Les photographes du Tour

Là depuis le tout premier jour, en haut de la page du Tour, sont les mots suivants :

J’ai le mal du pays – pour un pays que je n’ai jamais visité (OK, maintenant trois fois — mais ça ne donne que plus d’envie d’y vivre) ! À cause du virus, ce n’est pas du tout clair quand ça va changer. Alors, j’ai décidé de faire la seule chose que je puisse faire – étudier tous les départements.

Le Tour des Départements

Bon, les mots entre parenthèses sont arrivés plus tard. Sinon, je ne les ai jamais changés. Mais avec moins d’un mois d’expérience dans le pays, et 24 billets en poche avant la première visite, la photographie du blog n’allait jamais être à moi. Sans Wikimedia Commons, le Tour n’aurait été qu’un mur géant de texte.

Collage des photos d'Annecy, Nîmes, Solignac et Guédelon ailleurs dans le post.
Annecy par Zairon, CC BY-SA 4.0, Solignac par MOSSOT, CC BY-SA 3.0, Nîmes par Krzysztof Golik, CC BY-SA 4.0, et Guédelon par Christophe.Finot, CC BY-SA 3.0

Quand on passe 4 ans en fouillant dans un site pour un seul sujet, on commence à reconnaître les noms qui apparaissent encore et encore, et qui font le meilleur travail. Nos remerciements du jour sont donc pour les photographes vus les plus souvent sur Un Coup de Foudre.

D’abord, ma méthodologie. Si vous êtes ici dès le départ, vous savez que je n’étais pas toujours hyper-méticuleux avec les crédits pour les photos. Jusqu’à « Je découvre la Charente », j’avais la mauvaise habitude de piquer parfois des photos des sites des monuments ou bien de la Distillerie Rémy Martin. Tout était crédité avec des liens aux sources, mais pas toujours avec les bonnes déclarations. J’ai réglé autant que possible cette situation avant de compter. En ce qui suit, j’ai compté tous les crédits dus aux photographes individuels, mais j’ai sauté les musées et les mairies pour manque de noms des photographes. Ça ne fait quand même qu’une petite partie du tout, peut-être une quarantaine contre 1008 photos dans mon tableur.

Il y a 559 photographes différents qui ont contribué des photos au Tour des Départements. De ce groupe, 116 sont cités plus qu’une fois, et 93 photographes ont contribué des photos dans plus d’un département, dont 29 dans 5 départements ou plus. 12 photographes ont contribué 10 photos ou plus, mais le truc qui m’étonne le plus, c’est que le photographe le plus cité, c’est moi ! J’avais attendu à l’un de 4 autres noms. Exactement une personne a contribué des photos de l’Outre-mer ainsi que l’Hexagone, Thérèse Gaigé, qui a apparu dans 4 départements de l’ouest du pays, ainsi qu’en Martinique. Ici, on va compter à rebours le Panthéon des photographes.

  1. Didier Descouens, 4 départements, 10 photos. Travaillant complètement en Occitanie, ce photographe se trouve souvent dans les musées et est un maître en prenant les œuvres d’art en photo sans reflets. « Je découvre la Haute-Garonne », c’est lui.
Couvent des Jacobins à Toulouse, la maison des reliques de Saint-Thomas-d'Aquin.
Reliquaire de Saint-Thomas dans le Couvent des Jacobins à Toulouse, Photo par Didier Descouens, CC BY-SA 4.0
  1. Pierre Poschadel, 5 départements, 10 photos. Travaillant largement en Île-de-France, là où le patrimoine se trouve, lui aussi. Ses photos des châteaux et des musées sont toujours bien composées, mais il y a des photos des forêts et des plages de sa part en plus.
Le Château d'Auvers, qui apparaît dans plusieurs tableaux de Van Gogh
Château d’Auvers dans le Val-d’Oise, Photo par P.poschadel, CC BY-SA 2.0
  1. W. Bulach, 8 départements, 10 photos. Aventurier allemand, on le trouve partout en France — en Bretagne, en Alsace, même en Lozère ! Spécialiste des rochers et des falaises (au moins sur mon blog), j’adore toujours les couleurs dans ses photos — jamais délavées !
Falaise du Cap Fréhel dans les Côtes-d'Armor
Cap Fréhel dans les Côtes-d’Armor, Photo par W. Bulach, CC BY-SA 4.0
  1. Daniel Villafruela, 6 départements, 11 photos. On le trouve partout aussi — Haute-Garonne, Gard, Loire et Drôme ainsi qu’en Île-de-France. Quand je dois absolument trouver la photo parfaite d’un monument religieux, je sais où tourner.
La Chapelle Saint-Blaise en Essonne
Chapelle Saint-Blaise en Essonne, Photo par D Villafruela, CC BY-SA 3.0
  1. Florian Pépellin, 7 départements, 11 photos. Ce photographe est une star, où la qualité dépasse de loin la quantité. La photo de couverture pour le Rhône est à lui, et c’est l’une de mes préférées — mais ses lacs en Savoie et en Haute-Savoie sont à couper le souffle. Je ne savais pas jusqu’à maintenant qu’il était l’un des directeurs de Wikimédia France.
Lac de Thonon-les-Bains en Haute-Savoie
Thonon-les-Bains en Haute-Savoie, Photo par Florian Pépellin, CC BY-SA 4.0
  1. Chabe01, 8 départements, 11 photos. Monsieur aime la lumière naturelle — toutes ses photos sauf une sont à l’extérieur. Heureusement pour moi, il sait l’utiliser. Voici sa photo de couverture pour la Moselle.
Moyen Pont à travers la rivière Moselle, à Metz
Moyen Pont à Metz, Photo par Chabe01, CC BY-SA 4.0
  1. Patrick, 9 départements, 11 photos. L’inverse du dernier photographe, toutes ses photos sont aux intérieurs des bâtiments. Il parcourt partout en Alsace et Bourgogne-Franche-Comté. Cette tapisserie se trouve dans l’Yonne.
Tapisserie dans la Cathédrale Saint-Étienne à Sens, dans l'Yonne
Tapisserie du Trésor de Sens, Photo par Patrick, CC BY-SA 2.0
  1. Christophe.Finot, 12 départements, 15 photos. Je m’attendais à plus de photos de son côté, car il fait toujours du travail de qualité. On le trouve partout en Bourgogne et en Auvergne.
Château-fort de Guédelon, dans l'Yonne
Château-fort de Guédelon, Photo par Christophe.Finot, CC BY-SA 3.0
  1. MOSSOT, 13 départements, 19 photos. Les photos de couverture pour le Lot-et-Garonne et la Haute-Vienne témoignent à ses qualités. Avec des photos en Occitanie, en Provence, dans le Centre, et en Nouvelle-Aquitaine, la question est vraiment, « Où est-ce qu’il n’a toujours pas visité ? »
Pont du Sentier de la Briance à Solignac, en Haute-Vienne
Solignac, Photo par MOSSOT, CC BY-SA 3.0
  1. Krzysztof Golik, 13 départements, 20 photos. Avec 4 photos de couverture — Gard, Lot, Meurthe-et-Moselle et Tarn — si M. Golik y jette un œil, il va probablement être une réussite à suivre. Il fait de super travail la nuit, ce que j’estime énormément.
La Maison Carrée, un temple romain bien préservé, à Nîmes dans le Gard
Maison Carrée, Photo par Krzysztof Golik, CC BY-SA 4.0
  1. Zairon, 22 départements, 36 photos. Je refuse absolument de croire qu’il ne soit pas en première place. D’habitude, dès que je vois une photo par Zairon, j’arrête de chercher, car il est peu probable que je trouve une meilleure. Il n’a « que » 3 photos de couverture — Isère, Haute-Savoie, Seine-et-Marne — mais chacune ferait partie d’un concours pour la meilleure photo du blog.
Le Palais de l'Île, sur un îlot au milieu du Thiou, avec des maisons aux couleurs vives, à Annecy en Haute-Savoie
Palais de l’Île à Annecy, Photo par Zairon, CC BY-SA 4.0
  1. Moi, 6 départements, 43 photos. Je dois dire ça en anglais: « I have no business being here. » On pourrait traduire ça par je n’ai rien à faire, ou que ce n’est pas mon affaire, mais rien ne capture exactement le sentiment que ce n’est pas ma place. Je me suis donné le droit à deux couvertures — Paris et Yvelines — et je dirais même que la dernière est à la hauteur, mais mes photos manquent de netteté trop souvent. Je suppose que c’est la France par mes yeux, mais saperlipopette, j’ai besoin d’un meilleur objectif !
Jardin de Versailles, Photo par et ©️ Justin Busch

Les blogueurs qui m’ont marqué

La semaine du générique continue avec d’autres remerciements. Chaque épisode de la balado se termine avec « je vous adore tous », mais comme a dit Orwell dans La Ferme des animaux, « Tous les animaux sont égaux, mais certains sont plus égaux que d’autres. ». C’est ainsi avec le public. Aujourd’hui, je reviens sur des gens qui font une partie importante de ce que je fais ici, même si je les ai mentionnés dans d’autres contextes pendant ce mois. Ce n’est pas la liste de C’est le 1er ; je les apprécie tous, mais aujourd’hui, c’est ce que l’on appelle « Old Home Week » (littéralement, la semaine de l’EHPAD) en anglais — je mets en vedette ceux qui sont ici depuis longtemps.

Portrait de Jean Miélot, un scribe du Moyen-Âge, par Jean Le Tavernier
Portrait de Jean Miélot par Jean Le Tavernier, Domaine public

L’année dernière, dans Les 1 000 Coups de Foudre, le millième article du blog, j’ai publié cette capture d’écran des premiers abonnés :

Capture d'écran des 6 premiers abonnés du blog par ordre chronologique.

C’était l’un des plus grands plaisirs de ma vie de rencontrer enfin Anne-Marie 4 ans plus tard à Montréal. Avoir une abonnée qui ne m’a pas connu avant le lancement m’a convaincu que je pouvais vraiment faire ça. On a parlé pour la première fois en live quand elle était la deuxième invitée pour 5 Minutes Avec. C’était Anne-Marie qui m’a donné le courage d’écrire honnêtement — car personnellement gênant — l’article le plus populaire du blog pendant 3 ans, Mon guide aux brouteurs. ([Se moquer de lui est la tradition la plus vieille de chez nous — M. Descarottes])

Je ne sais pas si on l’a déjà remarqué dans les « C’est le 1er », mais je fais attention à toujours mettre Anne-Marie à côté d’une autre blogueuse québécoise, Francine Boilard, dite Phrensynnes sur son blog. J’ai rencontré Francine sur Twitter grâce à Anne-Marie, et je la compte aussi comme amie du blog depuis très longtemps ; elle était la troisième invitée de 5 Minutes Avec. C’était très amusant qu’un podcast sur la France a lancé ses interviews avec 3 québécoises de suite (Laurence Manning étant la première).

Flanel, Le Chat voyageur m’a rejoint en janvier 2021, très peu après le début, et ses périples partout en France, ainsi que ses 386 commentaires, ont informé beaucoup du Tour. Il y a pas mal d’entrées dans mon tableur des départements avec des notes pour me rappeler de consulter son site au bon moment. Comme je dis souvent, ne me croyez pas sur parole :

Captures d'écran de 4 notes dans le tableur où je gardais mes renseignements sur tous les départements, toutes dues au Chat voyageur
Notes dues au Chat voyageur

Si vous pouviez voir tout ce fichier, vous remarqueriez que la langue de mes notes changeait peu à peu, d’anglais à franglais à français. Les rangs sont dans le ordre INSEE, mais l’ordre où ces notes ont été écrites, c’est impossible à dire — c’est au fil de 4 années !

Je ne passe que très rarement par le site de Bernard Bel, aussi là juste après le début, mais la dette que je lui dois est aussi inestimable. La crème de marrons, l’exposition à la Cinémathèque française, le nougat de Montélimar, le Trésor de la langue française — beaucoup des meilleurs souvenirs du blog portent son empreinte. Selon WordPress, il a laissé 448 commentaires ici, et chacun est un joyau.

J’ai découvert Jours d’humeur en mi-2021, qui a fait plus que n’importe qui pour m’aider à développer ma voix. C’était un honneur de l’interviewer, même si c’était la seule fois où j’ai enfreint ma règle contre utiliser les adresses e-mail que je vois grâce à WordPress. (Je considère vos données une obligation fiduciaire.)

Il y a tout un groupe de blogueuses littéraires qui se collent dans cette histoire — Light&Smell, Miss Biblio Addict !!, La bibliothèque Roz, La lectrice en robe jaune, L’autodidacte aux mille livres, Les paravers de Millina — et je ne sais pas comment elles lisent toutes de si grandes quantités de livres. À mon meilleur en anglais, je considérais un roman par semaine un rythme impressionnant. Pas plus ! Light&Smell a ouvert les portes — en laissant 433 commentaires ! — pour moi de rencontrer tout ce monde, et en plus, quand j’ai dû arrêter de partager mes dessins préférés du Canard enchaîné, c’était son idée de lancer Langue de Molière.

En parlant de Langue de Molière, je n’aurais jamais su où commencer sans l’aide inestimable d’Audrey Langevin et ses Dédexpressions. Audrey était aussi une invitée d’exception sur la balado.

J’ai découvert En cuisine avec Péla début 2022, et elle doit prendre sa place sur tout autre blogueur culinaire. Ses nombreux cookies sont les desserts les plus demandés par La Fille, et c’était son gâteau que j’ai fait pour un anniversaire cette année. Avec 297 commentaires ici, elle est aussi parmi les commentatrices les plus actives.

Sév et Oth de Blogosth sont un couple presqu’aussi important au Tour que Le Chat voyageur. Leurs explorations alsaciennes me rendent vert avec jalousie, comme on dit en anglais (aussi violet, c’est compliqué), mais elles font également partie du tableur. Et c’était super de les interviewer ensemble !

Captures d'écran de 4 notes dans le tableur où je gardais mes renseignements sur tous les départements, toutes dues au blog de Sév et Oth
Notes dues à Blogosth

Je ne peux pas aller plus loin sans mentionner Maman lyonnaise, moins visible sur Internet cette année, mais aussi une influence importante. J’aurais été perdu en Loire sans ses recettes, et quand je voulais vraiment avoir une invitée pour le Rhône, elle était là et très compréhensive quand j’ai eu des problèmes d’horaire.

Angélique a nourri ma passion pour l’Ardèche depuis plus de deux ans. On trouve souvent sur son site des clins d’oeil vers moi quand elle poste des clip de ses randonnées ou des événements locaux (voilà, voilà, et voilà). Et avec 236 commentaires ici, elle a aussi beaucoup participé à la vie du blog.

Agathe n’est arrivée que vers la fin de 2022, mais avec 937 commentaires ici, elle est de loin la personne la plus active ici au-delà de moi. Mais en plus, je l’apprécie surtout pour quelque chose d’unique. Je n’ai jamais caché que mes racines sont toutes polonaises et russes. Mais pendant des décennies, j’ai largement tourné le dos — et quant aux russes, je ne vois acucune raison pour faire différemment. J’ai quand même une petite faiblesse pour la culture polonaise, et elle a beaucoup fait pour la nourrir.

Quelques notes de culture est ici depuis juste un peu plus tard, mais avec 510 commentaires, elle a aussi fait des contributions extraordinaires à la communauté du blog. J’apprécie tellement aussi ses visites exactement dans un des départements où j’ai la plus envie d’aller, Collonges-la-Rouge et Turenne ; c’est-à-dire, en Corrèze.

Juliette est arrivée en même temps, et reste une source infatigable de connaissances musicales. Avec 262 commentaires, elle fait aussi une partie importante de la conversation ici.

Une personne qui a apparu ici seulement pendant des mois, puis a quitté les blogs, mérite une mention dans cette liste. Ask Someone Else First n’était pas ici longtemps, mais elle reste à ce point la seule personne qui m’a rendu visite de la France, et pendant un voyage en Californie plutôt court en plus ! J’apprécie ça.

Le traffic aura haussé par plus de 55 % cette année par rapport à 2023, et il y a déjà toute une nouvelle génération de lecteurs ces 12 derniers mois. J’hésite à jouer aux favoris parmi les enfants, mais il serait ingrat de ne pas noter surtout Marie-Luce, LeyArts, Anagrys, James Jones, et Filimages, qui ont tous laissé entre 70 et 200 commentaires ici en moins d’une année chacun. Ils ont tous vraiment enrichi la communauté !

Finalement, je dois remercier mon plus vieux abonné du tout, même si j’aimerais bien savoir comment il a réussi l’affaire plus de 8 ans à l’avance :

Capture d'écran de mon propre abonnement, daté septembre 2012 -- mais en fait, c'est juste l'âge du compte WordPress, rien à voir avec le blog.

Je suis incorrigible !

Les héros du blog

On commence la semaine du générique avec ceux qui portent un titre que vous avez vu de temps en temps ici, « héros/héroine du blog ». C’est ma Légion d’Honneur personnelle, décernée selon mes caprices, mais jamais dit de façon sarcastique des personnes réelles (OSS 117 reste discutable). Si je le dis de quelqu’un, ça veut dire que je suis sincèrement admiratif. En général, si on parle d’un personnage historique, c’est-à-dire que je le trouve un exemple moral ; si on parle d’un écrivain, chef, ou acteur, c’est uniquement pour leur travail. J’ai soigneusement recherché les archives du blog pour chaque réference, et compte certains que j’ai appelé par un équivalent avant le premier usage de cette expression, ce qui n’est arrivé qu’en février 2023.

Cour du Palais de la Légion d'Honneur.
Cour du Palais de la Légion d’Honneur, Photo par JLPC, CC BY-SA 3.0

La première personne à recevoir le titre sur le blog était Laurène Lefèvre, connue comme la youtubeuse derrière Cook&Record. Même avant le début du blog, c’était l’expérience de suivre sa chaîne qui m’a poussé à croire que je pourrais peut-être maîtriser quelques recettes. Si ça fait longtemps depuis la dernière fois dont vous avez entendu parler, c’est parce qu’elle a lancé tout autre entreprise consacrée à des emporte-pièces et ses dernières recettes concernent principalement les bébés, pas surprenant vu qu’elle en a un maintenant. Mais la dette que je lui dois se retrouve dans chaque macaron ou Napolitain.

Je dois autant à la deuxième personne nommée, Pierre Hermé. Sans les livres de lui et Alain Ducasse que j’ai achetés en 1999, qui sait si l’imagination aurait jamais resté avec moi assez longtemps ? Le chef Ducasse a tourné le dos à tout ce que j’estime, mais la visite chez Pierre Hermé en 2021 était tout ce dont je rêvais, mon dessert parisien était le sien, et quand j’ai enfin réussi des macarons géants cette année, c’était dû à son inspiration, autant que les macarons que j’ai conçus pour la fin du Tour.

Je n’ai jamais utilisé exactement ce titre pour Gilbert du Motier, le marquis de La Fayette. Je vous ai juste parlé de lui dans les Côtes-d’Armor, devant son mémorial dans le Massachusetts, dans mes expressions préférées — à partir d’un hommage à lui de la Première Guerre mondiale — et une douzaine d’autres fois. Est-ce que les États-Unis auraient gagné son indépendance sans lui ? Peut-être, mais certainement pas sans l’aide de la France, et c’est lui le symbole de cela.

Dans Je découvre l’Eure, parmi une quarantaine de fois, j’ai invoqué Gaston Lenôtre, auteur de l’AUTRE Bible, maître du jeune Pierre Hermé ainsi que la pâtissière californienne renommée, Karen Krasne. J’ai sorti son livre SOUVENT pendant le Tour, parfois juste pour une technique, parfois pour des recettes complètes.

Je n’ai pas utilisé le mot héroine pour vous parler de mon livre d’enfance sur Jeanne d’Arc juste avant d’arriver dans le pays en 2021, mais je vous ai dit que « je ferai le Tour de Jeanne d’Arc ». (J’ai corrigé l’erreur en Seine-Maritime.) Ailleurs, je vous ai dit que ce voyage-là a suivi les traces de Rabbi Jacob. Les deux sont également vrais. Bienvenue à l’introduction du livre du blog.

J’ai appelé Indochine « mes héros » quand j’ai reçu l’autographe de Nico, et peut-être que c’est trop car ils sont payés à chaque fois pour leur travail. Mais ils sont une inspiration pour des raisons qui dépassent une douzaine de disques. Ils insistent surtout sur des prix abordables pour les billets des concerts, et dans un monde où j’ai choisi de ne pas voir le chanteur de Rush pour une dernière fois à cause d’un acte cupide, c’est du courage. La pression pour faire autrement doit être énorme.

En 2022, je vous ai montré un autre livre de mon enfance, sur les partisans. Là, on a parlé trop brièvement de Marie-Madeleine Fourcade, l’une des plus grandes espionnes de tous les temps. J’ai son autobiographie, mais c’est un pavé. Ce sera l’un de nos projets en 2025.

Deux fois, j’ai parlé du gendarme Arnaud Beltrame. Son histoire a été bien diffusée aux États-Unis au moment où il s’est sacrifié pour des otages. Mon premier boulot en tant qu’adulte était dans le domaine de la lutte contre la terrorisme, et je sais que son courage me manque. Sur le même thème, en Moselle, je vous ai parlé du maréchal Ney, et j’étais sûr de prendre une photo avec son buste à Versailles. Je considère qu’il n’était jamais traître, mais qu’il a perdu le jeu politique. Son courage face à son exécution m’impressione depuis le lycée : « Ignorez-vous que depuis vingt-cinq ans, j’ai l’habitude de regarder en face les boulets et les balles ? »

Dans l’Orne, j’ai écrit, « Héroïne du blog et cauchemar des fabricants de baignoires Charlotte Corday est née à Ligneries. » Les racines les plus proches du blog se trouvent dans les cendres des émeutes de 2020 aux États-Unis, et les Massacres de Septembre étaient encore plus sanglants. Est-ce qu’un assassinat compte aussi comme de la violence politique ? Oui, et elle a été guillotinée 4 jours plus tard. Mais ce gouvernement-là a aussi trouvé sa fin en compagnie de Mme Guillotine.

Dans le Puy-de-Dôme, j’ai nommé Claude Giraud « Héros du blog pour son rôle de Slimane dans Les Aventures de Rabbi Jacob ». Et dans les Pyrénées-Atlantiques, on a parlé de Frédéric Bastiat, dont son essai, « Ce qu’on voit et ce qu’on ne voit pas » est la leçon économique la plus importante de ma vie.

En Saône-et-Loire, j’ai nommé le chef Fernand Point un héros du blog pour son gâteau Marjolaine, LE gâteau de fête de mon enfance, et fait ici originalement pour mon dîner calvadosien. En Haute-Savoie, j’ai rendu hommage à Marcel Fournier, fondateur du groupe Carrefour. J’avoue, mon obsession est un peu exagérée — tout a commencé à partir du fait que le site de Carrefour avait la meilleure moteur de recherche quand je voulais connaître les prix de produits alimentaires en France — mais même si Monoprix pourrait également me satisfaire, c’est Carrefour dans mes rêves.

À Paris, j’ai écrit du Panthéon, « Ici, on trouve les sépultures des héros de l’Histoire — Voltaire, les Curie, Louis Braille. » Bourvil, enterré dans les Yvelines, a aussi reçu cet honneur — mais dans son cas, il était un homme de si grand caractère, complètement sans ennemis, que je le considère un modèle personnel, non pas seulement un grand acteur. En parlant d’acteurs, Robert Dalban a été aussi nommé héros dans les Deux-Sèvres — à penser que j’ai vu plus de films avec lui que presque n’importe quel américain !

Françoise Hardy a reçu le titre en parlant de son duo avec Marc Lavoine, car elle fait partie de la bande-sonore du blog. Dans le Var, on a accordé le titre à Mireille Darc, vu dans de nombreux films bien-aimés ici, dont Les Barbouzes, Ne nous fâchons pas, et Elle cause. Dans les Hauts-de-Seine, on a admis Véronique Sanson dans ce Panthéon ainsi que le chef Claire Heitzler avec sa tarte aux figues. Dans le Val-de-Marne, j’ai mentionné le journaliste Jean-François Revel, qui publiait souvent aux États-Unis pendant les années 90, et le guitariste Fred Chichin, dont j’ai visité sa tombe.

Il m’étonne que je n’ai jamais écrit un billet sur Stéphane Bern. Mais je l’ai découvert en 2020, fais partie de son groupe officiel sur Facebook depuis un peu plus tard, et j’y fais des références souvent pour son travail au nom du patrimoine. J’essaie de suivre les exemples de tous ces héros d’une façon ou autre, et j’espère que s’il trouvera le Tour un jour, il l’approuvera.

Saison 3, Épisode 36 — C’est pas Devos ici

Ça y est, il ne nous reste qu’une semaine de la Grande Fête du Tour. Même si on va le revisiter pour réviser quelques articles ainsi qu’ajouter les territoires, il ne sera jamais la même chose. Complètement par hasard, on vient de m’envoyer un graphisme parfait pour le Grand Bilan, avec lequel je galérai jusqu’à vendredi soir, c’est sûr.

J’ai raté l’épisode de la semaine dernière, alors je suis donc 2 semaines en retard avec une annonce. Beaucoup d’entre vous connaissent Angélique, du blog Entre Mots et Moustaches (mieux connu à beaucoup d’entre vous comme Les Crins du Barde). Peut-être que vous savez qu’après un accident récent, elle a dû abandonner son travail avec les chevaux. Elle a établi une cagnotte Leetchi pour essayer d’acheter un vélo électrique pour se déplacer. J’y ai fait un petit don, et je vous invite à considérer de faire pareil.

Notre thème cette semaine, c’est comme la fin de n’importe quel film ou jeu vidéo — le générique. (Je croyais toujours que ça voulait dire la chanson qui allait avec les noms, mais mon dictionnaire Oxford insiste que les noms sont aussi « le générique ». A-t-il raison ? Wikipédia dit souvent « crédits » pour les noms des personnes qui ont travaillé sur un album, mais « Fiche technique » et « Distribution »pour l’équipe technique et les acteurs des films.) Je ne sais pas vous, mais toute ma vie, je regarde tout ça jusqu’à la fin. J’ai pas mal de remerciements à faire.

Depuis environ 2 semaines, toute photo qui apparaît sur le blog bénéficie d’un texte alternatif. Je vous rappelle que les Blagues de la Semaine étaient censées être exclusives à la balado, mais j’ai ajouté la page en tant que service aux lecteurs sourds dès que l’on m’a tenu au courant de ses besoins. Au fait, des transcriptions automatiques de la balado sont disponibles sur Apple Podcasts. S’il y en a plus que je peux faire pour vous accueillir, n’hésitez jamais à me le dire. Ou à me gronder pour ne pas l’avoir déjà fait, car ça fera plaisir à M. Descarottes.

J’ai fait quelque chose cette semaine que je n’ai pas fait en presque 3 ans. C’est quoi, cette activité disparue ? J’ai lu un livre. « Non, mais Justin, vous avez lu pas mal de livres ces dernières années. C’est quoi, cette folie ? » vous me demandez. Non, mais ce livre, c’était en anglais. On en parlera en décembre. Mais oui, ça fait vraiment si longtemps depuis la dernière fois où j’ai lu un livre en anglais, au moins pour plaisir. Le truc drôle, c’est que je vais bientôt le faire une deuxième fois.

Je dois finir par ajouter que c’était complètement par hasard que « Les Cadeaux » est paru le jour de mon anniversaire. Je ne suis pas aussi malin que ça ! J’ai créé ma liste de 24 sujets, puis les a divisés en 4 thèmes, et l’ordre pour chaque thème était juste ce qui me semblait logique à ce point.

Une fois par année, toujours en novembre, je me laisse aller chez The Capital Grille, mon resto préféré pour les steaks. Sinon, j’y irais seulement avec une compagne, ce qui explique pourquoi je n’y suis jamais allé deux fois pendant la même année. Malheureusement, la peste mon frère est arrivé tôt pour Thanksgiving, alors nous y sommes allés ensemble. Je veux partager leur steak au poivre, beaucoup mieux que celui que j’ai fait pour le Tour, et le dessert, deux petits gâteaux — cheesecake et au chocolat sans farine :

Notre blague traite des batteurs. Les Bonnes Nouvelles concernent un chat perdu. Nos articles sont :

Les gros-titres sont Américain et Jul.

Sur le blog, il y a aussi Les surprises, ce à quoi je ne m’attendais pas en écrivant le Tour, La musique du Tour, la bande-sonore de mes expériences, Les cadeaux, le bilan de certaines gentillesses, et Les voyages, les thèmes qui relient mes voyages en France.

Si vous aimez cette balado, abonnez-vous sur AppleGoogle PlayAmazonSpotify, ou encore Deezer. J’apprécie aussi les notes et les avis laissés sur ces sites. Et le saviez-vous ? Vous pouvez laisser des commentaires audio sur Spotify for Podcasters, qui abrite la balado. Bonne écoute !

Les voyages

Pour terminer cette semaine de souvenirs, on passera par le meilleur de mes 3 voyages en France pendant le Tour. J’avais planifié un projet beaucoup plus ambitieux pour aujourd’hui, mais il y avait des problèmes techniques. J’espère le revisiter pour la fin de l’année. C’est quand même une bonne idée de revisiter les voyages, car ils n’auraient jamais eu lieu sans le Tour.

J’ai planifié ma première visite en France autour du Central Tour d’Indochine, pour lequel j’ai acheté un billet en septembre 2020. C’était censé avoir lieu le 19 juin 2021, mais on se souvient tous de ce qui se passait à l’époque :

Capture d'écran du gros-titre du Canard enchaîné -- Vaccinodromes, L'appel de Macron : "Passez du stade défiance au Stade de France"

Oui, le Stade de France servait en tant que vaccinodrome, alors aucun concert n’y aurait pas lieu. Et il me semblait qu’avec un horaire contrôlé par mon ex, la nouvelle date serait impossible :

J’avais besoin d’un jour sous le vieil horaire ; j’ai besoin de 6 avec la nouvelle date. Ça ne marchera pas. Les seules dates qui pourraient marcher sont à Marseille et à Lyon. Je n’ai pas beaucoup d’espoir.

Un jour sombre

J’avais espéré passer une semaine en France, autour du concert, et en ce moment-là, je croyais mes plans gâchés. Je vous ai parlé de mon itineraire de rêve, mais à ce point, ça faisait 13 ans depuis la dernière fois où je suis allé à l’étranger. Alors quand mon ex a pris ses vacances en juillet, j’ai saisi l’opportunité, en craignant qu’elle n’arriverait plus jamais, ou au moins pas jusqu’en 2028.

Il ne m’était pas trop amusant que l’un des premiers arrêts du RER B en quittant l’aéroport parisien était le Stade de France :

Photo de point de vue d'une car du RER B de l'arrêt La Plaine Stade de France

J’ai atteint un arrêt près de Notre-Dame, toujours fermée, mais le plus proche de mon hôtel :

Photo selfie de moi, masqué, devant Notre-Dame

J’ai marché dans la rue Saint-Jacques pour aller à l’hôtel. Pour la première fois de ma vie, tous les panneaux de la rue n’étaient pas en anglais ni espagnol, mais français. Et je me souviens de penser en ce moment-là, je ne m’étais jamais senti autant à la maison. Le reste de ce jour-là, c’était un rêve. Je vous ai dit à l’époque que je suis allé à la Cinémathèque française, aux Galeries Lafayette Haussmann, à La Coupole. Je n’ai pas partagé avec vous cette conversation sur Facebook entre deux de mes amis, au-dessous des photos du Magasin Maison et Gourmet :

"Tu as quand même quitté l'aéroport lol" "C'est vrai qu'il aurait pu rester scotché au comptoir de Ladurée ou de Fauchon à Roissy""Justin est tellement imprévisible"

J’ai une réputation à maintenir, c’est certain.

J’ai planifié cette semaine comme si je ne reviendrais jamais, car je me souvenais bien des 6 heures en France, suivies par 28 ans d’exil. J’avais partagé tout l’itineraire avec quelques amis, qui m’ont tous dit que j’étais fou, que c’était impossible — Sacré-Coeur, Montmartre, les Deux Magots, la Tour Eiffel ET l’Arc de Triomphe en une journée ; Versailles et le Louvre en une autre. Des jours à Rouen et à Orléans. J’ai marché la distance de deux marathons cette semaine-là, et en quittant le pays, j’ai pleuré comme un bébé, car j’ai enfin su que j’avais toujours eu raison. L’expérience de la première journée n’avait pas été une illusion.

Mais j’avais quitté le pays sans réussir le but original du voyage, le concert d’Indochine. J’avais deux billets, et j’en ai vendu un à une américaine qui a fini par me cambrioler. Heureusement, les deux n’étaient pas côté à côté. Or, il me semblait que j’allais perdre l’autre, car le prix des vols avait doublé, et l’horaire restait impossible. Quand quelqu’une m’a dit qu’elle avait besoin d’un échange de garde, je lui ai dit que si je ne recevais pas le bon week-end, il n’y aurait plus jamais besoin de me demander des faveurs. Je ne suis pas hyper-fier de ça, mais en revanche, elle m’avait nié toute demande pendant 12 ans en recevant toutes les siennes. Après, Air France a coupé le prix au même niveau qu’en 2021, et mon chemin était ouvert — si je faisais l’aller-retour en 3 jours.

Même — peut-être surtout — un si court voyage était rempli au maximum. J’ai visité le tombeau de Napoléon et dîné chez Le Procope, frequenté anciennement par notre Père fondateur Benjamin Franklin.

Mais ce que je voulais plus que tout, c’était être entouré de la foule des fans, de vous. Je compte ce concert parmi les meilleurs moments de ma vie :

Explosion de confetti au concert d'Indochine le 21 mai 2022

À ce point, La Fille était prête à me tuer si nos prochaines vacances n’étaient pas en France. J’ai toujours le problème que mes parents veulent aller avec nous car ils n’ont qu’un petit-enfant — à quoi sert mon petit frère ? ne me le demandez pas — alors j’ai dû leur dire que je n’irais nulle part ailleurs en 2023. Ceux qui étaient ici en 2023 auront remarqué que ma mère n’est pas allée avec nous. Son père est mort pendant qu’elle voyageait à Paris 5 ans avant ma naissance. Pourquoi ça devrait m’empêcher d’aller en France moi-même, je ne l’ai jamais compris.

C’est comment je suis arrivé en France pour la troisième fois en trois années. Si la seule chose que nous avions fait était fêter la fête nationale avec mon amie rouennaise, ça aurait valu la peine.

Si la seule chose avait été la visite aux plages et au cimetière américain, ça aurait valu la peine :

Si l’on n’a visité que la Tour Eiffel, site de rêve pour ma fille après de longues années de regarder Miraculous, ça aurait valu la peine (mes photos de la Tour ne sont pas super, ce sont donc des vues une fois montés) :

Si on avait juste enfin visité les jardins de Versailles, ratés pendant mon premier voyage, ça aurait valu la peine :

À chaque fois où je vais en France, je sais de plus en plus ce que je veux faire, et je suis reconnaissant pour chaque moment, peu importe sa durée. Mais un de ces quatre, j’espère qu’il y aura un aller. Sans retour.

Les cadeaux

La semaine des souvenirs est presque terminée, mais il serait impardonnable de ne pas mentionner les cadeaux que j’ai reçus de nombreuses personnes pendant ces 4 dernières années. Je n’arrive toujours pas à le croire, et je reste aussi perplexe maintenant qu’en 2020, car personne ne fait de telles choses aux États-Unis. (Au moins, je ne les connais pas.)

Collage de tous les cadeaux du billet

Pendant mon premier voyage en France, mon ami à Orléans m’a donné ce livre sur la ville, ce qui m’a beaucoup aidé pour écrire mon billet de la visite.

Livre intitulé « Orléans : Insolite et secret »

Peut-être plus choquant pendant ce même voyage-là, j’ai reçu deux cadeaux de deux inconnus, ce que j’ai raconté dans un post intitulé « La bienveillance des Français ». En premier, quand je suis allé dans Le Temps des Cerises, ma boutique préférée au monde entier pour les vêtements, j’ai acheté plusieurs jeans, mais il n’y avait pas de promotion en ce moment. Pourtant, la vendeuse m’a offert plusieurs masques de leur marque (c’était toujours l’époque) :

Sac de masques anti-Covid

La dernière nuit, je suis allé chez Gaya, un resto de mon chef préféré, Pierre Gagnaire (je le connaissais déjà à cause d’un resto à Las Vegas, fermé définitivement depuis 2020). C’était une fois étoilé, et plutôt cher, à ne pas dire dingue. Le serveur avait oublié l’assiette de fromage sur l’addition, mais je suis le genre de personne qui refuse de profiter de telles erreurs, alors je le lui ai dit. Après avoir consulté le gérant, il m’a dit « C’est un cadeau ».

Assiette de fromage chez Gaya à Paris

Je ne m’attendais pas du tout à ce colis d’une amie lyonnaise (j’en ai plusieurs, là, c’est dingue) :

Livre de recettes lyonnaises, deux petits livres avec des faits divers et une carte postale lyonnaise

Mais après ça, j’ai dû hausser le niveau d’efforts pour ce dîner. Je crois que c’était une réussite — mais si tous les dîners coûtaient aussi cher que la soupe VGE, je serais déjà en faillite ! Un rappel :

Mon dîner rhodanien -- la soupe VGE de Paul Bocuse, salade lyonnaise, quenelles et tarte aux pralines roses
Mon dîner rhodanien

Quand je suis revenu en France en 2023, j’ai reçu un merveilleux cadeau du côté de Light&Smell juste avant de partir :

Livre intitulé « D-Day : Histoires mémorables du Débarquement »

N’oublions pas cet autre cadeau de chez elle, pour laquelle je reste extrêmement reconnaissant :

Encyclopédie de la Pâtisserie

Puis à Rouen, mon amie là, avec qui j’ai fêté le 14 juillet, m’a donné deux choses avant de partir, bien que ce soit elle qui m’avait accueilli !

Quand j’ai rencontré l’autrice du Chat voyageur, je suis parti avec un joli fromage Livarot et un essuie-main pour me rappeler ledit fromage :

Essuie-main avec un dessin de fromage Livarpt

Et à Paris, Roz m’a surpris avec ce joli livre alors que j’ai eu les mains vides car j’avais cru que nous allions nous rater :

Le livre « La cuisine du 6e étage »

En parlant de mes amis blogueurs, il faut aussi mentionner ce cadeau d’Angélique d’Entre Mots et Moustaches :

Carnet de recettes personnalisé

Au-delà les voyages, mon ami dans la Somme m’a envoyé plusieurs choses au fil des années, dont le t-shirt des Gendarmes que j’ai porté à la fête foraine ou un tablier avec mon nom :

Et parfois, c’est aussi simple que m’envoyer des choses que j’ai acheté mais que l’on (toux…Le Temps des Cerises…toux…Cook&Record) refuse d’envoyer en dehors de l’UE. J’apprécie tellement l’aide de mes amis à cet égard :

En plus de tout ça, il y a un petit tas de cartes postales et de cartes de vœux, mais ce sont trop personnels pour partager. Je vous rassure, je les garde soigneusement chacune et toutes.

D’une part, il est impossible de me graisser la patte — je ne pourrai jamais vous raconter l’histoire en détail, mais j’ai ruiné ma vie simplement afin de ne pas faire partie d’une fraude fiscale (tout ce que je dirai est ici). D’autre part, ma fidélité est le truc le plus facile à acheter au monde — aucune gentillesse, peu importe sa taille, n’est jamais oubliée par moi. La France, tout comme les États-Unis, ne manque pas d’experts en l’art de me rendre fou, et je vous raconte aussi ces histoires. Pourtant, tout au contraire de mon expérience de chez moi, elle est encore plus riche en gens d’une bienveillance sans pareil, et c’est une leçon que j’apprends encore et encore avec le plus grand plaisir.

La musique du Tour

En 2022, j’ai lancé ma chaîne YouTube avec une idée folle — en plus des recettes du Tour, j’apprendrais et chanterais une chanson de chaque département. J’ai vite découvert que ce but n’était pas réaliste. Alors cette partie de mes souvenirs du Tour est divisée en deux : les chansons que j’ai apprises, et la musique que j’ai trouvée en traversant le pays.

Sans doute, la chanson la plus importante que j’ai apprise pour le Tour était Le Chant des Partisans, pour le Gers. Je la connais par cœur même 3 ans plus tard, et il y a toujours des larmes aux yeux à chaque fois où je la répète. Rien ne m’a autant parlé dans ma vie comme cette chanson de la Résistance — et vous n’avez aucune idée du nombre de répétitions qu’il m’a fallu afin d’arrêter de pleurer en la chantant.

Je passerai brièvement par les autres chansons que j’ai faites pour le Tour. Le tout premier était La Marseillaise pour lancer la chaîne. La chanson de l’oignon est devenue une tradition chez nous car La Fille l’adore et l’a apprise elle-même. La raison originale d’où l’idée d’avoir une chaîne YouTube est venue, c’était Galette saucisse, je t’aime, chanson des fans du Stade Rennais en Ille-et-Vilaine — toujours ma chanson préférée liée à n’importe quelle équipe de sport. (On ne parle plus de la dernière à porter ce titre.) Chaland est venu, une chanson sur un personnage local, était pour mon Noël savoyard. J’espère qu’il y aura d’autres enregistrements avant que je ne perde la voix ; je note un changement râpeux par rapport au début.

Mais il y a un autre sens de « la musique du Tour », la musique liée aux départements et aux régions que je découvre régulièrement grâce à Instagram, mais aussi la bande-sonore de mes 3 voyages. J’ai donc sélectionné les 20 chansons qui sont, grosso modo, la bande-sonore du blog, dans l’ordre où je les ai rencontrées (avec une exception), pas préférence :

  1. Nos célébrations, Indochine : Tout commence le 20 juin 2020 en haut de la Tour Montparnasse. Je l’ai écoutée pour la première fois ce jour-là, et 9 jours plus tard, les albums dans la photo en haut du blog sont arrivés chez moi.
  1. Sacré Charlemagne, France Gall : Je l’ai découverte pendant l’été magique de 2020, et c’est ça à quoi j’ai pensé au Panthéon en voyant un tableau de Charlemagne.
  2. Les Histoires d’A, Les Rita Mitsouko : J’avais du mal avec eux au début, mais j’ai quand même commandé « The No Comprendo » de la FNAC. Puis j’ai écouté l’album entier pendant un trajet à LA en novembre 2020, et la lumière s’est allumée. J’ai visité la tombe de Fred Chichin à Montmartre plus tard.
  3. L’Aventure, C’est L’Aventure, Johnny Hallyday : Générique du film du même nom, il est entré dans ma collection le lendemain d’avoir vu le film, et reste l’un de mes préférés.
  4. Ivan, Boris et moi, Marie Laforêt : L’une de mes premières leçons chez l’Alliance française. J’adore celle-ci beaucoup plus que ses tubes mieux connus, et j’ai acheté l’intégrale.
  5. Le Temps de l’Amour, Françoise Hardy : L’Alliance française l’a utilisée comme bande-sonore pour une pub au printemps 2021. J’ai demandé de l’aide aux lecteurs pour reconnaître les endroits. 2 ans plus tard, Julie Zenatti l’a rendue une obsession.
  6. Sérénade au Texas, Luis Mariano : Un autre générique que j’écoute même 3 ans après le film. Il n’est pas français de naissance, mais Yves Montand et Lino Ventura viennent aussi d’ailleurs, et alors ?
  7. Chanson sur ma drôle de vie, Véronique Sanson : Écoutée pour la première fois dans un avion d’Air France en route vers Paris en 2021. Puis un million de fois après.

Pendant ce voyage, j’ai envoyé une lettre à Indochine. En avril 2022, un miracle s’est produit :

Carte postale avec l'autographe de Nicola Sirkis

Un mois plus tard…

  1. L’Aventurier, Indochine : J’ai fait un aller-retour en un seul week-end juste pour écouter cette chanson en live dans un stade une fois de la vie. La foule — c’est-à-dire vous — valait la peine. Non, je ne regrette rien.
  1. Comme toi, J.-J. Goldman : Je ne savais pas à l’époque que ce serait mon dernier cours de musique chez l’Alliance française. Mais quelle finale ! C’est une chanson qui joue sur les mêmes pensées que Le Chant des Partisans.
  2. Le temps des cerises, Yves Montand : J’ai fait la connaissance de celle-ci grâce aux Combattantes, la première série à la télé que j’ai vue (en français). J’ai l’enregistrer moi-même, mais c’est Yves Montand qui est le maître.
  3. Framboise, Boby Lapointe : Un cadeau d’Agathe, j’ai acheter l’intégrale après avoir écouté celle-ci. Mais c’était de loin son meilleur travail.
  4. La tactique du gendarme, Bourvil : J’ai enregistré celle-ci moi-même pour soutenir une amie gendarme en mars 2023, pendant les émeutes de l’époque. Bourvil n’a pas la meilleure voix, mais il y a une raison pour laquelle il est si populaire — il était l’oncle que l’on souhaite tous avoir.
  5. La dernière séance, Eddy Mitchell : J’ai lancé le Projet 30 Ans de Taratata juste à cause de cette chanson. C’est une chanson hyper-américaine, mais c’est également ma France.
  6. Douce France, Charles Trenet : Je regrette comment je l’ai découverte — un scandale dans le métro parisien (lien pas mort vers l’original) — mais c’est sans gêne ni honte l’attitude de ce blog.
  7. Le Montmorillon swing, Nicolas Moro : J’ai interviewer Nicolas Moro après avoir entendu cette chanson, Eddy Mitchell avec plus d’humour. Et je l’ai fait. La Fille aime chanter « Mais non » tout comme lui !
  8. À Rochechouart, Red Cardell : Connu seulement pour ceux qui voient mes posts sur Instagram, ce morceau a une partie de guitare d’exception. On en parlera plus.
  9. Les œufs du marquis, Marie-Josée Neuville : Trouvée pour mon dîner terrifortain, ce qui lui manque en puissance est compensé par de l’humour et un sens du rythme impeccable.
  10. Swing à La Villette, Sandrine Mallick : J’adore cette chanson comme rien d’autre et c’est dommage que Mme Mallick ne soit pas mieux connue. À chaque fois où j’entends « se lâcher, s’abandonner », je fonds.
  11. La sirène, Édith Lefel : Chanteuse guyanaise-martiniquaise avec une histoire tragique, j’aurais écrit sur elle si j’avais plus de temps vers la fin du Tour. Une voix sublime dont on en parlera plus.
Capture d'écran d'un gros-titre du Journal du Centre sur mon blog, "In love with la Nièvre"

Les surprises

On continue la semaine des souvenirs du Tour avec les surprises. Dans mes bilans du Tour, j’avais l’habitude de parler des départements qui m’ont surpris le plus, car je ne les connaissais pas au passé. Mais ici, je préfère de parler des meilleures — et pires — surprises des 4 premières années du blog, pas seulement le Tour. La catégorie originale fera partie du Grand Bilan.

L’explosion de 2022 : L’histoire du blog peut être divisé en deux parties : avant de lire « Le second degré n’est qu’une température » et après. Le livre était intéressant en soi, mais j’ai déjà raconté la partie la plus importante, que c’est comment j’ai fait la connaissance de Light&Smell, et par elle. Miss Biblio Addict!, Roz, Blogosth, et une cinquantaine d’autres. Je mesure tout ici, comme partout dans la vie, car c’est comment font les ingénieurs et les programmeurs. Et si je voulais parler aux Français, ce qui est arrivé depuis ce temps est une réussite :

Les pertes : Il me tue de penser au fait que mon amie Pascale n’est plus avec nous. Nous étions si proche de la fin du Tour, et je sais à quel point elle l’aimait. Il y a des lecteurs et des lectrices qui sont partis soit d’ici soit de la blogosphère qui me manquent — je pense notamment, mais pas seulement, à « Femme du Frenchie » et « avecunaccent ». J’ai eu une surprise très agréable quand cette dernière m’a reconnu sur Facebook après la dernière aventure de cartes postales.

Les visites : Grâce au Tour, j’ai fait la connaissance d’un certain nombre de lecteurs dans la vraie vie. À Lisieux, une ville que j’aurais sauté autrement pendant ma visite en 2023 (car La Fille et mon père ne s’y intéressaient pas), j’ai rencontré l’autrice du Chat voyageur. Dans un café face à la Gare du Nord, Roz et moi nous sommes retrouvés. Juste avant mon voyage au Québec, Shannyshou (qui a aussi quitté les blogs) et moi nous sommes rencontrés pendant sa visite à LA. Et bien sùr, pendant ce voyage, j’ai déjeuné avec Anne-Marie, la première personne à me découvrir au-delà de mes connaissances personnelles. Vous êtes tous les bienvenus à me signaler si vous passez par la Californie du Sud.

Les Voisins : J’ai décidé tout au début que ce blog aurait une attitude très peu accueillante envers l’Allemagne. J’ai pensé à les appeler « Les Voisins » et mentionner le moins possible le vrai nom. C’était au moins un avis sincère, car j’ai grandi dans une famille qui boycotte toujours tout produit fait là-bas. Je ne me souviens d’aucun commentaire directement à propos de ce choix, mais il me semble que cette décision vous amuse moins qu’attendu, ce que je trouve bien surprenant. Je ne sais même pas si c’est pour le meilleur ou pour le pire. Mais c’était une surprise.

C’est le 1er : Chaque mois, c’est un devoir lourd. J’ai mes astuces pour l’écrire plus vite que vous ne le pensez. Mais c’est une joie — même si très peu de monde cliquent beaucoup des liens, vous présenter de nouveaux blogueurs est l’un des points forts de chaque mois. C’était complètement inattendu que je ferais ça, mais en fait, il y avait une telle tradition dans les blogs anglophones des années 00. ([Voilà, c’est son impérialisme anglophone après tout ! — M. Descarottes])

Saint-Nullepart : J’essaie d’écrire de façon positive sur chaque département, et je crois sincèrement que le Guide Vert sous-estime beaucoup de la France en dehors des grandes villes. (Je pense surtout au manque d’étoiles dans le premier paragraphe de sites lozériens, ainsi qu’à Lourdes.) Mais parfois, pour détourner un autrichienpas d’oignon à lui ! — parfois des ruines ne sont rien d’autre que des ruines. J’ai dit dans le bilan de la première moitié :

D’autre part, je fais mes recherches parfois, puis je me dis, « Punaise, il n’y a rien à voir sauf le hameau de Saint-Ennuyeux et rien à manger sauf l’énième galette et des couilles d’agneau. Que vais-je faire ? »

Mes excuses aux saint-ennuyais, et aux éleveurs d’agneaux, mais c’est vrai.

Les nivernais : Je garde ma surprise préférée pour la fin, même si c’est déjà largement connue. Avant décembre 2022, ça faisait 33 ans depuis la dernière fois où je suis apparu dans un journal (vous aurez l’histoire en décembre). Puis j’ai commencé à voir des visites de l’adresse du Journal du Centre, qui a raconté ma visite. Il m’a fallu du temps pour le trouver, et ils se sont trompés de ce qui s’est passé avec « Je découvre la Nièvre » — c’e n’était qu’une visite virtuelle. Mais je reste ravi que ce soit arrivé dans un département peu connu, car c’était exactement pour eux que le Tour a été créé.

Capture d'écran d'un article sur moi paru dans Le Journal du Centre
Source (payant)

L’humour du blog

Je considère que la capacité de faire rire les autres — exprès, pas en trébuchant sur une peau de banane — est le meilleur signe que l’on a maîtrisé une langue. Ça exige une connaissance des références, des jeux de mots, des habitudes différentes — il y a des blagues qui ne se traduisent pas du tout — et franchement, tout le monde n’en est pas capable même dans sa langue natale.

Je sais ce que je suis en anglais. On dit « Ne quittez pas le boulot » à des gens qui racontent des blagues de ma façon.

Cependant, j’ai découvert que le sens de l’humour français était presque exactement le mien. Ici, je sélectionne ce que je considère le meilleur humour du blog, et presque rien n’est drôle une fois traduit en anglais.

Couverture du magazine Le Rire du 24 septembre 1898
Couverture du magazine Le Rire, Dessin par Charles Lucien Léandre, Domaine public

J’ai découvert assez vite une certaine joie en jouant avec les expressions :

Mon seul changement, c’est qu’aujourd’hui, je n’avais vraiment pas envie d’oignons, alors j’ai utilisé un demi-oignon au lieu de ses deux. Vous pouvez vous occuper de vos propres oignons. Comme souvent, je le sers avec le meilleur accompagnement au monde entier, le riz de Camargue. Elle recommande plutôt du riz blanc. Vous pouvez vous occuper de votre propre riz en plus.

Mon dîner lot-et-garonnais

J’aime aussi jouer avec la langue :

Mais quand j’ai remarqué à la fin que ma poubelle vient d’être remplie, il m’est arrivé dans l’esprit de l’appeler « une poubelletaine de déchets ». Voilà, vous le comprenez déjà, j’en suis sûr. Et si je vous disais qu’une autre a donné « une demi-poubelletaine » ?

J’invente

Je suis sincèrement un passionné du nougat de Montélimar. Mais la fois où je vous ai dit que je suis parti en France juste pour en acheter est devenu l’un des blagues récurrentes du blog, au point où tout le monde était prêt à croire que j’allais à Paris juste pour un week-end. Honnêtement, le voyage fou est l’histoire signature du blog, et la première que je raconte à chaque fois à de nouvelles connaissances francophones.

Bien sûr, une fois sur place, j’ai dû faire une blague 100 % française : « Après moi, la pénurie de nougat. » Au fait, on cite Louis XV en français à cet égard, en anglais (lien en anglais).

Étant un m’as-tu-vu horrifiant, j’aime faire des références à la musique. Parfois, on les trouve dans mes recettes :

Étaler la pâte brisée et la mettre dans un moule à tarte. Piquer le fond avec une fourchette. La mienne, elle est belle, hein ? Je l’ai entendue chanter à cette étape, « Ce soir je serai la plus belle pour aller m’enfourner ».

Mon dîner tarn-et-garonnais

D’autres fois, c’est juste pour exprimer le même amour que j’ai pour les rappeurs partout au monde :

Comme aurait dû dire Térence, j’estime que rien de français ne m’est étranger. Sauf les escargots. Et Jul.

Le Projet 30 Ans de Taratata

Et en parlant de l’amour, je suis mon plus grand cible :

La Fille a eu le droit à en goûter un hier soir, avant de quitter la maison pour la semaine. Quant au reste, je dois le partager avec moi-même car personne ne veut ce rôle. ([On dirait plutôt qu’il est Sans-Valentin ! HAHAHA, je me tue ! — Mon ex])

Les macarons Saint-Valentin, grand format

Sérieusement, je me cible :

C’est bon d’être mon ami, comme Le Parrain mais avec moins de meurtres.

La soirée tarot

Mais je plaisante aussi sur ceux qui suivent des relation amoureuses aux États-Unis. J’espère que les petits amis valent la peine, car les voisins, le fromage et les croissants ne sont pas à la hauteur !

Mais qu’est-ce qui arrive si un jour, on vous cogne avec une jolie poêle sur la tête, et en vous réveillant, vous pensez « Je sais ! J’aimerais m’expatrier au Connardistan soviétique ! » Ça arrive plus souvent que prévu. (J’écoute parfois des podcasts sur ce sujet ; vous seriez surpris. Une alliance est également efficace qu’une poêle.)

Mon guide à regarder la télé

Je me débrouille au Connardistan soviétique en donnant de faux noms en français à des endroits locaux. Les deux les plus communs ont vu le jour ici :

Alors, mon ex habite dans le village d’Anguille-sous-Roche, à côté de mon Elbe-en-Irvine.

Finalement, la suite

Je dois aussi noter que La Fille est l’autrice de certaines des meilleures répliques :

M : Tu vas aimer le mot « on ». Ça veut dire « nous », mais aussi « quelqu’un ».
F : C’est vrai ? Bon, « on » m’énerve en ce moment. Sais-tu qui il est ?
M : Aucune idée.
F : Le soi-disant prof de français qui vient de m’expliquer ce qui veut dire « on » !

Des dialogues avec ma fille

Mais peut-être la chose dont je suis le plus fier, c’est les petits trucs en aparté qui montrent que rien ne m’empêchera :

la France a les bras ouverts, et le RER fermé, également à tous ceux qui acceptent ses valeurs.

Le chien qui n’a pas aboyé
Portrait de Molière par Nicolas Mignard

Mes expressions préférées

Afin de garder mon horaire, on saute la balado cette semaine.

On se lance maintenant dans la semaine des souvenirs, les choses qui ont largement amélioré ma vie. Il n’est pas le cas que tout ce qui suit vienne directement du Tour. Certaines choses viennent de Langue de Molière, certaines de mes voyages, certaines de mes connaissances avant le blog. Mais la fin du Tour est aussi un peu le bilan du blog jusqu’à maintenant. On commence donc par les pépites de ce qui passe pour mon style ; on dirait que ce sont les Molières du blog.

Molière par Nicolas Mignard, 1658, Domaine public

Il me semble que les deux expressions que je garde le plus longtemps, je les dois au groupe Génération 80s. Là, il faut commencer avec « Tu as poussé le bouchon trop loin, Maurice », car je sais à quel point c’est bizarre de l’entendre d’un américain. J’ai profité de la donner à M. Descarottes pour sa première apparition sur le blog (l’expression, pas le patron), mais après, on la trouve en parlant de Jean-Louis Aubert et ailleurs. J’adore aussi « C’est pas Versailles ici », et il y a une centaine de versions parsemées au fil du blog — l’originale en parlant de moi ainsi que de la Pennsylvanie, M. Descarottes s’est plaint que c’est pas la FNAC ici, « c’est pas les Alpes ici » en remarquant que le point le plus haut de la Mayenne ne fait que 417 mètres, ou bien « c’est pas Strasbourg ici » en parlant de notre petit marché de Noël.

Et bien sûr, en écrivant sur les Yvelines, « C’est, en fait, Versailles ici. » 3 ans d’attentes pour ça.

Je dis souvent « Here we are » en anglais, non pas pour dire « nous sommes ici », sa traduction littérale, mais pour dire « Et c’est comment nous sommes arrivés à ce point » à la fin d’expliquer quelque chose. Dès que j’ai découvert que la traduction officielle de « La Fayette, we are here! » était « La Fayette, nous voilà ! », j’ai adopté « nous voilà » pour le même but en français. Je me demande s’il y en a d’entre vous qui ont déjà reconnu la signification personnelle.

Je dois une dette inestimable au blog Jours d’humeur pour plusieurs choses que je dis tout le temps. En le lisant pour la première fois, je me suis dit « Vous allez apprendre plus de style de ce monsieur que n’importe qui. » Mes fautes restent à moi, mais à chaque fois où on voit « Non, mais sérieusement » ou « Sauf que » en tant que phrase entière, c’est chez lui où j’ai appris à écrire de telles choses. Par contre, ce blog cherche toujours son premier bretonisme, alors je ne suis pas complètement un plagiaire. Dit autrement, c’est pas Harvard ici non plus. (La presse française a gravement raté cette nouvelle, au fait — peut-être que l’on en parlera plus, plus tard.)

Une de mes choses préférées, c’est qu’en français, je peux écrire « oh là là » en tant que réaction toute la journée, et personne ne me dérangera. L’expression est connue en anglais, mais tout le monde vous considèrera soit prétentieux soit mou si vous l’utilisez. Oh là là, mais j’apprécie la liberté de dire ça ici.

Je vous ai dit il y a 2 ans que je dis « la vache ! » tous les jours. Pour vous, c’est normal. Mais si vous auriez pu voir les réactions du groupe la première fois où je l’ai sorti pendant une soirée de tarot…

Quand j’ai commencé tout ça, je ne comprenais pas que le duo de Guy Grosso et Michel Modo faisait une blague avec leurs noms de scène. Une fois compris, je l’ai adopté, mais apparemment moins que ce que je croyais. Google me dit que celle-ci a apparu dans 3 % des articles, grosso modo.

Je ne peux pas terminer un article sur les expressions du blog sans mentionner « à ne pas confondre ». On dit exactement « not to be confused » en anglais, sa traduction exacte, et je le dis plus que n’importe qui. Les archives me disent que je l’ai découvert vers la fin de 2021. Mais ça n’apparaît que pour une blague très particulière. Deux exemples :

Montpellier, à ne pas confondre avec la ville américaine de Montpelier.

Je découvre l’Hérault

D’Argentan, on tourne un peu au sud-est pour Sées, à ne pas confondre avec See’s, le chocolatier californien célèbre.

Je découvre l’Orne

À chaque fois où je dis ça, il n’y a guère de chance que vous ayez la référence américaine. Il y a des limites avec ce genre d’humour. C’est pas le Montreux Comedy ici, n’est-ce pas ?