Archives pour la catégorie Le tour des départements

Je découvre la Meurthe-et-Moselle

On continue maintenant le Tour avec le 54, la Meurthe-et-Moselle. C’est le département le trente-troisième plus peuplé et les habitants se nomment meurthois. C’est notre cinquième séjour dans le Grand Est, et notre première visite dans la région dite Lorraine, un mot lié fortement dans l’esprit américain avec une certaine quiche, au point où ça doit être mon dîner meurthois.

La Meurthe-et-Moselle a une forme très curieuse, due au passage du territoire entre la France et l’Allemagne.

Image par Marmelad, CC BY-SA 2.5

On doit commencer dans une ville très inhabituelle par comparaison avec nos autres points de départ, Baccarat. Pourquoi ? Parce que la cristallerie Baccarat est ici, et ça fait partie de la trinité de mes marques de luxe préférées (avec Christofle et Louis Vuitton). Quand ma fille n’avait que deux ans, je lui ai acheté un papillon en cristal. Il y a une chose d’autre venue de chez Baccarat dans mon appartement, mais cela restera un secret.

On peut pas visiter la manufacture elle-même, mais elle abrite le Musée Baccarat, avec une collection qui couvre l’histoire de plus de 250 ans. (Je leur ai demandé une meilleure photo, mais pas de réponse.) De Baccarat, on part pour Lunéville pour son château, « le petit Versailles Lorrain », avec une histoire comme rien d’autre. L’un des ducs, Stanislas Leszczynski, était anciennement Stanislas Ier, roi de Pologne. Son beau-fils, Louis XV, l’a choisi pour devenir duc après qu’il avait perdu la couronne polonaise.

On continue à la préfecture, Nancy (3 étoiles Michelin). Il faut absolument visiter la Place Stanislas (3 étoiles), construit au XVIIIe siècle, avec des fontaines impressionnantes ainsi que l’hôtel de ville et le Musée des Beaux-Arts (2 étoiles). Autour de la Place, on trouve aussi l’Arc Héré (1 étoile), un Arc de Triomphe érigé à l’honneur de Louis XV. Très proche, on trouve aussi la Place de la Carrière (1 étoile), renouvelée par Stanislas, avec le Palais du Gouvernement (1 étoile), où habitait le représentant du roi.

Avant de quitter Nancy, on a deux musées exceptionnels à visiter. Le Musée Lorrain (3 étoiles) abrite des collections historiques et archéologiques. Malheureusement, il est fermé depuis 2018 pour des travaux publics, mais n’étant pas une autoroute californienne, je refuse de croire que ça durera jusqu’à 20 ans. Pendant ce temps-là, on pourrait visiter l’Église des Cordeliers (1 étoile), liée au Musée Lorrain. L’autre musée est le Musée de l’École de Nancy (2 étoiles), consacré aux arts décoratifs liés à Nancy, ainsi que des artistes de la ville au début du XXe siècle.

On continue maintenant à l’ouest, vers Toul (1 étoile). Ici, on trouve la Cathédrale Saint-Étienne (2 étoiles), qui date au XIIIe siècle, avec de nombreuses gargouilles à l’extérieur et un chœur impressionnant. On visite aussi le Musée d’Art et d’Histoire (1 étoile), qui trace l’histoire de Toul dans un bâtiment anciennement un hôpital médiéval. Au nord, à Pont-à-Mousson, on visite une collection unique en France, d’objets laqués en papier mâché, au Musée au Fil du Papier. Finalement, au « cou d’oie » (rappelez-vous la forme du département), à Longwy, on visite le Musée des Emaux et Faïences de Longwy, avec une collection de ces arts produits pendant les trois derniers siècles dans la ville. On peut toujours y trouver de nombreux artisans.

Qui sont les personnages les plus connus de la Meurthe-et-Moselle ? René Duchez, le peintre et résistant qui a inspiré Le Mur de l’Atlantique, est né à Nancy. Le maréchal Hubert Lyautey, dont j’ai vu le tombeau aux Invalides, et le grand mathématicien Henri Poincaré, sont aussi nés à Nancy, et de nos jours il y a Yaël Braun-Pivet, cible occasionnel du Canard enchaîné et première femme présidente de l’Assemblée Nationale. L’ancien roi de Pologne, Stanislas Leszczynski, devenu duc de Lorraine, a régné à Lunéville jusqu’à sa mort. La princesse Marguerite d’Anjou, plus tard reine consort d’Angleterre, est née à Pont-à-Mousson.

Quoi manger en Meurthe-et-Moselle ? Surtout, les mirabelles ! On les trouve dans des spiritueux comme l’eau de vie de mirabelle et la liqueur de mirabelle, en confiture, et en dessert dans la crème aux mirabelles. D’autres produits locaux comprennent le miel de sapin des Vosges AOP et les abricots dits « pêche de Nancy ». En plats principaux, on trouve la quiche lorraine, mondialement connue, et l’omelette lorraine, presque la même chose sans croûte. En dessert, il y a les macarons de Nancy, fabriqués uniquement à la Maison des Sœurs depuis la Révolution, les bergamotes IGP (la première confiserie IGP de France), et le spritz, un biscuit fabriqué pour Noël.

Mon dîner mayennais

Je vous ai mentionné en écrivant sur la Mayenne que le département avait publié un dossier plein de recettes départementales. Elles sont toutes à des chefs de leurs collèges, et je dois demander : « EST-CE QUE VOS ENFANTS MANGENT VRAIMENT COMME ÇA À L’ÉCOLE ?!? » Moi, j’ai grandi avec des saucisses à bâtonnets ! De toute façon, nos recettes sont la marinade de truite à l’aneth, et la soupe de pommes et poires au miel.

Quant à la truite, la bonne vient de Parné-sur-Roc, où on peut la pêcher soi-même. Je ne suis pas si obsédé quant aux sources ; achetez n’importe quelle truite chez Carrefour ou bien Auchan. Pour ma part, ce qui est vendu sous le nom truite aux États-Unis peut venir d’une grande variété de poissons, parfois avec du chair blanc, parfois rose. Il n’y avait aucune truite à mon supermarché cette fois, j’ai donc acheté du saumon Atlantique. Ça vient au moins du bon océan, et est très similaire à notre truite arc-en-ciel.

J’ai trouvé un bon sel chez myPanier. Comme j’ai envie de visiter le marais de Camargue !

Pour avoir un légume sur l’assiette, et torturer M. Descarottes, j’ai ajouté des carottes glacées au miel. Je dois la recette à Recettes du Québec. Préparez d’abord les carottes : la marinade est facile à faire pendant que les carottes bouillent, et le poisson peut cuire pendant la deuxième étape des carottes.

La recette de la marinade de truite vient du collège de Misedon, et se trouve à page 28 du fichier.

Les ingrédients pour la marinade de truite à l’aneth et les carottes glacées au miel (2 personnes) :

  • 170 grammes de petites carottes
  • 1 1/2 tasses d’eau
  • 1 cuillère à soupe de beurre
  • 1 cuillère à soupe de miel
  • 300 grammes de truite
  • 1 citron
  • Des tomates cerises
  • 25 ml d’huile d’olive
  • 10 grammes d’aneth
  • 2 grammes de sel fin
  • 1 gramme de poivre moulu

Les instructions pour la marinade de truite à l’aneth et les carottes glacées au miel :

  1. Faire bouillir l’eau pour les carottes. Les faire cuire pendant 10 minutes.
  1. Faire la marinade : dans un petit bol, mélanger l’huile, le jus du citron, le sel, le poivre, et l’aneth.
  1. Mettre de l’huile d’olive dans une poêle et chauffer (on va y cuire le poisson).
  1. Faire fondre le beurre dans une poêle. Égoutter les carottes et les déposer dans la poêle. Bien enrober les carottes avec le beurre fondu. Ajouter ensuite le miel et laisser caraméliser 5 à 6 minutes en remuant souvent.
  1. Pendant que le carottes caramélisent, faire cuire la truite. 2 minutes le côté, mais vérifiez-la et prenez plus de temps si vos filets sont épais.
  1. Décorer la truite sur l’assiette — couper des tomates cerises, et une tranche fine de citron. Déposer tout autour du poisson et napper avec la marinade. Servir avec les carottes.

Notre dessert se trouve à page 48 du fichier, et vient du collège Jean-Louis Bernard, à Bais.

Les ingrédients de la soupe de pommes et poires :

  • 40 grammes de miel
  • 80 grammes de sucre
  • 250 ml d’eau
  • 150 grammes de pomme
  • 150 grammes de poire
  • Jus d’un citron

Les instructions de la soupe de pommes et poires :

  1. Faire un sirop avec le miel, le sucre, et l’eau. La recette originale ne donne pas la bonne température — je l’ai cuit jusqu’au point d’ébullition (100°C).
  1. Peler, épépiner, et couper les fruits. Ajouter le jus de citron pour arrêter l’oxydation.
  1. Mettre les fruits dans la casserole pour faire cuire dans le sirop. Baisser le feu à moyen, et cuire pendant 25 minutes. Voici des photos à 5 et 15 minutes, et à la fin.
  1. Tout retirer dans un saladier et faire homogène avec un batteur plongeant. ATTENTION AUX LIQUIDES CHAUDS !
  1. Passer au chinois et laisser refroidir.
  1. Servir en verrine ou en tasse.

Je découvre la Mayenne

On continue maintenant le Tour avec le 53, la Mayenne. C’est le département le vingt-sixième moins peuplé et les habitants se nomment les moutarde-et-tournesoliens mayonnaise mayennais. C’est notre troisième séjour dans le Pays de la Loire.

Voilà, même mon correcteur galère avec ce gentilé :

Le département doit son nom à l’ancien province du Maine, qui faisait de son tour partie de l’ancienne territoire angevine. On penserait qu’avec sa population francophone, notre état du Maine aurait été nommé à l’honneur du Maine, mais en fait, il n’y a aucune preuve écrite.

On commence à la préfecture, Laval. Ici, on trouve le Vieux Château, construit au fil du temps du XIe au XVIe siècle. On peut visiter le château lui-même, mais il abrite aussi un musée, le Musée d’Art Naïf et des Arts Singuliers. Laval est le lieu de naissance de Henri Rousseau, dit « Le Douanier » à cause de son métier, devenu peintre majeur de l’école naïve. Le groupe Lactalis vient de Laval et peut-être que leur musée, La Cité du Lait, vaut une visite aussi.

Au sud-ouest de Laval, on trouve le musée très inhabituel de Robert Tatin, un sculpteur et architecte contemporain. On finit notre séjour lavallois au Château de Craon, pour se promener dans son parc de 47 hectares avec de nombreux jardins. Le château lui-même est très beau et vient du XVIIIe siècle, fini en 1779, juste avant, disons, la fin de l’époque où les nobles construisaient des châteaux. D’habitude je ne fais pas de pubs pour personne, et ils ne m’a pas payé pour dire ça, mais on peut s’y marier, et je le trouve par-faite. (J’ai pas le droit à ces photos-là.)

Au nord du département, on visite le village de Pontmain, réputé d’être le lieu d’une apparition de la Sainte-Vierge en 1871. L’Église catholique la reconnaît (pas toujours le cas ; voyez Medjugorje), mais les croyants ne sont pas obligés d’accepter les apparitions modernes. De nos jours, il y a un sanctuaire consacré à l’apparition, et on le visite pour ses nombreux vitraux. Puis on visite le Mont des Avaloirs, le point le plus haut de la Mayenne (à 417 mètres ; c’est pas les Alpes ici), pour sa vue panoramique et un belvédère d’observation très intéressant. Notre prochain arrêt est le village de Château-Gontier-sur-Mayenne ; là, on trouve 15 monuments historiques, dont un château du XIIIe siècle, et un ancien couvent des Ursulines du XVIIe siècle. Puis on visite Sainte-Suzanne, malgré le nom un des Plus Beaux Villages de France. Ce village est réputé pour avoir défi Guillaume le Conquérant, mais avec ce nom, c’est un miracle qu’il a survécu la rencontre tout court ! Ne me laissez pas continuer de cette façon. Là, on se promène sur les remparts, visite le Centre d’Interprétation de l’Architecture et du Patrimoine, et visite aussi le dolmen des Erves, le plus vieux monument de la Mayenne.

À Évron, on visite la Basilique de Notre-Dame-de-l’Épine, un site religieux depuis le VIIe siècle, avec de l’architecture gothique. Une communauté de moines y habite toujours. À Jublains, on visite les ruines d’une ville gallo-romaine, Noviodunum, et leur Musée d’Archéologie pour du contexte. À Fontaine-Daniel, on apprend l’histoire du produit local, les Toiles de Mayenne, un tissu haut de gamme labellisé Entreprise du Patrimoine Vivant. On finît à Saint-Pierre-sur-Erve pour faire une balade sur leur pont du Moyen-Âge et explorer la Petite Cité de Caractère.

Qui sont les personnages les plus connus de la Mayenne ? Alfred Jarry, l’écrivain qui a inspiré la chanson des Beatles « Maxwell’s Silver Hammer, » est né à Laval. Le cardinal Mazarin était duc de la ville de Mayenne à partir de 1654 jusqu’en 1661. La famille Besnier, les fondateurs du groupe laitier Lactalis — j’ai du beurre Président dans mon frigo — vient de Laval. On a parlé en haut des artistes Henri Rousseau et Robert Tatin. De nos jours, c’est le Prince Albert II de Monaco qui porte le titre de duc de Mayenne.

Quoi manger en Mayenne ? Le fromage Port-Salut tire son nom de l’abbaye du Port du Salut. De nos jours, les droits au nom appartiennent au Groupe Bel. Le fromage Saint-Paulin a une histoire similaire, et les deux n’ont pas de origine protégée, alors on peut les trouver fabriqués ailleurs. Par contre, le fromage Chaussée aux Moines est produit uniquement à Craon. Le fromage Le Trappe de La Coudre vient de l’abbaye du même nom à Entrammes. Le département lui-même offre un guide avec 53 recettes locales, avec des produits locaux en vedette. En plats principaux, on trouve de tels plats que le pavé de truite de Parné-sur-Roc au beurre d’aneth et la cuisse de canette au miel. En dessert, il y a une spécialité, la bourdaine, une pomme emballée dans une pâte feuilletée. Ça me rappelle la rabote picarde, notre dessert de l’Aisne.

Les caisses de Wassy

On finit notre séjour en Haute-Marne, finalement, avec le caisses de Wassy, un genre de meringue. Le nom vient du fait que :

l’on place dans du papier ressemblant à des petites caissettes qui leur a donné leur nom.

Cuisine Terroirs

Je ne vais pas mentir. J’ai pas la moindre idée de quelles sont les petites caissettes. Cette recette vient du XVIe siècle, et malgré ce qui pense ma fille, j’étais pas là. (Sa blague : « Il était une fois » veut dire l’époque quand il y avait des dinosaures, George Washington était le président, et mes parents étaient des enfants !) De toute façon, ce sont des meringues aux amandes en forme de barres. Voilà :

Comment sont-elles ? Dans un mot, décollées. Aussi légères, croustillantes, bonnes avec un café. Mais surtout, décollées de la plaque de cuisson, et j’en suis ravi.

Vous pouvez lire toute l’histoire au lien en haut, mais je veux répéter quelque chose : N’utilisez pas une fourchette pour faire monter les blancs. On n’est pas au XVIe siècle. Le KitchenAid, c’est votre ami. J’ai donc combiné les astuces de Cuisine Terroirs (lié en haut) et Recoin.

Mais j’ai aussi appris que la meilleure chose, c’est de trouver les bonnes caisses en papier. Il s’avère que chez moi, elles ne sont disponibles qu’en ligne. Non, merci. Alors voilà ma solution avec du parchemin et des ciseaux :

Les ingrédients pour les caisses de Wassy :

  • 2 blancs d’œuf
  • 100 grammes de sucre
  • 100 grammes d’amandes effilées

Les instructions pour les caisses de Wassy :

  1. Montez les blancs d’œuf en neige ferme.
  1. Ajouter le sucre et mélanger bien avec soit une maryse soit une cuillère en bois.
  1. Ajouter les amandes effilées et mélanger. J’ai commencé avec 50 grammes car il me semblait qu’il y avait déjà trop d’amandes. Après avoir mélangé, je savais que j’avais tort. Alors j’ai ajouté le reste.
  1. Faire des caisses sur votre plaque de cuisson. Si vous avez le bon papier, mettez un tapis en silicone sur la plaque en avance.
  1. Couvrir avec du parchemin ou du papier sulfurisé.
  1. Faire cuire à 100°C pendant environ 1 1/2 heures. Vérifier les caisses ; les miennes ont eu besoin d’environ 20 minutes de plus pour sécher complètement. On veut les sortir quand elles sont légèrement blondes.

Mon dîner haute-marnais

Les recherches pour ce dîner m’ont fortement rappelé mon dîner aubois. Celui-là était Chaource-ci et Chaource-là ; cette fois, c’est plutôt le fromage Langres dans le rôle. Il y a même des bonbons au Langres ! (Mais vraiment pas un truc de fou comme en Aube ; c’est en fait un plat salé.) La spécialité départementale est vraiment la tarte au qeumeu, qui peut être soit salé soit sucré. Le nôtre (à ne pas confondre avec Gaston Lenôtre) est légèrement salé, donc un plat principal.

Je dois cette recette au site Cuisine Terroirs, qui explique :

Le terme de quemeu vient du patois local de Clairvaux et signifierait « écume ». Il se rapproche du quemeau en Bourgogne, du cion en Bresse louhannaise ; en Franche-Comté, le goumeau (ou commeau, kemeau, gomeau) est constitué d’œufs et de crème ou de beurre.

Et en fait, on a déjà parlé du « goumeau » dans le Doubs, où c’était une autre version de notre dessert.

Quant aux changements, le seul est le fromage. À moins que vous habitiez en Haute-Marne, le fromage frais de Langres (pas la même chose que le fromage Langres AOP) peut être très difficile à trouver. Mais vous pouvez le remplacer par n’importe quel fromage blanc. Moi, je n’ai même pas de fromage blanc. Après des recherches, j’ai choisi la ricotta.

Bien sûr si on vit dans le genre de pays où on peut juste entrer dans n’importe quel Carrefour (j’ai pleuré en cherchant ce lien), pas besoin de faire une pâte brisée. POUR LE RESTE DU MONDE, on doit la préparer comme en bas.

Les ingrédients pour la tarte au qeumeu :

Pour la pâte brisée :

  • 10 grammes de sucre
  • 8 grammes de sel
  • 190 grammes de beurre, coupé en dès
  • 1 œuf
  • 30 ml de lait entier
  • 265 grammes de farine

Pour l’appareil :

  • 350 grammes de fromage frais de Langres (ou autre fromage blanc)
  • 4 œufs
  • 3 cuillères à soupe de crème fraîche
  • 1 cuillère à café de sel

Les instructions pour la tarte au qeumeu :

  1. Avec la feuille, battre le sel, le sucre et le beurre dans le bol d’un robot.
  1. Ajouter l’œuf et le lait et battre pendant quelques seconds.
  1. Ajouter toute la farine et battre à petite vitesse, jusqu’à ce que la pâte se rassemble. Peu importe s’il reste de petits morceaux de beurre.
  1. Former une boule, couvrir avec du film à contact, et laisser reposer dans le frigo pendant au moins 2 heures.

C’est encore la recette de Gaston Lenôtre, vu dans notre tarte normande. Ça produit 500 grammes de pâte, ce qui est trop pour notre cercle de pâtisserie de 23 cm — maïs 230 grammes comme un paquet de Carrefour n’est pas assez. Je dirais que 350-400 grammes suffiront.

Les instructions pour l’appareil :

  1. Égoutter le fromage frais, le battre. Ajouter les œufs un à la fois, et les incorporer avec une maryse. (La deuxième photo est après tous les 4 œufs.)
  1. Ajouter la crème fraîche et le sel. Et oui, j’ai acheté de la véritable crème fraîche.

Montage et cuisson :

  1. Préchauffer le four à 200°C (395°F si vous avez le mauvais genre de four).
  2. Étaler la pâte.
  1. Mettre la pâte dans un cercle de pâtisserie de 23-24 cm, monté sur soit un tapis en silicone soit du papier sulfurisé, toujours sur une plaque de cuisson. Couper les bords.
  1. Piquer le fond avec une fourchette et remplir avec l’appareil.
  1. Enfourner pendant 25 minutes. Après, c’était cuit, mais je l’ai mis sous le grill pendant 5 minutes pour faire colorer.

Servez avec une salade. ([VOLEUR ! — M. Descarottes])

Je découvre la Haute-Marne

On continue maintenant le Tour avec le 52, la Haute-Marne. C’est le département le septième moins peuplé, et les habitants se nomment haut-marnais. C’est notre quatrième séjour dans le Grand Est.

On commence notre séjour à Chaumont, la préfecture. Mais attention aux cartes ! Si vous suivez le premier résultat de Google, vous vous tromperez et vous finirez par atterrir à Los Angeles !

Alors, après avoir vérifié que nous sommes au bon Chaumont, on commence à la Basilique Saint-Jean-Baptiste, érigée dans le XIIIe siècle, et décorée avec de nombreux tableaux du XVIIe au XIXe siècles. Puis on visite le Centre National du Graphisme, dit Le Signe, un nouvel espace pour abriter la collection d’arts graphiques de la ville qui fonctionne aussi en tant qu’atelier. On visite aussi le viaduc de Chaumont, construit au XIXe siècle pour les trains. De nos jours, il est illuminé par 430 LED la nuit, mais il n’y a plus de trains. Puis on part à l’ouest pour rendre hommage au général de Gaulle à son mémorial au pied de La Croix de Lorraine, à Colombey-les-Deux-Églises.

Au sud-est de Chaumont et Colombey, on va visiter deux villes. D’abord, Bourbonne-les-Bains. On s’attendrait à y trouver un spa thermal avec un tel nom, et voilà. Nous sommes là pour Notre-Dame-de-l’Assomption, leur église du XIIe siècle avec ses statues de la Vierge en marbre du XIVe siècle et en bois du XVe siècle. On fait aussi le parcours du Circuit Histoires d’Eaux, une promenade de 5 kilomètres pour découvrir le spa thermal, un étang de pêche, et le musée municipal. À Langres, on va suivre le Tour des Remparts de cette ville fortifiée. On est dans la ville natale de Denis Diderot, alors on peut visiter sa maison natale et aussi la Maison des Lumières, consacrée à son époque.

On tourne vers le nord-ouest pour visiter Wassy. Mes amis protestants sont probablement un peu contrariés par tous les sites catholiques sur ce blog, alors pour eux, on va visiter le Musée protestant de la grange de Wassy, sur le site d’un massacre qui a eu lieu en 1562. Juste à côté, à Joinville, on visite le Château du Grand Jardin, un château du XVIe siècle avec exactement le genre de parc auquel vous vous attendiez. On finit à Saint-Dizier, où on visite l’ancien château des Dampierre, les fondateurs de la ville. De nos jours, il accueille le sous-prefecture, mais on peut toujours visiter ses trois tours du XIIIe siècle. Finalement, on visite un bâtiment inattendu, la Tour Miko, ce qui reste de l’usine originale des glaces célèbres. Il est devenu un cinéma, et on doit acheter un billet pour un film pour se faire entrer, mais au-dedans, on trouve de nombreux objets divers, des souvenirs de la marque de glaces.

Qui sont les personnages les plus connus de la Haute-Marne ? Sans doute, le plus célèbre doit être Denis Diderot, l’encyclopédiste et philosophe. Le fondateur des Éditions Flammarion (qui m’a vendu deux de mes livres préférés), Ernest Flammarion, est né à Montigny-le-Roi. La famille Huot de Goncourt, célèbre pour les frères du même nom, et le Prix Goncourt, vient du département. Le général Charles de Gaulle, qui n’a pas besoin d’introduction, est enterré à Colombey-les-Deux-Églises. Luis Ortiz Martinez, fondateur de la marque de glaces Ortiz — devenu Miko chez vous et Good Humour chez moi — a fondé son entreprise à Saint-Dizier.

Quoi manger en Haute-Marne ? La grande spécialité du département est le fromage Langres AOP, qui est disponible chez myPanier (juste 80 €/kg ! Oh, mon cher Carrefour, comme tu me manques !). On l’utilise pour fabriquer la version salée de la tarte au quemeu ; on utilise plutôt un fromage blanc pour la sucrée. Sinon, la cuisine est très similaire à la Marne, avec le brochet au champagne (que j’ai déjà fait), les truffes grises, etc. Pour boire, on y trouve les vins Coteaux de Coiffy IGP, du champagne, et des bières locales.

L’origine du Tour

Je dis parfois que je ferai tout et n’importe quoi tant que l’on me le demande en français. À quel point est-il vrai ? Voici l’histoire de comment j’ai décidé de lancer le Tour (même s’il m’a toujours fallu quelques mois pour commencer). Depuis le départ en mars 2020, mon habitude est de me lancer dans des sujets français en criant « Geronimo ! » (mais curieusement, jamais dans ma quotidienne). Donc le temps que juin soit arrivé, j’étais déjà expert en trouver des arguments. Attention aux yeux : il y a un risque de saigner en lisant mon français de 2 mois et demi. J’écrivais des trucs comme « plus meilleur ».

Tout a commencé quand j’ai vu cet article de Topito, partagé sur Facebook comme ça :

À l’époque, je n’avais pas la moindre idée qu’il y avait une rivalité entre les Parisiens et le reste du pays. Maintenant, je me dis « Et vous, aimez-vous bien être traité comme « en province » par les new-yorkais et les los-angéliens ? En fait, aimeriez-vous que l’anglais aurait une expression qui veut dire « tous les malchanceux qui ne vivent pas dans la bonne ville » ? » Mais ça, c’était mon avenir. Revenons au 16 juin 2020.

L’article était plein de conneries comme celles-ci et je ne connaissais guère Topito :

Waaaah ! Il y a pas mal de gens aux États-Unis qui n’ont jamais vu les mers. Alors, les pauvres se plaignaient de n’importe quoi, selon moi.

J’ai laissé un commentaire bien analphabète :

Ce que je voulais dire était « Vous plaignez-vous de ne pas gagner un championnat ? Mais Paris a beaucoup de choses qui font l’envie du monde entier ! Arrêtez de vous plaindre de Paris et soyez contents de ce que vous avez ! »

Au fait, si vous vous demandez pourquoi le drapeau, c’était la suggestion d’une connaissance qui faisait la même chose avec un 🇫🇷 quand elle participait aux groupes anglophones, pour indiquer qu’elle n’était pas native. Je l’utilisais pendant quelques mois, mais j’ai enfin décidé que très peu de monde l’avaient compris.

Disons que ça a provoqué des réponses. En premier et surtout, celles qui voulaient dire qu’il ne faut pas visiter juste Paris. Celle-ci était l’une des plus gentilles.

Il y en avait aussi des moins gentilles :

La première phrase dit « Paris est génial à visiter mais un putain d’enfer sur Terre pour y vivre. » Il dit aussi que Paris est un cauchemar.

Et :

En français, « Car tu n’y habites pas ! »

Mais c’était pas si facile de se débarrasser de moi. Voilà, la naissance de ma plus grande plainte :

L’anglais veut dire : « Cette conversation me semble quelque chose de bizarre. Un américain vient en admirant votre culture et la moitié des réponses sont négatives, mais en anglais pour qu’il ne rate pas la signification. »

Et avec ça, tout à coup, il y avait de la lumière ! Il n’y a rien au monde qu’un râleur peut apprécier comme un autre râleur. C’est la langue universelle ! Il m’a dit en anglais « Nous ne sommes pas mécontents de vous », puis il s’est lancé :

Il y a deux cents plus de mots dans celui-ci ! Nous sommes tombés d’accord que l’herbe est toujours plus verte ailleurs. Mais revenons à la première réponse, celle qui m’a dit qu’il y avait d’autres villes. J’ai répondu que j’espérais visiter tout le pays, et elle m’a répondu en anglais :

Bref, elle m’a dit de visiter Lyon et Toulouse, mais aussi que la culture française n’était pas la même que celle de Paris, et c’était pour ça qu’il fallait découvrir tout le pays, pas juste la capitale. À son avis, ce sont les Parisiens qui ont fait croire le reste du monde que les Français avaient une mauvaise attitude. Moi, je ne dirais pas que je valide cet avis — j’ai chanté les louanges des Parisiens après mon premier voyage — mais on ne se parleraient pas en ce moment si je croyais l’autre chose !

Il y avait beaucoup plus de commentaires, et croyez-moi, Paris avait aussi ses défenseurs. Et ceux qui voulaient trancher le « baloney » plus fin, comme on dirait en anglais :

Mais ce qui comptait, c’était que j’ai appris deux leçons ce jour-là : 1) il y avait pas mal de râleurs en France, et on pourrait très bien s’entendre si je m’améliorais mon français, et 2) je ne savais pas qui avait raison, alors il me fallait vraiment étudier tout le pays, exactement comme on m’avait dit.

Il me restait quelques mois à décider ce qui voulait dire « étudier » dans ce contexte. J’avais quelques amis avec lesquels je parlais souvent de toutes mes découvertes, alors je me suis dit « Imaginez si vous écriviez une lettre tous les jours à l’un d’eux pour parler de ce que vous avez trouvé. » De cette idée, un blog, et de cela, notre Tour.

Le bilan de la première moitié

Pour bien aimer un pays il faut le manger, le boire et l’entendre chanter.

Michel Déon

Ça fait 11 mois depuis le dernier bilan, du premier quart, et nous sommes maintenant finis avec la moitié du Tour des Départements. Ça me rend bien triste — c’est l’aventure de toute une vie ! Mais comme je vous ai dit, la fin du Tour ne sera pas du tout la fin du blog. (Je sais, en fait, comment le dernier post du Tour se terminera.) Alors, qu’est-ce qui s’est passé depuis la dernière fois ?

Où visiter : Sans doute, le Gard — entre Nîmes et Camargue, je n’arrive pas à imaginer un meilleur endroit pour passer un week-end. Je veux voir les rizières autant que les Arènes et le Pont du Gard ! Le Maine-et-Loire pour Angers et la Loire-Atlantique pour Nantes sont aussi des musts. La dernière fois, j’ai choisi les Alpes-Maritimes et l’Ardèche, mais les deux doivent accepter des places un peu plus basses.

Pont du Gard, Photo par Patrick Clenet, CC BY-SA 3.0

Où habiter : La Finistère, car j’adore Quimper plus que presque n’importe quelle ville que j’ai découverte jusqu’à maintenant. Ou le Loiret — je savais déjà que j’adore Orléans, et je suis tombé bien amoureux de Montargis. Ces départements n’ont pas les plus grandes quantités d’endroits trois fois étoilés, mais quand j’ai vu Montargis, par exemple, je me suis dit « J’aimerais y faire une balade tous les jours pour le reste de ma vie ! ». C’est également le cas quand je pense à la Cathédrale Saint-Corentin à Quimper. Par comparaison avec les choix du premier quart, le Calvados reste le gagnant — si ce dîner-là ne vous explique rien, je ne peux rien ajouter. Je triche un peu, mais c’est aussi proche à plusieurs de mes amis.

Vitrail à la Cathédrale de Saint-Corentin, Photo par Thesupermat, CC BY-SA 4.0

Meilleure soupe : Du quart, le velouté de cèpes de Sologne. Pour la vie du blog, la soupe de petit épeautre reste ma préférée.

Meilleure viande : Le carré d’agneau et croûte de noix pour le quart. Le bœuf bourguignon reste ma préférée.

Meilleur fruit-de-mer : Les Saint-Jacques à la crème d’oignons de Roscoff. Désolé, les Saint-Jacques à la crème Chaource. Mais je peux acheter du véritable Chaource maintenant, grâce à myPanier, alors peut-être que je dois le refaire.

Meilleur dessert : Oh, c’est pas facile. Le Paris-Brest ? La tarte Tatin ? La pompe aux pommes ? Le fénétra ? Le kouign-amann ? Si les « Je découvre » sont les joyaux du blog, les desserts sont la couronne. On y trouve mes meilleures techniques, et un maximum de passion. Je dirai le Paris-Brest, car c’est le truc le plus « CAP Pâtissier » de tous, mais si on m’a dit que j’aurais une seule chance d’épater quelqu’un… j’ai une jolie boîte à outils ! Le palet d’or de Valrhona, le gagnant la dernière fois, reste l’un de mes préférés, mais si on relis la liste en haut, ils sont tous des classiques, et je vis pour la tradition.

Meilleur film : C’est difficile de choisir. Le Guignolo ? Le Magnifique ? La Classe américaine ? Les trois mousquetaires ? Borsalino ? OSS 117 à Caire ? La dernière fois, c’était facile de choisir Faut pas prendre les enfants du Bon Dieu pour des canards sauvages car c’est juste derrière Rabbi Jacob et La Grande Vadrouille pour moi. Je choisirai Le Guignolo car il n’y a vraiment pas un mauvais moment — et parce que La Classe américaine n’est vraiment pas un film original — mais c’est proche cette fois. Très proche.

Meilleure réplique : « On va manger des chips ! Tu entends, des chips ! » Je n’arrive pas à choisir La classe américaine en tant que meilleur film, mais vous n’avez aucune idée à quel point j’adore ce moment.

Meilleure chanson : Le Chant des Partisans. Vous ne pouvez pas voir les larmes aux yeux en apprenant cette chanson, et la trentaine de répétitions pour produire une version où je ne pleurais pas. Mais sachez que rien ne m’a plus touché dans ma vie.

Meilleur nom : Saint-Justin, dans les Landes.

Meilleur moment : Est-ce une question ? Acheter du nougat de Montélimar aux Galeries Lafayette ! (Il me reste 7 barres.) Non, mais sérieusement — vivre le rêve de voir Indochine au Stade de France. Si seulement je n’étais pas là tout seul — peu importe à quel point vous pensez que ça me dérange, c’est plus.

Meilleures surprises : Le Gard et la Finistère ont leurs places ici — je rêverais tous les jours de Quimper si je pouvais dormir. Mais il n’y avait pas de meilleure surprise que la Lozère — dès que j’ai lu que la fin de La Grande Vadrouille y a été tournée, je savais que j’allais bien profiter de mes recherches. Notez que ce sont des départements complètements inconnus chez moi avant de commencer. J’allais toujours adorer la Gironde et la Loire-Atlantique. Au fait, vous savez à quel point l’Isère était inconnu chez moi avant ? Je croyais que Grenoble était en Suisse !

« Touristes allemands » en Lozère à l’aérodrome de Mende-Brenoux, ©️Studiocanal

Il y a une autre belle surprise au-delà des départements. Pendant les derniers mois, je vois de plus en plus que vous vous parlez dans les commentaires, pas seulement à moi. Ça fait chaud au cœur.

Pire surprise : Je ne vais pas mentir. J’essaye de donner des opportunités égales à chaque département pour m’épater. Et j’attends toujours à mes films avec impatience. Mais de plus en plus, le blog sent les devoirs parfois. D’une part, c’est que la première année allait toujours être la meilleure — j’ai vécu toutes les meilleures choses des derniers 40 ans en une année, et je n’avais jamais fait aucune de ces recettes. D’autre part, je fais mes recherches parfois, puis je me dis, « Punaise, il n’y a rien à voir sauf le hameau de Saint-Ennuyeux et rien à manger sauf l’énième galette et des couilles d’agneau. Que vais-je faire ? » J’essaye de cacher toujours ces pensées car je me sens comme un invité, mais dans les coulisses du blog, il y a parfois des moments paniqués.

Ce que j’attends le plus : Je vais finalement atteindre le Nord, où on trouve Lille, ce que je croyais la ville de mes rêves. Avais-je raison ? On verra ! J’ai des amis dans de nombreux départements à suivre, dont la Mayenne, le Bas-Rhin, les Pyrénées-Atlantique, le Rhône, la Savoie, et la Seine-Maritime, après lequel sera le prochain bilan du Tour. Détendez-vous, mes amis de la Somme et de la Vendée — votre tour arrivera aussi !

Mon dîner marnais

Avec ce dîner, on finit la première moitié de notre Tour. Sans tarder, je vous présente le brochet au champagne et le gâteau de Reims :

Derrière cette photo, il y a des heures de panique. Bien sûr, vous avez déjà remarqué que le poisson est cassé. On parlera de pourquoi, mais quand on cuisine avec du champagne, le dîner devient vite trop cher à refaire. Je suis bien satisfait du goût ; je vous donnerai la correction nécessaire. En revanche, le gâteau est ce à quoi j’attendais. Mais oh là là, le chemin d’y arriver…

Commençons avec le poisson. J’ai dû substituer du cabillaud pour le brochet, qui n’est pas disponible ici, mais je crois qu’ils sont assez similaires — avec du chair assez ferme. Mais bien que je n’aie pas fait trop de confiance aux instructions, qui disaient de faire braiser pendant 30 minutes, quand je l’ai vérifié après 10 minutes c’était déjà cassé en gros morceaux. Je vous conseillerais donc de faire une sauce au champagne sans y cuire le poisson, ou pendant 2-3 minutes seulement. Mettez-le dans le four, comme à la fin de notre recette, et ça ira. Vous verrez.

Je dois ma recette à plusieurs sources. D’abord, j’allais suivre celle de Keldelice et de Ma Petite Recette. Mais je vous ai conseillé à plusieurs fois de ne pas faire trop de confiance aux recettes de Keldelice, juste les idées. J’ai trouvé une recette sans bain-marie pour la sauce sur Cuisine AZ, habituellement fiable, et j’ai essayé de combiner les deux. C’était 85 % une réussite — nous notons sur l’apparence ici.

Voilà mon champagne, une 1/4 bouteille de Moët et Chandon Imperial pour 15 €. Je me suis demandé que vous me diriez tous si j’ai acheté une bouteille d’une marque française mais fait dans le Comté de Napa en Californie. J’ai décidé que c’était contre mes règles, mais on va revisiter ce sujet :

Les ingrédients pour le brochet au champagne, 1 personne :

  • 1 filet de brochet de 250-300 grammes
  • 1 échalote
  • Quelques tiges de persil
  • 50 grammes de champignons de Paris
  • 10-12 cl de champagne blanc de blancs
  • 30 ml de crème liquide
  • 25 grammes de beurre
  • 20 cl de fumet de poisson
  • huile
  • sel
  • poivre

Les instructions pour le brochet au champagne :

  1. Laver et sécher le brochet. Séparer les queues et têtes des champignons et laver.
  1. Laver et émincer le persil et les échalotes.
  1. Saler et poivrer les brochets et les déposer dans une braisière avec les échalotes, le persil haché, et les queues des champignons nettoyées.
  2. Mouiller avec le fumet de poisson et le champagne. Couvrir et laisser braiser à feu doux quelques minutes seulement. — Dans les photos ici, vous pouvez voir ce qui s’est passé après 30 minutes de cuisson, selon la recette originale.
  1. Retirer les brochets et les réserver au chaud. Allumez le four et préchauffer à 120°C. Faire réduire au tiers le jus de cuisson, à feu vif.
  1. En même temps, faire cuire les têtes de champignon dans une casserole avec la moitié du beurre. Retirer les têtes et ajouter le reste du beurre. Faire fondre sans le brûler.
  1. Tamiser le jus de cuisson réduit dans le beurre, et ajouter la crème liquide. Remuer pour tout incorporer.
  1. Dresser les filets de brochet, en ayant retiré la peau, sur un plat de service allant au four. Ranger les champignons sur le brochet. Napper avec la sauce et passer quelques minutes au four. Retirer et servir.

Ça marque la seule fois où vous allez voir une recette aux biscuits roses ici. J’aime bien ce gâteau, mais cette boîte m’a coûté 8 €. 100 grammes de farine m’aurait coûté 0,22 €. Même avec plus d’œufs et du gel colorant, la coûte n’aurait pas dépassé 2 €. C’est un ingrédient trop cher pour faire des expériences.

On aurait pensé qu’il y aurait une recette pour le gâteau de Reims sur le site de Fossier, qui fabrique les biscuits roses, mais il y en a une centaine — et pas ça. Il y a apparemment deux idées pour faire ce gâteau — sans cuisson et avec. Vu que les deux utilisent des œufs entiers, je dois dire quelque chose en anglais :

NOPENOPENOPE.

Je ne vous donnerai jamais n’importe quelle recette avec des jaunes crus. C’est stupide, et je ne jouerai JAMAIS avec la santé, la mienne (trop tard) ou la vôtre. On suivra largement la recette de Recettes et Terroirs, sauf pour le problème du moule. Vous verrez.

Les ingrédients pour le gâteau de Reims :

  • 12 biscuits roses de Reims (100 grammes)
  • 150 grammes de sucre en poudre
  • 25 grammes de poudre d’amande
  • extrait de vanille
  • 3 œufs, séparés en blancs et jaunes
  • 70 g de beurre

Les instructions pour le gâteau de Reims :

Vous allez avoir besoin d’un moule d’environ 20 cm de large. Mon moule à gâteau habituel a presque 23 cm. J’ai utilisé un cercle de pâtisserie sur un tapis en silicone. Un peu trop petit, en fait, et j’ai dû le faire cuire plus longtemps — presque 30 minutes au lieu de 20. Faites confiance à un cure-dent, s’il vous plaît, et tester souvent.

  1. Réduire les biscuits roses de Reims en poudre.
  1. Travailler en pommade les jaunes d’œufs avec le sucre et quelques gouttes d’extrait de vanille. Voyez-vous la tâche dans la photo en bas à gauche ? C’est de la vanille.
  1. Faites légèrement fondre le beurre au micro-ondes.
  1. Monter les blancs en neige.
  1. Incorporer au mélange la poudre de biscuits roses, la poudre d’amandes et le beurre légèrement fondu. Travailler le tout, jusqu’à obtenir un mélange homogène et ajouter les blancs montés en neige ferme. Mêler le tout délicatement.
  1. Disposer dans un moule rond à génoise. On peut aussi utiliser un cercle à pâtisserie et un tapis en silicone.
  1. Passer dans un four préchauffé à 180 °C pendant 20 minutes — mais ne le sortez pas du four jusqu’à ce que le test à cure-dent réussisse. Voyez-vous ce fond plutôt brun ? On va tout régler ! Pas besoin d’un couteau !
  1. Avec un tamis, saupoudrer avec du sucre glace. Quelle chance — fredonnez « Tes Yeux Noirs » en vous adressant au gâteau : « Tu es siiiii jo-li-i-i-i-ie ». Et personne d’autre ne saura ce à quoi vous pensiez quand le gâteau est sorti.

Je découvre la Marne

On continue maintenant le Tour avec le 51, la Marne. C’est le département le quarante-cinquième plus peuplé, et les habitants se nomment marnais. C’est notre troisième séjour dans le Grand Est. Ce post marque une étape importante — après notre dîner départemental, je publierai enfin le bilan de la première moitié (et l’histoire vraie d’où est venue l’idée). C’est chanceux que l’on est ici, car ça mérite un verre de champagne !

Et oui, vous n’allez pas oublier que l’on parle de Champagne. Dès le départ, leur site de tourisme nous dit que la Marne est « un département qui pétille ». Alors on va commencer à Épernay, chez les grandes maisons de Champagne. Notre premier arrêt est les caves de Moët et Chandon, les plus grandes de Champagne. Soyez prêts à marcher ; il y a 28 kilomètres sous terre ! Ça va coûter — 50 € l’adulte — mais on a déjà payé jusqu’à 6 fois ça au Château d’Yquem, alors c’est un bon marché. Pas loin de leur château, on trouve la statue de Dom Pérignon, mais il me semble que l’on ne peut pas visiter ses caves. Peu importe, on va continuer sur l’Avenue de Champagne pour visiter la Maison Perrier-Jouët — et pas pou l’eau gazeuse Perrier. Il y a pas mal d’autres choix, mais il faut que l’on marche un peu après tout cet alcool, alors on va prendre un tour du vignoble. Ne touchez pas les raisins !

On suit la Route Touristique de Champagne jusqu’à Reims, avec l’aide de cette carte proposée par Marne Tourisme. Reims (3 étoiles Michelin) joue un rôle très important dans l’histoire française au-delà du champagne. Depuis la baptême du roi Clovis Ier, Reims est liée au pouvoir de la couronne française, et depuis Louis VIII, la cérémonie de couronnement avait toujours lieu à la Cathédrale Notre-Dame (3 étoiles). Sainte-Jeanne-d’Arc y était pour le sacre de Charles VII. On passe de la Cathédrale au Palais du Tau (2 étoiles) pour voir le reliquaire de la Sainte-Ampoule qui contenait l’huile pour la cérémonie. Mais ne ratez pas non plus leur tapisserie sur le roi Clovis. On visite aussi la Basilique Saint-Remi (2 étoiles pour l’extérieur, 3 pour l’intérieur, et pas d’accent) du XIe siècle, renommée surtout pour son architecture inhabituelle, 126 m de long et 26 m de large. Avez-vous envie de plus de champagne ? Bon, on passe par la Maison Veuve Cliquot ou bien Maison Ruinart — mais ON TOURNE LE DOS en passant par la Maison Charles Heidsieck. J’ai choisi sa boisson maudite pour le dîner où j’ai fait la plus grosse erreur de ma vie.

On part maintenant pour Châlons-en-Champagne (2 étoiles), la préfecture du département. Ici, on visite la Cathédrale Saint-Étienne (2 étoiles), qui date largement du XIIIe siècle, remarquable pour ses vitraux de la Renaissance. On visite aussi la Collégiale Notre-Dame-en-Vaux (1 étoile) pour son carillon impressionnant et ses vitraux aussi. Vous avez toujours soif ? On passe par la Maison Joseph Perrier, la seule à Châlons. On finit au sud-est, dans le village avec le plus long nom de France, Saint-Remy-en-Bouzemont-Saint-Genest-et-Isson. Ici, on visite le Musée champenois sur la Vigne et le Vin de Champagne. Mais on est également là pour prendre des égoportraits avec leur panneau. Pour ceux qui ont envie de retourner à Épernay pour plus de champagne, soyez les bienvenus, mais vous allez finir par visiter aussi le Mémorial des Batailles de la Marne 1914-1918, car la Marne est fortement liée à la Première Guerre mondiale.

Qui sont les personnages les plus connus de la Marne ? Sans doute, il faut mettre en vedette la star des vidéos de rap partout dans le monde (États-Unis, Allemagne et France — mais il vaut mieux de ne rien regarder), le moine Dom Pérignon, connu pour la boisson gaspillée dans ces vidéos. Le verrier René Lalique, connu mondialement pour ses sculptures, est né à Aÿ. Le dessinateur Cabu, martyrisé pour la liberté d’expression, est venu de Châlons-en-Champagne. (Et en fait, je le connais depuis les années 90s.) Il y a un nombre choquant de gens qui partagent les noms de célèbres champagnes, dont : Barbe-Nicole Cliquot-Ponsardin, dite la Veuve Cliquot, Pol Roger, la Famille Taittinger, Joseph Perrier, et Nicolas Ruinart. Les sociétés devraient les poursuivre ! Jean-Baptiste Colbert, célèbre ministre sous Louis XIV, est né à Reims. Pierre Bayen, découvreur de l’oxygène, est venu de Châlons. Le grand mathématicien Abraham de Moivre est né à Vitry-le-François, mais a passé la grande majorité de sa vie en Angleterre. La Marne est aussi la maison du Français le plus important à l’histoire américaine — encore plus que le Marquis de Lafayette ! — mais il recevra son propre article.

Quoi manger en Marne ? D’habitude on finit avec les boissons, mais le champagne est infusé dans tout et n’importe quoi. Il y a une belle cinquantaine de producteurs de champagne en Marne, et ils produisent aussi des boissons liées au champagne, le marc et le ratafia et avec l’excès, le vinaigre de Reims. (Ouais, aux États-Unis, certains boivent du vinaigre, censé pour la santé.) Ceux qui sont perplexes et pensent que c’est l’Écosse ici peuvent visiter la Distillerie Guillon pour du whisky. On a déjà fait des truffes et du sabayon au champagne, mais on y trouve aussi des bouchons en chocolat remplis de champagne, le brochet au champagne, même les escargots à la sauce champagne et le jambon de Reims, assaisonné avec vous-savez-quoi. Envie de ne pas manger quelque chose au champagne ? Goûtez les lentillons ou les pieds de porc de Sainte-Ménehould. En dessert, il y a les célèbres biscuits roses de Reims, et pour les trop très gourmands, on peut les rendre en poudre et l’utiliser pour faire le gâteau de Reims.