En anglais, il n’y a aucun risque que je regarde nos films de Noël. Des sentiments guimauves pour faire honte aux célibataires justement pendant le temps le plus sombre de l’année ? Pas la recette du bonheur, cette idée qu’il faudra un sortilège pour un rendez-vous. ([Ne vous inquiétez pas, Gandalf et Merlin ensemble ne pourraient pas vous aider. — M. Descarottes]) Nous avons une chaîne, Hallmark, qui ne montre que ces films toute l’année. (Hallmark est aussi notre plus grande manufacture de cartes de vœux. La guimaveté est forte chez eux.) Mais j’ai reçu mon premier courriel sur le sujet, et tout à coup, j’ai eu des questions :
Alors cette année, avec la liberté d’enfin regarder un peu, j’ai fait mon enquête.
Le premier truc que je voulais savoir : est-ce que vous faites vos propres films de Noël, ou vous les empruntez à nous ? En lisant M. Oth de Blogosth, il me semblait que ce sont largement des productions nord-américaines (souvent du Canada). Quelques titres m’ont donné de l’espoir, comme « Noël au château » et « Un Noël de rêve en Suisse », mais il s’avère qu’ils sont connus sous les noms « Château Christmas » et « A Christmas in Switzerland« . Franchement, après une soixantaine de clics, j’ai abandonné.
Puis je voulais savoir comment vous les regardez : sous-titré en VO, ou doublés ? Alors j’en ai choisi un sur TF1 par hasard, et au début il me semblait…acceptable. Au lieu du titre original, « Christmas Under the Stars, » on voit :
Mais tout à coup, j’ai failli avoir une crise cardiaque ! Des voix en anglais sans sous-titres ! Le site de TF1 choisit VO par défaut. Je doute que ce soit le cas sur l’antenne, mais vous pouvez me dire si j’ai tort.
Et oh là là, ce films doivent vous donner de fausses impressions ! Savez-vous où on trouve des couples avec de tels prénoms que Nina et Brady, Maggie et Mitch, Olivia et Scott, ou Amanda et Lucas ? Dans des romans Harlequin, pas la vraie vie ! Toutes les Olivia du pays ont le même âge que ma fille ! (Harlequin est une entreprise canadienne, également connu ici qu’en France.) Et les choix d’endroits ne sont pas mieux : CLEVELAND ? Une ville si nulle que leur association pour l’histoire de la ville doit se plaindre que leur rivière ne s’est pas mis le feu autant de fois que le reste du pays ne le croit ? Vous pensez que je plaisante, mais voici la preuve (lien en anglais). (Au fait, les fans de leur équipe de football américain appellent leur stade « L’usine de la tristesse ». Je n’exagère même pas un peu.) Il y a beaucoup de ces films pleins de nostalgie pour des petits villages que les habitants de Hollywood détestent dans la vraie vie. C’est trop pour moi.
Je suppose que ces films sont plus ou moins pour vous ce que tous les romans sur Paris (par des auteurs américains) sont pour nous. Très peu à voir avec la réalité — Margot et Christian, sérieusement ?!? — mais les destinations semblent exotiques et ça fait rêver. Moi, j’ai aucune envie de regarder un film qui a lieu dans un « Pine River » fictif. Donnez-moi quelque chose qui se déroule à Collonges-la-Rouge entre Aurélie et Christophe (voilà, je fais mes devoirs et choisis des personnes de mon âge). Mais d’abord, il va falloir faire appel à Cémoi. Il vous faudrait une plus grosse guimauve.
Je m’attendais à écrire cet article pour la Saint-Valentin. Mais hier, Anne-Élisabeth Moutet a écrit une colonne pour The Telegraph of London, intitulée « Even the French have realised the kissing has gone too far » (Même les Français se sont rendus compte que la bise est allée trop loin). Je suis tellement surpris de le voir, parce que c’est quelque chose que j’aurais attendu de… comment dire ça… moi, pas elle.
J’essaye parfois de cautionner mes amis européens que mes plaintes sur mon pays ne sont pas les leurs. J’ai pas de problème quant au fait que j’achète de l’assurance médical, que le gouvernement ne le paye pas sauf pour les âgées et les pauvres. Nos impôts sont plus bas. Ce sont deux façons de réussir le même but — faire se plaindre à tout le monde — mais l’assurance n’est pas mon sujet. C’est juste pour vous rappeler que certaines choses ne vont pas du tout de même façon partout, et ce à quoi nous nous sommes habitués est parfois très différent.
Commençons avec la thèse de Mme Moutet, qu’un bienfait inattendu du virus était l’arrêt soudain de la bise. Ici, nous sommes en fait un peu d’accord, mais pas pour les mêmes raisons. Elle écrit (et c’est dingue que je vais la traduire ; les fautes sont les miennes) :
I hate la bise. I hate the fact that in normal times it is essentially compulsory, even to people spectacularly unattractive, with dubious personal hygiene, or whom you loathe.
Je déteste la bise. Je déteste le fait qu’en temps normal, il est essentiellement obligatoire même avec des gens qui sont incroyablement peu attirants, qui ont de l’hygiène personnelle douteuse, ou qui vous détestez.
Au fait, je dois vous dire que son style en anglais est spectaculaire, fluide comme très peu de monde. Si ce n’est pas évident ici, c’est seulement à moi.
De toute façon, elle a évidemment raison à un certain point avec toutes ces plaintes. C’est quand même le choix de la société française de le faire au lieu du coutume anglophone de se serrer les mains au travail ou faire des câlins en famille. Mais pas tout le monde sera également à l’aise avec ça.
Mais pour moi, en 2021, venant d’une société où demander un rendez-vous deux fois à la même personne est souvent une infraction qui risque de se faire virer, c’était tout autre chose. J’étais ravi que la bise ne m’arriverait pas cette année-là. La dernière fois où j’ai embrassé quelqu’un qui n’était pas lié à moi par sang, de n’importe quelle façon, ça fait plus longtemps que l’âge de ma fille. Mettre fin à cette durée avec soit un homme soit une femme mariée, même si pas de façon romantique… veuillez m’excuser si je vous offense, mais ça me dérange, que ce soient des mœurs culturelles ou pas.
L’idée d’aller à l’étranger et rendre visite à des amis, ça m’a plu. L’idée de faire un câlin, toujours avec des amis, c’est toujours pas un problème. Mais ce genre de contact chez moi, c’était du harcèlement même avant MeToo. C’est ici où je compatis moins avec les plaintes de Mme Moutet. Bien sûr, c’est toujours dégoûtant d’être aussi proche de quelqu’un avec de mauvaise haleine. Pourtant, au moins en théorie, j’aime l’idée d’une société où on n’est pas obligé de se faire passer pour un moine de peur qu’on vous prenne pour un harceleur.
Cependant, je n’y arrive pas. Personne n’est jamais obligée de dire oui à un rendez-vous ; je l’assume. Et c’est pas la culture française qui promeut l’idée que même le moindre contact par hasard est du harcèlement ; c’est notre bêtise. Mais les habitudes mentales durcissent après assez de temps. Si on n’est pas lié de façon romantique, veuillez ne pas m’embrasser. C’est pas vous, c’est moi.
Je ne me suis jamais abonné à Netflix. Il n’y a rien que personne peut faire pour le changer dont me le donner gratuit, car je suis absolument contre l’idée de tout louer pour toujours. (Je n’utilise Spotify pour rien sauf héberger le balado. Toute ma musique est achetée en CD, puis copiée sur mon portable.) Alors j’ai jamais regardé Emily in Paris, mais j’en ai certainement entendu parler. Par exemple, cette vidéo hyper-drôle par Topito, Emily in Le Vrai Paris, où tout n’est pas douceur et lumière :
Sautons du coq à l’âne, mais je promis que ce sera logique. Depuis une semaine, je suis absolument choqué par la réaction des nivernais à ma colonne. Le retweet de l’office de tourisme, c’est gentil, mais j’ai jamais vu l’autre chose :
C’est quoi lejdc.fr ? C’est Le Journal du Centre, le journal régional ! Je n’arrive pas à trouver le bon lien sur leur site, mais il existe évidemment. Ce ne m’est jamais arrivé. Mais ÇA, jamais arrivé pas non plus :
Un sénateur ? J’avoue, il y avait des larmes aux yeux en voyant ça. Il y a un petit malentendu, où certains croient que j’étais là en personne, mais j’ai jamais caché mes méthodes. Laissez tomber. Qu’est-ce que les nivernais et leur réaction de surprise ont à voir avec Emily in Paris ?
C’est facile à voir, la fierté qu’ils ressentent d’être vus de l’outre-Atlantique. Et ça vient de la même raison pour laquelle je connais très peu de fans d’Emily en France. Si on vous avait dit « Netflix va tourner une série sur une américaine qui travaille en France », vous n’auriez jamais dit « Voilà ! Emily in Lyon ! Emily in Quimper ! Emily in Clermont-Ferrand ! » L’expression « en province » n’est parue qu’une fois ici, car je la déteste. Mais on comprend tous que c’est exactement l’attitude des producteurs, et qu’une telle série n’aurait jamais été payé par Netflix. Ou HBO, Starz, etc. — c’est juste l’état des affaires. Pourtant, pourquoi pas Emily in Nevers ? Il y a tout un beau pays à explorer !
Je ne vous dis rien que vous ne le sachiez déjà. Mais quand j’ai vu mon propre nom en vedette comme ça, c’était plus que surprenant. « Justin BUSCH aime la Nièvre » — et alors ? Ça vaut un gros titre ? Je suis juste un internaute ! D’autre part, si vous cherchez dans mon Guide Vert en anglais, seulement Nevers y apparaît, en tant que suggestion d’escale près de Beaune. Ça fait chaud au cœur d’être apprécié, et c’est clairement le cas dans les deux sens.
Scène typique quand un européen voyage aux États-Unis :
Caissier : Bienvenu chez Starbucks, que veux-tu ?
Française : Un expresso, s’il vous plaît.
Caissier : Juste un expresso ? Tu ne veux pas un venti espresso demi-caféiné avec une double pompe de sirop, et de la chantilly à base de plantes saupoudré avec de la poudre de cacao, mais seulement sur la moitié ?
Française : Non, un expresso suffira.
Caissier : Le nom pour la commande ?
Française : Ghislaine.
Caissier : Je n’arrive pas à le prononcer. Je vais t’appeler Gee. Comment payes-tu, Gee ?
Française : En espèces.
Caissier : Haha, je plaisantais, Gee ! On n’accepte que les cartes ici, Gee ! Tu veux quelque chose de plus, Gee ?
Française, dans l’esprit : Vous ne me connaissez pas du tout, vous n’arrivez pas à prononcer mon prénom, vous me donnez un surnom ridicule, puis vous le mentionnez dans chaque phrase ? En me tutoyant ? Êtes-vous con ? On n’est pas amis !
Française, à haute voix : Non, merci.
Non, je n’aime pas non plus les faux amis. Ils sont aussi énervants qu’incontournables ici. Mais en fait, on ne parle pas de la fausse amitié aujourd’hui, mais des mots similaires qui n’ont pas la même signification, et qui me rendent fou.
Il faut d’abord que je vous dise que le meilleur faux ami que je connais vient de l’espagnol, pas le français. En anglais, on dit « embarrassed » pour gêné ou embarrassé. Mais en espagnol, le bon mot est en fait « avergonzado ». « Embarazada », ce qui ressemble le plus au mot anglais, veut dire que l’on est tombée enceinte. Embarazado, ayant une terminaison masculine, n’a aucun sens. (Mais, quand on parle avec un américain, on sait plus.) Mon ancienne prof d’espagnol au lycée m’a raconté une histoire où l’une de ses élèves a rendu visite à une famille d’accueil au Mexique, et au dîner, a voulu dire que c’était trop à manger. Mais elle s’est trompée de mot, et tout à coup, toute la famille voulait qu’elle mange encore plus !
Alors, les faux amis entre le français et l’anglais. Malgré avoir appris « j’ai envie » de Duolingo en tant qu’alternative à « je veux », je ne l’utilise pas trop souvent, car il ressemble trop le mot anglais « envy. » Envy est la jalousie, l’envie version sept péchés capitaux. Mais on n’utilise pas souvent ce mot comme nom. On dirait jamais en anglais « I have envy of eating a peach, » bien que la traduction littérale soit « J’ai envie de manger une pêche ». Rien de plus normal en français. On peut dire « I envy you, » identique à « Je t’envie », mais oh là là, pas envie d’être le pauvre qui confond les utilisations en disant « J’ai envie de toi » pour « Je t’envie ». Ce serait…compliqué, à moins que ce soit dans un bar karaoké.
À chaque fois où une recette mentionne les raisins, j’ai une petite crise cardiaque. Pourquoi ? Parce qu’on dit « grape » pour « raisin » et « raisin » pour « raisin sec ». Quand j’ai préparé mon frescati, cette question m’a rendu bien perplexe. Au fait, c’est pas une nouvelle à ce point, mais j’utilise les guillemets américains pour l’anglais, et les guillemets européens pour le français. En ce cas, impossible de voir la différence autrement.
« Sensible » me rend bien fou, car la signification n’a rien à voir avec « sensible » (vous voyez encore le problème). En anglais, « sensible » veut dire « raisonnable ». Quelqu’un qui n’est pas souvent « sensible » peut être plutôt « sensible », si vous me comprenez bien. Néanmoins, je crois que je ne me trompe pas souvent du bon mot avec ces deux. Même si c’est parce que « sensible » n’est apparu que trois fois sur le blog jusqu’à maintenant.
Une fois, j’ai eu un joli malentendu avec Laurence Manning, parce que j’ai dit (en français) que je ne pouvais pas attendre son prochain concert en ligne. Mais elle s’était habituée à me parler en anglais, et a cru que je voulais dire « attend », qui veut dire plutôt « assister ». Pour sa part « assist » en anglais veut dire « aider ». Elle m’a dit qu’elle n’allait pas accueillir des invités chez elle. Heureusement, j’ai reconnu l’erreur, et après lui avoir rappelé ces faux amis, il n’y avait plus de problème.
Au fait, cette conversation m’a rendu un peu plus paranoïaque en parlant avec les femmes en français. L’erreur n’était pas la mienne, mais je dirais à ma propre fille de se protéger d’abord et de poser des questions plus tard. Je lui dis aussi que je tuerai son premier petit ami « pour encourager les autres », une expression bien anglaise qui veut dire « pour encourager les autres ». (On connaît très bien Candide en anglais.)
Je vous ai dit dans le titre que c’est la première partie, voiture car je sais que l’on reviendra sur ce sujet. Plusieurs fois. Mais pour finir, c’est vraiment difficile pour moi de me souvenir que « partie » est une part de quelque chose, pas une fête, appelée en anglais « party » (avec un son presque identique). Avec ça, Langue de Molière vous reverra la semaine prochaine pour continuer la partie fête.
On continue maintenant le Tour avec le 59, le Nord. C’est le département le plus peuplé, et les habitants se nomment nordistes. C’est notre deuxième séjour dans les Hauts-de-France, après l’Aisne (02), bien avant que j’ai même établi mon format.
Je vous rappelle que dans le bilan de la première moitié, j’ai appelé Lille « la ville de mes rêves ». Pourquoi une si forte déclaration pour une ville que j’ai jamais visitée ? On est chez Laurène Lefèvre, Madame Cook&Record elle-même, mais merci de ne pas avoir de mauvaises pensées. Pendant le confinement, elle faisait des vidéos de sa ville sur Facebook, plutôt façon France with Véro. C’était la toute première fois où j’ai vu des choses comme les maisons à pans de bois, ou les bâtiments illuminés. Maintenant, je sais que l’on trouve tout ça ailleurs. Mais même à l’époque, j’ai découvert que Lille avait presque exactement la même taille que San Diego pendant mon enfance. Cette situation me semble idéale.
On commence donc à Lille, et rien de mieux pour me convaincre que j’ai raison que le Palais des Beaux-Arts de Lille (3 étoiles). Vous allez craquer pour leurs collections d’art d’antiquité (égyptien, romain et grec), du Moyen-Âge, et des sculptures (ne ratez pas Le chevalier errant !), et plus — tous ces liens ont plein de belles photos. D’ici, on se promène vers la Grand’Place de Lille (2 étoiles). Ici, on trouve de nombreuses attractions, dont la Vieille Bourse (2 étoiles), un centre commercial du XVIIe siècle avec ses frontons « ornés de cartouches, de guirlandes et de fruits charnus » et la Colonne de la Déesse, érigée en souvenir du siège de 1792. (Chantez avec moi : Pas d’oignon aux autrichiens…) Ne ratez pas le Furet du Nord, le fleuron de cette chaîne de librairies, avec 25 000 m2 de livres, dont un espace pour les mangas. (Ne ratez pas non plus les horoscopes du Gorafi qui a une signe de furet pour ceux comme moi, nés le jour du passage du Scorpion au Sagittaire.) On fait une pause à la Maison du Donut, recommandée par Laurène elle-même — il n’y a pas trop de donuts fait avec du chocolat Valrhona !
D’ici, on continue vers la Place du Lion d’Or, qui nous met au milieu du Vieux Lille (3 étoiles). Ses maisons viennent du XVIIe au CIXe siècles, et les meilleures préservées sont celles de la Place Louise-de-Bettignies. D’ici, on passe par la Cathédrale Notre-Dame de la Treille (1 étoile). Cette cathédrale d’extérieur ul-trop moderne, achevée en 1999, vaut la visite pour son Centre d’Art Sacré et sa collection d’œuvres sur la Passion. Puis, on fait un pèlerinage à la maison natale de Charles de Gaulle (1 étoile), de nos jours musée à l’enfance du général. On termine notre parcours de Lille lui-même à la Citadelle de Lille (1 étoile), construite sous les ordres de Vauban. Ce bâtiment en forme de pentagone est entouré par un parc, dont un monument aux martyres de la Première Guerre mondiale.
Place Louise-de-Bettignies, Vieux Lille, Photo par DimiTalen, Domaine public, Cathédrale de Notre-Dame de la Treille, Photo par Edison McCullen, CC BY-SA 4.0, Cour intérieur de la Maison natale de Charles de Gaulle, Photo par Département du Nord, CC BY-SA 4.0, Citadelle de Lille, Photo par Velvet, CC BY-SA 4.0
Avant de quitter Lille, faut mentionner un événement annuel. La Grande Braderie est un marché aux puces le premier week-end de septembre qui est aussi une grande fête, où les moules sont mangées par des millions. Des tas de coquillages sont partout !
On part de Lille mais reste dans la Métropole pour visiter la Villa Cavrois (2 étoiles) à Croix, un grand exemple de l’architecture moderne, où le créateur, Robert Mallet-Stevens, était responsable de tout — l’architecture, les meubles, le jardin, etc. À Roubaix, on visite La Piscine (2 étoiles), un musée consacré à l’art et l’industrie dans une ancienne piscine municipale. Essayez leurs collections très inhabituelles de textiles et dessins industriels.
Au sud, on visite Douai, en passant par Wavrin, où les Silpats sont fabriqués (mais rien à visiter). Peut-être qu’il vous surprendra, mais Douai est bien connu chez les anglophones en tant que la source de la Bible de Douai, la traduction en anglais préférée des Catholiques pendant des siècles (sous le nom Douay-Rheims). De nos jours, le Collège anglais n’existe plus, mais il reste le Musée de la Chartreuse (2 étoiles), un musée de beaux-arts où il reste des anciens jardins monastiques. Très proche, il y a le Centre Historique Minier de Lewarde (2 étoiles), le plus grand musée de la mine en France, ancienne fosse de charbon où on peut vraiment descendre sous terre pour expérimenter la vie des mineurs.
On finit à Dunkerque, site d’une bataille héroïque de la Seconde Guerre mondiale et lieu de tournage d’un film traumatisant, Week-end à Zuydcoote, ce que je recommande fortement malgré son histoire sombre. Le Musée Portuaire (1 étoile) traite de l’histoire du port, avec trois bateaux importants, dont le trois-mâts Duchesse Anne, le plus grand voilier visitable de France. Le parcours d’Operation. Dynamo vaut le coup, dont le Musée Dunkerque 1940.
Qui sont les personnages les plus connus du Nord ? Bien sûr, il faut absolument commencer avec le général Charles de Gaulle, né à Lille, ainsi que le grand acteur Philippe Noiret. Le PDG de Louis Vuitton Moët Hennessy, Bernard Arnault, et né à Roubaix. L’évêque très controversé, Marcel Lefebvre, fondateur de la Fraternité sacerdotale Saint-Pie-X, vient de Tourcoing. Ministre préféré des supporters de foot britanniques et vedette du CanardGérald Darmanin, est né à Valenciennes, puis est député du Nord. Ne me demandez pas d’où vient l’ancienne star des Grosses Têtes, M. Schraen de Dunkerque. (Rien n’est trop obscure pour ce blog !) Plus surprenant, Charles de Batz, mieux connu en tant que le gascon D’Artagnan, était gouverneur de Lille pendant 8 mois vers la fin de sa vie. Louis Pasteur était professeur à l’Université de Lille pendant 3 ans.
Quoi manger dans le Nord ? On se régalera. La cuisine nordiste partage de nombreux plats avec les voisins belges, dont les moules-frites, exactement ce que le nom dit, la carbonade flamande, du bœuf mijoté en bière avec du pain d’épices et de la moutarde, et le potjevleesch, qui veut dire « pot de viande » en flamand, des viandes froides en gelée. D’autres plats locaux comprennent la flamiche au Maroilles, une tarte aux poireaux ou aux oignons avec le fromage de son nom, et les chicons gratinés, dont vous ne devez pas vous soucier de voir ici car ma mère ne peut plus me faire manger des endives.
Je ne finis jamais ces colonnes avec une note personnelle, mais je suis dépassé par le Nord. Désolé pour le longueur de cet article, mais il aurait pu avoir deux fois les contenus. J’ai même pas touché l’industrie de dentelles à Caudry et les randonnées sur la Côte d’Opale. Je suis juste absolument bouleversé, car je rêvais d’écrire cet article depuis le moment où j’ai créé ce blog, et j’ai du mal à arrêter !
Certaines choses auraient pu mieux aller à Qatar hier, n’est-ce pas ? Mais chez Un Coup de Foudre, on parle plutôt de gâteaux et de la France. Et de cons. Voilà, trois sujets que je ne pourrai jamais épuiser.
À 11:01 du balado cette semaine, ma fille fait son début. Vous pouvez entendre à quel point elle est fière d’elle-même. L’année dernière, elle et moi avons enregistré une petite vidéo pour des amis, et certains d’entre eux nous ont dit que son accent était excellent. Je l’ai vérifié avec une amie qui ne me tromperait jamais sur une telle chose, et la petite a passé tout l’année en me rappelant de cette histoire. Elle réapparaîtra pour nos vacances, je crois, mais pas avant.
Cette semaine, on va fêter Noël d’une façon inattendue, avec une visite dans un département que l’on n’a toujours pas atteint. Et pas le Nord, qui en sera notre dernier de l’année. Je suis tombé sur l’idée parfaite et en plus, insolite. S’il y en a plus que trois d’entre vous qui reconnaissent ce qui arrivera, je serai choqué. Mais on va aussi essayer de le fêter un peu tôt, car la Noël, ma fille sera partie. Je mens avec des menaces de cahiers de maths ! (Elle est excellente en maths, mais ce serait le mauvais cadeau.)
En parlant de Noël, on commence avec la blague idéale pour vos achats de la dernière minute. Nos articles sont :
Bonjour, tout la monde ! Moi, je suis La Fille. Mon père, il est le garçon. Voilà, je connais son t-shirt, même si je n’aime pas du tout Indochine (il m’a laissé aux États-Unis pour les voir ; je voulais voir la Tour Eiffel ! C’est injuste !). Aujourd’hui, je vais vous parler de quelque chose qui lui rend fou.
Tout est parti du moment où son amie rouennaise lui a envoyé un lien vers cette collection d’horreurs, en demandant si nous mangeons de cette façon à la maison :
Ce sont censés être des « desserts », et son amie ne les croyait pas. Elle avait raison ! J’ai énormément profité de lui faire regarder cette vidéo en entendant les cris d’horreur ! Il y a de nombreuses bêtises — elle verse de la crème liquide au-dessus des choses sans mélanger, elle utilise de la pâte à cookies et du mélange à pudding de façons horrifiantes, elle gaspille du beurre partout, et peut-être la meilleure chose — à cause d’avoir produit les pires cris ! — elle a versé de la vanille liquide au milieu d’une tarte sans mélanger, alors la vanille n’a sert à rien ! BWAHAHA !
Puis il y avait ce chef-d’œuvre avec de la pâte industrielle biscuit. Elle a mis des vermicelles au-dessus de la pâte. Rien de mauvais, hein ? Mais ensuite, elle a fait un glaçage nul avec du beurre fondu et du sucre glace, l’a mis au-dessus des vermicelles, puis a saupoudré le tout avec encore plus de vermicelles ! À quoi a servi la première tranche de vermicelles ? À me faire rire de Papa ! Il a les meilleures réactions face à de vraies bêtises qui gagnent des dizaines de milliers de vues !
Mais j’étais curieux de quelque chose, et j’ai demandé à Papa si ce truc où elle verse une boîte de préparation à gâteau au-dessus d’une garniture de tarte existe vraiment. Il m’a dit non, mais j’ai demandé aussi à Mamie, et elle m’a dit que son fils avait tort ! En fait, il y a un truc appelé un « dump cake » (« gâteau vidé » donne le sens), parce qu’on vide la boîte de préparation à gâteau directement au-dessus de quelque chose de mouillé, sans mélanger. On verse habituellement du beurre fondu au-dessus pour créer des miettes en cuisinant. Mais ce que l’on ne fait jamais, c’est verser autant de préparation qu’il reste une part tout crue à la fin ! Quelle conne !
J’ai regardé autant de ces vidéos avec son portable que Papa a reçu un prix spécial de nos amis chez Facebook :
Peut-être que vous pensez en ce moment : « Papa, c’est nul de blâmer votre fille pour des vidéos que vous avez regardées ». Mais en fait, il m’a envoyé un courriel pour se plaindre et j’étais prête :
Le sujet dit « C’est TOUT TA FAUTE ». Et j’ai répondu : « Cher Papa, Bahahaha ! C’est HILARANT ! Je suis ravie de l’avoir fait arriver. » En fait, je ferai — brièvement — une apparence sur son balado pour témoigner que ce post est 100 % la vérité. Pensiez-vous que M. Descarottes était le seul à le traiter de cette façon à la maison ?
Je vais vous apprendre quelque chose sur l’anglais. Saviez-vous qu’aux États-Unis, « casserole » n’est pas un synonyme pour « marmite » ? Ça veut dire deux choses. En premier, ça veut dire un plat creux, typiquement en verre, comme il a utilisé pour le gâteau hier. Mais l’autre chose, c’est un genre de plat dégoûtant fait dans ces casseroles pour se débarrasser de tout et n’importe quoi. La recette la plus célèbre s’appelle « tuna surprise casserole » (casserole surprise de thon), fait souvent avec des macaronis, des pois surgelés, des chips, du fromage cheddar, mais toujours avec du thon en boîte de conserve en vedette ! Voici un exemple :
J’ai hâte d’avouer que j’ai en fait jamais goûté cette délice. Papa n’a jamais fait aucune « casserole » pour moi, et Maman est devenue végane, alors je l’ai échappée.
Une bêtise de plus de nos compatriotes ? Voici le cauchemar en forme de spaghettis !
Si vous regardez cette vidéo, vous verrez que les pâtes ne sont pas du tout cuites correctement, et encore pire, la viande doit rester presque crue au centre. Ce plat n’est pas sûr, peu importe bon. Papa m’a montré cette vidéo car un autre ami français la lui a envoyé, mais comme il m’a dit, il n’y a pas d’épidémie de maladies d’origine alimentaire ici. Faut pas toujours croire aux yeux.
Tout ça, c’est pas à dire que tout ce que l’on mange aux États-Unis est nul. Par exemple, il y a les sandwichs de fromage grillé à Boudin, la meilleure chose au monde entier. Et la chaudrée à palourdes, l’autre meilleure chose. C’est juste qu’il y a plus de cons que de bons cuisiniers, et avec 5 fois d’Américains que de Français, nous avons plus de cons en ligne qui cherchent de l’attention. Mais pour être clair, il ne me dérange pas que vous lui envoyiez autant de vidéos pourries, car à chaque fois où vous faites ça, c’est moi qui a de fous rires ! Et s’il se plaigne de moi, je chercherai de la soi-disant « musique » de Wejdene pour le réveiller. ENCORE. Ouais, La Fille est astucieuse, et j’ai déjà fait ça avec Anissa. Moi et M. Descarottes, c’est nous en charge !
Aujourd’hui est un jour très spécial chez Un Coup de Foudre, l’anniversaire d’une chère amie qui habite à Rouen. « Euh, Justin » vous me dites, « ce gâteau n’a pas l’air familier. Êtes-vous sûr qu’il se mange à Rouen ? » Ah, mais vous ne connaissez pas cette amie ! Elle est aventurière, et s’est expatriée deux fois, dont au Mexique où elle a rencontré son mari. Ils sont le couple avec lequel j’ai passé la journée à Rouen. On s’entend si bien car nous parlons toutes les mêmes langues, et il y a d’autres expériences qui vont avec ça. Elle est tellement amoureuse de la cuisine mexicaine, je suis donc certain qu’elle aimerait ce gâteau typiquement mexicain, « El pastel tres leches », ou comme nous dirions, le gâteau aux trois laits.
Vous pouvez tout trouver à Carrefour (j’ai vérifié), mais les tailles typiques de vos boîtes à conserve ne sont pas exactement les mêmes comme ici. Ne vous inquiétez pas des différences ; achetez et utilisez « 1 boîte » où la recette la dit. Aussi, faites ce gâteau la veille — finir avec la chantilly le jour où vous allez le servir, mais ce gâteau a vraiment besoin de temps pour reposer.
Je n’ai que deux regrets avec cette recette. L’un, c’est que mon plat en verre est plus grand (10″x14″, ou 25×36) que la recette demande (9″x13″, ou 23×33), alors la couche de gâteau est plus fine que j’aimerais. L’autre, c’est que je ne peux pas le livrer à la famille. Vous pouvez en régler un pour vous-mêmes.
Je dois cette version à Ana Frias de Muy Delish. J’ajouterai que bien que vous n’alliez jamais trouver un plus grand snob chauvin de la cuisine française que moi, je parierais toute ma réputation sur ce gâteau. « El tres leches », c’est l’un de mes préférés depuis mon enfance. C’est pas compliqué du tout mais j’adore ! ([Qui êtes-vous, et qu’est-ce que vous avez faites à Justin ? Mais vous m’apporterez aussi des carottes, non ? — M. Descarottes])
Il y a une expression qui ne convient pas aux colonnes Langur de Molière, en partie parce que c’est en anglais, en partie parce qu’elle n’est pas assez pour une colonne. Quand on trouve quelqu’un sympa, on l’appelle « a good egg, » un bon œuf. Pour cette expression, l’inestimable Ciel ! Blake !, Sky ! Mortimer ! propose « un chic type » :
Je sais pas. Quand on dit « chic » en anglais, ça veut dire quelqu’un toujours à la mode (mais pas couvert avec de la glace, ce qui veut dire « à la mode » en anglais). Mon dictionnaire Oxford donne « gentil » comme le troisième sens de chic, alors, je suppose, mais ça fait mal aux oreilles après 46 ans du sens anglais.
Mais cette colonne est intitulée « les bons œufs de Twitter ». C’est aussi drôle — pour moi, je devrai le gâcher en l’expliquant — car je vais parler de deux comptes de Twitter, et jusqu’en 2017, la photo de profil par défaut était un œuf :
Alors, qui sont les bons œufs de Twitter ? Je vous rappellerai qu’en 2021, j’ai écrit sur l’histoire de Steve Olson, l’un de mes compatriotes, devenu le sujet de nombreuses polémiques en ligne après avoir écrit — sur Twitter — de son grand amour pour La Pataterie. Ce qui m’a attiré à son histoire, c’est que j’ai failli faire la même chose quant à La Croissanterie. J’ai contacté Steve pour partager ce que j’avais écrit, et certains de ses nouveaux fans — c’est pas ironique, il a maintenant une belle dizaine de milliers d’abonnés sur Twitter ! — ont commencé à me suivre. Deux d’entre eux sont devenus parmi mes connaissances préférées en ligne, et avant que cette année ne se termine, je veux vous les présenter.
Je ne connais ni « ytrezaa » ni « Homer » par leurs vrais noms — c’est pas important, tout le monde devrait faire ce qui lui convient — mais les deux m’ont aidé plus de fois que je peux compter. Par exemple, plus tôt cette année, j’ai eu une question sur le genre :
J'ai une question de style où les dictionnaires bilingues ne sont pas d'accord : la chef, la cheffe, ou le chef pour les deux genres ? Lisez tout avant de répondre, s'il vous plaît. https://t.co/hIqpmonp8d
Ytrezaa m’a présenté à Aurore Ponsonnet, experte en grammaire, qui m’a répondu et est devenue l’un de mes comptes préférés sur Twitter elle-même :
Je pense que tu pourrais demander à @APonsonnet (la cheffe sur les questions de grammaire 🤗🤗) ce qu’elle en pense 🙂 👋 @APonsonnet, Justin, américain ❤️ de la 🇫🇷 (gastronomie, langue, arts) a une question fort intéressante 🤗🤗 Qu’en pensez-vous ? https://t.co/2czo22tfIM
Peut-être que vous avez remarqué que je mets un lien vers cette vidéo de Mme Ponsonnet à presque chaque fois où j’écris « bouillir ». Si je suis honnête, c’est plus à cause de la trouver drôle qu’à cause d’être perplexe. Peu importe. Ce qui compte, c’est que je n’aurais jamais trouvé la bonne personne tout seul, ytrezaa n’a rien à gagner de moi, mais elle m’aide quand même.
C’est la même avec Homer. Une fois, je voulais rechercher plus sur les maisons à pans de bois, surtout une en particulière à Strasbourg. Il m’a vite aidé :
C’est une chose qui répète encore et encore, malgré le fait que je ne peux vraiment rien lui rendre. Et en fait, je le vois faire la même chose pour beaucoup de monde — il retweete d’autres personnes tous les jours, juste pour faire connaître leur travail. J’admire ça, et j’essaye un peu de suivre son exemple.
Je me suis fait une promesse* que j’écrirais cette colonne, et moi voilà. Si vous êtes sur Twitter, ils sont deux des meilleurs comptes que vous pouvez suivre. Je serais ravi de découvrir après cette colonne que nous avons plus de connaissances mutuelles.
*Au fait, je ne peux jamais écrire cette phrase sans penser à une certaine amie qui mérite également — encore plus ! — une colonne comme celle-ci, qui m’a expliqué pourquoi « je m’ai fait une promesse » a tort. Une fois que ça arrive, la personne est liée à l’expression pour toujours chez moi. Mais en ce cas, bien qu’elle apparaisse parfois dans les commentaires ici, elle n’écrit pas pour le public et je garde jalousement les vies privées de mes amis, autant que pour ma fille. ([Et moi ? Vous venez de publier une photo de moi à poil juste après m’être baigné ! — M. Descarottes])
On penserait qu’avec un tel titre, on serait en Normandie (❤️), mais en fait, c’est notre dessert nivernais, 100 % bourguignon. Excusez-moi un moment…(allez-vous-en, M. le moniteur de glycémie, il n’y a que 50 grammes de sucre dans cette recette, alors taisez-vous !). Comme je vous disais, c’est une recette très bonne pour la santé — lisez la fin, je plaisante pas pour une fois — même si pas autant pour nos amis chez Béghin Say ou C&H (mon sucre habituel). Voilà, notre flamusse aux pommes :
Je dois cette recette au site 750g. Il y en a plein sur Internet, mais elles ont toutes quelques choses en commun : environ 50 grammes de sucre et de farine, beaucoup d’œufs, et une belle quantité de lait. La plupart demandent de faire cuire les pommes avant de verser l’appareil ; voici une version qui ne le fait pas.
Mes seuls changements sont moins de pommes et plus de temps de cuisson (j’ai oublié de le saupoudrer avec du sucre vanillé à la fin, mais c’est pas un changement exprès). La recette originale demande 4 pommes, mais 2 pommes Gala étaient assez pour complètement remplir ma poêle (avant la cuisson). On sait jamais la taille, alors je vous recommande de tester votre poêle contre les pommes jusqu’à ce que ce soit assez.