire un achat qui augmentera le niveau de qualité des images ici :
Voilà mon nouveau Panasonic Lumix DMC-ZS100. Comme le casque Focal et le micro AKG, j’ai cherché un bon marché, et je l’ai trouvé. (Bon, rien n’égalera jamais le micro !)
Ce que tous les trois ont en commun, c’est que je les ai achetés tous « boîte ouverte » ; en ce cas, ça valait 10 % pour moi. Voici ma boîte ; elle est arrivée assez scellée :
Je n’achète jamais des appareils numériques d’occasion, parce que ces objets sont tous assez fragiles, mais tant que j’ai toujours la garantie de la manufacture, qui se soucie du ruban adhésif ? Et puisque je suis dinosaure (demandez à ma fille), je m’en fiche des outils pour Instagram ou n’importe quoi. Je veux payer le capteur, l’objectif, et le Wifi pour ne pas devoir brancher l’appareil tout le temps.
Alors, pourquoi celui-ci ? Vu que j’ai envie d’être Laurène Lefèvre ([On est en Californie ; ça pourrait arriver. — M. Descarottes]), j’ai commencé en vérifiant ce qu’elle utilise. C’est un réflex qui coûte presque 2 000 €, sans compter les objectifs ! Mais j’ai parlé avec un photographe professionnel qui m’a expliqué qui si je voulais préparer juste des photos de la nourriture pour aller à la presse, 20 mégapixels suffiraient, sans besoin d’un si grand capteur. Attendez, pourquoi aurais-je un tel besoin ? Je dis ça, je dis rien ! L’objectif est d’assez bonne qualité ; on ne trouve pas de vrais Leica à ce prix, peu importe le nom tamponné sur l’appareil. Quant au Wifi, c’est le même partout.
J’aurais pu payer 50 % plus pour une version plus récente avec exactement le même capteur, un objectif avec une plus longue distance maximale, et le Bluetooth. Mais l’objectif n’est pas clairement de meilleure qualité. On dirait que l’objectif plus cher est aussi plus lent (il demande plus de temps où l’obturateur reste ouvert). En Europe, la question est plus difficile, car le vieux coûte plus qu’aux États-Unis, et le nouveau est à peu près le même. Mais dans cette comparaison tête-à-tête, je ne vois aucune différence. Ça suffit pour mes buts.
Il s’avère que j’ai fait une grosse boulette ce week-end, la seule variété dans ma boîte à outils. Mon problème, au-delà du problème lui-même, c’est qu’il n’y a rien que je peux dire sans avoir l’air fou. ([On n’épèle pas « être » comme « avoir l’air ». — M. Descarottes]) En plus, j’ai absolument aucune envie de faire gêner qui que ce soit. Disons juste que j’ai apparemment offensé quelqu’un, un membre de mon groupe de cinéphiles, sans avoir eu la moindre idée. Je croyais que l’on s’entendait très bien, et j’ai eu tort. La faute est seulement à moi.
Caïn venant de tuer son frère Abel, de Henri Vidal, Jardins des Tuileries à Paris, France, Photo par Alex E. Proimos, CC BY 2.0
Cette semaine aurait dû être heureuse. Plus tard aujourd’hui, j’attends l’arrivée de quelque chose qui transformerait le blog. (Je parle d’une nouvelle capacité technologique, pas le film d’Indochine.) Mais en ce moment, la déception personnelle dépasse mon désir d’écrire. Je posterai Langue de Molière demain, car c’est déjà écrit, mais je manque d’enthousiasme pour l’instant. Je suis vraiment désolé parce que vous n’avez rien fait tous.
On commencera avec une histoire de livraison 100 % vraie, parce que je veux vous faire comprendre exactement à quel niveau de service je m’habitue chez les facteurs ici. :
J’ai acheté un bureau chez Office Depot, l’une des plus grandes chaînes de tels fournisseurs aux États-Unis. Le jour de livraison, j’attendais chez moi toute la journée. Quand le facteur a raté la livraison, j’ai fait un coup de fil au « service client ». Ai-je mentionné que je crois aussi au Père Noël, à la Petite Souris, et à la Grosse Citrouille ?
La personne à qui j’ai parlé m’a dit que selon le facteur, je n’étais pas à la maison au moment où il est passé. J’ai répondu que j’avais attendu à la maison toute la journée. Elle a appelé le facteur, puis m’a rappelé pour me dire qu’en fait, il y avait une porte verrouillée au bord de mon quartier, et sans le bon code, il n’avait pas arrivé à entrer pour livrer le bureau. Je lui ai dit que c’était un mensonge — il n’y avait pas de telle porte dans mon quartier à l’époque. (C’est commun dans ma ville d’Elbe-en-Irvine, mais pas dans ce lotissement-là.) Et comment est-ce qu’il a pu dire que j’étais pas chez moi s’il n’a pas pu entrer le quartier ? Silence.
J’étais le tout premier arrêt du facteur le lendemain.
Donc, vous comprenez pourquoi l’une des choses que j’adore la plus chez FNAC et chez DHL, c’est qu’au passé, j’ai profité de recevoir mes pré-commandes le même jour que vous. Par exemple, voici des posts sur Facebook pour les deux albums « Singles Collection » d’Indochine :
Au fait, vous pouvez voir à quel point j’adorais recevoir même les publicités de la FNAC. Ils ne les envoient plus, ce qui me rend triste.
J’ai donc attendu le nouveau film d’Indochine le 13 janvier. Puisque je paye un minimum de 14 € pour la livraison outre-Atlantique, mais ça hausse très peu avec des films sur disque, j’ai acheté quelques films en plus, qui sont arrivés tous deux jours après ma commande. Quand la FNAC n’a pas tout en stock en même temps, il y a toujours seulement une facture de livraison. Avec ça, ils m’ont acheté pour toujours. Voilà les trésors pas toujours vus :
Tous les quatre sont sur ma liste de « jamais vus » depuis le début du blog. Le fait qu’il y en a deux avec Lino Ventura, réalisés par Georges Lautner, et écrits par Michel Audiard, on appelle ça « la chance » !
Mais quelque chose ne va pas en ce moment. Je connais à ce point très bien les routes utilisées par DHL pour livrer ces pépites. Si un colis va à Londres, il volera en direct à Los Angeles, puis sera conduit à Santa Ana. Si un colis va à Cheesebourg Hambourg, son prochain arrêt sera Cincinnati, puis Los Angeles et Santa Ana. Les deux prennent toujours le même temps, deux jours. Alors quand j’ai vu que le colis est parti le 12 janvier, j’ai tout de suite su que je n’allais pas recevoir le film le 13.
Tout ça en haut, c’est plutôt tard le jour du départ pour la FNAC. D’habitude, quand une commande sort de leur entrepôt, c’est toujours le matin. (C’est inquiétant à quel point j’étudie ces messages les deux dernières années.) Mais ce qui s’est passé, c’est… surprenant. Voici la dernière mise à jour à ce point :
Ça fait maintenant presque 2 jours entiers à Londres sans bouger. Chez l’USPS (la Poste américaine), on appellerait ça normal. Chez FedEx, au moins pas surprenant. Mais chez DHL ? Dites donc, je suis gâté par DHL, et je le sais bien. Il vous faut comprendre que je ne suis pas en colère ; je m’inquiète. Pour eux !
Ce soir, je suis allé au ciné avec l’OCA pour notre premier film de l’année. C’est « A man called Otto » (Un homme appelé Otto), à sortir bientôt en France sous le nom « Le pire voisin au monde ». C’est un peu au-delà de mes sujets habituels, étant un film américain, mais ce film m’a dé-ran-gé. Je me reconnais dans le personnage d’Otto — qui est, pour être clair, le soi-disant « pire voisin » du titre français — et je suis fortement pas d’accord avec le message du film.
Otto est, absolument sans doute, grincheux hors comparaison. Il fait tout selon les règles, et est fier de son travail. Mais il veut se tuer pour des raisons qui ne sont pas clair au début du film (on apprend tout, mais je ne divulgâcherai rien). Tout le monde lui dérange avec leurs conneries à chaque fois où il est sur le point de se suicider, mais il est si passionné de voir tout fait correctement qu’il se sent obligé de le mettre à côté pour régler les problèmes des autres. À chaque fois, il réussit, mais son attitude et façon de gronder tout le monde pour ne pas faire l’effort à apprendre ont en résultat que personne n’apprécie ce qu’il a fait pour eux.
Alors, la plainte des informaticiens. C’est tous les jours le cas qu’un ami, une connaissance, un parent, ou quelqu’un qui veut se faire passer pour l’un d’entre eux pour demander de l’aide dit « Oh, Justin, mon ordi/tablette/portable/calculatrice ne marche pas ! Tu peux le régler pour moi ? »Malgré le fait que j’ai pas de formation avec tous ces appareils, et je ne vais rien faire sauf rechercher le problème sur Internet et suivre les instructions que je trouve, tout le monde s’attend que moi — ou n’importe quel autre informaticien — je vais toujours dire oui. Si je dis non, c’est toujours la même plainte « Mais tu es bon avec ces choses. » Non, c’est juste que je n’ai pas peur. C’est tout autre chose.
À mon avis, Otto A RAISON. Je comprends très bien que ses commentaires caustiques ne sont pas gentils. Mais ce que l’on ne voit jamais dans ce film est ce qui arrive quand quelqu’un comme lui demande de l’aide à l’inverse. Je vais vous dire la vérité — beaucoup de monde ne sont pas prêts à rendre ce qu’ils demandent. Seulement une personne fait des efforts pour lui rendre des choses tout court, mais le film nous dit que c’est Otto qui a la mauvaise attitude à chaque fois.
J’avoue que le film est en fait plus sympathique vers le personnage d’Otto que d’autres films similaires. Je pense surtout à « As Good As It Gets », sorti en français sous le nom « Pour le pire et pour le meilleur ». Ce personnage-là, Melvin, était également grincheux, mais il n’a rien fait pour ses proches. Le message de ce film-là est que la personne grincheuse ne vaut rien sauf au point où elle cesse d’être elle-même. J’aime pas ça.
Permettez-moi de vous donner un exemple. J’ai un parent qui me demande au moins une fois par semaine « Est-ce que ce courriel est un escroc ? » Qu’est-ce que je fais ? Je clique toujours sur l’adresse e-mail, et à chaque fois, c’est bien évident que l’adresse est fausse — très longue, et jamais de la même organisation que le courriel fait semblant de représenter. Tout le monde peut faire ça pour eux-mêmes. Je n’ai aucune compétence inhabituelle à cet égard.
C’est donc mon plaidoyer pour les Otto du monde. Montrez-leur le même respect pour leur temps que vous attendiez pour vous-même. Je ne dis pas « Défense de demander de l’aide », mais plutôt qu’il faut se demander « Est-ce que je fais assez pour moi-même ? Et si que je crois que j’ai besoin de l’aide, fais-je assez pour remercier les autres ? » Croyez-moi, vous amis informaticiens seront reconnaissants.
J’ai répondu avec la triste réalité, mais je veux développer plus mes pensées sur ce sujet. La grande majorité d’entre vous n’étaient pas ici la seule fois où j’ai acheté de la pâte industrielle pour ce blog. Alors rembobinons un peu et je vous raconterai une histoire.
J’ai grandi dans une famille où les boîtes de préparations industrielles étaient absolument interdites. Quand je vous ai parlé des « cons en cuisine », je parlais d’un États-Unis que je connaissais, mais où j’ai jamais vécu. Tout était fait maison. Mais ma mère, elle n’a rien appris de sa mère, une femme impressionnante mais jamais une cuisinière. (Son astuce pour faire cuire les desserts surgelés ? Les mettre en haut de la télé. Je plaisante pas du tout.) C’est de ma grande-mère que j’ai hérité l’ambroisie. Ma mère a tout appris d’une femme appelée Dorothy « Dottie » Devita, une voisine d’origine italienne.
Une autre fois, je vous raconterai l’histoire de son époux, Frank Devita, un héros de la SGM en France et membre de la Légion d’Honneur (lien en anglais vers sa nécrologie). Disons pour l’instant que si vous connaissiez Frank et Dottie, vous ne vous moqueriez jamais de « la malbouffe américaine ». En fait, si vous connaissiez la communauté immigrante italienne de la Côte Est, ce serait la même chose. Ils ne vivaient jamais de cette façon. C’est la cuisine des « Nonna », pas des « Mamie », mais ça vient du même esprit.
Tout ça, c’est-à-dire que mes ancêtres sont venus de l’Europe de l’Est, mais mes valeurs, elles viennent de l’Italie, surtout en cuisine. Ma mère n’a jamais fait aucun gâteau d’une boîte et si la sauce tomate avait pris moins qu’une journée ? Inacceptable. Alors quand j’ai fait la rabote picarde avec de la pâte feuilletée Pepperidge Farm, la seule que vous trouverez dans un supermarché typique, j’ai eu honte. Cette pâte coûte environ 5 $ la boîte, 2-3x ce que vous payez chez Carrefour, et c’est de très mauvaise qualité. Ça suffit pour la spanakopita, un plat grec, car on la mange en forme de petites bouchées, mais c’est inutile pour les mille-feuilles ou les galettes des rois, à cause de perforations partout.
Mes autres choix ne sont pas meilleurs. Chez myPanier, il y a un produit d’une marque américaine, « White Toque », dont tous leurs produits sont en fait des importations françaises. Comme disait M. le Président Trump dans tout autre contexte, vous ne nous envoyez pas votre meilleure pâte. Cette pâte comprend de l’huile de canola, du beurre concentré, et…de l’alcool ? Je n’arrive même pas à le comprendre. Et pour ça, je payerais 12 $ le 454 grammes.
Chez Surfas, il y a une meilleure pâte, Dufour — américain malgré le nom — composé des mêmes ingrédients que la mienne : beurre, farine, eau, sel, et un peu de jus de citron pour la conserver. Mais 16 $ et même pas 454 grammes comme l’autre ? (C’est seulement 400.) C’est du cambriolage !
Pendant les cinq dernières années avant le blog, je vivais ce que j’appelle « La Sécheresse ». Après les fermetures de Pascal et Pinot Provence, je ne connaissais plus aucun bon resto français près de chez moi. Cinq ans sans rien sauf une boulangerie appelée « Vie de France » — qui venait du Japon ! En même temps, la nourriture autour de moi devenait de plus en plus limitée — de la mexicaine et de plusieurs cultures asiatiques, surtout la chinoise, la coréenne, et la vietnamienne. Ces choses ont leur place, mais pour autant que la cuisine mexicaine est le patrimoine de notre sud-ouest, je ne la veux pas autant que je dois la manger.
C’est d’où l’attitude obsessive. J’ai passé une demi-heure chez Carrefour en 2021 ? C’était un aperçu du paradis. Même chose chez Picard. J’ai assez bien aimé marcher sur les Champs-Élysées, mais le vrai rêve pour moi, c’est tout simplement de vivre quelque part où vivre à la française n’est pas un truc de luxe, mais plutôt sa quotidienne. Et oui, pour autant que ça ferait mal au cœur à la pauvre Mme Devita, ce serait merveilleux de ne pas devoir tout faire maison. J’en suis fier, mais je serais ravi parfois d’acheter une pâte industrielle. Je sais exactement à quel point ça sent la folie, mais c’est rien que la vérité.
J’aime trop les gros chiffres ronds, comme quand sa voiture arrive à 10 000 km, la bourse Dow Jones atteint 30 000, etc. Alors bien que j’aie fini le cours de français sur Duolingo il y a 9 mois, je viens de réussir mon dernier but. Voilà :
C’est un peu ridicule, mais je ne sais pas quitter le hibou vert. Duo et moi, nous sommes ensemble depuis presque trois ans, et il m’a apporté ce que j’aime le plus au monde entier — vous tous. Pour le meilleur ou pour le pire, je n’ai eu qu’une rupture dans la vie, et j’espère que vous me pardonnerez pour mes sentiments idiotes, mais ça sent bien la rupture. (Pour être bien clair, je ne suis pas attiré à Duo.) Il y a deux raisons.
D’abord, je pense souvent « Vous avez une langue au lieu d’une femme ». (Pour l’énième fois, oui, je me vouvoie. Ce gars-là n’a pas le droit de me tutoyer.) Peut-être fou, mais honnête. Il y avait une écarte de 7 mois entre le début de mes études et le début du blog, mais qu’est-ce que c’est que ce blog qu’une lettre d’amour publiée tous les jours ? Ne plus avoir Duolingo sera comme si j’avais dit, « Je n’irai plus à notre café préféré, celui où nous prenions un verre ensemble quotidiennement. »
Mais en plus, ses habitudes sont devenues insupportables depuis longtemps, exactement comme une rupture. Duo m’envoie des courriels et des notifications à toutes les heures pour me rappeler étudier. Il y a un an et demi, Duo a acquis une douzaine de personnalités (sous la forme de nouveaux personnages ; il n’est pas fou), chacune plus ennuyeuse que la précédente. Ses blagues n’étaient jamais drôles. Jusqu’à très récemment, il y avait un système de points et de classement très abusif. On pouvait réussir une belle centaine de leçons sans rien gagner dans le classement, car c’était facile à tricher. Tous ces comportements ne me manqueront pas du tout.
J’ai partagé plusieurs fois le « meilleur » de Duolingo (voilà et voilà), mais voici quelques derniers souvenirs.
Une grosse source de colère était l’attitude vers le genre. Vous n’avez aucune idée à quel point ils détestent enseigner ce sujet. Quoi que l’on pense de la société, ma grammaire est correct ici (le manque de «!? » n’est pas le problème), et j’ai perdu beaucoup de temps à n’importe quoi :
La version anglaise de cette phrase n’a aucun genre pour le mot « partner », alors je n’ai pas du tout apprécié cette correction non plus :
Mais juste quand on aurait pensé que l’on aurait compris, ÇA ARRIVE :
Le jeune garçon en haut s’appelle Junior. Il est le fils d’Eddy, père célibataire qui a toujours de mauvais rencards. Mon cauchemar, c’est que je suis Eddy :
Je dois vous dire, l’idée suivante n’a jamais marché, même pas une fois. Évidemment, faut échanger du genre :
Mais j’avoue, ils me comprennent mieux que j’aimerais avouer :
Et si je suis complètement honnête, ils m’ont payé pour apprendre le français, jamais l’inverse. Je ne me suis jamais abonné à Duolingo Plus (récemment devenu Super Duolingo), alors pas une centime dépensée de ma part. Mais ils m’ont payé 100 $ (en 2020) pour participer à une étude de contrôle qualité. Je voudrais juste vous rassurer, chaque centime de cette chèque-là à fini par être dépensée chez la FNAC pour des films. Ils peuvent se consoler du fait qu’au moins, j’ai utilisé ce que j’avais appris. 10 centimes par jour, c’est pas grand-chose à la fin, mais je l’apprécie.
Ne pleurez pas quand même pour leurs revenus — j’ai dû regarder des milliers de publicités, une après chaque leçon. Et il y avait des dizaines de leçons par jour pendant ces deux ans-là. Ils ont été payés.
J’ai enregistré les étapes en preuve ; j’ai un peu hésité car j’ai cru que le portable m’avait demandé de supprimer mes données ainsi que l’appli, mais j’ai eu tort.
Alors, d’ici où ? J’ai fini avec Kwiziq, alors maintenant j’ai pas de leçons formelles. Une fois le DALF C1 est réussi, je ne me sentirai plus obligé d’étudier, mais ce jour-là n’est pas proche. En fait, j’ai peur qu’il n’arrive jamais. Pourquoi ? Voici l’une des épreuves :
Je ne sais pas si j’arriverai jamais à écrire des textes aussi courts !