À moins que l’on soit employé de Facebook, on n’a aucune idée de ce qui se passe vraiment avec leurs algorithmes. Et franchement, si vous comprenez comment marche l’IA de nos jours, peut-être même pas eux. Il y a des millions de variables dans les réseaux neuronaux ; impossible pour n’importe quel être humain de garder tous les calculs dans la tête. Mais ils savent que je prétends parler le japonais (enfin, juste les prépositions — lien hilarant en anglais), ainsi que le français, et ça commence à avoir des conséquences.
Facebook, et Instagram, me montrent souvent des clips des japonais — bon, franchement, des japonaises (on en parlera plus ailleurs) — qui veulent apprendre la langue à d’autres personnes. En général, en anglais. Mais récemment, les deux ont commencé à me montrer de tels clips :
En soi, ce n’est pas choquant. Je connais un gars anglophone qui enregistre des trucs en français toutes les semaines pour un public francophone. Pourquoi pas des japonais aussi ?
Alors, je reçois tout à coup plein de suggestions comme celle-ci, qui veut apprendre le japonais aux français :
Mais ça arrive de plus en plus, et je dois avouer que c’est dépaysant. Le système japonais est très loin du français, et je l’avais bien associé avec l’anglais en plus. Par exemple, tout comme en anglais, tous les jours de la semaine finissent par « -yōbi », qui veut dire « -day », ou « jour ». Je suppose que tous les « -di » — lundi, mardi, etc. — viennent de la même origine, mais d’où donc cette espèce de « di-manche » avec son ordre pourri ?
Le Trésor de la Langue française dit que « di » vient du latin « dies », jour, et « manche » de « Dominicus », Seigneur. Mais en japonais, pour dimanche on dit « nichiyōbi », c’est à dire « soleil-jour », exactement comme l’anglais « Sunday ».
Mais ce n’est pas juste la langue. Voilà, elles veulent aussi apprendre la cuisine japonaise aux francophones. Vous remarquerez quelque chose de hyper-japonais dans le texte qui accompagne cette vidéo. Malgré le fait qu’il faut parler le français pour comprendre la vidéo, il y a quand même une petite description en anglais. Ne me croyez pas sur parole :
Ma bataille contre les anglicismes en français est bel et bien perdu en japonais depuis longtemps. Pour « à plus tard », ils disent « bye bye ». Pour ordinateur, « pasokon », une contraction des mots anglais « personal computer », mais avec une prononciation plus naturelle pour eux. Il y a des milliers de mots comme ça. Mais on dit en japonais « arubaito » pour le boulot, d’après l’allemand « arbeit ». (Savez-vous où on trouve ce mot ? Je dis ça, je dis rien.) Et comment dit-on « pain » en japonais ?
Pan. Je vous laisse à deviner à qui ils l’ont emprunté. (Ne soyez pas surpris — il n’y a aucune tradition de pains comme nous les connaissons dans la cuisine japonaise traditionnelle.)
Mais j’ai quelque chose de nouveau pour me faire inquiéter. En préparant cet article, Instagram a décidé que je veux aussi apprendre l’espagnol…en français !
Ça fait maintenant presque trois ans, et nous avons visité virtuellement les trois quarts de la France. ([Quoi ? Vous avez visité le 75, c’est déjà toute la France — Les Parisiens]) Beaucoup de choses ont bien changé depuis les bilans du premier quart et la première moitié. Quand j’ai commencé ce blog, c’était dans la peur que je n’allais jamais arriver en France, et qu’écrire des articles de cette façon serait mon seul moyen de la connaître. En fait, il est plutôt le cas que chaque bilan est arrivé après un voyage.
Le bilan du bilan
Où visiter : Chacun, bien sûr, mais mes choix du quart sont le Morbihan, site de la plus belle photo du blog, le Haut-Rhin, parce que Strasbourg à Noël suffit, et le Rhône, parce que la Colline de Fourvière pendant la Fête des Lumières suffit aussi. La Savoie mérite aussi une mention spéciale, car j’ai une chère amie là-bas qui vaudrait le coup toute seule. Mes choix du deuxième quart : le Gard, le Maine-et-Loire et la Loire-Atlantique. Du premier quart : les Alpes-Maritimes et l’Ardèche.
Où habiter : La Seine-Maritime ou le Nord. Deux départements avec ce que j’ai appelé « la ville de mes rêves », Lille et Rouen. Je sais, je suis aussi fidèle aux villes qu’à Anne-ÉlisabethÉmilie mes coups de cœur. Mes choix du deuxième quart : la Finistère, et le Loiret. Du premier quart : le Calvados. Il me semble que c’est la Seine-Maritime qui a La Couronne.
Meilleure soupe : D’une part, ça doit être la soupe VGE, parce que c’est parmi les meilleures choses que j’ai faites, quelle que soit la catégorie. D’autre part, c’est une soupe bien au-delà de mes buts pour ce blog : c’est hyper-cher et loin du paysage. Pour ces buts, je choisirais plutôt le potage Crécy. Du deuxième quart, j’ai choisi le velouté de cèpes de Sologne. Pour la vie du blog, la soupe de petit épeautre, du premier quart, reste ma préférée.
Meilleur poisson : Il me semble que je n’ai pas jugé les poissons séparés des autres viandes avant. Le thon à la basquaise est un des meilleurs plats du blog et ne mérite pas un second rôle derrière n’importe quelle viande. Avec son piment d’Espelette, ce plat est une merveille de la cuisine basque. J’ai aussi adoré la sole meunière, et avec un poisson entier pour épater les invités, peut-être qu’elle aurait plutôt gagné. Pour corriger l’omission, les escalopes de saumon au Monbazillac est le meilleur poisson du premier quart, et la truite grenobloise est le meilleur du deuxième quart. Mais le thon à la basquaise a les palmarès.
Meilleur fruit-de-mer : Le homard Thermidor gagne les palmarès du troisième quart. J’aurais dit que c’est trop coûteux comme la soupe VGE, mais j’ai réussi à acheter deux queues pour 15 $. De luxe, mais pas fou. Les Saint-Jacques à la crème d’oignons de Roscoff., du deuxième quart, cède sa place. Pour le premier quart, c’était les Saint-Jacques à la crème Chaource. Hélas, je ne cuisine guère les Saint-Jacques de nos jours parce que le prix a doublé il y a un an (de 40 €/kg jusqu’à 80 !). Le homard est presque bon marché en comparaison !
Après ce que j’ai dit à propos de la soupe VGE, ça vous semblera plutôt hypocrite, mais à mon avis, les desserts du troisième quart étaient un peu trop paysans. Pour autant que j’aime la pachade ou la flamusse aux pommes, c’est les macarons et les gâteaux qui font rêver. La dernière fois, j’ai choisi le Paris-Brest en disant que « c’est le truc le plus « CAP Pâtissier » de tous ». Je n’ai jamais caché mon admiration pour Pierre Hermé et Gaston Lenôtre, et si les desserts sont mon côté parisien, bon, c’est un blog pour toute la France, dont le 75. Le palet d’or de Valrhona, le gagnant du premier quart, reste l’un de mes préférés. (Les religieuses n’en font pas partie.) Mais les macarons sont la signature du blog.
Meilleur film : C’est facile à choisir, mais un peu parce que j’ai déjà vu presque tous les grands classiques de la comédie (les drames, c’est tout autre chose). Ça doit être Ne nous fâchons pas, ce qui mériterait un haut classement même pendant la première année. D’autres excellents choix : Les Tribulations d’un Chinois en Chine, et Les Barbouzes. Je suis plus qu’un peu surpris que je n’ai vu qu’une douzaine de films depuis la dernière fois — je n’essayais pas de ralentir autant. On s’approche quand même du 100e film, et quand ça arrive, on passera une semaine entière pour faire le grand classement. Croyez-moi, j’ai un grand tableur plein de notes !
Meilleure chanson : La tactique du gendarme. Je n’ai pas publié beaucoup de chansons depuis la dernière fois, mais celle-ci serait la gagnante contre plein de concurrents. Elle est drôle, de Bourvil, et à mon avis, du bon travail de mon côté. Peut-elle vraiment survivre la comparaison avec Le chant des partisans ? Non, mais il n’y a rien qui mérite ce titre — elle restera pour toujours la chanson la plus importante que j’ai appris pour ce blog. Et oui, malgré la durée depuis son enregistrement, je la connais toujours par cœur.
Meilleur moment : Honnêtement, à chaque fois, c’est la visite en France. Cette fois, ça doit être fêter le 14 juillet en famille. Pour le deuxième quart, c’était vivre le rêve de voir Indochine au Stade de France. Pour le premier quart, j’ai dit que c’était le jour où je suis arrivé en France pour la première fois. Je n’ose pas choisir entre ces 3. Il n’y a pas de telle chose comme un mauvais jour en France, au moins à mes yeux. (Oui, même celui-là.)
Meilleures surprises : Il n’y a pas de question — la fois où Le Journal du Centre a écrit sur moi ! La deuxième fois, j’ai choisi la Lozère, de laquelle j’ai écrit « dès que j’ai lu que la fin de La Grande Vadrouille y a été tournée, je savais que j’allais bien profiter de mes recherches ». Pour le premier quart, j’ai choisi la Drôme et l’Ariège.
Pire surprise : La boulette me hante toujours. Mais non pas seulement à cause de l’événement lui-même. Ça fait déjà 1 1/2 ans que je suis membre de l’OCA. Il me semble que tout le monde se contente de ne pas me connaître en dehors des activités du groupe. J’avais espéré autrement. C’est décevant.
Ce que j’attends le plus : Deux des mes plus chers amis du pays habitent dans des départements à venir, la Somme et la Vendée. Et si vous pensez que je ne pense pas à que faire pour eux depuis des années, bienvenue au blog pour la première fois.
Le prochain bilan sera la fin du Tour. Et j’ai écrit sa fin il y a longtemps. Mais ne vous inquiétez pas, je ne vais nulle part.
Pendant cette dernière semaine, vous avez certainement remarqué qu’un certain nom est apparu ici plusieurs fois. C’est Pascal Olhats, un chef duquel je parle ici depuis le début du blog. Quand j’ai conçu l’idée de « 5 Minutes Avec » il y a 9 mois, c’était dans l’espoir que exactement cette série de choses arriverait pour mettre fin au troisième quart du Tour. Il est mon invité, et si l’interview dure plus que 5 minutes — environ 13 minutes, en fait — c’est un vrai document culturel d’Orange County, l’histoire de la cuisine française chez moi. Je ne demande que rarement que vous partagez un épisode, mais à mon avis, celui-ci le mérite le plus de tous.
Le bilan du troisième quart paraîtra demain. Ça fait presque trois ans de travail pour apprendre quelque chose sur chaque département, et cuisiner un plat et un dessert, pas d’exceptions. Et il m’aura fallu 4 ans le temps que je le finisse ! C’est le plus grand projet de ma vie, et il me bouleverse toujours quand certains apprécient que j’ai pensé à leur coin du pays. Y aura-t-il une autre surprise aussi belle qu’un certain article dans Le Journal du Centre ? J’espère que oui ! (Je crains que non.)
Après le bilan, je mettrai le Tour en pause pendant une semaine afin de vider mes brouillons. J’ai quelques articles qui sont en attente depuis beaucoup trop longtemps, et j’aimerais les finir. Aussi, j’aurai deux événements avec l’OCA, et il y a un risque qu’il me faudra cuisiner pour eux. Pas de temps pour rechercher le 77. (Je ne sais même pas quel est le 77 ; voilà, je ne suis pas aussi prêt à l’avance que vous le pensiez.)
Juste avant de mettre ce numéro sous presse, j’ai entendu parler de cette polémique :
Oh là là, mais ça va également embêter La Fille et M. Descarottes ! Je dois chercher l’épisode des Grosses Têtes, mais La Fille n’aimera pas que l’on choisisse un animal de compagnie au lieu d’un enfant, et M. Descarottes ne sera pas content que l’on choisisse un chien au lieu d’un cobaye.
Notre blague traite des vœux. Je vous rappelle qu’à partir de cette saison, les blagues sont disponibles du menu en haut, avec une semaine de retard. Pour garder notre longueur typique, le seul article de la balado est
Ce soir, j’ai décidé de revenir sur la série « Capitaine Marleau », mais quel épisode choisir ? Je fouillais dans les descriptions, et tout à coup, j’ai eu la seule réponse possible — dans les crédits de Deux vies, j’ai trouvé un nom du plus beau passé, Mylène Demongeot. Qu’elle soit toujours en vie et active 60 ans après Fantômas ! En 2021, j’ai tombé sur un magnifique souvenir d’elle à la Cinémathèque française, pendant mon tout premier jour en France. Mais après Fantômas, elle n’est plus réapparue dans mes films. Il s’avère qu’elle est décédée en 2022, mais elle nous a donné ce dernier tour, diffusé en 2020. J’étais cu-ri-eux.
Il y a en fait une autre star renommée dans cet épisode. J’avais entendu parler des Inconnus — ça surprend, vu leur nom — mais jamais rien vu de leur œuvre. Mais un de leurs membres, Pascal Légitimus, jouait aussi dans ce téléfilm, dans un rôle dramatique plutôt que comique. J’ai dû le voir. En plus, ça se déroule en Corrèze, l’un de mes nombreux coups de cœur ([Il y en a en fait seulement une soixante-dizaine à ce point. Je sais la vérité. — M. Descarottes]).
Notre histoire commence avec la capitaine en pleine forme, se foutant de la gueule d’un gendarme qui est censé l’apprendre à monter à cheval. Vraiment, ça doit être fatigant pour ses collègues.
Presque tout le film se déroule autour de cette ferme corrézienne. Que ce paysage soit beau ! Pensez-vous que j’ai une vue comme ça quelque part en Californie, l’état qui conseille aux citoyens de planter du cactus ? Hahahaha… non.
Voici la famille Lemaire. Christophe, le barbu, ne s’entend pas bien avec son cousin Éric, qu’il retrouve en train d’espionner à la ferme :
On rencontre aussi Laëtitia, la femme de Christophe, qui semble s’entendre bien avec sa belle-mère, Louise (Demongeot) :
Il vous choquera que le cadavre de Laëtitia se trouve quelques minutes plus tard, au milieu de la ferme :
Christophe n’est pas le couteau le plus aiguisé du tiroir, et quand Marleau l’interroge de sa façon habituelle — sans empathie — il trouve ses blagues déroutantes :
Christophe soupçonne son cousin, qui veut vendre la ferme, et l’affronte :
Mais elle n’a eu aucun document dans son porte-feuille, aucune identification — et il s’avère qu’elle s’appelait en réalité Pauline, ex-femme de Jonathan (Légitimus), disparue sans trace 10 ans plus tôt. Il identifie le cadavre pour les gendarmes et est choqué à découvrir qu’elle n’est morte que récemment.
Marleau vient chez Jonathan pour parler avec sa fille, Garance, qui ne savait pas que sa mère était toujours en vie. Encore une fois, Marleau le fait avec son empathie habituelle. Cherchez les blagues de la semaine pour le nom Kowalski, et vous trouverez exactement cette scène :
Louise avait un frère, Guy, décédé il y a 40 ans. Son ancien copain, Jean-Claude, de nos jours un peu sénile, passe par chez les Lemaire parfois pour le chercher. Il rencontre Marleau et décide tout à coup qu’elle est modèle, ce qu’elle trouve hilarant :
Marleau découvre que la copine de Jonathan, Élodie, était en contact avec Pauline, mais a menti à Marleau sur ça. Elle va chez Jonathan pour l’interroger et leur dit qu’elle a parlé avec l’homme injustement condamné pour avoir tué Pauline, un certain Arnaud, surnommé Nono. Pensez-vous que j’ai raté la référence à Ulysse 31 ? Il faut travailler plus dur que ça pour me tromper sur les années 80 !
Au fur et à mesure, il s’avère que Louise a menti sur la mort de son frère Guy, et que Christophe, enfant à l’époque, l’aidait à cacher la vérité. Tout le monde cache des secrets dans cette histoire ! Elle l’avoue à Marleau quand il s’avère que la victime savait quelque chose de la situation :
Il y a un moment ici, impossible de vous montrer avec une capture d’écran, où Marleau rit comme Fantômas devant Louise, puis l’explique à son subalterne. Ce moment tout seul vaut le coup de regarder le film. Pour un amateur du cinéma français, il n’y a rien de mieux.
Je vais passer sur beaucoup de détails des 30 dernières minutes, mais il y a une découverte choquante vers la fin. Il est fort probable que vos théories jusqu’à ce moment aient tort.
Je ne peux pas vous recommander ce téléfilm plus fortement. J’étais en haleine dès le départ, et Mme Demongeot ? Elle était à la hauteur de mes espoirs — son personnage se révèle manipulatrice première classe, mais on ne le soupçonne pas au début (elle n’est pas la meurtrière). L’expression que l’on utilise en anglais pour sa performance est « tour de force » ; je vous laisse à la traduire en français. On ne peut pas demander plus d’une telle légende.
On revient à notre dernier dessert avant le bilan des trois quarts du Tour. Cette recette vient de la mère de Pascal Olhats, et c’est sa version du gâteau normand. C’est bel et bien une recette Coup de Foudre — de sorte que l’on fait pour manger en famille, et plein de tradition. Voilà :
Je ne peux pas vous donner un lien, parce que je l’ai en copie écrite à la main. Alors, vous êtes au bon endroit — allons le faire !
Il est impossible de vous parler de ce dîner sans divulgâcher quelque chose. Si vous avez attentivement lu Je découvre la Seine-Maritime, vous avez remarqué que j’ai mentionné le chef Pascal Olhats, qui est venu de Rouen à ma ville. Nous avons parlé à plusieurs fois maintenant, et il m’a donné mes recettes pour la Seine-Maritime. S’il n’y avait pas eu un accident en cuisine ce soir (je vais, mais le dessert a été perdu), je vous aurais présenté mon plat et mon dessert en même temps. Alors, pour l’instant, la sole meunière selon Pascal :
Haute résolution en cliquant
Pascal a lancé sa carrière chez La Couronne, où vous trouvez quel plat sur la carte ? Ouais :
Les carottes glacées au miel sont là pour avoir un accompagnement ; je ne dis pas que les deux vont ensemble chez La Couronne. Mais il n’y a rien de plus seinomarin qu’eux. Allons faire le dîner !
On continue maintenant le Tour avec le 76, la Seine-Maritime. C’est le département le seizième plus peuplé, et les habitants se nomment seinomarins. C’est notre cinquième — et dernier — séjour en Normandie, et si vous ne comprenez pas pourquoi je pleure comme un bébé en écrivant ces mots, bienvenue au blog pour la première fois.
Il nous faut absolument commencer à Rouen (3 étoiles Michelin), la préfecture et — très inhabituellement — une de deux villes avec plus de 100 000 habitants dans le département, Le Havre étant l’autre. Rouen est la réponse à la question : « Et s’il y avait une ville d’exactement la même taille d’Irvine quand je le croyais un paradis sur Terre, mais avec 2 000 ans d’histoire au lieu de 60, couronnée par mon héroïne, où tout le monde mangeait de la cuisine normande, et pourtant les appartements ne coûtaient qu’un cinquième d’Elbe-en-Irvine ? » Ce serait justement dit la ville de mes rêves.
On arrive dans un train SNCF à la Gare Rive Droite. On se promène le long de la Rue Jeanne d’Arc, jusqu’à notre arrivée devant le Donjon de Rouen, tout ce qui reste de l’ancien château. Jeanne d’Arc y était prisonnière pendant son procès injuste. Il y a des visites libres le week-end ; sinon, on ne peut que passer par l’extérieur. On est à 200 mètres du Musée des Beaux-Arts (3 étoiles), avec des tableaux de Monet, Pissarro, Géricault, Poussin, et Corot, ainsi qu’un jardin de sculptures. Après le musée, on tourne à droite sur la Rue de Guillaume le Conquérant pour aller sur la Place du Vieux Marché (1 étoile), au cœur du Vieux Rouen (3 étoiles). Ici, entouré par des maisons à pans de bois, on trouve l’Église Jeanne-d’Arc (2 étoiles), en forme de bateau viking renversé, avec des vitraux Renaissance retrouvés d’une église détruite par Les Voisins.
Avant de quitter la place, on déjeune à La Couronne, la plus vieille auberge de France, depuis 1345. Ce resto a formé le jeune Pascal Olhats, sujet de l’un des premiers posts du blog, et le plus grand chef d’Orange County. Regardez mon déjeuner ici avec des amis en 2021 et expliquez-moi pourquoi elle n’a pas d’étoile Michelin. Ce n’est pas logique.
On revient vers la Rue Jeanne d’Arc et la croise au Gros Horloge (2 étoiles), où Jeanne aurait connu l’horloge elle-même (là depuis 1389), mais pas sa façade de 1529. C’est le symbole de la ville. La Rue du Gros-Horloge (2 étoiles) nous mène à la Place de la Cathédrale. Notre-Dame de Rouen (3 étoiles) a trois tours très différentes : la Tour Saint-Romain, de style gothique, la Tour « de Beurre », de style « flamboyant », et la Tour Lanterne, une flèche sur la croisée du transept. Au-dedans, on trouve de nombreux gisants et statues, dont celui de Richard Cœur de Lion. À côté de la Cathédrale, on trouve l’Historial Jeanne d’Arc (1 étoile), une exposition sur son procès dans le bâtiment où il a eu lieu — je l’ai visité en 2021 et l’a a-do-ré. Il y a plein d’autres églises et musées exceptionnels à Rouen, mais on va finir au Parlement de Normandie, de nos jours le Palais de Justice (2 étoiles), un beau bâtiment Renaissance du XVIe siècle.
Au fait, tout ce Vieux Rouen a sa place dans l’histoire de la télévision américaine. Si on monte sur la terrasse de la Côte Sainte-Catherine (3 étoiles), on aura la même vue trouvé dans cet épisode de Mission : Impossible (je l’ai mis au bon moment pour vous). Attention, la vidéo est inversée.
On tourne vers le nord, pour visiter les Jardins d’Étretat (2 étoiles), jardin moderne qui reproduit les formes des fermes ostréicoles et des vagues de la Manche, parmi d’autres, avec des plantes. À Fécamp, on visite le Palais Bénédictine (2 étoiles), érigé par le créateur de la liqueur célèbre pour servir également en tant que distillerie et musée. On passe ensuite à Dieppe pour visiter son château-musée (1 étoile), qui abrite des objets de l’histoire dieppoise, surtout une collection d’ivoires (on ne fait plus de telles choses pour ne pas menacer les éléphants). Finalement, au Tréport, nous prenons une balade le long du Quai François Ier, pour admirer l’océan et manger des moules locales.
Peut-être que vous connaissez le dernier film de James Bond avec Sean Connery, dit Jamais plus jamais en VF, et Never Say Never Again en VO. Ce film est grosso modo une reprise d’Opération Tonnerre, le résultat d’un conflit de droits d’auteur entre Ian Fleming et Kevin McClory. Je pourrais écrire pendant des jours sur les problèmes autour de ce film, mais c’est Langue de Molière ici, alors nous nous intéressons plutôt à l’usage de « jamais ».
La traduction exacte du titre anglais serait plutôt « Ne dites jamais « Plus jamais » », mais vu l’affiche, on pardonne le changement :
Mais ici, il n’y a pas de question de ce qui veut dire « jamais » : quelque chose n’est pas arrivé et n’arrivera pas non plus. Le Robert appelle ça le sens négatif, et personne ne va…euh…jamais dire qu’il ne le comprend pas. Comme j’ai dit en haut, on le traduit en anglais par « never ».
Or, il y a un autre sens que j’utilise très rarement parce que des Français et Google Traduction n’hésitent pas de me dire qu’il n’existe pas. C’est le sens positif, et ça veut dire que quelque chose est arrivé au moins une fois, ou qu’elle arrivera un jour. Dites-leur, M. Le Robert, je n’ai rien inventé :
En anglais, on dit « ever » pour ce sens, ce qui sert à le distinguer de « never ». Mais vous êtes trop grands fans de l’efficacité, alors vous n’utilisez qu’un mot pour les deux. Je n’ai aucun espoir de la retrouver, mais tout au début, en 2020, j’ai écrit quelque chose sur Facebook comme « C’est la chose la plus drôle que j’ai jamais vue ! » et les profs de français autoproclamés du groupe m’ont tous dit « Cette phrase n’a aucun sens ! Vous l’avez vu, ou pas ! » Ils avaient tort, et c’est mon ami Robert qui le dit. Mais peut-être qu’ils comptaient tous sur Google, qui déteste cet usage. Voici un exemple :
Ça arrivera avec tout et n’importe quel exemple que vous choisirez. Toujours « déjà », jamais « jamais ».
Mais, peut-être que les profs d’Internet n’ont pas complètement tort, parce qu’il existe un autre sens négatif, sans « ne » :
On dit souvent aux élèves étrangers « Ne vous inquiétez pas que le français ne distingue pas entre ces cas ; le contexte suffira ». Le passé composé, par exemple, se traduit d’au moins deux façons en anglais, qui ne sont pas des synonymes. Ne vous inquiétez pas des détails ; la plupart du temps, c’est en fait évident. De toute façon, à mes yeux, il me semble que ces cas ne sont pas les mêmes que le sens « déjà » ; pourtant, les deux se ressemblent certainement.
Langue de Molière vous reverra la semaine prochaine pour parler d’un truc vraiment fou : Instagram veut m’apprendre le japonais…en français.
Il y a des semaines, j’ai entendu parler d’une jolie jeune voisine de notre cher Jours d’humeur, une certaine Anne Kerdi, qui « fait le buzz », comme dites vous les anglophones. Elle a vite acquis plusieurs milliers d’abonnés sur Instagram, et vu que j’ai récemment connu un peu de succès en y faisant des présentations, j’ai pensé à leur faire connaître. Après tout, il aime la plage, tout comme elle, visiblement. (En fait, je n’ai aucune preuve qu’il aime la plage, mais après qu’il a regardé la photo en bas, j’aurai eu raison.)
Elle n’est rien d’autre qu’une création de l’IA, par un homme qui a clairement trop écouté « Anything She Does » de Genesis* (sur un auteur qui tombe amoureux de son héroïne fictive). Et pour être clair, l’auteur n’a jamais caché la vérité — dès le premier post, ci-dessous, il a dit que le tout est faux, avec des textes générés par une IA, puis vérifiés par l’humain avant d’être publiés. Je suis moins certain quant à concernant les photos — l’auteur tague certaines, comme celle-ci, « #generativeart » mais aussi « #modelephoto ».
*(Je plaisante. Impossible de trop écouter tout l’album « Invisible Touch« , dont « Anything She Does ».)
Il ne vous étonnera pas du tout d’apprendre qu’Anne reçoit des messages coquins, ou au moins un peu chauds, car le fait de ne pas exister n’empêche pas tous les hommes. (Il y a des applis payantes pour ce genre d’homme. Ça me donne envie de vomir.)
Je vais avouer que la découverte de ce compte a bel et bien gâché mon prochain poisson d’avril. J’allais « confesser » que ce blog était en fait une farce hyper-compliquée faite par une adolescente ennuyée de 15 ans dans un département très peu peuplé, peut-être la Corrèze ou la Lozère. Et que son cousin qui a déménagé à Elbe-en-Irvine est celui qui répond aux vrais courriers.
Mais avec de telles « personnes » comme Anne Kerdi en ligne, qui sait ? Peut-être que l’on peut faire un « deepfake » même de ma vidéo du concert d’Indochine ? Ce serait plus simple que croire qu’il existe un type assez fou pour faire l’aller-retour en 50 heures, n’est-ce pas ? Il me semble maintenant qu’un tel poisson présenterait un risque trop élevé. Certains d’entre vous m’ont rencontré dans la vraie vie, mais un robot derrière les courriels et les MPs ? Pourquoi pas ? Alors merci Anne, ou qui que ce soit, vous allez me faire travailler pour le prochain 1er avril. Ça, je ne pardonne pas.
Mais, euh…monsieur le programmeur ? La prochaine fois où vous me créerez dans une autre simulation, peut-être que vous pourrez me laisser garder plus de cheveux dans les photos ? Ce serait super, merci !
Cette semaine, on atteint finalement la Seine-Maritime. Je ne veux rien divulgâcher, mais je crois que ce sera l’un des joyaux du blog. J’ai ma carte, j’ai mes propres photos à moins pour Rouen, et…faut attendre le reste.
Ça me rappelle qu’il y a un souvenir que j’aurais tellement aimé ramener aux États-Unis, mais je n’ai pas arrivé à le trouver en France. C’est une certaine affiche de Rouen. Peu importe, car il n’y a aucune affiche sur mes murs. J’espère que je déménagerai ce printemps (pas loin ; il faut que je reste à moins de 20 km de la maison de mon ex), puis j’aurai finalement le droit de mettre des clous dans mes propres murs. Ce serait merveilleux.
Je vous ai récemment parlé de mon ami qui a des avis plus forts que son expérience mérite quant à au sujet de la cuisine. Hier matin, il m’a réveillé juste pour m’envoyer ce tweet 100 % nul :
« Faut avouer que je n’ai jamais compris quel est du bien quant à la cuisine française. Je ne peux même pas dire quel est un plat classique français. De l’autre côté, l’italien, je l’adore. C’est si solide et a du goût sans prétention. Très similaire à la cuisine chinoise. Italien >> français à mon avis. »
Ça touche sur un sujet qui me met en colère et non pas seulement en votre nom. Si on échange les places des mots « français » et « chinois », ce propos serait considéré comme du racisme aux États-Unis Je ne sais pas si j’en écrive plus, car c’est un sujet hyper-sensible.
Il y avait au moins une nouvelle heureuse hier :
Encore une fois, les Chargers ont perdu au tout dernier moment. Ça fait chaud au cœur. J’ai payé des billets pendant 17 ans et ils ont remboursé la loyauté en quittant la ville. Si je pourrai rester dans la mémoire
Notre blague traite de la fierté familiale ; la blague n’est pas à moi, mais je peux imaginer que La Fille la dirait dans la vraie vie. Je vous rappelle qu’à partir de cette saison, les blagues sont disponibles du menu en haut, avec une semaine de retard. Nos articles sont :
Sur le blog, il y a aussi Des limites, l’histoire d’une entreprise que entreprend d’abuser la mémoire du 11 septembre, Le clafoutis aux fruits rouges, ma contribution au Clafoutis World Tour de Maman Lyonnaise, et Les brookies, mon dernier effort pour faire plaisir à La Fille.