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Ce qui me dérange

À la fin du dernier épisode de la balado, j’ai dit « et avec ça, on se lance dans la Semaine annuelle de la dépression nerveuse ». Si vous pensez que je plaisante, à la même époque l’année dernière, j’ai écrit « L’histoire d’un bol » et « L’impôt célibataire », et tout ce qui a changé depuis la dernière fois c’est que des Français m’ont fait honte d’être célibataire.

Alors, commençons avec quelque chose de ridicule, que j’ai mentionné hier. Je viens d’aller à Los Angeles ; j’y reviendrai dans une semaine. La deuxième fois, je n’aurai pas d’opportunité pour passer par chez Surfas, alors les deux trajets ne sont vraiment pas liés, mais c’est quand même presque le même voyage. Ce sera pour un projet du blog, mais laissez tomber pour l’instant.

Je ne veux pas divulgâcher ce que j’y ferai, mais il y a un mois, j’avais demandé dans le forum privé de mon association d’expatriés si on aimerait faire du covoiturage ce jour-là. Je n’ai reçu aucune réponse. Jusqu’à vendredi dernier, quand on m’a enfin écrit pour me dire qu’elle m’accompagnerait.

Il faut comprendre que les trajets vers LA sont LONGS. Il faut en général 2 heures pour conduire de chez moi jusqu’à notre destination, à cause du traffic — le retour prendra la moitié du temps car il sera tard. Vu où j’habite et où habite l’autre personne, il est bien plus logique que je conduis ; sinon, il faudrait qu’elle retrace une belle distance de 20 km très tard, et je ne veux faire de tels problèmes pour personne.

Pourtant, nous ne nous sommes jamais rencontrés. C’est une chose d’embaucher un chauffeur de taxi, ou Uber, ou quel que ce soit — on s’attend à ce que les entreprises auront vérifié l’histoire du chauffeur à l’avance. Mais je suis un parfait inconnu,

Revenons à une autre situation récente. En décembre, six mères d’amies de ma fille ont laissé leurs filles sous ma garde tout seul. Pendant des années, j’ai entendu encore et encore, « Un homme célibataire qui essaye d’arranger un rendez-vous pour que son enfant puisse jouer avec un ami, c’est un type qui veut draguer les mères pendant qu’ils soient ensemble. » Une mère, la seule qui a acceptée un rendez-vous dans un parc pour nos filles pendant les 5 dernières années, m’a dit exactement ça quand nous nous sommes enfin rencontrés. Cette même mère m’a laissé prendre sa fille à Disneyland avec ma fille, juste nous trois sans elle, une autre fois. Alors, on ne peut pas faire confiance à un homme inconnu avec des enfants présents, mais on peut lui confier tout seul la garde des mêmes enfants ?

Vous voyez où je vais. Mais étant un homme, je ne peux pas expliquer mes sentiments sans l’aide des films de gangsters, alors écoutons la question d’Eliot Ness dans Les Incorruptibles : « Où est-ce qu’on a pêché leurs flics dans cette ville ?…Vous avez tourné le dos à un homme que vous savez armé ? »

Ce qui arrive dans cette scène est que le policier Malone vient de remarquer que Ness portait un revolver sous sa veste. Mais dès que Ness dit — sans montrer aucune insigne — qu’il s’intègre à la brigade financière, Malone lui fout la paix. Alors qu’est-ce que Ness demande vraiment ? Au fond, ce n’est pas une question sur son fusil. C’est plutôt qu’en raison de ce qu’il est — policier — on s’attendrait à seulement un comportement de Malone : enquêter plus ou même arrêter Ness tout court. Faire autrement est surprenant, même déroutant.

Qu’est-ce que tout ça a à voir avec la Saint-Valentin ? À la fin de l’année dernière, je vous ai parlé de comment presque toutes les rencontres aux États-Unis (enfin, 3/4) sont par le moyen des applis parce que personne ne fait confiance à personne, et que même quand on a déjà vu que je me comporte comme un gentilhomme, mon caractère a été vite remis en question pour une simple demande d’ajoute. Si être homme célibataire est la même chose qu’être l’homme avec le fusil sous la veste… quelque chose ne va pas, et je ne l’aime pas du tout.

Champion

Il y a deux jours, M. Jours d’humeur a écrit sur son ascension fulgurante dans le classement de joueurs de tennis de table, jusqu’à la 73 403e place. En réponse, je lui ai dit qu’il me faudrait écrire sur mon exploit inconnu en tant que champion mondial d’un jeu vidéo, auquel personne n’a joué. Il l’a cherché sur Google, sans succès, mais j’aurais pu lui dire à l’avance qu’il n’existe pas de preuves en ligne. Pourtant, je les ai.

Notre histoire commence avec un jeu vidéo de légende, l’un des meilleurs de tous les temps, Zaxxon. Un jeu conçu pour mettre en vedette la technique de perspective axonométrique (qui donne l’impression de trois dimensions), c’était un jeu de tir spatial (merci, les québécois — les français utilisent l’anglicisme « shoot ’em up« , et ça m’a donné une crise cardiaque). Wikimedia n’a aucune capture d’écran, alors voici un extrait du jeu :

1982, les enfants !

Il y avait quelques suites, mais après 1995, rien n’est sorti pendant 17 ans. Puis en 2012, Sega a permis un petit développeur de faire une suite uniquement pour les portables, Zaxxon Escape. Il n’y a pas de captures d’écran disponibles non plus, mais voici la bande annonce :

Ce jeu était nul. Beaucoup de bogues (merci encore, les québécois — mon dictionnaire Oxford donne « bug »), un système avare de bonus payants (pour lesquels je refusais de payer), aucune fin (la vitesse du jeu continuerait à hausser jusqu’à ce que le joueur perde) — ce jeu n’était qu’un effort de profiter d’un nom célèbre.

Par conséquence, il y avait très peu de joueurs. En 2011, avant la sortie de Zaxxon Escape, Apple a vendu 72 millions d’iPhones (lien en anglais), et 125 millions en 2012. On penserait donc qu’un jeu portant le nom de l’un des jeux les plus célèbres aurait vendu au moins 500-600 mille exemplaires, n’est-ce pas ?

HAHAHAHAHAHAHA…non.

Grâce aux critiques aussi pourries que méritées — 2,5/5, 2,5/5, 3/5 (liens en anglais) — le truc a vendu environ 12 671 exemplaires pour iOS. Au monde entier. « Euh, Justin », vous me dites, « ce nombre est bien trop précis. Vous travailliez chez le développeur ou quoi ? » Ah non, la vérité est bien plus stupide que ça.

Vous voyez…comment dire ça…vous voyez… j’étais presque la seule personne qui a en fait joué au jeu. Fin septembre, quand mon divorce a été finalement terminé, après deux ans d’une lutte aussi amère qu’absurde, j’étais bien misérable et désespéré pour quelque chose de familier. Et voilà, il y avait exactement ça dans les mains. Et j’ai vu que j’avançais vite sur le classement de « Game Center« , l’appli avec tous les classements des jeux pour iOS. Finalement, le 27 décembre de cette année-là, ça m’est arrivé :

Les deux mesures sont le score le plus élevé et la meilleure distance. Quelle était la différence ? En volant son vaisseau virtuel, on tirait sur de nombreuses cibles, et le score était le résultat des points gagnés pour tous les cibles touchées. Il n’y avait pas de points pour distance volée, mais le jeu l’a aussi traquée. Alors par n’importe quel choix de mesure, j’étais le meilleur joueur au monde.

Pourquoi y a-t-il 4 scores de moins que de distances ? Ça veut dire qu’après avoir payé le jeu, 4 personnes l’ont lancé, ont écrasé leurs vaisseaux et l’ont trouvé si ennuyeux qu’ils n’y ont jamais joué une deuxième fois.

Mais quand je vous dis quelque chose d’absurde, j’apporte toujours des preuves. ([Sa vie est juste telle qu’il y en a plein, les amis. — M. Descarottes]) Alors voici une capture d’écran de mon compte Facebook, où j’ai noté ma « réussite » :

Après avoir grimpé la plus basse montagne au monde des jeux vidéo, j’ai quitté Zaxxon, mais je continuais à vérifier le classement de temps en temps. Un an plus tard, quelqu’un d’autre a battu mon record (je ne me souviens plus duquel). Maintenant, le jeu ne fonctionne plus, et Apple a retiré l’appli Game Center, alors on ne peut plus voir le classement.

Or, est-on satisfait qu’en fait, j’étais champion mondial de ce jeu ?

Ne croyez pas à tout ce que je dis !

J’avais espéré publier mon dessert tarn-et-garonnais aujourd’hui, mais je l’ai raté. Au lieu de ça, on va parler d’une farce que j’ai faite à mes amis sur Facebook cet après-midi. Je suis un peu déçu que ce soit si facile à faire, même si je m’attendais à ce qui s’est passé.

Mettons la scène : J’ai dû aller dans un magasin spécialisé en ordinateurs pour acheter quelques câbles USB pour mes parents, Micro Center. Il est souvent le cas ici que de tels magasins vendent beaucoup d’autres trucs, en général ce que l’on appelle des « impulse purchases », achats d’impulsion — des magazines, des bonbons, etc. — toujours aux côtés des caisses.

Puis-je m’interrompre pour vous dire qu’il m’a énervé de découvrir qu’il y avait une chaîne dite « Cuir Center » en France ? Ça devrait au moins être « Centre ». Je reprends :

Il y a beaucoup de magazines sur une étagère là-bas, qui n’ont rien à voir avec les ordinateurs. En voyant une certaine paire, je me suis dit « Hihihihihi, les Français auront des crises cardiaques à cause de ces deux ! » et j’ai pris une photo :

J’ai ajouté une légende qui disait « La Fille et moi sommes allés au magasin d’ordinateurs pour chercher des mitrailleuses, comme tout le monde ici ». Dans les commentaires, j’ai ajouté une deuxième photo pour offrir du contexte :

C’était une boulette, même si je la survivrai en meilleur état que la dernière. Car je m’attendais à ce que certains disent « Oh là là, c’est vraiment le Far West ! ». Mais je croyais que L’ON dirait « Nan, c’est une blague », et ça n’est pas arrivé du tout.

Au fait, mon dictionnaire Oxford donne « Far West » comme la bonne traduction de notre « Wild West », mais « far » en anglais veut littéralement dire « loin » et ce ce que je voulais dire ici est plutôt « sauvage ». Quand on dit « Wild West » ici, c’est pour parler de l’époque de Wyatt Earp et OK Corral, pas juste l’Ouest du pays.

Alors, j’aimerais vous dire d’abord :

  • C’est absolument faux que l’on peut acheter une arme à feu n’importe où aux États-Unis. Pour les vendre, on doit avoir un permis du gouvernement fédéral (lien en anglais).
  • Quant aux mitrailleuses, ça fait maintenant 90 ans depuis la dernière fois (lien en anglais) où une telle arme achetée légalement a été utilisée pour un crime.
  • Depuis 1986, aucune mitrailleuse neuve peut être vendue (lien en anglais) aux États-Unis. Les vieilles continuent de circuler, mais les transférer nécessite l’aide d’un fournisseur agréé par le gouvernement.

Ça fait longtemps depuis la dernière fois où je me suis disputé avec un Français à propos des armes à feu aux États-Unis, largement parce que je ne lis plus beaucoup d’articles sur Quora. Mais je vous dirai sans plaisanter qu’il m’étonne parfois, les trucs que j’entends sur ce sujet. On m’a dit que l’on pouvait acheter des armes à feu dans n’importe quel 7-Eleven (une chaîne d’épiceries pas chères), et en plus qu’il l’a vu avec ses propres yeux. Ça, c’est un mensonge tout court. Pourtant, il l’avait écrit sur Quora en français en parlant d’avoir été expatrié ici.

D’autres me disaient qu’il y avait des attaques criminelles, ce que l’on appelle un « drive-by shooting » (une fusillade lancée d’une voitures), partout et sans exception. Il n’y a eu aucune attaque de ce genre à Elbe-en-Irvine depuis sa fondation il y a 60 ans, et nous ne sommes pas exceptionnelles. Ce problème appartient aux grandes villes.

Ma remarque n’est vraiment pas à propos des armes à feu. C’est sur les stéréotypes. Je suis bien au courant que beaucoup de monde en Europe croient que nous sommes tous des cow-boys ou des truands. Ce n’est pas vrai. Dit autrement, il y avait une raison pour laquelle je voulais vous montrer l’Alabama l’année dernière, avec ses fusées et ses concessionnaires de voitures de luxe. « Quelque chose de Tennessee » peint un portrait aussi faux de ces gens que « Piège de cristal » le fait de Los Angeles.

J’ai donc une responsabilité de ne pas plaisanter sur certaines choses, car je ne sais jamais quand on aille me prendre au sérieux où je le croyais impossible. (J’ai ce problème en général ; je parle juste quant à mon pays en ce moment.) Ça pèse plus qu’un peu, parce qu’il n’y a pas de panneaux indicateurs pour me dire où ça arrivera !

La sobriété de plaisir

Il y a une semaine, j’ai fait la connaissance d’un nouveau blog (à moi, mais l’autrice ne l’a lancé que fin 2023), « Ask Someone Else First« . Malgré le nom, c’est tout en français ; cependant, je me suis trompé au début que c’était le travail d’une expatriée américaine, car elle a parlé d’avoir été à New York. Je regrette l’erreur. Mais laissez tomber. L’un des premiers billets que j’ai lu là-bas a semé une graine chez moi, et je ne vais pas arrêter d’y penser à moins que j’ajoute mon propre grain de sel.

Dans « Je veux me souvenir de tout », elle a écrit avec passion et sensibilité sur une décision qu’elle a prise de baisser sa consommation d’alcool. Moi, je suis arrivé au même endroit, par un chemin très différent, mais c’est quelque chose dont je galère à l’expliquer à mes amis français. Et je regrette surtout n’avoir rien dit samedi soir.

Défense de boire, Photo par worker, Domaine public

C’est bien connu en Europe que nous n’avons pas le droit à boire de l’alcool jusqu’à nos 21 ans. C’est apparemment bien cru que nous cherchons tous de fausses cartes d’identité pour éviter cette interdiction. Pas moi. Ce n’est pas parce que je suis vertueux ou respectueux des lois ; je ne suis ici pour me vanter de rien. C’est tout simplement parce que ma plus grande peur depuis toujours est aller en prison, et surtout à cause de quelque chose que je n’ai pas fait.

Évidemment, si j’ai eu une telle carte, je l’aurais fait et aurais mérité quel que ce soit en tant que punition. Mais avec ma chance, j’aurais été condamné juste pour y avoir pensé. Ça valait mieux de l’éviter tout court.

Alors je n’ai jamais rien bu jusqu’à mes 18 ans, à l’université. Cette année-là, je vivait dans un dortoir avec un groupe d’étudiants dans leur dernière année d’études (n’oubliez pas que ça fait 4 ans aux États-Unis ; ils avaient donc tous leurs 21 ou 22 ans). Ils étaient tous ennuyés que je refusais absolument d’en prendre, rabat-joie que je suis. ([Ça n’a jamais changé. — M. Descarottes])

Un samedi soir, ils ont décidé de changer la situation. Ils ont promis d’arrêter de me harceler sur le sujet si je prendrais un verre avec eux. Mais saisissant l’opportunité, en sachant que je n’avais aucune idée du goût de ces choses, ils m’ont donné un cocktail, un « amaretto sour », enrichi avec assez d’alcool pour compter pour 4 verres. Ils avaient vraiment envie de me voir ivre.

Il s’avère que je ne répond pas à l’alcool comme la plupart du monde. Il me rend déprimé à partir du premier verre, et je me souviens très bien de chaque instant. Je perds le contrôle du corps comme tout le monde, mais l’esprit reste horriblement clair, juste déprimé. C’est donc une façon de me torturer. Mes ancêtres polonais et russes seraient certainement déçus que leur espèce de descendant ne peut même pas tenir un verre.

Ce soir-là, sans avertissement, quelques minutes après avoir vidé le verre, j’ai commencé à pleurer sans cesse. Je suis venu d’avoir été rejeté pour un rendez-vous par une fille (de nos jours, chercheuse en physique nucléaire ; toutes mes déceptions sont de qualité), alors j’ai répété encore et encore que tout le monde me détestait, que j’allais passer toute ma vie seule. Un des élèves m’a mis au lit.

Le lendemain, ils m’ont offert leurs excuses. Personne n’avait aucune idée que je réagirais de telle façon. Mais la leçon avait été bel et bien apprise.

Pour cette raison, je ne bois presque jamais rien. Pour certains dîners, vous voyez des bouteilles de vin ici. Je me permets exactement un verre à chaque fois, jamais plus que ça. Je peux apprécier le goût. Mais l’alcool ne m’apporte aucun plaisir, juste des cauchemars.

Alors, samedi soir. Tout ce que je vous ai raconté était la vérité. Mais je n’ai pas mentionné une chose. Au début de la soirée, l’hôte m’avait offert une flûte d’un vin pétillant (faut pas dire champagne pour ce truc californien), car c’était la première soirée tarot de la nouvelle année. Je l’ai acceptée, en croyant qu’un verre n’en serait pas trop. Mais il l’a rempli avant que je ne puisse le refuser. Puis on a fait son commentaire sur la galette pour ma copine imaginaire.

J’ai réussi à ne pas pleurer. Et tout s’est passé comme je vous ai dit. Mais je suis au courant que j’avais l’esprit déprimé. (Par contre, aucun alcool ne s’est impliqué dans les événements de vendredi soir.) J’ai la malédiction de me souvenir de tout. Mais l’alcool noircit tout, et c’est donc hyper-important que je l’évite. Je perds encore et encore ma guerre contre la bise, mais je dois leur faire comprendre qu’il ne me faut absolument pas participer à cette coutume.

Le conte de deux desserts

Je vous ai dit au début de la semaine que j’aurais deux événements chez l’Orange County Accueil ce week-end. Le premier a eu lieu vendredi soir ; je viens de rentrer de l’autre. Étant qui je suis, j’ai dû faire des choses différentes pour les deux. Les accueils qu’ils ont reçu ont été très différents aussi.

Le premier événement a été mon club de belote mensuel. Il n’y en avait en décembre, et j’ai dû annuler en novembre quand mon père est tombé malade et mes parents ne pouvaient plus prendre la garde de La Fille. Je n’ai personne à qui je peux demander de l’aide le même jour, hélas. De toute façon, j’avais fait une promesse à la hôtesse que j’apporterais des macarons la prochaine fois. Les voilà :

Ils sont juste au chocolat, pas de parfums exotiques. (Je crois que la menthe du mois dernier était mal accueillie par les bénéficiaires parce que je n’ai jamais rien entendu. Laissez tomber.) Il y en a 25 dans la photo en haut. À la fin de l’événement, il en restait 17. J’ai donné la moitié du reste à la hôtesse en cadeau — et elle aurait pu tous prendre selon moi, mais elle ne voulait pas accepter tout ça.

Soyons clairs. Je sais ce que je fais. On payerait 60 $, peut-être 75 $, pour 2 douzaines de cette qualité ici. Mais ce sont gratuits quand je les fais, car j’adore ces gens. Et je n’ai pas assez d’espace pour accueillir ces événements moi-même. C’est le moindre que je puisse faire. Mais il y avait une douzaine de personnes là-bas, et personne n’en voulait pas. J’en ai goûté un pour me rassurer que rien n’est mal allé. Je ne comprends toujours pas ce qui s’est passé.

Quelque chose n’est pas allé, mais pour autant que je sache, rien à voir avec les macarons. Je vois rarement des gens de même âge que moi à ces événements. Il y en a eu une vendredi. On ne s’est jamais rencontrés avant. J’avais l’impression qu’elle voulait garder ça — je vous jure que je n’ai rien fait, mais elle m’a évité pendant toute la nuit, jusqu’à la fin quand la hôtesse a dit à tout le monde qu’elle était impressionnée par les macarons. À ce moment, l’autre personne m’a dit qu’elle en avait goûté un, sans rien ajouter. C’était bizarre. Et ça me dérange toujours, je l’avoue.

Samedi soir, j’ai eu mon club de tarot mensuel, où je suis beaucoup mieux connu. J’ai fait une galette des rois selon la recette du début du mois :

A-t-elle l’air différent d’avant ? Ça fait 23 cm de large, et je l’ai mise dans un moule à tarte pour la faire gonfler plus, comme ici. En plus, je croyais que la frangipane chocolatée serait mal accueillie par cette foule alors j’ai omis le chocolat cette fois :

Une galette chez Moulin de cette taille coûterait environ 35 $. Cette galette était très bien accueillie — il n’en restait rien à la fin. Ce à quoi je ne m’attendais pas ? J’ai fait une galette et tout un fromage s’est produit — on a cherché une fève pour ajouter par le fond (je ne sais pas où trouver des fèves ici).

Quand je fais ça, un don que tout le monde apprécie, il y a toujours des questions un peu trop personnelles qui vont avec. On m’a demandé si j’en avais fait une pour ma petite amie. J’ai répondu que ça fait maintenant 13 ans sans personne. Ça a provoqué une conversation dont je n’avais vraiment pas envie. Je comprends. C’était censé être un compliment, que l’on doit être chanceux d’avoir de telles choses à la maison. Mais honnêtement, ne dites jamais ça si vous n’êtes pas sûr de la réponse.

Je n’ai pas ajouté, mais c’est 100 % la vérité, que la seule personne qui avait un peu de ça à la maison a porté plainte au tribunal que je passais trop de temps en cuisine.

J’ai fait quelque chose de gênant à la fin. D’autres personnes apportent aussi des desserts à chaque fois. Il y en a une, à laquelle je suis vraiment reconnaissant, qui a pris plusieurs macarons d’un lot qui n’est pas allé il y a des mois. Je l’ai cherchée à la fin, pour lui dire que j’avais profité de son gâteau au chocolat. Mais elle ne me croyait pas du tout. Je sais qu’à son avis, il y a tout un écart, mais je n’essayais vraiment pas d’être condescendant. Je voulais dire vraiment que j’apprécie son soutien, mais sans parler de moi. Mais dans ma bouche, tout genre de compliment devient autre chose, un don pendant toute ma vie.

Désolé. Je voulais avoir de bonnes nouvelles ce week-end, et au lieu de ça, je vous ai apporté un billet digne de Bourriquet. Demain sera mieux.

En panne

Ce n’est absolument pas du tout un billet planifié. J’ai passé de bons moments cet après-midi afin de me débrouiller d’une situation malchanceuse avec ce que l’on appelle les « medflies ». C’est-à-dire les mouches méditerranées des fruits. Elles ont envahi ma cuisine. Il me semble que ces mouches sont plutôt des grecques, car le deuxième pire patron de ma vie était grec (puisque vous êtes curieux, la pire était marocaine, mais j’aime bien les marocains), et des mouches françaises ne me molesteraient pas, j’en suis sûr. Râleraient sur moi, ben oui.

Ce n’est pas pourquoi j’ai dit « en panne ». On va adresser ça. Mais avant, je vais brièvement vous raconter l’histoire de ces mouches en Californie. Car tout comme nos escargots (une autre histoire, conne mais vraie), cette peste n’était pas à nous.

Dans les années 80, il y avait un programme de l’état de Californie, pour arroser les champs de légumes avec Malathion, un pesticide. En vengeance, un groupe de terroristes qui se faisaient appeler « The Breeders » (Les Producteurs) a écrit une lettre (lien en anglais) au gouvernement pour revendiquer être responsable de l’apparition de millions de ces mouches dans le comté de Los Angeles. Et selon les autorités, c’était bien possible, car les mouches sont apparues sans larves. Le gouvernement a fini par annuler le programme de Malathion, et a utilisé des mouches stériles pour mettre un terme au problème.

En fait, il est très peu probable que mes mouches soient des medflies. Elles sont largement éradiquées de nos jours, au moins ici. Je voulais juste vous raconter la blague sur les mouches grecques. Mais j’ai vraiment un problème — et à cause de règles strictes, aucun pesticide disponible ici marche très bien alors je voulais en essayer plusieurs. Alors je me suis rendu chez Lowe’s — ça se traduit par « Leroy Merlin sans le PDG de 28 ans » — pour acheter quel que ce soit. Mais en revenant dans ma voiture, elle est tombée en panne ! (Insérez votre discours préféré du capitaine Haddock ici.)

Je vais vous apprendre un truc au cas où on vous cognerait sur la tête avec une poêle et vous déménageriez aux États-Unis. Personne n’appelle jamais aux dépanneurs directement. Tout le monde est membre — pourtant, c’est privé et volontaire — d’une association appelée « American Automobile Association » (lien en anglais). On leur paye 56 $ par an, et en retour. elle appelle les dépanneurs pour vous. C’est une bonne idée car on ne sait jamais qui sera disponible, et 2 appels par an, dont le remorquage, sont compris. En général, on paiera le prix de cotisation pour se faire remorquer une fois, alors ça vaut la peine. En plus, on peut obtenir des réductions par ici et par là avec sa carte de membre, ce qui n’est pas mal.

J’ai donc fait un appel chez « Triple A », comme on dit, et j’ai dû patienter une heure entière. La batterie de ma voiture continuait à marcher — je pouvais allumer la radio et les lumières — mais le salopardigaud d’engin a refusé de démarrer.

Et cerise sur le gâteau, vu où je m’étais garé, j’ai dû attendre à quelques pas de l’un de mes restos préférés, Lucille’s Bar-B-Que (lien en anglais, évidemment). Veuillez ne pas le mentionner à Mme Sandrine Rousseau ; j’entends parler qu’elle n’aime pas le barbecue. Peut-être qu’un jour, je vous le ferai découvrir — on parle de la véritable cuisine de notre Sud, la seule chose qui me manquera si je réussis mon rêve. ([ET MOI ? — La Fille. Mais tu n’es pas une chose, ma grande ! — Moi.])

Mais quelque chose de dingue est arrivé. Le dépanneur m’a emprunté ma clé. Il a mis la voiture au point mort — et hop ! Elle est revenue en vie ! J’ai pu rentrer pour la nuit.

Plus tard aujourd’hui, j’irai chez le concessionnaire pour que l’on inspecte ma voiture. Je ne comprends pas le problème, alors je ne vais pas prendre des risques. Mais il me semblait que si je devais patienter pendant une heure dans ma voiture sans chauffage, j’allais au moins en tirer un post !

Brian was in the kitchen

Aujourd’hui, je vais vous raconter une histoire choquante. La bonne nouvelle, c’est que le méchant ne va déranger plus personne. La mauvaise nouvelle, c’est qu’il a rendu une vingtaine de victimes innocentes sans abri.

Notre histoire se déroule à Boston. Là, mon frère — qui me tuerait si je faisais même un seul résultat apparaître sur Google avec son nom — vivait dans un immeuble avec une trentaine d’appartements dits « studios » en anglais. Ça veut dire en général 10-40 mètres carrés selon l’endroit, sans une chambre dédiée, juste une cuisine, un salon et une salle de bain. Si on est vraiment « chanceux », la cuisine et les toilettes sont partagées dans le couloir. Typiquement, on y vit seul ou avec une autre personne, pas plus. Mais dans une grande ville comme Boston, louer même un si petit appartement peut être très cher. Pensez aux loyers parisiens.

Alors, un des voisins de mon frère s’appelait Brian Brandt. Et Brian, comme vous allez voir, was in the kitchen. (Comment fais-je ça ?)

Brian vivait dans le même couloir, mais heureusement, pas dans l’appartement d’à côté. Un jour en janvier 2023, mon frère m’a appelé pour me dire qu’il a reçu une lettre bizarre de ce type. Je vous montrerai un peu juste pour prouver que c’est réel — il n’y a pas de noms dans cet extrait :

Vous pouvez voir qu’il utilise des caractères gras pour souligner exactement les moments où des choses sont alléguées d’avoir eu lieu. Et quelles sont-elles ? Le 1 janvier, coupé ici, que mon frère lui a demandé trop de questions en disant bonjour à l’extérieur de l’immeuble. (Ça, je crois, car je le connais.) Le 2 janvier, qu’il est censé avoir poussé Brian contre une balustrade pour se venger du manque d’enthousiasme de la part de Brian. Je doute fortement que ce moment se soit produit de cette façon. Finalement, qu’à 11h25 le 19 janvier, mon frère a lâché prise de la porte de l’immeuble afin de frapper Brian. Il a ajouté que mon frère a regardé derrière lui pour se rassurer que son action avait eu le résultat souhaité. Certainement pas qu’il n’avait pas remarqué Brian et a tourné la tête en entendant un cri. Ça, je trouve trop con pour le croire.

Brian lui a envoyé une autre lettre deux mois plus tard, ainsi que des lettres à des voisins pour se plaindre d’eux aussi. Mon frère a contacté la police pour porter plainte de harcèlement de la part de Brian, puis a quitté l’immeuble à la fin de son bail, en août. (Hihihi, en anglais, « bail » veut dire une caution, l’argent que l’on paye pour sortir d’une prison après avoir été arrêté.)

Je n’ai donc plus entendu parler de Brian…jusqu’à la semaine dernière. Mon frère m’a appelé pour me dire que Brian a été retrouvé mort par la police. Dans son appartement. Après une explosion qui a mis le feu à l’immeuble. Je ne plaisante même pas un peu :

Source

Mais qu’est-ce qui s’est passé ? Les journaux ne disent pas tout. Mon frère est passé par l’immeuble pour prendre des nouvelles de ses anciens voisins. Et ce qu’ils disent, c’est que la moitié des habitants ne peuvent pas y revenir à cause des dégâts. Mais aussi que selon la police, ce n’était pas un accident complètement par hasard. L’enquête continue, mais sachez que l’immeuble n’est pas servi par un service de gaz. L’explosion est donc presque certainement la faute à Brian.

Que faisait-il ? Préparer des drogues, façon Breaking Bad ? Une tentative de suicide ? On ne sait pas. Pourtant, il n’est qu’une pièce dans un appartement « studio » où on peut faire exploser quelque chose. Comme je vous ai dit, Brian was in the kitchen.

Photo de la couverture prise par Cambridge Fire Department, Domaine public (car toutes telles archives publiques le sont aux États-Unis)

L’ennemi d’à côté

Je ne m’attendais pas à écrire ce billet aujourd’hui, mais après une conversation avec Oth dans les commentaires de son blog, je me suis rendu compte qu’il y a des choses à propos de la vie à l’américaine que je dois vraiment vous expliquer. On va régler des comptes.

Combinaison de Symbole d’interdiction, Domaine public, et Logo des Los Angeles Chargers, Domaine public

Ça fait maintenant 3 ans où j’essaye de vous expliquer que je compatis avec vos plaintes sur l’attitude parisienne. On ne peut pas lire « Je découvre Paris » ou « Mon dîner parisien » et pense que je n’ai pas de sentiments affectueux envers eux. Mais — et si ça les dérange, c’est leur problème — un parisien vaut exactement autant qu’un lozérien chez moi. En vous expliquant l’origine de mon Tour, je vous ai montré la frustration de vos compatriotes, qui croyaient que j’étais un étranger de plus qui pensait que Paris était toute la France. Mais je comprenais leurs plaintes beaucoup plus qu’ils ne pouvaient comprendre.

Avant de continuer, je vous rappelle que je n’ai jamais, même pas une fois, utilisé l’expression « en province » pour parler de quelque chose en dehors de Paris. Ce qui suit est la véritable histoire derrière ce choix.

Je suis né et grandi à San Diego, à 50 km au nord de la frontière mexicaine. Pas comme le comté d’Orange, où je suis emprisonné à Elbe-en-Irvine jusqu’en 2028 (je suis obligé de vivre à pas plus de 22 km de chez mon ex), San Diego avait ses propres chaînes de télévision, mais on recevait quand même des pubs d’entreprises de LA. Alors j’entendais parler de ce que les habitants de LA appelaient « Greater Los Angeles », J’aurai un peu de mal à vous donner une traduction exacte. Vous connaissez l’idée d’un aire d’attraction d’une ville — la région autour d’une ville, les communes ont leurs propres mairies, ouais, mais on « sait » qu’elles font quand même partie de ladite ville, n’est-ce pas ? Alors, « plus grand » est littéralement « greater », et à leur avis, San Diego — à l’époque une ville de plus de 1M d’habitants, avec ses propres équipes dans 3 des 4 grandes ligues professionnelles du pays (basket-ball, football américain, baseball) — n’était qu’une partie de leur aire d’attraction. En plus, ils appellent leur comté, également au nord d’Orange que de San Diego, « the Southland » — le Pays du Sud — ce qui nous rend quoi exactement ? Le Mexique ?

Vous commencez à comprendre pourquoi je déteste leur attitude, comme si mon ancienne ville ni mon comté actuel n’existent pas.

Maintenant vous avez le contexte, et je peux vous expliquer la situation actuelle. Toute cette saison, je vous ai parlé des Los Angeles Chargers à chaque fois où cette équipe perd. Pendant 50 ans, ils étaient les San Diego Chargers. J’ai été abonné pendant 17 de ces années-là. Et franchement, pour la grande majorité du temps, ils étaient horribles. J’allais au stade tous les deux dimanches pendant qu’ils avaient des records de 1-15, 2-14, 5-11, etc. Il n’y a aucun système de relégation aux États-Unis, et les ligues partagent leurs revenus entre les propriétaires, alors si un propriétaire s’en fout, il peut gérer l’équipe pour des cacahuètes (comme on dit ici), bien profiter, et se moquer des fans. J’ai supporté ça pendant des décennies.

En 1984, notre équipe de basket-ball, les Clippers, a quitté ma ville. Malgré le fait que les Lakers étaient déjà à LA, ils y ont déménagé — et ils étaient horribles, mais le propriétaire s’en fichait, car être à LA était quand même plus rentable. En 2016, les Chargers ont suivi son chemin.

Mais je n’ai pas souffert seul. Ici dans le comté d’Orange, il y a une équipe de baseball, les Angels. Ils jouent à Anaheim, ce que je surnomme « Chez Mickey » sur ce blog, parce que c’est où se trouve Disneyland. Quand leur propriétaire actuel les a achetés en 2005, il a changé leur nom officiel de « Anaheim Angels » à « Los Angeles Angels of Anaheim ». Pourquoi garder le nom d’Anaheim tout court ? Parce que le stade appartient à la ville et le contrat exigeait qu’Anaheim faire partie du nom. Mais le propriétaire, un M. Moreno, s’en fout des fans locaux et préfère être associé à LA — à 40 km de leur stade. En 2016, avec le fin du contrat, il a laissé tomber tout lien avec Anaheim, et l’équipe est maintenant les « Los Angeles Angels » — bien qu’ils jouent toujours à Anaheim !

Seulement l’équipe de hockey sur glace, qui joue dans une arène en face d’Angels Stadium, garde un nom local — les Anaheim Ducks. Comme vous pouvez imaginer, ils sont très populaires ici, parce que nous apprécions que son propriétaire ne se fout pas des gueules de ses fans.

Au fait, n’imaginez pas que les Angels sont uniques à cet égard. Il y a deux équipes de la NFL, les New York Giants et les New York Jets, qui font semblant d’être new-yorkais. Les deux partagent un stade — dans le New Jersey. (Moi, je n’avouerais pas non plus avoir des liens avec le New Jersey — où mes parents et grands-parents sont tous nés. Oups.)

J’espère que ça vous aidera à mieux comprendre le point de vue de ce blog. L’attitude « les grandes villes über alles » — ouais, je l’ai dit — existe aux deux côtes du pays, et à leurs yeux, le reste de nous n’existent pas. « En province », mon œil.

Le don de plaquettes, version 2024

Peut-être que vous vous souvenez de mon article sur les dons de sang de l’année dernière. C’est encore une fois le temps de vous parler de ma cause préférée.

Je vous rappelle que tout ça est parti d’un événement malchanceux, quand la nièce d’une copine de classe au primaire, Sadie, est tombée mystérieusement malade fin 2021. Moins de 2 mois après un accident vasculaire cérébral à l’âge de 14 ans — 14 ans — elle est morte d’une leucémie. Elle avait 2 ans de plus que La Fille à l’époque, ce qui m’a profondément affecté.

À l’époque, la famille avait organisé une collecte de sang, mais elle est décédée avant que la collecte n’ait eu lieu. Je ne pouvais pas voyager au bon endroit pour en faire partie, mais j’ai donné des plaquettes — la chose la plus importante pour les patients atteints d’un cancer — au bureau de la Croix Rouge, qui gère la plupart des dons de sang aux États-Unis.

Cette année, la famille de Sadie organise une course de 5 km afin de collecter des fonds. Cette fois, ce sera pour son association caritative préférée, qui aide les animaux abandonnés :

Mais moi, je reste fidèle aux dons de sang car c’est la chose la plus utile que je puisse faire. Voilà, quelques photos de ma visite au bureau de la Croix Rouge hier :

Comme à chaque fois, j’y suis arrivé bien équipé pour prêcher la Bonne Parole sur la France. À chaque fois où je fais quelque chose de caritatif, je porte un de mes t-shirts avec une citation en français afin que tout le monde sache à qui il faut attribuer le mérite. Même chose avec le casque audio Focal — j’en ai d’autres d’ici, mais c’est un symbole.

Et qu’est-ce que j’ai écouté pendant mes 2 heures branché à la machine ? Les 30 ans de Taratata, bien sûr, mais avec un playlist pour supprimer Ed Sheeran. (Je dois garder l’enregistrement car je fais ces trucs soigneusement, mais si je n’allais rien toucher, dont le bouton d’avance rapide, j’ai dû me débrouiller.) Et si je vous disais que j’ai déjà appris l’une des chansons pour qu’elle soit la prochaine sur ma chaîne YouTube, et que je chantais donc en français pendant l’affaire ?

Comme j’ai dit la dernière fois, à ce point, on doit être un véritable Justin du 23 juin 2002 (le jour de la pire erreur de ma vie) — un naïf nonpareil — pour ne pas voir le futur. Surtout le reste de ce post.

C’est pourquoi je suis ici maintenant pour vous parler des plaquettes. Le don de plaquettes a le plus court temps de guérison — on peut le refaire toutes les 4 semaines, pas comme les 2 mois entre les dons de sang entier. Ça prend au moins 2 heures — ils vous rendent tout votre sang, moins les plaquettes, mais c’est un processus lent. Mais c’est aussi quelque chose d’essentiel pour les patients atteints du cancer, encore plus que le sang entier. Et la pire chose ? Les plaquettes durent seulement 5 jours après le don avant de périmer. « Heureusement », il y a assez de besoin dans ce monde pourri que les vôtres ne seront jamais gaspillées.

Je vais le rendre tout simple pour vous. En France, la Croix Rouge n’a rien à voir avec les collectes de sang. Vous avez plutôt l’Établissement français du sang. Cependant, il n’est pas le cas que toutes les maisons de dons peuvent prendre des dons de plaquettes. Voici la liste. Ne doutez pas que j’ai déjà tout lu. Voici l’examen pour vérifier si vous pouvez en donner. Ne soyez pas comme les américains, dont personne ne m’a suivi la dernière fois !

Le bilan de l’année 2023

C’est la fin de l’année, et encore une fois (2021, 2022) le temps pour réfléchir un peu. Par rapport aux années précédentes, les hauts étaient moins hauts, et les bas plus profonds, mais il restait quand même des succès. Et non pas seulement pralinés. Revivons la montagne russe qui était Un Coup de Foudre en 2023.

Commençons comme à chaque bilan du blog, avec un collage de mes choses préférées :

À partir de la haut-gauche : Fête nationale à Montville, thon à la basquaise, mon dîner rhodanien, macarons « crème brûlée », moi au marché de Noël, religieuses

L’année a commencé avec deux moments qui ont fini par la définir : j’ai acheté le nouvel appareil photo avec lequel toutes les photos en haut (sauf celle de moi) ont été prises, et La Boulette, où j’ai gâché une nouvelle amitié. J’ai lié cette dernière huit fois dont maintenant, et ça sous-estime énormément à quel point elle me hante. J’en ai marre d’être radioactif.

En ce qui concerne le Tour des Départements, on a commencé l’année dans le Nord, maison d’un de mes plus grands coups de cœur, Lille, et on a atteint la Somme, en passant par d’autres inoubliables comme les Pyrénées-Atlantiques, le Bas-Rhin, le Rhône, Paris, et Seine-Maritime. J’appelle ces articles les joyaux du blog, mais même si je n’ai pas besoin d’un article dans un journal après chacun, j’aimerais qu’ils soient mieux connus.

Pour autant que j’adore ce que j’ai découvert chez eux, c’est les dîners qui les ont rendus des souvenirs à jamais ! En plus du thon à la basquaise, les macarons « crème brûlée », et mon dîner rhodanien, tous montrés dans la photo en haut, il y avait les merveilleux, la forêt-noire, le homard Thermidor, et le gâteau normand de la Mère Olhats :

En parlant de ce dernier, je me souviens surtout de la générosité du chef Pascal Olhats et son interview. Toutes les interviews étaient de vrais plaisirs, mais celui-là était l’étincelle derrière le lancement des interviews tout court. Je vous promets, 5 Minutes Avec reviendra, et bientôt.

Et puisque l’on parle de la balado, voyons des statistiques partagés par Spotify :

Mais certains de ces statistiques ne tiennent pas. J’ai certainement adoré parler avec Sév et Oth, pourtant : selon Spotify ici, c’était l’épisode le plus populaire, mais l’appli me dit qu’il a été joué 256 fois, et que 15 épisodes ont été joués plus que ça. J’aimerais aussi croire qu’il y avait une hausse d’auditeurs de 625 %, mais voici les statistiques jusqu’à maintenant :

Et les résultats fin 2022. Environ 13 000 lectures cette année est une bonne chose, mais loin d’une hausse de lecteurs de ladite taille.

En revanche, je suis certain que Spotify dit la vérité en rapportant que le genre musical le plus populaire parmi les auditeurs est la chanson française. Le mien aussi. Y avait-il un moment qui m’a touché autant qu’Eddy Mitchell sur le plateau des 30 Ans de Taratata ? Partager la Fête nationale avec la famille de mon amie rouennaise, c’est tout. Et je suis ravi de vous dire que cet épisode de Taratata a inspiré quelque chose de nouveau qui se lancera pendant la première semaine de la nouvelle année. Vous allez l’adorer !

Je suis un peu déçu par la très petite quantité de films que j’ai vue cette année. En partie, c’est la faute à La Fille et mon ex. À partir d’octobre 2022, le horaire de la garde de La Fille a changé. Au passé, j’étais toujours tout seul à la maison soit vendredi soit samedi. (C’est aussi la faute aux américaines, bien compris.) C’était possible de regarder un film chaque semaine. Pas plus. Seulement toutes les deux semaines maintenant, et je regarde souvent la télé française au lieu des films. Mais si je suis complètement honnête, la fréquence de mes achats chez la FNAC a plongé. Le flambé des prix — surtout l’électricité, le loyer, et la nourriture — est très mauvais pour le budget.

Pourtant, tout n’est pas perdu. J’ai découvert un grand amour pour la télé française avec Les Combattantes en 2022, et ça continuait avec « Meurtres à », HPI, Capitaine Marleau, et Astrid et Raphaëlle cette année.

Il n’y a pas de meilleur rapport qualité prix que lire, et cette année a vu Prospérine Virgule-Point, L’Ombre de Nyarlathotep, Les Rôdeurs de l’Empire, Outsphere et Outsphere 2.

Et peut-être la plus grande récompense de l’année était mes échanges avec d’autres blogueurs. J’ai rencontré le Chat Voyageur et La bibliothèque Roz pendant mon voyage en France (qui m’ont donné des souvenirs, en bas), j’ai reçu un merveilleux cadeau de Light&Smell, et Angelique m’a aussi envoyé quelque chose (malheureusement volée). À ne pas oublier mon amie lyonnaise qui voulait assurer ce dîner-là !

Merci de m’avoir aidé à dépasser toutes attentes :

Je réserve même un merci aux brouteurs, qui continuent d’apprendre leur métier grâce à mon guide détaillé. C’est toujours l’article le plus lu du blog, ainsi que le plus recherché :

Je remarque que parmi mes quatre langues, la seule sans une déception romantique — car jamais essayée — est l’espagnol. Il y a un message, là.

Et je réserve un dernier remerciement pour cinq amis des plus longtemps, bien avant le début du blog, qui sont dans l’esprit tous les jours. Vous avez visité quatre de leurs départements ces derniers mois : le Rhône, la Savoie, la Seine-Maritime et la Somme. La Vendée nous attend !

Merci de m’avoir écouté, de m’avoir lu, et on se reverra en 2024 !