Archives de l’auteur : Justin Busch

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A propos Justin Busch

Les aventures d'un américain qui est tombé complètement amoureux de la France

Les voyages

Pour terminer cette semaine de souvenirs, on passera par le meilleur de mes 3 voyages en France pendant le Tour. J’avais planifié un projet beaucoup plus ambitieux pour aujourd’hui, mais il y avait des problèmes techniques. J’espère le revisiter pour la fin de l’année. C’est quand même une bonne idée de revisiter les voyages, car ils n’auraient jamais eu lieu sans le Tour.

J’ai planifié ma première visite en France autour du Central Tour d’Indochine, pour lequel j’ai acheté un billet en septembre 2020. C’était censé avoir lieu le 19 juin 2021, mais on se souvient tous de ce qui se passait à l’époque :

Capture d'écran du gros-titre du Canard enchaîné -- Vaccinodromes, L'appel de Macron : "Passez du stade défiance au Stade de France"

Oui, le Stade de France servait en tant que vaccinodrome, alors aucun concert n’y aurait pas lieu. Et il me semblait qu’avec un horaire contrôlé par mon ex, la nouvelle date serait impossible :

J’avais besoin d’un jour sous le vieil horaire ; j’ai besoin de 6 avec la nouvelle date. Ça ne marchera pas. Les seules dates qui pourraient marcher sont à Marseille et à Lyon. Je n’ai pas beaucoup d’espoir.

Un jour sombre

J’avais espéré passer une semaine en France, autour du concert, et en ce moment-là, je croyais mes plans gâchés. Je vous ai parlé de mon itineraire de rêve, mais à ce point, ça faisait 13 ans depuis la dernière fois où je suis allé à l’étranger. Alors quand mon ex a pris ses vacances en juillet, j’ai saisi l’opportunité, en craignant qu’elle n’arriverait plus jamais, ou au moins pas jusqu’en 2028.

Il ne m’était pas trop amusant que l’un des premiers arrêts du RER B en quittant l’aéroport parisien était le Stade de France :

Photo de point de vue d'une car du RER B de l'arrêt La Plaine Stade de France

J’ai atteint un arrêt près de Notre-Dame, toujours fermée, mais le plus proche de mon hôtel :

Photo selfie de moi, masqué, devant Notre-Dame

J’ai marché dans la rue Saint-Jacques pour aller à l’hôtel. Pour la première fois de ma vie, tous les panneaux de la rue n’étaient pas en anglais ni espagnol, mais français. Et je me souviens de penser en ce moment-là, je ne m’étais jamais senti autant à la maison. Le reste de ce jour-là, c’était un rêve. Je vous ai dit à l’époque que je suis allé à la Cinémathèque française, aux Galeries Lafayette Haussmann, à La Coupole. Je n’ai pas partagé avec vous cette conversation sur Facebook entre deux de mes amis, au-dessous des photos du Magasin Maison et Gourmet :

"Tu as quand même quitté l'aéroport lol" "C'est vrai qu'il aurait pu rester scotché au comptoir de Ladurée ou de Fauchon à Roissy""Justin est tellement imprévisible"

J’ai une réputation à maintenir, c’est certain.

J’ai planifié cette semaine comme si je ne reviendrais jamais, car je me souvenais bien des 6 heures en France, suivies par 28 ans d’exil. J’avais partagé tout l’itineraire avec quelques amis, qui m’ont tous dit que j’étais fou, que c’était impossible — Sacré-Coeur, Montmartre, les Deux Magots, la Tour Eiffel ET l’Arc de Triomphe en une journée ; Versailles et le Louvre en une autre. Des jours à Rouen et à Orléans. J’ai marché la distance de deux marathons cette semaine-là, et en quittant le pays, j’ai pleuré comme un bébé, car j’ai enfin su que j’avais toujours eu raison. L’expérience de la première journée n’avait pas été une illusion.

Mais j’avais quitté le pays sans réussir le but original du voyage, le concert d’Indochine. J’avais deux billets, et j’en ai vendu un à une américaine qui a fini par me cambrioler. Heureusement, les deux n’étaient pas côté à côté. Or, il me semblait que j’allais perdre l’autre, car le prix des vols avait doublé, et l’horaire restait impossible. Quand quelqu’une m’a dit qu’elle avait besoin d’un échange de garde, je lui ai dit que si je ne recevais pas le bon week-end, il n’y aurait plus jamais besoin de me demander des faveurs. Je ne suis pas hyper-fier de ça, mais en revanche, elle m’avait nié toute demande pendant 12 ans en recevant toutes les siennes. Après, Air France a coupé le prix au même niveau qu’en 2021, et mon chemin était ouvert — si je faisais l’aller-retour en 3 jours.

Même — peut-être surtout — un si court voyage était rempli au maximum. J’ai visité le tombeau de Napoléon et dîné chez Le Procope, frequenté anciennement par notre Père fondateur Benjamin Franklin.

Mais ce que je voulais plus que tout, c’était être entouré de la foule des fans, de vous. Je compte ce concert parmi les meilleurs moments de ma vie :

Explosion de confetti au concert d'Indochine le 21 mai 2022

À ce point, La Fille était prête à me tuer si nos prochaines vacances n’étaient pas en France. J’ai toujours le problème que mes parents veulent aller avec nous car ils n’ont qu’un petit-enfant — à quoi sert mon petit frère ? ne me le demandez pas — alors j’ai dû leur dire que je n’irais nulle part ailleurs en 2023. Ceux qui étaient ici en 2023 auront remarqué que ma mère n’est pas allée avec nous. Son père est mort pendant qu’elle voyageait à Paris 5 ans avant ma naissance. Pourquoi ça devrait m’empêcher d’aller en France moi-même, je ne l’ai jamais compris.

C’est comment je suis arrivé en France pour la troisième fois en trois années. Si la seule chose que nous avions fait était fêter la fête nationale avec mon amie rouennaise, ça aurait valu la peine.

Si la seule chose avait été la visite aux plages et au cimetière américain, ça aurait valu la peine :

Si l’on n’a visité que la Tour Eiffel, site de rêve pour ma fille après de longues années de regarder Miraculous, ça aurait valu la peine (mes photos de la Tour ne sont pas super, ce sont donc des vues une fois montés) :

Si on avait juste enfin visité les jardins de Versailles, ratés pendant mon premier voyage, ça aurait valu la peine :

À chaque fois où je vais en France, je sais de plus en plus ce que je veux faire, et je suis reconnaissant pour chaque moment, peu importe sa durée. Mais un de ces quatre, j’espère qu’il y aura un aller. Sans retour.

Les cadeaux

La semaine des souvenirs est presque terminée, mais il serait impardonnable de ne pas mentionner les cadeaux que j’ai reçus de nombreuses personnes pendant ces 4 dernières années. Je n’arrive toujours pas à le croire, et je reste aussi perplexe maintenant qu’en 2020, car personne ne fait de telles choses aux États-Unis. (Au moins, je ne les connais pas.)

Collage de tous les cadeaux du billet

Pendant mon premier voyage en France, mon ami à Orléans m’a donné ce livre sur la ville, ce qui m’a beaucoup aidé pour écrire mon billet de la visite.

Livre intitulé « Orléans : Insolite et secret »

Peut-être plus choquant pendant ce même voyage-là, j’ai reçu deux cadeaux de deux inconnus, ce que j’ai raconté dans un post intitulé « La bienveillance des Français ». En premier, quand je suis allé dans Le Temps des Cerises, ma boutique préférée au monde entier pour les vêtements, j’ai acheté plusieurs jeans, mais il n’y avait pas de promotion en ce moment. Pourtant, la vendeuse m’a offert plusieurs masques de leur marque (c’était toujours l’époque) :

Sac de masques anti-Covid

La dernière nuit, je suis allé chez Gaya, un resto de mon chef préféré, Pierre Gagnaire (je le connaissais déjà à cause d’un resto à Las Vegas, fermé définitivement depuis 2020). C’était une fois étoilé, et plutôt cher, à ne pas dire dingue. Le serveur avait oublié l’assiette de fromage sur l’addition, mais je suis le genre de personne qui refuse de profiter de telles erreurs, alors je le lui ai dit. Après avoir consulté le gérant, il m’a dit « C’est un cadeau ».

Assiette de fromage chez Gaya à Paris

Je ne m’attendais pas du tout à ce colis d’une amie lyonnaise (j’en ai plusieurs, là, c’est dingue) :

Livre de recettes lyonnaises, deux petits livres avec des faits divers et une carte postale lyonnaise

Mais après ça, j’ai dû hausser le niveau d’efforts pour ce dîner. Je crois que c’était une réussite — mais si tous les dîners coûtaient aussi cher que la soupe VGE, je serais déjà en faillite ! Un rappel :

Mon dîner rhodanien -- la soupe VGE de Paul Bocuse, salade lyonnaise, quenelles et tarte aux pralines roses
Mon dîner rhodanien

Quand je suis revenu en France en 2023, j’ai reçu un merveilleux cadeau du côté de Light&Smell juste avant de partir :

Livre intitulé « D-Day : Histoires mémorables du Débarquement »

N’oublions pas cet autre cadeau de chez elle, pour laquelle je reste extrêmement reconnaissant :

Encyclopédie de la Pâtisserie

Puis à Rouen, mon amie là, avec qui j’ai fêté le 14 juillet, m’a donné deux choses avant de partir, bien que ce soit elle qui m’avait accueilli !

Quand j’ai rencontré l’autrice du Chat voyageur, je suis parti avec un joli fromage Livarot et un essuie-main pour me rappeler ledit fromage :

Essuie-main avec un dessin de fromage Livarpt

Et à Paris, Roz m’a surpris avec ce joli livre alors que j’ai eu les mains vides car j’avais cru que nous allions nous rater :

Le livre « La cuisine du 6e étage »

En parlant de mes amis blogueurs, il faut aussi mentionner ce cadeau d’Angélique d’Entre Mots et Moustaches :

Carnet de recettes personnalisé

Au-delà les voyages, mon ami dans la Somme m’a envoyé plusieurs choses au fil des années, dont le t-shirt des Gendarmes que j’ai porté à la fête foraine ou un tablier avec mon nom :

Et parfois, c’est aussi simple que m’envoyer des choses que j’ai acheté mais que l’on (toux…Le Temps des Cerises…toux…Cook&Record) refuse d’envoyer en dehors de l’UE. J’apprécie tellement l’aide de mes amis à cet égard :

En plus de tout ça, il y a un petit tas de cartes postales et de cartes de vœux, mais ce sont trop personnels pour partager. Je vous rassure, je les garde soigneusement chacune et toutes.

D’une part, il est impossible de me graisser la patte — je ne pourrai jamais vous raconter l’histoire en détail, mais j’ai ruiné ma vie simplement afin de ne pas faire partie d’une fraude fiscale (tout ce que je dirai est ici). D’autre part, ma fidélité est le truc le plus facile à acheter au monde — aucune gentillesse, peu importe sa taille, n’est jamais oubliée par moi. La France, tout comme les États-Unis, ne manque pas d’experts en l’art de me rendre fou, et je vous raconte aussi ces histoires. Pourtant, tout au contraire de mon expérience de chez moi, elle est encore plus riche en gens d’une bienveillance sans pareil, et c’est une leçon que j’apprends encore et encore avec le plus grand plaisir.

La musique du Tour

En 2022, j’ai lancé ma chaîne YouTube avec une idée folle — en plus des recettes du Tour, j’apprendrais et chanterais une chanson de chaque département. J’ai vite découvert que ce but n’était pas réaliste. Alors cette partie de mes souvenirs du Tour est divisée en deux : les chansons que j’ai apprises, et la musique que j’ai trouvée en traversant le pays.

Sans doute, la chanson la plus importante que j’ai apprise pour le Tour était Le Chant des Partisans, pour le Gers. Je la connais par cœur même 3 ans plus tard, et il y a toujours des larmes aux yeux à chaque fois où je la répète. Rien ne m’a autant parlé dans ma vie comme cette chanson de la Résistance — et vous n’avez aucune idée du nombre de répétitions qu’il m’a fallu afin d’arrêter de pleurer en la chantant.

Je passerai brièvement par les autres chansons que j’ai faites pour le Tour. Le tout premier était La Marseillaise pour lancer la chaîne. La chanson de l’oignon est devenue une tradition chez nous car La Fille l’adore et l’a apprise elle-même. La raison originale d’où l’idée d’avoir une chaîne YouTube est venue, c’était Galette saucisse, je t’aime, chanson des fans du Stade Rennais en Ille-et-Vilaine — toujours ma chanson préférée liée à n’importe quelle équipe de sport. (On ne parle plus de la dernière à porter ce titre.) Chaland est venu, une chanson sur un personnage local, était pour mon Noël savoyard. J’espère qu’il y aura d’autres enregistrements avant que je ne perde la voix ; je note un changement râpeux par rapport au début.

Mais il y a un autre sens de « la musique du Tour », la musique liée aux départements et aux régions que je découvre régulièrement grâce à Instagram, mais aussi la bande-sonore de mes 3 voyages. J’ai donc sélectionné les 20 chansons qui sont, grosso modo, la bande-sonore du blog, dans l’ordre où je les ai rencontrées (avec une exception), pas préférence :

  1. Nos célébrations, Indochine : Tout commence le 20 juin 2020 en haut de la Tour Montparnasse. Je l’ai écoutée pour la première fois ce jour-là, et 9 jours plus tard, les albums dans la photo en haut du blog sont arrivés chez moi.
  1. Sacré Charlemagne, France Gall : Je l’ai découverte pendant l’été magique de 2020, et c’est ça à quoi j’ai pensé au Panthéon en voyant un tableau de Charlemagne.
  2. Les Histoires d’A, Les Rita Mitsouko : J’avais du mal avec eux au début, mais j’ai quand même commandé « The No Comprendo » de la FNAC. Puis j’ai écouté l’album entier pendant un trajet à LA en novembre 2020, et la lumière s’est allumée. J’ai visité la tombe de Fred Chichin à Montmartre plus tard.
  3. L’Aventure, C’est L’Aventure, Johnny Hallyday : Générique du film du même nom, il est entré dans ma collection le lendemain d’avoir vu le film, et reste l’un de mes préférés.
  4. Ivan, Boris et moi, Marie Laforêt : L’une de mes premières leçons chez l’Alliance française. J’adore celle-ci beaucoup plus que ses tubes mieux connus, et j’ai acheté l’intégrale.
  5. Le Temps de l’Amour, Françoise Hardy : L’Alliance française l’a utilisée comme bande-sonore pour une pub au printemps 2021. J’ai demandé de l’aide aux lecteurs pour reconnaître les endroits. 2 ans plus tard, Julie Zenatti l’a rendue une obsession.
  6. Sérénade au Texas, Luis Mariano : Un autre générique que j’écoute même 3 ans après le film. Il n’est pas français de naissance, mais Yves Montand et Lino Ventura viennent aussi d’ailleurs, et alors ?
  7. Chanson sur ma drôle de vie, Véronique Sanson : Écoutée pour la première fois dans un avion d’Air France en route vers Paris en 2021. Puis un million de fois après.

Pendant ce voyage, j’ai envoyé une lettre à Indochine. En avril 2022, un miracle s’est produit :

Carte postale avec l'autographe de Nicola Sirkis

Un mois plus tard…

  1. L’Aventurier, Indochine : J’ai fait un aller-retour en un seul week-end juste pour écouter cette chanson en live dans un stade une fois de la vie. La foule — c’est-à-dire vous — valait la peine. Non, je ne regrette rien.
  1. Comme toi, J.-J. Goldman : Je ne savais pas à l’époque que ce serait mon dernier cours de musique chez l’Alliance française. Mais quelle finale ! C’est une chanson qui joue sur les mêmes pensées que Le Chant des Partisans.
  2. Le temps des cerises, Yves Montand : J’ai fait la connaissance de celle-ci grâce aux Combattantes, la première série à la télé que j’ai vue (en français). J’ai l’enregistrer moi-même, mais c’est Yves Montand qui est le maître.
  3. Framboise, Boby Lapointe : Un cadeau d’Agathe, j’ai acheter l’intégrale après avoir écouté celle-ci. Mais c’était de loin son meilleur travail.
  4. La tactique du gendarme, Bourvil : J’ai enregistré celle-ci moi-même pour soutenir une amie gendarme en mars 2023, pendant les émeutes de l’époque. Bourvil n’a pas la meilleure voix, mais il y a une raison pour laquelle il est si populaire — il était l’oncle que l’on souhaite tous avoir.
  5. La dernière séance, Eddy Mitchell : J’ai lancé le Projet 30 Ans de Taratata juste à cause de cette chanson. C’est une chanson hyper-américaine, mais c’est également ma France.
  6. Douce France, Charles Trenet : Je regrette comment je l’ai découverte — un scandale dans le métro parisien (lien pas mort vers l’original) — mais c’est sans gêne ni honte l’attitude de ce blog.
  7. Le Montmorillon swing, Nicolas Moro : J’ai interviewer Nicolas Moro après avoir entendu cette chanson, Eddy Mitchell avec plus d’humour. Et je l’ai fait. La Fille aime chanter « Mais non » tout comme lui !
  8. À Rochechouart, Red Cardell : Connu seulement pour ceux qui voient mes posts sur Instagram, ce morceau a une partie de guitare d’exception. On en parlera plus.
  9. Les œufs du marquis, Marie-Josée Neuville : Trouvée pour mon dîner terrifortain, ce qui lui manque en puissance est compensé par de l’humour et un sens du rythme impeccable.
  10. Swing à La Villette, Sandrine Mallick : J’adore cette chanson comme rien d’autre et c’est dommage que Mme Mallick ne soit pas mieux connue. À chaque fois où j’entends « se lâcher, s’abandonner », je fonds.
  11. La sirène, Édith Lefel : Chanteuse guyanaise-martiniquaise avec une histoire tragique, j’aurais écrit sur elle si j’avais plus de temps vers la fin du Tour. Une voix sublime dont on en parlera plus.
Capture d'écran d'un gros-titre du Journal du Centre sur mon blog, "In love with la Nièvre"

Les surprises

On continue la semaine des souvenirs du Tour avec les surprises. Dans mes bilans du Tour, j’avais l’habitude de parler des départements qui m’ont surpris le plus, car je ne les connaissais pas au passé. Mais ici, je préfère de parler des meilleures — et pires — surprises des 4 premières années du blog, pas seulement le Tour. La catégorie originale fera partie du Grand Bilan.

L’explosion de 2022 : L’histoire du blog peut être divisé en deux parties : avant de lire « Le second degré n’est qu’une température » et après. Le livre était intéressant en soi, mais j’ai déjà raconté la partie la plus importante, que c’est comment j’ai fait la connaissance de Light&Smell, et par elle. Miss Biblio Addict!, Roz, Blogosth, et une cinquantaine d’autres. Je mesure tout ici, comme partout dans la vie, car c’est comment font les ingénieurs et les programmeurs. Et si je voulais parler aux Français, ce qui est arrivé depuis ce temps est une réussite :

Les pertes : Il me tue de penser au fait que mon amie Pascale n’est plus avec nous. Nous étions si proche de la fin du Tour, et je sais à quel point elle l’aimait. Il y a des lecteurs et des lectrices qui sont partis soit d’ici soit de la blogosphère qui me manquent — je pense notamment, mais pas seulement, à « Femme du Frenchie » et « avecunaccent ». J’ai eu une surprise très agréable quand cette dernière m’a reconnu sur Facebook après la dernière aventure de cartes postales.

Les visites : Grâce au Tour, j’ai fait la connaissance d’un certain nombre de lecteurs dans la vraie vie. À Lisieux, une ville que j’aurais sauté autrement pendant ma visite en 2023 (car La Fille et mon père ne s’y intéressaient pas), j’ai rencontré l’autrice du Chat voyageur. Dans un café face à la Gare du Nord, Roz et moi nous sommes retrouvés. Juste avant mon voyage au Québec, Shannyshou (qui a aussi quitté les blogs) et moi nous sommes rencontrés pendant sa visite à LA. Et bien sùr, pendant ce voyage, j’ai déjeuné avec Anne-Marie, la première personne à me découvrir au-delà de mes connaissances personnelles. Vous êtes tous les bienvenus à me signaler si vous passez par la Californie du Sud.

Les Voisins : J’ai décidé tout au début que ce blog aurait une attitude très peu accueillante envers l’Allemagne. J’ai pensé à les appeler « Les Voisins » et mentionner le moins possible le vrai nom. C’était au moins un avis sincère, car j’ai grandi dans une famille qui boycotte toujours tout produit fait là-bas. Je ne me souviens d’aucun commentaire directement à propos de ce choix, mais il me semble que cette décision vous amuse moins qu’attendu, ce que je trouve bien surprenant. Je ne sais même pas si c’est pour le meilleur ou pour le pire. Mais c’était une surprise.

C’est le 1er : Chaque mois, c’est un devoir lourd. J’ai mes astuces pour l’écrire plus vite que vous ne le pensez. Mais c’est une joie — même si très peu de monde cliquent beaucoup des liens, vous présenter de nouveaux blogueurs est l’un des points forts de chaque mois. C’était complètement inattendu que je ferais ça, mais en fait, il y avait une telle tradition dans les blogs anglophones des années 00. ([Voilà, c’est son impérialisme anglophone après tout ! — M. Descarottes])

Saint-Nullepart : J’essaie d’écrire de façon positive sur chaque département, et je crois sincèrement que le Guide Vert sous-estime beaucoup de la France en dehors des grandes villes. (Je pense surtout au manque d’étoiles dans le premier paragraphe de sites lozériens, ainsi qu’à Lourdes.) Mais parfois, pour détourner un autrichienpas d’oignon à lui ! — parfois des ruines ne sont rien d’autre que des ruines. J’ai dit dans le bilan de la première moitié :

D’autre part, je fais mes recherches parfois, puis je me dis, « Punaise, il n’y a rien à voir sauf le hameau de Saint-Ennuyeux et rien à manger sauf l’énième galette et des couilles d’agneau. Que vais-je faire ? »

Mes excuses aux saint-ennuyais, et aux éleveurs d’agneaux, mais c’est vrai.

Les nivernais : Je garde ma surprise préférée pour la fin, même si c’est déjà largement connue. Avant décembre 2022, ça faisait 33 ans depuis la dernière fois où je suis apparu dans un journal (vous aurez l’histoire en décembre). Puis j’ai commencé à voir des visites de l’adresse du Journal du Centre, qui a raconté ma visite. Il m’a fallu du temps pour le trouver, et ils se sont trompés de ce qui s’est passé avec « Je découvre la Nièvre » — c’e n’était qu’une visite virtuelle. Mais je reste ravi que ce soit arrivé dans un département peu connu, car c’était exactement pour eux que le Tour a été créé.

Capture d'écran d'un article sur moi paru dans Le Journal du Centre
Source (payant)

L’humour du blog

Je considère que la capacité de faire rire les autres — exprès, pas en trébuchant sur une peau de banane — est le meilleur signe que l’on a maîtrisé une langue. Ça exige une connaissance des références, des jeux de mots, des habitudes différentes — il y a des blagues qui ne se traduisent pas du tout — et franchement, tout le monde n’en est pas capable même dans sa langue natale.

Je sais ce que je suis en anglais. On dit « Ne quittez pas le boulot » à des gens qui racontent des blagues de ma façon.

Cependant, j’ai découvert que le sens de l’humour français était presque exactement le mien. Ici, je sélectionne ce que je considère le meilleur humour du blog, et presque rien n’est drôle une fois traduit en anglais.

Couverture du magazine Le Rire du 24 septembre 1898
Couverture du magazine Le Rire, Dessin par Charles Lucien Léandre, Domaine public

J’ai découvert assez vite une certaine joie en jouant avec les expressions :

Mon seul changement, c’est qu’aujourd’hui, je n’avais vraiment pas envie d’oignons, alors j’ai utilisé un demi-oignon au lieu de ses deux. Vous pouvez vous occuper de vos propres oignons. Comme souvent, je le sers avec le meilleur accompagnement au monde entier, le riz de Camargue. Elle recommande plutôt du riz blanc. Vous pouvez vous occuper de votre propre riz en plus.

Mon dîner lot-et-garonnais

J’aime aussi jouer avec la langue :

Mais quand j’ai remarqué à la fin que ma poubelle vient d’être remplie, il m’est arrivé dans l’esprit de l’appeler « une poubelletaine de déchets ». Voilà, vous le comprenez déjà, j’en suis sûr. Et si je vous disais qu’une autre a donné « une demi-poubelletaine » ?

J’invente

Je suis sincèrement un passionné du nougat de Montélimar. Mais la fois où je vous ai dit que je suis parti en France juste pour en acheter est devenu l’un des blagues récurrentes du blog, au point où tout le monde était prêt à croire que j’allais à Paris juste pour un week-end. Honnêtement, le voyage fou est l’histoire signature du blog, et la première que je raconte à chaque fois à de nouvelles connaissances francophones.

Bien sûr, une fois sur place, j’ai dû faire une blague 100 % française : « Après moi, la pénurie de nougat. » Au fait, on cite Louis XV en français à cet égard, en anglais (lien en anglais).

Étant un m’as-tu-vu horrifiant, j’aime faire des références à la musique. Parfois, on les trouve dans mes recettes :

Étaler la pâte brisée et la mettre dans un moule à tarte. Piquer le fond avec une fourchette. La mienne, elle est belle, hein ? Je l’ai entendue chanter à cette étape, « Ce soir je serai la plus belle pour aller m’enfourner ».

Mon dîner tarn-et-garonnais

D’autres fois, c’est juste pour exprimer le même amour que j’ai pour les rappeurs partout au monde :

Comme aurait dû dire Térence, j’estime que rien de français ne m’est étranger. Sauf les escargots. Et Jul.

Le Projet 30 Ans de Taratata

Et en parlant de l’amour, je suis mon plus grand cible :

La Fille a eu le droit à en goûter un hier soir, avant de quitter la maison pour la semaine. Quant au reste, je dois le partager avec moi-même car personne ne veut ce rôle. ([On dirait plutôt qu’il est Sans-Valentin ! HAHAHA, je me tue ! — Mon ex])

Les macarons Saint-Valentin, grand format

Sérieusement, je me cible :

C’est bon d’être mon ami, comme Le Parrain mais avec moins de meurtres.

La soirée tarot

Mais je plaisante aussi sur ceux qui suivent des relation amoureuses aux États-Unis. J’espère que les petits amis valent la peine, car les voisins, le fromage et les croissants ne sont pas à la hauteur !

Mais qu’est-ce qui arrive si un jour, on vous cogne avec une jolie poêle sur la tête, et en vous réveillant, vous pensez « Je sais ! J’aimerais m’expatrier au Connardistan soviétique ! » Ça arrive plus souvent que prévu. (J’écoute parfois des podcasts sur ce sujet ; vous seriez surpris. Une alliance est également efficace qu’une poêle.)

Mon guide à regarder la télé

Je me débrouille au Connardistan soviétique en donnant de faux noms en français à des endroits locaux. Les deux les plus communs ont vu le jour ici :

Alors, mon ex habite dans le village d’Anguille-sous-Roche, à côté de mon Elbe-en-Irvine.

Finalement, la suite

Je dois aussi noter que La Fille est l’autrice de certaines des meilleures répliques :

M : Tu vas aimer le mot « on ». Ça veut dire « nous », mais aussi « quelqu’un ».
F : C’est vrai ? Bon, « on » m’énerve en ce moment. Sais-tu qui il est ?
M : Aucune idée.
F : Le soi-disant prof de français qui vient de m’expliquer ce qui veut dire « on » !

Des dialogues avec ma fille

Mais peut-être la chose dont je suis le plus fier, c’est les petits trucs en aparté qui montrent que rien ne m’empêchera :

la France a les bras ouverts, et le RER fermé, également à tous ceux qui acceptent ses valeurs.

Le chien qui n’a pas aboyé
Portrait de Molière par Nicolas Mignard

Mes expressions préférées

Afin de garder mon horaire, on saute la balado cette semaine.

On se lance maintenant dans la semaine des souvenirs, les choses qui ont largement amélioré ma vie. Il n’est pas le cas que tout ce qui suit vienne directement du Tour. Certaines choses viennent de Langue de Molière, certaines de mes voyages, certaines de mes connaissances avant le blog. Mais la fin du Tour est aussi un peu le bilan du blog jusqu’à maintenant. On commence donc par les pépites de ce qui passe pour mon style ; on dirait que ce sont les Molières du blog.

Molière par Nicolas Mignard, 1658, Domaine public

Il me semble que les deux expressions que je garde le plus longtemps, je les dois au groupe Génération 80s. Là, il faut commencer avec « Tu as poussé le bouchon trop loin, Maurice », car je sais à quel point c’est bizarre de l’entendre d’un américain. J’ai profité de la donner à M. Descarottes pour sa première apparition sur le blog (l’expression, pas le patron), mais après, on la trouve en parlant de Jean-Louis Aubert et ailleurs. J’adore aussi « C’est pas Versailles ici », et il y a une centaine de versions parsemées au fil du blog — l’originale en parlant de moi ainsi que de la Pennsylvanie, M. Descarottes s’est plaint que c’est pas la FNAC ici, « c’est pas les Alpes ici » en remarquant que le point le plus haut de la Mayenne ne fait que 417 mètres, ou bien « c’est pas Strasbourg ici » en parlant de notre petit marché de Noël.

Et bien sûr, en écrivant sur les Yvelines, « C’est, en fait, Versailles ici. » 3 ans d’attentes pour ça.

Je dis souvent « Here we are » en anglais, non pas pour dire « nous sommes ici », sa traduction littérale, mais pour dire « Et c’est comment nous sommes arrivés à ce point » à la fin d’expliquer quelque chose. Dès que j’ai découvert que la traduction officielle de « La Fayette, we are here! » était « La Fayette, nous voilà ! », j’ai adopté « nous voilà » pour le même but en français. Je me demande s’il y en a d’entre vous qui ont déjà reconnu la signification personnelle.

Je dois une dette inestimable au blog Jours d’humeur pour plusieurs choses que je dis tout le temps. En le lisant pour la première fois, je me suis dit « Vous allez apprendre plus de style de ce monsieur que n’importe qui. » Mes fautes restent à moi, mais à chaque fois où on voit « Non, mais sérieusement » ou « Sauf que » en tant que phrase entière, c’est chez lui où j’ai appris à écrire de telles choses. Par contre, ce blog cherche toujours son premier bretonisme, alors je ne suis pas complètement un plagiaire. Dit autrement, c’est pas Harvard ici non plus. (La presse française a gravement raté cette nouvelle, au fait — peut-être que l’on en parlera plus, plus tard.)

Une de mes choses préférées, c’est qu’en français, je peux écrire « oh là là » en tant que réaction toute la journée, et personne ne me dérangera. L’expression est connue en anglais, mais tout le monde vous considèrera soit prétentieux soit mou si vous l’utilisez. Oh là là, mais j’apprécie la liberté de dire ça ici.

Je vous ai dit il y a 2 ans que je dis « la vache ! » tous les jours. Pour vous, c’est normal. Mais si vous auriez pu voir les réactions du groupe la première fois où je l’ai sorti pendant une soirée de tarot…

Quand j’ai commencé tout ça, je ne comprenais pas que le duo de Guy Grosso et Michel Modo faisait une blague avec leurs noms de scène. Une fois compris, je l’ai adopté, mais apparemment moins que ce que je croyais. Google me dit que celle-ci a apparu dans 3 % des articles, grosso modo.

Je ne peux pas terminer un article sur les expressions du blog sans mentionner « à ne pas confondre ». On dit exactement « not to be confused » en anglais, sa traduction exacte, et je le dis plus que n’importe qui. Les archives me disent que je l’ai découvert vers la fin de 2021. Mais ça n’apparaît que pour une blague très particulière. Deux exemples :

Montpellier, à ne pas confondre avec la ville américaine de Montpelier.

Je découvre l’Hérault

D’Argentan, on tourne un peu au sud-est pour Sées, à ne pas confondre avec See’s, le chocolatier californien célèbre.

Je découvre l’Orne

À chaque fois où je dis ça, il n’y a guère de chance que vous ayez la référence américaine. Il y a des limites avec ce genre d’humour. C’est pas le Montreux Comedy ici, n’est-ce pas ?

Les macarons « Coup de Foudre »

On finit la semaine de leçons apprises pendant le Tour avec une déclaration en forme de recette de tout ce que j’ai appris. Je pense à cette idée depuis des mois, une façon de réunir tout ce que j’aime en France. Voici les macarons « Coup de Foudre ».

Haute résolution en cliquant

On a beaucoup à discuter. Allons les préparer !

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Cadeau d’anniversaire

Ce n’est pas le post que vous étiez censés voir ce matin. Malheureusement, plusieurs choses sont mal allées en ce qui concerne la surprise que je faisais. J’espère que je la posterai plus tard aujourd’hui. Heureusement, complètement par hasard, on m’a envoyé un cadeau d’anniversaire inattendu une semaine à l’avance (le bon jour, c’est le 22 novembre).

Deux tomes intitulés « Molière : Ses plus belle œuvres ».

Vous pouvez facilement reconnaître l’auteur ainsi que les contenus de ces deux tomes. Le truc surprenant, c’est qu’ils sont un cadeau de la part de mon frère cadet. Dire qu’il n’est pas fan de ce que je fais ici, c’est un euphémisme. Mais il serait également vrai de dire qu’il ne sait pas que le blog existe. C’est juste que je sais qu’il préférerait que je ne perde pas de temps avec ce qu’il trouve un rêve bête.

Mais je l’apprécie vraiment. Ce que vous ne savez pas, c’est qu’il y a 28 ans, il m’a donné un cadeau plutôt lié à celui-ci. C’était la traduction complète de « À la recherche de temps perdu ». Je regrette de vous dire que je ne l’ai jamais terminé. Ce n’était même pas proche. Je l’ai toujours et… j’allais cacher ceci jusqu’après la fin de la Grande Fête, mais j’avais planifié une nouvelle colonne hebdomadaire avec Proust en traduction anglaise. (Je ne suis pas assez ambitieux pour le lire en VO.) Mais maintenant, avec Molière ici, il me faudra penser à nouveau à quoi faire d’abord. Vos avis seront les bienvenus.

Il fera longtemps avant que je croie que c’est un rêve bizarre. Sérieusement.

Les sites de tourisme

Le Tour n’aurait jamais existé sans les nombreux sites de tourisme en ligne. J’ai commencé avec Wikipédia comme seule ressource pour faire des recherches, mais le temps que l’on soit arrivé dans les Alpes-de-Haute-Provence, je comptais déjà sur l’aide des sites de tourisme officiels. Ceci ne sera probablement pas la partie la plus passionnante de la Grande Fête du Tour, mais je veux que vous compreniez ce qui voit quelqu’un qui recherche le pays.

Comme vous pouvez imaginer, les destinations avec les plus grands budgets ont typiquement les sites les plus approfondis. « Paris je t’aime » ne manque de rien — on peut faire des recherches par quartier, par saison, même par intérêts. Si on ne peut pas trouver ce dont on a envie, c’est sa faute. Mais en fait, il n’y a même pas un seul lien vers ce site dans « Je découvre Paris », car je savais déjà presque tout ce dont j’avais besoin. C’est l’un de très peu départements où les photos sont à moi, après tout ! Si on visite…euh… Visiter Lyon, tout est aussi très bien organisé et facile à trouver.

Or, on peut être très agréablement surpris par les autres. Je sais depuis le tout premier quart du Tout que je voulais écrire cet article afin de vous montrer deux choses en particulier. Les palmarès du meilleur site de tourisme pour toute la France sont à Berry Province, le site qui regroupe le Cher et l’Indre. Et en le revisitant pour vous écrire aujourd’hui, je suis encore plus étonné !

Ils ont un site très bien organisé, comme avant — une liste des incontournables, des sites patrimoniaux regroupés par genre, une belle liste de recettes locales — mais aussi quelque chose jamais vu nulle part ailleurs pendant le Tour : des photos libre de droit. Quand j’ai écrit les deux « Je découvre » — Cher et Indre — je pouvais utiliser leurs photos en simplement écrivant « ©️ Berry Province, Droits réservés ». C’était là dans les mentions légales à l’époque. Maintenant, ils ont un espace dédié pour aider les gens comme moi qui veulent juste les mettre en vedette, avec encore plus de ressources pour les vrais pros. Je suis bouche bée.

Sérieusement, vous n’avez aucune idée des difficultés de faire des recherches pour les photos du blog. Quand je suis chanceux, certains passionnés de la France auront laissé des photos sur Wikimedia Commons. (Quand je suis vraiment chanceux, ce sont mes photos personnelles.) D’autres fois, je dois rater l’opportunité de vous montrer de telles choses que les maillots des champions du Tour de France dans Notre-Dame des Cyclistes, car il n’y a aucune photo libre.

Puis il y a des sites tels que Visit Corsica. Je ne dirai pas que c’est le pire, car il y a plein d’infos. Mais bonne chance à les trouver ! Voici pourquoi :

C’est une liste de 480 sites patrimoniaux, mais pas organisée du tout ! Et vu qu’il y a deux départements sur l’île, j’ai passé de bons moments en recherchant quels sites allaient avec quel département. Ravi que ce soit terminé pour le moment.

J’aimerais offrir une mention spéciale aux sites du Loir-et-Cher, de la Loire, du Lot-et-Garonne, de la Haute-Saône, de la Guadeloupe, et de la Mayotte pour un trait utile — ils divisent leurs départements en plus petites régions, puis parle de chacune en détail. Ça rendait ma tâche beaucoup plus facile.

On espère à chaque fois que les autochtones auront quelque chose à dire sur leur cuisine. À cet égard, la meilleure ressource de toute la France est sans doute le livre de recettes niçoises offert gratuitement en ligne par Nice-Côte-d’Azur Tourisme. Il y a une quarantaine de recettes détaillées là-dedans, avec de la photographie à haut niveau. Je payerais 30 $ pour un tel livre imprimé ; pourtant, c’est gratuit.

Parfois, on trouve des départements qui sont riches en produits locaux mais… c’est moins le cas quant aux traditions culinaires. Les meilleurs, tels que le Gard, la Sarthe, ou la Vendée, ont des producteurs qui proposent des idées de que faire avec leurs produits, même si ça veut dire un colombo gardois. Au pire, il y a les départements de la « Petite Couronne », où j’ai dû chercher les cartes des restos du département pour trouver des choses servies là, car les sites départementaux ne proposaient que de bonnes adresses.

J’espère que je vous ai donné un bon goût de l’expérience d’écrire le Tour. L’année dernière, je vous ai raconté un cauchemar que j’ai vraiment fait, et maintenant vous savez de quoi je parlais !

Les ingrédients miraculeux

Tout au début du blog, j’ai raconté l’histoire de pourquoi j’ai décidé de cuisiner autant. Tout est parti d’un exercice de Duolingo, où j’ai dû répéter encore et encore « Vous allez aimer mon gâteau au yaourt ». Après assez de fois, j’ai dû en savoir plus. Alors j’ai recherché des recettes (en anglais, mais par une Française), et voilà. La première recette de l’aventure (en mai 2020, bien avant le blog) :

Gâteau au yaourt

Ça m’a rendu curieux d’autre chose. Pour le faire, j’ai dû acheter un yaourt à la française. Le seul truc comme ça sur nos étagères s’appelle Yoplait Oui :

Pot de yaourt Yoplait

Ça coûte par rapport au Yoplait « ordinaire » : 1,80 $ le pot au lieu de 0,90 $. Et honnêtement, je ne savais pas avant qu’il y avait une différence (même si leur slogan aux États-Unis était « vive la différence »). Mais je vous dirai très franchement : si la meilleure chose que j’ai jamais fait de la vie à ce point était la tarte au citron du grand chef Thomas Keller, le gâteau au yaourt m’a rendu 90 % aussi heureux contre 5 % de l’effort. J’ai écrit (en partie) à mes amis anglophones :

Je comprends facilement pourquoi c’est apparemment le goûter le plus populaire pour les enfants français, et pourquoi mon groupe des années 80 en parle aussi. Il me faudra goûter le yaourt nature, vu qu’il est apparemment un ingrédient miraculeux,

J’espère que de vrais Français approuveront.

Mais il me manquait quelque chose. La recette a besoin de levure chimique. Celle que l’on utilise aux États-Unis est moins puissante que celle d’Alsa. Au moins, c’était ce que j’ai lu en ligne. Un mois plus tard, j’ai vu la vidéo qui changerait tout :

Capture d'écran du Napolitain de Cook&Record
Source

Oui, c’est le gâteau Napolitain de Laurène Lefèvre. Je l’ai essayé tout de suite avec notre levure chimique. Deux semaines plus tard, 16 sachets de levure chimique ainsi que du sucre vanillé Alsa sont arrivés chez moi grâce à Amazon :

Photo de levure et sucre vanillé d'Alsa

La différence quand on utilise la bonne levure, c’est incroyable. Je garde maintenant un important stock de ces petits sachets roses. (Pour un avis opposé, consultez ce post chez Jours d’humeur.) Au fait, j’ai quitté le sucre vanillé Alsa pour un produit artisanal hawaïen.

Une fois lancé dans le Tour, je continuais de trouver tout genre d’ingrédients miraculeux. À partir du tout premier dîner, pour l’Ain, je suis tombé amoureux du Comté, jamais goûté jusqu’à mes 44 ans. On le trouve aussi dans mon dîner jurassien et mon dîner saône-et-loirien. Après le manchego espagnol, c’est désormais mon fromage préféré.

Fromage Comté

Après avoir écrit sur la confiture la plus chère du monde, j’ai reçu un commentaire de mon lecteur Bernard, qui m’a conseillé la crème de marrons. J’en ai acheté juste à temps pour mon dîner ardéchois, et j’en ai tant profité qu’elle faisait aussi partie de ma première bûche de Noël.

Poche de crème de marrons

Puis j’ai acheté de la fleur de sel chez Surfas (en bas à gauche dans la photo). Elle restait dans le placard pendant des mois jusqu’au moment où je l’ai sorti pour mon dîner finistérien. Si vous lisez la fin de cet article, c’était encore une fois le coup de foudre ! On la trouve partout après ce dîner.

Panier de produits français dont la fleur de sel

Vous remarquerez dans le même panier du beurre de Charentes-Poitou, de la marque Sèvre et Belle. Je l’ai acheté pour faire de la pâte feuilletée levée pour des pains au chocolat, pas le Tour, mais c’était l’une des meilleurs choses de mon 2021. Après, cette marque a été retirée des marchés californiens (je payais 7 $ le paquet), et pour autant que j’aime l’Échiré, je refuse de payer 12 $ le 250 grammes de beurre. Même le beurre d’Isigny coûte 10 $ pour la même quantité. J’ai dit au revoir au beurre français jusqu’en 2029.

Dans le Gard, j’ai fait la découverte la plus importante du blog en tant que diabétique. Je suis allé chez myPanier pour chercher quelque chose de gardois, et j’y ai trouvé le riz de Camargue. Je l’aime presqu’autant que le riz blanc, mais je peux le manger sans m’inquiéter de mon taux de glycémie — un miracle. Le riz de Camargue a apparu une douzaine de fois sur ce blog, à partir du Gard, jusqu’au Territoire de Belfort, en passant par les Deux-Sèvres et la Loire-Atlantique, parmi d’autres.

Riz de Camargue

Notre prochain ingrédient miraculeux est arrivé dans les Pyrénées-Atlantiques, le piment d’Espelette. La magie derrière le thon à la basquaise, notre gagnant de meilleur poisson du troisième quart, ce piment a fait partie de 5 dîners, dont ceux des Haute-Pyrénées et du Vaucluse. Je connais toute une gamme de piments mexicains, mais rien n’égale le piment d’Espelette.

Piment d'Espelette et fromage Ossau-Iraty

Il y a d’autres ingrédients que j’ai dû acheter seulement pour une recette ou autre — les biscuits roses de Reims pour mon dîner marnais, les pralines roses pour mes dîners savoyard et rhodanien, le Roquefort pour le Val-de-Marne, les lentilles du Puy pour la Haute-Loire. Mais ceux-ci ne font pas partie de ma vie quotidienne ; je ne les utilise pas au-delà du blog.

N’oublions pas que tout à la fin, j’ai découvert votre secret le mieux caché, la poudre à colombo de mes dîners guadeloupéen et martiniquais. On peut la fabriquer à la maison, et j’ai dû faire ça, mais l’expérience était inoubliable.

Poudre à colombo maison

Les ingrédients miraculeux ont changé ma vie de façon où je ne peux plus vivre sans.