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Peur de la bise

Je m’attendais à écrire cet article pour la Saint-Valentin. Mais hier, Anne-Élisabeth Moutet a écrit une colonne pour The Telegraph of London, intitulée « Even the French have realised the kissing has gone too far » (Même les Français se sont rendus compte que la bise est allée trop loin). Je suis tellement surpris de le voir, parce que c’est quelque chose que j’aurais attendu de… comment dire ça… moi, pas elle.

Le baiser par Gustav Klimt, Photo par Google Art Project, Domaine public

J’essaye parfois de cautionner mes amis européens que mes plaintes sur mon pays ne sont pas les leurs. J’ai pas de problème quant au fait que j’achète de l’assurance médical, que le gouvernement ne le paye pas sauf pour les âgées et les pauvres. Nos impôts sont plus bas. Ce sont deux façons de réussir le même but — faire se plaindre à tout le monde — mais l’assurance n’est pas mon sujet. C’est juste pour vous rappeler que certaines choses ne vont pas du tout de même façon partout, et ce à quoi nous nous sommes habitués est parfois très différent.

Commençons avec la thèse de Mme Moutet, qu’un bienfait inattendu du virus était l’arrêt soudain de la bise. Ici, nous sommes en fait un peu d’accord, mais pas pour les mêmes raisons. Elle écrit (et c’est dingue que je vais la traduire ; les fautes sont les miennes) :

I hate la bise. I hate the fact that in normal times it is essentially compulsory, even to people spectacularly unattractive, with dubious personal hygiene, or whom you loathe.

Je déteste la bise. Je déteste le fait qu’en temps normal, il est essentiellement obligatoire même avec des gens qui sont incroyablement peu attirants, qui ont de l’hygiène personnelle douteuse, ou qui vous détestez.

Anne-Élisabeth Moutet, The Telegraph

Au fait, je dois vous dire que son style en anglais est spectaculaire, fluide comme très peu de monde. Si ce n’est pas évident ici, c’est seulement à moi.

De toute façon, elle a évidemment raison à un certain point avec toutes ces plaintes. C’est quand même le choix de la société française de le faire au lieu du coutume anglophone de se serrer les mains au travail ou faire des câlins en famille. Mais pas tout le monde sera également à l’aise avec ça.

Mais pour moi, en 2021, venant d’une société où demander un rendez-vous deux fois à la même personne est souvent une infraction qui risque de se faire virer, c’était tout autre chose. J’étais ravi que la bise ne m’arriverait pas cette année-là. La dernière fois où j’ai embrassé quelqu’un qui n’était pas lié à moi par sang, de n’importe quelle façon, ça fait plus longtemps que l’âge de ma fille. Mettre fin à cette durée avec soit un homme soit une femme mariée, même si pas de façon romantique… veuillez m’excuser si je vous offense, mais ça me dérange, que ce soient des mœurs culturelles ou pas.

L’idée d’aller à l’étranger et rendre visite à des amis, ça m’a plu. L’idée de faire un câlin, toujours avec des amis, c’est toujours pas un problème. Mais ce genre de contact chez moi, c’était du harcèlement même avant MeToo. C’est ici où je compatis moins avec les plaintes de Mme Moutet. Bien sûr, c’est toujours dégoûtant d’être aussi proche de quelqu’un avec de mauvaise haleine. Pourtant, au moins en théorie, j’aime l’idée d’une société où on n’est pas obligé de se faire passer pour un moine de peur qu’on vous prenne pour un harceleur.

Cependant, je n’y arrive pas. Personne n’est jamais obligée de dire oui à un rendez-vous ; je l’assume. Et c’est pas la culture française qui promeut l’idée que même le moindre contact par hasard est du harcèlement ; c’est notre bêtise. Mais les habitudes mentales durcissent après assez de temps. Si on n’est pas lié de façon romantique, veuillez ne pas m’embrasser. C’est pas vous, c’est moi.

Emily in Clermont-Ferrand

Je ne me suis jamais abonné à Netflix. Il n’y a rien que personne peut faire pour le changer dont me le donner gratuit, car je suis absolument contre l’idée de tout louer pour toujours. (Je n’utilise Spotify pour rien sauf héberger le balado. Toute ma musique est achetée en CD, puis copiée sur mon portable.) Alors j’ai jamais regardé Emily in Paris, mais j’en ai certainement entendu parler. Par exemple, cette vidéo hyper-drôle par Topito, Emily in Le Vrai Paris, où tout n’est pas douceur et lumière :

Sautons du coq à l’âne, mais je promis que ce sera logique. Depuis une semaine, je suis absolument choqué par la réaction des nivernais à ma colonne. Le retweet de l’office de tourisme, c’est gentil, mais j’ai jamais vu l’autre chose :

C’est quoi lejdc.fr ? C’est Le Journal du Centre, le journal régional ! Je n’arrive pas à trouver le bon lien sur leur site, mais il existe évidemment. Ce ne m’est jamais arrivé. Mais ÇA, jamais arrivé pas non plus :

Un sénateur ? J’avoue, il y avait des larmes aux yeux en voyant ça. Il y a un petit malentendu, où certains croient que j’étais là en personne, mais j’ai jamais caché mes méthodes. Laissez tomber. Qu’est-ce que les nivernais et leur réaction de surprise ont à voir avec Emily in Paris ?

C’est facile à voir, la fierté qu’ils ressentent d’être vus de l’outre-Atlantique. Et ça vient de la même raison pour laquelle je connais très peu de fans d’Emily en France. Si on vous avait dit « Netflix va tourner une série sur une américaine qui travaille en France », vous n’auriez jamais dit « Voilà ! Emily in Lyon ! Emily in Quimper ! Emily in Clermont-Ferrand ! » L’expression « en province » n’est parue qu’une fois ici, car je la déteste. Mais on comprend tous que c’est exactement l’attitude des producteurs, et qu’une telle série n’aurait jamais été payé par Netflix. Ou HBO, Starz, etc. — c’est juste l’état des affaires. Pourtant, pourquoi pas Emily in Nevers ? Il y a tout un beau pays à explorer !

Je ne vous dis rien que vous ne le sachiez déjà. Mais quand j’ai vu mon propre nom en vedette comme ça, c’était plus que surprenant. « Justin BUSCH aime la Nièvre » — et alors ? Ça vaut un gros titre ? Je suis juste un internaute ! D’autre part, si vous cherchez dans mon Guide Vert en anglais, seulement Nevers y apparaît, en tant que suggestion d’escale près de Beaune. Ça fait chaud au cœur d’être apprécié, et c’est clairement le cas dans les deux sens.

Les cons en cuisine

Bonjour, tout la monde ! Moi, je suis La Fille. Mon père, il est le garçon. Voilà, je connais son t-shirt, même si je n’aime pas du tout Indochine (il m’a laissé aux États-Unis pour les voir ; je voulais voir la Tour Eiffel ! C’est injuste !). Aujourd’hui, je vais vous parler de quelque chose qui lui rend fou.

Tout est parti du moment où son amie rouennaise lui a envoyé un lien vers cette collection d’horreurs, en demandant si nous mangeons de cette façon à la maison :

Ce sont censés être des « desserts », et son amie ne les croyait pas. Elle avait raison ! J’ai énormément profité de lui faire regarder cette vidéo en entendant les cris d’horreur ! Il y a de nombreuses bêtises — elle verse de la crème liquide au-dessus des choses sans mélanger, elle utilise de la pâte à cookies et du mélange à pudding de façons horrifiantes, elle gaspille du beurre partout, et peut-être la meilleure chose — à cause d’avoir produit les pires cris ! — elle a versé de la vanille liquide au milieu d’une tarte sans mélanger, alors la vanille n’a sert à rien ! BWAHAHA !

Puis il y avait ce chef-d’œuvre avec de la pâte industrielle biscuit. Elle a mis des vermicelles au-dessus de la pâte. Rien de mauvais, hein ? Mais ensuite, elle a fait un glaçage nul avec du beurre fondu et du sucre glace, l’a mis au-dessus des vermicelles, puis a saupoudré le tout avec encore plus de vermicelles ! À quoi a servi la première tranche de vermicelles ? À me faire rire de Papa ! Il a les meilleures réactions face à de vraies bêtises qui gagnent des dizaines de milliers de vues !

Mais j’étais curieux de quelque chose, et j’ai demandé à Papa si ce truc où elle verse une boîte de préparation à gâteau au-dessus d’une garniture de tarte existe vraiment. Il m’a dit non, mais j’ai demandé aussi à Mamie, et elle m’a dit que son fils avait tort ! En fait, il y a un truc appelé un « dump cake » (« gâteau vidé » donne le sens), parce qu’on vide la boîte de préparation à gâteau directement au-dessus de quelque chose de mouillé, sans mélanger. On verse habituellement du beurre fondu au-dessus pour créer des miettes en cuisinant. Mais ce que l’on ne fait jamais, c’est verser autant de préparation qu’il reste une part tout crue à la fin ! Quelle conne !

J’ai regardé autant de ces vidéos avec son portable que Papa a reçu un prix spécial de nos amis chez Facebook :

Peut-être que vous pensez en ce moment : « Papa, c’est nul de blâmer votre fille pour des vidéos que vous avez regardées ». Mais en fait, il m’a envoyé un courriel pour se plaindre et j’étais prête :

Le sujet dit « C’est TOUT TA FAUTE ». Et j’ai répondu : « Cher Papa, Bahahaha ! C’est HILARANT ! Je suis ravie de l’avoir fait arriver. » En fait, je ferai — brièvement — une apparence sur son balado pour témoigner que ce post est 100 % la vérité. Pensiez-vous que M. Descarottes était le seul à le traiter de cette façon à la maison ?

Je vais vous apprendre quelque chose sur l’anglais. Saviez-vous qu’aux États-Unis, « casserole » n’est pas un synonyme pour « marmite » ? Ça veut dire deux choses. En premier, ça veut dire un plat creux, typiquement en verre, comme il a utilisé pour le gâteau hier. Mais l’autre chose, c’est un genre de plat dégoûtant fait dans ces casseroles pour se débarrasser de tout et n’importe quoi. La recette la plus célèbre s’appelle « tuna surprise casserole » (casserole surprise de thon), fait souvent avec des macaronis, des pois surgelés, des chips, du fromage cheddar, mais toujours avec du thon en boîte de conserve en vedette ! Voici un exemple :

J’ai hâte d’avouer que j’ai en fait jamais goûté cette délice. Papa n’a jamais fait aucune « casserole » pour moi, et Maman est devenue végane, alors je l’ai échappée.

Une bêtise de plus de nos compatriotes ? Voici le cauchemar en forme de spaghettis !

Si vous regardez cette vidéo, vous verrez que les pâtes ne sont pas du tout cuites correctement, et encore pire, la viande doit rester presque crue au centre. Ce plat n’est pas sûr, peu importe bon. Papa m’a montré cette vidéo car un autre ami français la lui a envoyé, mais comme il m’a dit, il n’y a pas d’épidémie de maladies d’origine alimentaire ici. Faut pas toujours croire aux yeux.

Tout ça, c’est pas à dire que tout ce que l’on mange aux États-Unis est nul. Par exemple, il y a les sandwichs de fromage grillé à Boudin, la meilleure chose au monde entier. Et la chaudrée à palourdes, l’autre meilleure chose. C’est juste qu’il y a plus de cons que de bons cuisiniers, et avec 5 fois d’Américains que de Français, nous avons plus de cons en ligne qui cherchent de l’attention. Mais pour être clair, il ne me dérange pas que vous lui envoyiez autant de vidéos pourries, car à chaque fois où vous faites ça, c’est moi qui a de fous rires ! Et s’il se plaigne de moi, je chercherai de la soi-disant « musique » de Wejdene pour le réveiller. ENCORE. Ouais, La Fille est astucieuse, et j’ai déjà fait ça avec Anissa. Moi et M. Descarottes, c’est nous en charge !

Les bons œufs de Twitter

Il y a une expression qui ne convient pas aux colonnes Langur de Molière, en partie parce que c’est en anglais, en partie parce qu’elle n’est pas assez pour une colonne. Quand on trouve quelqu’un sympa, on l’appelle « a good egg, » un bon œuf. Pour cette expression, l’inestimable Ciel ! Blake !, Sky ! Mortimer ! propose « un chic type » :

Je sais pas. Quand on dit « chic » en anglais, ça veut dire quelqu’un toujours à la mode (mais pas couvert avec de la glace, ce qui veut dire « à la mode » en anglais). Mon dictionnaire Oxford donne « gentil » comme le troisième sens de chic, alors, je suppose, mais ça fait mal aux oreilles après 46 ans du sens anglais.

Mais cette colonne est intitulée « les bons œufs de Twitter ». C’est aussi drôle — pour moi, je devrai le gâcher en l’expliquant — car je vais parler de deux comptes de Twitter, et jusqu’en 2017, la photo de profil par défaut était un œuf :

Source : Merriam-Webster

Alors, qui sont les bons œufs de Twitter ? Je vous rappellerai qu’en 2021, j’ai écrit sur l’histoire de Steve Olson, l’un de mes compatriotes, devenu le sujet de nombreuses polémiques en ligne après avoir écrit — sur Twitter — de son grand amour pour La Pataterie. Ce qui m’a attiré à son histoire, c’est que j’ai failli faire la même chose quant à La Croissanterie. J’ai contacté Steve pour partager ce que j’avais écrit, et certains de ses nouveaux fans — c’est pas ironique, il a maintenant une belle dizaine de milliers d’abonnés sur Twitter ! — ont commencé à me suivre. Deux d’entre eux sont devenus parmi mes connaissances préférées en ligne, et avant que cette année ne se termine, je veux vous les présenter.

Je ne connais ni « ytrezaa » ni « Homer » par leurs vrais noms — c’est pas important, tout le monde devrait faire ce qui lui convient — mais les deux m’ont aidé plus de fois que je peux compter. Par exemple, plus tôt cette année, j’ai eu une question sur le genre :

Ytrezaa m’a présenté à Aurore Ponsonnet, experte en grammaire, qui m’a répondu et est devenue l’un de mes comptes préférés sur Twitter elle-même :

Peut-être que vous avez remarqué que je mets un lien vers cette vidéo de Mme Ponsonnet à presque chaque fois où j’écris « bouillir ». Si je suis honnête, c’est plus à cause de la trouver drôle qu’à cause d’être perplexe. Peu importe. Ce qui compte, c’est que je n’aurais jamais trouvé la bonne personne tout seul, ytrezaa n’a rien à gagner de moi, mais elle m’aide quand même.

C’est la même avec Homer. Une fois, je voulais rechercher plus sur les maisons à pans de bois, surtout une en particulière à Strasbourg. Il m’a vite aidé :

C’est une chose qui répète encore et encore, malgré le fait que je ne peux vraiment rien lui rendre. Et en fait, je le vois faire la même chose pour beaucoup de monde — il retweete d’autres personnes tous les jours, juste pour faire connaître leur travail. J’admire ça, et j’essaye un peu de suivre son exemple.

Je me suis fait une promesse* que j’écrirais cette colonne, et moi voilà. Si vous êtes sur Twitter, ils sont deux des meilleurs comptes que vous pouvez suivre. Je serais ravi de découvrir après cette colonne que nous avons plus de connaissances mutuelles.

*Au fait, je ne peux jamais écrire cette phrase sans penser à une certaine amie qui mérite également — encore plus ! — une colonne comme celle-ci, qui m’a expliqué pourquoi « je m’ai fait une promesse » a tort. Une fois que ça arrive, la personne est liée à l’expression pour toujours chez moi. Mais en ce cas, bien qu’elle apparaisse parfois dans les commentaires ici, elle n’écrit pas pour le public et je garde jalousement les vies privées de mes amis, autant que pour ma fille. ([Et moi ? Vous venez de publier une photo de moi à poil juste après m’être baigné ! — M. Descarottes])

Tag livresque

Encore une fois, un « tag » qui me vient de La lectrice en robe jaune, qui le dois à @jeremy_angelo.books à son tour. Il n’y a vraiment pas de thème, mais j’aime les questions

Un livre qui représente tes origines ?
Je vous ai dit avant que je ne crois pas aux traits d’union pour ces choses, mais ça ne fait que 4 générations que ma famille est aux États-Unis. Alors je dois choisir Une journée d’Ivan Denisovitch parce qu’entre la Russe, la Pologne, et la Lituanie, c’est le seul livre que j’ai jamais lu. Je ne compte pas Vladimir Nabokov pour ce but car ce monsieur a émigré aux États-Unis et écrivait en anglais. Aussi, je ne veux pas dire Lolita en réponse.

Un livre qui représente un pays où vous aimeriez vivre ?
Faut-il vraiment que vous deviniez où ? Je dirai Le Comte de Monte-Cristo, parce que je crois que c’est le premier livre que j’ai lu par un auteur framçais, soit celui-ci soit Le tour du monde en quatre-vingts jours. Heureusement, ces deux sont arrivés avant M. Stendhal.

Un livre qui se déroule dans une époque que vous auriez aimé connaître ?
Le Morte d’Arthur par Thomas Malory (Croiriez-vous que ce titre est en anglais ? Du XVe siècle, bien sûr). Je sais que beaucoup de monde croient que le roi Arthur n’a vraiment pas existé, mais je préfère croire que les histoires sont plus exagérées que fausses.

Un livre dans lequel il y a un monde imaginaire que vous aimeriez visiter ?
Il n’y a aucune question ! Le Lion, la Sorcière blanche et l’Armoire magique de C.S. Lewis. Son Narnia est le monde que je souhaiterais le plus fortement être réel.

Un livre dans lequel il y a un personnage que vous aimeriez rencontrer ?
Il y en a plein ! Paul Atreides de Dune, Auberon Quin du Napoléon de Notting Hill, Gabriel Syme du Nommé jeudi, et le capitaine Nemo de Vingt Mille Lieues sous la mer, juste pour commencer.

Un livre qui vous a fait voyager dans un lieu que vous n’avez jamais visité en vrai ?
Nuts (comme on dit), j’ai déjà visité l’Espagne, qui me prive d’une belle vingtaine de livres ! Bon, je peux toujours être sûr que j’ai jamais visité l’île de Robinson Crusoé, alors ce livre est une bonne réponse.

Un livre qui représente votre saison préférée ?
Bon, maintenant tous ces livres espagnols me servent ! Sonata de Invierno de Ramón Valle-Inclán, invierno étant l’espagnol pour hiver. (Je sais, quelle surprise.) Les quatre Sonatas traitent de la vie d’un soldat fictif, le Marqués de Bradomin, et ce sont un œuvre de littérature aussi impressionnant que le roi Juan Carlos a attribué le titre — qui n’existait pas avant — au fils de l’auteur, 70 ans après la publication !

Quant à l’hiver, je l’adore car c’est la seule saison où je ne brûle pas à l’extérieur. Je me sens un peu obligé de vous offrir mes excuses, parce que « hiver » en Californie du Sud, c’est comme avril en Normandie. Sauf pour l’été, j’ai pas le droit de me plaindre. Je sais que vous avez du mal avec le froid pendant ce temps, et j’ai aucune envie de me moquer de ça.

Alors, c’est la fin. Et vous, quelles seraient vos réponses ?

Le dîner de Noël, version 2022

Ce soir, j’étais encore une fois chez Moulin avec les membres et l’équipe de l’Alliance française. Contrairement à la dernière fois, c’était une très bonne nuit. Le choix de compagnons à la table fait vraiment toute la différence.

Voilà, l’extérieur du resto. Ils sont toujours Moulin, mais maintenant, ils appellent la partie avec du service à table « bouillon », d’après ce genre de resto en France. J’applaudis l’effort d’éduquer les consommateurs américains.

Voici la carte, un peu différente que l’année dernière :

J’étais agréablement surpris que le serveur ait pu prendre ma commande en français. Bien que le propriétaire soit expatrié français, l’équipe est grosso modo des américains. Aussi, j’aime trouver des excuses pour jouer le m’as-tu-vu du subjonctif. (C’était un sujet de conversation ; pas moi, juste le subjonctif.)

Voilà la meilleure partie du dîner, la tartine de chèvre chaud. Effectivement, s’il y avait eu deux fois de tartine sur l’assiette, mais rien d’autre pour le dîner, ça aurait suffi.

Le filet de daurade n’était pas mal, mais j’ai déjà eu assez de légumes verts :

La crème brûlée était compétent, mais manquait de goût fort. Moulin fait plein de très belles pâtisseries que je recommande sans hésitation ; en ce cas, je crois que c’était une question de budget et de quantité (il y avait une trentaine d’invités). Si quiconque me rendait visite et on déjeunait chez Moulin, je lui conseillerais de prendre un mille-feuille ou un petit Paris-Brest, pas la crème brûlée.

Je suis un peu gêné d’avoir été le seul de prendre du pain à la table. C’est le truc californien, d’éviter les glucides. Quant au pain, j’étais français avant que je ne puisse parler — l’anglais. Je n’arrive pas à imaginer un temps où je sauterais le pain.

Ma prof de chanson était là, et on a dîné à la même table. Elle avait menacé de m’obliger de chanter « Petit Papa Noël » pour le groupe, mais c’était beaucoup trop bruyant pour ça. La moitié d’entre vous ne l’a pas écouté — j’aurais été prêt :

C’était une soirée très agréable et même si Moulin/bouillon est un peu cher — c’est Newport Beach ici, c’est-à-dire le Versailles californien — ça vaut la peine pour mieux connaître ma petite communauté francophone.

Le Codex de Simon de Thuillières

Le grand problème avec des manuscrits comme mon cher Très riches heures du duc de Berry, c’est que personne ne fait plus de tels œuvres. Ou ai-je tort ?

J’ai récemment découvert la page d’un génie sur Facebook, Le Codex de Simon de Thuillières. Pour les fans de l’art médiéval, il n’y a rien de mieux. Ce qui suit est avec la permission de l’artiste, mais il n’a rien lu à l’avance, et j’ai aucun intérêt commercial, comme toujours.

Peut-être que vous vous souvenez de l’album de Laurence Manning avec la musique de la série Zelda ? C’est en fait comment j’ai découvert cet œuvre, dans un groupe de fans de jeux vidéo. En bas est une blague sur le jeu « Breath of the Wild », vendu même en France sous son nom anglais. Mais « Souffle de la sauvagerie » est pas mal comme traduction !

©️Société C.R.E.E., Publié sur Facebook, Avec la permission de l’auteur

Pour un fan du jeu, il y a de nombreux détails malins. Dans le jeu, le héros Link peut utiliser des courants d’air créés par les feux pour voler et lancer des flèches. Le monstre au milieu est un Gardien du jeu, mais d’un style médiéval plutôt qu’une copie du jeu. En bas à gauche, on trouve un Bokoblin, un ennemi commun de la série. Et tout ça avec une description dans un François médiéval que je ne comprends point. (J’ai au moins regardé Les Visiteurs.)

Mais oh là là, si vous n’avez jamais joué à Breath of the Wild, vous n’avez aucune idée à quel point les Gardiens sont effrayants. Ne l’imaginez pas :

Il s’adresse à tous genres de sujets culturels, pas seulement les jeux vidéo. Voici une parodie de la Bande à Picsou :

©️Société C.R.E.E., Publié sur Facebook, Avec la permission de l’auteur

Toute l’équipe est là, même si les noms sont inattendus pour moi. Je connais les trois neveux de Donald sous les noms de Huey, Dewey, et Louie. En français, ils sont devenus Riri, Fifi, et Loulou, et dans la version la plus récente — lui-même un chef-d’œuvre — ils sont maintenant Richard, Firmin, et Louis. (En VO, ils ont aussi reçu des prénoms plus officiels.) Je sais que les Beagle Boys sont les Rapetou en français, et les « Gras Petou » est un calembour sur ce dernier, mais même le Trésor de la Langue Française n’a pas pu m’aider.

Notre dernier exemple traite de l’actualité. On a récemment parlé de Black Friday, Vendredi noir, ou Vendredi fou, selon vos goûts — voici Ténébreux vendredi :

©️Société C.R.E.E., Publié sur Facebook, Avec la permission de l’auteur

Au passé — et pas si longtemps — il y avait en fait des morts aux États-Unis à cause de cette connerie chaque année. Pourtant, les magasins refusaient d’arrêter les promotions folles. C’est le virus qui a enfin empêché tout ça. Alors je trouve l’image d’une émeute pour l’occasion très pertinent. (Au fait, on dit aussi « tenebrous » en anglais, mais c’est considéré archaïque. J’adore donc ce dessin encore plus.)

Naturellement, il ne servirait à rien de parler d’un codex s’il n’y en avait vraiment pas. Il existe en deux versions, régulier et « Édition Reliquaire ». Il y a aussi un plus court « Cahier de jeux et d’esprit » qui promet également des mots « croisades » (croisés, j’espère) et une « grille géante de mots mêlés riche de 200 insultes » en moyen François. Il y a même un carnet de chasse afin de vous aider à la chasse de Pokémon. J’entends parfois des polémiques sur la chasse, mais d’habitude sur les sangliers — évidemment le droit à chasser les Pokémon est si bien établi que personne n’ose plus le contredire. J’adore son humour, et j’ai hâte de découvrir plus de son œuvre !

Le nougat breton

Si vous avez vu mon post avec mes derniers achats chez myPanier, vous savez que j’ai acheté un nougat bien français, mais pas de Montélimar. Est-ce une hérésie, ou une belle découverte ? On verra !

J’avoue, j’achèterais presque tout et n’importe quoi — au moins une fois — tant que la boîte dit « nougat » et est labellisée en français. (Attention vendeurs peu scrupuleux chez Cartier : je reconnais la différence entre le nougat et les bijoux. Et j’ai assez de Déclaration pour le reste de ma vie.) C’est-à-dire que j’allais goûter celui-ci peu importe sa région d’origine.

Je ne connaissais pas la nougaterie, « Le Bonheur des Ogres », et je suis sûr que je rate la signification de leur nom. Mais sur leur site, ils promettent que leur nougat « répond aux attentes d’un produit d’épicerie fine haute gamme ». Ils viennent du Morbihan, mais j’ai trouvé ce nougat trop tard pour le mentionner dans le bon post.

Voici leurs ingrédients :

C’est une liste impressionnante. On peut suivre toutes leurs sources. J’ai aucune idée si les œufs du Maine-et-Loire aient quelque chose de spécial, mais on paye cheeeeeer pour la vanille de Madagascar, c’est certain. Et c’est un produit bien cher — 8,65 $ la barre de 80 grammes aux États-Unis. Pour une fois, « l’impôt d’importer » n’est pas si grand — cette barre vous coûtera environ 7 €. En revanche, le nougat Soubeyran de Montélimar coûte 5,90 € la barre de 100 grammes chez Galeries Lafayette.

Je dois vous dire la vérité : j’adore ce nougat assez que je me sens un peu le traitre. C’est un produit d’une qualité extraordinaire, avec un prix égal à sa hauteur. J’ai exactement deux plaintes : le rapport qualité prix n’est pas proche du niveau des meilleurs nougats de Montélimar, et c’est collant — j’ai dû couper la plastique au fur et à mesure de manger, car c’était difficile de le retirer de l’emballage. D’autre part, on pourrait dire que c’est un bon régime pour votre portefeuille. On va pas trop acheter à ces prix !

Toute plaisanterie mis à côté, c’est un vrai plaisir, un pur bonheur de trouver un nougat à ce niveau. Plus que j’écris, plus que j’ai envie de nouveautés et de revenir. Une découverte comme celle-ci remonte la morale.

La « Coupe du monde littéraire »

Je vous ai mentionné que La bibliothèque Roz a écrit sur ce tag, originalement de la chaîne YouTube Bouquins & Books. (Vidéo en anglais.) L’idée est de choisir 11 auteurs — comme une équipe de foot — pour représenter votre pays. En plus, si on connaît assez bien les règles de foot, d’expliquer pourquoi les postes vont avec chacun. Franchement, bien que j’aie joué au foot pendant toute ma jeunesse, et j’aie été coach de l’équipe de ma fille, cette partie ne m’intéresse pas trop. Mais 11 auteurs, oui, ça m’intéresse beaucoup.

On commence avec notre Thierry Henry, notre Zidane, Herman Melville. On parle souvent de la question « Quel est le Grand Roman Anéricain ? ». Beaucoup de monde vous direz Gatsby le Magnifique. Même s’il était écrit en France, ils ont tort. C’est Moby-Dick. La moitié du livre n’avance même pas l’histoire, mais parle plutôt de la chasse à la baleine. Mais c’est son génie — on apprend à vivre la vie des personnages. Sa nouvelle Bartleby est considérée très importante, mais je la trouve déroutante.

Sûrement l’autre vedette de cette classe est Mark Twain. Vous pensez en ce moment au générique de Tom Sawyer, je sais déjà. Et oui, c’est un grand roman. Mais moi, je préfère la suite, Les Aventures de Huckleberry Finn, où Huck s’en va avec un esclave en fuite.

Peut-être que vous avez remarqué que tout ici est lié d’une façon ou autre. Mon prochain écrivain est John Dos Passos, pour sa trilogie des années 30s, U.S.A. C’est de la fiction expérimentale avec des petites biographies de vrais personnages historiques interpolées parmi la narration. U.S.A. a inspiré de nombreuses chansons du groupe Rush, mon préféré en anglais depuis le lycée. Essayez surtout The Big Money, d’après son roman traduit en français comme « La Grande Galette ».

Je ne vous déteste pas, alors je viens d’oublier le nom Theodore Dreiser. De rien.

Je me sens obligé de dire Ernest Hemingway, même si je ne l’aime pas. Il a une réputation pour écrire dans un style court et clair. C’est discutable. Lisez L’Heure triomphale de Francis Macomber ou Un endroit propre et bien éclairé, considérées comme des classiques. J’ai dû les lire au lycée. Hemingway et moi, nous n’avons pas parlé depuis ce temps-là.

On peut pas parler de la fiction speculative sans mentionner Isaac Asimov. Je l’estime plus pour ses idées que sa prose. Ses romans du cycle de Fondation (j’ai lu tous sauf le dernier, ce qui était un échec et presque impossible à trouver) et des robots ont formé toute la science-fiction des 60 dernières années aux États-Unis.

Mon auteur préféré de la science-fiction et du roman le plus important du genre (à mon avis), c’est Frank Herbert. Dune est le chef-d’œuvre des chefs-d’œuvre : un mélange de la philosophie, de la politique, de la science, et de l’aventure. Il sait quelque chose à propos de tout et n’importe quoi.

Je ne vous déteste pas, alors je viens d’oublier le nom Tennessee Williams aussi. Encore une fois, de rien.

Un autre auteur comme Herbert, qui sait beaucoup et l’utilise bien dans sa fiction, c’est Michael Crichton. Qu’il soit Jurassic Park, Soleil levant, Harcèlement ou bien Prisonniers du temps, il écrit toujours avec savoir-faire et une connaissance remarquable de ses sujets.

C’est mon équipe, il y a donc une place pour H.P. Lovecraft. Pas de Lovecraft, pas de Chroniques Occultes de Guy-Roger Duvert. C’est aussi simple que ça.

J’ai parlé avec un ami sur celui-ci, et je suis d’accord : faut inclure Joseph Heller pour son roman satirique sur la Seconde Guerre mondiale, Catch 22. Le nom fait référence à une règle fictive de l’armée, où on peut pas la quitter à moins que l’on soit jugé fou, mais vouloir quitter l’armée est une preuve que l’on n’est pas fou. C’est l’un de mes romans préférés, même si c’est devenu complètement réel de nos jours.

Je ne vous déteste pas, alors je viens d’oublier le nom William Faulkner aussi. Encore deux fois, de rien.

La meilleure série de romans de jeunesse que ce pays a produit est sans doute « À Wrinkle in Time, » sorti en France dès 1998 sous le nom Un raccourci dans le temps, par Madeleine L’Engle. Malgré le nom, elle est à nous, pas à vous. (Et ça fait mal au cœur d’écrire ça.) Mais elle vivait près de Chamonix pendant une année et assistait brièvement à l’école en Suisse. De toute façon, ses meilleurs livres traitent de voyages dans le temps, de mondes invisibles, et tous genres de créatures fantastiques. Je la recommande sans hésitation, mais absolument pas du tout la version Disney au ciné, une farce.

Finalement, j’adore les premiers romans d’Anne McCaffrey dans une série appelé La Ballade de Pern en version française. Elle y est restée trop longtemps pour mes goûts, mais pendant des décennies, elle a été l’une des autrices les plus célèbres aux États-Unis. Sa trilogie sur une femme qui vit sur une planète de cristal, et qui devient malade si elle part trop longtemps, La Transe du Crystal (lien non-affilié à Amazon.fr), est aussi excellente.

C’est mon XI américain, et contrairement à l’équipe de foot, j’aime ses chances contre les Pays-Bas !

(Crédit de photo pour les réseaux sociaux : Photo par Markbarnes, CC BY-SA 3.0)

La Cuisine des mousquetaires et « une certaine idée de la France »

Aujourd’hui, on va parler d’une France différente, d’un temps au passé, même si pas si loin, mais je veux être clair — c’est pas pour le critiquer. Bien au contraire. En plus, il y a une certaine hypocrisie en disant que l’on désapprouve de la boucherie tandis que l’on mange des viandes, mais ce dont on va parler n’apparaîtrait pas à la télé de nos jours. Je parle, bien sûr, de la Cuisine des mousquetaires et l’animatrice Maïté.

J’ai rencontré Maïté à cause de mon groupe de nostalgiques des années 80s qui m’a lancé sur cette grande aventure. (Désolé, je sais que le grammaire de l’article lié pique les yeux.) Son émission, La Cuisine des mousquetaires, est l’une des émissions qui ont vraiment lancé la cuisine à la télé, avant Iron Chef, avant Gordon Ramsey, avant Philippe Etchebest.

La première fois où j’ai vu Maïté, elle a tué un canard sur scène :

Ce qui rend cet épisode un peu choquant n’est pas qu’elle nous montre une carcasse de canard où même qu’elle cuit le sang (bien que vous ne voyiez jamais une telle chose ici). Non, c’est plutôt la façon de parler sur le canard. En ouvrant le panier où le canard attend, Maïté dit à Micheline, son assistante « Regarde comme il est joli ! Il est beau, il est beau, il est magnifique ! ». Elle le met dans un appareil que je ne reconnais pas, inversé, puis dit à Micheline « Il ne souffre pas ; c’est impeccable ». On ne voit pas le moment exact, mais tout à coup, elle nous dit qu’elle saigne son canard, et il y a un bol de sang bien frais.

L’Obs nous montre un autre épisode en parlant de comment la cuisine a changé depuis son époque :

Elle parle directement à son anguille :

Ne bouge pas ma chérie, on va juste te heu… c’est rien, on va juste te tuer, te peler la peau, te découper en morceaux, t’éviscérer et te faire revenir des heures dans une marmite avec du vin rouge. C’est rien, ma chérie, c’est rien, ça passe…

Mais est-ce vraiment aussi choquant que ça ? Le chef américain Thomas Keller, le premier du pays avec deux restos trois fois étoilés, a écrit dans son premier livre de recettes (ma traduction) :

Un jour, j’ai demandé à mon fournisseur de lapins de me montrer comment tuer, écorcher et vider un lapin. Je ne l’avais jamais fait et il me semblait que si j’allais cuisiner des lapins, je devrais le connaître de l’état vivant, en passant par la tuerie et la boucherie, jusqu’au point de cuisiner. Le type est arrivé avec dix lapins vivants. Il en a cogné un sur la tête afin de le rendre inconscient, lui a tranché la gorge, l’a écorché — toute l’affaire. Puis il est parti.

Je sais pas ce à quoi je m’attendais…j’ai dû mal avec le premier. Il a hurlé. Les lapins hurlent, et celui-ci a hurlé fort. Puis il s’est cassé la jambe en essayant de s’échapper. C’était horrible.

The French Laundry Cookbook, p. 205

Il n’y a vraiment pas de différence entre ces deux. Maïté et le Chef Keller nous parle également d’un animal vivant qui finit par apparaître sur une assiette. C’est juste que nous — et j’en suis le premier — ne voulons pas le regarder.

Revenons à l’article de L’Obs. ils disent que « l’émission a bien mal vieilli ». Pourquoi ? Parce que « On y cuisinait avec les doigts, les proportions se mesuraient à l’œil, le respect de l’équilibre nutritionnel restait bien sagement au frigo, avec les légumes, qui ne sortaient qu’à de très rares occasions, et l’alcool était omniprésent. » Oh là là, c’était un problème si Mamie n’avait pas de Nutriscore ? Bien sûr, pour ma part je serais bien perdu sans ma balance.

Ils ont trouvé une académicienne, Virginie Spies de l’Université d’Avignon, pour élaborer l’argument : l’émission est « un miroir grossissant de la société » pour diffuser une cuisine à « base d’alcool, de gras et de viande » en service de « Une chaîne…qui parle de traditions et raconte une certaine idée de la France. L’émission de Maïté ne dit pas autre chose : elle met en avant des “valeurs françaises” et la nourriture des grands-parents ».

Mais qu’est-ce que l’on trouve ici chez Coup de Foudre ? Le poulet à la normande (Calvados et cidre), le bœuf bourguignon (vin rouge), les escalopes de saumon et des pêches au vin Monbazillac (vin blanc), le pastis gascon (Armagnac), et plein d’autres arrosés de l’alcool. Et alors ? Ne mettez pas de guillemets autour de ces valeurs !

J’ai commencé les recherches pour cette rédaction en pensant surtout aux moments choquants, la boucherie en direct. Mais Mme le professeur Spies a fini par éclairer mes pensées, bien que je sois sûr de façon inattendue. « Alcool, gras, viande », une certaine idée de la France — de laquelle j’ai pas honte, sauf qu’elle omet le sucre. (Aux États-Unis, on dit que nos valeurs sont « Maman, le baseball, et la tarte aux pommes », d’après une pub légendaire.) C’est pas Montaigne ici, mais ça suffit !